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Temps de lecture estimé : 11 mn
18/01/23
Résumé:  Les préparatifs d’une guerre à venir contre la tribu d’esclavagiste avancent bon train et Gordon rencontre un vieux prêtre égyptien transformé en vampire.
Critères:  #nonérotique #sciencefiction #fantastique
Auteur : Vopicek      Envoi mini-message

Série : Gorre, terre d'exil de Pierre Gordon

Chapitre 10 / 15
Homer s’en va en guerre et le Vampire rencontre Gordon 1er

Résumé des épisodes précédents :


Gordon exilé sur une planète, après des démêlés avec le royaume où il a été exilé, se transforme en chef de brigands, part en guerre et conquiert un territoire où il se déclare roi. Il y a une guerre contre d’autres pirates et se marie avec la reine des pirates maritimes. Il développe l’industrie et l’éducation dans son royaume, semant des descendants par-ci par-là.


Une révolte sur Tibur est rapidement matée.


Gilou, le fils aîné de Gordon et de Gamail, vient à la cour de Gordon pour parfaire son éducation. C’est le vrai portrait de son père, si ce n’est qu’il n’a pas reçu d’éducation en arts martiaux. Gordon dans un premier s’en occupe et lorsqu’il n’y a plus rien à lui apprendre. Il passe le flambeau à Patlara. Les deux tombent amoureux et ils sont envoyés sur l’archipel nouvellement conquis pour l’administrer. Gilou se révèle un habile fils de son père en fondant une compagnie de commerçants corsaires.


Gilou part à la découverte avec ses compagnons et réalise à son tour l’exploit de Christoph Colomb, qui est d’aller voir ce qu’il y a au bout de la terre. Il est bien aidé par son père qui à part avoir été boxeur a également travaillé dans un bureau d’Ingénieurs-arpenteurs.



Gilou rencontre un vieux vampire qui s’ennuyait. En rentrant, il apprend que Balthazar 1er s’est échappé du bagne, il l’engage pour le Nouveau Monde.





À la conquête des nouvelles terres.



Une fois prêt, les bateaux chargés à ras bord, nous emportons une quantité importante de poudre noire, les bombes se fabriqueraient sur place, il y a assez d’argile. Un bateau à part l’équipage est réservé à un escadron de tarns et ses tarniers. À part Tamis qui a l’expérience des voyages, nous les avons un peu nourris aux tranquillisants. Tamis fait un remarquable travail d’information et de tranquillisation avec ses congénères, les jours de beaux temps, ils peuvent voler sans problème sans s’éloigner trop non plus.


Enfin, nous nous mettons en route et comme prévu, les vents soufflent bien dans le bon sens et les voiles sont bien gonflées, l’avance rapide. Les nouveaux bateaux d’Homer se comportent très bien une fois modifiés, nous avons quelque peine à les suivre, nous espérons tous qu’ils ne subissent pas un grain pour prouver qu’ils sont OK, ce n’est pas nécessaire.


En avance sur les prévisions, nous arrivons à Lapol, une foule bigarrée et importante nous attend sur le nouveau port. Les continentaux se sont présentés pour faire une razzia, mais quand ils ont vu la forteresse qui bloque la baie pour accéder aux terres, ils ont fait demi-tour.


J’eus la surprise que le commandant que j’ai laissé, Matar, a construit une dizaine de balises qui m’ont l’air assez redoutables.


C’est clair qu’en plus des arcs faits d’ifs qui ont une portée déjà bien supérieure à celle des assaillants, les balises, parfois enflammées, peuvent avoir un effet assez dissuasif.


De l’autre côté de l’île, il y a peu de chances qu’ils s’aventurent, c’est un système de mangrove au pied de falaises peu accessibles. Toutefois, Matar qui commande le fort en mon absence a prévu un service de guet posté sur le sommet et un système de feux pour signaler un problème éventuel, du reste, c’est lui qui a signalé notre arrivée.


Il faut agrandir la ville rapidement vu tous les nouveaux arrivants. On fait des casernes, pour ceux qui font campagne sur le continent, car ils ne sont pas là pour longtemps.


Matar entre-temps a tout de même fait construire quelques maisons somptueuses pour ceux qui risquent de rester plus longtemps et un palais pour le roi et sa famille, moi et les miens en l’occurrence. On peut admirer un aqueduc en bois pour amener l’eau de la rivière au centre-ville, évitant la pollution éventuelle du village indigène avec une bifurcation pour alimenter une fontaine, taillée dans le rocher de la montagne. Elle est toute proche et dans la ville il a fait réaliser une vraie œuvre d’art. En effet, il y a un ancien mineur qui s’est fait plaisir.


Après avoir récupéré du voyage, Père et moi, nous sommes partis en direction de la faille du Vampire, comme je lui ai promis en prenant Tamis et Zio. Les deux tarns avec lesquels on peut le mieux correspondre. En arrivant, paradoxalement, Tamis me fait savoir qu’il ne reçoit aucune pensée. Père m’informe que si vraiment c’est un vampire, il peut arriver qu’il ait une période de sommeil relativement longue, surtout s’il est en déficit de nourriture ou au contraire s’il a fait ripaille. Nous ne voulons pas l’indisposer et nous laissons quelques traces de notre passage et père construisit même une petite pyramide de type Djoser1, si typique et facile à réaliser puis nous nous en retournons.


Pendant ce temps, le chef de la tribu de l’île qui nous a accueillis est parti en ambassadeur vers les autres tribus pour les avertir de nos projets et des possibilités de s’engager comme soldats.


À notre arrivée, un millier de nouveaux soldats sont annoncés et engagés. La formation d’archers avec des arcs en if prend un certain temps pour faire comprendre la tactique alors que l’infanterie, armée de perches affûtées, apprend à se tenir en carré pour charger au pas de charge.


Il y a aussi la confection de boucliers en osier qui a mobilisé les plus capables dans cet art. À ma grande surprise, ce fut Patlarat qui prit en main la direction de fabrication, elle en connaissait un chapitre sur le travail de l’osier.


Tous les jours, il y a la corvée, soit de pêche, soit de chasse. On évitait de chasser à Lapol pour ne pas épuiser le gibier, mais régulièrement, un navire part faire une battue dans une île voisine, nos cougas s’acclimatent bien et rapidement participent à nourrir la population.


Une lune plus tard, l’armada est prête. Dans un premier temps, il faut créer une tête de pont pour continuer plus loin, construire une deuxième forteresse directement sur le continent et un port pour les échanges, c’est du travail pour au minimum un mois intensif. Les soldats se transforment en légionnaires romains, père en explique le principe à Homer, qui comprend très vite les avantages du système, à la différence près que vu le climat, ce sera sans cuirasse, mais avec la complicité des tarns qui font le guet et des bateaux qui empêchent une surprise désagréable.


Homer s’est adjoint le concours de Matar qui a si bien géré la construction de la forteresse. Un mois plus tard, un bateau venant du continent nous apprend que la forteresse est opérationnelle et que Homer, a réussi avec quelques indigènes à « apprivoiser » quelques continentaux. Il compte les utiliser comme guide pour progresser dans le pays. Il prévoit de construire une série de forteresses, maintenant que ses légionnaires sont au point. Homer m’avise que la collaboration entre indigènes et Gordiens est très bonne, juste un point qui le surprend, c’est la tendance à l’homosexualité. Bien que le pays regorge de belles femmes pas du tout farouches, on peut dire que chaque Gordien à son ami indigène et qu’une franche amitié virile se développe.


Père lui répond que dans ce type de troupes, ce n’est pas un mal, on a toujours tendance à soutenir son amant et cela crée une force supplémentaire. Il m’explique en particulier que l’histoire de la Terre a regorgé d’exemples d’amitiés particulières, spécialement la Grèce qui en est le berceau de leur civilisation, c’est même encouragé entre soldats et pendant longtemps, les combattants grecs furent les meilleurs au monde2.


Deux mois après, Homer nous demande si on peut lui envoyer un complément de troupes et également un certain équipement, balise et arc en particulier, car il y a maintenant deux forteresses à défendre.


Il faut dire qu’on commence à être à court d’arcs en if quand Guizet nous fait une visite surprise. Rapidement, il découvre sur une île voisine un genre de bois qui peut remplacer avantageusement l’if. Il est encore plus raide que l’if en plus, Gordon nous apprend ce que sur terre, on appelle l’arc composite. Je suppose que c’est père qui lui a un peu soufflé la solution.




Gordon et le vampire égyptien



Au cours d’une des tournées que je fais régulièrement avec Tamis, il m’informe que le vampire semble s’être réveillé et nous nous approchons de son île et effectivement, il est sur la plage en nous faisant des grands signes.


Nous agorrons immédiatement pour le saluer et lui communiquer que nous étions revenus avec père, si on peut lui rendre à nouveau visite. Père est très intéressé à cette visite.


Rendez-vous fût pris pour le lendemain en fin d’après-midi, je l’avise toutefois qu’il a deviné juste et que père m’a révélé qu’il n’est pas originaire de Gorre, mais comme vous, de la même planète et qu’il connaît l’histoire de votre peuple.


Il me demande enfin de partir rapidement, car le monstre qui est en lui commence à se manifester et il n’est pas sûr de pouvoir le maintenir, car il est assoiffé de sang, mais la présence du soleil l’oblige à ne pas sortir de la faille.



Le lendemain, nous nous envolons avec père et cinq tarns, dont trois chargés de ces cougas, ficelés et immobilisés sur les dos des tarns. Nous nous posons et plaçons un de ces cougas à l’entrée de la faille et nous reculons.


Le spectacle ! Le vampire se jette littéralement sur cette proie et lui plante ses dents dans le cou. On voit que l’animal maigrit à vue d’œil, il lui tire toute sa substance, c’est complètement hallucinant, tout comme père, je n’avais jamais assisté au repas d’un vampire. Je dois dire que je n’aurais pas aimé être à la place du cochon.


Enfin repu, il s’approche de nous, détendu et content. Il nous transmet via Tamis :



En réponse, je lui indique que les deux autres animaux, il faut leur laisser du temps pour qu’ils fassent des petits qui seront au nombre d’une dizaine environ et que ce serait bien dans un premier temps de calmer son appétit pour laisser grandir le troupeau.


Il me répondit par Tamis interposé, pas de problème, une fois la première faim satisfaite, il peut rester un mois sans sang frais avant que le monstre ne l’oblige à se mettre en hibernation ou à se réalimenter en sang.


La discussion se poursuit avec père qui lui raconte ce qu’il se souvient de l’histoire égyptienne, comment elle a été découverte et comment on a réussi à comprendre l’alphabet.


Le vampire est passionné par ce récit, à la fin, il nous explique qu’il est un prêtre faisant partie de l’hérésie d’Akhenaton3, mais passablement plus tard et qu’il a été mordu par une sorte de chauve-souris. La police l’a enfermé dans un temple pour essayer de le purifier, mais dans ce temple, une sorte de vent s’est emparé de sa personne et il a disparu de la terre pour arriver ici, sur cette île et il y est depuis des temps immémoriaux. Père lui répondit qu’en fait cela devait bien faire environ trois mille ans. Devant son incrédulité, père commence à dessiner un carré avec dix subdivisions et lui montra combien faisaient dix fois dix, là, il comprit rapidement et dessina un trait, puis il recommença avec dix traits et mit à côté un autre signe comme un n et il continua en dessinant dix n et les entoura d’un cercle et il traça une espèce de point d’interrogation en miroir. Père saisit tout de suite l’idée et dessina à son tour 10 de ces points d’interrogation à l’envers, l’entoura d’un cercle et laissa à l’égyptien tracé le signe correspondant à 1000 en fait.


Là, il nous dessina une espèce de pac-man posé sur une flèche avec la pointe en bas, elle-même posée sur une demi-lune avec la face bombée en haut.


Là père me prévint que ce signe devait représenter 1000.


Saisi d’un vertige instructif, père reprit le bâton et commença à dessiner un bâton et à côté, il dessina un 1 puis deux bâtons et dessina un 2 et ainsi de suite jusqu’à 9 puis il s’arrêta pour regarder le vampire qui est assez intéressé, enfin cela ne lui semblait pas incompréhensible.


Ensuite, il dessina le n et écrivit 10, puis le ni en regardant pour voir si c’est juste et devant son regard curieux, il dessina 11 puis fait de même avec 12 etc. jusqu’à 19 et il dessina nn et lui tendit le bâton pour continuer. Il mit un bon moment pour réfléchir et finalement, il dessina un 20 en face des deux nn, puis il continua avec le 21, le 22 et fait signe qu’il a compris.


À ce moment, père recopia le signe de cent, le point d’interrogation en miroir. À nouveau, le vampire réfléchit longuement puis avec un grand sourire, il écrivit 100. À ce moment-là, c’est sûr qu’il a compris l’écriture moderne des chiffres entiers. Pour les fractions, cela n’allait pas être simple.


Reste le problème du temps, et là en disant qu’il est prêtre, il devait savoir ce que signifiait 365 en faisant l’impasse sur le 25… sans se démonter, père dessina 365 sur le sol puis essaya de le traduire en égyptien. 3 fois les points d’interrogation en miroir, 6 n et 5 traits, et leva les yeux vers le ciel. Cela dura un certain temps, corrigea l’écriture de père en l’écrivant à l’envers, mais il finit par comprendre que c’est une année et dessina un petit dessin soit un f en miroir et à côté une demi-lune surmontant un rond.


Cependant, on n’est pas au bout de nos peines, car père m’explique que le repère du temps commençait à l’avènement au trône et s’effaçait après. Faire comprendre 3000 ans ? Pas évident.


Surtout que l’inscription des signes doit se faire dans un ordre bien précis, soit de droite à gauche ou vice-versa, de bas en haut voir de haut en bas. Père se jette à l’eau en écrivant 3000 et dessine le signe des ans, puis montre le vampire et lui. À nouveau, ça chauffe dur dans la marmite, quand finalement son menton tombe dans une perplexité, cela fait un bout de temps, 3000 ans, même si on dort la plupart du temps. Bien que cela ne nous serve à rien, on a appris à compter en vieil égyptien. Il doit y avoir un mot qu’il comprend bien, car il vient de l’égyptien, pharaon4. En prononçant ce mot, il fait un très grand sourire. Nous prenons congé en lui faisant comprendre que nous reviendrons bientôt, mais qu’une guerre va éclater avec les habitants du continent et qu’il est nécessaire que nous les aidions.


Là-dessus, il nous propose son aide, cela va lui faire une provision de sang pour longtemps. Mais père sachant que c’est un peu comme la grippe et que les mordus risquent à leur tour de devenir à leur tour des vampires, il refuse poliment. Nous nous envolons pour Lapol sans regret, il est gentil, le vampire, mais mieux vaut se tenir plutôt éloigné.




Notes en fin d’épisode




1. Égypte pharaonique : Djoser est le 1er roi de la 3e dynastie -2680 à – 2648 AEC, célèbre pour sa pyramide à degré, en fait la première pyramide érigée selon les instructions d’ Imhotep son Vizir qui fut le pendant égyptien d’Escupale chez les Grecs.



2. Il en est resté l’expression « va te faire empapaouter chez les Grecs »



3. Akhenaton roi hérétique de la 18ᵉ dynastie -1353 à -1336 AEC, dont l’expérience monothéiste ne lui a pas survécu.



4. Si je me souviens bien, cela signifie la lumière. (le Phare…)