| n° 21491 | Fiche technique | 56702 caractères | 56702 8828 Temps de lecture estimé : 30 mn |
30/01/23 |
| Résumé: Pénélope était revenue à la librairie, au lendemain de ce qu’elle avait nommé « La plus grande honte de sa vie ». Là, elle n’eut même pas le temps de s’excuser. Octave ne l’avait pas laissé parler. | ||||
| Critères: f h hplusag cérébral voir exhib init humour -humour | ||||
| Auteur : Juliette G Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Pénélope Chapitre 06 / 06 | FIN de la série |
Résumé des épisodes précédents :
Après s’être donné en spectacle comme la pire des gourgandines, Pénélope s’était carapatée sans un mot…
Après s’être donné en spectacle comme la pire des gourgandines, Pénélope s’était carapatée sans un mot. Elle avait fui la librairie, plantant là Moby Dick toujours fièrement dressé, tout comme son propriétaire, qui la suppliait de rester. Les seins pratiquement dénudés et aspergés de sperme, le string gluant de cyprine enfoncé dans son sexe détrempé… Pénélope avait pris la poudre d’escampette, humiliée comme elle ne pensait pas qu’il soit possible de l’être, une horrible gêne chevillée au corps. Les joues en feu et la honte lui donnant des ailes, Pénélope avait déserté la place, incapable de penser. En pleine panique, elle était rentrée chez elle sous une pluie battante et les pensées en bataille.
Pénélope était revenue à la librairie, au lendemain de ce qu’elle avait nommé « La plus grande honte de sa vie ». Là, elle n’eut même pas le temps de s’excuser. Octave ne l’avait pas laissé parler. Il n’y avait rien à dire, selon lui, à part qu’il espérait de tout cœur, qu’elle eût passé un moment aussi merveilleux que le sien. Et non ! Il ne voyait pas d’autre mot que « Merveilleux » pour décrire l’instant. Après quoi, il ne fallut pas plus de trois cafés et deux cigarettes, pour que Pénélope, toute honte bue jusqu’à la lie, finisse par ne plus pouvoir lutter contre le fou rire irrépressible qu’elle tentait de refouler. L’un des charmes d’Octave était à l’œuvre.
Le libraire avait narré l’événement de la veille avec un humour ravageur. Racontée par un Octave hilare, la plus grande honte de la vie de madame Tancrène avait été un grand moment. Un luxe de détails plus moqueurs les uns que les autres rendait comique la prestation de la jeune femme. On aurait pu croire Groseille en train d’avilir la scène, si ses yeux et ses sourires charmants, n’avaient pas démenti ses propos. Tout y passa et fut dénaturé. Les regards émouvants de Pénélope, sous l’excitation, devinrent des billes de loto, quittant leurs orbites. Ses soupirs éperdus furent traduits en râles, pervers et effrayants. Ses seins gonflés et proches de se montrer prirent l’image d’affreuses mamelles, exigeant une traite immédiate. L’orgasme même de Pénélope ne fut pas épargné. Octave avait décrit ce qu’il avait pensé merveilleux, comme un véritable outrage vécu. Il avait eu la peur de sa vie. Il était sûr que Pénélope allait se jeter sur lui et le violer. Son employée dévouée s’était conduite comme une furie déchaînée. Elle s’était vautrée dans la plus odieuse luxure, en criant des mots sans suite. Puis, d’une voix de tordue hystérique, elle avait insulté sa virilité, comparant sa glorieuse flamberge à un cachalot pâlot, en proie à une rage folle. Quant à la fuite de Pénélope, Octave avait levé les yeux au ciel. C’était la Bérézina dans toute sa splendeur. Une retraite catastrophique. Le Waterloo personnel de miss Tancrène. Lui n’avait pu se retenir et, malgré sa peur face à la mégère, s’était libéré malgré lui, arrosant chemise et seins à demi découverts de la folle. Et enfin, une nymphomane en pleine crise, une folle furieuse en manque de sexe, s’enfuyait sans demander son reste, maculée de foutre et enfin assouvie de luxure.
Pénélope avait ri, des larmes pleins les yeux. Puis, sans même le vouloir, elle avait calmé leurs hilarités, en racontant de sa voix douce et avec sa naïveté habituelle, qu’une fois chez elle, elle s’était demandée si ses pointes de seins cesseraient de bander un jour. Puis, elle avait eu un petit rire, expliquant qu’elle avait dû batailler pour décoller son string de son corps. Pénélope avait finalement rougi en se mordant la lèvre inférieure. Décidément, elle parlait toujours trop…
Pénélope, jambes croisées sous sa nouvelle jupe volante chamarrée de noir et de bleu ciel, s’était demandé s’il était possible de ne pas rougir quand on se sentait idiote. Ou excitée… Ou les deux. Elle s’était revue chez elle. Une fois nue, elle s’était jetée sur son lit et avait revécu d’abord, et corrigé ensuite, le moment de sa grande honte. Elle s’était caressée avec presque de la rudesse, s’imaginant dans les bras d’Octave et ne lui laissant aucune initiative. Elle s’était mise nue et s’était jetée sur son patron. Elle s’était goinfrée de Moby Dick, le faisant souffler dans sa bouche, puis sans plus attendre, s’était empalée sur le monstre en criant du plaisir de se sentir si emplie.
Octave avait souri, et s’était aussitôt lancé dans un monologue débité d’un ton morne. Une longue litanie monotone.
Encore, Pénélope et Octave avaient ri. La honte avait fait place nette. Le plaisir de se retrouver dans cette échoppe était maître de la place. Alors, comme s’il ne s’était rien passé, Pénélope avait repris le travail.
Quatre mois étaient passés sans qu’Octave Groseille ne s’en rende compte. Pourtant, s’il ne voyait pas le temps filer, il vivait une vie nouvelle. La librairie vendait. La publicité avait fait son office et l’ancienne clientèle se mêlait à la nouvelle pour passer à l’échoppe. Très vite, Octave s’éclipsa pour laisser son employée s’occuper de ses clients. Là encore, Pénélope fit merveille. Sa grande culture, sa voix douce et son charme plaisaient beaucoup aux dames. D’autres de ses charmes, eux, séduisaient plus encore les hommes. La librairie Moby Dick revivait !
Un peu du legs de la vieille tante avait été dépensé, mais l’ancien atelier attenant à la librairie, et dont il ne s’était jamais préoccupé, était prêt. Les travaux s’étaient achevés la veille. Trente fauteuils flambants neufs, habillés d’un joli cuir gris, quelques étagères au design moderne et un petit bureau pimpant, attendaient de meubler l’endroit. C’était Pénélope qui avait choisi le mobilier. Elle s’était tout particulièrement attachée à bien choisir son bureau. C’était, par ailleurs, plus une table de travail qu’un bureau. Métal et verre. Plaque de verre épais et armatures en métal argent.
Pénélope lui avait parlé de son idée deux mois auparavant. Octave, sans montrer son scepticisme, claironna à l’idée de génie. Il n’y avait pas cru un seul instant. Pénélope s’était mordu la lèvre, avait penché la tête de côté, l’avait traité de menteur et lui avait tendu une feuille de papier.
C’était un devis de travaux. Octave avait souri, se demandant si cette femme ne finirait pas par le mettre sur la paille. Encore que l’argent nouvellement engrangé n’avait dépendu que d’elle. Pénélope parlait de son idée chaque jour, et nombre des clients du Moby Dick lui firent bon accueil.
Les vendredis soir, 21 h. Lectures pour adultes.
Octave avait regardé la liste des personnes inscrites. Plus d’une dizaine de mamans seraient présentes à l’ouverture du salon, accompagnées évidemment de leurs doux rejetons. Groseille s’était étonné sur le fait que la presque totalité des noms inscrits pour les lectures adultes était encore des patronymes de femmes.
Pénélope avait souri et s’était allumé une cigarette.
Pénélope avait soupiré et avait passé sa main dans la tignasse d’Octave Groseille, le coiffant d’un geste lent. C’était la toute première fois que Pénélope le touchait. Hormis la sympathique poignée de main matinale, il n’avait jamais senti sa main sur lui. Octave en était oppressé et un brin nerveux. Cette fille le rendrait décidément dingue…
Le salon de lecture était prêt à l’emploi et la grande pièce, meublée. Parquet gris clair et murs coquille d’œuf. Des livres habillaient les étagères. Lithographies, estampes et gravures allant du XVe au XVIIIe siècle, ornaient les murs. Le bureau trônait sur une estrade surélevée d’une cinquantaine de centimètres, par rapport au sol de la pièce. Le revêtement de bois jaune, qui habillait le sol de l’estrade et les deux marches pour y accéder, luisait sous les lumières de la salle de lecture. L’espace mural, situé derrière le bureau, était peint de blanc et consacré au seul Herman Melville. Dessins et croquis du Pequod, du capitaine Achab et bien sûr de Moby Dick étaient encadrés de bois clair.
Pénélope quitta le mur dédié à Melville des yeux et fixa son regard clair sur Groseille.
Octave regarda sa montre et hocha la tête d’un air incrédule.
Octave s’était mis à nommer ainsi une Pénélope qui jamais ne fit la moindre remarque.
Groseille éluda l’excuse de Pénélope d’un geste vague.
Octave avait baissé le ton, et s’était interrompu, ne voulant rien insinuer sur la vie privée de sa chère Pénélope.
Octave cherchait sa veste saharienne couleur daim des yeux, ne sachant déjà plus sur quel fauteuil il l’avait jetée. Depuis quelque temps, il attachait de l’importance à sa tenue sans pourtant être devenu plus soigneux de ses affaires.
Octave trouva le regard de Pénélope un peu fixe, et une légère pointe d’inquiétude lui piqua le cœur. La jeune femme paraissait déçue.
Pénélope hocha négativement la tête et sourit.
Pénélope eut une moue curieuse et baissa ses magnifiques yeux azur.
Pénélope avait expliqué son envie, les yeux baissés sur son bureau flambant neuf, puis avait relevé son regard vers Octave. Après tout, comme le disait Jeannette, sa chère mère, il n’y avait pas de mal à se faire du bien. Un courage nouveau lui était venu subitement. Pénélope fixait intensément un Octave Groseille comiquement statufié, bouche bée et veste sous le bras.
Pénélope s’était installée à son bureau et Octave s’était assis au premier rang, face à sa lectrice. La jeune femme manipulait sa tablette informatique et le ballet de son doigt semblait hypnotiser le libraire.
Octave dévorait son employée des yeux. Il n’était sûr de rien et n’osait pas croire que l’idée de surélever le bureau, idée de Pénélope, lui était venue dans le seul but de se mettre en valeur. Que la lectrice soit le point de mire de son auditoire était logique. Pourtant, la table de travail ne cachait rien de celle qui lirait, et la hauteur du bureau la livrait en pâture au regard de son auditoire. La lectrice n’avait pas le droit à l’erreur en ce qui concernait sa tenue, et plus important encore, devait surveiller son comportement. Il ne pouvait être question de ne pas être attentive à ses gestes et postures. Quant aux juges légères et courtes… Cette idée fit frémir Moby Dick…
La jeune femme portait une large chemise anthracite qu’elle avait laissé déboutonnée juste ce qu’il fallait pour ne pas attirer les regards sur son décolleté. Pourtant, Octave avait pu constater à plusieurs reprises que les tétons cachés de Pénélope devaient être libres sous l’étoffe. Si la jupe volante chamarrée de différentes teintes de rouge et gris dévoilait ses cuisses gainées de collants noirs, Pénélope gardait ses jambes, malheureusement serrées l’une contre l’autre. Et c’était bien dommage…
Pénélope se contorsionna un instant sur son large fauteuil de cuir rouge sombre, un fauteuil de ministre, comme l’avait qualifié Octave, et reprit la lecture du récit « Le balcon de monsieur A ». On retrouvait Juliette sur son balcon, qui dévorait un petit-déjeuner, et détaillait avec force détails ce qu’elle éprouvait en explorant son corps, à un Monsieur A, au bord de la crise d’apoplexie. La si coquine héroïne expliquait qu’elle n’avait pas pris de douche et sentait son odeur intime sous la douceur de la brise matinale. Cela lui faisait honte, et l’excitait en même temps. Ce à quoi le vieil homme répondait qu’il en avait les narines charmées. Puis, Juliette s’occupait de ses seins gonflés, de ses pointes durcies, et demandait des pinces à linge à son cher voisin. La sulfureuse Juliette posait ses ustensiles sur ses pointes érigées et le bon Monsieur A la regardait faire, tartinant des tartines de confiture pour sa perverse voisine. Juliette jouissait subitement, les lèvres de sa bouche sucrées par la confiture de myrtilles, et celles de son sexe engluées de cyprine. Juliette parlait, expliquait ce qu’elle éprouvait, et finissait par jouir encore, de son exhibition physique autant que cérébrale, avant de clamer qu’elle n’était pas assouvie et désirait jouir encore. Comportement du personnage, trop poussé à l’exagération, avait songé Pénélope à sa première lecture. Quant à ces orgasmes à la pelle, elle les jugeait fort improbables. Un avis émis un soir par l’ancienne Pénélope, qui, banane entre les cuisses, avait cessé de lire pour croquer dans un biscuit. La suite du récit avait ouvert l’esprit, comme l’intimité gluante de la lectrice, et la nouvelle Pénélope se tordait deux fois de suite sous des tornades inconnues. De quoi, bien évidemment, reconsidérer les choses.
À part quelques légères hésitations et certains soupirs bloqués avant d’être émis, Pénélope avait lu, sans avoir trop à lutter contre la lente montée de son excitation. Elle avait succombé chez elle à la première lecture et connaissait ce passage. Pour la première fois, Pénélope osa un regard vers Groseille. Il écoutait sagement, jambes croisées et ses yeux verts braqués sur elle. Est-ce que ses pantalons de toile beiges étaient tendus ? Il était impossible de le dire… Pénélope en arrivait au passage qui l’avait bousculée à un point indescriptible. L’excitante Juliette accordait au bon Monsieur A, un regard sur l’endroit le plus secret de son anatomie. Elle offrait son plus petit orifice à son voyeur, doigts crispés sur ses fesses, pour les écarter au mieux. Le moment arrivait et Pénélope inspira profondément en se souvenant avec quelle impatience, elle était partie à la recherche du cadeau de Tarentule… La lectrice, très excitée, sentait les bourgeons de ses seins érigés et la moiteur de son ventre. Pénélope bafouilla, s’embrouilla, mais finit par débiter d’une voix rauque les aventures lubriques de Juliette. La blonde Juliette, assoiffée de plaisir, assise et jambes relevées, se prenait le sexe avec un sex-toy alors que le lourd pilon était fiché entre ses fesses. Par instant, la voix de Pénélope devenait rauque et parfois, presque inaudible. La terrible Juliette venait d’obéir au vieux voisin et jouissait de se sodomiser à son commandement. Puis, seins pincés, ventre godé et anus défoncé, Juliette jouissait encore, éclaboussant ses cuisses de son plaisir. Là, Pénélope s’était arrêtée de lire, et avait pris un temps pour retrouver ses esprits. Elle mouillait… Elle sentait son string plus qu’humide. La jeune femme soupira et s’étonna d’être aussi fière d’avoir passé ce cap sans se laisser aller, tout en étant frustrée de ne pas avoir craqué. La suite du récit, où Juliette expliquait qu’elle serait maintenant le jouet obéissant de Monsieur A, était beaucoup plus calme. Pénélope put terminer son chapitre, sans avoir à succomber à la honte délicieuse d’un orgasme en pleine lecture.
Octave avait souri après un long moment passé à émerger de sa rêverie éveillée.
Groseille n’ajouta rien et ne changea pas de position. Il fouilla dans la poche de sa veste et en sortit sa pipe. Pénélope en fut déçue et à nouveau frustrée. Avait-il une érection ? N’avait-il pas été excité par le passage qui l’avait – elle – bousculée au point qu’elle se sodomise avec le pilon offert par son amie Tarentule ?
Ils avaient fumé en silence et Pénélope ne savait plus que penser. Cependant, et cette décision la surprit, elle n’osa pas questionner Octave sur ce qu’il pensait de sa prestation.
Cette fois, ce n’était pas Juliette qui était mise en scène. Un autre personnage féminin s’exhibait à un homme. La façon d’écrire était très différente. L’auteure avait abandonné les mots crus et toute vulgarité. La jeune femme en lice, s’exhibait et obéissait à son compagnon avec timidité et en était autant troublée que honteuse. Les dialogues comme les actes étaient décrits presque sagement. Et c’était peut-être plus excitant encore. Pénélope, le souffle court, tentait de lutter contre l’excitation qui l’envahissait. Elle n’avait qu’une envie, celle de se retrouver en place de cette nouvelle héroïne. Elle ne put empêcher ses paroles de franchir ses lèvres.
Pénélope, les yeux braqués sur l’entrejambe de Groseille, ne dit rien d’autre et regarda son patron officier à la satisfaire. Moby Dick était calme, couché sur le tissu qui habillait la cuisse d’Octave. C’était dit et Octave l’avait fait. Reprenant sa lecture, Pénélope écarta légèrement les jambes. Elle combattait l’idée de montrer un peu plus de sa personne à son patron. Elle s’étonnait de désirer l’exciter. Pénélope lisait et de temps en temps, jetait un regard sur un Moby Dick beaucoup plus timide que lors de sa précédente apparition. Qu’est-ce qui n’allait pas ?
Octave Groseille, sérieux comme un pape avant de se lancer dans un « urbi et orbi solennel », resta silencieux un moment.
Groseille, la queue à l’air, et l’air penaud, aurait pu passer pour ridicule si Pénélope n’avait pas senti ses tétons durcis et son ventre brûlant.
Pénélope soupira profondément et baissa les yeux sur un Moby Dick, décidé à un farniente bien décevant.
Pénélope lut un long moment et, comme si son aveu avait changé les choses, commença à moins bien contrôler ses émotions. Elle butait sur certains mots, et parfois devait s’employer à calmer l’envolée de sa respiration. Pénélope avait osé écarter un peu plus ses jambes et Octave n’avait pas manqué de le remarquer. Il avait semblé à la lectrice que Moby Dick prenait un peu d’ampleur et, réalité ou imagination, l’envie de revoir le monstre impétueux lui vrilla les entrailles.
La jolie blonde ne daigna pas répondre, et se contenta de déboutonner deux boutons de sa chemise. Elle sentit sa jupe glisser sur ses bas quand elle écarta un peu plus ses jambes. Elle tenta de s’imaginer ce que voyait Octave. Ses cuisses ? Oui… C’était certain ! Elle lui offrait ses cuisses et en éprouvait un plaisir troublant. Elle n’en pouvait plus d’attendre. Son désir d’en montrer un peu plus encore la taraudait.
Groseille était perdu. Bien qu’il ne le montra pas, il frisait la crise d’angoisse. Son fantasme vivant, nommé Pénélope, et employé par ses soins à sa librairie, exigeait d’une voix voilée par le désir qu’il lui montre son intérêt… Et sa virilité se montrait défaillante ! Moby Dick était comme prostré et Octave en était autant vexé qu’angoissé. C’était la toute première fois que le « Goupillon divin », sobriquet donné par une nymphomane de quarante ans, ayant renoncé à ses vœux, alors qu’elle avait à peine vingt-deux ans, lui faisait défaut. Puis, le brave libraire fut extirpé de ses pensées moroses par un mouvement de Pénélope. Deux mouvements en fait… Le premier lui fit remarquer que ce n’étaient pas des collants qui habillaient les longues jambes de son fantasme. Quant au second, il accapara toute son attention. Pénélope ne lisait plus. Si sa chemise cachait toujours ses seins, elle découvrait son ventre. Quant à ce que son patron pouvait voir sous le bureau, elle ne devait en avoir qu’une vague idée… Octave faillit se perdre à demander à la jeune femme d’enlever sa chemise. Cela aurait été une erreur. Au mieux, le charme aurait été rompu. Bas noirs, cuisses blanches et culotte noire… Groseille n’osait rêver en voir plus !
Pénélope n’avait rien manqué de l’éveil de Moby Dick. Son excitation était bien réelle, et totalement d’ordre sexuel. Pourtant tempérée par le fait de constater qu’il était presque émouvant de voir ce sexe d’homme se dresser lentement pour elle. Moby Dick, maintenant, fendait l’air comme un véritable cachalot aurait fendu l’océan. Impérieux et fringant. De sa main, Pénélope écarta lentement les pans de sa chemise. Ses seins nus parurent se gonfler d’un coup.
L’ancien marin, membre viril tendu à lui faire mal, déglutit et s’employa à faire disparaître l’air ahuri qu’il était certain d’avoir, depuis les initiatives de la belle Pénélope. Il en avait toujours été persuadé, mais parfois, l’imaginaire pouvait être déçu. Maintenant, il avait sous les yeux les seins parfaits de Pénélope. Hauts perchés, deux petits melons aux charmantes rondeurs se gonflaient sous une respiration précipitée. Fermes, durs, ces fruits donnaient envie d’être caressés, avant d’être dégustés. Seule peut-être, Annabelle Lajoie, l’une des clientes revenues à la librairie depuis que Pénélope y travaillait, avait à sa connaissance d’aussi beaux seins. Annabelle, brune incendiaire et femme infidèle. Femme superbe à qui il avait conté fleurette, quelques années auparavant, avant de la prendre comme un soudard dans les endroits les plus variés. Une année entière, le couple s’était livré à des ébats torrides, avant qu’elle ne disparaisse de sa vie. Annabelle Lajoie, qui était inscrite sur la liste des amateurs de lecture du vendredi soir…
Pénélope ne put s’empêcher de soupirer quand enfin, Octave empoigna son sexe à deux mains. L’ancien marin avait harponné son Moby Dick avec un empressement qui la rassurait. Elle l’excitait ! Ses mains englobèrent ses seins et elle sentit les pointes dures dans ses paumes. L’énorme membre d’Octave, bien que deux grandes mains s’en occupent, n’était pas entièrement caché. L’idée d’être prise par un tel monstre, fit basculer Pénélope dans un petit fantasme éveillé… Quel effet devait-on éprouver ? Lambert avait un sexe plus gros que celui de l’imbécile de nationalité grecque, mais il n’avait rien à voir avec le pieu monumental, que son patron enserrait sous ses yeux. D’autres virilités masculines entrevues sur l’instructif Internet n’avaient pas interpellé Pénélope, plus que ça… Mais Moby Dick la faisait frémir d’excitation.
Octave n’osait bouger ses mains. Quand sa lectrice avait caressé ses seins, il avait failli exploser. Les cuisses de Pénélope s’étaient encore écartées l’une de l’autre et Groseille était certain que ce n’était pas voulu. La jolie blonde était proche de se perdre une nouvelle fois dans la jouissance.
Main dans son string, et doigts enfoncés dans son antre détrempé, Pénélope jouit en songeant à l’image qu’elle renvoyait à un Octave lui obéissant, avec les yeux fixés sur cette même main. Elle feula comme elle ne l’avait jamais fait, et son émotion fit son petit effet. Moby Dick, encore, souffla…
Pénélope bougea ses doigts et entendit distinctement le clapotis produit par son mouvement. Elle était trempée. Et elle n’était pas rassasiée.
Octave avait nettoyé les dégâts avec un grand mouchoir désuet extirpé de sa veste, et si ce geste était loin de tout érotisme, il ne fit pas faiblir le désir de la jeune femme. Moby Dick oscillait, comme hésitant, et Pénélope comprit qu’Octave allait lui cacher le monstre qui la troublait tant.
Groseille avait failli se précipiter vers le bureau. Non pour un contact physique, encore qu’il en rêvait, mais pour mieux apprécier les évolutions de son fantasme. Il n’avait rien manqué du spectacle, mais plus près du Paradis aurait été un rêve. Quand Pénélope avait introduit sa main dans sa culotte noire, il avait été proche de défaillir. Cette espèce de plainte rauque et pourtant douce, poussée par la jeune femme, l’avait achevé. Jamais il n’aurait pensé en arriver là. Pénélope avait bousculé ses interdits et avait osé. Il en était autant surpris que ravi.
Le « Non ! » crié par son fantasme, fit arrêter son geste à Octave. Pénélope n’avait pas enlevé sa main, et il devinait que ses doigts bougeaient doucement sous la culotte. Sa belle libraire, elle, continuait à s’exprimer librement. La surprise devait être gravée sur ses traits, car il n’eut pas à répondre.
La main bougea un peu plus vite et Groseille comprit que la belle Pénélope promettait quelque autre merveille. Cette fois, il devait se jeter à l’eau.
Pénélope soupira, et sa main quitta la place. Rien de son visage ne trahissait ses pensées et la jeune femme reprit une position plus convenable. C’était fichu ! Octave voyait son île tropicale disparaître, et une froide et blanche banquise se profiler à l’horizon de son fantasme.
Cette fois, Pénélope était loin de la honte éprouvée naguère, alors qu’elle s’était livrée à beaucoup plus, qu’un orgasme survenu sans qu’elle n’y puisse rien.
Pénélope avait rapproché une petite table de bois clair de deux fauteuils, et s’était installée non loin de l’estrade. Groseille l’avait retrouvée là, occupée à manipuler sa tablette informatique. La jolie blonde n’avait pas refermé sa chemise, entièrement dégagée de sa jupe. C’était une vision érotique à couper le souffle pour Octave qui resta immobile un moment, avant de réagir. Il déposa son fardeau sur la table, le regard perdu sur le ventre nu de son employée. Bouteille de single malt, deux verres tulipes, le cendrier et un sachet de biscuits salés. Le libraire était amateur de whiskies. Il savait que son malt était excellent, comme il savait qu’il était dit que pour apprécier un excellent whisky, on ne le noyait pas de glace et on le savourait sans accompagnement de bouche. Ce qui ne l’empêcha pas d’ouvrir le sachet de biscuits. Pénélope croisa ses jambes et se cala à son siège. Octave songea qu’il était proche de la crise nerveuse, mais tint bon, et approcha le fauteuil pour s’y asseoir. Il avait atteint l’un de ses buts sans même avoir à le demander. Il était au plus près de Pénélope.
Pénélope avait hésité quand Groseille était intervenu. Il avait fait disparaître Moby Dick d’un geste, pour lui poser des conditions. Elle était restée un instant à observer le tissu tendu qui lui cachait ce qu’elle désirait voir. Si elle n’avait pas reçu une douche froide, Octave avait compris qu’il venait d’émousser ses envies. Elle l’avait envoyé chercher de quoi boire un verre, toute excitation éteinte. Pénélope, seule, avait passé le temps à la réflexion. Si elle ne s’attendait pas à ce que son patron pose des conditions, elle savait que leurs petits jeux évolueraient. D’une lecture érotique qui l’avait fait jouir sans qu’elle s’y attende, elle était passée à un début d’exhibition.
Pénélope n’avait fait que murmurer et s’était étonnée de rougir. Elle s’était effectivement exhibée. Et le faire l’avait fait s’envoyer en l’air avec une intensité inconnue. Un orgasme bref et violent. Elle l’avait défini comme une sorte de soulagement. Pourtant, elle avait continué à torturer son clitoris. La brutale jouissance éprouvée n’avait pas assouvi ses sens. Plongée dans ses pensées, Pénélope en fut sortie par une douce chaleur naissante au creux de son ventre. Son excitation renaissait. Il était naturel que l’homme devant lequel elle avait joui s’affole un peu. D’après ce qu’elle savait des mâles poussés au rut, Octave faisait preuve de tact et de respect.
Pénélope regarda Octave préparer la table et s’asseoir. Elle avait surpris son regard sur son ventre.
La voix douce de Pénélope ne paraissait pas le moins du monde offusquée, et Groseille tendit un verre généreusement empli à la jeune femme.
Groseille porta son verre à ses lèvres, et but une lampée de son nectar. Son Glendronach valait son prix.
Pénélope n’y connaissait rien en whisky et fut surprise de ne pas sentir la brûlure de l’alcool dans sa gorge. À la fois doux et brûlant, le goût de ce whisky ne lui déplaisait pas.
La jeune femme se pencha pour attraper ses cigarettes, et son mouvement découvrit ses seins. Groseille admira le galbe parfait de sa poitrine et remarqua les tétons dardés. Un régal pour les yeux. Pénélope fumait, son bras gauche retenant l’étoffe de sa chemise et laissant son sein à demi dénudé.
La grimace dépitée d’Octave fit sourire la jeune femme.
Nouvelle grimace, cette fois très exagérée. Groseille avouait ses désirs sans même prononcer une parole. Pénélope avait une nouvelle fois mis le doigt dessus, comme le disait Octave.
La jolie blonde se pencha à nouveau, laissant ses seins s’épanouir en pleine lumière, et choisit quelques biscuits qu’elle enleva du sachet. Assise, et dos au dossier, la chemise avait repris ses fonctions. À savoir, habiller la poitrine de sa propriétaire. Au grand dam du libraire.
Le coup d’œil surpris de Groseille était cette fois bien réel.
Octave leva les yeux au ciel et afficha un petit sourire.
Groseille fit glisser son regard sur le buste et les cuisses de Pénélope, puis piqua un biscuit salé, avant de reporter son attention sur les yeux bleus qui le fixaient.
Pénélope avait observé son vis-à-vis et l’avait vu réagir à tous ses mouvements. Octave faisait preuve d’un calme olympien, alors que d’autres en auraient certainement bavé de concupiscence. Elle-même avait senti sa source reprendre vie et humecter son string. Ses mamelons n’avaient pas débandé depuis son exhibition et paraissaient se durcir encore. Elle tira une bouffée de sa cigarette, et baissa les yeux sur les pantalons de Groseille.
Groseille mâcha son biscuit avec une application digne d’intérêt. C’était à croire qu’avaler le gâteau était devenu la chose la plus importante du monde. Ses yeux verts se voilèrent alors qu’il souriait.
La jeune femme sourit et but une petite rasade d’alcool. Octave ne savait plus sur quel pied danser. L’ancien capitaine au long cours comprenait subitement que depuis le début de leurs jeux intimes, c’était Pénélope Tancrène qui menait le bal. Elle l’avait mené depuis le début.
La première fois, Octave avait agi sous le coup de l’impulsivité. Excité comme un satyre lubrique, il lui avait exhibé Moby Dick avec une certaine fierté, ne mesurant pas le risque qu’il prenait. Bien lui avait pris toutefois. Ce soir, c’était totalement différent. Moby Dick jouait les timides. Cet incident ne jouait en faveur de personne. Octave n’avait plus rien du satyre et Pénélope ruminait sa déception.
Le petit rire sec de Groseille fut sa seule réponse et Pénélope en fut presque déçue. Une idée lui traversa l’esprit et elle se sentit rougir.
Octave, subitement immobile, pipe aux lèvres et allumette aux doigts, la regardait avec curiosité.
Pénélope piqua un fard capable d’éclairer une côte bretonne en pleine nuit de tempête.
Pénélope s’était interrompue, le feu aux joues, et Groseille cessa presque de respirer. Qu’allait donc encore inventer cette diablesse pour le rendre fou ?
L’image d’un vilain crapaud, les yeux exorbités et la fixant en croassant, faillit faire taire toute excitation, et Pénélope détourna le regard du visage ahuri de Groseille. C’était bien elle qui menait la danse ! Ce qui se disait sur les hommes face au désir n’était pas une légende. Ils devenaient littéralement idiots !
Octave, bouche bée, avait été incapable d’allumer sa pipe. Il l’avait reposée avec un geste lent, et avait pris le temps de la réflexion en remplissant leurs verres. Si Pénélope le disait, elle le ferait… Les pensées d’Octave se bousculaient, et il s’entendit répondre d’une voix atone qu’il était d’accord. La douce voix de la jeune femme se fit entendre, alors qu’il déboutonnait la braguette de ses pantalons de toile.
Octave, membre encore ensommeillé, se passa une main dans les cheveux tout le temps que prit Pénélope pour tenir sa promesse.
Debout, Pénélope avait passé ses longues mains sous sa jupe, prenant son temps et un grand soin de ne pas la relever. Puis, lentement, elle avait bougé. Octave se sentait comme une souris face à un serpent. Il se savait incapable de détacher ses yeux des mouvements effectués par son fantasme de chair et d’os. Octave imagina le string descendre sur les cuisses cachées par la jupe, avant de le voir enfin. Les doigts de Pénélope firent passer le petit morceau d’étoffe sur ses genoux, puis l’amenèrent sur ses mollets, avant de le laisser glisser seul, sur ses chevilles délicates. Quand la jeune femme leva un pied pour se dégager du string noir, il sentit son sexe se convulser sur sa cuisse. Quand d’une main, Pénélope débarrassa son autre pied de la légère pièce de coton, Moby Dick prit de la vigueur. Le string déposé sur la table, Pénélope lissa sa jupe des mains et se recula pour s’asseoir. Le membre d’Octave était dur et dressé quand la jolie blonde fut assise.
Verre dans sa main gauche, chemise ne cachant plus que ses épaules et ses bras, Pénélope regardait Octave se caresser. Tout comme elle l’observait avec attention, son patron, lui, ne la quittait pas des yeux.
À peine avait-elle lâché ces mots, que la main de Groseille s’était activée.
Les yeux bleus glissèrent sur le string posé sur la table et Pénélope prit un moment avant de se décider.
Octave avait cessé ses attouchements, et ses doigts caressaient le coton imbibé de la liqueur de la jeune femme. Pénélope ne mentait jamais. Elle savait qu’il l’avait crue ! Lui offrir l’opportunité de vérifier ses dires l’excitait. La jolie blonde se lâchait. Elle prenait des initiatives et elle aimait ça. Oh oui ! Il excitait cette jolie coquine ! Pas autant qu’elle le rendait idiot, mais bien assez pour devenir plus entreprenante. Il ne s’y était pas attendu, mais il comprenait, aujourd’hui, qu’il plaisait à Pénélope. Naïve et ingénue certes, mais la douce et gentille Pénélope ne se serait pas aventurée aussi loin avec un type qui ne lui convenait pas. Cette femme finirait par aller plus loin. Elle était assez naïve pour ne pas se connaître. La superbe jeune femme était une perle cachée. À lui de découvrir la véritable Pénélope. À lui de la rendre gourmande des plaisirs du sexe. S’il se montrait intelligent et patient, elle s’offrirait à lui un jour ou l’autre…
Les hommes devenaient idiots ! Faibles et dépendants… Et Octave ne faisait pas exception à cette règle établie, depuis que le monde était monde. Pénélope ne critiquait en rien le comportement de son patron. Elle le comprenait. Elle en profiterait d’une façon saine. Elle donnerait du plaisir et en retirerait plus encore. Si c’était possible. Pénélope se rendait compte que si elle aimait exciter son patron, elle aimait plus encore se servir de lui. Non par vice ou par manipulation, mais simplement parce qu’Octave finissait par tout accepter. Elle était devenue la véritable patronne de la librairie. Groseille le savait et l’acceptait. Elle en était d’ailleurs ravie et ne profitait pas de la situation. Quant aux regards d’Octave sur elle depuis des mois, elle n’en avait rien pensé un moment, avant de se décider à en tirer profit. Octave ne la baiserait pas. Elle ne s’offrirait pas à son patron. La nouvelle Pénélope se servirait. C’est elle qui prendrait Octave ! Tout comme elle en ferait son jouet. Professionnellement, elle resterait une employée modèle. Pour son plaisir, elle obtiendrait ce qu’elle désirait. Pénélope éprouvait un frisson indéfinissable, à chaque fois qu’Octave accédait à ses désirs. Elle aimait qu’il lui obéisse ! Pénélope but une petite gorgée de whisky. Sa main gauche s’était glissée sous sa jupe, la relevant à peine sur ses cuisses. Son majeur glissa sur sa fente trempée et elle laissa échapper un léger soupir. La queue d’Octave, impériale, se dressait pour elle. Le roseau pliait, mais ne rompait pas, disait-on… Moby Dick, lui, ne pliait pas sous la poigne d’Octave.
Pénélope vivait un étrange moment. Totalement débarrassée de complexes, et sans la moindre pudeur, elle profitait du plaisir. Le verre de whisky passait sur ses tétons érigés, les écrasant doucement avant de les bousculer et les laisser se redresser. Deux doigts allaient et venaient dans son sexe, l’emportant vers un plaisir proche. Pénélope éprouvait un plaisir trouble à être regardée.
Le libraire n’hésita qu’une seconde avant de se souvenir de ses récentes résolutions. Patience et intelligence.
Entièrement nu, Octave s’était assis et découvrait avec émerveillement qu’il avait obtenu un nouvel échange de bons procédés. Pendant que son employeur s’employait à lui obéir, Pénélope, avait reposé son verre et avait changé de posture. Dépoitraillée, elle avait relevé plus encore sa jupe sur ses jambes. Octave paraissait sidéré. La cuisse droite passée par-dessus l’accoudoir garni de cuir, Pénélope se délecta du spectacle qu’elle offrait. Les doigts de sa main gauche pincèrent doucement une pointe de sein dure comme un diamant. Elle baissa les yeux sur son corps. La jupe tombait sur le siège et cachait son intimité, mais ses cuisses étaient entièrement découvertes. La vue de ses bas la remua. Le haut de ses cuisses dénudées l’excita.
La main de Groseille enserra Moby Dick et la jeune femme frissonna. Ses doigts abandonnèrent un téton aussitôt frustré, pour s’occuper de l’autre. Elle aurait aimé essayer les pinces à linge de cette terrible Juliette, et se promit de tenter l’expérience. Pénélope frémit quand sa main abandonna son intimité pour lentement, relever la jupe sur son ventre. Ses yeux se plantèrent sur le visage congestionné, de celui qu’elle voyait maintenant comme un amant en puissance. Comme s’il avait reçu le message, Octave leva les yeux vers elle.
Groseille était au bord de l’explosion et, étrangement, la vue nouvelle que lui offrait Pénélope retarda son éjaculation. Il vit son fantasme reculer son bassin du dossier de son fauteuil, et le basculer lentement vers lui. La jupe de la belle blonde ne cachait plus rien. Octave se repaissait de cette vision en goinfre égoïste. Il dévorait des yeux le buisson de poils dorés, brillant de liqueur. Il imaginait sa langue sur la délicate fente ouverte et détrempée. La jeune femme gémit longuement, releva son pied resté au sol, et laissa sa cuisse se poser sur l’accoudoir. Elle était maintenant comme écartelée et rougit violemment. Le ventre plat se contracta sous un autre gémissement, et un filet de cyprine s’écoula avec douceur de la faille béante. C’était comme si Pénélope n’attendait que son attention pour se laisser aller. Octave sentit son membre sur le point d’exploser…
Pénélope se regardait et savait qu’elle ne se contiendrait plus très longtemps, la bourrasque qui s’annonçait. Exposée comme une libertine accomplie, jambes relevées et écartées, Pénélope se mordit la lèvre inférieure, assez fort pour en ressentir une légère douleur. La nouvelle Pénélope se vautrait dans la lubricité, et elle aimait ce qu’elle ressentait. Octave respirait aussi lourdement qu’un ours devant une ruche gavée de miel. Pénélope avait failli jouir en découvrant le cuir mouillé sous elle. Puis elle s’était offerte.
Pénélope lança ses mains et enserra ses chevilles, les relevant plus haut encore. Octave en avait déjà beaucoup vu. Ses seins gonflés, ses tétons turgescents, ses cuisses nues. Il la découvrait maintenant totalement. Maintenant, elle lui offrait tous ses secrets. Tous ces trésors. Pénélope, les yeux braqués sur un Moby Dick prêt à souffler, aspira une grande goulée d’air. Elle transpirait et se sentait oppressée.
La cicatrice de son ventre, ouverte et ruisselante, son œillet serré et sombre qu’elle sentait gluant de cyprine… Pénélope les offrait à Octave et en retirait un plaisir troublant.
Le grognement d’Octave dura tout le temps qu’il se libéra en longues saccades, les yeux sur une Pénélope en train de se tordre. Pénélope regardait Octave par instants, avant de fermer les yeux sur une vague plus exigeante qu’une autre. La jeune femme ouvrit la bouche quand Moby Dick souffla. Elle imagina la queue d’Octave fondre entre ses lèvres. Puis, elle perdit totalement pied, bousculée, tordue, et fouettée par une succession de vagues dévastatrices. Enfin, elle se sentit couler d’un coup et jouit brutalement.
En plein orgasme, Pénélope cria quand elle comprit ce qui allait arriver. Elle se regarda asperger ses cuisses nues à plusieurs reprises. Une pluie de plaisir saccadée inonda son corps et son siège. Des petits jets drus qui finirent par mourir, alors que son ventre semblait toujours être fouillé par une lame chauffée au rouge. Pénélope lâcha un sanglot nerveux et ferma les yeux. Le déferlement de plaisir ne semblait pas vouloir cesser.
La voix grave d’Octave tira Pénélope de sa léthargie.
Pénélope avait été surprise de constater que sept mois étaient passés. La librairie faisait enfin des bénéfices, et ses salons de lecture le plein d’auditeurs. La salle était comble tous les mercredis, et les enfants découvraient Le club des cinq d’Enyd Blyton. Le bouche à oreille avait parfaitement fonctionné. Les vendredis soir, les lectures érotiques de Pénélope rosissaient bien des joues. Tout autant que les siennes. Ses dissertations et les débats sur la littérature érotique du public amenaient à ce que Pénélope finisse par gentiment le jeter dehors, bien après l’heure de fermeture du salon.
Pénélope était heureuse. Professionnellement comme dans sa vie privée. Sa vie personnelle s’était enrichie. Jeannette resterait à Toulon pour le reste de l’année au moins. Sa mère n’osait pas lui avouer qu’elle n’avait pas envie de quitter sa sœur, et Pénélope l’encouragea à rester aussi longtemps qu’elle le souhaitait dans le Sud. Pénélope courait tous les jours et s’était inscrite à un cours de danse africaine. La jeune femme adorait s’épuiser sur des rythmes survoltés. Elle était devenue beaucoup plus sociable, et s’était liée avec quelques clientes de la librairie. L’une d’elles était même devenue assez proche de ce que pouvait être une amie. Quant aux aventures de la nouvelle Pénélope dans le domaine des plaisirs sexuels, cela avait été une véritable révélation. Pas une soirée ne se passait sans que la jeune femme ne se fasse plaisir. Pourtant…
Dernièrement, Pénélope avait conclu une sorte de marché avec son patron. Un pacte personnel et un arrangement professionnel. Elle avait invité Octave Groseille au restaurant. Un italien. Pénélope adorait les spaghettis à la bolognaise. Quant à Octave, il l’avait laissée libre de choisir pour lui. Pénélope s’était expliquée en dégustant ses pâtes. Ce fut un discours que le libraire qualifia ensuite de contrat mi-figue, mi-raisin. Pénélope participait à la comptabilité de la librairie. Elle lui proposa donc une sorte d’association. Son salaire en serait largement augmenté, mais elle estimait le mériter amplement. Ce que son patron admit sans la moindre difficulté. En contrepartie, elle n’accepterait pas les postes que l’on venait de lui proposer. Un salaire bien plus élevé à la clef. Groseille accepta sans sourciller les conditions de Pénélope. L’autre partie du contrat entre Pénélope et lui fut un véritable crève-cœur pour Octave. Pourtant, il comprenait parfaitement ce qu’éprouvait la jeune femme. Pénélope était sincère et il le savait.
Quand Pénélope s’était décidée à parler à Octave de ce qu’elle désirait, elle avait senti ses tétons se dresser en songeant à ce qui s’était passé entre eux, la veille de l’ouverture du salon de lecture. Une véritable découverte pour Pénélope. Une jouissance proche de l’extase l’avait terrassée. Une découverte également pour Octave, d’après ce que ce dernier lui avait confié. Le libraire, enthousiaste, avait avoué n’avoir jamais rencontré une femme comme elle. Une femme aussi exceptionnelle qu’elle. Jamais de sa vie, il n’avait vu ce qu’il avait connu ce soir-là. Un plaisir d’une telle ampleur, une telle jouissance, non, il n’en revenait pas. Et surtout, jamais il n’avait connu une femme capable d’exploser de bonheur, sans même avoir besoin de se toucher…
Pénélope avait été franche et directe. Il lui fallait réfléchir. Elle ne se comprenait plus, et cela même, si elle avait adoré ce qui s’était passé dans la salle de lecture. Pourtant, rien ne devait plus se passer entre eux sur un plan personnel. Plus aucune confidence. Aucune intimité. Pénélope avait souri, ajoutant que ce ne serait pas plus facile pour elle, que pour Octave. Elle ne fermait cependant aucune porte. Simplement, elle prendrait le temps de faire le point. Octave obtint la promesse qu’elle resterait franche et honnête. Ensuite, ce qui devrait arriver arriverait.
Finalement, tout s’était très bien passé. Pénélope avait obtenu ce qu’elle désirait et Octave n’avait pas trop mal réagi à la décision de ne plus mélanger vie professionnelle et plaisirs, et ce jusqu’à nouvel ordre. Pénélope rangea soigneusement la lettre et classa les mails associés dans le répertoire adéquat. Elle n’accepterait pas le poste que la faculté bretonne lui proposait. Elle resterait à la librairie.
Il ne faisait pas encore jour quand Pénélope ouvrit les yeux. Quelques instants plus tard, ses doigts pénétraient son antre brûlant et déjà mouillé.
Pénélope avait envie de Moby Dick…