Une histoire toute mignonne, et plutôt soft.
Bonne lecture : )
Soirée en vue
En ce milieu de février, Claire annonce à son mari :
- — Pour la soirée de samedi, je crois que j’ai trouvé un cavalier pour Chubby.
- — Tu ne peux pas l’appeler Charlène comme tout le monde ?
- — C’est affectif, voyons !
- — Affectif ? En insistant sur le fait qu’elle soit… euh… replète ? Je te rappelle que c’est la signification de ce mot.
Claire chasse d’un geste de la main ce point de détail :
- — Peu importe, c’est elle-même qui accepte de se faire appeler ainsi. Donc je disais que j’avais trouvé un cavalier pour elle : Vianney.
- — Vianney ? Pourquoi pas… t’es sûre de ton coup ?
- — Le point commun de ses anciennes petites copines est justement de ne pas être fluette. Souviens-toi de Laurence, par exemple. Donc, ça devrait matcher entre ces deux-là. Je suis conne de ne pas y avoir songé plus tôt !
Contemplant sa femme, Daniel se met à sourire :
- — Non, tu n’es pas conne, ma chérie, juste parfois tête en l’air.
- — Merci, t’es un chou !
- — Merci, merci. Au fait, t’as prévu quoi pour cette soirée ?
- — Comme d’hab : quelques jeux d’ambiance, parfois un peu… croquignolesques…
- — Oui, comme les autres fois, en effet…
- — Exactement !
- — Et tu n’as pas peur des dérapages ?
Claire affiche un grand sourire lumineux :
- — C’est justement ça, le fun !
- — Ton fun est parfois risqué…
- — Meuh non ! Tout s’est toujours bien déroulé, voyons !
Bras croisés, Daniel rappelle :
- — Comme la fois où Phil et Corine ont failli divorcer ?
- — Ah ça… au moins, ça a permis certaines mises au point…
Bras toujours croisés, Daniel objecte :
- — Comme la fois où Gérald a failli massacrer Jean-Jacques ?
- — Il l’avait un peu cherché, non ?
Bras encore croisés, Daniel ajoute d’une voix mielleuse :
- — Comme la fois où Françoise et Hervé ont mieux fait connaissance horizontalement ?
- — Je te signale qu’ils vivent ensemble maintenant…
- — Tu as réponse à tout…
- — J’ai toujours réponse à tout, mon chou !
Son mari évite de lui répondre, il sait qu’il aura rarement le dernier mot, et que la sagesse lui conseille de laisser tomber et de passer à autre chose. Se souvenant d’un point de détail, Daniel demande à sa femme :
- — Charlène n’a pas de voiture, il me semble. Elle vient comment ?
- — J’ai prévu de l’embarquer avec moi au sortir du boulot. Comme ça, elle m’aidera à préparer la soirée.
- — Tu penses décidément à tout, ma chérie !
- — Bien sûr !
Le sujet de la soirée ludique du samedi soir étant visiblement clos, le couple passe à d’autres sujets de conversation.
Soirée en cours
Charlène est une mignonne brunette dotée d’un large sourire et de deux yeux très sombres qu’elle accentue d’un trait charbonneux. Les mauvaises langues diront qu’elle fait deux fois le poids qu’elle devrait faire idéalement. Cela étant, il est indéniable qu’elle a un côté très appétissant et charnel pour les gourmets et les gourmands.
De plus, sa robe, bien que plutôt sage, révèle assez bien que le corps qui est caché par-dessous est plutôt voluptueux. Sans oublier un décolleté naissant très convenable, mais assez révélateur pour ceux qui savent extrapoler…
Un certain nombre d’hommes ont fantasmé ou fantasment de coucher avec elle, mais pas de s’afficher à son bras, c’est là le nœud du problème pour Charlène. Des amants, elle peut en avoir par tombereaux, mais un vrai petit ami, ça manque à l’appel. Ce qui est bête, car cette jeune femme est facile à vivre, foncièrement gentille et peu exigeante dans l’ensemble, ce qui n’est pas négligeable, divers hommes ne contrediront pas cette assertion.
Vianney arrive en même temps que la plupart des personnes conviées. Ce jeune homme n’est ni laid ni beau, il est semblable à des millions d’autres, mis à part qu’il témoigne d’une curiosité nettement supérieure à la moyenne, et que son métier le prédispose à l’analyse des données qu’il voit et qu’il entend autour de lui, ce qui agace certaines personnes qui le traitent aisément d’ordinateur ambulant.
Une fois les présentations faites entre tous les invités présents, profitant d’une accalmie, Vianney se penche sur Claire, son hôtesse :
- — J’ai compris le traquenard…
- — Ah bon ? Quel traquenard ?
- — Tu m’as invité pour que Charlène ne soit pas toute seule, je me trompe ?
Bien que démasquée, Claire reste évasive :
- — Il y a un peu de ça…
- — Et le reste d’il y a un peu de ça ?
- — Je crois savoir que Chubby, euh, Charlène est le genre de fille que tu ne détestes pas…
Péremptoirement, Vianney entraîne son hôtesse dans un coin :
- — Ce n’est pas faux… mais tu as intérêt à m’en dire un peu plus sur elle, afin que j’évite au mieux les impairs et que j’optimise…
- — Que tu optimises quoi ?
- — Déjà, savoir si ça vaut la peine que je m’investisse auprès de ta Charlène, comme tu sembles le penser. Et si oui, comment m’y prendre au mieux ?
- — Et ne pas avoir le plaisir de la découverte ?
Vianney extirpe de sa manche un solide argument :
- — Quand tu vas en voyage dans un pays étranger, tu te documentes un peu pour éviter les impairs, non ?
- — Je vois ce que tu veux dire…
Durant les trois minutes suivantes, Claire dévoile en vitesse ce qu’elle sait, sans néanmoins révéler certains détails. Après ces rapides explications, Vianney est songeur, Claire se doute que plein de rouages sont en train de tourner dans son cerveau. Au bout d’environ dix secondes de silence, le jeune homme dit sobrement :
- — Merci Claire. Je m’en voudrai de priver les autres invités de ta rayonnante présence.
- — Une façon diplomatique de m’expédier ailleurs ?
- — Je ne voudrais pas te monopoliser, surtout que tu vas avoir fort à faire durant cette soirée.
- — Pourquoi tu dis ça ?
D’une voix placide, Vianney lâche sa petite bombe :
- — Sauf erreur de ma part, tu as invité des amants avec les légitimes.
- — Quoi !?
- — Soit le couple AB, soit l’autre couple CD, il existe la combinaison AD qui est amant. Ou BC si tu préfères.
- — Tu… tu rigoles ?
Fier de lui, Vianney sourit :
- — Pas du tout… mais tu n’étais pas censée le savoir.
- — Et c’est qui ?
- — Si tu me vois intervenir, ne t’y oppose pas, s’il te plaît. Je pense qu’il ne vaut mieux pas que tu saches tout, car ça risquerait de fausser la soirée, car tu pourrais en faire trop. Néanmoins, je peux te dire qui avec qui, mais un peu plus tard.
Suspicieuse et intriguée, Claire plisse des yeux :
- — C’est ta vengeance pour le traquenard, c’est ça ?
- — Que vas-tu chercher là ?
- — Vianney, et si je te vends une information contre l’une des tiennes ?
- — Vendre une info ? Laquelle ?
- — Sur Charlène…
- — Hmmm… pas tout de suite… mais je me réserve le droit d’accéder à ta demande un peu plus tard.
- — Chameau !
Voyant qu’elle n’en saura pas plus, un peu dépitée, Claire part s’occuper des autres personnes présentes ce soir, se demandant qui fricote en douce avec qui. Et surtout, comment Vianney a pu savoir ce genre de chose ?
Play the game
Très vite, les invités sont plongés dans l’ambiance de la soirée Jeu, enchaînant diverses parties, alternant questions, mimes et autres amusements, avec une connotation souvent égrillarde et des doubles sens. En clair, une soirée adulte, peu propice aux enfants, qui sont d’ailleurs absents.
- — Alors, c’est quoi ? C’est évident !
- — Euh… je ne comprends rien à ton dessin !
- — Pareil, je n’y pige rien non plus !
- — Mais si, regardez mieux, voyons… Là ! Mais ça crève les yeux pourtant !
Dès le début, Charlène et Vianney sont assis l’un à côté de l’autre. Tout en participant aux divers jeux en cours, le jeune homme est visiblement en train de flirter gentiment avec sa voisine qui apprécie qu’on s’occupe d’elle.
- — Alors, cette phrase est triste, glauque ou fun ?
- — Euh… je vais dire… glauque ?
- — C’est ton dernier mot, Valérie ?
- — Oui, c’est mon dernier mot, Laurent !
Tout le monde s’amuse, même si parfois les personnes bien intentionnées pourraient s’offusquer, mais le feu de l’action fait bien passer les choses. Faisant le tour de la table, Claire s’amuse en voyant le bras de Vianney enlacer la taille de sa voisine. Égayée, elle pense :
Pour quelqu’un qui parlait de traquenard…
Charlène a été assez surprise quand Vianney a osé passer son bras autour de sa taille quand elle a bien répondu. Sur le moment, elle s’est dit que c’était dans le feu de l’action. Mais le jeune homme ne semble pas décidé à retirer son bras, et puis il lui sourit si gentiment… et puis, elle ne déteste pas cette marque d’affection…
C’est au tour de Vianney de lancer les trois dés colorés de sa seule main libre. Il commence par celui de l’action, et obtient la face KISS. Après lancement, le deuxième dé indique ANYBODY. Le dernier roule longuement pour ensuite afficher LIPS. Voyant le résultat final s’afficher sur la table, le jeune homme s’exclame :
- — Ah… si ce sont les dés qui le disent…
Saisissant entre ses doigts le menton de Charlène, il capture aussitôt ses lèvres pour un baiser un peu plus long que convenable pour pareil jeu. Il semble que c’est à regret que leurs bouches se séparent, sous les murmures enjoués des autres participants. Rougissante, Charlène est un peu surprise, mais nullement désappointée. Quant à Vianney, il a visiblement profité de l’occasion que les dés lui ont offerte. Mais déjà, le joueur suivant fait rouler les dés.
Un peu plus tard, Charlène arrive à s’isoler quelques instants avec Claire qui lui demande aussitôt :
- — Alors ma Chubby, on dirait que ça colle bien avec Vianney !
- — Je dirais même qu’il est très collant !
- — Mais on dirait que ça ne te dérange pas trop qu’il soit si collant…
Avant de répondre, Charlène regarde furtivement autour d’elle :
- — Ce n’est pas la première fois que je me fais draguer, mais ce soir, c’est… enfin… c’est différent… je ne sais pas trop comment m’exprimer… Je sens intuitivement que c’est dans le bon sens, en tout cas…
- — Parce que tu sens qu’il est vraiment intéressé par ta petite personne ?
- — Hmmm… ça doit être ça… Au fait, il est fiable, ton Vianney ?
- — Je ne suis pas du genre à refiler des rossignols ou des invendus à ma chère Chubby !
Adossée au réfrigérateur, Charlène sourit :
- — Je vais faire semblant de te croire.
- — Mais !? Tu peux me croire, tu dois me croire !
Les deux femmes retournent dans le salon. Charlène est aussitôt happée par Vianney, et elle ne semble pas trop vouloir fuir les assiduités de son cavalier du soir. Bien que tous les deux participent joyeusement aux autres jeux, ils semblent être tous les deux dans une bulle à part.
- — Je suis… je suis… Mon nez aurait pu changer la face du monde…
- — Cléopâtre !
- — Bravo, Pierrot ! Passons à une autre… Houla… c’est assez de mauvais goût ! Bon, allons-y quand même… Je suis… Vous ne m’avez pas crue, vous m’aurez cuite…
- — Jeanne d’Arc !
Un peu plus tard, Claire, qui a décidément le génie de se trouver là au bon moment, constate avec plaisir que le couple qu’elle a composé pour la soirée est très compatible. En témoigne le gros bisou langoureux qui unit ces deux-là dans un coin obscur du couloir.
Les jeux continuent dans la bonne humeur, sans trop de dérapage, bien que certains sujets abordés puissent se révéler fort glissants. À ce propos, Claire se souvient assez bien d’une partie durant laquelle Phil avait découvert, ébahi, les réponses de sa femme. Une grosse remise en cause, d’ailleurs, qui avait failli les mener au divorce tant l’écart était grand entre qui était vraiment Corine et ce qu’en pensait son mari.
- — Ben oui, quoi ! Si on me propose un million pour poser nue pour une pub, je ne dis pas non.
- — Toute nue pour une pub, toi ?
- — Ben oui ! Un million quand même ! Et puis, avec la tonne de maquillage que j’aurais sur le visage, on ne saura pas que c’est moi.
- — Et pour un million, tu coucherais ?
- — Pour certains acteurs, ça serait même gratuit !
Ce dialogue fut le point de départ d’un long dérapage, Corine s’amusant à titiller puis à choquer son mari qui ne la reconnaissait plus. Pourtant, elle n’avait rien bu de particulier, sauf si on considère les boissons à base de thé comme ayant des effets proches de l’alcool consommé à haute dose…
Ce qui n’était qu’un simple jeu prit ensuite des proportions énormes au fil des jours suivants. Aucun des deux voulant faire le premier pas vers l’autre. Il a fallu que Corine se casse la figure dans les escaliers, qu’elle se torde la cheville, que Phil la soulève dans ses bras pour l’emmener illico aux urgences, pour qu’ils réalisent tous les deux à quel point ils avaient été puérils.
Retour au temps présent, la Saturday Games Night…
Environ une heure plus tard après le bisou dans le couloir, seuls tous les deux dans la cuisine, Claire demande à Vianney :
- — Ton couple illégitime, c’est Lola et Laurent, c’est ça ?
- — Bien deviné. Comment as-tu fait ?
- — La façon qu’ils ont de se regarder. Mais à prime vue, leurs conjoints ne se doutent de rien.
- — Il vaut mieux, d’autant que je pense que ce sera un simple feu de paille…
Avec un petit sourire entendu, Claire s’approche de Vianney :
- — En parlant de ça, toi, t’es bien en train de flamber pour Chubby !
- — Je reconnais qu’elle est… très intéressante.
- — Tu m’aurais dit le contraire, je ne t’aurais pas cru ! Vu comment tu la colles depuis tout à l’heure !
Mains sur les hanches, Vianney sourit :
- — Sois contente, Claire l’entremetteuse : tu as réussi ton coup !
- — Voici une bonne nouvelle pour vous deux !
- — Enfin… je l’espère, car il n’est pas dit que Charlène soit vraiment d’accord. Peut-être qu’elle n’ose pas me dire non…
- — Oh, je la connais assez pour savoir que, si elle ne voulait pas de toi, elle t’aurait déjà envoyé balader. Tu connais beaucoup de femmes qui se laissent embrasser dans un couloir avec plein d’invités à deux pas ?
Surpris par cette révélation, Vianney hausse les sourcils :
- — Ah ? Tu nous as vus ?
- — Et comment ! Rassure-toi, je pense être la seule.
- — T’es vraiment partout, toi ! Comment tu fais ?
- — Je dois avoir un sixième sens…
- — Il faut le croire…
S’emparant des bouteilles posées sur la table, Vianney quitte la cuisine pour aller rejoindre les autres participants, dont surtout Charlène. C’est alors que Claire réalise :
- — Eh le traître ! Il ne m’a toujours pas dit comment il savait tout ça !
Mais la maîtresse de maison reste bien décidée à connaître le fin mot de cette histoire de double adultère !
Tard le soir
Toutes les bonnes choses ont une fin. L’heure étant tardive, les invités s’en vont un à un, ou plutôt deux par deux. La maison de Daniel et de Claire se vide. Face à leur hôtesse, un bras possessif autour de la taille de sa voisine, Vianney propose :
- — Je vais me dévouer pour raccompagner Charlène, elle habite le village voisin du mien.
Mi-moqueuse, Claire s’exclame :
- — Oooh, quel sacrifice, Vianney ! Je reconnais bien là ton sens de l’abnégation !
Charlène rougit un peu. Sans la lâcher, son bras toujours autour de la taille de sa voisine, Vianney se tourne vers elle, lui demandant :
- — Si ça ne te dérange pas, bien sûr, chère Charlène.
- — Non, non, ça ne me dérange pas, Vianney.
Cinq minutes plus tard, les voici tous les deux dans la même voiture. Vianney déclare au bout d’une minute de route :
- — Je suis très content d’avoir fait ta connaissance, Charlène. Dommage que ce fut si court.
- — Moi aussi, j’ai aimé faire ta connaissance, mais nous sommes quand même restés ensemble toute la soirée.
- — Eh bien, ce n’est pas assez… Claire aurait dû commencer sa soirée en début d’après-midi !
Amusée, Charlène s’exclame :
- — Je suis persuadée que tu aurais quand même dit que ç’aurait été trop court.
- — Oui, sans doute…
Il marque une légère pause, puis ajoute :
- — Honnêtement, je n’en ai pas assez de toi… euh… je veux dire par là que je n’ai pas envie de te quitter, qu’on se sépare déjà.
- — Il faut bien aller dormir, tu ne crois pas ?
- — Dans ce cas, dormons ensemble !
Elle le regarde avec des grands yeux ronds :
- — Dormir ensemble ? Mais on se connaît à peine !
- — Mais tu n’es pas rétive à l’idée…
- — Euh… enfin… Et puis, en admettant que nous dormions ensemble, j’ai des doutes sur le fait que tu ne veuilles que dormir…
Ses deux mains sur le volant, il se met à rire :
- — C’est vrai qu’il y a un risque de dérapage, tu es trop tentante…
À la grande surprise de la passagère, après un grand rond-point, la voiture ralentit, puis se gare sur un trottoir à côté d’une série de garages. Charlène s’en étonne :
- — Il se passe quoi ? La voiture est en panne ?
- — Rassure-toi, il n’y a pas de problème avec la voiture, il y a en revanche un petit problème avec toi et moi.
- — Ah bon ?
- — Oui ! J’ai trop envie de t’embrasser, là maintenant !
L’instant d’après, ils s’embrassent fougueusement, se dévorant littéralement les lèvres, leurs mains très actives. Celles de Vianney profitent allégrement des monts que Charlène propose tactilement et tacitement, et il est visible que les doigts du jeune homme apprécient beaucoup.
Après de multiples embrassades qui ont sérieusement fait monter la température ambiante, Vianney demande à mi-voix :
- — Chez toi ou chez moi ?
- — Euh… je crois que chez moi, c’est plus près.
Après s’être un peu réajustés tous les deux, Charlène et Vianney arrivent au pied de l’immeuble de la jeune femme qui habite au troisième. Vianney ne peut s’empêcher de bisouter les fesses qui ondulent sous son nez lors de la montée de l’escalier. Charlène se doute bien que la fin de soirée va être agitée, mais elle pense aussi que ça sera très jouissif aussi pour elle, vu l’ardeur déployée par son soupirant.
Cette ardeur est en action aussitôt qu’ils sont dans sa chambre. Vianney lui démontre à quel point il a envie d’elle, et qu’il n’est pas adepte de la tiédeur dans ses élans. Charlène se laisse entraîner dans un tourbillon de caresses, de baisers. Souvent, ses amants lui prouvent qu’ils aiment la chair fraîche, mais ce soir, elle a le net sentiment que Vianney est clairement en pole position !
De plus, son corps à elle surréagit, ce qui l’étonne. Ses lèvres, ses bras, ses mains cherchent le corps anguleux de son partenaire du soir. Peut-être que ce ne sera qu’un feu de paille, mais Charlène se dit qu’elle aura au moins vécu ce genre d’épisode qu’on ne trouve souvent que dans les romans ou les films.
Deux corps emmêlés, sans honte, sans tabou, s’offrant l’un à l’autre, naturellement.
Totalement fiévreux, Vianney se dit que Claire a bien fait de l’inviter ce soir. En venant, il se doutait bien de servir de bouche-trou pour assortir les personnes invitées, mais mettre la main sur Charlène est sans doute la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis longtemps. Pas question de laisser partir cette si appétissante jeune femme !
Combien de fois elle a joui, elle ne le sait pas ! Combien de fois il a été en elle, il ne le sait pas. Tous les deux ont perdu la notion du temps durant cette première nuit qui les laisse épuisés sur un lit totalement ravagé.
Faire le point
Un peu moins de deux semaines plus tard, un jeudi midi, Claire et Charlène sont en train de déjeuner dans une petite brasserie située à l’intérieur d’une galerie marchande. Assises l’une en face de l’autre, elles papotent, sans toutefois aborder le gros du sujet, c’est-à-dire Vianney.
Aidé par Claire qui manœuvre dans ce sens, le sujet de la conversation s’en rapproche néanmoins doucement. Fourchette en main, et poisson pané dans l’assiette, Charlène soupire :
- — Oh, tu sais, trouver des mecs qui veulent baiser avec moi, ça, pas de problème. Mais trouver des mecs qui veulent me garder et s’afficher avec moi, ça, c’est nettement plus difficile à dénicher.
- — Pourtant, Vianney semble être le genre de mec à vouloir te garder et s’afficher avec toi.
- — Oui, c’est vrai, mais ça va trop vite !
- — C’est vrai que…
Tout en coupant un morceau, Charlène se met à sourire :
- — Je ne vais pas faire la fine bouche d’avoir trouvé un homme qui tient à moi, mais avoue que ça a été très rapide ! On se rencontre pour la première fois samedi d’avant. Le soir même, on couche ensemble, et dès le dimanche matin, on vit déjà ensemble. C’est même plus du TGV, c’est carrément du supersonique !
- — Charlène, est-ce que tu te sens bien avec lui ?
- — Euh… oui… De mon côté, ce n’est pas l’amour fou-fou avec des étoiles plein les yeux et des papillons dans le ventre, je le reconnais, mais c’est vrai que je suis bien avec Vianney, c’est très agréable. Sa présence m’apaise. C’est comme si tout était évident…
Claire tempère à sa façon :
- — L’amour, ce n’est pas forcément le coup de foudre avec stupeurs et tremblements…
- — Je sais, Claire… mais… comment dire… ça me semble trop beau pour être vrai… !
Défendant à sa façon Vianney, Claire explique son point de vue :
- — Je connais assez Vianney pour te dire que ce n’est pas le genre de bonhomme à te planter un couteau dans le dos. Oui, il est parfois enthousiaste, trop même, mais on peut lui faire confiance, vraiment. Tu dois me croire, Chubby.
- — C’est ce que je pense, moi aussi. Mais tu ne pourras pas m’empêcher de penser qu’il y a peut-être un os quelque part, même si je n’y crois pas trop, à cet os.
Curieuse de nature, Claire demande :
- — Il est toujours aussi enthousiaste, mon Vianney ?
- — Houla ! c’est le moins qu’on puisse dire ! Tu me diras qu’on ne s’embête jamais avec lui, mais parfois, trop c’est trop. On se téléphone, on s’envoie des SMS plusieurs fois par jour quand on est au boulot. C’est parce qu’il sait que je suis avec toi qu’il n’appelle pas. Sinon le reste du temps, on est toujours ensemble. C’est tout juste s’il ne m’accompagne pas aux toilettes !
Claire se met à rire :
- — Hahaha, ça ne m’étonne pas de lui !
- — On fait les courses à deux, comme si on l’avait toujours fait. On a les mêmes goûts ou presque, on regarde les mêmes films sur le canapé, l’un contre l’autre…
- — Et tu arrives à regarder les films jusqu’au bout ?
Charlène se met à pouffer :
- — Pas toujours ! Il a quand même les mains baladeuses, surtout quand le film n’est pas très intéressant. Faut dire que, comme amant, il n’est pas mauvais du tout, et le mot « préliminaires » existe dans son vocabulaire. Mais il est souvent inépuisable, alors que, parfois, j’aurais bien aimé avoir un peu de tranquillité…
- — Bah, conviens avec lui d’un code pour lui indiquer gentiment que tu as envie d’un peu de calme. Tu verras, ça fonctionne.
Cessant momentanément de manger, Charlène fronce des sourcils :
- — Comment tu sais ça, toi ? T’es sortie avec lui ou quoi ?
- — Moi, non. Mais une de mes copines, oui. Elle est restée avec lui deux mois, si j’ai bon souvenir. Puis, Laurence a cédé aux charmes de son patron. Vianney n’a pas trop apprécié qu’elle le trompe. Et donc, il y a eu rupture.
- — Sans tenter de recoller les morceaux ?
Claire se souvient :
- — Faut dire que le patron de ma copine avait mis les bouchées doubles à sa façon, offrant une vie de rêve à Laurence avec restaurants, hôtels de luxe, voyages et j’en passe. Vianney a quand même essayé de lutter, mais peine perdue. Mais à peine six mois plus tard, Laurence était remplacée par une nouvelle conquête.
- — Ah OK. Quand ta Laurence a été larguée par son patron, elle et Vianney n’ont pas tenté de recoller les morceaux à ce moment-là ?
- — Difficile… Laurence n’a pas été très… fair-play avec Vianney, elle l’a pris de haut, elle l’a carrément jeté comme une vieille chaussette. Elle a été trop éblouie, je pense. Bon, revenons à nos moutons, c’est-à-dire à toi et Vianney. Tu comptes faire quoi ?
Couteau pointe en l’air en main, Charlène est rêveuse :
- — Perso, je serais idiote de rompre ou d’aller voir ailleurs. Je suis franchement bien avec lui. Visiblement, il m’adore, même s’il est parfois un peu pot de glu. Mais notre histoire a tout juste une dizaine de jours, c’est beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions définitives.
- — Moi, je pense que vous allez faire un bon petit bout de chemin, tous les deux.
Finissant son assiette, Charlène répond :
- — Vianney semble en être convaincu. Parfois, il se projette assez loin dans le temps.
- — Comme quoi, par exemple ?
- — Il me parle déjà des prochaines grandes vacances… Il m’a déjà fait voir quelques clubs en all inclusive sur le web.
- — Ah ça, c’est bien dans son style de s’y prendre plusieurs mois à l’avance.
- — Oui, mais comment peut-il être certain que lui et moi serons encore ensemble ?
Saisissant son verre, Claire explique :
- — Il le pense, c’est tout. J’ai bien vu, lors du fameux samedi soir, qu’il a mis les bouchées doubles avec toi. Et c’était bien la première fois que je le voyais y aller si franco. Tu lui as tapé dans l’œil. Je crois qu’il doit sincèrement penser que tu es la bonne.
- — En si peu de temps ?
Reposant son verre, Claire avoue :
- — Rappelle-toi, Daniel et moi, ça s’est vite fait aussi. Quand je l’ai vu la première fois, je me suis dit que je ferais bien un bout de chemin avec lui. Plus tard, Daniel a admis qu’il avait songé à la même chose, au même moment.
- — Mais vous avez quand même attendu un moment avant de vous mettre en couple.
- — Euh… un peu… une grosse semaine…
- — Ah bon ? Moi, c’est quand même le soir même ! Euh non, le lendemain, en réalité.
Claire pose sa main sur l’avant-bras de sa voisine :
- — Ne te mets pas martel en tête, Chubby. Laisse-toi vivre, laisse-toi aimer. Tu feras le point un peu plus tard. De plus, tu as une mine totalement épanouie. Faut pas demander ce que ça doit être durant vos nuits.
Charlène rosit un peu :
- — Ah ça… sur ce plan-là, notre harmonie est parfaite ! Tellement synchrone que ça me fait un peu peur, tu vois.
- — Halala ! T’as tiré le bon numéro et tu tergiverses ! Cool ! Relax, ma Chubby !
- — Je sais, je ne devrais pas me plaindre… mais ça… ça va trop vite… ça me fait quand même un peu peur… Qu’est-ce que je dois faire pour ne plus avoir ce genre d’appréhension ?
- — Eh bien, quitte-le, et recommence à zéro avec lui !
À cette proposition, Charlène ouvre de grands yeux en s’exclamant spontanément :
- — Tu veux rire !? Pas question de…
Elle s’arrête en pleine phrase, Claire se met à rire :
- — Eh bien, tu l’as ta réponse ! T’es déjà accro !
- — Euh oui…
Puis elles se mettent à rire toutes les deux.
Beaucoup plus tard
Alors qu’ils sont tous les deux dans la salle de bain attenante à leur chambre à coucher, Charlène s’adresse à son mari qui est en train de prendre sa douche :
- — Chéri, je suppose que tu es fier de ton fils qui marche dans tes pas ?
- — Mon fils ? C’est aussi le tien, je te signale. Je crois même savoir que c’est toi qui l’as porté durant neuf mois et qui en as accouché.
- — Tu sais très bien ce que je voulais dire par là !
- — Je suppose que tu fais allusion à sa récente déclaration auprès de sa petite copine ?
Charlène regarde la douche dans le grand miroir qui surplombe l’évier :
- — Avoue que Raphaël a fait fort ! Faire sa déclaration en pleine classe ! J’ai même eu droit à un coup de fil du proviseur !
- — Au moins, notre fils a prouvé par A plus B qu’il tenait beaucoup à Ludivine.
Mains sur l’évier, elle tourne la tête vers Vianney qui vient d’arrêter l’eau de la douche :
- — C’est curieux, j’aurais plutôt cru qu’il aurait choisi Vanessa, et non Ludivine…
- — Moi, ça ne m’étonne pas…
- — Et pourquoi ?
Vianney sort de la douche, il saisit une grande serviette :
- — Je te concède que Vanessa est plus belle, il y a de quoi faire baver les copains en s’affichant à son bras, mais Ludivine est plus simple à vivre et plus gentille.
- — Tu veux dire « poire », je suppose…
- — Je n’irai pas jusque-là, mais elle serait capable de se faire couper en quatre pour les beaux yeux de notre fils commun.
- — Hmmm… t’as pas faux, elle lui est assez dévouée, et ce, depuis qu’ils se connaissent… Donc tu penses que Raphaël l’a choisie pour cette raison ?
À moitié séché, Vianney repose sa serviette :
- — Pas que cette raison. Si j’essaye de me mettre à la place de mon fils qui est aussi le tien, je pense que j’aurais fait le même choix.
- — Ah bon, et pourquoi ?
Sans prévenir, Vianney se plaque contre le dos de sa femme, lui capturant les seins :
- — Pour la même raison que toi et moi sommes ensemble depuis toutes ces années !
- — Holà, pas touche ! Et range ton engin !
Comme la plupart du temps, Charlène proteste par pure forme, ne se dégageant pas de l’étreinte possessive de son mari qui se presse alors encore plus contre elle :
- — Mon engin, il est très bien là où il est, ma Choupinette ! Ludivine est gentille et appétissante, tout comme toi, d’ailleurs. De plus, je crois qu’elle est du genre à se laisser faire avec plaisir.
- — Se laisser faire comme moi, tu veux dire ?
Déposant quelques baisers dans le cou, Vianney pelote joyeusement la mère de ses enfants :
- — Ah moi, je n’ai rien dit à ce sujet ! Je parlais de la petite copine de Raphaël. Mais à bien y réfléchir, je me demande si notre fils n’est pas en train de nous faire un petit complexe d’Œdipe !
- — Comment ça ?
- — Raphaël me ressemble, et Ludivine te ressemble aussi par bien des aspects. Une sorte de double copier-coller…
Ses seins toujours captifs, Charlène ouvre de grands yeux sombres, contemplant son reflet et celui de son mari :
- — Maintenant que tu le dis… Mon Dieu !
- — Ne t’inquiète pas, ma chérie, les mêmes causes génèrent en général les mêmes effets. Les préférences masculines en matière de femmes sont peut-être génétiques.
- — Dans ce cas, faut le croire !
Vianney frotte sans vergogne sa verge entre les fesses dodues de sa femme, coulissant sur toute sa longueur. Se laissant faire comme dans la plupart des cas, celle-ci dit à voix basse :
- — Chéri… t’as toujours envie de me faire l’amour. Pourquoi tu t’es pas lassé de moi ?
- — Et toi, Chubby chérie, pourquoi es-tu toujours avec moi ?
- — Les femmes, c’est pas pareil ! Les hommes sont des obsédés, et toi, t’es un super obsédé !
- — Du moment que ce soit toi l’unique objet de mon obsession…
- — Parfois, je me dis que… euh… rien…
Elle laisse sa phrase en suspens. Tout en jouant avec les tétons érigés, Vianney insiste :
- — Si, si ! Va au bout de ta pensée, ma belle choupinette !
- — Que si t’avais une maîtresse, j’aurais un peu la paix, mais…
- — Mais ?
- — Mais je ne partage pas avec une autre ! T’es mon mari à moi et le père de mes enfants ! Même si d’un point de vue pot de colle, tu décroches la palme d’or. Mais je ne vais pas me plaire d’être toujours l’objet de ta flamme après toutes ces années… Malheureusement, je ne suis pas… comment dire… je sens que je ne te rends pas la pareille…
Tout en continuant de peloter sa femme et de se frotter lascivement contre elle, Vianney explique :
- — Nous sommes toujours ensemble, à ce que je sache, et tu ne détestes pas que je te démontre ma flamme, comme tu le dis si bien. Donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
- — T’es pas compliqué à vivre, mon chéri…
- — Toi aussi, tu n’es pas compliquée à vivre, mais parfois tu te poses des questions inutiles.
Se souvenant d’une très lointaine conversation avec Claire, qui est devenue la marraine de son aîné, Charlène acquiesce :
- — Je sais, mais je ne peux pas m’en empêcher… Tu vois, le fait de t’avoir rencontré, c’est… c’est miraculeux. Quelle était la probabilité qu’on se rencontre ?
- — La probabilité s’appelle Claire, c’est clair et net !
Elle se met à rire :
- — On va le dire comme ça ! Rhooo ! Mais où es-tu en train de te nicher, gros cochon lubrique !?
- — Je me niche là où mon oiseau peut se nicher, ma chérie !
- — Attends ! Tu ne vas quand même pas me faire l’amour, ici dans la salle de bain, contre le lavabo ?
Ondulant entre les fesses de son épouse, Vianney pousse son avantage :
- — Et pourquoi pas ? Nous l’avons bien fait plusieurs fois dans la baignoire, sous la douche et sur la machine à laver de linge, et même par terre sur des serviettes…
- — T’es vraiment un gros obsédé, toi ! Oooh !!
- — Que de toi, ma choupinette ! Ton mignon corps tout en courbes me rend complètement fou !
Puis la serrant plus fortement contre lui, il approche sa bouche de l’oreille de Charlène :
- — Masturbe-toi pendant que je m’occupe de toi ! Je veux voir ton visage quand tu jouiras, ma chérie ! T’es trop belle dans l’extase !
Tandis qu’il lui mordille l’oreille, affichant un large sourire, faisant glisser sa main vers le bas, puis tendant les fesses, Charlène obéit avec joie…