| n° 21347 | Fiche technique | 20480 caractères | 20480 3344 Temps de lecture estimé : 12 mn |
15/12/22 |
| Résumé: « Ça y est mon chéri, je suis enceinte, tu vas être papa » … Aïe ! les emmerdes vont commencer. | ||||
| Critères: fh enceinte amour cérébral confession -humour -initiatiq | ||||
| Auteur : Patrick Paris Envoi mini-message | ||||
| Collection : Confidences |
Après « Confidence d’une femme infidèle » et « Confidences pour confidences », celle-ci, un peu potache, raconte les affres d’un futur père dans lesquelles, j’en suis certain, beaucoup d’hommes se reconnaîtront.
Ce soir, en rentrant, ma femme Corinne s’est jetée à mon cou, et après avoir écrasé ses lèvres sur les miennes :
Sujet sensible. Je crois que je dois sauter de joie, sinon Corinne va mal le prendre. Je choisis de l’embrasser. Au moment de la serrer contre moi, je lâche « Oh ! Pardon, ma chérie » et m’écarte un peu de son ventre. Ça la fait rire :
En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, nous nous retrouvons nus sur notre lit. Je l’embrasse, elle m’embrasse, je lui caresse tendrement le ventre. Elle me sourit… À moi aussi, ça a fait du bien.
Ma chère épouse avait l’art des surprises. Déjà, il y a 6 mois, elle venait d’être nommée chef de service, pour fêter sa promotion, Corinne m’avait annoncé avec un grand sourire :
Il est vrai que nous avions parlé d’un vague projet d’agrandir la famille. Je n’ai jamais été contre, bien au contraire, nous avions même rêvé, avant de nous marier, d’avoir une ribambelle de gamins, et déjà choisi les noms de toute notre progéniture. En achetant notre petit appartement, la pièce qui me sert de bureau actuellement était à l’origine la future chambre de bébé.
Mais là, au pied du mur… Je ne vais pas discuter, la décision est prise.
Je lui réponds par mon plus beau sourire. Encouragée par mon enthousiasme, Corinne a voulu me décrire la procédure, elle avait déjà tout prévu en femme pragmatique et bien organisée.
Son gynéco lui avait expliqué la marche à suivre. Son cycle devant se terminer, elle allait arrêter la pilule dès le lendemain matin. Ensuite, il faudrait attendre ses prochaines règles prévues d’ici une semaine à dix jours. À partir de ce moment-là, elle était féconde, elle pouvait tomber enceinte dans les quelques jours qui suivent, mais cela pouvait aussi prendre plusieurs mois. Tout dépendait de moi. Aïe !
Pour augmenter ses chances, c’est-à-dire que le milieu soit favorable, le milieu, c’est la sauce dans laquelle nous allions préparer bébé, elle avait décidé de suivre un régime profertilité approprié, ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré, à base d’oméga 3 pour augmenter sa fertilité et de Vitamine B9 pour moi, je ne sais plus trop pourquoi.
Devant mon air intrigué, elle voulut m’expliquer en détail. Quoiqu’un peu méfiant, je l’écoutais religieusement, règle de base : ne pas contrarier une femme enceinte. La consommation de certains aliments allait entraîner une sécrétion importante d’insuline par le pancréas pour une meilleure ovulation, et grâce à la B9 mon sperme sera de meilleure qualité.
Oups ! Quel romantisme ! Je dois avouer que son explication ne m’a pas fait bander. J’avais l’étrange impression qu’elle m’expliquait une nouvelle recette, ou qu’on allait se lancer dans l’élevage. J’avais surtout compris que je me devais de la soutenir dans ses efforts. Solidaire, j’acceptais donc de suivre son régime.
Pour fêter l’évènement, j’ai voulu nous servir un petit apéritif, je commençais mal. Elle leva les yeux au ciel en sortant sa sempiternelle formule « Ah ces hommes ! ». Pourtant j’étais seul dans la pièce.
Après lui avoir prouvé à deux reprises que le matériel était en parfait état de marche pour la bonne réalisation de son projet, j’ai eu du mal à m’endormir. Ce que venait de me dire Corinne tournait dans ma tête.
Bien sûr, j’avais lu des revues, j’avais vu des documentaires qui expliquaient scientifiquement ce qui allait se passer dans son ventre. Comme tout le monde, je savais que même si ça coulait, même si elle se lavait consciencieusement, il restait suffisamment de moi-même en elle pour répondre à notre attente. J’imaginais déjà la course effrénée de mes spermatozoïdes à la recherche de son ovule, et petit veinard, le vainqueur avait le droit de la pénétrer, sans rien demander, en se foutant de @metoo. À partir de là, dame nature ferait le reste, un œuf, un fœtus, un bébé… les emmerdes allaient commencer. Enfin, pour moi, car pour Corinne elles duraient 9 mois.
Finies les nuits à dormir comme un bébé. Ben non, c’est quoi cette expression ? Pas comme un bébé, justement.
Mentalement, j’encourageais mes petits soldats : vous en faites pas, les gars, y en a bien un qui va y arriver. Je vais tous vous shooter au B9, et que le meilleur gagne.
Dans un demi-sommeil, une pensée saugrenue me traversa l’esprit. Comment faisaient-ils les spermatozoïdes pour trouver leur chemin ? Ils n’y sont jamais allés, et le parcours n’est certainement pas fléché. Je doute aussi qu’ils aient tous un GPS ou même une boussole… en plus, il doit faire noir, et pas de torche non plus, Ah, ce manque d’équipements ! Une idée, se pourrait-il que la B9 serve à les rendre fluo, une sorte de spermatoluisant, ce serait sympa non ?
La route ne doit pas être une piste toute droite, comme au 100 m. Top départ, le plus rapide à l’arrivée… Non, c’est sûrement un labyrinthe super compliqué. À la réflexion, ils n’ont peut-être pas le sens de l’orientation, si ce n’était pas le plus rapide qui arrive, mais le seul qui ne se perde pas… mais alors, que deviennent les autres ? Ont-ils droit à une seconde chance ? Existe-t-il un cimetière des spermatozoïdes égarés ?
Autant de questions qui resteront sans réponse.
Tant pis, les médecins doivent avoir raison, c’est bien le plus fort qui gagne, celui qui a mangé de la viande à tous les repas. Quand il franchit la ligne d’arrivée, sans réfléchir, il entre dans cette feignasse d’ovule qui ne bouffe que de la salade et qui attend tranquillement le vainqueur.
J’y pense, pourquoi c’est toujours le spermachin qui doit courir après sa copine ?
Je vois d’ici une ligue féministe proposer à une députée de déposer un projet de loi, au nom de la parité, demandant qu’une fois sur deux ce soit l’ovule qui devra courir après les spermatozoïdes. Y a pas de raison ! Mais ça risque de finir en super gang bang. Enfin, on trouvera bien une députée qui va oser, suivez mon regard… toujours la même.
Sur ce rêve prémonitoire, le sommeil m’a gagné. Nuit agitée.
Le lendemain, en prenant mon café au bureau, j’ai voulu en savoir plus. Internet allait m’apporter quelques explications.
Je n’aurais peut-être pas dû.
Le jet de sperme, quand on jouit, s’appelle un éjaculat, quelle délicatesse ! Quand on baise, on projette de 2 à 3 ml de nous-mêmes. Et dans 1 ml, il y a environ 100 millions de spermatozoïdes, à quelques unités près, je ne les ai jamais comptés.
Résultat, 1 chance sur 2 à 300 millions d’être celui qui arrivera le premier dans sa course infernale. Plus aléatoire que le loto.
Si j’avais su, je n’aurais pas autant gaspillé… petit calcul rapide… depuis l’âge de 14 ans à raison de 3 ou 4 branlettes par semaine, ça fait… Pff, Quel gâchis ! Sans compter tous ceux que mes copines ont avalés. Les salopes, elles ont bouffé mes champions.
En cliquant, je fais apparaître des schémas, des plans, des photos des lieux. Ouah ! Quelle poésie ! Ce n’est vraiment pas la carte du Tendre des précieuses du 17e siècle.
Faire une minette au minou de Corinne, ou une feuille de rose, c’est tout de même plus glamour qu’un cunnilingus à une vulve ou un annumachin.
Écœuré par les schémas en gros plan et les photos vues de l’intérieur, j’ai vite éteint mon ordi. Autant reprendre la bonne vieille méthode, ignorer tout ce qui se passe là-dedans, et faire confiance à Corinne qui depuis que nous nous connaissons n’a jamais démérité.
Le soir, en lui faisant une petite gâterie, je repensais aux images vues sur Internet, pour la première fois j’ai fermé les yeux.
---oOo---
Et voilà, Corinne vient de m’annoncer que je vais devoir renoncer à mes nuits paisibles, avec un joyeux :
En réalisant ce que cela signifiait, j’eus une pensée pour le vainqueur. But ! Bravo les gars, beau travail d’équipe. J’avais raison de vous faire confiance. Je ne connaîtrais jamais le nom du gagnant, mais il se reconnaîtra.
Alors qu’elle est tendrement alanguie contre moi, une nouvelle question me torture l’esprit : « devrais-je attendre 9 mois pour reprendre nos activités » ?
Corinne me rassura rapidement en fêtant dignement cette bonne nouvelle. Sa libido était toujours au top, elle voulut m’expliquer pourquoi, mais devant ma grimace, elle préféra passer aux travaux pratiques et s’abstenir de me donner des explications techniques sur les changements qui allaient s’opérer en elle.
À partir de ce jour, cela ne la dérangeait plus de gâcher ma semence, bien au contraire. Nous étions plus amoureux que jamais. Faisant fi de ses sautes d’humeur habituelles en la circonstance, nos parties de jambes en l’air étaient toujours aussi intenses, aussi fréquentes, aussi harmonieuses, aucune position ne nous était interdite. Variant les plaisirs, par devant, par derrière, dans sa bouche, elle était insatiable. Très souvent, nous devions regarder la fin du film en replay. Elle était devenue, madame Plus. Ce n’est certainement pas moi qui allais m’en plaindre.
Le soir, je la voyais régulièrement au téléphone, chuchoter avec sa sœur ou ses copines, échangeant ce que l’on appelle des secrets de femme… encore un truc qui nous échappe à nous les hommes.
Depuis qu’elle me l’avait annoncé, j’imaginais déjà ma tendre moitié devenir grosse comme une baleine, pas possible ! Je préférais chasser ses idées noires. Elle en était bientôt à 2 mois et je ne voyais toujours aucun changement, elle avait juste pris une taille de soutien-gorge, ça, c’était tout bénef !
Dimanche, nous sommes allés déjeuner chez ses parents, pour leur annoncer la bonne nouvelle. En trinquant, Corinne a pris son air le plus sérieux, en désignant son ventre, elle a levé son verre. Sa mère a accueilli l’information par une remarque très maternelle :
Mon beau-père me donna une grande tape dans le dos, solidarité masculine :
J’ai fait le fier pour ne pas le décevoir, mais je ne voyais pas en quoi c’était un tel exploit, j’avais tiré mon coup comme d’habitude, sans viser. Cette fois, un de mes petits soldats ne s’était pas perdu.
Quelques mois plus tard, Corinne est arrivée tout excitée, sortant un dossier de son sac. Aïe ! qu’allait-elle encore m’annoncer ? Depuis quelque temps, je me méfiais de ses excès d’enthousiasme :
Comme, je pense, la plupart des mecs, j’étais attendri jusqu’à ce qu’elle me montre sa première échographie, des taches en noir et blanc, même pas en couleur, sans aucune forme. En regardant bien, je distinguais une sorte de petit rat écorché, rien pour réveiller ma fibre paternelle. Comment savoir si c’était une fille ou un garçon, on n’y voyait rien… ben, justement puisqu’on n’y voyait rien !
Corinne semblait si heureuse. Je me suis juste permis une remarque :
Elle a apprécié moyennement.
Sa libido toujours au top, elle a écourté notre soirée télé. Ses hormones explosaient. Elle a commencé par me dévorer le sexe d’une bouche gourmande, et je me retrouvais derrière elle, allongés l’un contre l’autre à la pistonner tout en lui caressant les seins qui avaient pris encore un peu de volume.
Comme tous les soirs, une fois rassasiée, elle s’endormit comme une masse. En la regardant, le visage éclairé par un rayon de lune qui passait à travers nos volets, j’ai repensé à nos ébats, imaginant ma fille qui a vu arriver un gros machin rouge. Qu’en a-t-elle pensé ? S’est-elle dit « Oh, la bonne aubaine ! » et a-t-elle été tentée de me faire une pipe…
Stop ! La charte veille, et là c’est limite… oublions.
Le temps passait. Plus nous faisions l’amour, plus je la trouvais belle. Chaque jour, un peu plus que la veille. Quant au sixième ou septième mois, suite à une remarque :
Je me suis rendu compte que son tour de taille avait augmenté, et pas qu’un peu ! Elle n’en était que plus belle.
Plus son ventre grossissait, plus elle était désirable. Vous me direz, l’amour rend aveugle, non non, c’était vrai. Elle n’en était que plus sexy.
Je lui caressais doucement le ventre sans appuyer, pour ne pas faire de mal à bébé, sentant parfois sa tête ou son pied. Alors que Corinne devait se dire « quand va-t-il passer à l’essentiel ? Maman qui attend le câlin ».
Enfin, le grand jour est arrivé. J’ai voulu assister à l’accouchement. Corinne était ravie, il a fallu qu’elle le dise à toutes ses copines. Je me demandais si elles trouvaient ça super, ou si elles me prenaient pour un vicieux pervers.
J’avais même assisté à sa préparation avec d’autres femmes aussi grosses qu’elle. Nous étions prêts, enfin elle était prête, moi je stressais un max.
Pas de suspense, tout s’est bien passé.
Sans entrer dans les détails, ainsi jambes écartées, le côté sexy de la chose m’échappait. J’étais attentif, en épongeant la tête de Corinne qui pour la troisième fois venait de respirer comme un petit chien sur les ordres de la sage-femme qui s’est écriée :
Voyant la tête dépasser, j’ai arrêté de respirer, et flop, tout est passé d’un coup. La sage-femme tenait bébé par les pieds, la tête en bas, une tape sur les fesses, il a poussé un cri, son premier cri. C’était beau, dommage, je n’ai même pas pensé l’enregistrer.
Ce n’était pas le petit rat vu sur sa première photo, mais un truc tout rouge et gluant. La sage-femme la triturait dans tous les sens, ses mains l’essuyaient, l’enveloppaient dans une belle serviette qui sentait bon.
Attention ! Ne lui faites pas mal. La gorge nouée, je ne quittais pas bébé des yeux, c’était ma fille… MA FILLE… C’est moi qui… Comment un simple spermatozoïde avait pu se transformer ainsi… ? Good job, mec.
Corinne souriait en reprenant sa respiration, j’ai déposé mes lèvres sur son front en sueur, en tournant la tête pour qu’elle ne voie pas les larmes qui perlaient sur mes joues. Merci ma chérie… je t’aime encore plus…
Nous avons été rappelés à l’ordre par l’infirmière qui d’une voix forte nous a demandé :
J’ai laissé Corinne se reposer avec Élise posée sur la poitrine, et suis descendu à la cafétéria de la clinique, j’en avais bien besoin.
Regardant autour de moi, je n’étais pas le seul à avoir les yeux rouges, un café à la main.
---oOo---
En rentrant de la clinique, je pensais qu’Élise allait continuer à jouer avec les biberons de papa, illusion. Corinne me la colla dans les bras avec un biberon, un vrai cette fois :
Sous le regard ému de ma douce moitié, j’essayais de me démerder comme je pouvais. Heureusement, Élise était de bonne constitution, et elle avait faim. Sans rien me demander, elle fonça sur la tétine, tout comme moi avec sa mère.
Pourquoi en avalant gloutonnement son lait, me regardait-elle avec ses grands yeux ? Des yeux noirs, ronds. Je tournais la tête, mais son regard ne me lâchait pas. J’en étais gêné, comme un ado au milieu d’un groupe de filles.
Le biberon terminé, Élise avait l’air apaisée, heureuse, elle fit un superbe rôt, toujours avec ses grands yeux fixés sur moi… Sans prévenir, elle me renvoya le surplus sur ma chemise, et d’un coup un sourire illumina son petit visage. À qui souriait-elle ?
Je ne bougeais plus. Elle ferma les yeux, sans quitter son grand sourire. Sa mère arriva, pour me la prendre des bras :
Sous le regard inquiet de Corinne, me souvenant des gestes vus à la clinique, j’ai réussi à lui laver les fesses et à changer sa couche. Pas génial, enfin, ça tenait pas trop mal pour une première.
Corinne me regardait, attendrie.
Il a fallu attendre deux mois avant de pouvoir reprendre nos activités passées. À chaque fois, j’imaginais mes 300 millions de vaillants petits soldats arrêtés par les armes chimiques déployées par ma tendre épouse. Nous n’étions pas pressés de donner un petit frère à Élise.
Les mois qui suivirent, Corinne reprit ses séances régulières de gym pour retrouver sa taille de guêpe. Rapidement, sa poitrine reprit son volume d’avant, dommage ! Parfois, j’en arrivais à regretter son ventre arrondi, tellement sexy. Mais elle était encore plus belle qu’avant, belle comme ma fille. J’étais le plus heureux des hommes entre mes deux femmes.
Élise venait d’avoir 8 mois, peut-être un peu plus, elle babillait quand je lui donnais le biberon du soir, me regardant toujours de ses grands yeux qui avaient changé de couleur. Après avoir fait son rôt quotidien, et bavé sur mon bras, elle l’a dit, oui c’est certain, je l’ai bien entendu, c’était clair, net. Elle a dit « Papa » tout en me fixant.
Corinne était en train de préparer le repas dans la cuisine, elle accourut à mon appel croyant qu’un malheur était arrivé. Elle haussa les épaules en souriant quand je lui annonçais, triomphant, la bonne nouvelle :
Seule remarque de Corinne, en retournant à la cuisine :
Je ne l’écoutais plus, ayant plongé mes yeux dans deux grands yeux ronds qui me fixaient.
Élise, c’est Ma fille, Ma princesse. Gare à celui qui oserait lui faire du mal !