| n° 21121 | Fiche technique | 47402 caractères | 47402Temps de lecture estimé : 26 mn | 05/09/22 |
| Résumé: C’est (enfin) l’heure des questionnements pour la narratrice, ce qui ne l’empêche pas de se délecter des souvenirs journaliers de son hôtesse ni de se réjouir de ses attentions. | ||||
| Critères: ff fff fplusag gymnastiqu fsoumise fdomine humilié(e) voir exhib odeurs fmast caresses intermast cunnilingu fgode sm donjon fouetfesse piquepince -lesbos -dominatio | ||||
| Auteur : Dyonisia (Rêves et autofictions… souvenirs et confidences…) Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Diotime Chapitre 11 / 15 | Épisode suivant |
Résumé des épisodes précédents :
(1) La narratrice a retrouvé l’héroïne de « Histoire de Colette » qui lui a offert le gîte et le couvert en consentant à lui raconter la suite de sa vie de soumise.
(2-9)
Dès son arrivée chez sa Maîtresse d’élection, Me Ève L*, Colette connaît une succession d’humiliations et de jouissances avant d’être conviée à assister et à participer à de sévères punitions de soumises. Elle persiste cependant dans son désir de s’engager dans un contrat de totale servitude.
En attendant d’être reçue en formation, elle apprend de Clémence, la plus ancienne des soumises d’Ève, la précocité et l’accomplissement de la vocation de domina chez cette dernière, ainsi que la force d’un amour qui conduit à tout accepter de sa maîtresse.
Une visite médicale éprouvante et un test culturel mortifiant rendent Colette admissible au Noviciat et une épreuve particulièrement douloureuse cadenasse son engagement définitif. Quant à la précédente Novice, Aloïse, une vérification poussée de son endurance au fouet confirme brillamment son aptitude au niveau supérieur de Converse.
(10)
Une jeune et charmante réparatrice sauve Colette et son invitée des conséquences réfrigérantes et odorantes d’une panne de chaudière. C’est aussi l’occasion d’une pause dans le récit des souvenirs au profit d’un prosélytisme actif pour le bonheur des protagonistes.
Dans chaque épisode, la narratrice, nommée d’autorité Chantal par son hôtesse, rend compte de l’évolution de ses propres sentiments. Au fil des souvenirs qu’elle recueille et des anecdotes qui émaillent son séjour, elle se sent de plus en plus attirée par Colette, et la découverte de pulsions insoupçonnées l’amène à expérimenter les plaisirs de l’exhibition et des caresses féminines comme de la souffrance
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Il y a trois jours, j’aurais rougi. Ce matin, je ris. Elle m’a encore devinée !
La petite culotte sans prétention qu’elle me tend est rien moins que propre, mais toute l’intimité de notre jeune voyeuse et compagne de lit est rassemblée dans ces quelques centimètres carrés de coton. Colette avait raison, la senteur qui s’en dégage surpasse en érotisme tous les parfums de l’Arabie.
Mais j’ai été une bonne élève de Colette, durant ces derniers jours. J’ai fait de mon mieux pour assimiler ses enseignements théoriques et pratiques. J’ai beaucoup appris sur le plaisir que l’on peut retirer du développement des sens en général, et olfactif en particulier. La sueur des aisselles, libre de tout cosmétique, en dit beaucoup, par exemple, sur la personne qui vous attire. Je réclame aussi le large soutien-gorge sage que portait Anaïs.
Colette ne dit rien tandis que je tâte du nez les auréoles qui ornent le tissu. Elle s’abstient également de commenter mes allers et retours renifleurs du soutien-gorge à la culotte. Les fragrances se sont atténuées avec l’évaporation de la moiteur qui les imprégnait, mais je m’efforce de distinguer, ou peut-être n’est-ce que l’imaginer, ce qu’il reste d’odeur corporelle dans les relents multiples qui persistent encore. J’aurais aimé en conserver le souvenir à défaut de n’avoir pu (su ?) goûter à sa source. Je ne garderai que celui des odeurs sexuelles, plus sauvages et durables.
Mon mari, le pauvre, que vient-il faire là-dedans ? Je réfléchis un instant pour donner une réponse aussi sincère vis-à-vis de Colette que de moi.
Elle ne parle que de sensations physiques, je le comprends, sans invoquer des sentiments, mais je reconnais qu’elle a raison. Ce partage n’est pas si courant. Je l’ai avec mon mari, je l’ai eu avec mon premier amour de jeunesse, et peut-être un ou deux autres après. Je le lui dis, et je lui avoue aussi que d’autres problématiques me préoccupent.
Lui expliquer que j’ai découvert les délices de Sapho, oui, pourquoi pas. Lui raconter mes petites tribulations connexes, ça, j’en suis moins tentée…
Le seul fait de m’imaginer dans cette situation sous son regard me révulse. Colette sourit.
Allons ! Il me faut le reconnaître, l’intérêt qui me portait dans mes longues recherches était dicté par un inconscient malicieux. D’ailleurs, n’ai-je pas très facilement cédé à l’envie de me mettre en situation de soumise ? Et le besoin d’élargir cette expérience ne me titille-t-il pas durement ?
Elle a prononcé ces deux mots d’un ton tranquille, comme à la fois une évidence et une invitation. J’en suis toute ragaillardie. J’ai envie de l’embrasser, je lui saute au cou, je le fais. J’ose même plaisanter.
Il ne lui faut que deux minutes pour revenir du petit salon avec un petit coffret dont elle retire deux sphères moirées reliées par un cordonnet qui se termine en une courte boucle. Je me doute de l’usage spécifique de chaque élément de l’ensemble, mais la taille de la paire active me surprend et me fait tiquer.
Je la détrompe promptement et m’emploie à fourrer l’attirail là où sa destination le conduit. À chaque impulsion donnée aux boules, la vibration des chocs internes se ressent dans mes doigts, heureux présage ! Je bataille un peu pour les enfourner, Colette est ravie de m’aider et mon vagin les avale sans qu’il soit besoin de lubrifiant artificiel.
La première impression est prometteuse. Ma seule réserve est d’ordre esthétique, le bout de ficelle qui apparaît me faisant immanquablement penser à un tampon périodique. L’image équivoque disparaît dans mes profondeurs sous le doigt preste de Colette.
La journée se présente enchanteresse, en effet. Peut-être même trop, si j’en juge par le moindre mouvement qui déclenche une agitation interne. On verra bien ! Pour l’instant, je me concentre sur une nouvelle tranche de vie de mon hôtesse. Les us et coutumes du quotidien dans l’entourage de Madame Ève, en l’occurrence.
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La première semaine avait été difficile. Le poids du cadenas se faisait sentir à chaque fois qu’elle bougeait. Difficile de s’adapter aux contraintes qu’il imposait. S’il arrivait qu’elle l’oubliât, un mouvement inconsidéré lui rappelait sa présence. Une pointe de vive douleur sur l’une ou l’autre nymphe, voire les deux, perçait l’endolorissement latent. Colette geignait parfois de surprise, ce qui entraînait aussitôt un froncement de sourcils réprobateur chez Clémence. Mais, dans l’ensemble, elle supportait sans se plaindre.
Il y avait bien sûr des moments plus désagréables. Les mictions, par exemple, qui étaient scrupuleusement suivies d’une désinfection effectuée par sa gardienne, ramenaient une sensation de brûlure au passage de l’urine et annonçaient un surcroît de souffrance, passager cependant. D’autres circonstances du même ordre, heureusement moins nombreuses, ajoutaient à ces inconvénients une inspection humiliante pour s’assurer de la parfaite propreté de ses fesses. Clémence, toutefois, ne mettait ni mépris ni rudesse dans ses examens ou ses soins. Elle restait neutre, comme s’il se fut agi d’une chose naturelle, et Colette lui en était reconnaissante.
Le bon côté, si l’on peut dire, était l’exemption des exercices physiques pendant la période de cicatrisation. Il était seulement exigé qu’elle assistât le matin aux entraînements des Converses et qu’elle observât leurs affrontements au fouet ou leurs défis aux pinces. Les après-midi avaient d’abord été réservées aux analyses et examens médicaux ordonnés par le docteur lors de ses tests d’admission en Noviciat. Puis, une fois faite l’inscription aux cours par correspondance et reçus les programmes des matières prescrites par le jury de professeurs lors de cette même séance, elles furent consacrées aux premières leçons et aux premiers devoirs. À la vérité, les résultats de ces derniers s’avérèrent fort médiocres ce qui conduisit sa Maîtresse à prendre des dispositions supplémentaires pour garantir des progrès.
Même dispensée d’une éducation physique, Colette dut parallèlement s’initier aux obligations d’une soumise à l’égard de ses supérieures. Les Converses finissaient leur entraînement en sueur et quelques minutes de repos leur était accordées avant la douche. Dès la seconde matinée, Issa lui réclama de venir délasser sa chatte dont Aloïse avait fait une cible privilégiée. Toujours sous la surveillance vigilante de Clémence, Colette obéit de bon gré pour se retrouver à genoux, la tête entre les cuisses de la bénéficiaire et le nez plongé dans un remugle d’odeurs diverses où dominaient un relent acide d’urine et la saveur acre de la transpiration. Son abnégation dévouée obtint cependant un orgasme rapide dont elle ne fut aucunement remerciée.
Au bout de quatre jours, elle avait déjà goûté aux senteurs intimes des trois Converses, ainsi que de Maîtresse Irène venue participer à une session de routine et désireuse d’apprécier par elle-même les capacités de la nouvelle recrue. Colette ne rechignait pas à l’ouvrage, y trouvant un plaisir personnel autant que la fierté de démontrer sa science du gougnottage. Son seul regret était de ne pouvoir satisfaire sa propre libido survoltée par les jouissances distribuées. Cela lui était plus difficilement supportable que de devoir se plier sans réserve aux caprices des unes et des autres.
Elle avait bien tenté de contourner subrepticement l’interdiction de se masturber, mais sa geôlière veillait jalousement au respect de la règle. Toutefois, une nuit ou deux, alors qu’elles étaient couchées côte à côte, Clémence l’avait branlée avec douceur et précision pour la détendre. Elle avait même poussé sa sollicitude jusqu’à nettoyer à coups de langue délicats les traces de cyprine avant l’arrivée toujours possible de Maîtresse Irène pour une inspection matinale.
Aucun mot n’avait été échangé, aucune explication n’avait été donnée, laissant Colette à la fois reconnaissante et songeuse. Peut-être Clémence transgressait-elle les consignes qu’elle était chargée d’appliquer dans le secret espoir d’être découverte et punie. Ou peut-être leur Maîtresse n’était-elle pas dupe de cette désobéissance et la tolérait-elle en feignant de l’ignorer. De fait, les deux hypothèses étaient justes, mais Colette ne le sut que plus tard.
La pleine cicatrisation tardait, cependant, et Ève s’en inquiéta. Le docteur revint un soir au bout d’une dizaine de jours pour examiner les larges petites lèvres de la Novice. Le cadenas fut retiré pour l’occasion. Sur le moment, Colette éprouva un soulagement bienvenu. Les triturations de son intimité qu’elle dut aussitôt subir, au vu et au su de l’ensemble de la maisonnée, le lui firent regretter. Il n’y avait aucune infection, ce qui rassura tout le monde. La cause du retard fut attribuée à l’âge de la patiente ainsi, probablement, qu’aux allers et retours en voiture qu’avaient nécessité la multiplication des rendez-vous médicaux extérieurs. Lors de ceux-ci, Colette ne s’était retrouvée au pire que torse nu, mais les trépidations imposées par le véhicule avaient contrarié la formation de l’induration naturelle des piercings.
La surveillance et les soins, de même que l’exemption d’exercice, furent simplement prorogés d’une semaine. La nuit qui suivit, Clémence la gratifia d’une nouvelle masturbation limitée au clitoris et étendue cette fois à l’anus. Elle recommença la veille de son dernier jour de garde. Colette en retira les deux meilleurs orgasmes depuis son intronisation, sans pour autant se forger une opinion sur les raisons de ces caresses. Elle eut d’ailleurs dans l’intervalle à faire face à d’autres problèmes.
Le courrier avait apporté les corrections des premiers devoirs par correspondance portant sur les bases du Droit et l’introduction à la Psychologie. Les notations étaient sévères et les commentaires encore plus. Pour tout dire, Colette avait traité les sujets en dilettante. Ève régla la question de façon rustique et radicale dès son retour de l’Étude. Elle convoqua l’élève en présence des Sorèles, des Converses et de Clémence dans la salle des présentations et des épreuves, pour lui énoncer le barème des punitions scolaires.
Afin de motiver sur-le-champ son intérêt pour chaque matière, ses notes inférieures à quinze sur vingt seraient sanctionnées de claques sur les fesses, à raison de deux pour quatorze, quatre pour treize, et ainsi de suite. Au-dessous de la moyenne, le compte serait doublé et passerait à quatorze pour neuf sur vingt, dix-huit pour huit, etc. Un zéro entraînerait une prime de dix, soit soixante claques au total. Si des améliorations notables n’intervenaient pas dans le mois suivant, la méthode anglaise serait employée, à savoir le remplacement de la main par la canne.
La mise en application débuta séance tenante. Comme une fillette de la célèbre Comtesse, Colette dut se coucher sur les genoux de sa Maîtresse pour recevoir sa punition, forcément à cul nu vu l’état de nudité imposé aux Novices. Les mains d’Ève s’abattirent soixante-quatre fois, ce qui donne une idée des premières notes reçues. Durant la fessée, outre l’humiliation, la pénitente se préoccupait de l’importance des prochaines, se souvenant parfaitement de son inattention dans les lectures et les rédactions des jours présents et passés. Pour l’avenir, elle n’espérait guère arriver à éviter les punitions et s’estimerait heureuse si elle parvenait à descendre au-dessous de la cote de dix, pour chaque matière évidemment…
Le courrier du lendemain apporta des notes meilleures, l’une d’elles atteignant même la moyenne, en orthographe certes, mais c’était déjà un petit succès. Ce fut cependant une fessée publique à soixante-huit claques, les sujets corrigés étant plus nombreux. La situation se répéta à l’identique, avec des scores en dents de scie, dans les semaines suivantes. La peau des fesses de Colette était donc parfaitement endurcie lorsque sa Maîtresse dut en venir à la canne, autrement plus agressive.
La fin de la convalescence marqua le début effectif de la formation de Novice. Colette avait apprivoisé son cadenas, ou tout au moins s’y était habituée. Sa démarche restait mal assurée, mais on ne lui demandait pas de courir le cent mètres. C’était plutôt au lever que la chose se rappelait à elle : oublier d’écarter les cuisses lui garantissait une traction douloureuse sur les nymphes au saut du lit. Et à six heures du matin, elle n’avait jamais les idées très claires.
Le réveil sonnait donc tôt au Domaine Diotime. Le premier travail de la Novice était de mettre le couvert du petit-déjeuner et de le servir à la Maîtresse et aux Sorèles. Ce n’est qu’ensuite qu’elle avait accès à la salle de bain commune, réservée en priorité aux Converses. À elle de se débrouiller pour faire patienter la nature. Les premiers temps, Colette frôla plusieurs fois la catastrophe durant son service. Celui-ci terminé, elle disposait d’une petite heure pour se préparer et se restaurer, si toutefois l’une ou l’autre de ses supérieures ne faisait pas appel à elle pour une distraction sexuelle. Quoi qu’il en soit, ventre vide ou non, Colette devait se trouver propre et apprêtée à sept heures quarante-cinq précises dans la salle de sport, avec Jenny, Issa et Aloïse.
Maîtresse Irène s’y trouvait déjà, la montre à la main, attendant ses ouailles. Tout retard de plus d’une demi-minute valait un coup de fouet par tranche de dix secondes (la tranche entamée étant due, bien sûr), la Maîtresse le distribuant au gré de sa fantaisie sur le corps de la coupable. Les Converses se présentaient en tenue de sport – c’est-à-dire sans – et pieds nus également, ce qui apportait un semblant d’égalité entre Colette et elles. Deux ou trois fois par semaine, Clémence les accompagnait dans le même appareil. Le samedi, si rien ne s’y opposait, Maîtresse Gwladys les rejoignait avec la Maîtresse qui tirait au sort la direction de la séance avec ses Sorèles. Les perdantes se dénudaient et dans ce cas la Maîtresse redevenait Ève le temps de sa présence. Son anatomie détaillée fut ainsi en peu de mois parfaitement connue de Colette.
L’entraînement commençait par des exercices d’échauffement et d’assouplissement, pratique que Colette avait conservée bien après être sortie du métier. Maîtresse Irène, qui officiait donc la plupart du temps, dirigeait les mouvements dans l’un de ses justaucorps chatoyants évoquant un dompteur de cirque. Image que complétait la longue chambrière dont elle usait pour rectifier d’un coup cinglant et précis les postures incorrectes ou trop indolentes. Issa et Clémence souffraient rarement de ces rappels à l’ordre, Jenny plus souvent. Colette, peu au fait de la gymnastique à l’époque, y fut largement abonnée dans ses débuts.
Il arrivait que Maîtresse Irène éprouvât elle-même le besoin de s’assouplir et de se détendre. Elle répondait alors au premier en exécutant sans son costume les exercices avec ses élèves. Quant au second, il appartenait à la Novice de le satisfaire lors de la pause par une minette revigorante suivie d’un léchage soigneux pour éliminer toute trace de sucs particulièrement sous les aisselles, dans le pli des aines et le sillon culier. Après quoi, Maîtresse Irène pouvait se rhabiller et poursuivre la session sans crainte de souiller son linge.
La seconde étape était plus spécialement destinée à Colette. La séance de présentation et les examens d’entrée en Noviciat avaient mis en évidence la mollesse de ses muscles ainsi que son manque de tonicité et d’endurance. Maîtresse Irène veillait donc à ce qu’elle consacre une à deux heures chaque jour, dimanche compris, dans le travail aux divers agrès propres à renforcer dorsaux, tenseurs, adducteurs et abducteurs ou autres abdominaux. Elle y fatiguait et suait d’abondance, tandis que les autres, même Clémence, n’utilisaient ces appareils que pour s’entretenir.
Ses supérieures ne se privaient pas d’ailleurs de la brocarder pour les flaques de transpiration qu’elle avait abandonnées sur les sièges, voire de lui ordonner de les nettoyer avec sa langue avant de poser leurs fesses dessus. Quelques caresses appuyées de la chambrière sur les siennes avaient vite eu raison de ses premières velléités de refus. Elle se résigna d’abord à ces taquineries sous la contrainte, puis, rapidement, elle prit goût au rituel, d’autant plus volontiers que l’une ou l’autre des Converses lui demandait souvent d’éliminer les traces laissées par son propre fondement lorsqu’elle cédait la place à une compagne.
Maîtresse Irène notait attentivement les progrès de Colette qu’elle n’hésitait pas à encourager d’un claquement de mèche bien placé sur les seins, le ventre, les fesses, les cuisses, ou entre elles… Pendant que la Novice s’évertuait à rattraper une forme physique trop négligée, Aloïse, Jenny et Issa se succédaient sur tel ou tel agrès disponible. Les deux qui ne travaillaient pas en profitaient pour se défier à des jeux d’endurance. Cette saine émulation favorisait, selon la méthode Diotime, l’appropriation de la formation.
Le phénomène de la mode dominait, comme partout. Elle était aux pinces à l’arrivée de Colette. Un présentoir de la salle de sport en exposait une abondante collection, de la banale pince à linge en bois jusqu’à une paire de fortes serres dotées de ressorts impressionnants. Leurs mâchoires métalliques, quoique doublées de caoutchouc, avaient de quoi en dissuader l’expérience. Pourtant, Maîtresse Roxane, l’amie domina Belge de la Maîtresse qui les avait offertes, affirmait qu’elle en utilisait parfois de semblables dans son donjon de la banlieue de Bruxelles.
Outre ces spécimens réservés à des soumis et soumises exceptionnellement endurants, on trouvait tout un assortiment de petites et grandes pinces à dessin, des pinces à cheveux de diverses tailles aux dents pointues, ou de fines pinces crocodiles spécifiques des circuits électriques, pour donner quelques exemples d’usage ordinaire. La règle commune voulait que chacune s’astreigne spontanément à supporter de façon régulière chacun des modèles courants, et au moins une fois par semestre l’une des pinces spéciales durant quelques secondes. L’endroit de sa pose, poitrine ou sexe, relevait du choix personnel de la volontaire.
À cette collection s’en ajoutait une autre, complémentaire, de poids en acier poli de volumes divers. Les plus légers n’accusaient que cent grammes, les plus lourds atteignaient le demi-kilo. Leur combinaison permettait d’accroître progressivement l’effet des pinces ou d’alourdir leur traction jusqu’au décrochement. Un cintre à jupes apportait une touche ludique. Un filet suspendu au crochet proposait d’amusantes variations aux accessoires classiques.
Les autres instruments traditionnels restaient bien sûr à la disposition des joueuses. Un éventail de cravaches diverses, fouets à lanières simples ou multiples, paddle, badines et cannes s’exposait sur une panoplie fixée au mur. Au-dessous, un jeu de dés attendait dans son plateau posé sur une console. Les lancers avaient pour but, soit de désigner qui prendrait la main, soit de déterminer le matériel à utiliser et la partie du corps où l’appliquer, soit encore de fixer le nombre de pinces ou de coups à supporter par la perdante.
Bref, tout était prévu pour donner un caractère récréatif, par la variété et l’incertitude des possibilités, à une phase essentielle de l’apprentissage à l’autonomie des Converses. (Pour une Novice – Colette l’apprit plus tard – c’était une récompense et un honneur d’être conviée à partager ces jeux.) Une seule restriction leur était imposée : l’usage d’aiguilles ou similaire n’était praticable que par une Maîtresse, ou sous l’autorité de celle-ci.
Après cet intermède, de divertissement pour les unes, de travail éreintant pour l’autre, la troisième étape entrait dans le vif du sujet. Quasiment au sens propre si l’on considérait cela du point de vue de Colette. D’abord obligeamment, mais fermement, maintenue par les Converses, puis seule ensuite, elle devait offrir à Maîtresse Irène l’endroit de son anatomie que cette dernière avait choisi comme cible. Au début, ce fut pour de petites séries cinglantes indifféremment distribuées sur les épaules, le ventre, les reins, les seins, les fesses, le pubis, les cuisses ou la plante des pieds, avec tout l’éventail des instruments précités.
La mise en bouche terminée, Maîtresse Irène passa aux choses sérieuses. Colette s’était suffisamment affermie entre temps pour supporter une succession de plus en plus longue de coups de fouets ou autres outils n’importe où sur son corps. Les zones concernées différaient d’ailleurs chaque jour pour endurcir sans blesser outre mesure. Enfin, le grand moment arriva où sa chatte reçut à son tour les vrais baisers du cuir et du bambou. Puis, ses tétons et ses lèvres connurent également les attouchements acérés des pinces plombées et des aiguilles hypodermiques.
Tout en officiant avec talent et science sur Colette, Maîtresse Irène dirigeait les sévices que s’échangeaient les Converses dans leurs travaux de perfectionnement. Ceux-ci comprenaient différentes alternatives. Par exemple, deux d’entre elles devaient s’affronter à distance dans le maniement du fouet long sous l’arbitrage de la troisième. Ce pouvait au contraire être un corps à corps, à la cravache ou à la palette de cuir souple, liées l’une à l’autre soit par un bras, soit par des chaînettes à pinces aux tétons ou aux lèvres, voire les quatre. Moitié par précaution, moitié pour corser la manœuvre, les coups au-dessus des seins et au-dessous des genoux étaient interdits. Les erreurs, notées par l’arbitre, et si besoin les siennes, donnaient lieu à sanction en fin de séance.
Celle-ci s’achevait par la désignation d’une Converse qui s’exerçait pendant un quart d’heure à la domination sur Colette. Maîtresse Irène la guidait et la conseillait avant de rassembler les stagiaires pour une évaluation à chaud pendant un autre quart d’heure. L’éventuelle punie y participait à cheval sur la poutre triangulaire ou sur la boucle de la chaîne accrochée au plafond. À midi, toutes partaient se doucher au jet dans le jardin, ou exceptionnellement dans la buanderie l’hiver, par temps trop froid, puis chacune sauf la Novice se rhabillait.
Le déjeuner se prenait à douze heures trente dans le réfectoire, salle découverte en invitée par Colette le jour de son intronisation. Depuis, c’est elle qui, quelle que soit sa fatigue, servait le repas préparé par Clémence, ou, lorsque cette dernière avait suivi l’entraînement du matin, faisait le service du buffet froid. Un coin de table lui était octroyé pour se restaurer entre deux prestations. Curieusement, ce n’étaient pas ces obligations qui la gênaient le plus, mais la contrainte du cadenas qui l’empêchait de croiser les cuisses en s’asseyant, habitude héritée d’une jeunesse pudique – (oui, je sais, moi aussi cela m’a étonnée. N.D.L.N.) – qu’elle avait conservée.
Un temps de repos était ensuite accordé à la Novice comme aux Converses jusqu’à quatorze heures trente. Chacune d’elles devait alors être présente à son bureau pour une période de studieux labeur intellectuel. Les quatre heures, quatre heures et demie au maximum, qui lui étaient consacrées suffisaient difficilement à l’assimilation des nombreuses matières proposées et à la rédaction des devoirs scolaires exigés. Colette se trouva souvent à court de temps, obligée de sacrifier une partie de la nuit au rattrapage de son retard. Néanmoins, sa bonne volonté, son assiduité, et les effets bénéfiques de la méthode éducative en vigueur, améliorèrent progressivement la situation.
Reprenant sa fonction officielle de Gouvernante, Madame Irène employait son après-midi à la gestion du Domaine et de la maison. Il était rare qu’elle vînt troubler le travail des élèves. De son côté, Clémence assumait sa tâche de Cuisinière en s’occupant des commandes et en vérifiant les livraisons. Vers dix-neuf heures, la Notaire et sa Collaboratrice revenaient de l’Étude et le nouvel épisode du quotidien commençait par un rapport sur les activités du jour.
Les Converses et la Novice, ainsi qu’à l’occasion Clémence, attendaient dans la grande salle qu’il soit statué sur leurs mérites ou leurs écarts. Lorsque Me. L*, muée en Maîtresse, paraissait, sa tenue indiquait ses intentions. Un peignoir léger ou un kimono négligemment entrouvert annonçait la récompense de la plus méritante qui aurait le bonheur de lui faire oublier les soucis de la journée, et accessoirement de lui épargner une toilette intime.
Le bustier noir, par contre, ne présageait rien de bon pour celle qui, involontairement ou non, s’était défavorablement distinguée. Maîtresse Irène ou Maîtresse Gwladys la désignait et, pendant qu’elle se mettait nue, l’informait du délibéré précisant la faute et la sanction. La punition consistait ordinairement en trente flagellations des fesses, vingt des seins ou dix du sexe, appliquées selon le bon plaisir de la Maîtresse par elle-même, une Sorèle, voire l’une des autres présentes. Cet honneur revint d’ailleurs quelques fois à Colette encore Novice.
Mais pour cette dernière, la réunion de fin d’après-midi annonçait généralement la fessée. Malgré ses efforts, elle tournait à une moyenne journalière de trente claques sur son cul, déjà souvent malmené par l’entraînement du matin. Pour accroître le sentiment d’humiliation, la Maîtresse déléguait volontiers l’exécution à la jeune Aloïse, et celle-ci n’était pas la plus tendre des fesseuses. Au moins Colette avait-elle réussi à ne mériter la canne qu’à quelques reprises, qui l’avaient laissée incapable de s’asseoir sans douleur pendant deux jours.
Néanmoins, ce moment redouté lui réservait parfois d’agréables surprises. Par exemple, lorsqu’était apparue l’arrogante nudité de Gwladys – elle n’avait plus droit au titre de Maîtresse dans cet état – poussée par la Maîtresse et une Maîtresse Irène ricanant pour une correction sévère due à une grossière faute dans son activité professionnelle. Un autre jour, ce fut au tour de la nudité d’Irène d’être livrée à la punition pour une grave erreur dans la comptabilité. Ces petites satisfactions adoucissaient la rigueur de la vie quotidienne.
Les formalités réglementaires accomplies, le dîner était servi en principe autour de vingt heures. Si des obligations punitives le retardaient au-delà du quart d’heure universitaire, la responsable avait tout loisir de réfléchir sur sa culpabilité en chevauchant à cru le chevalet de bois devant son assiette. Quant à Colette, elle s’acquittait de son service de servante dans les mêmes conditions qu’au déjeuner. Les mets étaient toujours bons, variés et équilibrés, sans recherche d’esbroufe de mode, mais de qualité choisie. Une nourriture saine et reconstituante qui n’excluait pas les plaisirs du palais et du gosier. Clémence en était régulièrement félicitée.
Un moment de détente suivait le repas où les échanges prenaient une tournure amicale, voire érotique, éloignant un instant les contraintes hiérarchiques, et se concluaient toujours par les baisers-de-paix chers à Ève, afin de dissiper toute rancœur entre dominantes et soumises. La Maîtresse se retirait ensuite avec la Collaboratrice et la Gouvernante pour traiter des affaires relatives au management de l’exploitation et à l’organisation des prestations BDSM sollicitées ou des réceptions envisagées. Clémence était conviée de loin en loin à ces débats, lorsque les questions en cours réclamaient son expérience et ses avis.
De leur côté, les Converses s’amusaient ensemble, ne dédaignant pas d’inviter la Novice à se prêter à leurs jeux si, d’aventure, celle-ci disposait de sa soirée. Mais la plupart du temps ses nécessités scolaires s’y opposaient, l’obligeant à tenter d’oublier les cris de jouissance des trois jeunes femmes qui perturbaient son attention.
Le vendredi soir, éventuellement le samedi aussi, Colette retrouvait l’ambiance qu’elle avait découvert le jour de sa présentation aux résidentes du Domaine. Les mêmes sujets alimentaient des conversations aussi brillantes, la même cordialité affectueuse présidait aux relations et les convives s’interpellaient toujours chaleureusement par leur prénom, mais c’était maintenant à elle de passer sous la table avec son écuelle et de répondre à la moindre sollicitation d’un pied nu qui s’agitait.
Sa compétence dans l’art du gougnottage avait été vite reconnue, la privant le plus souvent de finir son plat, si encore elle pouvait y goûter. Elle s’en consolait en dégustant à satiété les chattes qui réclamaient sa bouche. En plus, c’était très bon pour la ligne. Il y eut quelques pointes d’envie chez les plus jeunes, et même un début de jalousie. Ève y mit fin dans la gaîté en suscitant des championnats de minettes que Colette ne gagna pas toujours.
La notoriété buccale de la nouvelle Novice se répandit rapidement dans le cercle des amies de Me. L* dont elle devint l’attraction recherchée des réceptions privées, qui se multiplièrent d’ailleurs…
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Ah ça, oui, pour être en forme, je suis en forme ! Depuis des heures, je flirte constamment avec l’orgasme. J’étais trop occupée à écouter et à écrire pour distraire une main à contenter ma chatte. L’envie ne m’en avait pas manqué, pourtant ! À chaque mouvement du bassin, les infernales petites boules semblaient jouer à la pétanque dans mon vagin, m’amenant au bord du maelström pour se calmer aussitôt. La moindre sollicitation du clitoris aurait suffi pour franchir le cap. Au lieu de cela, attentive à suivre sans rien oublier les discours de Colette, je me suis remplie de mouille au point d’en déborder.
D’ailleurs, c’est le cas. En témoigne la belle tache d’humidité qui s’étale sur le coussin quand je me lève – en frissonnant de plaisir, bien sûr – pour enfiler la robe de lin grège que me rapporte mon attentionnée hôtesse. Elle ne manque pas de remarquer ce touchant hommage aux fantasmes dont elle m’a nourri l’esprit et hoche la tête d’un air satisfait en me tendant gilet de laine et manteau de mouton pour finir de me vêtir.
Ma suggestion embarrassée l’étonne un instant, le temps de relancer son amusement.
Je m’assoie donc à cul nu sur un tissu que d’autres lèvres, celles de ses amies, je présume, ont déjà baigné de leurs enchantements. Drôle de sensation en y pensant, je n’ai pourtant rien vu en ouvrant la portière. Qui m’a dit que la cyprine ne tachait pas ? Je ne sais plus. Peu importe ! Mêler la mienne à celles d’autres filles m’emmène un peu plus dans le saphisme.
Se faire une raison sur la communion des chattes est une chose, se faire ballotter de droite à gauche sur une étroite route sinueuse avec des boules de geisha dans la sienne en est une autre… Je me cramponne des deux mains pour garder mon équilibre, je n’empêche pas les lois de la physique d’accomplir leur œuvre. Les petits œufs suivent les forces centrifuges. D’un côté, de l’autre, en avant, en arrière, ça cascade et ça expulse. Je halète et je gémis. Je dois avoir l’air affolé et ahuri. Colette arrête la voiture à l’entrée d’un chemin forestier.
Vrai ? Je l’enlève presque. Si je pouvais, je le ferais ! J’avance mon bassin, j’écarte les cuisses. Mes genoux sont coincés entre la boîte à gants, le levier de vitesse, la poignée de porte, je m’en fiche ! J’ai la moule à l’air, j’y plonge une main. Je me malaxe les seins de l’autre. Oh que c’est bon ! Je me frotte, je me doigte, je me… Ça ne dure pas longtemps. Un étau me serre le ventre, un raz de marée en remonte jusqu’à la gorge, un soleil explose dans mon vagin et dans ma tête, un geyser (enfin, j’imagine) jaillit de ma fente. Je me détends d’un coup, la planche de bord est constellée. J’ai l’impression d’être partie très loin, dans un ciel inconnu.
Une goutte roule sur son genou. Elle la fixe, les yeux grands ouverts, incrédule. Je l’ai surprise. C’est involontaire. Pardon, dis-je, penaude. Elle éclate de rire, j’ai honte. Elle touche la goutte du doigt, le porte à sa bouche. J’ai encore plus honte. Elle tire un grand mouchoir (d’où le sort-elle ?) et m’essuie les cuisses. Je ne sais plus où me mettre. Elle respire le mouchoir mouillé, s’en tamponne les lèvres. Je détourne la tête pour cacher ma confusion.
Je la regarde. Sa mimique me rassure et m’oriente. Ce n’est pas une découverte, ça ne m’est simplement jamais arrivé avant. La multiplication des images et des scènes érotiques, sans doute, et l’effet diabolique du jouet que je berce depuis ce matin. Ça, c’est certain. À moins que la situation de soumise dans laquelle je me complais depuis mon initiation par Colette n’y soit pour beaucoup. Je me demande si je ne devrais pas consulter, en rentrant…
Ben voyons, soyons folles ! Après tout, je suis là pour ça. Ce n’était pas le but quand j’ai quitté ma maison, mais c’est si loin… Et puis, la stupéfaction m’a empêchée de bien ressentir ce qui m’arrivait. En sachant à quoi m’attendre, j’en profiterai certainement mieux !
À suivre