| n° 20815 | Fiche technique | 8508 caractères | 8508Temps de lecture estimé : 6 mn | 07/03/22 |
| Résumé: Deux hommes, deux femmes et des complications quand on veut changer... | ||||
| Critères: 2couples échange humour -humour | ||||
| Auteur : Samuel Envoi mini-message | ||||
J’étais en elle. Pour une sensation de douce volupté. Dans ses yeux rieurs, je voyais qu’elle était de celles qui pensent : puisqu’il n’y aura pas d’orgasme aujourd’hui, vu comment ça s’emmanche, autant rigoler un bon coup ! Enfin, un bon coup, ce n’est pas le mot, se dit-elle en rectifiant sa pensée et sa position. De mon côté, je ne voulais pas en faire un drame, mais si jamais, en plus des yeux rieurs, je me trouvais face à un sourire un peu trop jovial, j’aurai comme l’impression qu’elle se fiche de ma poire… Évidemment, on dit toujours que si tu fais rire une fille, elle est à moitié dans ton lit. Mais enfin, une fois les deux moitiés dans le lit, elle peut arrêter de se fendre la pêche tout de même. Pourtant, un peu plus bas, tout fonctionnait bien, sérieusement. La cadence était soutenue, le pénis ne donnait aucun signe de dépressurisation, la mécanique conservait la souplesse nécessaire en évitant toutefois les bruits de débouche-évier.
Et c’est alors qu’elle me dit dans un grand sourire : « On change ? »
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai tout de suite pensé qu’elle voulait changer de partenaire. D’autant que sa copine s’envoyait en l’air dans la chambre du dessus avec son Espagnol du moment. Dans un cas normal, avec une fille qui fait la gueule, j’aurais compris qu’elle voulait changer de position, et il ne me serait jamais venu une autre idée en tête, mais ce soir-là, devant une telle jovialité, je me suis crispé et j’ai un peu perdu le sens des réalités. Ensuite, je me suis dit qu’elle voulait peut-être tout simplement changer de meuble, non plus le lit, mais le rocking-chair par exemple, ou le rebord de la fenêtre pour baiser en regardant les passants qui ne se doutent de rien. Et puis, la phrase était réduite à sa plus simple expression, mais tout de même interrogative. Ce n’était pas un ordre : « On change ! » Je pouvais donc répondre : « Non » en ajoutant un petit argumentaire : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne. » Mais à cet instant précis, quand elle a dit : « On change ? », j’étais persuadé qu’elle voulait quelqu’un d’autre. Alors je me suis à peine rhabillé et je suis monté à l’étage. J’ai frappé à la porte.
C’est alors qu’Eléonore, habillée du couvre-lit, a ouvert la porte.
Eléonore me tourna le dos pour lui parler en dévoilant une paire de fesses assez renversantes. Elle lui expliqua la situation. De bon ou de mauvais gré, il réajusta un string aux couleurs du Barça et il descendit l’escalier en maugréant. Ce devait être du catalan, car je ne comprenais rien à ce qu’il baragouinait. Ensuite, j’ai pensé que même si c’était de l’espagnol, je n’aurais pas compris non plus, puisque j’avais fait allemand dès la seconde.
Toujours est-il que je me retrouvais avec Eléonore. Je commençai à enlever mon caleçon, quand elle me dit :
À ce moment-là, on frappe à la porte encore une fois. C’est Valérie :
Nous lui ouvrons en même temps qu’on range le scrabble. Elle s’adresse à moi avec une certaine mauvaise humeur. Je me dis que ça n’a pas collé avec le Catalan.
Elle laissa tomber le couvre-lit sur la moquette et, nue comme un vers de Baudelaire (« La très chère était nue… »), elle se précipita sur Valérie qui n’avait rien sur le dos à part une chemise retroussée. Et les deux firent l’amour sous mes yeux avec un appétit féroce. De mon côté, je n’osais redescendre et tomber sur l’amant délaissé. S’il apprenait ce qui se passe à l’étage, il aurait peut-être une idée derrière la tête et une trique à me proposer. A priori, j’ai lu dans « Psychologie Magazine » qu’il ne fallait pas être contre systématiquement. Mais enfin, faire cela avec un type dont tu ne comprends pas la langue, ni ce qu’elle fait sur ton sexe…
Pendant que les deux femmes nous offraient un spectacle de toute beauté, avec jambes entrecroisées, seins en compétition d’arrogance et sexes fluides qui coulissaient dans un charmant frotti-frotta, nous entendîmes dans la rue qu’une manifestation s’était formée et se déroulait sous nos fenêtres. On ne savait pas de quoi il était question, mais un slogan revenait tout le temps : « Le changement, c’est maintenant ! Le changement, c’est maintenant ! » Je jetai un œil dans la rue ; des policiers étaient cachés derrière un panneau publicitaire : « La banque d’un monde qui change ». Ils se préparaient à un assaut furieux contre une jeunesse qui voulait que ça change. Je revins aux filles pour leur dire :