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n° 21440Fiche technique11673 caractères11673
2023
Temps de lecture estimé : 7 mn
15/01/23
Résumé:  Amis chasseurs, vous risquez fort de ne pas aimer ce texte.
Critères:  fh hplusag jeunes forêt cérébral nudisme nopéné policier -policier
Auteur : Calpurnia            Envoi mini-message
Chasse

Suivi par son chien Tobie, il a cru voir un lièvre s’enfuir sous un hallier, s’est avancé lentement afin de piéger l’animal acculé devant une paroi rocheuse. Il découvre ainsi la jeune Juline, accroupie sur une serviette de plage, complètement nue, en train de méditer dans le silence forestier. Rapidement revenu de sa surprise, il braque son fusil chargé vers la belle, puis abaisse sa braguette pour en extraire sa verge érigée. Le regard affolé de Juline l’excite. Il jette des coups d’œil inquiets à gauche et à droite, derrière lui aussi, car il craint d’être pris sur le fait malgré l’heure très matinale de la journée.



Il braque son fusil dans la direction de la jeune fille.



Autour d’eux, les oiseaux de l’aube s’éveillent dans le concert sylvestre quotidien. Tobie renifle aux alentours dans l’espoir de flairer la piste d’un nouvel animal à poursuivre. Le vent se lève. Le chasseur frissonne. Ses yeux brillent dans la pénombre. Ce qu’il est en train de faire lui donne la fièvre.



La colère la fait trembler. Elle s’assoit en tailleur, respire profondément, ferme ses paupières et attend la mort.



Elle le regarde droit dans les yeux pendant qu’il la met en joue. Mais il hésite de longues secondes. Improviser un meurtre n’a rien de simple.



Il obtempère. Hypnotisé par la beauté de son exécutrice, il ne croyait pas cela si simple. Elle se tient debout et le met en joue. La touffe finement herbue, à dix centimètres de la bouche de l’homme, enivre celui-ci de parfums vénériens. Il énumère : un, deux, et reprend son souffle. Il se dit qu’il aurait pu séduire cette fille, être heureux avec elle, partir loin ensemble et recommencer sa vie. Il se dit qu’il aurait pu commette le viol réellement et mourir d’épectase, s’écrouler maudit sur un corps merveilleux. Mais rien de tout cela : sa vie, finalement assez longue, trouve une conclusion logique sur l’humus de la forêt qu’il a toujours aimée.


Trois. Une détonation balafre le matin. Le sang gicle dans une envolée d’oiseaux de toutes espèces. L’homme sans nom s’effondre dans les feuilles, comme un pantin fatigué dont les fils sont rompus. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, ce n’est pas Juline qui a tiré. Elle n’a jamais eu l’intention de prendre une vie et voulait seulement faire peur à son agresseur. Il s’agit d’un accident de chasse dont les auteurs, deux frères encore inexpérimentés dans cette pratique, s’approchent pour récupérer le sanglier qu’ils pensent avoir abattu. Ils ont bien tué une sorte de porc, mais ce n’est pas ce qu’ils espéraient. Tobie pleure sur le corps de son maître étendu sur le dos.


Juline est d’abord soulagée de voir des gens l’aider dans cette situation délicate. Elle n’en croit pas ses yeux lorsqu’ils s’avancent vers elle, le regard menaçant, en abaissant leur braguette.


Heureusement, elle tient entre ses mains le fusil toujours chargé.