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n° 21386Fiche technique14122 caractères14122
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Temps de lecture estimé : 8 mn
30/12/22
Résumé:  Cécile est une jeune femme qui vit avec un homme. Elle a toujours caché son homosexualité à son entourage, pour ne pas le décevoir au prix d’énormes frustrations qui font qu’aujourd’hui, elle n’en peut plus.
Critères:  ff -rencontre -lesbos
Auteur : NANA07      Envoi mini-message
Confidences

Mon père adorait le chanteur Claude Nougaro, pour cela, je m’appelle Cécile. Je n’ai jamais aimé ce prénom, je le trouve vieillot. Mes cheveux sont châtain clair et plutôt longs. Physiquement et à mon grand regret, j’attire le regard des hommes, bien entendu comme toutes les filles, me direz-vous, qu’elles soient belles ou non, ce qui me fait penser qu’ils sont tous « morts de faim ».


N’ayant pas fait des études très poussées, c’est le moins que je puisse dire, je travaille principalement en intérim. Parfois du secrétariat, parfois des ménages, parfois en production dans les usines du coin, parfois vendeuse, etc. L’avantage est que je choisis mes missions au gré de mes envies ou de mes besoins. J’ai donc des périodes d’oisiveté où je profite de mon chômage en m’ennuyant, mais je pense avoir trouvé ma vocation, j’envisage de suivre une formation d’esthéticienne ou de coiffeuse. Vous comprendrez, je pense, aisément pourquoi ce choix, si je vous dis que j’aime les filles depuis toujours, même si je suis en couple avec un homme.


J’ai toujours caché mon homosexualité pour ne pas choquer ou décevoir ou être jugée par les gens que j’aime. J’ai eu, au lycée, quelques petites expériences avec des amies, expériences qui se limitaient à de « faux » baisers ou à de trop timides attouchements. C’étaient des moments merveilleux mais aussi énormément douloureux, j’aurais tellement aimé aller plus loin mais voilà, je n’aurais jamais osé prendre l’initiative.


Mon compagnon est un garçon vraiment très doux, attentionné, délicat. Il est capable de beaucoup d’empathie envers les gens et c’est certainement ce qui fait que, en dehors de cacher mon attirance pour les filles, je vis avec lui. Mais aujourd’hui, la frustration se fait de plus en plus sentir.


Les rapports au lit, par contre, sont toujours une souffrance pour moi mais je ferme les yeux et je plonge dans mon imaginaire saphique… J’évite aussi, autant que possible, les préliminaires, prétextant ne pas en avoir vraiment besoin. Je n’en suis pas fière mais je suis experte en simulation et en mensonge. Je fais mon possible pour ne pas le décevoir, et cela pour deux raisons :

• La première est qu’en dehors de cacher ma vraie personnalité, sa part féminine me rassure et Dieu merci, il n’est pas trop branché sexe.

• La deuxième est que je suis la seule responsable de la situation dans laquelle je nous ai mis. À cause de ma lâcheté, il risque de souffrir énormément, j’en suis douloureusement consciente.


Voilà ce qu’est ma vie depuis une dizaine d’années. Mes mensonges donc mes trahisons, et par-dessus tout ma souffrance. L’impression de ne pas vivre ma vie me détruit peu à peu, je vis pour les autres. Si je devais la résumer cette période, j’utiliserais ce vers de Charles Baudelaire :


Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils.


Aujourd’hui, tout a changé grâce à un ange placé sur mon chemin sous les traits d’une belle caissière du supermarché où nous allions faire nos courses mon ex et moi.



o-o-o-o-o-o-o-o



Cela faisait un petit moment déjà que j’avais flashé sur elle, alors je m’efforçais de passer à sa caisse. Elle était toujours souriante et, quand elle me parlait, sa voix était d’une douceur qui ne pouvait que me séduire. Ses mots, son sourire, son corps, son attitude, tout en elle était parfait. En sa présence, tous mes sens étaient affolés, elle a déclenché mes fantasmes les plus fous.


Depuis que j'étais secrètement amoureuse d’elle, j’avais pris la décision d’aller au magasin seule, pour le plus grand plaisir de Julien, espérant sans doute un miracle. Il a eu lieu. Ce jour-là, elle prenait l’air avec ses copines. Quand elle m’a vue, elle est venue directement vers moi. Mon cœur n’avait jamais battu aussi vite et fort : magnitude maximum sur l’échelle de ma sensibilité. Avec son éblouissant sourire :



Aucune musique n’avait jamais caressé mon oreille avec autant de douceur.



À ce moment-là, dans ma tête, tous mes doutes et mes angoisses disparurent. J’en étais certaine, c’est elle que j’attendais et je n’avais pas l’intention de laisser passer ma chance :



Elle s’en était rendu compte et, avec ce sourire qui illuminait son visage :



Et avec un petit air moqueur, elle rajouta :



Et en retournant à son poste, sans me laisser le temps de répondre :



Le message était on ne peut plus clair. J’étais sur un nuage. Je survolais la planète, plus rien ne pouvait m’atteindre. Elle était enfin là celle que j’attendais et, pour l’heure, rien d’autre ne comptait. Mais voilà, une fois arrivée à l’appartement, l’euphorie s’étant estompée peu à peu, mes pieds en retouchant terre, une angoisse me prit. Aurais-je la force de m’affirmer et d’affronter tous ces gens à qui je mentais depuis si longtemps ? Peut-être que je continuerai à leur mentir ? Je fus sortie de mes pensées par un appel sur mon iPhone, c’était elle :



Et moi donc !



Oh là là !!! Un tsunami d’émotions me submergea. Je ris, bêtement euphorique, mes yeux se mouillaient, mes jambes tremblaient. J’étais une petite fille qui croyait avoir fait une bêtise. Une multitude d’émotions m’envahit. Je ne savais plus où j’étais. L’arrivée de Julien me ramèna à la réalité et me replongea dans la culpabilité et l’angoisse : Oserait-je lui annoncer ? Comment le prendrait-il ? En avais-je le droit ?


Pourtant, cette nuit-là, je l’ai passée avec Lucie. Toutes les deux nues, ses lèvres magiciennes parcouraient ma peau, ses doigts pénétraient dans les profondeurs de mon intimité offerte, sa voix caressante glissait dans mon oreille la plus douce des mélodies. Je voulais lui rendre caresse pour caresse, mais elle s’est assise, son sexe humide sur mon ventre, et d’une poigne étonnamment ferme sur mes poignets elle m’interdisait et me rendait divinement soumise à sa volonté. Ses seins magnifiques pointaient… Mais soudain, une voix discordante se fit entendre. C’était Julien :



Bien entendu, il a fait comme à son habitude son petit câlin et a tendrement susurré à l’oreille ses mots tendres que je n’aurais pas voulu entendre aujourd’hui.


Encore déçue par ce réveil briseur de rêve, les angoissantes questions revenaient : mais !!! Pourquoi étais-je tombée sur un garçon tel que lui ? Pourquoi la vie était-elle si dure ? Pourquoi m’étais-je attachée à lui ? Pourquoi tout était si compliqué dans ce monde ? Pourquoi… ?


Cette journée-là, je sautais de la joie au plus profond désespoir.


Quelles tenues adopter ? Maquillage ou pas ? Sachant qu’au quotidien cette question ne se posait pas. Mais surtout, si ça se trouvait, je me faisais des illusions sur ses intentions. Et si elle était bien celle que j’attendais, aurais-je assez de force pour assumer ? Cette dernière question me procurait systématiquement, quand elle passait dans mes pensées, une angoisse extrême.


Enfin l’heure autant attendue que redoutée est arrivée. Après avoir hésité entre une jupe courte et un jean, ou… ou… Un million de tenues possibles et inimaginables, j’optais pour le jean, un chemisier et des sandales, rien de plus classique. Pour tout maquillage du rouge à lèvres et les ongles peints. Bref, pas de quoi ébouriffer un chauve, et me voilà partie le cœur battant.


Quand je suis arrivée au rendez-vous, elle était déjà installée et à ma vue, son visage s’est illuminé d’un sourire qui m’a ébloui et a rempli mon cœur tambourinant d’un merveilleux espoir. Toutes mes interrogations se sont évaporées en un instant.


À mon approche elle se leva, posa ses deux mains sur mes épaules et me fit la plus délicate des bises, comme je n’en avais jamais connue auparavant. Elle a déposé ses lèvres très très très près de la commissure de mes lèvres, c’était divin et prometteur.


Nous nous sommes assises… elle, tout en couvrant mes mains des siennes et me regardant droit dans les yeux :



Je ne savais vraiment pas que répondre à ça, du coup, j’ai bafouillé je ne sais quoi.


Elle, voyant ma timidité, franche et sans détour :



Je ne m’attendais pas du tout à une question aussi directe, mais le mot « aventure » m’a vraiment fait flipper.


C’était évident que j’étais amoureuse d’elle… Mais pourquoi ? Je ne la connaissais pas plus que ça. Peut-être comme l’avait dit Montaigne :


Parce que c’était elle, parce que c’était moi.


Mais elle, elle parlait d’aventure ??? Mon côté trop fleur bleue réagit en premier, mais l’idée de la vivre avec elle, même si ce n’était qu’une aventure, me fit trop envie.


Elle, décidément très à l’aise, me sourit tendrement moqueuse.



En prononçant ce mot, elle se mit à rire.



Et là, je me confiai sans retenue. Ma culpabilité, mes mensonges, ce qui m’attachait à Julien, tous les faux semblants de ma vie, bref tout tout tout… Pendant ce temps, elle m’écoutait sans intervenir. Quand j’arrêtai de parler, elle me reprit les mains, les serra, et avec un sourire bienveillant me dit :



Nous avons parlé encore un peu de choses et d’autres, puis nous avons quitté le bar. Elle m’accompagna jusqu’à ma voiture en me racontant qu’elle avait très tôt assumé son homosexualité et que ses parents, même si ça avait été un choc, avaient accepté leur fille telle qu’elle était.


Arrivée à ma voiture alors que j’y entrais, elle m’attrapa le bras et m’attira vers elle, m’étreint fortement et m’embrassa sans retenue. Moi, habituellement si coincée, m’abandonnai complètement en oubliant que nous étions sur le parking du supermarché. Puis elle me dit :



Avant de fermer la portière, elle ajouta :



Puis, en se penchant, à mon oreille, elle murmura :