| n° 21507 | Fiche technique | 36917 caractères | 36917 6672 Temps de lecture estimé : 27 mn |
04/02/23 |
| Présentation: Ce texte a été commencé avec Sergefra. Je le remercie de son aide dans cette aventure. | ||||
Résumé: Une femme, la trentaine, se retrouve dans un séminaire professionnel alors que son couple se délite. | ||||
Critères: fh hplusag travail -extraconj -diffage | ||||
| Auteur : Carla.moore Envoi mini-message | ||||
Tout a commencé lors de ce fameux colloque de deux jours et demi organisé par le grand groupe industriel auquel j’appartiens et où je représentais mon agence locale. Le boss m’y avait envoyée « pour que je m’ancre dans la culture qualité et service » du groupe. L’endroit était charmant, un hôtel dans un parc près d’un étang salé face à la Méditerranée. Ce colloque tombait à pic pour mon couple. J’avais besoin de faire le point sur une relation qui durait depuis sept ans et qui semblait s’enliser dans la routine, surtout depuis quelques mois.
Tous les participants ne sont pas encore arrivés. Je me retrouve à table avec un groupe de trois hommes. Ils discutent entre eux. Seul le plus jeune, qui a à peu près mon âge, me prête attention. Un bref échange s’ensuit du style « Vous venez d’où ? Oh c’est pas loin de chez moi ! C’est la première fois que vous participez ? Moi aussi. Le gigot est parfait. Vous pouvez me passer le sel… ». On n’a même pas échangé nos patronymes. Le soir, dans ma chambre, je téléphone à mon Maxime chéri pour lui dire dans quel endroit merveilleux je suis et qu’il me manque déjà. Je le sens froid et peu concerné, voire gêné. Ce coup de fil me laisse un goût amer. S’il veut m’entendre désormais, c’est lui qui m’appellera.
Mercredi matin.
Décidément, je suis une des rares femmes ici et certainement la plus jeune d’entre elles.
Je me retourne. Mon voisin de table d’hier soir. Il est accompagné de ses deux collègues.
Le fameux Serge me fixe. Son regard m’électrise. Jérôme est mignon. Ils m’invitent à leur table. Le même style de conversation que la veille au soir. Je précise très vite que je suis mariée. Jérôme a l’air déçu et son attitude change immédiatement. Il était engageant, il devient plus réservé. Qu’est-ce qu’il croyait ? Serge, quant à lui, ne me parle presque pas, mais je sens son regard peser sur moi. Marc reste civil et prend le relais de la conversation de manière intelligente et agréable.
(Serge) – Tiens, la fille d’hier. Elle ne nous a pas vus, ou fait mine de… Elle est plutôt belle femme, grande, blonde, mais fringuée quelconque. Une jupe noire classique, je suis sûr qu’elle a des collants. Ses chaussures plates sont sans âme. Dommage ! Elle semble avoir de jolies jambes. Jérôme la hèle, il m’étonne : lui si réservé avec le sexe faible. Elle vient vers nous, elle s’assoit. Un joli cul aussi qui tend bien le tissu en laissant des marques de culotte, ce qui est une offense à sa beauté. Ce con de Jérôme fait la gueule maintenant qu’elle a dit qu’elle était mariée. Comme si le mariage empêchait de s’amuser ! Au contraire, souvent il libère : la femelle ose ce qu’elle ne ferait pas pour un conjoint, pour découvrir, pour assouvir de nouveaux fantasmes. S’il le faut, je montrerais à mon jeune collègue son erreur. Une belle voix, un peu rauque, très sensuelle : ça m’a toujours émoustillé. À la place de son mari, je lui interdirais les collants et la culotte. Je l’imagine nue sous sa robe avec des bas, la croupe tendue par des chaussures à talons hauts, j’en bande rien que d’y penser. Elle s’agace de me voir la fixer, ça m’amuse, j’insiste. La belle, je te veux dans mes filets ! J’essaie de voir ce qu’elle porte sous son chemisier blanc. Un soutien-gorge classique à armatures, j’en étais sûr. Elle me lance un regard noir, elle m’a vu le nez plongé dans son décolleté trop fermé. Une sainte-nitouche à déniaiser : c’est excitant. Mentalement, je change cette pièce trop contraignante par un balconnet en dentelle noire, je lui dégage la nuque en relevant ses cheveux grâce à un chouchou au lieu de cette barrette infâme. Ainsi elle serait un vrai fantasme ambulant…
Après la conférence d’ouverture par le grand ponte, un apéritif est servi dans le parc face à l’étang. De petits groupes se forment. Je me retrouve seule, un verre de rosé local est réputé, debout à me demander ce que je fais là. Je serais bien mieux en maillot sur la plage toute proche, il fait déjà chaud en cette fin avril. Je vais m’ennuyer ferme pendant ces trois jours. Je pense à Max et à notre couple… Qu’est-ce qui ne fonctionne plus entre nous ?
Jérôme m’a rejoint, il a l’air gentil. En un éclair, je me dis que je vais écouter les conseils de ma copine Coco : « Tu verras, ces séminaires sont l’occasion de s’amuser, de casser la routine. Ce sont des baisodromes. Et tu auras du choix : 90 % sont des hommes. Alors, tape-toi les conférences chiantes et les ateliers pour lesquels t’es payée, mais tape-toi aussi de beaux mecs. Prends ça comme une récréation dans la platitude de ta vie ». Je l’avais laissée parler et m’étais dit alors : « Pas moi, je ne suis pas une couche-toi-là, le sexe sans amour n’a aucun d’intérêt et Max me suffit… même si… »
(Serge) – Jérôme a écouté mes conseils avant la conférence : « Arrête de faire la tête ! Elle t’a dit qu’elle était mariée… pas que son mariage lui convenait. » Il nous a dit sa solitude, hier en venant dans la voiture. Il cherche une compagne, pas un coup d’un soir. « Tous les couples qui durent ont tous commencé par un coup d’un soir, comme tu dis ! Regarde-la, elle a l’air bien triste toute seule. Allez marcher ensemble lors de la pause. Et si ça va pas plus loin, ce sera toujours ça de pris ! ». Il lui propose une marche au bord de l’eau. Est-ce qu’il va réussir à la sauter ? Elle finit sa coupe, essuie délicatement ses lèvres. Une belle bouche, bien dessinée, voluptueuse. Elle est comment au lit ? Je demanderai à Jérôme avant de la lui piquer. Ce n’est pas à tous les séminaires qu’on trouve une aussi belle femme. Il me la faut. Tôt ou tard, il me la faut ! En tout cas, une jolie bête comme ça, il faut s’en occuper, ce ne peut être qu’une bonne machine à jouir.
Nous passons à table. Des tables rondes de huit. Entourée de sept bonshommes dont je me sens vite le centre d’intérêt. C’est amusant. À côté de moi, Jérôme est tout intimidé. Est-ce que je suis allée trop loin à rejeter son « tout bien tout honneur » ? Quelques allusions grivoises fusent autour du repas. J’en ris même si certaines sont déplacées et vulgaires. Je ne veux pas passer pour l’oie blanche que je suis. Tout le monde n’a pas de l’élégance. Marc discute sérieusement avec Serge. Ils ne se mêlent pas des approches des autres convives. Cependant, Serge ne me lâche pas du regard. Il m’examine tel un maquignon devant une jeune pouliche. Il répond à son collègue tout en me reluquant, un sourire carnassier sur les lèvres. Je suis gênée.
Je bénis Marc de cette proposition. Les autres mouches commençaient à m’insupporter.
Pendant que nous sortons, Marc s’excuse de « tous ces coqs décatis qui ne savent pas se tenir correctement devant une jolie femme comme vous ». J’apprécie le compliment. Pendant ce temps, je vois Serge parler discrètement à Jérôme. Tous les deux ont le visage tourné vers moi : je fais partie de leur discussion, j’en suis sûre.
Qu’il fait bon ! Nous sommes au bord de l’étang. Partout autour de nous, je remarque que les quelques femmes sont entourées d’hommes prévenants. Elles font leur marché : « Tu verras, dès le départ, il y aura de la testostérone dans l’air ! Profites-en ! Et ne te soucie pas de ton Maxime… Dis-toi qu’il ferait la même chose que les autres qui seront là ». Cet hiver, il est parti à un congrès syndical. C’est depuis qu’il est distant, et si…
Avant de rejoindre la salle de « conf », Jérôme me dit :
Un large sourire barre son visage. Je lui renvoie le mien. Je vais profiter de l’instant présent.
Nous nous sourions.
(Serge) – À les voir se sourire tous les deux, l’affaire est dans la poche. Jérôme va la libérer de son carcan conjugal. Moi j’en profiterai ensuite. Sous cet air innocent, je suis sûr que c’est une petite coquine, il suffit de la délester de ses croyances et de ses préjugés sur le couple.
Jérôme est charmant. Il porte un réel intérêt à ce qui me touche. Il m’interroge sur mes relations avec mon mari. Je n’aurais pas dû lui dire que nous étions dans une période difficile. Bref, il paraît plus intéressé par ma personne, par ma vie, que par mon corps. Je me sens mal à l’aise avec ça. Je veux bien m’envoyer en l’air pour casser mon quotidien, mais pas d’une histoire d’amour. Je tiens trop à Max… même s’il ne m’a pas rappelée depuis hier. Jérôme est timide, ce n’est pas un Don Juan macho. Avant de rentrer pour le repas, je l’embrasse sur la bouche. Il est tout tremblant dans un premier temps. Il s’enhardit enfin et son baiser devient puissant. Il se dégage, me sourit et se jette contre moi pour un baiser passionné. Je lui dis qu’il me plaît, mais que je ne veux pas d’une liaison durable, juste m’amuser. Je lui donne mon numéro de chambre et demande de me rejoindre s’il est sur la même longueur d’onde : « simplement une parenthèse ». Nous nous retrouvons, les mêmes à la même table qu’à midi.
(Serge) - Jérôme est aux anges, il sourit niaisement depuis le début du repas. Julie rit plus franchement aux fadaises des autres. Elle ne s’occupe pas un instant de mon collègue. Je connais cette indifférence : elle est juste là pour donner le change, sans doute. Elle a libéré ses cheveux de son triste chignon à barrette ; elle a du chien cette nana. Il me la faut, vraiment ! Dès qu’elle se tourne vers moi, elle voit que je ne la lâche pas du regard et elle baisse les yeux… Le poisson a mordu, à moi de ne plus le lâcher… Avant la fin du séjour, ma belle… Un clin d’œil vers Jérôme vient de la trahir : son mari va être deux fois cocu. Jérôme sera le premier, moi le second.
Avant de quitter la table, je fais un clin d’œil à Jérôme. Je me dirige vers les ascenseurs quand mon petit mari m’appelle (enfin) au téléphone. Nous parlons une dizaine de minutes. Il est prévenant, gentil, semble amoureux comme jamais. Du coup, je ne sais plus si j’ai encore envie de le tromper. J’en suis à espérer en la timidité de Jérôme, qu’elle l’empêche de se décider. Avant d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur, je le cherche du regard. Il a dû monter. Je vois Serge s’approcher. Je tourne la tête pour faire comme si je ne le voyais pas.
(Serge) – Je suis la blondinette des yeux. Elle reçoit un coup de fil, se met à l’écart.
De là où je me trouve, je vois bien l’ascenseur. J’attends ma proie. Dès qu’elle revient, je la retrouve devant l’ascenseur, elle tourne la tête et feint de ne pas m’avoir vu. Je m’approche et renifle son parfum, sa chaleur. Il y a quelque chose d’animal en elle qui ne demande qu’à être découverte. Je touche la peau de son bras, elle sursaute.
Elle rougit, bafouille, je la regarde, un brin pervers, la bouche entrouverte.
Nous montons dans l’ascenseur. Ce type est dérangeant, j’ai l’impression d’être un poisson pris dans le filet de son regard. Un regard déshabillant. Je ne suis que de la chair fraîche pour lui, je le sens. J’en suis offusquée et en même temps, il m’attire. Au moins avec lui, je sais qu’il ne s’agit pas d’une histoire d’amour.
(Serge) – Je lui montre du doigt, à le toucher, un sein qui semble s’échapper de son soutien-gorge pigeonnant. Elle se couvre la poitrine d’une main, de l’autre, il semble vouloir m’écarter.
Elle sort de l’ascenseur.
Je la regarde s’éloigner rapidement. Je vais la sauter cette petite. Il me la faut.
Quel goujat ! Quelle vulgarité ! Ceci dit, il me donne des frissons à me regarder comme ça. Pour la nuit, il aurait bien fait l’affaire. Je pense qu’il sait où il va et ce qu’il fait. DROIT AU BUT. Jérôme lui tourne trop autour du pot. D’ailleurs, au bout du couloir, il est là, à m’attendre. Je suis presque déçue.
Alea Jacta Est ! Je me sens plus le droit de reculer maintenant. Ah, Max, si tu m’avais appelée plus tôt. Suis-je si lâche de rejeter ma faute sur mon mari ? Nous refermons la porte sur nous.
Je me jette sur lui. Je ne veux pas penser. Jérôme est tendre et timide. Même pendant le 69 que j’ai essayé d’initier, je le sens gêné. Tout de suite, il revient en position plus classique. Il vient à peine de jouir qu’il dit être pressé de retourner dans sa chambre. Il m’a répété des « je t’aime tout en me prenant ». Je suis déçue. Je n’ai pas joui. Il est déjà reparti. C’est ça l’amour à la sauvette ? C’est pire que dans mon couple. Je passe la nuit à culpabiliser. J’attends 6 h pour appeler Max, pour me réconforter, me déculpabiliser. Lorsque je pose le pied par terre, je marche sur le préservatif jeté là. J’en ai sur la plante du pied. Ça me dégoûte. La culpabilité monte d’un cran. Je prends mon portable. Max se lève, chaque jour, à cette heure pour aller au boulot, je ne le réveillerai donc pas. Pas de réponse de son portable. Il doit être sous silencieux ou déchargé (il l’oublie tout le temps). J’appelle sur le fixe : pas de réponse non plus. Je réessaie quelques instants plus tard : toujours sans succès. Comme il a le sommeil léger, j’en conclus qu’il n’a pas passé la nuit à la maison ! Le salaud ! Il me trompe ! Je comprends mieux maintenant le bruit de fond hier soir : ce n’était pas la télé, il était dans un restaurant, ou quelque chose comme ça ! Si c’est ça, j’ai bien fait avec Jérôme. Je l’ai rappelé en vain sur les deux appareils jusqu’à ce que je descende prendre mon petit déjeuner.
(Serge) - Sa déception est perceptible ce matin. Sacré Jérôme ! Elle m’a lancé un timide bonjour. Sa fureur est mal dissimulée derrière ses lunettes de soleil.
Elle hausse les épaules avec dédain, sans répondre. Je reprends à haute voix pour qu’on m’entende bien :
Elle avale de travers, recrache son café dans la serviette, toute rouge, les voisins sont tournés vers nous.
Par pudeur ou par honte, elle m’obéit. Une jeune femme obéissante ! J’aime.
Je me sens déshabillée par cinq regards étrangers. Je m’échappe de cette table en obéissant à ce Serge. Je suis furieuse, furieuse d’être trompée par Max, furieuse contre Jérôme qui a pris du plaisir sans le partager vraiment à cause de sa timidité, furieuse contre moi, surtout, d’être prisonnière de tout ça. Furieuse contre ce Serge qui a raison : je suis avide de sexe ! De vrai sexe ! Du sien ? Peut-être. Je pleure de rage. Je me reprends. Je vois dans la glace les dégâts collatéraux. Je récupère une serviette au distributeur, essuie mon visage, puis arrange mes lèvres avec du gloss. Pour ça, je suis accoudée au plan de travail, les fesses en arrière, car le miroir est placé très bas ! Furieuse contre cet hôtel pour nains !
Je le vois s’approcher dans le miroir, souriant, carnassier. Je suis sa proie, mais n’ai pas envie de fuir comme une gazelle.
Sa main s’est posée sur ma fesse droite. Je n’ai pas bougé, je sens que lui seul peut me procurer un « certain » réconfort.
J’ai laissé sa main glisser le long de ma jambe, puis remonter sous ma jupe. Sa caresse est à la fois douce et puissante. Je me sens femme, désirée. Cette main me force à desserrer mes jambes, avant d’atteindre le haut de mes cuisses. C’est bon. Je pense à ma collègue : « Prends ça comme une récréation, Max ferait pareil que ces hommes ». C’est bon de se lâcher. Oh ! C’est bon. Encore !
Ce n’est pas une question, c’est un constat, presque froid, de sa part. Oh ! Oui, j’aime ! Il vient m’embrasser le cou.
Ses doigts sont sous le tissu de la culotte, sur mes lèvres. Je suis tout électrisée. Depuis combien d’années n’ai-je pas eu cette sensation ? Je m’affaisse et tends les fesses pour mieux sentir ses doigts. Il est juste au-dessus du capuchon de mon bouton.
(Serge) - Mes doigts jouent maintenant librement, parfaitement humidifiés, sous sa culotte avec ses lèvres, ses poils. J’effleure son bouton. Je l’ai sentie frémir et sursauter. La sonnerie appelle les participants.
Il sort et me laisse en plan dans ces sanitaires. Mon gloss à la main et mon entrejambe humide de plaisir. Ce n’est pas de l’amour, c’est du sexe. Je suis perplexe : je devrais être choquée de sa façon d’agir, de me parler, mais je m’aperçois que j’aime ça ou plutôt que mon corps aime ça, a besoin de ça. J’en veux plus. Je rattache mes cheveux avec un chouchou, je fabrique un chignon rapide, rajuste ma jupe et viens dans la salle.
(Serge) – Je suis assis. Il reste une place à ma droite. Elle arrive quelques instants après, s’assoit à mon côté malgré les signes de Jérôme qui lui a gardé une place. Sérieuse, elle tire sur sa jupe comme une écolière bien sage. Elle reste attentive au discours de la tribune et prend des notes. Je pose ma main sur sa cuisse nue. Elle se recule au fond de sa chaise, son regard a croisé le mien. Je lui souris d’un air complice. Elle rougit et se retourne vers l’orateur, elle essaie de se concentrer sur sa prise de note. Je prends sa main et la pose sur mon sexe pour qu’elle sache que je bande.
Je retire ma main brusquement. Tout sourire et calmement, il la reprend et la place au même endroit. Mon voisin, alerté par le mouvement et le chuchotement, nous regarde et me sourit. Quelques minutes après, la conférence se termine. Quelques questions sont posées, puis le Monsieur Loyal du colloque prend la parole et présente le prochain sujet abordé ce matin et son conférencier : Serge K… de l’agence de S… Serge libère ma main et se lève, il monte sur scène, suivi de Marc et Jérôme. C’est lui le conférencier ! Surprise de taille. Pendant une heure, il expose avec humeur et humour sur un sujet difficile. La salle est conquise. Je ne peux pas ne pas remarquer quelques sous-entendus qu’il m’adresse directement. Sa prestation me séduit par son assurance, son audace, et l’autorité qui se dégagent de sa personne. Pendant le jeu des questions, il montre sa maîtrise du sujet et de soi. C’est l’heure de la pause, ensuite nous aurons des ateliers jusqu’à 13 h. La salle se vide sous des commentaires positifs et satisfaits. Je reste assise. Marc et Jérôme sont sortis eux aussi. Serge me regarde. Je suis conquise.
Je regarde mon portable, Max ne m’a toujours pas rappelée. Les dés sont jetés. Je le rejoins sur la scène. Il prend ma main et me mène derrière le rideau de scène.
Je me rappelle de ce qu’il m’a annoncé dans les sanitaires.
On ne m’avait jamais fait ce type de compliment que j’accueille avec fierté. Je m’agenouille et commence cette fellation avec un plaisir jamais ressenti dans cette pratique. J’entends les techniciens de la salle s’approcher et discuter de l’autre côté du rideau quand des jets chauds giclent contre mon palais.
J’aime cette émotion forte que je viens de vivre. Oui, lui et moi allons en profiter jusqu’à demain. Il se réajuste et me laisse là, hébétée, toujours à genoux. Je reste cinq minutes ainsi avant de me lever et filer. Je croise les trois techniciens qui me regardent, amusés. Je rentre dans ma chambre pour me laver. Une douche pour me débarrasser de toutes les images négatives que j’ai accumulées sur moi en 24 h. Comment puis-je me comporter ainsi et aimer ça ? Je n’ai pas le courage d’assister aux ateliers. Je vais marcher au bord de mer, seule. Je retire les chaussures et continue dans l’eau. Elle est fraîche, ça me détend. Deux idées s’opposent. Ma tête me demande de renoncer à ce Serge, mon corps réclame d’en profiter un maximum pendant 48 h.
Je ne réponds pas à Jérôme qui a l’air anxieux. Il doit se dire que je regrette mon faux pas d’hier soir. Serge discute avec les autres sur le sujet de sa prestation du matin. Il ne me prête aucune attention. Je le hais ! Max ne m’a toujours pas rappelée. Il doit être très occupé ailleurs.
Comme la veille, nous nous retrouvons ensuite face à l’étang pour boire un café. Jérôme insiste pour comprendre mon état.
Jérôme me regarde, interrogateur. Je hoche la tête. Il se lève et s’en va sans un mot. Marc se lève à son tour et nous laisse.
Je le sens contrarié, je ne comprends pas pourquoi, mais je n’ai pas le temps d’y réfléchir.
Me prenant par la main, il me guide dans sa chambre. Pas un mot dans l’ascenseur ni dans le couloir. J’ai des papillons dans le ventre.
À peine rentrée dans la pièce, qu’un ordre fuse :
À mon propre étonnement, je m’exécute : c’est de ça que j’ai envie.
Pendant ces quelques mots, j’ai senti qu’il relevait ma jupe, et écartait ma culotte.
Des picotements dans mon entrejambe montrent mon désir dans cette situation inédite.
Le ton, le phrasé est différent de celui de la conf. Il a quelque chose de… sadique. Quelque chose qui m’excite. Je suis complètement folle !
Sans plus tarder, il me pénètre sans ménagement. Je constate que j’aime ça. J’aime cette force, cette fougue. J’ai un orgasme fulgurant. Il jouit en moi. Je réalise qu’il avait enfilé un préservatif. Je n’y avais même pas pensé. Je suis fière d’avoir contenté un tel homme. Il me donne une petite tape sur ma croupe comme on le fait à un cheval et sort de mon ventre.
Je suis sortie sans un mot, obéissante, je n’aurais jamais cru aimer ça. C’est ma première expérience de soumission. J’en veux encore.
Je suis nue sous la robe depuis le début de l’après-midi. J’ai eu l’impression que tout le monde s’en apercevait. J’en suis, en même temps, honteuse et excitée. Je me sens exhibitionniste et je l’assume mal. Max ne m’a toujours pas donné signe de vie.
Tout l’après-midi, j’ai pensé à ce qui s’est passé, à mon comportement. Je ne me reconnais pas : ce Serge m’aimante. Il me donne un plaisir que je n’ai jamais ressenti. En même temps, une part d’ombre en lui me dérange. Je l’ai croisé plusieurs fois dans l’après-midi, il m’a ignorée. Il mange à une autre table ce soir. Je suis quoi pour lui ? Je me pose trop de questions. C’est ce que tu voulais, non ? Une parenthèse dans ma vie trop symétrique… ma vie… Jérôme boude. Marc est prévenant. Il me fait la conversation. Il est aimable, drôle. Il me propose de me ramener demain après-midi en voiture :
Malgré sa gentillesse et sa prévenance, mon esprit reste fixé sur ce qui va se passer dans la chambre de Serge. Rien que d’y penser, mon corps réagit, mains moites, picotements dans ma poitrine, humidité de mon vagin, papillons dans le ventre.
Je frappe. Il m’ouvre. Il m’embrasse à pleine bouche en me pelotant les fesses, puis me pousse à l’intérieur de sa chambre.
Ils sont tous les deux assis sur le lit et me sourient. Patrick est le voisin de la conférence de ce matin, l’autre était dans mon atelier cet après-midi.
Je suis paralysée.
Le sourire malsain de ces hommes est un déclencheur. Je me retourne et me sauve. Je vais me réfugier dans ma chambre. J’explose. Je rage. Je peste. Mon corps n’est que tremblement. J’ai honte. Honte de mon attitude depuis ce matin, honte de mon plaisir, honte de ce que Serge voulait que je fasse avec ces hommes. « Nous allons en profiter jusqu’à demain » : cette phrase tourne en boucle dans mon petit cerveau ! Je pensais que le « nous », c’était lui et moi, que le « en », c’était notre désir commun. Mais non, le « nous », c’était lui et ses copains ! Le « en », c’était la gourdasse écervelée et salope que je suis ! J’appelle Maxime, il n’est toujours pas à la maison et ne répond pas non plus sur son mobile. Il faut que je sorte, que je respire. Je décide d’aller courir sur la plage, j’enfile mon survêtement et mes baskets.
(Marc) – Je sirote un digestif en regardant une partie de billard acharnée quand je vois Julie sortir de l’ascenseur en tenue de jogging. Je suis très étonné, Serge ayant fanfaronné devant Jérôme (pour se moquer de lui) qu’il allait la « tringler toute la nuit comme l’aimait cette salope », qu’il était déjà avec deux copains et que si ça lui disait… Je suis obligé, pour le boulot, de le côtoyer, mais je supporte de moins en moins ce gros macho vantard. Il a voulu faire souffrir ce pauvre Jérôme trop romantique et timide pour lui. Demain, je me débrouillerai pour lui faire honte. Elle a l’air stressée. Cette femme me touche. Je ne comprendrais jamais comment une telle femme a pu se laisser attirer dans les griffes de ce prédateur.
J’acquiesce.
Courir m’a fait du bien ! Malgré la transpiration, je me pose à une table un peu à l’écart pour boire une tisane. Je voudrais des somnifères pour dormir. Marc tombe bien. J’ai besoin de parler, d’évacuer sur n’importe quel sujet, mais évacuer ! Et s’il me drague, il prend mon verre d’infusion en pleine figure, il paiera pour les autres : Maxime, Jérôme, Serge et ses deux amis. Il reste muet avant que nous soyons servis.
Je lui explique mon mari, Jérôme et Serge. S’ensuit une discussion sur la vie, le couple, le dérisoire, l’essentiel. Le temps passe et je ne m’en suis pas aperçue. Je suis bien avec ce Marc.
(Marc) – Voilà un an et demi que ma femme m’a quitté pour refaire sa vie ! un an et demi que je n’ai plus eu aucune relation sexuelle. Et là, avec Julie, je n’ai pas envie que l’échange s’arrête. Elle a une beauté particulière, du charme, du sex-appeal dans ce survêtement. Elle n’est plus maquillée et cette queue de cheval humide lui donne un air sauvage. Je vois qu’elle aussi veut prolonger ce moment ! D’ailleurs, elle l’exprime clairement :
Elle n’attend de moi aucune réponse et je la vois s’arrêter au bar, dire un mot au serveur et se diriger vers l’ascenseur. Cette femme me surprend. Elle m’invite dans sa chambre ! Il faut que je me ressaisisse, pas pour un dernier verre, « juste pour parler ». Le garçon s’approche de moi, l’air complice :
Je sors d’une douche rapide, mais qui a enlevé toute trace de transpiration. J’enfile ma nuisette. Trop sexy, il pourrait avoir des pensées dont je n’ai pas envie. D’ailleurs, j’espère qu’il ne s’est pas mépris sur mes intentions. Je passe le peignoir moche, ça et les cheveux mouillés et emmêlés, sans maquillage… ça devrait le calmer si besoin. Quel plaisir de sentir chez quelqu’un enfin un peu d’empathie ! Il a souffert lui aussi ! Il me comprend ! Va-t-il venir seulement ? Je n’attends que quelques secondes. Il frappe à la porte. Je vais lui ouvrir. Il a les bras chargés d’un plateau de service. En plus de la boisson, une rose rouge est déposée. Oh non ! Pas ça ! Il s’est trompé sur mes pensées. Il rit.
Il sourit :
Nous discutons une grande partie de la nuit !
Il enlève son pantalon, et son haut. Il s’allonge. Le voilà en boxer. Il est pas mal ! Je m’assois de l’autre côté, éteins la lumière avant de retirer le peignoir. La chambre est dans la pénombre, mais pas dans un noir complet. Je pense tout de même qu’il ne peut pas voir grand-chose.
Je rentre sous la couette. Nous nous tournons l’un vers l’autre.
Et en plus, il a de l’humour !
(Marc) – Je me suis réveillé avant elle. Je suis gêné par la gaule qui dépasse de mon boxer. Heureusement, elle dort ! Quelle soirée ! Quelle nuit ! Combien de temps que je n’ai pas eu un si bon moment avec une femme ? En ai-je déjà eu, même avec mon épouse ? La chambre s’éclaire tout doucement et je découvre son corps. Elle a dû avoir chaud dans la nuit, car elle s’est découverte. Sa nuisette ne cache pas grand-chose de ses deux beaux seins. Elle est remontée et je découvre ses cuisses et le bas de son fessier. Je ne peux m’empêcher de la contempler. Je voudrais la couvrir pour qu’elle ne s’aperçoive pas de son indécence, mais elle est passée au-dessus de la couette. Je me lève discrètement pour me rhabiller et la laisser finir sa nuit.
Son smartphone émet un faible bip, mais ça suffit pour qu’elle ouvre les yeux. Elle voit tout d’abord mon sexe sortir du boxer. Elle s’aperçoit ensuite de la nudité de ses fesses. Elle reste suspendue… le temps aussi. Je dois m’excuser, mais elle me coupe souriante !
Lorsque j’ouvre les yeux, ceux-ci sont à 50 cm du boxer de Marc. C’est la première fois que je vois un gland émerger d’un sous-vêtement. Il a un regard penaud et terrifié. Je me rends compte aussi que j’ai les fesses à l’air. Je ne sais plus où me mettre ! Je l’ai forcé à dormir dans mon lit et maintenant je m’expose alors que je lui ai demandé de rester sage ! Pour casser la gêne, je demande si je suis la cause de son état. Je ne le laisse pas répondre.
Marc me caresse la joue, arrange mes cheveux.
Je ris, lui aussi, autant de la gêne de la situation que de l’humour de Marc.
Le téléphone bipe à nouveau.
Je prends l’appareil et découvre le SMS.
Quand tu rentreras demain, je serai parti ! Je débarrasse mes affaires aujourd’hui !
Son message ne me surprend pas ! Max est toujours aussi lâche ! Il ne me fait même pas la peine que j’aurais crue ! Je me tourne vers Marc :
Nos visages s’approchent. Comment fait-il pour infiltrer ses yeux dans les miens ? J’ai l’impression qu’il me caresse du regard. Nos nez se touchent presque. Sa main reprend la caresse de mon visage. La seconde masse mon cou puis, chaste, descend sur mon bras, remonte. Mes seins me picotent. Les pointes se tendent sous ma nuisette.
Le baiser le plus charnel de toute ma vie se prolonge. Dans un mouvement lent et calme, il se retrouve allongé sur moi. Je sens sa dureté contre mes lèvres intimes, contre mon clitoris.
Je baisse tant que je peux son boxer. J’écarte mon compas.
Il ne me lâche pas du regard et me pénètre. Peut-on faire l’amour aussi chastement et prendre autant de plaisir ? Nos mains sont jointes au-dessus de ma tête. Son buste est collé au mien, seules nos figures sont détachées pour lui permettre de me fixer. Soudain, il s’immobilise. Je vois ses yeux se mouiller.
Je contracte et relâche mes muscles vaginaux. Il m’embrasse à nouveau. Ses reins redeviennent mobiles. Je vais jouir. J’enlace ses cuisses avec mes jambes. De puissants jets inondent mon ventre. Je crois que j’explose de plaisir, que je me disloque, mais quand tout redevient calme, je suis toujours entière. Il est toujours fiché en moi ! Les yeux toujours dans les miens, il me sourit.
Sourires, baisers.
Ce matin, nous n’irons pas aux derniers ateliers et au bilan de ses trois jours. Marc ne raccompagne pas les deux autres. Un peu avant midi, nous sortons du parc pour nous diriger vers l’embarcadère pour Porquerolles. Un petit hôtel sur la place du village… il y a pire, pour débuter une immense histoire d’amour.
Je sors de chez le gynécologue… Je vais être maman. Marc est à mes côtés, heureux et fier. Presque deux ans que nous vivons ensemble : les séminaires ont du bon, quelquefois.