| n° 21441 | Fiche technique | 15683 caractères | 15683 2751 Temps de lecture estimé : 12 mn |
16/01/23 |
| Présentation: Un peu technique. | ||||
Résumé: Gilou part à la découverte avec ses compagnons pour aller voir ce qu’il y a au bout de la terre. Il est bien aidé par son père qui à part avoir été boxeur a également travaillé dans un bureau d’Ing | ||||
Critères: #nonérotique #aventure #sciencefiction #fantastique | ||||
| Auteur : Vopicek Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Gorre, terre d'exil de Pierre Gordon Chapitre 08 / 15 | Épisode suivant |
Résumé des épisodes précédents :
Gordon exilé sur une planète après des démêlés avec le royaume où il a été exilé se transforme en chef de brigands, part en guerre et conquiert un territoire où il se déclare roi. Il y a une guerre contre d’autres pirates et se marie avec la reine des pirates maritimes. Il développe l’industrie et l’éducation dans son royaume, semant des descendants par ci-par là.
Une révolte sur Tibur est rapidement mâtée
Gilou, le fils ainé de Gordon et de Gamail, vient à la cour de Gordon pour parfaire son éducation. C’est le vrai portrait de son père, si ce n’est qu’il n’a pas reçu d’éducation en art martiaux. Gordon dans un premier s’en occupe et lorsqu’il n’y a plus rien à lui apprendre. il passe le flambeau à Patlara. Les deux tombent amoureux et ils sont envoyés sur l’archipel nouvellement conquis pour l’administrer. Gilou se révèle un habile fils de son père en fondant une compagnie de commerçants corsaires et rêve de jouer à Christophe Colomb
Puisant dans mes souvenirs de terriens, je me souviens des récits ma jeunesse que le plus grand danger qui a guetté les aventuriers sur les océans, c’est le scorbut. Je m’en ouvre à mon fils et lui recommande de prendre une quantité importante de choux fermentés pour lutter contre ce mal. Ce n’est pas dans les habitudes alimentaires de l’époque, mais cela se garde très bien dans les fûts.
Je retourne à la maison des connaissances et m’approche du forgeron qui est passé maître mécanicien et lui demande s’il peut réaliser un sextant en lui décrivant la façon de le faire. Je lui fais même le plan de l’appareil.
Une tige de visée, une bande métallique décrivant un quart de rond fixé par un axe de rotation à la tige de visée et à l’axe est accroché un fil à plomb. Deux jours après, l’objet est réalisé, une merveille avec les outils dont il dispose. Je lui demande encore de le graver de traits équidistants en indiquant des chiffres qui se suivent toutes les 5 marques. Pour le 1/4 de cercle, s’il peut faire 12 traits, ce sera pas mal, mais le mieux serait 30, en réfléchissant un peu, je trouve que 32 est encore mieux, on coupe chaque fois le quart de cercle par la moitié, plus facile à mesurer, puis la moitié en deux, etc.
Je me fabrique un compas et dessine sur une feuille de papier le chablon1 désiré. Pour la sécurité, il m’assure qu’il va en fabriquer deux un avec le papier collé et l’autre avec des coups de poinçons à chaque trait.
C’est ainsi que Guilou part en mer avec 80 compagnons, armé que d’un sextant rudimentaire et d’une corde à nœuds2 pour mesurer approximativement la vitesse et donc la distance parcourue. Je lui recommande de bien tout noter.
Je fais un rapide calcul3, comme nous ne sommes pas sous l’équateur, mais plutôt ce que j’estimerai les tropiques, en calculant avec une circonférence avoisinant les 40 000 km, sans rencontrer de terre, il mettrait relativement longtemps pour faire son périple. À 4 km/h en moyenne, cela ferait 10 000 heures, soit 10 000 /25 pour faire plus court, cela fait 400 jours approximativement. Je lui transmis les bases de ma réflexion, en lui disant qu’une année de navigation sans rencontrer de terre le ramènerait ici, mais que probablement après 100 jours, il devrait trouver quelque chose. Je suis optimiste et passe sous silence les cas de jours avec calme plat.
Il faut qu’il prenne des provisions pour 200 jours, car si au bout de plus de 100 jours, s’il n’y a rien, il est plus prudent de faire marche arrière et on va réétudier la chose en partant de l’autre côté et sous un autre angle.
Sur ces conseils, il part avec ses navires à l’aveugle. Trois mois après son départ, on le voit de retour.
Après avoir quitté notre île, par un vent favorable, nous avançons rapidement, les Alizées4 sont très favorables. Environs 6 à 7 nœuds, nous n’avons pas de surprises, après trois semaines de navigation, des oiseaux merveilleux ont entouré le navire. Cela ne fait pas de doute, nous allons découvrir de nouvelles terres. À la lune suivante, nous voyons la première île. J’ai rapporté avec moi le chef de la tribu rencontrée, il voulait faire le voyage de retour avec nous et il ne croyait pas qu’il y ait des terres de ce côté, mais il nous a affirmé que plus loin, il y a de nombreuses îles plus grandes que la sienne. 20 hommes sont sur place avec mission de faire un port et un fort pour quand nous revenons, j’ai laissé un érudit aussi pour apprendre leur langue plus en profondeur. La tâche qui nous attend est énorme, aussi j’ai décidé de retourner pour compléter nos effectifs, de prendre de nombreux tarns, là-bas, ils ne connaissent pas ce genre d’oiseaux. Le temps de radouber les vaisseaux et d’en construire une dizaine, nous repartons.
Je me trouve un peu perplexe sur la méthode à appliquer sans trahir mon origine, Je fais chercher le mage blanc pour le mettre au courant et lui proposer d’intégrer cette matière dans son cours.
On pourrait demander au centre d’enseignement de proposer un concours d’idées pour la mesure du temps à long terme et précis. J’ai déjà une petite idée, mais elle n’est pas directement applicable. Une ficelle avec un poids se balance très régulièrement, de même une tige avec un poids sur un axe oscillant a une oscillation très régulière.
Il faudrait un système qui compte automatiquement les oscillations.
Les autres systèmes avec la mesure du temps avec de l’eau ou du sable6 qui s’écoule ne sont pas assez précis.
Une fois le système de mesure du temps trouvé, le relevé sera relativement simple. Il suffit de relever deux angles, celui de l’étoile fixe pour avoir l’idée dans un sens et celui de l’étoile qui est le plus perpendiculaire à l’étoile fixe pour connaître la coordonnée dans l’autre sens. Il faudra encore faire des tables pour cela, cela va bien prendre quelques mois. Tu auras le temps de faire un aller et retour avant que ce soit prêt. Mais je vais pousser pour cette réalisation.
Après avoir recruté de nombreux équipages et spécialistes, Gilou reprend la mer avec une escadre importante, peut-être la plus grande de tous les temps. Les spécialités exotiques qu’il a ramenées avec lui se sont vendues très très chers, ce qui lui a permis d’équiper une bonne partie des navires et une autre partie est financée par un commerçant que je connais très bien, c’est celui que j’ai épargné lors de la guerre que nous avions avant la formation de mon royaume. Il est très reconnaissant de lui avoir fourni un administrateur hors pair à Tibur, ce dont je ne me doutais pas en mettant Trulio en place. Depuis, nous avons fait ensemble de bonnes affaires, je lui propose un investissement qui semble profitable et il met les fonds et rentre largement dans ses frais. Aussi quand c’est pour investir dans l’entreprise de Gilou, il est tout enthousiaste en demande aussi l’exclusivité du commerce. À cela, je lui réponds que ce sera difficile, mais pour un temps indéterminé, personne n’a, à ma connaissance, les moyens de faire ces traversées. Les seules forêts pouvant fournir le bois de qualité sur notre continent sont protégées et avec monopole.
En arrivant sur l’île qu’il a déjà abordée, on ne retrouve pas l’équipage laissé et le fort projeté n’est plus que cendre. Je me tourne vers le chef qu’on ramène en lui demandant ce qu’il en pense. Il ne comprend pas ce qui s’est passé, mais émet l’hypothèse qu’une autre tribu a mené une attaque contre l’île, cela est déjà arrivé.
Avec prudence, ils débarquent et forment une colonne pour aller jusqu’au village qui lui aussi a été dévasté, mais déjà partiellement reconstruit. En montant sur Tamis qui a fait le voyage sans trop de problème, un navire lui étant entièrement dévoué. Il s’entend fort bien avec moi, on se comprend, on a survolé avec le chef des insulaires, les îles qui sont dans les environs et on vit une grosse île, énorme, qui se révèle être un autre continent. Une certaine activité militaire règne sur cette île, elle n’est pas inhabitée. Par prudence, à notre vue, ils rebroussent chemin alors qu’en bas, les gens se jetaient par Gorre puis lèvent les bras au ciel en notre direction.
De retour, je décide de reconstruire un fort très important, afin que les indigènes ne puissent le prendre. Les outils de bûcherons sont mis à contribution et rapidement il sort de terre, avec une poterne pour l’accès et des pieux aiguisés sur le couronnement et bien fichés dans le sol, avec un chemin de ronde tout autour protégé pour répondre à une agression éventuelle. En dehors de la poterne, un terrain bien piégé, avec des tiges acérées empoisonnées sortant du sol pour empêcher la progression de nuit.
Un magasin pour la poudre, à l’abri de flèches incendiaires et un puits suffisamment profond pour ne pas avoir de problème d’eau et assez grand pour recevoir les populations indigènes et mettre les tarns à l’abri. La population qui apporte volontiers son concours à l’édification de la forteresse a droit à notre aide. De manière surprenante, ils se mirent à notre service en fournissant une milice tout à fait convenable, libérant une bonne partie de mes marins de cette tâche, je les utilise pour explorer les autres îles avec nos bateaux qui sont beaucoup plus rapides et grands que les pirogues des habitants de ce monde et surtout ils peuvent utiliser les mats comme base de mesure.
Les deux premières îles sont sans surprise, habitées par des indigènes qui nous accueillent bien quand ils voient que nous sommes accompagnés d’autres insulaires. Ils nous indiquent d’où vient la menace, de la partie où nous avions vue, lors du vol avec Tamis avec les gens se prosterner à la suite de notre apparition.
Avec prudence, nous nous sommes approchés de ces côtes et avons pris contact avec les gens au bord de la mer. Ils ne sont pas agressifs et rapidement ils apprennent notre langue. On comprend que le danger vient de l’intérieur des terres où une tribu très guerrière terrorise les autres7. Souvent avec une cinquantaine de pirogues, pleines de guerriers, elles investissent une île et razzient les habitants, surtout les jeunes filles dans le but de les revendre comme esclaves à un grand empire qui est au-delà de cette tribu.
Cela ne me dit rien de bon, mais avec nos tarns et la provision de bombes que père nous a généreusement donnés. On peut les rendre plus craintifs à notre égard.
Terme suisse pour pochoir, mais plus général, support qui permet de multiplier des dessins
Il est certain que cette mesure ne tient pas compte des courants marins, mais elle est encore très courante dans les milieux marins. Il est courant d’entendre qu’un navire file à tant de nœuds.
En prenant l’hypothèse que le diamètre de Gorre est semblable à celui de la terre. Ce qui est assez raisonnable, vu que la densité est très semblable, au pire cela pourrait être aussi moins.
L’alizé est un vent régulier des régions intertropicales (entre 23°27 nord et 23°27 sud), soufflant d’est en ouest de façon régulière des hautes pressions subtropicales (crête subtropicale) vers les basses pressions équatoriales (zone de convergence intertropicale)
5. ↑ l’heure est toujours la même sur toute la ligne
C’est le propre des méridiens qui ont la même heure astrale tout le long de leur tracé.
6. ↑ la mesure du temps avec de l’eau ou du sable
Clepsydre. Elle a le désavantage que la quantité d’eau à mesurer est fonction de la hauteur d’eau et en plus une fois le réservoir vide, cela devient un problème, le temps de le remplir. Il en faut deux. Pour le sablier, c’est la même chose.
Si vous ne l’avez pas remarqué, il y a une ressemblance avec la conquête du Mexique avec Cortez