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Temps de lecture estimé : 23 mn
08/12/22
Résumé:  Mathilde constate que son mari est absent lorsqu’elle revient de ses vacances. Honteuse, elle espère que Paul ne sache rien de son dérapage, et s’il l’apprend, qu’il lui pardonnera.
Critères:  extracon voisins vacances mélo -extraconj
Auteur : Bichou      Envoi mini-message

Série : Plaisir des hauteurs

Chapitre 04 / 04
La chute

Résumé des épisodes précédents :

En vacances à la montagne sans leurs maris, Mathilde et Lucie ont une liaison adultérine avec leurs voisins. Paul, le mari de Mathilde les surprend en pleine action.




Mathilde


Je me réveille péniblement. Il fait sombre.

Je me souviens.

Les vacances, le chalet, mon amant.

Je comprends que mon mari est parti, mon homme, celui que j’aime, mon âme sœur.

Où est-il ? Que fait-il ?

Contactée, sa secrétaire me serine toujours le même refrain : en mission sans possibilité de contact. Je sais qu’elle ment, alors j’appelle Charles qui confirme la version de la secrétaire. Conclusion : soit il n’est au courant de rien, soit il couvre. Dans les deux cas, je suis toujours dans l’expectative.

Je tente alors de le contacter dix fois plutôt qu’une, chaque fois je n’ai que son répondeur. Je laisse des messages, de plus en plus suppliants. Le dernier :


Chéri, rappelle-moi. Je suis folle d’angoisse. Je t’aime !


Pas de réponse. Pas d’appel malgré mes supplications. Tour à tour, l’angoisse, la peur d’avoir tout perdu, le sentiment de culpabilité me traversent l’esprit.


Les jours suivants sont dantesques : tout juste si je bois un peu d’eau. Tous les jours, je tente le contact mais je me heurte à un mur de silence.

Je ne peux donc que l’attendre.



Samedi, une semaine que je suis revenue. La porte d’entrée s’ouvre. C’est Paul, mon cœur fait un bond. Enfin. Je me précipite vers lui. Je veux l’embrasser, le serrer contre moi, l’étreindre, mais il est d’une froideur à vous transformer en glaçon.



Les larmes commencent à couler.



Tout à coup, Mathilde se rend compte :



Paul lui raconte alors tout : ses doutes, son arrivée alors qu’ils partaient au restaurant, la boîte de nuit, le retour au chalet. Son regard est dur.



Le silence s’installe, seulement entrecoupé de sanglots et de reniflements.



De retour chez Claire, je me sens soulagé, le poids sur mes épaules a disparu. Dans ma tête, la situation est éclaircie.

Claire est contente pour moi et m’étreint chaleureusement alors que son mari, très mâle, me gratifie d’une bourrade dans le dos, très condescendant.



ooooOOOoooo



Paul n’a rien voulu entendre malgré mes supplications.

Je n’ai à m’en prendre qu’à moi-même. Je n’ai plus revu Lucie ni même entendu au téléphone. Elle n’est sans doute pas très fière. Je lui en veux de m’avoir poussé dans ce trou mais c’est bien moi qui ai finalement accepté. Moi non plus je n’ai pas essayé de la contacter, mais au final, je suis la seule à payer.

Voilà. Je suis seule. Je n’ai pas refait ma vie, aucun homme que j’ai côtoyé depuis ce divorce ne m’a fait chavirer le cœur. J’ai évidemment des besoins que j’assouvis soit avec un amant de passage, soit au moyen de jouets appropriés. Mais ma vie reste un désert sentimental.

J’ai laissé échapper mon âme sœur, mon amour, mon homme. Je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même. Quel gâchis !



ooooOOOoooo



Mon histoire se terminait. Ne voulant pas quitter Mathilde et Paul trop vite, j’ai demandé à Patrick Paris d’écrire une suite à sa façon.


Il a accepté avec enthousiasme. Je lui ai laissé carte blanche.

Certains diront que la vengeance est un vilain défaut. Il est certain que ça n’arrange rien. Personne n’est parfait.


Je vous propose son texte ci-dessous.





Plaisirs des hauteurs… La suite de Patrick Paris.




Mathilde


Dans quelques minutes, le divorce sera prononcé, 17 ans de notre vie effacés d’un trait.


Paul est là en face de moi dans cette salle d’attente un peu sordide. Il a l’air vraiment déterminé, il ne m’a toujours pas pardonné.

Notre fille est assise à côté de lui, les yeux baissés pour ne pas me regarder. Elle ne m’a même pas dit bonjour, elle s’est détournée quand j’ai voulu l’embrasser, j’ai tous les torts.


Comment en vouloir à Paul… il m’a vue avec cet homme. Et ces photos, j’en rougis encore. J’ai honte, honte d’avoir joui comme ça, honte d’avoir oublié mon mari, ma famille. Comment ai-je pu me laisser aller à ce point, je ne me reconnais pas ? Moi non plus je ne pourrais jamais me pardonner.


Depuis deux ans, je me dis que j’aurais dû être plus ferme avec Lucie, j’ai été faible. Enfin, elle ne l’a pas emporté au paradis. J’ai presque des remords pour ce que je lui ai fait, mais elle le méritait.


Comment en être arrivée là, tout perdre pour une nuit, enfin deux nuits de cul, je ne dirais même pas d’amour, ni de bonheur, c’était du cul pour du cul.


Maintenant, Paul me manque, sa présence, sa tendresse me manquent. Je ne l’ai jamais remplacé. Il y a six mois, je suis allée au cinéma en fin d’après-midi, mon voisin a entamé la conversation, on a sympathisé, on a bu un verre à la sortie, et je me suis retrouvée dans son lit, nue. J’en avais envie, l’abstinence me pesait, juste un coup du soir.


Il était gentil. Comment s’appelait-il déjà ? Francis, oui c’est ça. Il m’a caressée, m’a sucé les seins, je l’ai pris dans ma bouche avec plaisir. On s’est longuement embrassé avant qu’il ne me pénètre. Je fermais les yeux, c’était bon. Je l’ai poussé sur le dos, le sexe bien raide, pour m’empaler sur lui à califourchon. Il me regardait, j’avais envie qu’il me voie jouir. Je bombais les seins qu’il malaxait avec entrain. La tête rejetée en arrière, j’essayais de reprendre mon souffle, la bouche grande ouverte. À ce moment, j’ai légèrement tourné la tête, je me suis vue dans le miroir de son armoire. L’image qu’elle me renvoyait me glaça le sang, j’ai cru voir la photo prise par Paul. C’est comme ça qu’il m’a vu. La honte m’a envahi. J’ai eu envie de fuir. En fermant les yeux, je me suis affalée sur mon amant d’un soir. Je l’ai senti se répandre en moi. Contente que ça se termine, sans avoir joui, je me suis levée rapidement et me suis enfuie sous les yeux incrédules de Francis qui n’a rien compris. Comment lui dire ?

Pourrais-je un jour retrouver une vie normale ?


Mes pensées sont interrompues par le greffier qui nous appelle.



---oOo---



Paul


Dans quelques minutes, le divorce sera prononcé, 17 ans de notre vie effacés d’un trait.


Mathilde est là, je ne veux pas la regarder, j’ai toujours la même rancœur contre elle. L’avoir vue avec cet homme, je ne pourrais jamais oublier. Depuis combien de temps me trompe-t-elle ? Elle n’a pas voulu l’avouer, mais je suis certain que c’était son amant. Jamais elle n’aurait pu avec un inconnu, je la connais tout de même, pourquoi n’a-t-elle pas voulu le reconnaître ?


Nos enfants aussi sont là, leur sort va se jouer, il est lié aux nôtres. Ma fille à côté de moi regarde par terre, notre fils boude sur une chaise un peu plus loin.


Il a fallu expliquer aux enfants les raisons de notre séparation. Sans donner de détail, cette histoire est une histoire d’adulte. Notre fils était trop jeune, mais notre fille a vite compris que sa mère était fautive. La réunion a été douloureuse et terriblement éprouvante. Notre fille n’a rien dit, elle est partie dans sa chambre sans un mot.


Le lendemain, en prenant notre café dans la cuisine, elle s’est plantée devant nous et a déclaré très vite sans regarder sa mère :



C’est plus le ton, sa façon de parler de sa mère à la troisième personne qui a vraiment blessé Mathilde.


Que pouvais-je faire ? Je n’allais pas l’abandonner. J’ai eu beau lui expliquer que sa mère resterait toujours sa mère, que cela ne la concernait pas, elle n’a rien voulu savoir. Dès que j’ai trouvé un appartement, elle est venue vivre avec moi, nous avons déménagé sa chambre.


Notre fils, plus jeune, est resté avec sa mère. Mais il s’est refermé, il n’a pas compris pourquoi sa sœur s’en allait.


Est-ce pour ma fille ou parce qu’au fond de moi j’ai toujours des sentiments pour Mathilde, je ne sais pas, mais je n’ai pas envie de refaire ma vie avec une autre.


Mes pensées sont interrompues par le greffier qui nous appelle.



---oOo---



Comment Paul et Mathilde en sont arrivés à se retrouver dans le bureau du Juge des Affaires Familiales après 17 années d’un bonheur sans failles et deux beaux enfants ?


Mathilde n’avait jamais trompé Paul… mais la chair est faible. En rentrant chez eux, Mathilde espère oublier cette aventure qu’elle regrette. Mais elle trouve sur la table une enveloppe contenant des photos d’elle avec son amant. Paul est parti, il a quitté leur foyer.


Une semaine passe, la porte d’entrée s’ouvre enfin. C’est Paul, le cœur de Mathilde fait un bond.


Après quelques mots d’explication, le silence s’installe, seulement entrecoupé par les sanglots et les reniflements de Mathilde. Paul n’est pas décidé à pardonner.


Soudain, Mathilde semble sortir de sa léthargie :



Mathilde ne sait plus quoi dire, elle a honte. Ainsi, Paul avait tout compris. Le matin, elle avait cru pouvoir faire illusion, mais sa voix l’a trahie.



Mathilde baisse les yeux, honteuse. Comment a-t-elle pu ?



Quelques jours plus tard, malgré les supplications de Mathilde qui espère encore que tout peut s’arranger, Paul quitte définitivement leur domicile, pour emménager dans un petit appartement avec sa fille.


Il contacte un avocat qui envoie à Mathilde le courrier tant redouté.



---oOo---



Mathilde


Je n’ai pas de nouvelles de Lucie depuis notre retour. Il faut que je l’informe de ce qui m’arrive, et surtout lui dire tout ce que j’ai sur le cœur.


C’est son mari Gérard qui décroche :



Ouf ! Je respire. Paul est un gentleman, il n’a pas montré les photos de ma déchéance ni parlé de la trahison de Lucie.



Je raccroche en colère. Non contente de m’avoir entraînée dans cette galère, voilà que maintenant tout est de ma faute. Lucie, quelle salope ! À cause d’elle Gérard me prend pour une pute, et il veut en profiter.


Deux jours après, Lucie m’appelle. Elle ne se rend pas compte de la merde dans laquelle elle m’a mise. Je la trouve bien désinvolte :



Le ton ne me plaît pas, et en plus elle se fout de moi.


Je lui en veux toujours de m’avoir poussée à commettre l’irréparable. Bien sûr, j’aurais pu dire non. Paul m’a toujours comblé, je ne voulais pas le tromper. Mais une fois partie, les hormones commandent, j’ai perdu la tête. Ces vacances auraient dû n’être qu’une parenthèse dans ma vie de femme parfaite. En rentrant, tout devait redevenir comme avant.


J’ai été étonnée quand Lucie m’a parlé de ses amants, j’avais du mal à y croire, elle semblait si heureuse avec son mari. Quand elle a invité ces jeunes, je n’imaginais même pas pourquoi elle les avait invités. Quand j’ai compris qu’elle ne plaisantait pas, pourquoi n’ai-je pas réagi ? Je ne suis pas comme elle. J’aurais dû être plus ferme dès le début, après, c’était trop tard.


Déjà, le premier soir, j’ai oublié mon chéri, ce n’était pas normal, j’aurais dû l’appeler en arrivant. Et le matin, j’étais tellement troublée de lui téléphoner nue devant celui avec qui je venais de passer la nuit… Je croyais avoir donné le change. Quelle gourde ! Paul a bien senti que quelque chose clochait, sinon il n’aurait pas décidé de venir me rejoindre, sans me le dire. Dire que je me croyais forte. À ce moment-là, j’étais certaine que c’était fini, que jamais plus je ne le tromperais, juste une nuit, une nuit de trop, mais pas plus.


Pourquoi avoir accepté cette soirée ? Bien sûr, c’est ma faute, je me suis conduite comme la dernière des dernières, je ne me reconnais pas.

Si tu m’aimes Paul, autant que je t’aime, pardonne-moi.



--oOo---



Mathilde a du mal à accepter d’être la seule à pâtir de ce qu’elle considère comme une trahison de la part de celle qui se disait son amie. Des idées tournent dans sa tête, elle n’en dort plus la nuit, hantée par ce qui lui arrive. Elle n’a jamais voulu tromper son mari, elle s’est laissé entraîner par Lucie, et maintenant tout se retourne contre elle.


Gérard a pardonné à sa femme, c’est injuste. La vengeance est un vilain défaut, mais l’idée s’infiltre en elle sournoisement, d’autant que Paul est intraitable, il veut la quitter, il ne répond plus à ses messages. Elle sait qu’elle va devoir consulter un avocat, à cause de Lucie, source de tous ses ennuis.


Lucie a menti à son mari, mettant tout sur le dos de Mathilde, ce gros benêt la croit. En plus, il la prend pour une salope et ne serait pas contre un petit 5 à 7 avec elle. Ça, Mathilde ne peut le supporter. La colère l’envahit chaque fois qu’elle y pense.


Mais, quoi faire ?


C’est le hasard qui va répondre à sa question. Comme toujours, le hasard fait bien les choses. Alors qu’elle en avait pris son parti et ne voulait plus avoir de relation, ni avec Lucie ni avec Gérard, elle reçoit un SMS qui la laisse perplexe. Alain, son amant d’un soir, enfin de deux nuits, celui avec qui elle s’est déshonorée, celui que son mari a failli rendre impuissant par un coup de pied bien placé, Alain donne justement de ses nouvelles. Il va mieux et aimerait la revoir, il a un bon souvenir de leur rencontre.


Il est vrai qu’Alain ne sait pas que son agresseur est son mari ni qu’il a demandé le divorce. Mathilde ne lui en veut pas, ce n’est pas lui le responsable. Mais pas question de recommencer la même connerie.


Comment va-t-il ? Elle compose son numéro, cela n’engage à rien :



Mathilde évite de lui raconter la visite nocturne de son mari.



« Nous y voilà », pense Mathilde. Elle ne veut pas le vexer, autant lui dire non gentiment :



Une fois raccroché, Mathilde sourit, contente du bon souvenir qu’elle a laissé à Alain. Il veut la revoir… Pas question, elle aurait l’impression de tromper Paul une nouvelle fois.


Le soir, seule devant sa télé, son esprit vagabonde. Elle repense à sa conversation avec Alain. Elle se caresse en se rappelant la soirée avec lui… Et Lucie… cette salope qui l’a entraînée… Et si… sans trop savoir comment, une idée lui passe par la tête, et si… elle a failli sauter de joie en criant « Euréka » … Non, quand même pas… Ce serait dégueulasse… Mais pourquoi pas ?


La nuit lui permet de mettre ses idées en place. Au petit matin, en se réveillant, Mathilde a un plan bien arrêté… en buvant son café, elle est plus décidée que jamais.


Lucie va payer… Surtout pas de précipitation… Bien faire attention.


Par qui commencer ? Honneur à la victime. Mathilde prend sa voix la plus suave :



Pas besoin de longs discours, Lucie n’a pas hésité très longtemps. Mathilde se frotte les mains, premier acte joué.


Dans la foulée, elle appelle Gérard, tout aussi surpris que sa femme. Petit baratin, elle est bien seule depuis que Paul l’a quittée, elle a besoin d’une épaule qui la comprenne… il faudra être discret et patati et patata… Trop content, Gérard oublie de réfléchir. Rendez-vous est pris jeudi prochain en fin d’après-midi :



Il comprend et la laisse organiser ce qu’il espère être la réalisation de son fantasme.


Maintenant, réserver un hôtel. L’hôtel du centre qui comme son nom ne l’indique pas est à la sortie de la ville, dans un grand parc à l’abri des regards.

Une grande chambre pour l’après-midi sous un nom d’emprunt. Sans oublier la bouteille de champagne, profitons-en, c’est Richard et Alain qui régalent.


Reste à les prévenir. Mathilde envoie un SMS mystérieux :


Toujours d’accord ? Tous les 4 ?


Le retour ne se fait pas attendre :



  • —   Magnifique ! Lucie est partante ?
  • —  Tu en doutais ? Elle a hâte de retrouver Richard, il lui a fait grosse impression… et de te connaître.


Pas de message en retour mais la sonnerie de son téléphone. Alain appelle :



Le jeudi suivant, tout est en place, Mathilde a envoyé à chacun le lieu et l’heure du rendez-vous. Elle propose à Lucie d’y aller séparément, pour plus de discrétion.


Dernière vérification, un coup de fil à Alain, les deux hommes sont au bar de l’hôtel.



Mathilde arrive la première, cache son véhicule. Un appel à l’hôtel pour confirmer la chambre, elle apprend que deux hommes les y attendent.


Très excitée, et un peu honteuse, elle voit arriver Lucie qui se précipite dans le hall de l’hôtel. Au bout de cinq minutes, elle la contacte :



Mathilde pense que Gérard doit être en route, dernier SMS pour lui confirmer le numéro de la chambre, avec une précision « Viens me rejoindre directement, soit discret ».


Le piège est tendu. Mathilde a des doutes, elle n’est plus très sûre d’elle. N’est-elle pas en train de faire une grosse connerie ? Impossible de reculer, les dés sont jetés. Cette fois, Lucie ne pourra pas s’en sortir.


Cachée dans sa voiture, Mathilde voit Gérard se garer et s’engouffrer tout guilleret dans l’hôtel. Il va directement à la chambre, sans passer par l’accueil comme Mathilde le lui a conseillé.


Juste un petit coup discret sur la porte « me voilà, ma chérie », « Surprise ! ». Il s’arrête net, la surprise est pour lui. Devant lui, sa femme, Lucie nue à quatre pattes sur le lit, en train de sucer la bite de Richard, tandis qu’Alain la besogne en levrette. Surprise aussi pour Lucie, loin de s’attendre de l’arrivée de son mari. Les yeux exorbités, elle ouvre la bouche sans pouvoir pousser le moindre cri de stupeur, laissant tomber la bite de son amant.

Difficile de retranscrire ici les mots lancés de part et d’autre, les murs s’en souviendront longtemps.


Toujours est-il que quelques minutes plus tard, de sa cachette, Mathilde voit ressortir Gérard qui hurle en traînant Lucie qui n’a pas fini de se rhabiller. Mathilde se tasse sur son siège, en espérant tenir secret son rôle dans ce drame digne d’un vaudeville.


C’est à ce moment qu’Alain et Richard sortent de l’hôtel en trombe pour regagner leur véhicule sans vraiment comprendre ce qui leur arrive. Mathilde soupire, ils s’en sortent bien cette fois, elle ne leur voulait aucun mal.


Voulant sauver les apparences, Mathilde envoie un SMS hypocrite à Lucie :


Que se passe-t-il ma chérie ? Tu es où ? En arrivant, J’ai vu nos amis sauter dans leur voiture. Que leur as-tu fait ?


La réponse arrive rapidement :


Je ne comprends pas, je te rappellerais, Gérard a débarqué au mauvais moment.


Rentrée chez elle, Mathilde ne répond pas aux SMS de Gérard qui lui demande une explication, doutant de son innocence. Ne voulant pas se trouver en mauvaise posture, il ne parlera jamais à personne de ce rendez-vous manqué.


Quelques jours plus tard, Lucie confirme à son « amie » Mathilde que sa situation n’a rien à envier à la sienne. Gérard est maintenant beaucoup moins compréhensif, il a compris que sa femme lui ment depuis longtemps. Il a fait sa valise.


La justice est lente, même dans les cas les plus simples. Paul et Mathilde vont attendre presque deux années pour recevoir la convocation du juge mettant fin à leur couple. Lucie espère recevoir des nouvelles de son avocat, Gérard ayant tout fait pour faire durer la procédure, rejetant la faute sur sa femme.



---oOo---



Pas besoin de se déchirer. Paul n’a rien reproché à Mathilde, il accepte une séparation à l’amiable, par consentement mutuel. Le juge accepte la demande de leur fille de vivre avec son père. Pas de longs discours, les avocats ne font que de la figuration.


C’est tellement rapide d’effacer 17 années de bonheur.


Dans le hall du tribunal, Mathilde a les yeux rouges quand tenant son fils par la main, elle vient dire au revoir à son mari qui essaie de consoler sa fille en pleurs dans ses bras.


En montant dans sa voiture, Paul regarde Mathilde, leurs yeux se croisent. Regrette-t-il sa décision ?


Chacun part refaire sa vie de son côté.


Mathilde se sent bien seule, sa fille ne veut plus la voir. Elle ne peut même pas en vouloir à Paul, ni à lui ni à sa fille, c’est elle qui a détruit leur famille.

Aucun homme ne peut remplacer son amour de jeunesse. Tous les jours, elle regrette celui qu’elle continue d’appeler son mari, tous les jours elle maudit ces quelques jours qui ont détruit leur bonheur, tous les jours elle s’en veut de sa conduite indigne d’elle.

Elle s’occupe avec amour de son fils, seul lien qui lui reste avec Paul. C’est lui qui donne des nouvelles de sa sœur. Elle espère toujours que celle-ci lui pardonnera.


Paul s’occupe de sa fille qu’il élève avec un grand dévouement. L’adolescence est une période difficile, autant pour les enfants qui découvrent la vie, que pour les parents qui ont du mal à les voir grandir. Paul doit faire preuve de beaucoup de patience, quoi qu’elle en dise, une fille a besoin de sa mère.

Il pense toujours à Mathilde avec beaucoup d’affection, et regrette leur bonheur passé. Amour de passage, coup d’un soir, il passe parfois un week-end à deux quand sa fille va chez ses grands-parents. Mais il a du mal à s’engager.


Mathilde et Paul s’aiment toujours, sans oser faire le premier pas. Se retrouveront-ils un jour ?


La vie est ainsi faite, avec ses hauts, avec ses bas. Il en faut tellement peu pour détruire l’équilibre fragile d’un couple. Personne ne sort jamais indemne d’un divorce.