Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 20649Fiche technique64829 caractères64829
Temps de lecture estimé : 38 mn
19/12/21
Résumé:  Jérôme fuit la capitale pour s’installer en télétravail dans le Vivarais.
Critères:  fh collègues caresses pénétratio mélo -occasion
Auteur : Roy Suffer  (Vieil épicurien)            Envoi mini-message

Série : Chalet

Chapitre 01 / 02
Chalet 1

Réverbères qui défilent, voie rapide et banlieue de grosse ville. Le jour n’est pas encore levé et je roule, je ne sais ni trop vers où ni pourquoi… Spleen. J’ai quitté mon boulot parce qu’on m’y faisait… suer, j’ai vendu ma baraque, le tout en quelques jours. J’en avais marre, marre de tout, d’être obligé d’appliquer des consignes stupides opposées à mes idées et mes convictions. J’ai négocié mon départ, très bien, parce qu’en fait ils connaissaient bien ma valeur et ne voulaient pas me voir passer à la concurrence, ça aurait pu faire mal. J’avais déjà trouvé un reclassement intéressant, mais lointain, tant en distance qu’en temps : à cinq cents bornes de chez moi et pour septembre alors que nous n’étions qu’en février. Pensant avoir le temps et surtout avoir besoin de temps, j’ai aussitôt mis ma maison en vente. Problème : elle s’est vendue au prix fort moins d’une semaine après… Coup de chance, peut-être ou de malchance. Résultat, j’ai mis tous mes meubles au garde-meubles, j’ai acheté un camping-car et je suis parti. Évidemment, passer de plus de deux cents mètres carrés à six ou huit, ça fait drôle. Alors j’ai acheté le plus gros camping-car que j’ai trouvé, presque un autobus, une occasion superbe, parfaitement équipée. Mais si, comme les escargots, je voyage avec ma maison, je roule aussi à la même vitesse ! J’ai vite compris pourquoi les propriétaires voulaient s’en séparer. Je finis toutes les côtes en seconde à 70 km/h ! Je me suis arrêté deux fois chez des garagistes, pensant qu’il était en panne, mais non.



Merci, fallait le dire plus tôt. Première déception. Ensuite, où que j’aille, jamais je n’ai été aussi souvent invectivé par la maréchaussée :



On se fait jeter de partout, on occupe au moins deux places de stationnement qu’il est quasi impossible de trouver, sinon tout au fond des parkings de supermarchés, près des poubelles. On est relégué à la périphérie des villes, dans des endroits sordides, et refusé dans la plupart des campings. J’ai dû faire des kilomètres à pied pour faire trois courses, parce qu’en plus si on a trouvé un emplacement, avec un branchement électricité et eau, et qu’on a le malheur de le quitter deux heures pour faire un tour, en revenant il est pris par un couple de retraités de l’éducation nationale qui passe sa vie à se balader.


J’ai donc acheté un vélo, une semaine après il était volé, malgré l’antivol, parce que le ranger tous les soirs dans la cabine m’ennuyait au plus haut point. Ras-le-bol du camping-car donc, en moins d’un mois. Il paraît qu’il y en a 500 000 en Europe dont 250 000 en France. Les Français seraient-ils plus cons que les autres ? En tout cas on doit avoir une forte concentration, car cet engin est un concept d’une nullité rare. Je ne vois qu’une explication : la nostalgie des VW des années 70, le fameux « Combi ». C’est bien moins pratique qu’une caravane qui laisse au moins la voiture pour circuler une fois posée.


Viré encore une fois du bord de mer où je ne faisais qu’admirer le coucher du soleil, j’arrive donc en fin de nuit en région Rhône-Alpes où je travaillerai dans six mois. Je dois manager une trentaine de personnes fonctionnant uniquement en télétravail et éparpillées dans cette région. Mon rôle sera de répartir les tâches, contrôler les résultats, assister, dépanner, faire en sorte que les gens se sentent au boulot même en restant chez eux. C’est cool et difficile à la fois, moi-même je serai un « télé-cadre » travaillant depuis chez moi, mais faisant des tournées régulières.


Je peux donc me poser où je veux, et je vais me mettre en quête d’un logement. Mon rêve de gosse, aimant à la fois l’eau et la montagne, ce serait d’avoir une maison près d’un lac de montagne. J’ai déjà fait le tour des grands lacs, Annecy et Le Bourget, c’est intouchable. Avec 500 000 euros je n’aurais même pas un taudis. Dégoûté, j’ai piqué sur la côte, mais là… effarant ! Du coup et par comparaison, je vais trouver les choses moins chères maintenant ! Je suis bien décidé à écumer les campagnes et même à faire construire, après tout pourquoi pas. J’erre dans la campagne en apercevant les cimes enneigées. Mon « autobus » occupe parfois toute la route, parfois il faut que je manœuvre pour prendre des épingles à cheveux très étroites. Ce n’est pas vraiment la montagne, mais ça y ressemble un peu. Soudain je tombe en arrêt : après un long moment dans l’ombre humide, je débouche sur une petite combe inondée de soleil, un trou de verdure avec un petit lac ou plutôt un grand étang à l’eau presque turquoise.


C’est là que Rimbaud a dû écrire « le dormeur du val », parole. Surplombant l’étang, une colline couronnée de sapins, de mélèzes et de bouleaux, et l’on aperçoit niché dedans un vieux chalet de type savoyard, complètement incongru en plein Vivarais, habitation de pierres surmontée d’un fenil en bois ajouré, le tout couvert de lauzes. Il est presque en ruines, mais a belle allure. Je dois aller jusqu’à la place du hameau pour parvenir à garer mon bahut, puis je repars explorer à pied, tentant les chemins au pifomètre. Je suis dans la bonne direction, au-dessus de l’étang. Le chemin s’enfonce dans le petit bois puis ressort sans que j’aie vu le chalet. Je reviens sur mes pas et finis par trouver un sentier oublié où la nature a déjà repris ses droits.


C’est pareil pour le bâtiment, quelques baliveaux sortent déjà par les ouvertures béantes. Il est beaucoup plus grand qu’il n’y paraît de loin : l’habitation proprement dite est assez petite, trois pièces dont une grande pièce à tout faire avec une immense cheminée, et ce qui furent deux chambres dont une petite et sans fenêtre. Mais il comprend aussi une étable d’un côté et une remise de l’autre, prolongée par un bûcher encore à demi rempli de bois. On monte au fenil qui surmonte l’ensemble en contournant la maison, semi-enterrée, on grimpe quelques mètres et on y entre presque de plain-pied en franchissant une courte passerelle de bois pourri. Il faut marcher sur les poutres pour ne pas traverser le plancher, mais les murs de pierre d’au moins 80 centimètres d’épaisseur et les grosses boiseries ont l’air en assez bon état. Des lauzes ont glissé et laissent voir le ciel en de nombreux endroits. Il y a des travaux considérables à faire, mais le paysage, que j’aperçois entre les poutres à claires-voies est magnifique, un vrai paradis à 10 kilomètres de la nationale, 15 de l’autoroute.


Je fais quelques photos et je retourne au hameau sans croiser âme qui vive. Sur le volet d’une maison, une vieille pancarte défraîchie indique « Café ». J’entre, pas de sonnette, la pièce est sombre et sent la vinasse. Deux grandes tables d’au moins quatre mètres de long, flanquées de bancs de la même longueur, sont recouvertes de toile cirée à carreaux rouges et blancs, des ronds de verres sont visibles dans le reflet de la petite fenêtre, un vieux poêle de fonte ronronne au fond. Une sorte de commode sert de bar avec quatre bouteilles et une douzaine de verres Duralex retournés, à côté d’un vieux frigo à la tôle piquée de rouille. Personne.



Un pas traînant annonce l’arrivée d’une petite vieille qui demande :



Je me dis que la gnôle aura désinfecté le verre pas très transparent et qu’après tout, la limonade ce n’est pas mauvais. Le mélange est intéressant, surprenant, mais on ne peut pas dire bon… Même plutôt infect.



Je jette un coup d’œil par la porte où elle vient de disparaître. J’aperçois cette mamie assise devant sa fenêtre abondamment ensoleillée, un petit nuage de particules s’élève dans la lumière quand elle bouge son tricot beigeasse. Près d’elle, un rouet, un peu plus loin, une cardeuse.



Je redescends jusqu’au bourg, ne trouve pas le maire dans sa mairie, mais dans son atelier de charpente grâce aux renseignements des habitants. Je lui raconte mon coup de cœur, il est un peu incrédule parce que lui, le vieux chalet, il n’aurait jamais songé à y habiter. On va à la mairie consulter le cadastre, il me fait une photocopie du secteur et hachure la propriété d’Adrien : trois hectares et demi, bien trop grand pour moi, je ne veux pas me transformer en paysan. Première contrainte : c’est tout ou rien. Il travaille pour ses cousins celui-là, et ça se confirme quand on aborde le sujet du prix :



Je calcule rapidement : la ruine ne vaut pas plus de 10 000 euros et le terrain à peine plus. C’est une valeur de 25 000 euros à tout casser, et « ce sera mon dernier prix »… Après le passage de l’État, les deux neveux auront donc environ 10 000 euros chacun. La somme le fait sourire :



L’affaire se fait rapidement et les travaux commencent. J’installe mon camping-car dans la cour du petit café et la vieille dame me fournit eau et électricité. Je prends aussi l’habitude de mes repas chez elle, ce qui lui assure un petit revenu constant pendant ces quelques mois. Bien sûr les travaux prennent du retard, les imprévus se succèdent, l’automne et la reprise du travail arrivent, puis la neige et le froid empêchant tout avancement des travaux. Je passe donc presque un an dans mon camping-car me servant à la fois de bureau le jour et de chambre à coucher la nuit. J’avoue que j’en ai jusqu’aux yeux des parois de ce véhicule. Je dois anticiper l’achat d’un 4x4 pour faire mes tournées de soutien et mes réunions d’organisation, bien avant de mettre ma « coquille » en vente.


Enfin, en mars suivant, j’entre dans ma nouvelle demeure avec une immense satisfaction. Je peux faire rapatrier une bonne partie de mes anciens meubles et mettre le reste en salle des ventes. Entre-temps, je négocie le prêt de mon trop grand terrain en pâture pour les derniers éleveurs du coin. C’est vrai que ma présence quotidienne au café du hameau et la filouterie de sa vieille patronne m’ont bien aidé. Mon havre de paix et de nature est assez au point : j’ai de l’électricité à revendre avec ma turbine, ma petite éolienne discrète et une trentaine de panneaux solaires qui servent également de rambarde à la plate-forme que j’ai fait faire au bull devant la maison. Des tavaillons recouvrent maintenant les poutres à claires-voies du fenil transformé en chambres, et une épaisse couche de laine de bois assure une isolation quasi parfaite.


Le fleuron : j’ai fait venir des Alsaciens pour me monter un poêle de masse, trônant au milieu du salon, et qui assure avec deux ou trois bûches par jour une chaleur généreuse pour toute la maison. J’ai suffisamment de bois pour l’alimenter pendant des années. L’eau également vient d’un captage de la source proche ; elle est fraîche et claire, et comme le captage se trouve au milieu du bois, les analyses successives ne décèlent jamais de dangereuses bactéries liées à l’élevage. La pêche dans le lac est un vrai plaisir auquel je m’adonne fréquemment ; truites, lavarets, ombles chevaliers y sont légion et presque chaque lancer est couronné de succès. Je peux revendre mon camping-car sans regret, augmentant ainsi ma réserve financière. Certes, tous les travaux m’ont coûté très cher, dix fois le prix d’achat de la propriété. C’est un peu fou, je sais, parce que je ne revendrai jamais ce chalet deux cent cinquante mille euros, mais le but n’est pas là. J’ai vraiment envie d’y vivre, je m’y sens bien, malgré, et grâce en même temps, à son isolement en pleine nature.


Dès l’automne suivant, je plante un verger dans la pente descendant vers le lac et j’en profite pour faire labourer quelques dizaines de mètres carrés de potager. Tomates, salades, pommes de terre, les légumes se plaisent dans cette terre riche et vierge de toute culture depuis des années. Je peux presque vivre en autarcie, à part le pain, d’autant que les gens à qui je prête les pâtures me remercient avec un agneau de temps en temps et du lait régulièrement. Je me mets aussi à l’élevage de quelques poules et lapins, d’abord pour éliminer utilement mes déchets ménagers ; mais j’y trouve vite mon compte avec les œufs et la viande de ces gentils animaux sacrifiés à l’entrée de chaque hiver. Ils ne supporteraient pas le froid intense, souvent -20°, et je n’ai plus d’étable pour les rentrer. Car l’étable est devenue cuisine et la chambre à fenêtre a été réunie au salon. Ce que j’avais pris pour une chambre sans fenêtre était en fait un cellier ouvrant sur une cave creusée à même le rocher, sur l’arrière de la maison. La grande partie enterrée assure une base de 8 à 12° selon la saison, limitant les besoins de chauffage en hiver et agréablement fraîche l’été.


Côté travail, mes doutes se sont dissipés. Ma connexion haut débit par satellite fonctionne parfaitement et mes onduleurs fournissent un courant très convenable pour les ordinateurs. Mon « équipe » dispersée commence à prendre correctement ses marques et, après une période normale d’hésitation et d’organisation, le rendement semble au rendez-vous. Je veille notamment au temps quotidien de connexion de chacun, aux horaires et, évidemment, au fait que les connexions soient « actives » et non pas « actes de présence ». Je me consacre maintenant à la détection des comportements qui peuvent vite dévier lorsqu’on travaille à domicile. Ainsi, je repère une connexion de 22 heures sur 24 : la personne m’explique qu’elle traite un dossier délicat qu’elle a absolument voulu terminer sans le lâcher, chose qu’elle n’aurait pas pu faire dans un bureau. Un autre se connecte essentiellement la nuit. Il m’explique que c’est son mode de vie, un noctambule qui se couche à quatre heures du matin, se réveille vers onze heures, fait de la musique au conservatoire l’après-midi et se met au boulot vers vingt heures. Comme il a l’air bien dans sa peau et ravi de ce boulot qui lui permet ce rythme, je ne vois rien à y redire. En revanche, une petite dame m’inquiète. Elle se connecte environ une heure le matin, une autre l’après-midi, puis de vingt et une heures à deux heures du matin. Les deux connexions diurnes éliminent le caractère noctambule de son collègue. Je décide donc d’aller la voir. Petite maison de ville étroite et haute dans une bourgade au bord du Rhône, une petite jeune femme un peu ronde, assez jolie, pâle et les yeux cernés, m’accueille. Après de brèves présentations, je vais droit au but :



Ces dernières paroles étaient prononcées avec des sanglots dans la voix, et elle s’effondre en larmes dès qu’elle a terminé. J’essaye de la calmer :



La petite bonne femme, sourire retrouvé, se hisse sur la pointe des pieds pour me claquer une bise sur la joue. Je suis à la fois charmé et troublé par ce geste. Je la quitte en lui promettant de revenir bientôt faire le point. Je laisse passer un bon mois et la préviens de ma visite. La belle saison s’avançant, elle a troqué jean et pull contre une petite robe de cretonne, certainement pas très chère, mais qui lui va plutôt bien. Le décolleté pointu laisse voir la naissance d’une poitrine généreuse, la jupe jaillit de la taille fine, serrée par une ceinture assortie, avant d’épanouir sa corolle autour de hanches et de fesses bien rondes, ses jambes nues et charnues enchaînent des courbes charmantes de mollets, de genoux et de naissances de cuisses dodues sous une peau blanche et lisse. La première chose que je remarque, c’est son sourire et la quasi-disparition de ses cernes. Elle est manifestement plus détendue. Cette fois elle m’offre un café et me raconte ses évolutions, me faisant asseoir dans le canapé du salon, elle me fait face dans l’un des deux fauteuils. La fois précédente, nous étions restés assis tout droit, face à face autour de la table, je n’avais pu observer que son regard brûlant, comme fiévreux, et fuyant comme celui d’un animal traqué. Cette fois, je peux la contempler des pieds à la tête, admirer un peu plus de sa poitrine lorsqu’elle se penche pour servir le café, voire un peu plus de ses cuisses lorsqu’elle croise ses jambes. En agitant ses bras nus, elle me raconte combien, dans un premier temps, la mise en place de la cantine et de la garderie pour ses enfants avait été un soulagement, combien ce temps gagné était important pour elle ! Et en plus, les enfants sont ravis de rester avec leurs camarades, ravis également de la retrouver le soir plus disponible. Tout n’est pas encore parfait, il faudra certainement du temps, mais elle a entamé avec eux une nouvelle relation, plus complice et plus coopérative.



Tout ce qu’elle me montre jusque-là n’est qu’enthousiasme et énergie, équilibre personnel en passe d’être retrouvé. Je peux donc passer à la phase plus professionnelle de ma visite et lui annoncer les changements que j’ai envisagés pour elle. Je lui montre les chiffres statistiques de ses résultats, plutôt très bons, ce qui la place dans un groupe de personnes susceptibles d’assumer des tâches plus délicates et confidentielles. De nouveau, je vois un peu d’inquiétude dans son regard. Elle se penche avec attention sur les feuilles posées sur la petite table basse, ce qui me permet d’admirer à loisir sa lourde poitrine qui ballotte de temps à autre quand, dans un geste, ses bras nus heurtent le côté de ses seins. Je la trouve… à croquer. Puis elle se rejette en arrière, en appui sur le dossier, en émettant un petit soupir sifflant, impressionnée par la charge nouvelle que je lui propose. Sa jupe ayant un peu remonté dans ce mouvement, elle en saisit le bord qu’elle rejette plus loin sur ses genoux, et l’espace d’un instant mon regard plonge sur ses cuisses blanches jusqu’à la petite culotte, blanche également. Je suis émoustillé et sens mon sexe palpiter.



… (elle rougit un peu en baissant les yeux, attitude charmante d’une enfant que l’on félicite)



Il est déjà midi, nous avons longuement discuté. Je lui propose d’aller déjeuner quelque part. Elle accepte avec enthousiasme. Nous choisissons un petit restaurant d’apparence sympathique au bord du Rhône. Nous nous installons près d’une fenêtre pour contempler le fleuve puissant et majestueux, que des péniches remontent lentement luttant de tous leurs chevaux contre le courant. Nous commandons des plats et vins locaux, des rissoles, des caillettes, et ce cru fabuleux qui se nomme Hermitage. Peu habituée au vin, elle s’anime rapidement et devient volubile, me racontant que ses grands-parents qui avaient une ferme confectionnaient des caillettes lorsqu’ils tuaient le cochon. Je lui dis moi-même habiter une ancienne ferme que j’ai fait restaurer, isolée et en pleine nature dans un lieu qui m’avait fasciné dès le premier coup d’œil. Elle semble si curieuse et intéressée, car bien sûr ses grands-parents sont morts depuis longtemps, que je finis par lui proposer de venir visiter mon ermitage, sans « H » cette fois. Elle accepte, précisant même que, comme dans tous les divorces, elle est libre un week-end sur deux et qu’elle met justement ses enfants dans le bus pour Valence vendredi prochain. Affaire conclue, je viendrai la chercher vers dix-neuf heures, car la route est compliquée et peu évidente, même avec une carte routière.


Nous retournons chez elle vers quinze heures, je dois encore reconfigurer son ordinateur et lui donner de nouveaux codes et droits. Avec un naturel déconcertant, elle se pend à mon bras pour parcourir les quelques centaines de mètres qui nous séparent de son logis. Ça me ravit parce que je me sens bien avec cette jeune femme d’excellente compagnie. Un moment après, nous sommes assis côte à côte devant son ordinateur, installé dans sa chambre hors de portée des enfants, mon portable à côté afin de faire le nécessaire pour ses nouvelles fonctions. L’espace de travail n’étant pas conçu pour deux, nous sommes serrés l’un contre l’autre, cuisse contre cuisse, hanche contre hanche, épaule contre épaule, et je dois souvent passer un bras derrière elle pour guider sa main sur la souris de ma main libre. Il arrive ce qui devait arriver : à un moment sa tête bascule sur mon épaule, elle se tourne légèrement et sa main vient se poser sur ma poitrine. Ses yeux se lèvent vers les miens – interrogateurs – sa bouche s’offre et je la prends avec fougue.


L’instant d’après nous sommes sur le lit, nus tous les deux, et je couvre son petit corps dodu de caresses et de baisers, suçant ses gros seins à pleine bouche, pétrissant sa vulve velue jusqu’à en tirer les premiers sucs, admirant sa petite menotte qui a empoigné ma verge et lui donne ses premières sensations. Il est vrai que durant cette année et demie d’installation j’avais eu une vie monacale et mon appétit sexuel en est décuplé. D’autant que cette petite femme, bien qu’un peu ronde, a tous les appas susceptibles d’attiser mon désir. Elle aussi est seule et abstinente depuis trois ans et sa fougue est à la hauteur de la mienne. À ma première ruée en elle, elle ne tarde pas à atteindre un premier orgasme, certainement dû au simple bonheur de sentir enfin à nouveau un sexe d’homme dans son ventre. J’y lâche très vite également d’interminables jets de semence contenue depuis de trop longs mois. Cette première étreinte libératoire nous détend quelque peu et nous permet de mieux nous consacrer ensuite au plaisir de l’autre. Nos mains et nos bouches participent grandement à ce plaisir, elle suce divinement bien, accueillant mon gland tout au fond de sa gorge, et elle parvient même à laisser une trace de rouge à lèvres sur la peau de mon ventre, juste à la base de mon pénis, ce dont elle est très fière. Elle participe à tout et accepte tout. Lorsque je veux la sodomiser, malgré son fessier rebondi, sa petite rosette s’avère très serrée. Je crains de lui faire mal, malgré l’abondante lubrification que je tire de son vagin encore copieusement rempli. C’est elle-même qui, me sentant positionné, mais hésitant, lance son postérieur d’un mouvement sec sur ma queue et s’empale jusqu’à moitié. La suite est sans problème et comme nous sommes à ce moment en travers du lit, je lui dis de regarder dans le miroir de son armoire tout ce qui entre dans ce si petit trou. Elle rit un peu à cette remarque, mais surtout ne quitte plus le miroir des yeux, très excitée par cette vision pornographique de ses propres ébats. Elle jouit ainsi à trois reprises avant que je ne me répande à nouveau en elle.


Je ne parviens pas à me rassasier de son petit corps pulpeux et doux, un peu comme ce que l’on ressent au contact d’un bébé : où que l’on pose la main, on a la même envie de pétrir, d’embrasser, de sucer. Je lui suce d’ailleurs les orteils, lui disant qu’ils ressemblent à des saucisses à apéritif ce qui, en plus de la chatouiller, la fait hurler de rire. Je la suis sous la douche, pour le seul plaisir de la savonner et de la tripoter encore partout. Elle aussi me savonne, si bien qu’elle redonne du tonus à mon sexe et elle en profite pour me sucer à nouveau avec la même dextérité, enveloppant mon gland de sa langue habile, le fouettant à petits coups juste sur le méat, griffant légèrement ma hampe et mes testicules. Je la soulève dans mes bras et l’empale debout sur ma queue au garde à vous. Enserrant mon cou et mes hanches, elle accompagne mes coups de boutoir que je cadence en crochetant mes doigts dans son anus dilaté. Je veux jouir une dernière fois sur son visage et ses gros seins et j’y prends, malgré l’épuisement, un plaisir intense. Il est près de six heures, elle doit aller récupérer ses enfants, je la quitte après un baiser amoureux en confirmant notre rendez-vous du vendredi.


À l’heure dite, le vendredi, je gare ma voiture devant chez elle. Elle sort très vite, verrouille sa porte et s’installe à côté de moi. Elle porte la même petite robe avec une veste en plus, et un petit sac pour ses effets personnels. Elle attend la sortie de la ville pour se permettre un bisou sur ma joue. Nous discutons de tout et de rien, mais j’en viens à ce que j’ai préparé :



Nous arrivons au petit lac, le crépuscule tombe rapidement. Je lui montre la turbine de mon éolienne verticale qu’on aperçoit à peine scintiller au-dessus des sapins… lesquels ont déjà poussé depuis un an et demi et cachent presque totalement la maison maintenant. Le 4x4 cahote dans le chemin et le détecteur de présence allume les projecteurs LED que j’ai installés tout autour du bâtiment. Je me gare sous l’auvent me servant de garage en expliquant :



Elle contemple la maison avec admiration puis frissonne un peu. Nous rentrons par le sas, pas vraiment une entrée, juste un petit espace pavé de pierres plates qui évite de subir des coups d’air glacé en hiver et de poser les bottes pleines de neige. J’avais fait une flambée avant de partir, et l’énorme poêle de masse restitue maintenant sa chaleur : le thermomètre indique 22 °C. Mireille reste un instant ébahie et sans voix sur le parquet du living. Puis elle reprend ses esprits en murmurant :



Tout la fascine : les dimensions de la pièce d’abord, son aspect pierres et bois chaud ensuite, la « fosse » ronde qui sert de salon, le coin salle à manger avec des meubles montagnards traditionnels achetés à Aoste dans le plus pur style valdôtain, et enfin le poêle de masse alsacien qui occupe un volume important, certes, mais d’une performance inégalable. Je dois lui en expliquer le fonctionnement, ses deux tonnes de terre cuite et céramique, son double foyer qui provoque la double combustion à plus de 1000 degrés, et son invraisemblable longueur de chicanes qui récupère et stocke la chaleur pendant une vingtaine d’heures. Elle est là, bouche bée, et bras ballants, son petit sac au bout de la main, légèrement penchée en avant, comme une petite dame fascinée par un camelot sur un marché de campagne. Je poursuis la visite par la cuisine, les plans de travail faits de troncs rabotés posés sur des murets de pierres, la pierre d’évier récupérée dans les décombres de la ferme, les portes de placards récupérées sur de vieux meubles chinés dans les brocantes et les vide-greniers du coin et puis, derrière une lourde porte de bois, la cave taillée à même le rocher que les maçons ont rafraîchie et façonnée en une voûte presque parfaite. Nous montons ensuite à l’étage où chambres, bureau et salle de bains, en partie mansardés de parois en bois clair verni lui plaisent énormément, comme le balcon abrité sur la façade où elle ne fait qu’un tour rapide vu la fraîcheur, et la porte arrière donnant de plain-pied sur le petit bois. Elle veut absolument voir fonctionner le poêle, je la préviens que nous aurons rapidement trop chaud, mais elle me répond qu’alors nous nous mettrons nus… Pourquoi pas, n’est-elle pas là un peu pour ça après tout. Je la sens bien un peu déçue, car on ne voit pas grand-chose de ce qui se passe dans un poêle de masse, tout au plus un joli petit feu de bois bien sec derrière une vitre, une flambée ronflante d’une demi-heure.


Nous dînons d’un lavaret pêché dans le lac et d’une fondue de poireaux de mon petit potager. Je lui dis donc que notre repas, qu’elle trouve succulent, n’a rien coûté, pas même l’énergie pour le cuire puisque turbine, éolienne et panneaux solaires me fournissent plus que le nécessaire sans raccordement à EDF. Je lis dans ses yeux qu’elle comprend que l’on peut vivre de rien et plutôt très bien, mais je calme ses conclusions enthousiastes en précisant le montant de l’investissement réalisé, le caractère exceptionnel du lieu, car l’exposition plein sud, le rez-de-chaussée enterré, la présence du ruisseau et le bois à profusion, tout concourant à rendre cette autarcie possible. Bien sûr, j’ai réalisé quelque chose d’assez luxueux à la hauteur de mes moyens, mais il est possible de faire plus modeste et aussi efficace. Elle me dit alors que c’est une ambition qu’elle pourrait avoir, un projet d’avenir pour quand ses enfants seront grands et auront quitté la maison, et qu’en tous cas ce sont des idées qui lui resteront en mémoire pour le reste de sa vie, parce qu’elle est convaincue de la nécessité de limiter les atteintes portées par l’homme sur la nature.


Le temps de cette conversation, ses joues ont rougi malgré que la petite veste soit restée au portemanteau. Le thermomètre annonce effectivement que la pièce est passée de 22 à 24 degrés, je lui conseille donc de mettre en application ce qu’elle avait annoncé. Elle s’exécute de bonne grâce, rassurée par le fait que j’ai fermé les volets, encore un sujet d’étonnement, de lourdes plaques de bois qui translatent horizontalement sur une crémaillère mue de l’intérieur par une petite manivelle. Il suffit d’enlever la manivelle pour que la crémaillère soit bloquée et dès lors il faudrait une lourde hache ou une tronçonneuse pour atteindre la fenêtre. Elle retire donc tous ses vêtements un à un, guettant mes regards avides du coin de l’œil.



Nous rions beaucoup, elle me traite de lubrique, moi de femme légère. Nous passons au salon pour boire un café, elle veut goûter un peu de liqueur de Genépi, mon digestif préféré, et ses yeux brillants m’indiquent qu’elle est un peu pompette. Elle doit également être passablement excitée par la situation, car, lorsqu’elle vient dégrafer mon pantalon, elle laisse une jolie trace humide en forme de cœur sur les coussins. Nous entamons notre première nuit de folie érotique au salon, la poursuivons sur la table du dîner, puis sur les plans de travail de la cuisine avant que je ne la monte à la chambre empalée sur mon dard comme dans sa douche précédemment. Ainsi presque toutes les pièces résonnent du clapotis de nos sexes, de ses gémissements et de mes râles orgasmiques. Je profite pleinement de ce corps offert, un brin vulgaire par ses formes excessives, mais terriblement sensuel et excitant.


Notre fusion sexuelle dure jusque tard dans la nuit et ne cesse que par épuisement. Il est tard aussi quand nous nous réveillons et le soleil est déjà haut. J’ouvre les volets de la chambre, un héron est posé sur le lac, il doit pêcher lui aussi. J’appelle ma compagne, elle vient l’observer, je lui donne une paire de jumelles toujours prêtes dans le bureau voisin. Le soleil caresse son corps derrière le triple vitrage, accentuant ses reliefs et ses creux. Tout n’est en elle que succession et enchevêtrement de courbes, on pourrait la dessiner avec un compas. J’en fais profiter mes mains qui s’égarent un peu partout. Quand elles saisissent par derrière la pointe de ses seins, elle trépigne d’abord sans poser les jumelles, puis s’agace un peu, mais gentiment et me dit :



Nous descendons en riant, je lui prête le peignoir d’une de mes filles. Elle se plaque tout de suite contre le poêle de masse qui est encore tiède, trouvant cela incroyable. Normal, la dernière flambée ne date que de quatorze heures environ. Nous en ferons une autre avant la nuit, car toute la journée le soleil va bien chauffer. Je lui explique comment j’ai dû calculer l’avancée du toit et la largeur du balcon, sur le principe du cadran solaire, pour que l’hiver le soleil plus bas pénètre jusqu’au fond des pièces et que l’été, le soleil étant plus haut, le toit et le balcon mettent les ouvertures à l’ombre sauf tôt le matin et tard le soir, au lever et au coucher, et là ce sont les sapins plantés de chaque côté de la maison qui prennent le relais. Elle trouve le concept tellement simple et évident, même s’il est un peu compliqué dans les calculs, mais les ordinateurs sont là pour ça, qu’elle ne comprend pas pourquoi ce principe n’est pas appliqué partout.



Elle avoue son ignorance. Je lui explique donc que, dans une maison très isolée thermiquement comme celle-ci, le renouvellement de l’air est indispensable pour éviter condensation et moisissures. Au lieu d’ouvrir les fenêtres et de laisser entrer de l’air froid qu’il faut ensuite chauffer, l’air est aspiré par une turbine dans des tuyaux qui courent sous le sol, à trois mètres de profondeur, là où la température est quasiment constante autour de 12°. J’ai fait enfouir ces tuyaux sous le remblai de la terrasse et la bouche est cachée au milieu des sapins, à l’abri des vents et de la neige. L’air se réchauffe avant d’entrer dans la maison et un échangeur lui transfère une partie des calories de l’air qui est expulsé : c’est une ventilation double flux. Et comme elle est installée à l’intérieur même du poêle de masse, l’air aspiré est encore chauffé par le poêle et c’est ce qui chauffe les chambres, le bureau, la salle de bains et la cuisine. L’été au contraire, l’air chaud se rafraîchit dans le sol et c’est une climatisation naturelle que l’on connaît dans le midi sous le nom de « puits provençal ». Elle n’en revient pas, c’est si simple.



Elle veut voir tout cela de ses yeux, et nous faisons le tour de la maison, à l’intérieur d’abord, à l’extérieur ensuite après avoir enfilé quelques vêtements. Je lui montre tout, y compris des choses aussi simples qu’une faible pente de toit parce qu’il retient ainsi la neige et que sous la neige il fait zéro degré, le principe des igloos, bien mieux que moins dix ou moins vingt. Les anciens le savaient, nous l’avons oublié et la neige est devenue la bête noire de nos hivers, parce qu’elle perturbe les déplacements. À force de vivre sans tenir compte de la nature, elle est devenue l’ennemie de notre mode de vie.



Nos pas nous ramènent à la chambre, inondée de soleil à présent, dans laquelle nous prenons un délicieux plaisir à faire l’amour de toutes les façons possibles. À midi, nous déjeunons d’un poulet de mon élevage, que la vieille patronne du café m’a plumé et vidé, parce que ça, je ne sais pas et je n’aime pas trop faire, avec un bocal de haricots verts de ma production et de mes conserves. Elle veut bien sûr visiter mon élevage et mon potager, elle pourra repartir avec quelques légumes d’hiver et des œufs frais. Puis nous descendons au lac faire un tour de barque et, comme le soleil chauffe généreusement et qu’il fait très bon, surtout à l’abri du vent, elle veut remonter pour faire l’amour dehors, dans l’herbe, cachés de tout regard par les rangées de sapins. Une fois que je l’ai déshabillée complètement, alors que je m’apprête à me ruer en elle dans ce contexte nouveau et innovant, elle se lève d’un bond et s’enfuit nue comme un ver, courant, sautant, tombant, roulant, et se relevant pour mieux repartir. C’est pur bonheur que de voir ses gros nichons ballotter en tous sens en suivant ses sauts de cabri, ce petit corps dodu, blanc et tellement bandant batifoler dans les herbes folles, accompagné de ses rires et de ses cris de joie. Elle m’appelle, m’incite à la poursuivre, je finis par y aller gêné dans ma course par ma queue dressée.


Je l’attrape une première fois, elle se défend, s’échappe, je la plaque alors comme au rugby et nous roulons ensemble dans la pente ensoleillée en riant aux éclats. Je la bloque sous moi, rendu fou de désir par cette poursuite, coince ses jambes avec les miennes, tire ses hanches vers le haut. Je la prends ainsi en levrette, usant de ses deux trous béants indistinctement, titillant seins et clitoris jusqu’à ce qu’elle halète comme une femelle couverte par son mâle et parte en violents soubresauts dans les jouissives tortures de l’orgasme. Puis je la retourne et m’assois à califourchon sur son ventre pour me finir entre ses seins pressés l’un contre l’autre, éjaculant sans retenue sur son visage. Elle se relève, essuie ses yeux du sperme piquant et lèche consciencieusement ses doigts, puis nous rentrons éreintés et ravis. Nous faisons une flambée en écoutant un CD d’Erik Satie. Elle s’étend sur les coussins en rond du salon, la tête sur mes genoux, et me dit :



Elle s’endort. À force de ne pas bouger pour ne pas la réveiller, je m’endors aussi. Je reviens à la réalité quand il fait nuit noire. Je soulève sa tête délicatement et vais à tâtons allumer la cuisine, ce qui me permet de fermer discrètement portes et volets. Il est 22 heures 30 et je suis bien embêté, ne sachant trop quoi faire. Je décide de la porter jusqu’au lit, elle se réveille quand je la prends dans mes bras. Je lui demande si elle veut manger quelque chose, juste un peu d’eau dont elle boit une grande rasade à la bouteille. Puis nous allons nous coucher, encastrés l’un dans l’autre et retrouvons vite le sommeil.


Le dimanche, dès le réveil, je la trouve moins gaie, moins enjouée que la veille, moins joueuse aussi.



Mais le cœur n’y est plus vraiment. Nous faisons une petite promenade apéritive dans le bois, où j’espère bien lui faire de nouveau l’amour, mais je sens qu’il vaut mieux renoncer d’abord parce que notre différence de taille rend la position debout très inconfortable, en dehors de la porter, et puis surtout parce que l’esprit n’y est pas. Elle tient au retour à préparer le déjeuner, accommode le reste de poisson avec une mayonnaise et du poulet froid avec une purée de pommes de terre maison. Il faut attendre que le repas soit fini, la table débarrassée pour que nous allions faire un câlin au lit. Câlin est bien le mot qui convient à cette étreinte lente et d’une extrême douceur, n’ayant aucun rapport avec la folie furieuse qui nous animait la veille. Quand je me retire d’elle après avoir rempli son petit gousset de ma semence, elle place vite un mouchoir de papier plié sur sa fente et remet sa culotte en chuchotant :



Je lui prépare tout ce que je peux, des œufs, des légumes de saison, des conserves, un sac isotherme avec deux truites congelées qui devraient ravir ses enfants. Puis je la ramène jusque chez elle. Elle me quitte sans un baiser, de peur d’être vue, mais deux larmes perlent aux coins de ses yeux. Je lui dis :



Elle franchit sa porte sans se retourner. Les quinze jours passent apportant leurs folies quotidiennes d’erreurs, de pannes, de gens qui ne se connectent pas, d’incendie qu’il faut éteindre « parce qu’on donne toujours les dossiers les plus difficiles aux mêmes – et pourquoi lui et pas moi… etc. ». Mais quand j’envoie un mail à ma petite brunette pour savoir à quelle heure je dois passer la prendre, elle me répond par une histoire bizarre de possible grève de trains, dont je n’ai pas entendu parler, et qu’elle doit garder ses enfants. Je lui propose alors de passer la voir un jour de semaine, comme la première fois, elle refuse, s’inventant une grippe contagieuse qu’elle ne veut pas me refiler. Alors un jour, un peu agacé par tout cela, j’attends qu’elle se connecte et saute dans la voiture pour descendre la voir. Elle m’accueille avec la tête des mauvais jours.



Elle me plaque un baiser sur la bouche et s’enfuit pleurer dans sa chambre. Je quitte sa maison discrètement. Dommage. Ce fut une belle aventure dont la fin me laisse un goût amer…



À suivre