| n° 20699 | Fiche technique | 9089 caractères | 9089Temps de lecture estimé : 6 mn | 12/01/22 |
| Résumé: Nelly est une grande amie que je n’ai jamais réussi à transformer en petite amie. | ||||
| Critères: fh fête humour -humour | ||||
| Auteur : Samuel Envoi mini-message | ||||
Nelly, c’est une grande amie que je n’ai jamais réussi à transformer en petite amie. Pourtant elle n’est pas farouche et me conte aimablement ses frasques sexuelles tout en me préparant un petit café dont elle a le secret. Plusieurs fois, allongés nonchalamment sur le canapé en sirotant quelques breuvages inédits, on se disait : « Faudra quand même qu’un jour on baise… Sinon on aura des regrets. »
Un jour que j’arrivai chez elle pour qu’elle me prête un peu de blé, je la trouvai dans sa baignoire, resplendissante et joviale.
En fait, la voyant si désirable, je ne savais plus du tout ce que j’étais venu chercher. Je fouillai dans son sac et je trouvai un préservatif ; je lui dis :
Je replaçai le préservatif et je prenais les trois billets.
Une fois dans la rue, je me demandais pourquoi elle avait des préservatifs dans son sac. Peut-être qu’elle avait rencart avec un mec qui ne pensait à rien. Et puis, ce « Ce n’est pas pressé » trottait aussi dans ma tête, comme un symbole de notre relation. On n’était pas pressés de faire l’amour…
Je l’avais accompagnée un soir à une fête un peu déjantée. La musique était inécoutable, les danses impraticables. La drogue circulait banalement, mais l’alcool avait encore quelques adeptes que l’on retrouvait à même le sol, suivant d’un doigt tremblotant les dessins des tapis persans. Et puis, il restait quelques fanatiques du cul pour le cul. Ils se retrouvaient à l’étage, échangeaient impressions et partenaires et redescendaient l’air fiérot et condescendant pour les pauvres alcoolos drogués : « Tas de minables, si vous aviez vu comment je t’en ai baisé deux d’un coup, que je sais même pas si elles avaient un prénom ! » Je dis à Nelly :
Un autre jour, elle arriva chez moi en coup de vent, elle claqua la porte et elle s’écria :
Elle commença à se désaper. Seulement, j’étais dans le salon avec une copine que j’entretenais d’une conversation subtilement érotique et qui me répondait par des gestes habilement équivoques, c’était dire que nous n’étions plus loin d’une union charnelle. Quand Nelly apparut dans l’encadrement de la porte avec juste un string vif orangé, ma copine qui était collet monté et remontée lui adressa ces quelques mots bien sentis :
Nelly qui n’avait pas sa langue dans sa poche, vu que sa poche était dans le hall, lui répondit du tacle au tacle, comme on disait Thierry Roland :
Je me suis alors permis d’intervenir :
Ma copine avait encore un bout de son discours qu’elle n’avait pas débité :
À ce moment-là est arrivé Herman, qui venait me rendre les clefs de mon garage où je lui avais permis de garer sa mobylette. Nelly lui avoua qu’elle adorait baiser dans un garage, que l’odeur mixte d’essence et d’huile la rendait sulfureuse comme une abeille chargée à mort de sa récolte et qui décolle ivre de pollen. Herman n’a pas dit non et il a repris les clefs du garage.
Et la semaine dernière, c’est moi qui suis allé chez Nelly. Je lui ai dit que ça ne pouvait pas durer, que je rêvais d’elle toutes les nuits et que systématiquement dans mon sommeil nous faisions œuvre de chair dans des positions libidineuses et sardanapalesques. Nelly leva ses yeux rougis vers moi et sa voix était fébrile pour me dire :
J’avais quand même un regard de pitié pour ce chat, que je connaissais à peine, que je ne savais même pas s’il avait un prénom. Je me demandais toutefois si ce sacrifice était absolument nécessaire, mais Nelly ne me laissa pas le temps de réfléchir. Nue, le couteau à la main, elle se saisit de chat, mais au moment où elle allait l’étriper, le matou se rebiffa, il sortit tout ce qu’il avait comme griffes et dents pointues, et il s’en prit à la poitrine de la belle adepte de Sardanapale. Il avait fallu aller de toute urgence dans une pharmacie, car rien n’est plus mauvais que des griffures de chat. Encore raté. Pourtant la motivation était là, le moment bien choisi… Putain de chat !