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Temps de lecture estimé : 27 mn
20/12/22
Présentation:  Un récit historique totalement soft. Autres temps, autres mœurs...
Résumé:  La veille de la grande bataille qui se profile, j’entre dans la tente principale, entendant la fin d’une phrase qui parle à prime vue d’une femme jolie mais assez futile.
Critères:  fh nonéro historique -historiqu
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
Général Dumaton


Un récit historique totalement soft. Autres temps, autres mœurs.

Bonne lecture : )





Sous la tente



La veille de la grande bataille qui se profile, j’entre dans la tente principale, entendant la fin d’une phrase qui parle à prime vue d’une femme jolie, mais assez futile. Enjoué, je m’adresse directement au Maréchal qui vient de parler, entouré de son État-major aux ordres :



Léonard sait très bien qu’il n’a quasiment aucun pouvoir sur moi, contrairement à la plupart des personnes qu’il a réussi à mettre au pas, malgré des années ou des décennies de voisinage. Perso, je ne vois pas pourquoi je devrais lui faire courbette. Il grommelle :



Assez étonné, je m’assieds sur le dossier d’un siège :



On m’aurait tapé sur le crâne avec un gourdin, ç’aurait été pareil :



Spontanément, je m’esclaffe :



Sous l’œil inquiet des personnes présentes, je viens me planter face à mon ami d’enfance :



Grimaçant, le Maréchal se tait. Il sait que j’ai raison. Je continue sur ma lancée :



Je balance l’évidente vérité :



Je me tourne alors vers l’un des hommes présents :



Entendant cette réponse, le Maréchal sourit :



L’homme poursuit :



Les autres personnes présentes étouffent mal une certaine envie de rire ou de sourire. Moi-même, j’ai failli rire de bon cœur. Voyant que ça risque de dégénérer, j’interviens :



Tel que je l’ai souvent fait avec lui, je tapote sur l’épaule de mon ami d’enfance, je soupire :



Léonard continue sur sa lancée :



Agitant fébrilement les bras, le Maréchal lève les yeux au ciel :



Léonard affiche un visage incrédule :



Excédé, le Maréchal tape du pied :



Le Maréchal devient songeur :



Le silence s’installe. Puis Léonard s’approche de moi, posant sa main sur mon épaule :



Vite résolu, c’est vite dit ! On voit bien que ce n’est pas lui qui a dû se décarcasser pour rectifier le tir et réparer au mieux les dégâts. Je lève les yeux au ciel :



Léonard est peut-être, voire sans doute, l’un des meilleurs stratèges militaires que la Terre ait portés, mais en dehors des armes, je suis assez navré par son sens politique :



Léonard est perplexe, car étant assez nul en Histoire (sauf les batailles), il ignore si tout ce que je raconte est vrai ou pas. Pour lui, Auguste, c’est un Romain (c’est une bonne réponse), mais faut-il le placer avant ou après Charlemagne ? Il est vrai que j’ai un peu arrangé les faits. Léonard finit par se fendre d’un :



À ces mots, Léonard sourit :



J’explique notre lien à ma façon :



Posant ses mains sur la grande carte posée devant lui, Léonard sourit :



Quelques personnes présentes blêmissent. De son côté, Léonard est habitué à mes petites provocations :



Je rectifie le tir :



Je jette un coup d’œil sur la grande carte de la future bataille, puis je demande :



Le Maréchal s’étonne :



Léonard plisse des yeux :



J’en ai peut-être trop dit. Je continue malgré tout :



Comme au bon vieux temps, Léonard se laisse aller :



Je tapote à nouveau sur l’épaule de mon ami d’enfance :



Peu après, tout le monde se penche à nouveau sur la grande carte.




Mises au point



Après une belle victoire, il n’est pas rare qu’une magnifique soirée soit organisée plusieurs jours plus tard pour fêter l’événement. Ce qui est le cas actuellement dans le Palais d’Été. Comme souvent, on me présente à diverses personnes. Parfois aussi, des mères ou des pères me présentent leur demoiselle en fleur. La plupart sont belles, c’est indéniable, mais elles ressemblent toutes une magnifique boîte artistiquement décorée avec du vide à l’intérieur. Il faut avouer que leur éducation au couvent ne les prédispose pas à être piquantes, surtout en présence de leurs parents.


Parfois, je me dis qu’il faudrait que je me penche sur le cas d’une de ces demoiselles pour la pervertir selon mes envies. Mais je doute que Papa et Maman soient d’accord pour que je joue de la sorte avec leur fille.



Sans que je comprenne ce qui m’arrive, dans un tourbillon de parfum capiteux et de dentelles, je suis happé par le bras et entraîné un peu à part. Je réalise bien vite qu’il s’agit de la fameuse Catherine, celle que son cousin voulait marier à ce pauvre Dumaton. J’ai déjà vu des robes vertigineuses et translucides, mais là, je crois que j’ai droit au summum du genre !


Arrivée dans un coin de la vaste salle, derrière quelques plantes vertes, avec un sourire enjôleur et un décolleté carré à la limite de la décence, elle susurre :



Faisant abstraction de la robe vaporeuse, je commence à compter sur mes doigts :



Elle hausse les sourcils :



Faisant fi de la translucidité qui en montre un peu trop, je compte deux sur mes doigts :



Je laisse tomber le comptage. Je me penche sur Catherine, essayant de ne pas trop lorgner dans son appétissant décolleté vertigineux :



Elle ouvre de grands yeux :



J’accentue un peu. En réalité, ça ne s’est produit que deux fois, et avec des individus trop insistants qui cherchaient visiblement de sérieux ennuis à ce pauvre Général. Mais mon interlocutrice n’est pas censée le savoir. Je poursuis :



Je secoue la tête de gauche à droite :



Elle écarquille plus encore les yeux :



Dégoûtée, elle fait franchement la moue. J’exagère un tantinet, mais autant forcer la dose :



Elle frissonne, ses tissus vaporeux en révèlent plus encore, puis elle déglutit :



Je la détrompe :



La jeune femme est perplexe :



Redevenue plus sûre d’elle, Catherine se met à sourire :



Rageuse, elle s’exclame :



J’ai peut-être été un peu loin. Je tente de la calmer :



Elle me regarde d’un air étrange :



De sa main gantée, elle caresse ma joue :



Elle me regarde dans le fond des yeux :



Je deviens nettement plus sérieux :



Penché sur elle, je lui confie à voix basse :



Elle agite son décolleté carré sous mon nez :



Je m’approche de son oreille, qu’elle a fort mignonne :



Ostensiblement, elle présente ses doux appas blancs comme sur un plateau :



Dans un premier temps, je ferme ma main, puis je tends le pouce :



Je tends à présent l’index :



Je tends à présent le majeur :



Un air un peu inquiet, elle me demande :



Elle fait la grimace :



Je contemple à nouveau cette femme de haut en bas. Il est heureux que j’aie un assez bon contrôle de ma personne :



Oubliant à cette dernière proposition fort alléchante, tous les doigts de ma main sont à présent dépliés, je continue :



Elle se met à sourire :



Sa réponse tombe, lapidaire :



Mon sixième sens me fait regarder par-dessus mon interlocutrice et les plantes vertes :



Alors que Léonard est à mi-chemin, Catherine s’éclipse avec grâce, me faisant admirer une croupe incendiaire que cachent mal quelques couches de tissus translucides. Elle part se fondre dans la masse des invités. Mais pas pour longtemps, car très vite, un cercle d’admirateurs avides l’entoure, au grand dam des autres Dames.


Arrivé à ma hauteur, intrigué, mon ami d’enfance demande :



Je ne mens pas en disant :



Je demande d’une voix doucereuse :



J’affiche un sourire goguenard :



Puis nous nous séparons, Léonard étant à nouveau happé par divers courtisans. Moi, j’ai souvent une paix royale, car j’ai partiellement la main sur le Trésor Public et donc sur tout ce qui est impositions et taxes. Donc on me fait risette, mais on évite d’en raconter trop de peur de se trahir. Car l’immense majorité de ces nouveaux Riches ont au moins un cadavre dans la cave ou au grenier. Idem pour les anciens Riches qui ont su retourner leur veste à temps.




Une sacrée journée



Puis un beau jour est arrivé le Sacre, celui de Léonard Premier. Cette histoire de Roi des Rois ayant fait un bon bout de chemin dans ses cogitations, notre ex-Maréchal décide de franchir le pas afin de mieux tourner la page de l’Histoire avec un grand H.


Quelque part, c’est logique : un roi règne sur un royaume, un empereur règne sur une confédération, ce qui est actuellement le cas, à la suite des diverses conquêtes accomplies. Divers peuples, diverses langues, diverses religions, et même diverses écritures.


Organiser un Sacre demande de tout prévoir dans les moindres détails. Et le Diable se niche justement dans les détails. Il a fallu presque cinq mois pour préparer tout ce tralala majestueux et dantesque, et encore, tout n’est pas réellement au point.


Le Sacre a eu lieu en début d’après-midi, ce fut grandiose. Encore heureux que j’aie réussi, ci et là, à limiter les trop grosses sorties d’argent. Pavoiser une cathédrale, soit, mais uniquement avec de la soie et de l’or, c’est trop. Rien que la couronne impériale, c’est pure folie ! Ce n’est même plus une couronne, c’est un présentoir à diamants !



Mais tout se passe bien. Il faut dire que la plupart des importuns ont été emmenés au loin ou en prison manu militari, et que trois tentatives d’attentat ont été déjouées. Il ne me reste plus qu’à croiser les doigts que tout le monde ait bien effectué son travail, car étant souvent proche physiquement de Léonard, il existe un certain risque pour que je subisse des inconvénients fâcheux en cas de terroriste bien décidé à mourir pour la cause !


Mais pour l’instant, rien de tel.


Ce soir, il y a bal, avec un vaste buffet. Tout brille du plancher ciré au plafond lustré. Je n’ose pas compter le nombre de bougies qui brûlent dessus de ma tête. La plupart des gens qui comptent sont présents, même ceux qui ont dû parfois faire une à deux semaines de voyage pour venir. Léonard parade avec son impératrice de femme, mais sans les couronnes, sans doute trop lourdes. Juliette (son épouse) semble dépassée par la situation, absente. Jamais elle n’aurait songé à ce qui lui arrive ce soir, quand elle s’est mise en ménage avec Léonard, il y a environ huit ans, lui faisant depuis six enfants, dont quatre garçons. La relève dynastique est visiblement assurée.


Divers ambassadeurs et quelques princes étrangers sont venus. Ils en prennent plein la vue, ce qui est d’ailleurs l’un des buts assumés de ce sacre. Je me sers sur l’une des nombreuses tables du buffet, autant que je profite aussi un peu de ce que j’ai aidé à organiser.



Un serviteur guindé et perruqué me présente un billet plié en quatre sur un plateau en argent. Intriguée, je découvre une écriture féminine :



Aucune signature. Je connais peu de femmes capables d’utiliser ainsi mon prénom. Je songe aussitôt à Catherine. Ce soir, elle n’a pas osé la même robe vaporeuse, mais elle éclipse toutes les femmes présentes. Finalement, le rôle d’impératrice lui allait à merveille, mais je vois mal Léonard épouser sa cousine. Bien que… qui peut prédire l’avenir ?


Moi-même, je suis étonné d’être ici ce soir sous toutes ces dorures et ces lumières…


À pas lents, je me dirige vers le salon vert, me demandant quel est le problème à résoudre. Sans doute un souci avec ses soupirants, puisqu’elle a pris mon dernier conseil au pied de la lettre : Catherine s’affiche souvent avec deux hommes, un à chaque bras. Effet garanti sur son empereur de cousin !


C’est avec surprise que je me retrouve seul avec Anne-Félicie de Guisaumier-Morcherac, la femme du Général Dumaton, en grande robe verte fort seyant. Je m’incline, baisant sa main gantée :



Tandis que je recule d’un pas, la réponse arrive sans détour :



Elle incline un peu la tête :



Je lui adresse un sourire jovial :



Un peu gênée, elle se tord les mains, ne sachant pas comment annoncer la suite. Je crois deviner où elle souhaite en venir. J’essaye d’amoindrir les faits en souriant :



Elle me regarde fixement :



Elle me regarde au fond des yeux, j’en frémis. Elle murmure :



Elle se met à sourire, puis elle s’approche un peu plus de moi. Grand Dieu qu’elle est divine ! À ma grande surprise, je l’entends me dire d’une voix douce :



À ma grande surprise, elle pose sa main gantée sur ma joue :



Je capture sa blanche main pour y déposer un baiser.



Regardant à travers la porte comme pour contempler au-delà la foule du Sacre, Anne-Félicie se met à sourire :



Elle se met à rire doucement :



Puis elle bifurque complètement de sujet en enchaînant :



Je me souviens fort bien :



Elle m’adresse un petit sourire narquois :



Son sourire s’adoucit :



Je m’étonne du mot employé :



Puis elle se tourne vers une porte latérale et dit en haussant la voix :



J’écarquille grands les yeux en découvrant venir vers nous une copie conforme, ou presque, avec un air plus effronté. D’un pas affirmé, elle aussi en robe verte, Anne-Eugénie s’approche de moi, et m’offre une courte révérence :



Elle affiche le même sourire que sa mère, avec quelque chose en plus :



Amusé, je me penche un peu sur elle :



Du doigt, je désigne la grande porte à doubles battants :



Les deux femmes sourient. Comme sa mère, il y a quelques instants, elle me fixe droit dans les yeux, mais de façon plus impertinente :



Elle me prend par la manche et m’entraîne vers la grande porte :



Égayé, je me tourne vers sa mère :



Anne-Félicie se met à rire doucement :



Joueuse, sa mère enfonce le clou :



À moitié agacée, Anne-Eugénie me tire fermement par la manche :



Me figeant sur place, d’un geste calme et assuré, je libère ma manche. Interdite, la jeune fille me regarde d’un air un peu inquiet. Je me poste à côté d’elle, posant délicatement, mais fermement ma main dans son dos à hauteur de taille :



Je sens confusément que je retiendrai ce jour, non pas pour le Sacre de notre nouvel Empereur, mais pour une raison fort différente.