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Temps de lecture estimé : 20 mn
22/08/22
Résumé:  Nombreuses scènes de cul entre sportives bien roulées et athlètes bien montés.
Critères:  fh jeunes grossexe grosseins sport amour -humour -rencontre
Auteur : Moctezuma      Envoi mini-message
Paris 2024

Pour F.







Les enceintes placées le long des quais grésillent :

« Pour la première fois hors du stade, en plein cœur de la Ville Lumière, la plus grande cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques de l’ère moderne ! Dix mille athlètes vont défiler sur plus de cent cinquante embarcations qui vont descendre la Seine, du pont d’Austerlitz à la tour Eiffel : six kilomètres d’un spectacle hors-norme pour les athlètes et les six cent mille spectateurs rassemblés pour les acclamer. Le monde regarde Paris ! Que les Jeux commencent ! »




Lola



Ce soir, toutes les étoiles de l’univers sont alignées. Comme si la planète entière était venue fêter ses dix-huit ans avec elle ! Tout était écrit pour qu’elle soit là, ce soir, avec Brandon. Enfin, avec Sarah, sa copine, mais elle compte pas vraiment.


Brandon, c’est l’amour de sa vie. Depuis trois ans déjà ! Elle n’en revient toujours pas… Un vrai coup de foudre, comme dans les films ! Leur rencontre, Lola s’en souvient comme si c’était hier. Le 4 août son père zappait à la télé. T’imagines qu’en 2021, c’est toujours le papa qui a la télécommande ?! Enfin bref. Et ils sont tombés sur le décathlon aux JO de Tokyo. Le sport qui dure des heures, il faut deux jours pour savoir qui va gagner. Toute sa famille, ces aveugles, n’avait d’yeux que pour Kevin Mayer. Sa sœur le trouvait trop trop beau. C’est vrai quand même qu’il est assez bien foutu. Mais les vieux, c’est pas trop son truc, à Lola. Et l’athlétisme elle s’en fout pas mal, enfin, s’en foutait.


Et là, au moment exact où elle allait discrètement s’éclipser, vers la fin du saut en hauteur, la caméra a fait un travelling incroyable sur ce jeune décathlonien américain qui allait s’élancer. Il était beau comme un dieu ! Si jeune, si musclé… Un éphèbe tout droit venu des jeux antiques. S’il avait pu concourir nu ! Et soudain, alors qu’elle était plantée là au milieu du salon, coupée dans son élan par cette apparition miraculeuse, leurs yeux se rencontrèrent. Le regard de Brandon était comme une flèche qui a transpercé Lola : les papillons dans le ventre, le cœur à mille à l’heure, les mains moites, tout ! Et elle a passé les deux jours à crier pour lui à chaque épreuve. Pour ses premiers jeux, il a fini sixième. Du jamais vu pour un décathlonien de dix-sept ans. Lola savait qu’il était promis à un grand avenir.


Depuis, c’est l’amour fou avec Brandon ! Trois posters dont un dédicacé qu’elle a échangé à un mec chelou sur eBay contre une photo de ses pieds, 238 likes sous ses photos Instagram, dont 151 fois le premier commentaire, 17 messages privés sur Twitter. Lola a suivi toutes ses compétitions sur l’écran 4k du salon. Parfois en piratant un peu parce que les championnats des États-Unis ne sont pas retransmis en France. Dès que Brandon apparaissait, elle faisait une capture d’écran qu’elle stockait sur son ordinateur. Et ensuite, elle passait la soirée dans son lit à zoomer sur les photos de son dieu du stade. Le moindre pixel la faisait frémir : le reflet du soleil dans ses yeux, ses dents blanches, ce maillot qui s’arrête à l’épaule pour souligner le deltoïde saillant. Les zooms sur le short ont été moins concluants… faudra vraiment qu’elle demande à son père d’acheter un écran 8k !


Elle avait même failli le rencontrer « en vrai » (Lola détestait cette expression, parce qu’il n’y avait rien de factice dans leur rencontre) l’année dernière au meeting de Paris. Mais à l’échauffement, il s’était contracté l’ischio-jambier, et avait dû renoncer à concourir. La jeune fille en avait sangloté pendant trois heures. Et le soir, en rentrant chez elle, elle s’était tordu la cheville en tombant dans l’escalator du RER. Si ça veut pas dire qu’ils sont connectés…


Mais ce soir, Lola ne laissera pas passer sa chance. Elle a pris ses jumelles pour le repérer sur le bateau de la délégation américaine. Et elle a mis son plus beau crop-top, celui qui l’a fait renvoyer du lycée, c’est qu’il doit être pas trop mal…



Lola lui arrache son portable des mains. Les yeux hagards, au bord de la crise de nerfs, elle swipe frénétiquement. Son Brandon, il pouvait pas avoir fait ça ! Hélas, au 35e coup de pouce, qu’elle a fort agile, elle tombe sur le profil de B. O’Brien. Torse nu, beau comme un dieu. C’en est trop pour Lola.





Samir



Samir fulmine. Un blog ! On lui a demandé d’écrire un blog ! Qui lit un blog en 2024 ?! Cinq ans d’études de journalisme, un stage au Monde, un autre à l’AFP, des piges pour le New York Times, pour écrire un blog minable sur la vie quotidienne du village olympique. Et il n’y connaît rien, il n’aime même pas le sport ! « On s’en fout, c’est pas de l’analyse technique, il faut juste que ça frétille, que ça croustille. Du people, de l’alcool, du cul quoi, lui avait dit le rédac’ chef. » Du vrai journalisme de qualité… Mais bon, Samir n’a pas le choix, il faut bien financer sa passion pour les fusillis Barilla. Alors, autant essayer de faire correctement son boulot même dans ces conditions déshonorantes.



Sex in the village


Les athlètes olympiques sont des jeunes gens en parfaite santé qui s’entraînent depuis des années avec l’intensité des troupes de combat. Les mois qui précèdent la compétition sont ascétiques, souvent solitaires. Il est déjà dur pour le commun des mortels de rencontrer quelqu’un, alors imaginez le sportif qui s’entraîne nuit et jour… Soudain, les athlètes sont lâchés dans un cocon rempli de corps au sommet de leur forme, où les journalistes indiscrets et les parents surprotecteurs ne sont pas autorisés. C’est comme le premier jour à l’université : des gens nerveux, surexcités.


De nombreux athlètes sont dans la dernière phase de leur préparation appelée le « tapering » : ils réduisent la charge d’entraînement dans les jours qui précèdent leur entrée en compétition, tout en gardant le même régime a plus de huit mille calories par jour. Autant vous dire qu’avec le stress et la testostérone, c’est pire qu’une cocotte-minute. Le village devient une scène assez sauvage, le plus grand melting-pot dans lequel vous ayez jamais été. À mesure que le rideau tombe sur de nouvelles épreuves, l’action s’accélère, et de plus en plus d’athlètes veulent célébrer leur succès ou oublier leur échec dans les bras d’un de leurs semblables.


Lors des Jeux, « 70 à 75 % des Olympiens ont des relations sexuelles », affirme le champion de natation Ryan Lochte, un chiffre probablement largement sous-estimé d’après une source anonyme de l’INSEE. Les histoires sont nombreuses. En 1994, deux membres de l’équipe de bobsleigh allemande ont proposé à la skieuse américaine Carrie Sheinberg d’échanger leur médaille d’or contre des faveurs sexuelles. En 2000, l’intégralité d’une équipe scandinave de relais 4x100 mètres est aperçue dans la chambre d’un tireur américain. À Tokyo, en 2021, plus de 150 000 préservatifs ont été distribués.


Mais la réalité dépasse souvent la légende. Et de ce point de vue, Paris 2024 a tout pour être une édition historique, car les jeux de Tokyo, en pleine crise sanitaire, n’ont pas permis les festivités habituelles.


L’adage dit que ce qui se passe au village olympique reste au village olympique. Mais sur ce blog vous serez aux premières loges de la vie secrète et palpitante des athlètes !




Myriam



Sous le pont d’Austerlitz, la jeune femme relit son ordre de mission :



Nom : Myriam Debailly


Objectif : Déstabilisation de sportifs menaçants des chances de médailles françaises.


Moyens : Aucune limite. Discrétion absolue nécessaire : aucune cible ne peut comprendre qu’elle a été visée par une opération secrète.


Couverture : 6e remplaçante de l’équipe de France de water-polo.


Cibles de rang A : Brandon O’Brien (Décathlon), Valentino Vezzalo (Escrime), Alexandra Terpstra (VTT)


Cibles de rang B : Hitoshi Nomura (Judo), Lena Werth (Équitation), Équipe de rugby à 7 des Fidji



Le briefing du Colonel André Mercaillon lui est resté gravé dans la mémoire :


« Tu vois ma p’tite Myriam, t’es une grenade à fragmentation, on te dégoupille au milieu du village olympique et BOOOM, tout explose ! Le plus de victimes collatérales, le mieux c’est. Mais attention hein, surtout pas de déstabilisation de l’équipe de France. Ils ont suffisamment de pression comme ça… C’est un travail de haute précision, c’est pour ça qu’on t’a choisie.


L’échec est impensable, la patrie compte sur toi. Tu es notre Jeanne d’Arc, notre cheval de Troie. »


Et pris dans sa métaphore, il lui tâtait la croupe – qu’elle avait fort rebondie – comme celle d’une pouliche. Heureusement qu’elle avait mis des tranquillisants dans son café !


« On suit cette affaire en haut lieu. Paraît qu’au Château ils ont beaucoup apprécié ton book photo… »


Soudain il avait baissé la voix.


« Donc, si ça se passe bien, ça sent la promotion. (Sans préciser si c’était pour lui ou pour elle.) ,Mais attention, l’ennemi est tapi dans l’ombre, il rôde partout, dans les délégations étrangères, même parmi les nôtres… »


Et sur ces paroles mystérieuses, il est parti faire la sieste dans son bureau.


Ce soir elle défile donc avec l’équipe de France de water-polo féminin qui, en tant que pays organisateur, participe pour la première fois de sa glorieuse histoire aux jeux Olympiques. Elle a dû s’entraîner un peu à la piscine, boulevard Mortier, pour faire illusion. Mais, au vu des prestations de ses coéquipières, Myriam se demande si elles n’étaient pas aussi des agentes sous couverture. Surtout, se méfier de tout le monde !


Elle réajuste son costume dessiné par Jean-Paul Gaultier pour la cérémonie d’ouverture et sort des petites jumelles infrarouges de son décolleté. Une nageuse aux gros seins, il ne doit pas y en avoir beaucoup, il faudra qu’elle joue de cet atout ! Elle est prête, elle a le sort de ces jeux olympiques entre les mains et l’avenir de la France entre les cuisses.




Benoît



Pendant que la terre entière a les yeux braqués sur la cérémonie d’ouverture, Benoît regarde sur son smartphone Coup de foudre à Nothing Hill. Il est assis dans le couloir d’entrée d’une des résidences d’athlètes au village olympique et profite du calme avant la tempête : bientôt, ce sera le rush et toutes les équipes de sécurité seront en état d’alerte maximale. Il regarde le film sans le son et se charge lui-même des dialogues, qu’il connaît par cœur, et qu’il récite comme une prière à voix basse. Sa carrure imposante occupe la moitié de la largeur du couloir. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : « Fort comme un ours, doux comme un agneau », c’est sa devise qu’il s’est fait tatouer sur la fesse droite.


Car Benoît est un grand sensible, un cœur tendre. Dans sa vie précédente de CRS, il pleurait en matraquant les manifestants. Autant dire qu’il n’a pas fait long feu.

« Tu comprends, gérer les hurlements des blacks blocs ou le sang qui gicle un peu partout on sait faire, on est des pros, mais le gars d’à côté qui sanglote, ça, ça te ravage le cerveau d’un CRS. Encore trois arrêts maladie soi-disant «psychologiques» cette semaine dans la compagnie, c’est vraiment pas possible de te garder. »


La reconversion en agent de sécurité n’a pas été facile. Heureusement, il y a de tels besoins avec les JO qu’il pourra travailler tout l’été. Et la France est chanceuse de disposer d’un agent de sécurité de cette qualité. Car alors qu’il semble complètement absorbé par le sourire de Julia Roberts, il a très bien vu l’ombre discrète qui s’est faufilée par l’entrée et qui s’est cachée derrière le distributeur automatique de boissons chaudes. Et quand elle croit pouvoir se planquer derrière le matériel d’entraînement qu’apporte un coach pour franchir incognito le couloir, Benoît propulse sa main, comme un grizzli devant un saumon, pour l’attraper au vol.


Et voilà qu’il tient à bout de bras une gamine qui bat des jambes comme un papillon et crie comme un cochon qu’on égorge. Après avoir inspecté la bête sous toutes les coutures, il la repose délicatement, lui offre un chocolat chaud et lui fait passer un interrogatoire en règle. Au début, il sent qu’elle lui raconte des salades, mais à force de quelques pichenettes bien senties, elle semble tout de suite plus bavarde, et surtout plus honnête. La jeune fille déballe son histoire : les jeux de Tokyo, la rencontre, le coup de foudre, Brandon. Et Benoît ne peut empêcher les larmes de rouler sur ses joues devant la pureté de ce premier amour qui consume tout entier la jeune fille. Alors il lui sort un plan du village des athlètes et lui prête sa clé pour qu’elle puisse aller faire une surprise à l’heureux élu de son cœur.




Lola



Lola se tourne et se retourne sur le lit. Elle essaye de se rassurer un peu : un Brandon inscrit sur les sites de rencontre est un Brandon disponible. Au moins, elle n’aura pas de petite copine à éliminer. Elle avait été un peu inquiète de la concurrence de LucyofOregon qui commentait avec un peu trop d’enthousiasme ses posts Instagram.


La jeune fille ne sait pas quelle position la met le plus à son avantage. Le corps humain est mal fait : si elle montre ses seins, il ne pourra pas voir ses fesses. Elle aurait bien voulu l’attendre nue, mais c’est impossible : elle n’a pas de Chanel n° 5. À vrai dire, elle se rend compte qu’elle n’a rien pris avec elle. Mais ce n’est pas très grave, Lola n’est pas une fille matérialiste, elle se contentera de vivre des cadeaux de Brandon. Alors elle doit tout miser sur le crop-top, son ventre plat et ses jambes fuselées. Elle opte donc pour un compromis et se positionne de biais, son visage nonchalamment reposé sur son coude. Elle espère qu’il ne va pas mettre trop de temps, parce qu’elle n’est pas trop sûre de pouvoir tenir la position très longtemps.


Et voilà justement que la poignée de la porte tourne doucement. Le cœur de Lola s’arrête. Mais à la place du décathlonien promis, c’est une femme, superbe, qui rentre. Une Française en plus, d’après son survêtement tricolore. Lola se retient d’aller lui casser la gueule, elle a l’air plus forte qu’elle. Et tout aussi surprise.



Et sur ces bonnes paroles, elle s’éclipse. Décidément, Lola a une bonne fée sur son chemin !


La suite se passe comme une scène de film. Quand Brandon entre dans la pièce, l’engueulade est immédiate. Il est furieux qu’on se soit introduit dans sa chambre, et surtout Lola va retarder son heure de coucher. Il fait les cent pas dans la pièce. Elle s’excuse platement, lui dit qu’elle va le laisser dormir, et lui tend un verre d’eau pour lui souhaiter bonne nuit. Et soudain, Brandon a beaucoup moins sommeil, il trouve la jeune fille très à son goût, et cinq minutes plus tard les voilà sur le lit. Pour éviter de choquer les spectateurs, un voile pudique sera jeté sur les activités de nos deux sportifs pendant les premières heures de la nuit. Et d’une habile ellipse, on retrouve nos deux protagonistes vers quatre heures du matin.


Brandon, la tête plongée entre les cuisses de Lola, la déguste avec application. En décathlonien accompli, il sait jouer de la variation. Mais là, il sent qu’elle est proche de la ligne d’arrivée. Alors il la lèche de plus en plus vite, plus haut vers son clitoris durci, plus fort quand il sent le corps de Lola vibrer sous ses caresses. Ses seins sautent sous les accélérations de sa langue, comme deux poids ronds rendus très sensibles par les caresses de la nuit, et qu’elle pince pendant qu’elle se laisse aller aux plaisirs qui l’envahissent. Toutes ces années d’entraînement ont payé : après trois orgasmes, Brandon ne ressent aucune baisse physique, sa langue est toujours aussi agile, son sexe aussi ferme.


Mais Lola semble également d’une endurance hors du commun et dans une forme olympique. Et même à cette heure avancée de la nuit, la voilà encore dans les starting-blocks : la tête dans l’oreiller, le cul en l’air, prête à recevoir son javelot dans toute sa longueur, sa perche dans toute sa hauteur, bref ce membre qui fait sa fierté dans les vestiaires. Mais elle estime qu’il est temps de se livrer complètement, de s’offrir corps et âme à Brandon. Alors, pour lui déclarer sa flamme, elle écarte les fesses pour lui présenter son anneau, comme un dernier tour d’honneur avant que le sommeil ne les emporte. Mais soudain, alors qu’il s’élance dans un dernier effort vers la médaille promise, la pilule magique cesse de faire son effet, et Brandon, pris d’une immense fatigue des efforts de la nuit, débande d’un coup.


Brisé dans son élan, fauché en plein vol, incapable de franchir la dernière haie, il s’effondre sur le lit en pleurs. Un échec si près du début de la compétition, ça ne pardonne pas. Et le doute peut terrasser l’athlète le mieux préparé.




Myriam



Myriam n’a pas chômé cette nuit : donner son corps à la patrie, ça n’est pas de tout repos. L’escrimeur italien a tout de suite été partant pour une joute privée, rapidement conclue. Elle a eu la délicate attention d’envoyer un enregistrement sonore de leurs ébats à la femme dont il avait la photo dans son portefeuille : une copine jalouse et furieuse, rien de tel pour préparer la compétition de sa vie.


Le judoka, ça a été une autre paire de manches. La barrière de la langue, probablement. Myriam a mis trente minutes à lui faire comprendre qu’elle n’était pas une nouvelle sparring-partner, venue tester ses réflexes au milieu de son sommeil, et dix-sept ippons successifs à enfin dénouer sa ceinture pour accéder à la partie qui l’intéressait. Mais même nu, il avait continué le combat, refusant de se laisser distraire par les techniques peu orthodoxes de Myriam. Ce n’est qu’une fois qu’elle s’est empalée sur son sexe qu’il a compris la nature de la situation et s’est laissé aller au roulis des hanches de la Française. Mais au petit matin, quand il l’a réveillé pour son combat pré-petit-déjeuner, elle s’est demandé si tous ses efforts avaient porté leurs fruits : Hitoshi Nomura semblait plus affûté que jamais.


Surtout, Myriam est frustrée. Elle sent sa culotte tout humide. Tous ces sportifs ne sont que des égoïstes, uniquement tournés vers leur propre plaisir. Aucun de ses deux amants de la nuit n’a daigné s’approcher de son clitoris. Elle est jalouse de la gamine qu’elle a envoyée dans les bras du décathlonien et qui au vu des cris de leurs ébats, a eu l’air de sacrément prendre son pied. Et soudain, elle se met à douter. Peut-être qu’elle n’a pas fait les bons choix dans la vie, rentrer à la DGSE comme son oncle au lieu du Moulin Rouge comme sa tante.


Il faut vraiment qu’elle tire son coup avant de reprendre ses activités de déstabilisation, sinon elle ne sera pas concentrée. Peut-être que l’agent de sécurité à l’entrée du bâtiment serait partant ? Vu sa carrure, il doit être bien équipé. Mais alors qu’elle s’élance de sa démarche féline, ses tétons pointant déjà sous son survêtement, elle se rend soudain compte qu’elle a oublié sa sacoche dans la chambre de l’escrimeur italien. Et y a son ordre de mission dedans ! Quelle erreur de débutante ! Elle aurait dû l’avaler comme toute agente qui se respecte. Ô rage, ô désespoir, la voilà perdue !




Benoît



L’agent de sécurité bâille. La nuit a été longue, malgré l’intégrale Hugh Grant, et quelques cris dans la résidence qu’il avait royalement ignorés. Il n’a plus qu’une heure à tenir jusqu’à la relève, quand soudain, au bout du couloir, une femme semble l’interpeller :



Cette athlète italienne à l’accent charmant n’a pas l’air commode. Elle a même l’air furieuse. Benoît hésite un instant, il a interdiction de quitter son poste, mais ce n’est pas dans ses manières de ne pas venir au secours d’une jeune femme en détresse. Il la suit dans sa chambre où il découvre avec surprise un impressionnant dispositif de caméra avec projecteurs tournés vers le lit.



Elle lance l’enregistrement, et avant qu’il ait pu s’asseoir sur le lit, elle se love dans ses bras et l’embrasse sensuellement. Un vrai baiser de cinéma, qui prend son temps, en mode Ingrid Bergman dans les Enchaînés. Sur le coup, il la trouve même mieux que l’actrice, une brune au corps tonique, aux yeux enjôleurs et aux lèvres charnues. Mais à peine l’agent de sécurité a le temps de profiter de ces baisers délicats qu’il sent des doigts habiles venir descendre sa braguette, son pantalon glisser le long de ses jambes, et son caleçon suivre le mouvement. Et voilà l’athlète à genoux devant lui.


Si elle est un peu déçue de la taille du membre qu’elle découvre – quand on vous dit qu’il ne faut pas de fier aux apparences -, elle n’en laisse rien paraître. Au contraire, elle paraît affamée et s’empresse de l’engloutir entre ses lèvres.


Benoît aurait voulu lui parler de sentiments, lui dire qu’elle allait probablement un peu vite, qu’il aurait été ravi de faire sa connaissance, de lui réciter ce vers d’Eluard qu’il s’est fait tatouer sur la fesse gauche. Mais même après s’être enfilé trois traités historiques sur l’amour courtois et cent trente-sept comédies romantiques dans quatorze langues différentes, il ne reste qu’un homme, qui doit abdiquer devant des lèvres voluptueusement enroulées autour de son sexe.


Et soudain, la romance devient film porno. La jolie Italienne le pompe avec une ardeur exceptionnelle. Elle a un souffle hors du commun, et comme en apnée ne le lâche jamais, sauf pour enduire son sexe d’un épais lubrifiant naturel. Ils sont de profil par rapport à la caméra et elle lance de temps en temps des regards de braise à l’objectif, avant de cracher à nouveau sur son sexe tendu. Ses doigts fins massent la base de son membre pour hâter la montée du plaisir. Et en moins de deux minutes, Benoît se répand dans un râle un peu honteux entre les lèvres de cette suceuse hors pair.


Tout en léchant langoureusement le sperme qui s’écoule à la commissure de ses lèvres, l’Italienne s’adresse à la caméra d’une voix rageuse, le poing serré en l’air :



Et elle éteint la caméra, d’un air satisfait, devant notre agent de sécurité interdit.



Et d’un clin d’œil espiègle, elle lui ferme la porte au nez.


Sonné par les événements, Benoît rentre chez lui comme un automate. Et ce n’est qu’arrivé dans sa chambre qu’il se rend compte que son badge biométrique de sécurité a disparu.




Samir



Déstabilisation auditive et vol de kimonos


Le bureau des plaintes a ouvert ce matin. De nombreux athlètes n’ont pas pu fermer l’œil de la nuit à cause des gémissements explicites qui proviendraient de l’étage de l’équipe d’athlétisme étatsunienne. « Une tentative de déstabilisation extrêmement sophistiquée, d’après l’officier de la DGSE André M. Depuis l’utilisation d’ondes basse fréquence pour déstabiliser les diplomates américains de l’ambassade de La Havane, les yankees ont appris leur leçon, et ils sont passés à l’étape supérieure : un dispositif diabolique que la France devrait s’empresser d’acquérir si elle ne veut pas être à la traîne des puissances du XXIe siècle »


L’origine du bruit a aussi fait débat au village olympique. Certains, pensant qu’il était impossible de tenir un effort si intense aussi longtemps, penchaient pour la diffusion en boucle d’un film porno sur une immense enceinte, d’autres estimaient que c’était probablement un effet secondaire du viagrorique, le nouveau produit dopant dont tout le monde parle, mais que personne ne prend.


Dans tous les cas, une longue queue s’est formée devant la chambre en question pour tenter de percer les mystères de ce feu d’artifice auditif. Vers 5 h du matin, un homme en larmes s’est enfui de la chambre, bientôt poursuivi par une jeune fille, manifestement surprise de la haie d’honneur et des applaudissements du couloir tout entier. Les valeurs de l’olympisme sont décidément plus vivantes que jamais ! L’identité des protagonistes est malheureusement encore inconnue, affaire à suivre.


Dans un registre plus grave, plus d’une vingtaine de kimonos auraient été dérobés dans l’entrepôt hautement sécurisé et top secret du 16 rue Marcel Cachin de L’Île-Saint-Denis. Le judoka B. Douillet, pourtant favori au titre, a abandonné la compétition en entendant cette terrible nouvelle, inconsolable de ne pas pouvoir combattre avec son kimono fétiche. Un drame pour l’équipe de France ! Le principal suspect est un agent de sécurité du nom de B. Alat, dont le badge a été activé en dernier sur les lieux du délit. Nous reproduisons ici sa photo. Tout renseignement susceptible de permettre d’identifier sa localisation doit être communiqué aux autorités compétentes.




Benoît



Cet après-midi, Benoît est d’humeur joviale. Il a rêvé d’un remake de Pretty Woman avec lui dans le rôle de Julia Roberts et la jolie Italienne dans celui de Richard Gere. Être un escort-boy, ça l’a toujours fait fantasmer, et toute sa vie il a rêvé qu’une richissime femme d’affaires l’emmène dans son bolide pour vivre une torride histoire d’amour. Il s’est réveillé tout ému de ce rêve romantique et tout dur des images mentales de la nageuse. Il revoyait ses lèvres pulpeuses, son parfum capiteux, ses seins délicats… Il l’a cherché sur Internet, mais pas moyen de la trouver, surtout qu’il doit y avoir une erreur sur le site officiel des JO : il est indiqué que l’équipe d’Italie de natation synchronisée ne s’est pas qualifiée. Mais c’est normal, ça n’aurait pas été bien que ce soit trop facile : dans toute comédie romantique qui se respecte, il faut des péripéties. Et Benoît n’est pas connu pour lâcher l’affaire.


Alors il sautille plus qu’il ne marche vers le village olympique, son bouquet de roses à la main. Il a mis son plus beau costume, d’une agréable couleur verte, qui semble plaire à de nombreux passants qui se retournent sur son passage. Il a tellement de succès qu’un attroupement semble se former autour de lui. Ils ont même l’air jaloux de son vêtement, voire un peu agressifs, bien que sa carrure n’invite pas trop à ce qu’on lui cherche des noises.


Soudain, la gamine d’hier fend la foule en courant, et vient vers lui.



Et Lola le prend par la main et l’entraîne vers la première entrée de parking souterrain qu’elle trouve.




Samir



Un scandale d’État.


C’est le cœur serré que j’écris ces lignes difficiles à lire pour tout Français. Mais les preuves sont irréfutables, et le rôle du journaliste est de porter la plume dans la plaie. Une officine interne aux renseignements français, dirigée par le colonel A. Mercaillon, qui a précédemment tenté d’intoxiquer ce blog de théories farfelues, et composée des agents B. Alat et M. Debailly, est responsable du vol des kimonos. Ils étaient sous couverture, le premier d’un agent de sécurité, la seconde d’une nageuse de water-polo. L’objectif de ces traîtres à la patrie était de déstabiliser les athlètes français pour empêcher qu’ils brillent lors de ces JO à domicile.


Il semblerait que les deux agents aient usé de leurs charmes pour parvenir à leurs odieuses tentatives de déstabilisation. Corruption ? Fourberie ? Traîtrise ? Un rapport d’enquête indépendant doit être établi pour tirer toutes les conséquences de cette faillite majeure de nos services de renseignement. En attendant, l’équité sportive ayant été bafouée, il serait préférable que l’ensemble des équipes de France se retirent de la compétition, pour s’assurer du déroulement serein des épreuves restantes dans ces jeux. Quelle tristesse, quel déshonneur pour notre belle patrie !




Épilogue



Après avoir mis un point final à son dernier article, Samir peut enfin se relâcher et profiter pleinement de la douceur des lèvres qui s’activent autour de son sexe sous le bureau. Il se sent honteux de vendre ainsi sa déontologie journalistique. Mais quand elle a sonné à la porte, avec son décolleté plongeant, ses cheveux bruns comme une cascade sur ses épaules délicates, les bras chargés de paquets de fusillis Barilla, il n’a pas pu résister. Cela lui coûtera peut-être sa carrière. Ou peut-être sera-t-il un héros de groupes complotistes qui verront en lui le lanceur d’alerte qu’ils attendaient comme le messie. Dans tous les cas, il sent qu’il ne résistera pas longtemps. « Tu peux jouir dans mia bocca si tu veux », il ne va pas s’en priver.


Benoît et Lola ont fui ensemble dans un van, comme Ernest et Célestine partis dans un road trip improvisé. Ils sont soulagés de ne pas être seuls dans ce moment difficile. Benoît pleure à chaudes larmes cette nageuse italienne qui a su si délicatement conquérir son cœur. Lola envisage d’entrer dans un couvent, maintenant qu’elle a connu cette nuit d’ivresse, cet apogée, rien ne pourra avoir autant d’intensité dans sa vie. Mais elle a aussi croisé le regard d’un triple-sauteur paraguayen qu’elle a trouvé pas mal du tout. Faudra qu’elle se renseigne.


Myriam se sent trompée, flouée, trahie. On lui avait promis du sexe torride avec des sportifs aux corps de rêve, elle n’a eu droit qu’à quelques coïts rapides, des ellipses malvenues, des positions pas folichonnes, aucun orgasme. Elle n’a même pas pu faire usage de ses gros seins ! Surtout qu’elle se serait bien tapé cette Italienne dont elle a goûté le parfum ambré sur le sexe de Valentino. Ce sera pour une autre fois… Pour le moment, elle pleure sur son sort, dans son voilier en partance vers les Bahamas, pour aller retrouver son oncle Guillaume. Elle se sent misérable, indigne de la France, des espoirs de promotion que le colonel Mercaillon avait placés en elle, de la longue lignée des Debailly, un échec ambulant. Mais c’est là une nécessaire leçon de vie. La jeune femme fait ainsi l’expérience des véritables valeurs de l’Olympisme, dont la devise cardinale, souvent ânonnée stupidement comme un mantra stérile, prend maintenant tout son sens : le plus important dans toute cette histoire, c’est d’y avoir participé.