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Temps de lecture estimé : 9 mn
06/02/22
Résumé:  J’avais décidé de participer au concours annuel de RBB, mais le thème et le manque d’inspiration ne m’ont pas permis de proposer un texte dans les temps. En attendant de terminer mon projet, je vous propose un petit délire dans l’esprit.
Critères:  fh fplusag jeunes ascendant init confession délire humour -humour
Auteur : Jimmychou  (Hors concours)      Envoi mini-message
Un dépucelage inattendu.






Lorsque mes parents se sont rencontrés, Candice, ma mère, était très jeune. Tout à fait innocente, la malheureuse s’était laissé séduire par un bellâtre peu fréquentable de huit ans son aîné. Celui qui allait devenir mon père n’avait pas eu besoin d’user beaucoup de cartouches avant de mettre Candice enceinte. Je sais que ce n’est pas très honorable de dénigrer ses parents mais lorsque le père de famille est un sale con, il arrive un moment où il faut cesser de se voiler la face et appeler un chat un chat.


Ma chère maman s’était donc retrouvée, à dix-sept ans à peine, avec un polichinelle dans le tiroir, et comme elle est issue d’une famille catholique pratiquante pour laquelle l’IVG est plus condamnable qu’un génocide khmer, ses parents l’avaient obligée à épouser Corentin, fils à papa et coureur de jupons notoire et invétéré. Celui-ci parvint à tenir tant bien que mal son statut d’époux infidèle jusqu’au jour où Candice estima qu’il lui était de plus en plus difficile de passer sous les portes et qu’il était largement temps de mettre un coup de pied au cul de mon géniteur et accessoirement un terme à son mariage.


J’avais alors douze ans. S’en est suivi une période un peu délicate pour Candice et moi, Paul, son fils unique et préféré. Après cet évènement, certes prévisible mais néanmoins difficile à encaisser, ma mère a dû traverser deux années douloureuses avant de reprendre confiance en elle. J’ignore si ce sont ces rencontres hebdomadaires avec un psy recommandé par une de ses amies qui l’ont aidée à passer le cap mais le traitement a porté ses fruits et Candice a fini par se remettre sur le marché.

Et force est d’admettre qu’elle a fait ce qu’il fallait pour se transformer en produit d’appel très convoité.

Adieu l’oie timide traumatisée par une maternité précoce et un mari égocentrique et irrespectueux.


Bonjour la séductrice épanouie qui en quelques années s’est métamorphosée en une bombe, amatrice de lingerie fine et de tenues sexy, toujours prête à s’envoyer en l’air avec son petit ami du moment, voire même parfois à se payer un petit extra.

Malheureusement si son praticien a réussi à faire de Candice une femme sûre d’elle à la féminité assumée, il a manifestement oublié de la renseigner sur les travers de la gent masculine. Et si ses amants successifs ont contribué à l’évolution spectaculaire de la sexualité de ma mère, ils n’en restent pas moins pour la plupart des connards avec une personnalité assez similaire à celle de mon paternel.


J’ai lu quelque part qu’en termes de relations amoureuses, beaucoup de gens recréent indéfiniment le même schéma. Il y a peut-être une part de vérité dans ce lieu commun.


Ma mère qui a fêté récemment ses trente-six ans partage depuis dix-huit mois la vie de Thibaut, qui détient de ce fait le record de durée de liaison amoureuse avec Candice depuis qu’elle a divorcé. Thibaut est plus jeune que maman de quelques années. Comme certains de ses prédécesseurs ayant eu avec elle une relation notable, il n’a guère tardé à s’installer dans l’appartement familial « obligeamment » laissé à disposition par mon père à son ex-femme et à son fils.


Si la nouvelle sexualité de ma mère partagée avec des fiancés vigoureux et très actifs lui a vraisemblablement permis de s’épanouir dans ce domaine, c’est loin d’être le cas en ce qui me concerne.

J’aurais même tendance à croire que les relations que ma mère a entretenues avec des individus de sexe masculin depuis ma conception ont contribué à faire de moi un garçon timide particulièrement coincé avec les filles.


Si bien que le jour de mes dix-huit ans, après avoir obtenu quelques mois plus tôt un baccalauréat scientifique avec mention et alors que je travaillais comme un forçat dans une classe préparatoire en espérant intégrer l’école d’ingénieurs qui allait faire de moi un respectable cadre supérieur, je n’avais jamais embrassé de fille et j’étais toujours aussi puceau qu’au jour de ma naissance.

Évidemment, mon père, avec qui je dîne une à deux fois par mois, ne manquait jamais à chacune de nos rencontres de m’interroger pour connaître l’évolution de cette situation qui le désolait.

Et un jour, excédé par ma réponse invariable, il déposa un billet de cent euros sur la table du restaurant avant de prononcer ces mots :



Je m’étais bien gardé d’émettre des doutes sur sa réussite à satisfaire sexuellement ma mère, trop curieux d’entendre la suite de son discours.



Je ne prétendrai pas que l’idée de rendre visite à une prostituée ne m’avait jamais traversé l’esprit avant cette date mais cette perspective avait toujours provoqué chez moi plus de dégoût que d’enthousiasme.

Toutefois, je suis bien conscient qu’à notre époque, un puceau de dix-huit ans révolus passe aisément pour un extra-terrestre dont on peut se moquer à loisir.

Et je m’étais persuadé à l’issue du repas avec mon père qu’il était plus que temps pour moi de sauter le pas.


J’aurais bien sûr pu tenter ma chance sur Internet, mais l’emploi du temps d’un élève de math sup dans un des meilleurs lycées parisiens ne lui laisse guère de loisir pour contacter et séduire une jeune femme assez estimable pour qu’il accepte de lui céder sa vertu.


Je décidai donc de suivre le conseil de mon père et un jeudi soir de décembre alors que la nuit était tombée depuis plusieurs heures, je pris mon courage à deux mains après m’être bien sûr juré que ce serait la première et la dernière fois où je ferais appel aux services d’une professionnelle.


Inutile de dire que mon statut de micheton potentiel fut très vite détecté par les dames qui faisaient le pied de grue à proximité des entrées d’immeubles plus ou moins borgnes qui bordaient ces rues dédiées au plus vieux métier du monde.


À la capitale comme disent les provinciaux en goguette, les prostituées sont généralement regroupées par origines. Et le premier groupe que je croisai lors de mon périple initiatique fut celui des Africaines.



La grande black aux cheveux lissés qui m’interpella de la sorte était juchée sur des chaussures de pointure 44 à talons de quinze centimètres. Elle était dotée de formes plus que plantureuses et arborait des griffes rouge vif assorties à ses lèvres charnues. Je ne nie pas une certaine attirance pour les corps féminins aux formes généreuses mais dans le cas présent, je me dis que si je me retrouvais dans un lit avec cette nana, j’allais d’une part me faire broyer entre ses cuisses gigantesques et d’autre part courir le risque de me faire arracher le système reproducteur.


J’accélérai donc le pas pour quitter au plus vite cette zone et me diriger vers un secteur prisé par les Asiatiques.

La première représentante orientale que je croisai faisait la gueule et ne prit même pas la peine de m’adresser la parole. Quiconque aurait ignoré qu’elle stationnait ainsi pendant des heures à proximité d’un hôtel crasseux, aurait pu la prendre volontiers pour une balayeuse venant d’effectuer cinq heures de nettoyage intensif dans un supermarché chinois.


Peu sensible à ce genre de charme, Je décidai donc de passer mon chemin une nouvelle fois pour rejoindre le camp des « gauloises ».

La première de ces Françaises « pure souche » que je rencontrai avait largement dépassé l’âge légal de la retraite et son maquillage outrancier ne parvenait pas à masquer le désespoir et la fatigue accumulés au fil des ans.


Je ne traînai donc guère dans le secteur avant de gagner le quartier de prédilection des « filles de l’est ». En me référant à mes critères personnels, j’imaginais que c’est parmi cette population que je pourrais trouver la professionnelle la plus à même de me dépuceler, même si je craignais fort que les cent euros généreusement offerts par mon vieux soient insuffisants pour régler la prestation. Mais je ne tardai pas à déchanter en croisant le regard vide et fixe de la première fille que j’aperçus. Et l’éventualité que ses collègues et elle-même ne constituent qu’une marchandise appartenant corps et âme à des mafieux cyniques et brutaux enterra définitivement une motivation déjà bien déclinante.


C’est donc sur cette perspective déprimante que je décidai de mettre un terme à cette tentative désespérée de devenir un homme.

Et c’est la queue entre les jambes que j’allai rejoindre l’appartement que je partage avec ma mère.


Lorsque je franchis le seuil de la porte d’entrée, je fus surpris d’entendre un des vieux tubes de Deep Purple en provenance de la chaîne hi-fi du séjour.

Est-ce que dans un moment de lucidité, maman avait rompu avec Thibaut et invité à la maison sa dernière conquête amateur de musique rock des années 70.


Malheureusement pour le quotidien de ma mère, la personne ayant des goûts musicaux moins désolants que ceux de ses amants habituels n’était pas du tout celle que j’imaginais. Et lorsque je rejoignis le salon, je tombai non pas sur Candice mais sur une sublime quinquagénaire blonde. Celle-ci était principalement vêtue d’une robe rouge qui dévoilait une partie non négligeable d’un corps fort bien entretenu et sans doute savamment retouché par un chirurgien esthétique aux prestations hors de prix.

Outre sa robe inspirante, la femme à la chevelure luxuriante portait des bas à couture et des escarpins à talons aiguille aux motifs noir et rouge. Elle était confortablement installée, les jambes croisées, dans le canapé du salon me laissant entrevoir furtivement une des attaches de son porte-jarretelles.


Inutile de préciser que la personne que j’avais devant moi représentait à mes yeux le fantasme absolu du genre féminin. Et je m’accommodais tout à fait des quelques années superflues quelle réussissait si bien à faire oublier.



La vue de cette femme incroyablement sexy m’avait complètement retourné, annihilant en quelques secondes des années de timidité. Et je m’adressai à elle avec l’aisance d’un dragueur des plages.



Alors que je venais de sortir de ma chambre dans le plus simple appareil après deux heures éreintantes au cours desquels Irène avait mis toute sa science à m’initier à la pratique de jeux pour adultes tout à fait délicieux, je tombai nez à nez avec Thibaut et ma mère.

Pour le moins surpris, le petit ami de Candice me demanda où était passée Irène.

Je ne pus m’empêcher de le renseigner en étonnant à ma manière cette chanson paillarde que nous chantions lors des fêtes au lycée :


Mon père m’a donné cent sous pour aller au bordel

Chemin faisant, j’ai rencontré grand-mère

Où vas-tu mon enfant, je m’en vais au bordel

Garde donc tes cent sous, je ferai bien l’affaire

J’ai gardé mes cent sous et j’ai baisé grand-mère

Chemin rentrant j’ai rencontré mon beau-père

D’où viens-tu mon enfant, je viens de baiser Irène

Enfant de salaud, tu viens de baiser ma mère

Salaud toi-même, tu baises bien la mienne.


Épilogue.

Irène ayant apprécié autant que moi notre première entrevue, nous avons poursuivi au cours des semaines nos échanges impromptus et fini par nous installer ensemble dans son confortable trois-pièces de Saint-Germain.


J’ai alors suggéré sur le ton de la plaisanterie que nous nous marions Irène et moi et que Candice épouse Thibaut.


Les conséquences auraient en effet été particulièrement inattendues puisque

Je serais devenu le beau-père de ma mère. Mais aussi celui de mon beau-fils qui pour sa part serait devenu mon beau-père.

Je serais donc devenu le beau-fils de mon beau-fils et réciproquement.

Encore plus fort, si Irène et moi avons un enfant, mon épouse serait bien évidemment sa mère mais aussi son arrière-grand-mère en tant que belle-mère de la grand-mère de l’enfant.