| n° 20698 | Fiche technique | 20236 caractères | 20236 3456 Temps de lecture estimé : 14 mn |
12/01/22 |
Résumé: Elle a l’air plutôt godiche, il partage son bureau. Alors que le télétravail les sépare, elle lui envoie un e-mail pour le moin suggestif. | ||||
Critères: #épistolaire #humour fh grp collègues travail fellation pénétratio | ||||
| Auteur : Géraldine-bis Envoi mini-message | ||||
| Collection : Géraldine et Maxime Numéro 01 |
Le variant omicron a eu le dernier mot : le télétravail est à nouveau effectif la majorité du temps et il n’est plus autorisé de partager son bureau. Chaque binôme est invité à s’organiser pour ne plus se croiser. Maxime le regrette. Sa collègue de bureau, Géraldine, est une présence agréable. Ils ont une relation professionnelle efficace. Et puis, sans parler de franche camaraderie, ils peuvent aussi échanger sur un mode détendu à propos de sujets relativement personnels comme les cadeaux de Noël pour leurs conjoints, l’agacement vis-à-vis du corps enseignant ou des belles-mères. Elle a un tiroir rempli de chocolats et n’en est pas avare, et puis surtout, ils peuvent se délester l’un sur l’autre du ras-le-bol ressenti envers leur direction. Maxime s’apprête donc une fois encore à se passer de cela pour plusieurs semaines.
En arrivant dans leur bureau ce jeudi-là – le jeudi, c’est son jour à lui – il a tout de même un petit pincement en avisant le fauteuil bleu, vide. En principe, elle arrive avant lui. Le temps de parcourir les quelques mètres jusqu’à leur porte, il peut détailler sa tenue. Ensuite, il ne verra que ce que le plateau du bureau laisse apparaître, sauf à l’occasion de quelques trajets vers la machine à café ou la photocopieuse.
Elle n’est globalement pas tellement son genre. D’ailleurs, il ne s’autorise pas à avoir un genre. Quarantenaire marié, père de deux enfants, dans l’ensemble heureux en ménage, il ne laisse – par principe mais aussi par simple manque d’envie – rien le divertir de celle qu’il a choisie il y a dix ans.
Pourtant, Géraldine, sous ses yeux quotidiennement depuis à peine moins longtemps, sait capter son attention. Elle n’est pas une séductrice née, elle tient même parfois un peu de la godiche avec ses airs embarrassés quand un lapsus ou un terme technique évocateur (« vibroponçage », pour le dernier en date) fait ricaner l’assemblée en réunion. Néanmoins, elle aime manifestement prendre soin d’elle, et soigne son apparence. Avant le temps du masque, elle arborait régulièrement un rouge à lèvres assez vif, pour rehausser une tenue un peu sage. Désormais, acceptable pis-aller, elle porte davantage de robes et de jupes souvent courtes, sur des collants (des bas ? Il n’ose se poser la question) élégants. Elle les porte bien, ses vêtements : elle est plutôt bien faite, quoique Maxime doute qu’elle-même le sache, ou qui que ce soit de moins attentif que lui ne le remarque.
Géraldine, donc, ne sera plus un sujet d’observation ponctuel pendant les prochaines semaines. Ils échangeront des emails professionnels quant aux deux ou trois sujets communs qui les occupent. Ils se verront en visioconférence chaque semaine, lors des réunions d’équipe. En ce jeudi matin, Maxime acte ce fait plus qu’il ne s’en désole.
Il ouvre sa messagerie, cherche un café à la machine désertée par le variant et s’installe dans son fauteuil de bureau pivotant. Justement, Géraldine lui a envoyé un message. L’objet de l’email est surprenant : « clémentine ». Il l’ouvre et découvre un pavé de texte, sans bonjour ni signature :
Onze heures. Elle clique sur le bouton, envoyant à toute la liste de diffusion le message qu’elle rédige, relit et précise depuis plus d’une demi-heure. Avec la satisfaction du travail accompli, elle s’écarte de son bureau, regarde autour d’elle. Un coup d’œil par la fenêtre : le parking est battu par le vent, légèrement boueux, peu engageant. Un regard vers la porte, fermée pour garder la chaleur et le virus à l’intérieur. La paroi tout autour est vitrée : vue imprenable sur la photocopieuse.
À portée de sa main, elle avise le fruit. Orange, rond, souple, délicat et appétissant. L’instant est précisément le bon pour une petite pause acidulée avant d’embrayer sur la tâche suivante de ce lundi rébarbatif. Au moment de faire pivoter le fauteuil de bureau dans sa position initiale, la clémentine lui échappe, rebondit puis roule sous le bureau. Elle se penche, constate l’ampleur de la distance et se résigne à s’agenouiller au sol, en veillant à préserver ses fins bas noirs. L’idée lui vient alors. La pensée, tout d’abord, l’amuse. Puis elle lui plaît. Son souffle s’accélère déjà. Elle dépasse le fruit et continue sa progression. Elle atteint ses pieds à lui, sous le bureau mitoyen. Sans doute a-t-il immédiatement fait une blague salace, mais il est désormais trop étonné de l’audace pour oser commenter. Elle en profite pour se redresser devant ses genoux. Presque sans respirer, elle s’exécute avec empressement, comme pour ne pas changer d’avis ou pour qu’il ne l’arrête pas : dans les deux cas, elle serait contrainte d’assumer un malaise insondable.
Elle déboutonne sa braguette assez maladroitement : la position n’est pas confortable et puis elle se sent comme enivrée par cette idée folle et son application inéluctable. De boutons en tissus à repousser, elle obtient juste assez d’aide de sa part pour deviner son consentement mental. Le consentement physique est quant à lui on ne peut plus apparent. Elle s’en saisit avec ménagement, et un léger empressement mâtiné de gourmandise.
La suite n’est plus guidée que par son envie, son instinct et les quelques sons étouffés qui lui parviennent de bien haut au-dessus du plateau du bureau. Elle aimerait croiser son regard : planter ses yeux brillants dans les siens, un rien distants, perdus, enfiévrés, ainsi qu’elle les imagine non sans satisfaction. Elle en tire son plaisir à elle, autant que des palpitations de l’objet qu’elle cajole et de la pensée de ce que lui voit : la fenêtre où passe un collègue se pressant pour rejoindre le bâtiment, le couloir où on s’active autour de la photocopieuse. Tous deux savent que dans cette configuration les pans du bureau la cachent. Lui en revanche doit s’efforcer de paraître impassible. L’effort qui lui incombe la réjouit et l’amuse.
On frappe à la porte et sans attendre, on ouvre :
- — Tu es en visio ? Non, j’ai cru : tu avais l’air concentré. Ça tombe bien : je dois te montrer un truc sur le serveur, je peux ?
Maxime relit le message plusieurs fois. Il n’a fait aucun doute dès la première lecture qu’il était le protagoniste de cette histoire : la description de la configuration de leur bureau est sans équivoque. Géraldine apporte souvent des clémentines. Cela lui suffit à ne pas douter. Il ne s’agit donc pas d’une erreur, mais d’un envoi intentionnel. Pourquoi ? Qu’est-ce que cela dit d’elle ? Qu’il l’a mal jugée, pour commencer ! Qu’elle n’est pas si gourde, si innocente et si… indifférente !
La révélation le sidère autant qu’elle le séduit. Il est toujours appréciable de susciter un peu d’intérêt. Et plus encore, suffisamment pour la rédaction d’un message de ce genre. S’il savait sa plume agile, il la découvre sous un jour nouveau : coquine et sensuelle.
Les heures de ce jeudi s’égrènent. Maxime se concentre tant bien que mal sur ses tâches habituelles. Sa pensée ne cesse de revenir à cette question : de quoi Géraldine est-elle vraiment capable ? Il y pense tantôt en termes actifs : passerait-elle à l’acte ? Une idée délicieusement troublante : un peu trop à son goût. L’instant d’après, il se demande si sa verve épistolaire est déjà à son paroxysme. Ce sujet est plus facile à investiguer, plus sain à creuser. En outre, il serait cavalier de ne pas répondre à son message : elle pourrait en nourrir de la gêne, ou pire, ne plus porter que des survêtements au bureau.
Il clique sur « répondre au message », supprime sa signature automatique, et écrit :
Sauf erreur de ma part, ce texte est tronqué. Je ne peux me positionner quant à son contenu. Peux-tu s’il te plaît me transmettre la suite ?
Ce n’est pas très subtil, mais suffisant. Maxime est un peu ennuyé de laisser ainsi entendre son intérêt, mais force lui est de constater qu’il en a et qu’il lui serait agréable – pour le moins – de lire la suite de l’histoire. Sa curiosité vis-à-vis de Géraldine a nettement cru ces dernières heures. Il passe le reste de la journée à guetter le « ding » des nouveaux messages, mais est chaque fois déçu par l’expéditeur.
Le processus se poursuit ainsi jour après jour : aucun nouveau message de Géraldine. Le mardi, elle participe à la réunion d’équipe en visioconférence, mais ne montre bien sûr rien de particulier.
Jeudi matin, Maxime est de retour au bureau. Sur sa chaise, il y a une feuille de papier pliée en deux. Son cœur bat un peu plus fort : l’attente n’a fait que renforcer sa curiosité. Ces derniers jours, il a bien souvent pensé à Géraldine et pas toujours d’une façon très raisonnable selon ses propres critères.
Sur la feuille, à nouveau, un seul pavé de texte. En commençant à le lire, il frissonne en envisageant la possibilité qu’un autre membre de leur équipe ait pu tomber sur ce contenu.
On ne refuse pas au directeur l’accès à son écran d’ordinateur. Moins encore quand on a cessé d’être en possession de ses moyens élémentaires de réflexion. Tout se joue en quelques secondes et toute autre combinaison d’actions aurait pu s’avérer lourde de conséquences : il avance subitement sa chaise à roulettes d’une vingtaine de centimètres vers le bureau, comme pour laisser la place à son directeur de se positionner derrière lui… la distanciation covid a bon dos. Ce faisant, il prend le risque non considéré – toujours cette innervation cérébrale insuffisante – d’un coup de dent particulièrement mal placé. Par chance, elle en était à conjuguer l’action de ses mains et celle de sa langue. Elle reçoit donc le recul sans ressentir ou occasionner de douleur et se retrouve davantage à couvert sous le bureau.
Interrompue quelques instants par la requête de leur supérieur, coincée sous un bureau dans une posture particulièrement inadéquate, elle est sur le point de regretter la spontanéité qui l’a mise dans cette position. Contre les regrets, les remords, elle se sourit à elle-même et, tout en écoutant distraitement la conversation qui se poursuit au-dessus de sa tête, reprend son labeur. Bien sûr, il a été perturbé par l’interruption et les risques de la situation. Elle se demande si, comme elle, il saura tirer profit de ce nouveau déroulé et se verra excité par le risque autant que par l’absurdité de la scène.
Ça fonctionne. Très vite, l’objet de son attention s’affermit. Lui fournit pour la conversation les efforts d’un conducteur automobile dans les films américains, après avoir sollicité auprès de la cheerleader en chef une gâterie cinématographique. L’échange ne dure pas. La fellation non plus : la porte à peine refermée, il jouit dans sa bouche dans un silence dont elle lui est reconnaissante.
Maxime termine sa lecture. Il bande. Il ouvre sa messagerie et lui envoie dans l’instant :
Et maintenant ?
Ce qu’il veut dire est à la fois « Et maintenant, je fais quoi, moi, de cette érection ? » et « Que se passe-t-il ensuite ? ». Pour la première question, il sait que la réponse ne dépend que de lui. Un aller-retour aux toilettes ou se plonger dans un sujet rébarbatif à souhait. Il choisit la seconde option, pour contrecarrer ses scrupules conjugaux naissants. Il va sans dire qu’il passe la journée à s’empêcher de relire la feuille, avec un succès limité.
La semaine s’écoule ainsi. Il attend le jeudi avec une impatience rarement égalée.
Maxime attendra péniblement jusqu’à 14 h. Au « ding », il arrête tout ce qu’il a en court, son sang s’est figé… ponctuellement.
Elle est bien embêtée, sous ce bureau. Elle a naturellement su faire disparaître – sans difficulté ou le plus petit déplaisir – les preuves de la scène précédente, mais « et maintenant ? ». Rester ainsi, ici, n’a aucun sens. Croiser son regard en cet instant lui semble impossible, et pourtant il faudra bien s’y résoudre tôt ou tard. Hauts les cœurs, elle fait demi-tour, regagne à quatre pattes son propre bureau et s’installe sur sa chaise. Il fixe son écran d’ordinateur d’un air qu’on pourrait juger absent mais qu’elle sait lié à une langueur toute chimique, autant sans doute qu’à une très profonde perplexité. Son téléphone sonne, c’est fort opportun pour tous les deux. Il décroche, reprend le fil de ses pensées et lui permet à elle de vaquer à ses occupations habituelles.
C’est tout. Ce n’est presque rien. Et surtout, ça sonne comme la fin du jeu. Il réalise sans aucune ambiguïté qu’il ne souhaite pas que cela cesse. Au contraire : il aimerait l’emmener un cran plus loin. Jusqu’ici, c’est évocateur et sexy, mais aussi policé, presque tendre. Il aimerait aussi, bien sûr, l’avoir pour de bon sous les yeux, sous la main, sous les reins. Là encore, aucune ambiguïté quant à son ressenti.
Ce jeudi-là, il ne répond pas au message. Il l’espère, elle, dans l’attente du « ding ».
La visioconférence d’équipe a lieu le lundi matin. Il la voit, petite vignette sur son écran partagé en plus de vingt fenêtres. À mi-parcours de la réunion, Géraldine se lève pour chercher quelque chose, vraisemblablement une tasse. Il a le temps de voir sa jupe, résolument courte, et son collant (son bas ?!) ajouré. À tort ou à raison, Maxime considère que c’est un message, un appel. Il ouvre la discussion écrite sur le logiciel puis s’y reprend à trois fois pour être sûr de ne lui écrire qu’à elle :
Écho de sa précédente relance, c’est aussi une question ouverte : elle doit répondre, mais n’est pas acculée. Elle peut toujours inventer une pirouette si elle le juge souhaitable. Ou bien… elle peut décider de relancer la partie. Il tente de se convaincre que ce n’est pas le but qu’il poursuit, que son intention est exclusivement de clarifier leurs relations en prévision de la reprise prochaine du partage de leur bureau. Il ne se dupe même pas lui-même.
Un « ding » distinct annonce sa réponse :
Il réalise qu’elle lui renvoie élégamment la balle. Et que jusqu’à présent il n’a guère fait d’effort pour obtenir quoi que ce soit. Il va devoir se mouiller :
Et maintenant ?
Maxime n’est une fois encore pas sûr du sens qu’il souhaite donner à cette question : réel, virtuel, à ce stade et scrupules mis à part, les deux le tentent. Il s’en remet à elle. Et elle ne répond plus.
Dernier jeudi avant la reprise à bureaux pleins. Omicron a fini de terrifier les Français et Maxime fait partie des rares à ne pas s’en réjouir. Il redoute que le jeu s’arrête, autant que la possibilité qu’il puisse devenir sérieux, tangible.
Dans la matinée, Géraldine envoie un message, intitulé « suite et fin ? »
Il raccroche. La journée se poursuit à un rythme effréné : les deux collègues sont affairés comme rarement, excellent prétexte pour ne pas se parler ou se regarder. La nuit tombe quand leurs regards se croisent finalement. Alors, il demande : « jusqu’où peux-tu aller ? ».
Elle le fixe, se lève, avance vers la porte qu’elle ouvre. Elle ne referme pas derrière elle, se retourne et le regarde une nouvelle fois, puis avance sans se presser vers la salle de réunion, dans laquelle elle pénètre.
Au fond, une porte, celle des archives, qui ferme à clé. C’est presque trop facile. Elle n’allume pas la lumière et l’attend là. Elle sait qu’il l’a suivie, elle l’a entendu dans le couloir. La porte s’ouvre et les voici tous deux dans le noir. La clé tourne : c’est lui qui s’en charge. La voici à genoux, à nouveau : à n’en pas douter, elle affectionne la position. Il lui laisse donc ce plaisir un temps, non sans le faire sien, puis sans ménagement la relève et, pour la première fois, ils se touchent vraiment. Leurs mains s’activent sur le corps inconnu. Leurs bouches se cherchent et se trouvent. Il n’y a pas de douceur, pas de tendresse mais il y a beaucoup de plaisir sous les frémissements et les soupirs. Sa peau est douce. Son corps est ferme. Les seins rencontrent les pectoraux, les ventres entrent en contact. Par la peau, l’alchimie sensuelle est décuplée. Ils ne sont plus que désir. Sous son poids, elle est cabrée sur des cartons de stockage. Lui joue de ses lèvres et de ses dents pour exciter la pointe de ses seins, déjà largement complaisante. Ses mains s’aventurent sous la jupe, qu’aucun collant n’occupe : des bas, il s’en doutait ! Les doigts, déjà, dans sa culotte. Elle gémit, se cambre davantage, s’ouvre pour lui. Elle l’appelle de tout son corps, et il ne la fait pas attendre. D’un appui du bras sur la taille, il la retourne contre les cartons, se cale dans son dos et la pénètre avec juste un peu plus de ménagement qu’elle ne l’aurait souhaité. Par chance pour elle, cela ne dure pas : très vite, il accélère et amplifie le mouvement, l’emplissant entièrement à chaque coup de reins. Des cris lui échappent. La main qui se plaque sur sa bouche augmente son plaisir, elle la lèche et la mordille dans son extase. C’est à peu près là que tout s’arrête, pour les deux collègues ponctuellement ivres l’un de l’autre.
Maxime n’en mène pas large. Voilà donc « jusqu’où elle peut aller ». Il ne se sent pas à la hauteur de cette scène un peu classique, un brin éculée, quoique toujours efficace, à en juger la bosse dans son jean. Et quand bien même il le serait, qu’adviendrait-il ensuite ? D’ores et déjà, comment envisager leurs retrouvailles professionnelles « en présentiel » la semaine prochaine après un tel message qui sonne comme un programme, comme une requête ou au moins une attente de sa part à elle ? Il se prend à regretter la tournure qu’a pris l’échange. Il s’inquiète pour sa femme et l’avenir de leur relation, aussi. « Ding ».
C’est à ce moment précis, alors qu’ils n’ont pas encore repris leur souffle, que de la lumière entre soudain à flots dans le réduit. La porte qui donne sur l’extérieur, celle qui ne se verrouille pas de l’intérieur mais ne sert pratiquement jamais, vient de s’ouvrir. Une palette entière de cartons vient d’arriver et doit être rangée là : cinq de leurs collègues sont venus prêter main forte à la secrétaire, celle-là même qui vient d’ouvrir la porte et les dévisage, interdite. Enfin, « dévisager » n’est pas le mot exact : elle le regarde lui, pour qui elle a toujours eu un petit faible, mais ne s’intéresse pas vraiment à son visage dans cet instant.
Elle s’approche de lui, l’œil particulièrement alerte et s’agenouille à ses pieds : décidément, c’est sa journée ! Ses collègues manquent-elles donc à ce point d’imagination pour ne pas varier davantage leurs propositions ? À vrai dire, il ne se pose pas cette question longtemps. La secrétaire a déjà su redonner de la vigueur à son membre, indifférente apparemment au fait qu’il est déjà enduit du suc de leur collègue commune. Celle-ci n’est plus du tout pantelante – désormais bien assise sur une pile de quatre cartons superposés –, mais toujours haletante : elle se fait pilonner consciencieusement par une jeune recrue en contrat court et au membre long.
Parce que quatre autres employés sont spectateurs, on s’organise un peu dans le réduit, les uns à gauche, les autres à droite, et pourquoi pas finalement tous au milieu. Lui, se voit spontanément attribués les services d’une stagiaire pour le moins appliquée, qui assure la continuité de service pour la secrétaire, laquelle se déshabille et plie ses vêtements à l’écart.
Les deux femmes s’appliquent ensuite ensemble à l’emboucher et le caresser alternativement, tout en jouant des seins, des fesses et des cuisses l’une avec l’autre : leur conviction est telle qu’il doute que ce soit pour son seul plaisir à lui. Sa comparse de bureau, toujours confortablement assise, est désormais empalée sur la verge du livreur allongé au sol, dont les soubresauts semblent procurer un certain effet. À moins que ce ne soit celui conjugué des deux bouches qui s’occupent de ses seins, des deux sexes qui profitent de ses mains, de celui qui s’épanche dans sa gorge et de ceux qui se déversent sur son corps nu. Mais enfin… combien diable de personne y a-t-il dans ce réduit ?!
L’objet de ce message est « allons, détends-toi, je plaisante » ; –)
Le lundi suivant, quand il s’installe à son bureau et que leurs regards se croisent, ils se sourient, connivence et complicité naissante. À part ça, presque rien n’a changé : elle s’est amusée, l’a un peu baladé ; lui la trouve nettement moins coincée.
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Cette nouvelle s’intitule « Mise en abîme » parce que je l’ai écrite pour, et envoyée à, mon collègue de bureau.
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