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n° 20811Fiche technique39542 caractères39542
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Temps de lecture estimé : 27 mn
05/03/22
Résumé:  Gageons que l’amour finisse par l’emporter.
Critères:  fh couleurs école amour mélo
Auteur : Younes      Envoi mini-message
Allah Mahabba






Paul Legrand, le directeur du collège Henri Beyle, salue respectueusement ses deux interlocutrices avant de s’asseoir derrière son bureau.

Bien qu’implanté dans une banlieue relativement tranquille de la région parisienne, l’établissement qu’il dirige ne brille pas particulièrement par ses résultats se situant plutôt dans la moyenne basse des collèges comparables.

C’est pourquoi, depuis qu’il a hérité du poste, trois ans plus tôt, le directeur s’est attaché à offrir le maximum de chances à ses élèves réellement motivés, et notamment ceux issus de familles modestes.

Car ses nombreuses années passées à la tête d’établissements scolaires lui ont permis de comprendre que pour bon nombre de collégiens, le retard accumulé au cours des ans est irrattrapable et que les équipes pédagogiques, malgré leur engagement, ont rarement les ressources suffisantes pour conduire l’ensemble des élèves vers la voie royale.


Face au directeur sont assises Leïla Ben Saoud, la mère d’Akim, élève de troisième B, ainsi qu’Irina Kovacs, enseignante de français et professeur principal de la classe qui compte Akim dans ses rangs.

L’entrevue a lieu au début du mois de mars, juste après les vacances d’hiver et à la demande d’Irina, Legrand a convoqué les parents du collégien pour s’entretenir avec eux de l’avenir de leur fils. Irina Kovacs dispense des cours de français depuis près de trente ans et c’est par sa volonté qu’elle s’est retrouvée dans ce collège situé en zone REP.

En effet, alors que ses longues années d’enseignement dans divers établissements classés « sensibles » lui auraient permis, pour terminer sa carrière, de briguer un poste dans un lycée tranquille situé en centre-ville, elle a souhaité continuer à enseigner aux enfants des quartiers populaires, persuadée que l’éducation est la seule voie honorable permettant aux jeunes défavorisés d’échapper à leur environnement.


Irina est assise légèrement en retrait à gauche de madame Ben Saoud venue seule au rendez-vous sollicité par le collège. Discrètement, la quinquagénaire observe tour à tour son directeur et la mère attentive qui s’apprête à écouter Paul Legrand lui exposer le motif de sa convocation.


Physiquement, le directeur du collège est un séduisant quadragénaire d’allure sportive et d’une taille supérieure à la moyenne. Et Irina, petite femme énergique blonde de 52 ans, admet volontiers, à qui veut l’entendre, qu’elle n’est pas insensible au charme du bel homme brun. Mais malgré les manifestations d’intérêt de la prof divorcée, Paul a toujours gardé une certaine réserve avec elle comme d’ailleurs avec les autres membres du corps enseignant. En dépit de son statut de célibataire, le directeur est peu désireux d’entretenir une liaison avec l’une ou l’un d’entre eux, persuadé que ce type de relation générerait ragots et jalousies au risque de porter un coup fatal à son autorité.


Leila Ben Saoud a trente-cinq ans. Elle est la mère discrète et aimante de trois enfants à qui elle est totalement dévouée. Et malgré son attachement aux valeurs héritées de sa culture, elle espère sincèrement que l’école républicaine offrira à sa progéniture les bonnes clefs pour s’extraire de leur condition.

Akim est l’aîné de la fratrie. Garçon calme et posé, il a toujours fait en sorte de se comporter en fils modèle. Aïcha, sa sœur, actuellement en classe de cinquième au collège, est un peu plus dissipée mais Mohamed, son père, a tôt fait de la remettre à sa place lorsqu’il estime son comportement inadéquat. Nabil, le petit dernier, effectue pour sa part sa dernière année à l’école primaire.


Irina a eu le temps d’examiner discrètement la mère d’élève avant que Paul Legrand les rejoigne. Malgré son voile et son absence de maquillage, il est impossible de ne pas remarquer le visage aux traits fins et délicats rehaussé par le beau regard profond et plein de détermination de la jeune femme. Et sa tunique sobre cache difficilement ses jolies formes et sa silhouette nerveuse et élancée.

Le directeur a fait le même constat que la professeur de français et il a été manifestement troublé par le visage émouvant et le corps prometteur de cette femme qu’il n’a pu s’empêcher d’imaginer dans une tenue beaucoup moins austère.

De son côté, et bien que son éducation traditionnelle respectueuse de la religion l’ait entraînée à masquer ses sentiments devant un inconnu, Leïla n’a pu maîtriser totalement les battements de son cœur lorsqu’elle a croisé l’intense regard bleu de son interlocuteur.


Bien sûr, cet échange informel n’a pas échappé à une fine mouche comme Irina qui a aussitôt laissé sa fertile imagination divaguer avant que le directeur débute son intervention.



Faisant fi de la moue d’inquiétude apparue sur le visage de la mère d’élève, Paul poursuit son discours.



Paul fixe la mère d’Akim avant de la questionner.



Mal à l’aise, Leïla s’efforce de répondre.



La jeune femme ajoute avec conviction :



Paul réfléchit quelques secondes avant de s’exprimer à nouveau.



Leila semble de plus en plus mal à l’aise et son trouble n’échappe pas au directeur.



La mère de famille baisse le regard avant d’indiquer d’une voix peu assurée qu’elle en parlera avec son mari.



En raccompagnant Leila jusqu’à la porte de son bureau, Paul Legrand ne peut empêcher son regard de s’accrocher quelques secondes sur la croupe de la jeune femme, certain d’entrevoir, malgré le bas de la tunique légère, deux demi-globes parfaitement dessinés à la fermeté prometteuse.


Sentant les yeux de Legrand rivés sur le bas de son dos, Leïla ne fait rien pour l’esquiver. Au contraire, elle apprécie, malgré elle, l’hommage rendu par le séduisant quadragénaire. Et le fourmillement qui a surgi au creux de ses reins en est la preuve manifeste.


Le surlendemain, Legrand croise par hasard Akim dans le grand hall du collège. L’air renfrogné du jeune garçon interpelle le directeur mais celui-ci ne se risque pas à entamer une conversation avec l’élève pour ne pas le mettre en porte à faux vis-à-vis de ses camarades présents. Toutefois, lorsqu’il rencontre Irina Kovacs quelques instants après, il va la saluer et lui fait part de son inquiétude à propos du brillant élève.



À la sonnerie, Irina attend que la majorité des élèves quitte son cours avant de s’adresser à Akim sur le point de sortir.



Le collégien, soudainement mal à l’aise, tente de se défiler.



Akim se rembrunit, et apparaît de plus en plus mal à l’aise.

Irina tente de rassurer le jeune collégien.



Visiblement ému, Akim a du mal à tenir en place.



La révélation d’Akim choque Irina. Elle libère le gamin et se dit qu’elle ira, dès que possible, faire part de cet échange au directeur.



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Paul, le directeur du collège Henri Beyle, s’est accordé une petite pause en ce début de jeudi après-midi pour aller faire une course à la grande surface de bricolage située en périphérie de la ville.

Avant d’entrer dans le magasin, il tente d’abord sa chance dans le supermarché voisin et alors qu’il se dirige vers le rayon qui l’intéresse, son attention est attirée par une jolie femme voilée. Lorsqu’il reconnaît Leïla Ben Saoud, Paul sent son rythme cardiaque s’accélérer. Dressée sur la pointe de ses pieds chaussés de discrètes ballerines, la mère d’Akim tente de récupérer une boîte de conserve située en haut de gondole.



Celle-ci sursaute légèrement et se tourne vers l’homme. La teinte légèrement colorée de ses joues trahit son trouble. Elle hésite quelques secondes avant d’accepter le coup de main et d’indiquer à Legrand le produit qu’elle veut ajouter à son caddie.



Leïla a bien du mal à cacher sa gêne.



Paul fixe quelques secondes la mère d’élève, cachant difficilement l’émoi provoqué par son beau visage aux traits réguliers, malgré le voile couvrant une chevelure qu’il imagine magnifique.



Un frisson parcourt le corps de la jolie femme mais elle ne s’insurge pas, se contentant de se libérer lentement, et comme à regret, de l’emprise de Paul.



Le directeur est loin d’être convaincu par l’acquiescement de Leïla. Et il a bien du mal à détacher son regard de sa croupe dont il imagine à nouveau les courbes voluptueuses sous la tunique bien trop sage à son goût.

Paul a beaucoup de mal à maîtriser l’effet que suscite cette femme sur ses hormones. À ses yeux, Leïla Ben Saoud est une chrysalide qui ne demande qu’à se transformer en princesse des mille et une nuits, un véritable concentré de charmes orientaux.

L’homme se dit qu’il ne peut se résigner à la laisser partir ainsi. Et pour la première fois de son existence guidée par un esprit des plus cartésiens, il se met à envisager un calcul divin destiné à réunir ces deux êtres qui ont pourtant bien peu de choses en commun.

Si Dieu est dans le coup, pense-t-il avec ironie, inutile de harceler Leïla. Le hasard fera son œuvre.


N’ayant pas trouvé son bonheur dans les rayons du supermarché, Legrand quitte les lieux pour tenter sa chance avec succès au grand magasin de bricolage situé juste à côté.

Puis, après avoir payé et emporté l’outil convoité dans un sac, il rejoint son SUV Peugeot pour regagner le collège. Alors qu’il vient de déverrouiller à distance les portières de sa voiture, il se fige brusquement. À quelques mètres de lui, il aperçoit une nouvelle fois Leïla, qui vient de refermer le hayon de son Scénic hors d’âge et qui s’apprête à s’installer au volant.

Lorsqu’elle remarque le directeur du collège, la jolie mère de famille est comme tétanisée.

L’homme est le premier à reprendre le contrôle.



Leïla semble désemparée et Paul se sent obligé de la rassurer.



La phrase pleine de sous-entendus fait violemment rougir Leïla. Elle qui a pourtant l’habitude de clouer le bec des importuns est troublée par cet homme comme cela ne lui était jamais arrivé auparavant. Et ce sentiment inexplicable remet en cause toute l’éducation qu’elle a reçue depuis son plus jeune âge.


Paul perçoit la faille dans la cuirasse que Leïla s’est construite au fil des ans et ce constat le ravit et l’effraie à la fois.

Une petite voix lui recommande de passer son chemin au plus vite mais l’attirance croissante qu’il éprouve pour la belle Maghrébine est trop puissante. D’autant plus que Paul est persuadé que ce sentiment est partagé.

Il s’approche alors de Leïla et plonge son regard azur dans les yeux aux reflets dorés de Leïla.



Avant que la belle femme puisse prononcer le moindre mot, Paul ouvre la portière de sa 3008, s’installe au volant et démarre.



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Alors que Paul vient de terminer son repas dans la salle du collège réservée au corps enseignant, ses pensées se portent une nouvelle fois sur Leïla Ben Saoud, la mère d’un des rares élèves de son collège qui semble posséder les capacités pour réussir de brillantes études. Cette femme l’obsède de plus en plus. Cela fait exactement une semaine qu’il l’a croisée au grand supermarché et malgré sa demande, elle n’a pas essayé de le joindre. Paul souhaiterait qu’Akim intègre un lycée disposant d’une section musicale et dans moins de dix jours, il sera trop tard pour présenter un dossier.

Le directeur décide donc de retourner dans la grande surface à l’heure à laquelle il avait croisé Leïla la semaine précédente, espérant que la femme qui occupe ses pensées s’y trouvera elle aussi.

Paul attend depuis plusieurs minutes dans le rayon où ils s’étaient rencontrés la première fois lorsqu’il aperçoit Leïla poussant son chariot devant elle.

La femme marque un temps d’arrêt lorsqu’elle voit le directeur. Et celui-ci se dirige spontanément vers elle.



La femme visiblement mal à l’aise n’ose affronter le regard de Paul.



Leïla redresse la tête.



Paul suppose alors que le père d’Akim exerce une étroite surveillance sur son épouse et il se demande même s’il n’a pas accès à la liste de ses appels téléphoniques.



Leïla hésite avant de répondre.



Paul plante ses yeux azur dans ceux de Leïla.



La jolie femme ne peut cacher sa gêne tandis que Paul s’éloigne avec tristesse face à l’obstination de son interlocutrice.



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Le lundi suivant, peu avant dix heures, le téléphone de Paul signale la réception d’un SMS en provenance d’un numéro inconnu.



À la lecture du message, le cœur de Paul se met à battre la chamade. Il comprend qu’il doit réagir au plus vite et profiter du créneau pour appeler Leïla.

Lorsqu’elle répond, Paul décide de s’adresser à elle avec prudence :



En entendant le nom du village, Paul a une idée.




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Mohamed Ben Saoud a toujours fait preuve de méfiance vis-à-vis de sa belle-sœur Djamila. Il la trouve beaucoup trop indépendante à son goût et il admet difficilement que son mari Abdel lui permette de sortir le visage maquillé et la tête nue.

Mohamed préférerait que Leïla, son épouse, cesse de voir sa sœur aînée mais il a trop de respect pour l’institution familiale pour lui imposer cette interdiction.

De son côté, Djamila n’apprécie guère son beau-frère. Sa manière de régenter sa famille lui déplaît singulièrement. Et elle estime de son devoir de recevoir sa sœur tous les mardis pour limiter les effets du lavage de cerveau incessant que lui fait subir Mohamed.


Dès que Leïla a franchi le seuil de son appartement ce mardi-là, Djamila remarque que sa sœur semble particulièrement perturbée. Et après quelques minutes d’échanges avec son invitée, elle finit par la questionner, ce qui ne fait qu’accentuer le trouble de Leïla.



C’en est trop pour Leïla qui fond en larmes avant de se résigner à tout raconter à Djamila.


Émue par les révélations de sa cadette, elle l’entoure de ses bras et la serre contre son cœur pour la réconforter.



Djamila prend le temps de la réflexion avant de poursuivre.



Leïla fixe sa sœur avec surprise.



Leïla semble désemparée avant que sa sœur poursuive :



Leïla n’ayant émis aucune objection, sa sœur lui propose de s’attabler :



Devant l’insistance de sa sœur, Leïla accepte de s’installer pour le déjeuner, mais son trac est tel qu’elle doit se forcer pour ingurgiter quelques bouchées des mets préparés par Djamila.



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Cela fait près de vingt minutes que l’heure du rendez-vous est passée. Assis dans un fauteuil du salon de l’hôtel excentré dans lequel il a donné rendez-vous à Leïla Ben Saoud, Paul Legrand termine sa bouteille de bière.

À la fois immensément déçu et malgré tout soulagé, il s’apprête à quitter le fauteuil usé dans lequel il a attendu en vain la jolie mère d’élève. Un dernier coup d’œil à son smartphone désespérément muet et Paul se lève, puis il pose quelques pièces sur la table pour régler sa consommation et il commence à se diriger vers la sortie.

C’est à ce moment qu’il aperçoit enfin Leïla. Paul a l’impression que son cœur va s’arrêter et il a du mal à en croire ses yeux. Il est littéralement bouleversé par le visage magnifiquement mis en valeur par une chevelure aux reflets brillants qu’aucun voile disgracieux ne vient cacher. Chaussée de ses ballerines et vêtue d’un jean et d’un pull qui ne parviennent en aucun cas à rendre banals des jambes admirablement fuselées et un torse aux courbes dignes d’une reine de sabbat, la mère d’Akim est absolument éblouissante.

En croisant le regard de Paul, elle ne peut cacher qu’elle est encore plus troublée que lui.

Le temps vient de se figer pour les deux êtres qui semblent mutuellement subjugués.

Paul rompt le silence pesant qui s’est abattu sur eux.



Face à l’hésitation de la femme, il lui fait une nouvelle suggestion.



La magnifique créature qui se tient à ses côtés est bien trop émue pour émettre le moindre son et elle se contente d’accepter la main tendue par Paul.


Sans dire un mot, il les conduit à pas mesurés à l’extérieur du bâtiment avant de s’arrêter à l’ombre d’un cerisier du Japon dont les fleurs commencent à éclore.



La trentenaire se garde d’interrompre le directeur mais son corps trahit l’émoi que lui procure la confidence.



L’index délicat que Leïla pose sur ses lèvres interrompt le discours de l’homme. La jolie femme s’approche à quelques centimètres de lui et lève la tête pour le fixer avec intensité.

Paul comprend aussitôt le sens de l’invitation et tout en l’enlaçant dans ses bras, il plaque sa bouche sur celle de la beauté méditerranéenne.

Leïla ne refuse pas l’appendice qui s’immisce entre ses lèvres et sa langue se mélange à celle du quadragénaire, prélude à une fiévreuse sarabande. Une chaleur délicieuse enveloppe Paul lorsque le corps nerveux de Leïla se plaque contre le sien.



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Épuisés par les étreintes brûlantes qui les ont unis pendant plus d’une heure, les deux amants s’observent avec tendresse.

Jamais auparavant, Paul n’avait ressenti un tel désir pour une femme et Leïla est incapable de décrire le bonheur qu’elle ressent tandis que son amant dépose de délicats baisers sur son front et sa magnifique chevelure. Elle ne se souvient pas d’avoir avant ce jour crié comme elle l’a fait lorsque la jouissance l’a submergée à plusieurs reprises.

Elle aimerait du fond du cœur que ce moment soit éternel mais alors que la tension sexuelle se dilue peu à peu, ses pensées se tournent naturellement vers ses enfants. Le goût salé de la larme qui s’écoule de l’œil humide de Leïla permet à Paul de prendre la mesure du désarroi qui est en train de gagner sa toute nouvelle maîtresse.


Même s’il ne regrette nullement les événements qui viennent de se produire, il est conscient que Leïla ne pourra jamais devenir une banale partenaire de plus pour lui. D’abord parce que le sentiment qu’il éprouve pour cette femme est beaucoup plus fort que ce qu’il a connu jusque-là. Ensuite, parce qu’il sait bien que si Leïla entretenait une liaison ordinaire avec n’importe quel homme, elle serait découverte presque aussitôt.


Néanmoins, ces perspectives n’empêchent nullement les deux amants de se retrouver chaque mardi après-midi pendant plusieurs semaines, dans la chambre de l’hôtel où ils se sont unis pour la première fois.

Ces moments volés où ils se découvrent mutuellement sont un véritable enchantement pour l’une comme pour l’autre et à chaque nouvelle rencontre, la séparation est plus difficile.


Paul se demande évidemment lorsqu’il est seul si sa belle aura la force de remettre en question toute sa vie et ce qu’elle risque si elle ose affronter son mari. Il croit réellement que le sentiment qu’il éprouve pour Leïla est sans doute réciproque mais il sait aussi qu’elle n’abandonnera jamais ses enfants. Et à moins de s’enfuir avec eux, elle risque de les perdre si elle se lance dans une procédure de séparation. Car elle sera aussitôt considérée aux yeux de tous comme la putain qui préfère coucher avec un mécréant au lieu de chérir sa famille et son mari pieux et aimant.


Le mois d’avril touche à sa fin. La proposition faite à la famille d’Akim pour que le brillant élève de troisième intègre une section musicale dans un lycée côté de la région est restée lettre morte.

Mais Paul a une raison bien plus impérieuse d’être heureux.

Il a compris que la magnifique femme qui vibre intensément dans ses bras lorsqu’ils partagent leurs formidables moments de bonheur est celle qu’il espère depuis toujours.



Je sais que tu n’abandonneras jamais tes enfants et je les ai bien sûr intégrés dans mon projet. Es-tu prête à tirer un trait définitif sur ta vie passée ?


Leïla se love contre son amant pour cacher son émotion.



Les yeux de Paul s’embuent avant qu’il s’adresse à Leïla.



Leïla est incapable de maîtriser l’émotion qui la gagne et elle se love contre Paul pour qu’il ne puisse voir les larmes qui viennent de submerger ses yeux. Le contact de la peau si douce de son amante réveille le désir de l’homme. Il l’aide à s’étendre sur le dos. Et Leïla oublie aussitôt tous ses tracas. Elle écarte largement les cuisses et implore son amant de se coucher sur elle pour la pénétrer. Les deux amoureux vibrent à l’unisson. Leur souffle devient court et rauque alors que le plaisir s’immisce peu à peu au fond de leur être. Leïla est la première à hurler lorsque le plaisir la submerge et Paul la rejoint peu après avant de s’affaler sur sa splendide poitrine.



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Leïla et Paul viennent de partager près de deux heures de bonheur intenses, faisant l’amour comme si leur vie en dépendait.

Une dernière fois, ils se remémorent le programme risqué élaboré pour le lendemain.

Paul dépose un baiser sur le nez ravissant de Leïla avant de s’exprimer.



Leïla s’apprête à l’interrompre mais Paul ne lui en laisse pas le temps.




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Lorsque Leïla réintègre le domicile conjugal, il lui reste peu de temps pour aller récupérer son fils Nabil à l’école primaire. Le silence qui la cueille lorsqu’elle ouvre la porte de l’appartement la met mal à l’aise. Normalement, Aïcha et Akim devraient être rentrés du collège. Elle referme la porte et se dirige vers le salon tout en appelant ses aînés. Et en entrant dans la pièce, elle ne peut réprimer un cri de stupeur. Assis sur le canapé aux côtés de son ami Ali, Mohamed la toise avec mépris.



Malgré la terreur qui l’étreint, Leïla se met à apostropher Mohamed en hurlant.



Complètement désespérée, Leïla perd conscience et s’écroule sur le plancher de l’appartement.

Lorsqu’elle émerge, plus de dix heures se sont écoulées. Impuissante, pieds et poings liés, la mère de famille comprend qu’elle se trouve allongée sur le plancher d’un camion qui roule vers une destination inconnue.

Pendant toute la durée du voyage de plus de vingt heures, nul ne se soucie de son bien-être. Elle reste ainsi allongée sans boire ni manger, n’ayant d’autre alternative que d’uriner sous elle pour libérer sa vessie douloureuse.


L’homme qui vient la chercher lorsque le camion termine enfin sa route ne montre pas plus d’égard. D’un geste, il balance le corps meurtri de Leïla sur son épaule et sans prononcer le moindre mot l’amène dans la cale d’un vieux cargo où il la balance sans ménagement avant de disparaître.

Lorsque le bateau s’est suffisamment éloigné des côtes italiennes, Leïla entend la porte de sa cellule s’ouvrir. La lumière blafarde de la pièce l’éblouit un bref instant avant que Mohamed qui vient d’entrer dans la pièce s’adresse à son épouse.



Leïla pousse un cri d’horreur en découvrant le dessein de son mari.



Leïla éclate en sanglots après avoir écouté le discours de son mari. Après avoir craché sur la mère de ses enfants, celui-ci éteint la lumière puis il verrouille la porte de la pièce. Ensuite, il rejoint sa cabine. Dans celle qui est contiguë et qu’il a soigneusement cadenassée, ses enfants épuisés somnolent tant bien que mal sur des matelas puants et pleins de puces.



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Moins d’un mois s’est écoulé avant que les enfants de Leïla se retrouvent orphelins. Car, lorsque le chef local du groupe islamiste a vu débarquer Mohamed et sa sublime épouse, il a très vite considéré qu’il était le seul combattant digne d’honorer la magnifique femelle que ce crétin de français venait de lui présenter. Mohamed a donc été envoyé en première ligne pour combattre les infidèles et une rafale de Ak47 n’a pas tardé à mettre un terme définitif à ses velléités guerrières.


Depuis la mort héroïque de son époux, « valeureux soldat du califat », la malheureuse Leïla s’attend à subir chaque nuit les assauts du lieutenant Omar Ben Assim, chef djihadiste autoproclamé dont le comportement dénué de la moindre humanité suscite terreur et dégoût auprès de la population locale et de la partie la moins belliqueuse de sa troupe. Lorsque l’infâme ordure moins abrutie que d’habitude par sa consommation quotidienne de qat réussit à la pénétrer, Leïla serre les dents stoïquement s’évertuant à déconnecter son esprit pour oublier le pourceau qui fouille son intimité sans ménagement.

Et le souvenir des merveilleuses étreintes partagées avec Paul Legrand lui offre le fil de vie qui lui évite de se réfugier dans la mort pour échapper à son ignoble tourmenteur.



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Plus d’une année est passée depuis le jour où Leïla et ses enfants ont fait faux bond à Paul Legrand alors qu’ils s’apprêtaient à partir ensemble pour un périple sans retour en Amérique du Sud.

Le directeur de collège se remet peu à peu de cette séparation qui l’a plongé dans un abîme de désespoir que seule sa mission de fervent apôtre de l’école républicaine lui a permis de surmonter.

Il ne s’est pas passé une seule journée depuis ce jour funeste sans que le visage radieux de Leïla illumine son esprit.


En croisant Paul ce jour-là, Irina Kovacs, la prof de français qui l’a soutenu sans faillir pendant tous ces mois remarque une lueur nouvelle dans les yeux azur de son responsable. Il semble beaucoup moins abattu qu’à l’habitude, et si l’enseignante en est sincèrement heureuse pour lui, elle aimerait aussi en connaître la cause.



Il jette un coup d’œil à sa montre avant de déclarer :



Paul reste silencieux jusqu’à ce que les deux tasses soient remplies puis il tend la sienne à la professeur de français.



Irina détourne légèrement le regard alors que les yeux de Paul s’humidifient sous le coup d’une émotion qu’il maîtrise difficilement. La professeur saisit immédiatement les implications de la révélation de Paul qui étouffe un sanglot avant de reprendre son discours.



En faisant cette dernière révélation, Paul se prend la tête dans les mains et il se met à renifler bruyamment.

Irina s’approche alors de lui et pose doucement sa main sur son épaule tentant de masquer de toutes ses forces l’émotion suscitée par la dernière phrase qu’il vient de prononcer.



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Une semaine s’est écoulée depuis que Leïla et ses enfants ont remis le pied sur le sol français. Leïla et sa fille Aïcha partagent une chambre dans une maison de repos située à quelques dizaines de kilomètres de la maison de Djamila qui héberge provisoirement ses deux neveux.

Si Nabil semble se remettre peu à peu de son atroce expérience, c’est loin d’être le cas d’Akim enrôlé de force par le groupe djihadiste. Même s’il n’a jamais eu à utiliser son arme contre un opposant, les épreuves qu’il a subies pendant des mois, ajoutées à la détresse de sa sœur et de sa mère, l’ont complètement anéanti.


Lorsque la porte de la chambre s’ouvre, Leïla jette un coup d’œil distrait vers l’entrée. En découvrant Paul Legrand, immobile sur le seuil, un grand bouquet de fleurs à la main, elle fond en larmes.

Malgré la tristesse qui semble l’avoir marquée à jamais, aux yeux de Paul, Leïla se révèle encore plus désirable que la dernière fois qu’il l’a serrée contre lui.

Mais il comprend que quelque chose s’est brisé en elle et qu’elle aura besoin de beaucoup de temps pour accepter qu’il la prenne à nouveau dans ses bras.