| n° 20942 | Fiche technique | 26789 caractères | 26789Temps de lecture estimé : 18 mn | 02/06/22 |
Résumé: Elle(s) cherchent un donneur de sperme pour faire un bébé toute(s) seule(s). La sélection prend une tournure inattendue. | ||||
Critères: fh inconnu telnet amour caresses intermast nopéné jeu -jeux | ||||
| Auteur : Olaf Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : Ovocytes et spermatos Chapitre 01 / 05 | Épisode suivant |
L’annonce repérée dans l’Obs me surprit. Avant d’y être confronté, je n’imaginais pas que la loi de bioéthique du 2 août 2021 put influencer si rapidement le mode de fabrication des bébés.
Était-il vraiment possible qu’une femme de trente-trois ans cherche un donneur anonyme pour féconder ses ovocytes, congelés quelques années auparavant ? C’était probablement un appât pour réunir un groupe de mecs, voire une arnaque en mode woke.
La même annonce parut toutefois quelques jours plus tard sur le site de l’Express. La dame ratissait large. Comme si les intérêts sociétaux et politiques pouvaient être un bon critère de choix d’un donneur de sperme. Et assurer les meilleures chances de mettre la main sur le préposé idéal à la fécondation de son potentiel génétique.
Le fait que les candidats soient soumis à des tests stricts finit de me convaincre. Je complétai du mieux que je pus le questionnaire en ligne.
À mon grand étonnement, ma candidature fut acceptée et j’eus l’honneur d’être convoqué à une entrevue par visioconférence.
Que de mystère ! Le sérieux de l’organisation laissait toutefois supposer plus qu’un attrape-nigaud. D’ailleurs, je n’avais rien d’autre à perdre qu’un peu de temps, et quelques gouttes de sperme en cas de réussite.
Je me mets en ligne à l’heure dite. Et là, surprise, je me retrouve non pas face à une, mais à trois femmes. Trois femmes dans la trentaine, du genre de celles qu’on suppose tout à fait aptes à transformer n’importe quel mec en donneur de sperme, sans passer par un laboratoire.
La mise en scène a des relents d’examen oral. C’est étrange, car même s’il s’agit uniquement de sélectionner un mâle pour une FIV, une ambiance un poil plus chaleureuse permettrait au mâle en question de présenter le meilleur de lui-même. Finalement, si tout se déroule comme prévu, on parle de faire un bébé, non ?
Il est vrai que l’annonce était explicite. La dame veut un don de sperme, pas un contrat de paternité. La dame ? Comment savoir laquelle des trois est celle qui veut faire un bébé toute seule ?
Mille questions envahissent mon esprit. Les mines inexpressives des trois Grâces m’enlèvent cependant toute velléité de les poser avant d’y être invité. Elles cherchent à me mettre en position d’infériorité et n’entendent pas laisser des émotions parasiter leur choix.
De deux choses l’une, ou elles mélangent les cartes pour que je ne sache pas à qui appartiennent les ovules que mon sperme va honorer, ou elles sont en concurrence pour la semence d’un même donneur. Moi, en l’occurrence.
Est-ce que cela change quelque chose ? Objectivement, non. Dès le moment où j’ai accepté le défi, j’ai renoncé à tout droit de regard sur mes spermatos.
Il n’empêche que la manière que Catherine et Nicola ont de me dévaloriser me déplaît. Même si elles jouent probablement à me provoquer pour mieux découvrir ce que j’ai dans le coffre, je ne suis pas prêt à me répandre dans n’importe quelle éprouvette, au profit de n’importe quel ovule qui poussera dans n’importe quel ventre.
M…, quoi ! Même dans le rôle du bourdon, j’ai ma fierté. Si tout se passe comme prévu, je serai père avant la fin de l’année. Je n’en saurai sans doute jamais rien, mais des traces de moi subsisteront sur cette terre. Ce n’est pas rien. Je n’ai pas envie de confier cette mission à quelqu’une qui me déplaît.
Je renonce à répondre, préférant leur demander où, quand et comment elles veulent organiser nos rencontres. Florence précise qu’elle va commencer avec moi et que les tests des autres femmes suivront en fonction des résultats. Elle semble avoir un droit de préséance et me donne rendez-vous le lendemain en fin d’après-midi, dans le 6e, métro Saint-Placide.
oooOOOooo
Elle arrive pile à l’heure, élégante, le nez au vent, un large sourire aux lèvres. Le courant passe immédiatement entre nous. En face à face dans un charmant restaurant, contrairement à ce qu’elle a montré d’elle en visioconférence, elle me met à l’aise de manière très naturelle et se raconte avec une touche d’insouciance qui me fait tomber sous son charme.
Elle est enlumineuse, ce qui, comme elle le précise, implique une rigueur et une précision d’exécution quasi scientifique pour une activité totalement artistique. Après une petite hésitation, elle ajoute avec un sourire mutin qu’en fait, elle pratique le sexe exactement de la même manière.
Je suis bluffé par tant de franchise. Et par cette manière directe de me faire partager ce qui est probablement la raison profonde de sa décision de faire un enfant toute seule.
Alors, d’un coup, un lourd silence s’installe entre nous. Comme un brouillard d’automne qui empêche de voir les détails du paysage. D’habitude, le silence entre une partenaire et moi me terrifie. Il peut être porteur de tant d’incompréhension.
Or ce silence entre Florence et moi a une intensité complètement différente. Elle ne s’y retranche pas, elle l’habite, lui donne une couleur qui n’appartient qu’à elle. Elle ne cesse d’ailleurs pas de me regarder, d’être infiniment présente.
Nous sommes arrivés à un stade où plus rien d’autre ne peut être échangé. Sans doute sommes-nous allés trop vite, trop profondément, trop sincèrement dans notre découverte mutuelle. Nous avons besoin d’une pause, mais je ne veux pas perdre ce qui commençait à se dessiner entre nous.
Elle prend ma main droite entre les siennes, la contemple, puis pose sa joue dans ma paume. Quelques minutes plus tard, elle se met à embrasser chacun de mes doigts, puis le creux de ma main. Finalement, elle lèche mon pouce, le prend entre ses lèvres et le mordille sensuellement.
Alors seulement, elle retrouve une humeur plus joyeuse et m’invite à la suivre après avoir réglé nos consommations.
oooOOOooo
Elle me fait alors découvrir son lieu de travail, avec les instruments qu’elle utilise pour les différentes techniques d’enluminure. Son atelier est très agréablement meublé et décoré. Je m’y sens rapidement à l’aise.
Il faut dire qu’il lui sert aussi souvent de lieu de vie, lorsqu’elle y reste toute la nuit pour parachever une commande. Un coin repos avec un lit lui permet de prendre des forces entre deux phases créatives.
La nuit est déjà avancée quand elle arrive au bout de ses explications sur son art. Elle est maintenant prête à me mettre à l’épreuve. La meilleure manière de connaître quelqu’un étant pour elle de collaborer à un projet commun, elle me demande de rédiger à la main un texte qui fixe les grandes lignes de notre contrat de don de sperme.
Elle le calligraphiera selon la tradition médiéviste, puis l’enrichira d’une enluminure autour de la lettre initiale (symboliquement la sienne) et de la lettre finale (symboliquement la mienne). Charge à moi de compléter ensuite notre œuvre dans les marges par ces dessins impertinents et mystérieux qui caractérisent les textes du Moyen-âge.
Ce qu’elle attend de son donneur de sperme ? Qu’il joue avec elle tout au long de la création. Qu’il s’inspire de ce qu’elle fait pour inventer des réponses troublantes, amusantes, inattendues. Elle veut un jeu de séduction sur parchemin.
Tout en précisant qu’une calligraphie réussie peut l’exciter tout autant que de longs préliminaires. Un jambage discrètement glissé par l’enlumineur sous un arrondi ou une lettre tournée en forme de réceptacle peut la faire autant frissonner qu’une caresse intime. Dans ce domaine, les moines copistes ne manquaient apparemment pas de fantasmes ni d’imagination pour les traduire en langage symbolique. Les nombreux escargots, oiseaux à long bec, lapins fouisseurs de terriers, archers lubriques ou chiens lécheurs de fions en témoignent (1), (2).
Inversement, rien ne stimule plus sa créativité calligraphique que des préliminaires sensuels. Le jeu de mains de Demi Moore et Patrick Swayze sur le tour de poterie dans Ghost (3) correspond assez bien à ce qu’elle peut ressentir en réalisant certaines enluminures, la peau encore chaude des caresses d’un amant pas trop intrusif.
Amusé par le défi, je me mets au travail. Mon inspiration baisse après la deuxième strophe. Un reste de rhum au fond d’une bouteille me remet en selle et vers deux heures du matin, je suis capable de proposer un texte à peu près satisfaisant.
Moi, Simon, éleveur de spermatozoïdes fougueux, déclare sur l’honneur être sain de corps et d’esprit.
N’ayant accepté aucune tentation lubrique depuis plus de dix jours,
C’est animé d’une volonté bien ferme et le cœur gorgé d’humeurs fécondes que j’ai produit l’épanchement séminal attendu.
J’en remets le fruit ce jour à qui de droit, en lui souhaitant un avenir fécond.
Moi, spermatozoïde du sieur Simon,
Je déclare sur l’honneur avoir mis à profit la pause séminale des dix derniers jours pour parachever mon entraînement physique.
C’est donc au meilleur de ma forme que j’entre en lice pour le duel qui désignera le champion de la fécondation in vitro des ovules de Florence.
Moi, ovule de dame Florence,
Je déclare sur l’honneur avoir dormi d’un sommeil profond et chaste au cours des dernières années, telle la Belle au Bois dormant.
Réveillée par un chaud baiser du mire alchimiste, je suis prête à recevoir en mon sein le germe viril d’un spermatozoïde fougueux.
Moi, Florence, je déclare sur l’honneur être saine de corps et d’esprit.
N’ayant accepté aucune tentation lubrique depuis plus de dix jours,
C’est emprunte d’une douce espérance et le cœur tendrement ému par les charmes du sieur Simon,
Que je veux prendre en moi et faire grandir l’ovule que son spermatozoïde fougueux a conquis de haute lutte.
Il est temps de réveiller Florence. Je réalise alors qu’elle est nue sous la couverture. C’est troublant, et je ne sais pas trop comment faire pour la tirer du sommeil sans dépasser les limites sensuelles dont elle a parlé.
J’effleure son visage et écarte les mèches blondes qui le cachent en partie.
Dont acte, longuement, délicatement. Les odeurs de sa peau et de ses cheveux provoquent une intense réaction quelque part entre mon cœur et mon bas-ventre. Comme un afflux de sang.
Dont acte, longuement, voluptueusement. Elle se tourne au fur et à mesure de ma progression sur sa poitrine, pour me permettre d’accéder à toute sa moelleuse anatomie. Elle profite de mes caresses en soupirant doucement, les yeux fermés.
Par petites touches des doigts et des lèvres, nous nous offrons de sublimes préliminaires sensuels. Sa manière de s’ouvrir à moi et de s’offrir à mes caresses et à mes baisers est d’une intensité folle. Cent mille volts de courant érotique passent entre nous, un incendie sensuel menace d’éclater.
Évidemment, conditionné par plus de vingt-cinq ans d’érotisme éjaculo-centré, je bande comme un diable. Encore habillé, je ne m’en cache pas, même si je préférerais pouvoir afficher la retenue dont elle rêve chez un partenaire de jeux.
Nous arrivons enfin à reprendre nos souffles au sortir d’un baiser particulièrement profond.
Cette fille n’a pas fini de m’étonner. Je prends une gorgée de rhum et reviens l’embrasser. Sa petite langue chaude vient chercher les premières gouttes sur mes lèvres, puis elle exige une pleine gorgée. Pendant que je laisse couler l’alcool sur sa langue, je sens sa main descendre le long de mon ventre et se poser légèrement sur mon sexe tendu.
D’un geste élégant, elle rejette la couverture, loin d’elle, me dévoilant entièrement son corps. Puis elle se lève, sans chercher à cacher quoi que ce soit à mes regards.
Dès qu’elle a pris place à sa table de travail, je sens qu’elle m’échappe. Concentrée sur ce que j’ai écrit, elle voit les lettres et les mots à sa manière, caractérisée par la rigueur et la précision dont elle a parlé.
Des images se forment dans sa tête, se combinent, évoluent au gré de son imagination, pour finir par se transformer en traits, en boucles, en rondeurs, en creux, en interstices.
C’est à ce moment que son corps commence à se manifester. Suivant l’ambiance dans laquelle elle se trouve, il lui offre par des frissons, des tressaillements, des tensions voluptueuses, des raidissements impatients des sensations érotiques correspondant à l’œuvre qu’elle réalise.
Je la regarde commencer sa méditation artistique, puis, après m’être dénudé à mon tour, je m’approche assez près d’elle pour qu’elle perçoive la chaleur de ma peau.
Mon torse et mon ventre à quelques centimètres de son dos, je dépose un léger baiser sur son épaule, puis un autre à la base de sa nuque. Lentement, je remonte le long de son cou, soulevant une à une les mèches qui s’interposent entre mes lèvres et sa peau.
Elle semble apprécier, m’encourage même à poursuivre. Mon intrusion dans sa bulle lui convient. En quelques mots précis, elle confirme aimer ce qui se dégage de mon corps, désirer plus de proximité, plus de douceur sur sa peau, partout.
Je pose une main sous ses seins et remonte délicatement jusqu’à leurs pointes. Elle se serre contre moi, tout en continuant à tracer les lettres et les signes. Ce qui nous réunit est infiniment doux et sensuel.
J’essaie de cacher mon érection en me tournant un peu de côté. Elle me retient en me demandant de la caresser avec ma verge déjà bien dure.
La maîtrise dont elle fait preuve en me caressant tout en restant concentrée sur son enluminure est particulièrement érotique. Entre deux effleurements presque anodins, elle me masturbe de manière plus précise, histoire de faire monter mon désir. Et le sien, si j’en crois ses commentaires sur les émotions qui la traversent.
Avec autant de retenue que possible, je parcours tout son corps, sans autre intention que de lui donner ce plaisir diffus qu’elle semble attendre de moi. Je ne me souviens pas avoir été autant à l’écoute du corps et des envies d’une autre femme avant elle.
C’est troublant, délicieux, magique, mais aussi très déstabilisant. Mes codes sensuels et sexuels sont bousculés par cette femme étrange, mais infiniment séduisante.
Tout en elle est inattendu, de son langage amoureux précis et imagé à sa manière d’offrir son corps à mes caresses. Si je réussis le test qu’elle est en train de me faire passer, je vais offrir mon sperme à une grande amoureuse, et une extraordinaire amante. Dommage que le contrat prévoit de ne plus se revoir après une insémination fructueuse des ovules.
Perdu dans mes pensées et concentré sur le plaisir que je veux lui donner, je ne remarque pas qu’elle a fini par interrompre son travail artistique. Après avoir posé ses pinceaux, elle se tourne vers moi, les cuisses largement écartées.
Le dos appuyé contre sa table de travail, les pointes des seins dressés vers le plafond, elle guide ma tête contre sa vulve légèrement entrouverte et humide.
Suivant à la lettre ses instructions, je la lèche goulûment du clitoris à l’anus, puis entre les cuisses et les grandes lèvres. Après quelques passages, elle me demande de varier les plaisirs, de la pénétrer délicatement de la langue, puis beaucoup plus fort.
Je pose une main sur son ventre, pour mieux percevoir ce qui s’y trame. De l’autre, je commence à me caresser, comme elle vient de l’exiger. Des caresses légères puisqu’elle veut un partage érotique, pas une masturbation égoïste. Elle finit par me rejoindre, en caressant ses chairs intimes que ma langue ne peut atteindre, ou pas assez efficacement à son goût.
Nos jeux durent longtemps. Tout son corps manifeste un intense bien-être, sans doute ressemblant à un plaisir diffus parcourant chaque parcelle de son être. Progressivement, le goût de ce qu’elle laisse couler dans ma bouche se transforme, devient plus salé, et surtout plus chargé de ces effluves qui excitent un mâle à l’insu de son plein gré.
Nous commençons alors à faire l’amour d’une manière totalement inconnue pour moi. Je me sens entrer en elle de mille manières différentes, sans jamais la pénétrer sexuellement. Je partage ses frissons, ses élans voluptueux, les tensions de son bas-ventre, les secousses qui chez d’autres femmes indiquent l’imminence de l’orgasme.
Je perçois tout cela chez Florence, mais d’une manière nouvelle. Nous n’allons pas vers un apogée orgasmique, mais vers une interminable satisfaction érotique et sensuelle que nous partageons à égale intensité.
Chacun de nos gestes, chaque caresse, chaque baiser nous donne un intense plaisir. Nous nageons ensemble dans une onde voluptueuse. Ce que l’une ressent traverse l’autre au même moment. Nous sommes dans une bulle sensuelle au sein de laquelle nous avons abandonné toute envie de chercher une satisfaction explosive.
Nous n’avons plus conscience du temps qui passe. Finalement, peu à peu, nos caresses se font plus légères, plus superficielles, moins fougueuses. Il est temps de revenir dans une réalité moins jouissive, néanmoins gavée de sensations folles et d’émotions troublantes.
Après quelques caresses supplémentaires et un baiser-ventouse qui m’enlèvent tout l’oxygène qui restait dans mes poumons, Florence met provisoirement fin à nos joutes.
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(1) https://nostroblogs.wordpress.com/2016/01/22/transgression-protection-humour-le-sexe-dans-les-images-du-moyen-age
(2)https://www.erudit.org/en/books/actes-des-colloques-dartefact/actes-17e-colloque-international-etudiant-departement-sciences-historiques--978-2-9816015-4-4/004683co.pdf
(3) https://www.youtube.com/watch?v=nMV2IPQrwU0