| n° 20800 | Fiche technique | 37217 caractères | 37217Temps de lecture estimé : 20 mn | 25/02/22 |
| Résumé: Dernier chapitre, où Jeanne termine son initiation de jeune fille. | ||||
| Critères: fh ff fhh jeunes frousses rousseurs couple couplus vacances campagne jardin amour exhib ffontaine caresses fellation fist pénétratio fsodo init -historiqu -rencontre | ||||
| Auteur : Marchandisidore (Dernier épisode de la série Jeanne de Culigny) Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Jeanne de Culigny Chapitre 04 / 04 | FIN de la série |
Résumé de l’épisode précédent :
Jeanne quitte Paris afin de s’émanciper de sa famille. Elle découvre que, malgré les apparences, bien des choses se passent au domaine où elle séjourne.
La matinée était déjà bien avancée quand Jeanne ouvrit l’œil. Se devinant sous les draps, la forme de son corps remua mollement et sa tête s’enfouit au fond du moelleux de l’oreiller. Elle profitait encore un peu des douceurs du nid confortable et essayait de se persuader que les souvenirs confus de la nuit passée n’étaient que le fruit de rêves embrumés. Son regard s’ouvrit peu à peu. Aux détails de la pièce envahie par la lumière matinale, elle dut se rendre à l’évidence ; elle était bien dans la chambre de Miss Lyndsay. La vision de la bouteille de champagne posée sur le guéridon et du plateau posé à côté lui rappela instantanément leur débauche nocturne avec les deux employés de service.
Les images lui revinrent alors ; un sentiment de panique monta en elle. Tout élégants et dévoués étaient-ils, tôt ou tard, ces hommes d’un soir auraient eu plaisir à raconter auprès de leurs amis, leurs faits d’armes sur ces demoiselles de bonne famille.
Cependant, la réception était finie. Le personnel de service, embauché à la vacation pour l’occasion, était reparti dès le matin hors du domaine. Ce départ donnait à Jeanne et à Miss Lyndsay l’assurance d’une protection contre toute rumeur allant à l’encontre de leurs réputations. Elle seule, ainsi que son initiatrice de débauche dont le lien d’amitié était maintenant scellé par ce secret, savait ce qu’il s’était passé dans cette alcôve.
Jeanne, sortit des draps prestement, revêtit une grande chemise blanche et alla ouvrir les fenêtres. Le soleil brillait fort au-dehors, le ciel était d’un bleu magnifique et uni. Elle prit une profonde inspiration en ouvrant les ailes de son joli petit nez légèrement recouvert de taches de rousseur. Les yeux fermés, elle goûtait à la chaleur de la lumière qui lui touchait le visage. Elle se demandait ce qui depuis hier avait pu changer dans son corps. Les sensations de picotements intérieurs que son petit postérieur lui faisait ressentir lui rappelèrent par où les prétendants de la veille étaient passés. Plutôt que de penser au trouble d’avoir été ainsi prise, elle préféra se dire qu’aucun enfant ne risquait d’être engendré de cette manière et que sa virginité était toujours intacte.
Jeanne rouvrit les paupières. Là-bas, dans le jardin, elle reconnut Berthe qui d’une main tendue l’invitait à rejoindre une partie de croquet. « Après tout pourquoi pas ! Allons-y, cela me changera les idées, se dit-elle. »
Elle fit succinctement sa toilette et rejoignit ses amies, non sans avoir fait un petit détour en cuisine afin de chiper quelques chouquettes au sucre. La table du petit déjeuner ayant été desservie depuis un moment, elle n’avait, se dit-elle, plus d’autre choix que ce gentil larcin pour tenir jusqu’au déjeuner.
L’air était doux et l’odeur de gazon fraîchement coupé dominait sur celle des massifs de fleurs. La partie fut divertissante. Lyndsay qui excellait dans l’art du croquet était intraitable avec ses adversaires. Sauf avec Jeanne dont elle essayait de faire gagner une manche. Mais malgré cette aide, la pauvre Jeanne n’arrivait pas à jouer correctement. Ce qui s’était passé hier la hantait, elle était pourchassée par une forme de virilité s’exprimant partout : le tronc des grands châtaigniers noueux sortant de leurs frondaisons moussues pour aller se planter en terre, les deux beaux canons en bronze décorant les terrasses, les cheminées sur la toiture, les tours du château et même les canalisations des gouttières lui semblaient impudiques.
Au moment de terminer le parcours alors que Jeanne touchait presque à la victoire, Lyndsay lui fit une petite allusion, tournée en compliment bien sûr, à propos de la manière qu’elle avait de manier le maillet. Jeanne fut alors prise d’une bouffée de chaleur lui montant au visage : les joues écarlates, elle fixait le long manche en bois blanc qu’elle avait dans les mains. Il lui semblait vivant, ithyphallique.
Sous le regard ahuri des participantes, elle frappa la boule qui se trouvait devant elle. Sans retenue. Comme si de ce geste symbolique et libérateur, elle pouvait guérir du priapisme, tous les objets qui en semblaient être atteints. Le tir fut si fort et si maladroit que le projectile sauta par-dessus l’arceau et alla terminer sa course dans les plates-bandes. Le fou rire général acheva de tourner en ridicule la situation. Prétextant avoir un peu trop chaud, Jeanne alla se reposer un peu à l’écart et passa la journée à essayer de lire sous la tonnelle. Peu à peu, elle retrouva son calme et dissipa son trouble.
Le lendemain, Jeanne reprit tranquillement le cours habituel de sa vie de château. Le quotidien, dont elle goûtait initialement les agréables plaisirs, lui paraissait maintenant morne. Elle avait ouvert une boîte de Pandore, impossible à refermer. Son envie d’aventure la taraudait. Comme la petite chèvre de monsieur Seguin, elle s’ennuyait. Son éveil des sens lui avait fait découvrir un monde concrètement charnel, risqué, excitant. Elle se sentait l’âme à l’exploration de ce continent mystérieux et nouveau.
Dorénavant, elle ne se reconnaissait plus en cette petite fille sage habitant un hôtel particulier à Paris. Elle avait soif de liberté. D’autant plus que son retour prévu en fin de semaine était proche, elle souffrait à l’idée de retrouver son quotidien de grisaille parisienne : l’ennui de sa chambre ; ses sorties mondaines, en compagnie de gens si assommants et prétentieux qu’ils se croient toujours être le centre du monde ; et surtout, ces vieux messieurs à rouflaquettes et moustaches cirées qui au prétexte de visiter sa mère viennent pour lui faire la cour.
Il fallait qu’elle trouve le moyen de rester encore quelques semaines chez sa tante. Jeanne prit la résolution d’écrire à celle qui pouvait intercéder auprès de son père pour prolonger son séjour :
Ma très chère mère,
J’espère que vous me pardonnerez de ne vous donner de nouvelles qu’au moment où je dois rentrer à Paris. Vous comprendrez que la vie provinciale, si reposante soit-elle, n’est pas exempte d’occupations prenantes et que mes cousines ici ne me laissent guère le temps de m’ennuyer. Si vous saviez la passion qu’elles ont pour le jeu de dames ! Et encore, je ne vous parle pas du croquet et du piano ; je n’ai pas un moment à moi ! Ah, quelle fatigue. Le soir, je suis obligée de leur fausser compagnie sinon elles ne me laisseraient pas monter me coucher ! Elles m’accablent sans cesse de questions au sujet de la mode parisienne ; elles me demandent tous les jours des conseils sur leurs toilettes ! Mais ma petite maman, je dois vous avouer que je suis bien ici. Les oiseaux chantent toute la journée et Madame votre sœur est aux petits soins avec moi. Si seulement vous me permettiez de rester encore un peu je pourrais l’aider à préparer la venue du jeune Duc de Montrose qui est de la famille par alliance de mon amie Lyndsay. Il vient la semaine prochaine. Je me dis que ma présence apaiserait votre sœur. Elle est très nerveuse à l’idée de recevoir un jeune homme de si noble qualité…
Je vous promets que je serai toute reconnaissante de votre bienveillance, et que je pense à vous tant que je peux. Embrassez Papa de ma part.
Votre petite Jeanne.
Chaque soir, Jeanne avait pris pour habitude de rendre visite à son amie Lyndsay par une porte permettant à leurs deux chambres de communiquer. Outre les petites médisances et moqueries de circonstance au sujet des personnes de leur entourage, leurs conversations tournaient essentiellement autour de l’art de séduire les hommes ou de savoir les garder. L’amie expérimentée ne manquait pas d’illustrer ses propos par de croustillantes anecdotes. Puis, les cours du soir se terminaient le plus souvent par un exercice pratique : les soupirs des deux amies se mettaient alors à converser dans le silence, petite musique de nuit donnée en sourdine dans le secret de l’alcôve. Frissonner, effleurer de caresses et de baisers, elles étaient devenues expertes d’un nouveau jeu ; essayer de faire jouir l’autre la première.
Après leurs petites récréations saphiques, elles se délassaient généralement l’une à côté de l’autre avant de regagner leurs chambres respectives. C’est à cette occasion que, sur l’oreiller, Jeanne se confia sur son envie d’indépendance. Elle ne voulait pas retourner vivre à Paris chez sa mère. Elle ne voulait plus de sa vie d’avant. Le mariage lui permettrait de s’émanciper de sa famille tout en la libérant d’une virginité pesante. Être comblée charnellement par un homme lui était de plus en plus pressant, elle était plus que disposée à rencontrer celui qui ferait d’elle sa femme.
Au cours de leurs nombreuses discussions nocturnes, son amie Lyndsay, en bonne entremetteuse, s’était résolue de lui faire rencontrer un joli parti. Et ce joli parti, elle l’avait trouvé : il s’appelait Andrew. Il était Duc, il était beau, il était riche. Il avait une fine moustache – Jeanne avait un faible pour les hommes qui avait une fine moustache. Sa mâchoire carrée, toujours rasée de frais, donnait à son visage un air martial élégamment adouci par une dense chevelure de boucles brunes. Dès son arrivée au domaine, il fit sensation. Les dames étaient aux petits soins avec lui et les hommes voulaient en faire leur ami. Il parlait admirablement bien français, presque sans accent. D’ailleurs, passionné de sport équestre, adroit joueur de polo, il ne manqua pas de susciter l’admiration de tous, lorsqu’il raconta avec un certain détachement, sa participation l’année dernière au tournoi du Cowdraay Park.
Andrew avait remarqué la jolie rousse. S’étant rapproché l’un de l’autre, il ne se passait pas un soir sans qu’après le dîner ils n’aillent tous deux discuter sous la tonnelle. Ce qu’ils se dirent ? Nul ne le sait. Observant du coin de l’œil le ballet des deux tourtereaux et ravie de voir que le charme opérait, Lyndsay décida qu’il était grand temps d’accélérer la demande en fiançailles du jeune homme. Pour cela, cette habituée des truchements mondains avait ses solutions.
Le lendemain après-midi, Jeanne devait rejoindre Andrew dans le beau verger de pommiers qui s’étendait par-delà le mur d’enceinte du château vers le domaine de chasse. Son cœur battait fort, il lui semblait vivre l’aventure d’une de ses héroïnes de roman d’amour. Ils s’embrassèrent longuement sous l’ombrage des petites ramures. Elle frémissait sous l’effleurement de ses caresses. Tout en parcourant amoureusement ses épaules de baisers épars, Andrew remonta avec savoir-faire les pans de tissus et passa sa main sous sa robe. La peau de sa cuisse était douce. Jeanne se sentit défaillir, elle était prête à succomber. Le parterre de petites fleurs blanches, la brise tiède d’été, tout était là comme dans ses rêves et concordait à la faire chavirer. Soudain, elle se rappela les recommandations de Lyndsay :
Elle recula et disparut derrière la vieille muraille d’enceinte aussi prestement que l’aurait fait une biche. Dans la précipitation du départ, elle laissa choir un mouchoir. Léger, le morceau d’étoffe brodée voleta dans l’air puis alla se poser dans la verdure.
Andrew fut surpris de cette fuite. En bon prince de Cendrillon, il alla ramasser l’objet que la belle avait laissé tomber afin d’aller le lui rendre plus tard. C’était un petit mouchoir blanc marqué de belles initiales et qui sentait l’orgeat. En le humant, il reconnut l’odeur sucrée de la peau de la jolie rouquine. S’enivrant de cette fragrance, il se résolut à aller se présenter le soir même à la chambre de la belle afin de lui rapporter le précieux tissu.
C’est après le souper, à cette heure tardive où la fatigue commence à se faire sentir et incite chacun à regagner ses appartements, que Jeanne et Lyndsay prirent congé de la compagnie. Après avoir été ignoré toute la soirée, le jeune duc observa les quelques minutes d’attentes que la bienséance lui imposait pour prendre la suite de celle qui nourrissait son obsession amoureuse. Le plan marchait comme prévu, il mordait. Le fil était gros et l’eau bien claire et pourtant il ne voyait pas qu’il se faisait prendre par un hameçon qui le ferrait au cœur. À l’inverse de la manière dont les princesses embrassent les grenouilles pour les changer en princes, ce prince-là, changé en grenouille, se faisait prendre au chiffon rouge. Et ce chiffon rouge était blanc et marqué des initiales de Jeanne.
Ne sachant trop comment il allait être reçu, c’est sur la pointe des pieds qu’il emprunta l’escalier qui menait jusqu’aux appartements de la demoiselle. Il lui semblait entendre du mouvement derrière la porte ; il toqua doucement mais personne ne répondit. Après un moment d’hésitation, il prit l’initiative d’entrer, mais personne n’était dans la chambre, les effets personnels de la jeune femme, rangés avec ordre, témoignaient d’une personne soignée. L’entêtante et gourmande odeur d’orgeat embaumait agréablement les lieux, lui rappelant les moments passés près d’elle dans le verger. La volonté de répondre de son attitude trop entreprenante était immense ; il brûlait de lui témoigner la pureté de ses sentiments et de lui promettre un dévouement des plus engageant.
Il faut dire qu’il avait été impressionné par la fermeté de son refus. La manifestation de ses scrupules et sa droiture morale la caractérisait comme épouse idéale. Mais après réflexion, le Jeune Duc s’inquiétait d’être en mesure de s’accommoder avec une nature si chaste car il savait les attentes de son tempérament inadaptées à trop d’abstinence charnelle. Le bon sens le garderait bien de faire un pareil mariage si la belle se refusait excessivement à lui.
Après avoir posé le précieux mouchoir sur le rebord du lit, il s’apprêtait à quitter la place, mais il perçut quelques éclats de voix et rires retenus. Cela provenait de la pièce d’à côté. Une porte communicante laissée entrouverte, encadrée par deux grands et lourds rideaux, permettait en les écartant de voir sans être vu. Un réflexe naturel lui commanda de répondre à sa curiosité.
Jeanne et Miss Lyndsay prises d’un fou rire dû au malaise que leur procurait la situation essayaient de retrouver leur calme. Prévenues de la présence du prétendant par le mouvement du rideau, elles prirent chacune le rôle de composition qu’elles avaient prévu de jouer.
Alors, sous le regard médusé d’Andrew, Lyndsay se rapprocha de Jeanne et lui prodigua un baiser profond et langoureux. Les caresses s’enchaînèrent. Lyndsay fit un peu remonter le tissu de la robe de Jeanne pour en dégager l’accès. Sa main se fraya un chemin parmi les replis de tissu et alla pratiquer entre ses jambes un massage appuyé et ferme. Ainsi maintenue par l’entrecuisse, Jeanne recevant les doigts de son amie commençait à perdre pied. Elle s’efforçait de l’embrasser à pleine bouche afin de bâillonner les gémissements qui montaient en elle. Mais la blonde écossaise, par une accélération soudaine des mouvements de sa main, finit par avoir raison de la jolie rouquine.
Derrière le rideau, Andrew ravalait sa salive. Après avoir subi le refus de l’épisode du parc, pas un instant il ne se serait douté de la chaleur du tempérament qui habitait ici l’élue de son cœur.
La nuit commençait à tomber et par la fenêtre grande ouverte, on pouvait déjà apercevoir les premières étoiles. Lyndsay était maintenant sur le rebord du lit et ouvrant largement ses cuisses, elle commença à se caresser. Jeanne, dans toute la blancheur gracieuse de son corps longiligne, entreprit un lent effeuillage. Se défaisant de la partie haute de sa robe, elle frissonna quand sa poitrine libérée de l’étoffe fut exposée à l’air frais du soir. Telle une esclave celte, elle se déhancha dans une danse qui avait quelque chose d’oriental afin de faire descendre le reste du vêtement sous ses hanches. Puis, lorsque sa petite toison de cuivre fut dévoilée, la robe tomba d’un coup à ses pieds. Livrant son corps dans son plus simple appareil, belle Vénus à peau laiteuse et aux cheveux de feu, sa silhouette féminine se détachait dans l’obscurité de la pièce. Elle se gardait bien de se tourner vers le rideau, mais elle savait que l’œil attentif qui de là l’observait ne pouvait être insensible à ses appas.
Jeanne alla s’accroupir face aux jambes écartées de la jolie blonde. Pour plaire à son voyeur et parce qu’elle se savait la taille fine, elle s’efforça de bien se cambrer afin de relever sa physionomie arrière et ainsi lui donner un meilleur avantage. Elle était idéalement placée pour commencer la dégustation que son amie lui réclamait. D’abord, ses mains caressèrent l’intérieur des cuisses de sa receveuse puis, introduisant ses doigts en elle, elle entoura son bouton rose de ses lèvres. Les petits coups de langue succédèrent aux baisers et sur la demande de son amie les mouvements de ses doigts se firent plus insistants. Il faut dire que Lyndsay était électrisée par le fait d’être vue et voulait elle aussi se donner en spectacle à celui qui à quelques mètres observait la scène.
Alors, afin de contenter la demande de son amie, Jeanne lui mit ses doigts les uns après les autres jusqu’à tous les introduire. Incitée par les gémissements de Lyndsay, elle effectuait des va-et-vient de plus en plus forts. Ses dernières phalanges entraient presque, il ne manquait rien pour que sa petite main ne s’engouffrât entièrement. Et c’est ce qui se produisit quand en appuyant un peu trop sur l’entrée de sa vulve, Jeanne y pénétra jusqu’au poignet. D’abord décontenancée, elle arrêta son geste, mais observant les mouvements de bassin et les gémissements de son amie, elle reprit par des petites poussées. De petites et progressivement de plus fortes. La jouissance de Lyndsay était proche. Tandis qu’elle s’efforçait de maintenir la fréquence de ses coups de langue sous son petit capuchon, Jeanne enleva sa main de son amie.
Ce retrait lui produisit une sensation très forte. Une contraction intense suivie d’un orgasme lui vint aussitôt. Plusieurs giclées de cyprine arrosèrent le visage de la lécheuse qui ne s’attendant pas à ce phénomène, eut la surprise d’en découvrir le goût salé.
Comprenant par où entrait la fraîcheur du soir, elle se releva et alla fermer la fenêtre qui était grande ouverte. D’une démarche féline, elle alla sur la pointe des pieds rejoindre son amie qui venait de se blottir dans le lit.
Andrew se trouvait assez décontenancé. Par le mouvement de surface et les rires mutins qui en émanaient, il comprit que les jeux des deux demoiselles se poursuivraient sous les draps. Frustré d’être ainsi privé de la suite du spectacle, il se dit qu’il était temps pour lui de quitter les lieux. Sans toutefois oublier de récupérer le précieux mouchoir qui lui servirait de laissez-passer pour s’entretenir une ultime fois auprès de la belle ! Les deux amies entendirent quelques craquements de plancher puis une porte se refermer doucement.
Le lendemain, tout se passa comme d’habitude. Mais Andrew avait disparu. Il était parti à l’aube sans qu’aucun ne sache où. Jeanne prenait son thé à la bergamote d’un air maussade tandis que ses cousines, dévorant des biscottes à la confiture, devisaient gaiement d’une sortie en barque prévue pour l’après-midi. Lyndsay partageait le désappointement de son amie. Elle se demandait si elle n’avait pas été trop loin et si leurs jeux de la veille n’avaient pas fait fuir le jeune duc.
Après le déjeuner, Jeanne qui n’était pas d’humeur à supporter la gaieté de ses amies déclina l’invitation de la promenade en rivière. Elle partit marcher seule vers le verger, souffrit de ses espoirs évanouis là où la veille ils étaient encore intacts. Et tandis que le ciel bleuissait, que la verdure verdissait, que chaque branche, chaque fleur lui disaient que la vie était belle, son cœur restait triste comme un tombeau. Elle reconnut l’arbre contre lequel ils s’étaient embrassés, le regard dans le vague elle vivait son premier chagrin d’amour.
Andrew était là, à quelques mètres d’elle. Frais et élégant. Beau comme à son habitude.
Jeanne se sentit défaillir.
Andrew prit doucement sa main et y déposa le mouchoir.
Jeanne qui n’en demandait pas tant fut cependant étonnée de se voir offrir son propre mouchoir en guise de dédommagement. Refermant sa main sur l’étoffe, elle sentit quelque chose à l’intérieur. Le dépliant, elle y trouva un diamant scintillant de tous ses éclats.
Jeanne qui, il y a quelques instants, ne croyait plus en l’avenir de sa relation avec Andrew, recevait maintenant de lui une demande de fiançailles.
Elle déposa sur ses lèvres un tendre baiser et lui chuchota tout doucement à l’oreille :
Prise par la taille et embrassée avec douceur, elle s’abandonnait entièrement aux caresses d’Andrew. Parcourant ses courbes, effleurant sa peau, il ne montrait cependant pas d’intentions claires de partir vers de plus aventureuses explorations. Alors Jeanne prit sa main dans la sienne et la guida parmi les replis de sa robe. Il eut la surprise de découvrir qu’entre ses jambes, sa toison chaude et humide était libre d’accès. Tandis qu’il l’embrassait, elle continuait d’appuyer sa petite main sur la sienne afin qu’il introduise progressivement ses doigts en elle.
Andrew, fou d’amour pour elle, ne se serait pas arrêté à ce que son hymen lui fît défaut. Il aurait feint alors de croire aux histoires qu’elle lui aurait racontées ; comme un galop à cheval trop intense, une pratique solitaire un peu poussée, un défaut de la nature. Pourvu qu’elle soit sa femme, tout cela n’aurait pas eu beaucoup d’importance. Mais le constat de sa virginité confirmait la tempérance de son caractère : il avait confiance en la droiture morale de cette jeune femme qui avait su attendre de rencontrer celui qui serait l’homme de sa vie pour lui sacrifier sa pureté. Impressionné davantage et honoré par cette découverte, il était celui qu’elle avait choisi pour époux. Les deux amants enflammés par la passion ne pouvaient plus réprimer leur désir. Jeanne se coucha dans l’herbe et, parcourue de mille baisers, entraîna avec elle son cavalier.
Tandis que leurs regards étaient plongés l’un dans l’autre, elle sentit ses lèvres intimes s’écarter au passage de quelque chose de chaud et de doux. Son visage d’ange fut impassible quand les premiers va-et-vient commencèrent. Toujours attentif à l’expression de la belle, il lui donna de plus en plus fort ; le membre la pénétra entièrement, déflorant la fine membrane de peau qui s’opposait à lui. Jeanne fit la moue et fronça un peu les sourcils. Mais bientôt, la légère sensation de brûlure passante, son visage se détendit et elle se mit à accompagner du bassin les calmes balancements de son amant. Elle était belle avec ses yeux noisette, sa bouche délicieusement gourmande et ourlée, son abondante chevelure rousse se répandant en boucles éparses parmi l’herbe, la mousse et les fleurs. Comme la sève montante commençait à venir en lui, il s’apprêtait bientôt à se retirer. Mais la belle, comprenant son intention, ne relâcha pas son étreinte et se resserra autour de lui.
Il se répandit alors en elle dans des spasmes profonds et désordonnés. Jeanne le regardait jouir. Il était beau, ce prince charmant, brun et mystérieux, exactement comme dans ses rêves. En chemise et lavallière dénouée, son col était largement entrouvert. Reprenant son sourire charmeur, il la regardait intensément de ses beaux yeux verts.
Un bruit de branche cassée se fit entendre. Tel un guépard dans la savane, le jeune duc se releva d’un coup et guetta les environs.
Jeanne, qui a ce moment était encore allongée dans l’herbe, se releva à la hauteur de son sexe. Ayant rendu sa vigueur, il pendait mollement au repos, tout gluant. Après l’avoir observé, elle se demandait à quoi, avec un si long nez et de si grosses oreilles, cet animal pouvait lui faire penser… Elle le prit gentiment en main et commença à le masturber lentement.
Andrew était amusé de la voir ainsi insister sur cette partie de l’artillerie masculine qui, ne tirant qu’à un coup, toujours prêt à décharger n’importe quand, ne se recharge qu’avec patience.
Elle lui fit d’abord un petit baiser mutin. Puis, reprenant un air le plus sérieux du monde, elle y posa les lèvres quelques secondes. Elle goba d’abord le gland. D’une aspiration forte, elle prit le reste de la verge ramollie en bouche. Le goût était étrange, rien avoir avec les saveurs féminines acidulées et douces. Le goût était iodé et fort, mêlant arômes de truffe et de fleur de châtaigner.
Un autre craquement se fit.
Jeanne qui avait la bouche pleine fit rouler ses grands yeux sur le côté. Elle reconnut le jeune jardinier. D’ordinaire, il travaillait aux fleurs mais aujourd’hui il était en visite au verger pour surveiller les greffons des jeunes pommiers qui avaient été plantés récemment.
La logique féminine échappait à Andrew, mais ce qu’il comprenait tout en sentant tourner la langue de la belle autour de son gland, c’était qu’il allait devoir mettre la main à la poche afin de payer le silence du jeune paysan. D’ailleurs, Jeanne qui avait avalé Andrew jusqu’à la garde le sentit progressivement gonfler sous les effets de ses caresses buccales. Trop gros pour être ainsi maintenu en bouche, le bigorneau était devenu un pousse-pied géant ; elle le libéra entièrement pour en admirer la vigueur.
Les lèvres de la jeune rouquine retournèrent sur le membre durci pour y coulisser avec une application et une régularité studieuse. Le jeune paysan, à quelques mètres, chapeau de paille sur la tête et en bleu de travail, avait sorti son vit et s’adonnait à une pratique qui d’ordinaire est proprement solitaire. Andrew, un peu gêné au début, accepta sa présence. Il se concentrait sur les soins que lui prodiguait sa future fiancée. Sa petite main qui le serrait fort circulait sur sa hampe suivant le rythme de succion que sa tête donnait d’avant en arrière. Au bout d’un moment, parce que l’articulation de sa mâchoire commençait à être fatiguée par l’exercice, Jeanne se releva. Tout en passant sa main sous les boutons de nacre de la chemise d’Andrew, elle s’approcha de son oreille et lui susurra :
Andrew était songeur. La quinzaine n’était pas envisageable, rien que pour l’organisation du voyage des familles et les invitations. En même temps, si Jeanne tombait enceinte, il ne fallait pas que la naissance trop précoce d’un enfant ne trahisse la consommation de l’hymen avant leur mariage.
Il reçut en guise de réponse un chaste petit baiser. Puis, se retournant, elle lui jeta une œillade par-dessus l’épaule et remonta quelque peu le pan arrière de sa robe.
D’une blancheur parfaite, l’arrière de sa physionomie s’offrait aux rayons du soleil. Andrew s’arrêta quelques instants sur la vision quasi artistique d’une rencontre du soleil avec la lune. L’introduction fut d’une facilité déconcertante. Tandis qu’il la prenait avec douceur, elle délassait lentement les liens qui retenaient son corsage afin d’en dégager sa poitrine. Elle avait toujours adoré se mettre nue, mais à l’extérieur, il y avait en plus la caresse de la brise effleurant sa peau et le plaisir d’être vue. Elle se caressait les seins, pressait ses mains sur leurs pourtours afin de les faire paraître plus gros, les serrait entre ses doigts. Tout en étant prise par son amant, elle plongeait ses yeux dans ceux de son voyeur. Elle voulait le voir, spectateur de son plaisir, décharger devant elle. Mais il prenait son temps, astiquant son vit avec une lenteur laborieuse.
Sentant qu’Andrew lui aussi ne venait pas, elle lui susurra dans le creux de l’oreille quelques mots clairs et sans ambages : c’était une proposition que peu d’hommes refusent à une femme. Il hésita quelques secondes, puis sans plus de préliminaire, poussa contre sa petite roue souple et entra d’une traite. Jeanne émit un long gémissement, bouche fermée. Le paysan interloqué devina par où maintenant la belle allait être travaillée.
Terriblement serrés par la contraction du passage intime, les mouvements furent d’abord difficiles puis ils prirent de l’amplitude. Jeanne, le visage fermé, les joues rosies, sentait battre sur sa fente les attributs virils de son futur mari. Le jeune paysan, s’agitant frénétiquement de la main droite, ne perdait pas une miette de la scène. Il finit par décharger dans l’herbe une rosée fertile faite de gouttes épaisses. Jeanne admirait ce gland rougi et baveux vaincu par ses charmes. Elle attendait sa deuxième victoire : elle n’allait pas devoir beaucoup attendre. Accélérant la cadence, Andrew se vida en elle dans un geste saccadé et profond tout en la maintenant fermement par les reins. Toujours en elle, la ramenant vers lui afin de lui caresser la poitrine et de parcourir sa nuque de tendres baisers. Elle n’avait pas atteint l’orgasme, mais l’extase. Sous les caresses du jeune duc, Jeanne de Culigny allait devenir duchesse de Montrose et vivre une nouvelle vie.
On entendait au loin la jeune compagnie revenir de promenade. Le jardinier avait déjà disparu. Alors, Jeanne prit Andrew par la main. Elle repensa à son voyage en calèche depuis Paris. L’épisode avec le groom lui revint à l’esprit et lui fit repenser à tout ce qu’elle avait vu, cachée derrière une planche ou un rideau ; la vieille marquise visitant la cabane du palefrenier ; ses parties de débauche avec son amie Lyndsay à qui elle devait tant.
Mais maintenant, son petit mouchoir replié contenait un diamant qui brillait de mille éclats. Elle était impatiente de découvrir ce que sa nouvelle vie de jeune épouse allait lui réserver.