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Temps de lecture estimé : 19 mn
27/10/22
Résumé:  Comme souvent, pointe du Van, j’aime regarder le soleil plonger dans la mer. Une femme blonde qui semble être plus ou moins de mon âge est déjà assise sur les rochers, face à l’Atlantique.
Critères:  fh nonéro nostalgie -rencontre
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
H comme Hilda

Une rencontre sans doute improbable, mais la vie nous réserve souvent d’amusantes surprises. Cette histoire est trèèès soft. Bonne lecture : )



La femme de la Pointe



Comme souvent, pointe du Van, j’aime regarder le soleil plonger dans la mer. Une femme blonde qui semble être plus ou moins de mon âge est déjà assise sur les rochers, face à l’Atlantique. Elle ne semble pas être du coin. Je suis un peu étonné, nous sommes pourtant hors saison, et il y a très peu de touristes à cette époque en Bretagne.


M’approchant de la visiteuse, je la salue :



Je m’assieds à côté d’elle, mais pas trop près. J’ai la curieuse impression de connaître cette personne, bien que rien ne vienne à mon esprit pour le confirmer.



Elle s’interrompt pour me dévisager :



Depuis tout à l’heure, quelque chose me turlupine :



Je farfouille dans mes souvenirs, je vois comme une lumière au lointain, j’essaye de me rapprocher de celle-ci, je sens que ça vient, mais ça reste flou, très flou et confus :



À ces mots, c’est la révélation, le déclic. Je m’exclame :



Ma voisine s’étonne franchement :



Son mignon visage s’éclaire d’un petit sourire :



Elle s’étonne :



S’appuyant en arrière sur ses mains, elle soupire :



J’explique :



Je propose un adjectif :



Je replonge dans mon passé, celui de jeune homme :



Elle pouffe de rire :



Elle se contente de sourire, regardant l’horizon. Le silence s’installe. Je contemple moi aussi le soleil descendre vers la mer, irisant les vagues qui se fracassent sur les rochers.


C’est elle qui rompt le silence :



Elle m’envoie un sourire radieux :



En effet, devant nous, le soleil est en train de plonger dans l’océan, l’illuminant de divers chatoiements et jetant ses derniers rayons dans le ciel qui flamboie. C’est un beau coucher, sans nuage ni pluie. Une belle réussite.


Nous restons immobiles, les yeux fixés vers le grand large. Soudain, Hilda frisonne un peu, ce qui me tire de ma torpeur. Spontanément, je lui propose :



Elle plisse un peu des yeux :



Elle pouffe de rire :



Comme elle était venue à pied et moi aussi, d’un même pas, nous sommes allés dans un petit restaurant que je connais bien, pas très loin de son hôtel. D’ailleurs, je connais tout dans ce petit coin de fin du monde qui se noie dans l’océan.




En chantant



J’invite Hilda dans un restaurant dont je sais que la carte est à la hauteur. Ce soir, je n’ai pas trop envie de rentrer chez moi tout de suite (surtout que personne ne m’attend), autant passer le temps en bonne compagnie. Étant réaliste, je n’escompte pas entraîner mon invitée sous ma couette. Les probabilités sont ultra-faibles, proches de la possibilité qu’une météorite atterrisse soudainement dans mon jardin.


Nous parlons d’un peu de tout pour commencer. J’apprends rapidement qu’elle habite à environ trois cents kilomètres vers l’est, vers Paris. Puis la conversation s’aiguille vers le domaine de la chanson, l’ancien métier d’Hilda. Je fais une suggestion :



Elle lève aussitôt les yeux au plafond :



Elle se met à rire :



C’est alors que je songe à quelque chose que j’ai vu, il y a quelques semaines. J’enchaîne :



Mon invité plisse légèrement des yeux :



Je suspends ma phrase, une idée vient de me venir à l’esprit. Je relance :



De ma petite sacoche, j’extirpe un carnet à spirales et un crayon à mine, puis je dessine. Une fois le croquis terminé, je le tends à ma voisine. Après l’avoir regardé attentivement, Hilda semble réfléchir quelques instants, puis dit :



Souriante, Hilda prend son verre pour le porter à ses lèvres. Je reprends mon petit carnet. C’est alors qu’arrive une seconde idée, un peu plus folle, celle-là :



J’expose mon idée biscornue :



Hilda me regarde avec de grands yeux ronds :



Elle me regarde d’un air faussement peiné :



Je reformule en abrégeant :



Elle réfléchit quelques instants avant de répondre :



Elle me regarde d’un air très étonné :



Égayée, Hilda semble se prendre au jeu :



Il existe toujours une solution à tous les problèmes. Placidement, je réponds :



Elle laisse sa phrase en suspens, rosissant un peu. J’enchaîne, goguenard :



Ah zut, je ne m’y attendais pas. Je me gratte la tête :



Elle esquisse un faible sourire :



J’enchaîne :



Son sourire reste faible. Néanmoins, divertie, elle enchaîne :



Amusé, je confirme :



Suspicieuse, elle me demande :



Elle se met à rire :



Hilda redevient plus rêveuse :



Comme perdue ailleurs, elle soupire :



Elle me sourit :



Cette simple petite phrase me fait très plaisir. Puis nous abordons d’autres sujets.


Après le dessert, je la raccompagne jusqu’à son hôtel. Hilda me communique son numéro de téléphone, j’en fais de même avec elle. Quand nous nous séparons, nous nous faisons chastement la bise. Le lendemain, elle est repartie très tôt, en direction de l’est.




H comme Hilda



Depuis notre rencontre, nous avons conversé plusieurs fois au téléphone, nous en avons profité pour passer au tutoiement. Quelques jours avant qu’elle ne revienne en Bretagne, je lui ai envoyé par email des photos de sa tenue que ma cousine avait finie.



Puis, est arrivé le jour J.


Ma chanteuse préférée est arrivée vers onze heures. Direction essayage de la tenue dans la boutique tenue par la créatrice. Dans ses murmures en allemand, j’ai cru comprendre qu’elle se traitait de folle. Après les salutations d’usage, je remets la robe entre les mains d’Hilda qui s’exclame :



Hilda tourne et retourne la robe. Puis elle dit d’une voix neutre :



Elle s’absente quelques instants, allant se changer dans une cabine que lui désigne Béatrice.


Quelques instants plus tard, Hilda s’avance au milieu de la pièce afin de dévoiler sa tenue rouge, marquée d’un H majuscule blanc qui fait office de décolleté plutôt profond. La barre horizontale du H est au niveau de la ceinture et les deux barres verticales vont des épaules jusqu’au bas de la robe, c’est-à-dire à mi-cuisses.


Allant presque jusqu’au nombril, le décolleté est particulièrement avantageux, dévoilant assez copieusement ses seins qu’elle a fort tentants. De plus, comme le tissu est assez fin, souvent je peux facilement deviner ses tétons à la petite bosse qu’ils font.


Professionnelle, Béatrice fait le tour de sa création :



Un peu intimidée, Hilda me demande :



Nous nous mettons à rire, même ma cousine qui n’a sans doute rien compris, sauf peut-être à chaque fois le dernier mot des deux phrases. Oui, Hilda est très sexy dans cette tenue. Hélas pour moi, elle part se changer, revenant à ses habits de ville.




C comme concert



Comme promis, j’offre une scène digne de ce nom à Hilde. Elle est stupéfaite quand elle la découvre quelques heures avant le début du concert :



Ahurie, elle s’exclame :



En effet, on ne peut pas dire qu’elle ait beaucoup déjeuné. Mais petit à petit, elle arrive à déstresser. Elle m’avoue au passage qu’elle ne pensait pas que je pourrais tenir parole, que c’était une manipulation pour que je puisse la revoir.



Elle se met à rire. Après le déjeuner, nous nous baladons un peu dans l’arrière-pays, j’en profite pour lui raconter comme promis quelques blagues sur les mouettes. Celles-ci sont tellement nulles que ça la fait quand même rire, ce qui la détend.


Hilda est en train d’essuyer ses yeux :



Puis, revenant dans la salle, elle prend ses marques sur la scène, a capella. La voix est toujours là, identique à mes souvenirs. Pourquoi ai-je réussi à mémoriser sa voix depuis tout ce temps ? Mais ce que je viens de voir n’est pas encore tout à fait conforme à mon passé. Je suis actuellement son seul spectateur, mais bientôt, dans deux heures environ, la salle sera remplie.


Quand la courte répétition s’achève, je vais la féliciter :



Flattée et rassurée, elle se contente d’afficher un faible sourire.


Un peu plus tard dans l’après-midi, la salle se remplit petit à petit, un public assez hétéroclite s’installe face à la scène. Derrière le rideau rouge, Hilda regarde dans l’entrebâillure :



Ah ces archétypes qui ont la vie dure ! Je me mets à rire :



Durant ce temps, la bande-son et la régie sont dans les mains de Jean-Paul qui connaît son métier. Il est venu avec deux comparses qui s’occuperont des éclairages. Peut-être aurions-nous dû faire une petite répétition. Hilda et les trois hommes se sont entretenus durant dix minutes. Visiblement, tout est OK pour la suite.


Tandis que la chanteuse est partie dans sa loge pour se changer, un peu inquiet, je demande aux trois hommes de la régie :



Son voisin tapote mon épaule :



Le temps s’écoule, interminablement. En costume, Hilda fait les cent pas. Elle est diablement sexy dans sa tenue avec son grand H blanc, je ne détesterais pas mettre mon nez dans son décolleté. L’heure tourne, nous sommes maintenant à cinq minutes du lever de rideau. Se tordant nerveusement les mains, Hilda respire un grand coup, elle est visiblement assez stressée.



À son grand étonnement, je la capture spontanément dans mes bras, plaquant son corps tout doux contre le mien :



Elle lève le nez vers moi, à la fois agréablement surprise mais assez dubitative :



Bien que captive, Hilda se détend nettement plus :



Je me penche sur elle pour cueillir ses lèvres. Elle se laisse faire, répondant même à mes baisers. J’ai l’impression d’être revenu à mes vingt ans, lorsque je rêvais d’elle lors de mon service militaire. La seule différence est que, maintenant, c’est réel.


Quand nos bouches se séparent, elle me dit, les yeux brillants :



Elle soupire comiquement :



La tenant toujours serrée contre moi, j’affiche un large sourire radieux :



Nous nous embrassons à nouveau. Puis il est temps de nous séparer et qu’elle entre en scène. Je mets une petite tape sur ses fesses tandis qu’elle me tourne le dos :



C’est avec un large sourire et les yeux étincelants qu’elle gambade vers la scène.






Nota : La chanteuse « Hilda » et le titre « Der Kokosnusstanz » n’existent pas, mais sont inspirés d’une chanteuse néerlandaise (Wilma Landkroon, fin 60 début 70) chantant souvent en allemand, ainsi que l’un de ses titres. L’histoire en elle-même est purement imaginaire, mais pas certaines informations.