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Temps de lecture estimé : 11 mn
18/12/21
Résumé:  Après une nuit d’amour, Rémy s’enfuit. Anola est très déçue.
Critères:  #drame #transgenre amour nopéné
Auteur : Mirabel            Envoi mini-message

Série : Transition

Chapitre 08 / 11
Après l'amour

Résumé de l’épisode précédent :

Lang, fils de Léna, a changé de sexe à la puberté. Léna accepte qu'il vive en fille : Anola. Il/elle a perdu de vue Rémy, son ami d'enfance. Rémy l'a retrouvée.

Rémy et Anola ont bien apprécié leurs retrouvailles, et après une nuit mouvementée, où ils ont vécu « d’amour et d’eau fraîche », la vie les rattrape.








Le lendemain matin, je suis encore nue et je lézarde dans un demi-sommeil avec mon Rémy. Brusquement, en regardant sa montre, il sursaute :



Il saute littéralement dans ses habits, ne fait pas de toilette, il est hirsute, sa chemise hors du jean. Il bondit sur son sac, enfile son anorak, me fait un petit bisou d’un quart de seconde.



Et il se barre comme s’il était fou… Je le vois, par la fenêtre, courir comme un dératé, attraper de justesse un bus et il disparaît de ma vue.


Je n’ai pas eu le temps de capter : je rêvais de câlins, de bisous, de nuages roses, d’étoiles et de ses caresses qui m’avaient fait rencontrer le nirvana. Je voulais me faire belle, sexy, pour l’allumer, lui servir un petit-déj en tenue super hot, genre Folies Bergère. Et… il me plaque, en deux secondes !


Après quelques minutes dans le brouillard, mon horizon s’éclaircit : hier, c’était la Toussaint, et c’était dimanche. Et nous avions bien profité du dimanche pour fêter, baiser et nous aimer. Mais ce matin, lundi, la vie reprend son cours, qui est plutôt gris que rose. Il faut que je redescende sur terre !


À Nancy ? Ou chez Nancy ? J’ai un doute…


Je suis trop déçue et décide de me recoucher. J’enfile une nuisette rouge plutôt transparente, et quand je passe devant la glace de l’armoire, je ne peux m’empêcher de m’admirer : une magnifique poupée bien roulée.


Je crois qu’en s’enfuyant, Rémy a raté quelque chose…


Trois heures plus tard : Driiiing…Driiiing…Driiiing…


Je me réveille en sursaut, mon rêve restera inachevé : c’est la sonnette de la porte d’entrée. Je suis toujours dans le cirage :



Je n’ai pas eu le temps de m’habiller, je suis comme lorsque je me suis couchée, en nuisette sexy. Je passe le kimono assorti, qui est suffisamment transparent pour révéler toutes mes formes, et elles se voient bien. Léna s’approche, me prend dans ses bras et me secoue un peu. L’effet est immédiat, je suis bien réveillée et je lui dis :



Je lui résume l’épisode de ce matin et pendant que je lui parle, elle a enlevé sa robe et m’apparaît dans la tenue que nous avions décidé de porter quand nous sommes entre nous : soutien-gorge, slip, porte-jarretelles (facultatif) et bas. Ses dessous me sont inconnus et sont super sexy. Elle est vraiment désirable. Je lui raconte le départ précipité de Rémy, dont je ne comprends pas la raison. Elle me dit :



Comme je n’y connais rien, ma mère est obligée de m’informer que dans les grandes écoles, la présence régulière et la fiabilité sont très surveillées tout au long de l’année. Ce sont des éléments aussi importants que les notes. Et que l’année peut être fichue à cause d’une absence non justifiée.


Je me calme un peu et je souris en pensant à la tête que ferait Rémy s’il nous voyait discuter, dans notre tenue super hot ! Je crois qu’il regretterait d’être parti… Léna a vu mon sourire et m’en demande la raison. Je lui dis à quoi j’ai pensé, elle se marre et me dit :




oooOOOooo




En y pensant, les larmes me montent aux yeux. Lena essaie de me consoler, elle me prend dans ses bras comme autrefois, m’embrasse rapidement, remet sa robe puis dit : « il faut que j’y aille » et se sauve. Je capte enfin, je réalise que je suis une vraie conne, une égoïste qui n’a pensé qu’à son plaisir, et qui a oublié qu’il y a aussi une vie, avant et après la baise. Je suis atterrée…

Le temps passe, très, très lentement. J’attends des nouvelles, Les aiguilles de ma montre me semblent collées… Les minutes sont longues… les plus longues du monde.

Bon, je ne peux plus attendre… je vais l’appeler. Je prends mon smartphone, je clique son numéro et… cela sonne à côté de moi !

OH NON ! Mon cœur a un raté, je me mets à trembler : là, sur la table du salon… son smartphone qu’il a oublié ! Mais comment faire ? Mon numéro est bien enregistré, mais son portable est ici ! Il ne pourra pas m’appeler comme il me l’a promis !


Un carillon me joue Big ben : cette fois, c’est mon téléphone qui affiche « Inconnu ». Inconnu ? Il veut me vendre du gaz ? Je ne décroche pas.

Nouveau carillon, c’est encore « Inconnu », Je ne décroche pas. Il va bien se fatiguer…

Nouveau carillon, c’est toujours « Inconnu », un pressentiment me fait décrocher :



— Enfin ! C’est moi, Rémy. Tu vas bien ?



— J’avais mon avion ce matin, et j’ai oublié l’heure dans tes bras. Je suis arrivé juste à temps, une minute plus tard c’était foutu. Et quand j’ai couru, j’ai perdu mon portable. C’est un copain qui m’a prêté le sien. Heureusement que j’avais encore ton numéro écrit dans ma main !



— Super ! Je crois que je vais l’oublier très souvent… Je viendrai dès que je pourrai, tu me manques… Est-ce que tu pourrais m’expédier mon portable, que je puisse au moins te parler ? Je te promets de te passer sur le corps dès que je pourrai !



— Je te l’ai dit, aussitôt que je pourrai. En principe pour les fêtes de fin d’année. En attendant, surveille tes mails, je vais t’inonder de propositions malhonnêtes…


Cette fois, je suis complètement réveillée.


Une heure plus tard, « Gling, Glong » ma messagerie !



De : rémy. bales à sfr.fr

A : anola. tranh à free.fr

Objet : Je t’aime


Mon amour,


Nous n’avons guère eu le temps de nous parler, je te demande encore de me pardonner mon départ précipité. Je vais essayer de t’expliquer.


Je suis à Nancy, mais ce n’était pas mon choix, je ne suis pas maso. Pourquoi ? Mon rêve : entrer à SUPAERO à Toulouse. Je me suis toujours senti toulousain, car j’y ai passé toute ma jeunesse, tu le sais bien. Je suis passionné d’informatique, je vole sur des planeurs, je veux travailler dans l’aéronautique. C’est mon objectif depuis longtemps, donc je me suis engagé dans cette voie. Après mon bac, que j’ai eu avec mention « Bien », j’ai fait une prépa dans un lycée toulousain. Il y avait dans ce groupe quelques potes avec lesquels je pouvais discuter ou aller boire un pot. Et on allait de temps en temps au stade Wallon pour encourager les rugbymen. « Tou-lou-sains, Tou-lou-sains ». Je pensais souvent à Lang, qui avait disparu, je ne sais où.


J’ai passé plusieurs concours, et aujourd’hui je me retrouve… à l’école des Mines de Nancy ! J’ai accepté d’y aller, pour pouvoir essayer d’entrer à SUPAERO sur titres, au concours complémentaire. Mais je ne sais pas si je pourrai tenir… J’ai déjà passé la première année ici, mes résultats sont très bons, cela serait très con d’arrêter maintenant… À Nancy, pas de rugby, une équipe de foot en ligue 2, dans les dernières du classement… Une ville de bourgeois, morte dès 21 heures. Et au moins dix degrés de moins qu’à Toulouse ! C’est pas que je me fasse suer, c’est pire : je m’emmerde… plus envie de rien. Fatigué… plus envie d’avancer. Les études, le bachotage, ça va un moment, mais quand ça vous sort par les yeux ça ne va plus. Le pire c’est la solitude.


Je loge dans une résidence pour étudiants, dans une piaule de six mètres carrés, je ferais mieux de dire une cellule. Interdit de fumer. Interdit de cuisiner. Interdit de ramener de l’alcool. Interdit de ramener un animal de compagnie (le gardien, un vrai SS, considère que les filles sont des animaux de compagnie !) interdit, interdit…

La seule chose autorisée : ramener du boulot, et bosser, bosser…


Bref, je commençais à déprimer sérieusement, quand je t’ai retrouvée. Et je ne te remercierai jamais assez, parce que tu m’as redonné envie de vivre. Comme quoi, le bouche-à-bouche peut sauver des vies (je déconne), mais je t’ai retrouvée et – comme disait Brassens – « tu m’as réchauffé le corps »


Heureusement, les prochains congés vont me permettre de faire un break pendant quelques jours, à Toulouse. J’ai hâte de te retrouver, ainsi que quelques potes et copines, dans un café de la place du Capitole, pour leur présenter mon Anola, ma copine… Il y aura bien quelques filles déçues et jalouses, qui ne m’intéressaient pas. Je le leur avais pourtant clairement fait comprendre. On ne va pas leur dire tout de suite que tu es la femme de ma vie, que pour moi, il n’y a plus qu’Anola qui compte, celle dont je rêve la nuit, et que je suis revenu de Nancy pour la retrouver, pour qu’elle me remonte le moral. Ce qu’elle fait de manière très agréable, je pense, agréable pour tous les deux. Et à qui je promets une surprise…


Je te fais plein de bisous partout…