| n° 20584 | Fiche technique | 44395 caractères | 44395Temps de lecture estimé : 30 mn | 19/11/21 |
Résumé: Cette nuit passée avec ma voisine n’était que précurseure à d’autres expériences sensuelles et sensorielles, où notre désir allait être admirablement sollicité. | ||||
Critères: f h fh extracon voisins campagne cérébral revede fmast hmast caresses pénétratio québec -extraconj | ||||
| Auteur : Rb07 Envoi mini-message | ||||
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Résumé de l’épisode précédent :
Une très longue balade à vélo devient un prétexte inespéré pour partager une soirée avec ma voisine Sophie, en toute intimité et en toute concupiscence. Les ébats qui allaient suivre notre interminable effort allaient être notre récompense inattendue.
Je rêvais que j’avais sous la main une poitrine qui ne m’était pas familière. Couché sur le côté, j’enlaçais de mes bras et de mes jambes un corps féminin inhabituel. Quoi qu’il en soit, cette poitrine était merveilleusement agréable au toucher. À la moindre pression de ma paume, je la sentais se raffermir, et les reins pressés contre mon bas-ventre se faisaient plus présents. L’érection que j’avais, et qui se retrouvait tout juste entre les deux pommes des fesses de la femme, s’imposait de plus en plus comme bien réelle. Tout comme les globes fessiers, en fait. Et ce sein, sa douce texture et sa pointe assumée n’appartenaient pas au monde des rêves. Et mon autre main, dont les doigts percevaient les fins poils d’un pubis, et dont une phalange était plongée dans un environnement chaud et humide à souhait, elle était trop réelle pour n’être que le fruit de mon imagination. La peau qui se retrouvait sous mes lèvres, tiède, parfumée d’un musc sauvage, elle existait bel et bien.
J’ouvris un œil, et je le refermai immédiatement, trop agressé par la vive lumière ambiante. Toutefois, toutes les sensations que j’éprouvais dans mon rêve subsistèrent.
Je me réveillai en sursaut. Sophie était dans mes bras, et j’étais en train de la branler dans la lumière matinale, lui caressant un sein au passage.
Je m’immobilisai un moment, tentant de retrouver mes repères. Des bribes de la journée précédente, et de la nuit, me revinrent à l’esprit : la journée de vélo, l’orage, la rivière, la plage, Sophie s’empalant sur mon sexe, le chant des grillons et des grenouilles, nos cris faisant écho dans la montagne.
Mes doigts étaient tout humectés de sa mouille, comme l’herbe l’est de la rosée matinale. Au moindre petit mouvement de ma part, tout glissait si agréablement, si suavement, que je me laissai emporter par ce plaisir tactile. Sophie oscillait du bassin tout juste perceptiblement, massant du coup ma queue dure et bien logée dans son sillon fessier. Je l’entendais émettre de petits soupirs endormis de temps à autre, au rythme de la pression que j’exerçais sur son clitoris et aussi plus profondément en elle, là où mes doigts trouvaient refuge. Je lui embrassais le dos à travers des cheveux plus en bataille qu’ordonnés, seule aire de peau qui était accessible à mes lèvres, variant la pression sur ses seins que mon autre main caressait doucement en alternance. Une légère vibration parcourut son corps, et elle souffla plus profondément, se cambra juste un peu. Arrêtant mes mouvements, je ne fis que conserver une pression là où je le pouvais. Elle resta ainsi quelques instants et se relâcha. Puis, tous deux sombrâmes à nouveau.
Je me réveillai au son de la voix de Sophie.
Il y avait dans cette phrase au moins un mot nouveau qui ne trouvait pas de corrélation à travers mes neurones endormis.
Le visage gamin de Sophie était au-dessus de moi. Elle me regardait au moment où je tentais d’ouvrir les yeux. Elle avait la délicatesse de tourner la tête lorsqu’elle m’adressait la parole pour éviter de me pousser à la figure son haleine matinale.
Décidément, il y avait un cerveau plus allumé que le mien dans cette pièce.
J’interrompis ma phrase au moment où tous les détails de la fin de soirée d’hier refirent surface, incluant cette petite phrase si chargée de sens.
Je l’attrapai par la taille et fourrai mon nez dans son cou pour l’y embrasser. Je m’emplis de l’odeur matinale de sa peau, juste un peu huileuse et portant encore les effluves de nos ébats de la soirée. Quelle soirée ! Mais il y avait plus que la soirée. Une femme pouvait bien accepter une queue dure pour une soirée, pour répondre à un besoin physiologique ou autre, mais qu’elle accepte à ses côtés l’homme qui la possède pendant son sommeil était dans une classe à part. Partager ses rêves, ses songes, qu’elle sente un corps chaud et inerte contre elle jusqu’à son réveil, c’était un réel privilège dont j’étais bien conscient. À moins que ce ne fût toute la fatigue amenée par le vélo de la journée précédente qui ait privé Sophie de la force de me chasser de sa couche après qu’elle eut obtenu satisfaction ? Son attitude matinale me laissait imaginer autrement.
Je frottai ma barbe drue contre la douceur de sa nuque encore un moment, y laissant folâtrer un peu mes lèvres.
J’avais complètement perdu la notion du temps. Je n’avais aucune idée de l’heure. Je regardai à l’extérieur et l’angle que faisaient les ombres faibles, car le ciel était gris parsemé de petits trous bleus, m’indiqua que la matinée était passablement avancée. Tous les magnifiques sentiments qui m’avaient parcouru hier soir m’envahirent à nouveau. Ouf, quelle femme Sophie était ! Un simple « j’imagine », n’était pas tout à fait une réponse adéquate. Je tentai de me reprendre.
Je laissai passer un moment pendant lequel les yeux bruns de la dame nue à mes côtés me scrutaient.
Sophie plissa le nez et rit de son petit rire caractéristique et moqueur.
Elle tira la couverture du lit, me révélant à mon tour dans toute ma nudité. En m’enjambant pour sortir du lit, elle se pencha sur mon torse, y collant ses seins chauds pour me susurrer à l’oreille :
Je crus qu’elle allait continuer son mouvement pour mettre un pied au sol, mais elle resta plutôt sur moi et elle fit glisser sa vulve encore tout humectée sur mon sexe et mon pubis, dans une espèce de baiser génital qui me réveilla complètement. Je la suspectais d’y trouver un plaisir bien égoïste dans ce geste, mais il ne resta pas égoïste très longtemps. Ses lèvres pressées et ouvertes contre moi embrassaient mon sexe sur toute sa longueur, longueur qui se fit rapidement encore bien plus considérable de par ses attouchements intéressés. Quand elle sentit que j’étais bien rigide, elle s’avança sur moi juste assez pour que mon pénis puisse se dresser derrière elle, puis elle recula à nouveau ce qui m’amena à l’entrée de son vagin. D’un petit roulement de hanches bien exécuté, elle m’inséra en elle.
Elle était couchée sur moi et seules ses hanches dodelinaient lentement pour me faire entrer et sortir de son sexe gourmand, m’amenant un peu plus profondément à chaque fois.
Mes mains avaient rejoint son dos et commençaient à le masser délicatement sur toute sa longueur, puis plus fermement, détaillant sa musculature de part et d’autre de ses vertèbres. Sophie vint loger sa tête au creux de mon épaule.
J’avais empoigné son bassin et je l’invitais à augmenter l’amplitude de son mouvement. Du même coup, je commençai à me déhancher avec souplesse.
Je caressai une dernière fois son postérieur lisse et délicieux avant de ramener mes mains entre nous pour m’emparer de ses seins. Depuis le début de notre accolade, ils se frottaient impudiquement sur mon torse.
Sophie se colla à moi, m’écrasant le visage contre sa poitrine et serrant les cuisses jusqu’à m’en broyer les os coxaux. Sa voix cristalline résonnait en soupirs gutturaux dans mon oreille. Je m’arquai à mon tour, serrant très fort Sophie sur moi, soupirant longuement au rythme des secousses de plaisir qui me parcoururent. Tout enfoui en elle, la soudaine contraction de mon sexe la fit se crisper davantage, lui arrachant un nouveau cri jouissif. Nos spasmes incontrôlés et contagieux nous cahotèrent pendant un temps qui me sembla une éternité. Nos orgasmes duraient et duraient, et nos corps cherchaient à se fondre l’un dans l’autre.
Quand la tempête se calma, elle resta ainsi immobile un bon moment, me couvrant le haut du corps du sien, conservant ses jambes bien fermées sur moi. Je me délectais de toute la souplesse de sa peau, de la texture de ses cuisses, de ses cheveux qui envahissaient mon visage, et de son sexe qui tenait encore fermement le mien. Quand elle bougea à nouveau, ce fut pour m’embrasser le cou et me susurrer à nouveau :
Puis, elle s’extirpa du lit et fila aux toilettes, me laissant seul, dénudé, et temporairement repu.
* * *
Le brouillard orgasmique me berça encore quelque temps, avant que mon esprit ne me ramène à la réalité de la situation : j’avais fait l’amour avec Sophie toute la soirée, une bonne partie de la nuit et même ce matin, et toute ma famille allait arriver d’ici quelques heures pour la fin de semaine. Peu importe le plaisir qui nous avait portés jusqu’à maintenant, il était essentiel que nous protégions nos arrières. Je devais avant tout m’assurer qu’aucune trace de nos ébats n’allait subsister.
Je me levai d’un trait, sortis de la chambre et allai m’assurer que nos vêtements avaient pu sécher pendant la nuit. Les deux pièces de Sophie, magnifiques dans leur simplicité, trônaient au-dessus de la cheminée. Sèches, je n’imaginais pas un tissu aussi léger prendre plus d’une nuit à sécher, mais aussi propres, sans tache de boue ou de gazon. Mes vêtements, fabriqués d’un tissu un peu plus épais, étaient encore humides, mais propres eux aussi. Je décrochai et pliai les vêtements de Sophie, et décidai de laisser sécher les miens. La tenue d’Adam allait être celle de la matinée en ce qui me concernait.
Un rapide coup d’œil à mon téléphone me confirma que tout semblait normal du côté de la famille. Ma conjointe m’avait envoyé un texto pour nous féliciter d’avoir franchi toute cette distance hier, elle m’annonçait son heure approximative de départ de Montréal, et en profitait pour m’informer que la canicule était enfin terminée. Associés à quelques émoticônes de bisous et de cœurs, les textos semblaient absolument normaux. Je rédigeai rapidement une réponse, indiquant que nous avions dormi tard, qu’il y avait eu un superbe orage la nuit dernière, et que nous allions les attendre avec impatience pour que nous puissions tous nous baigner, car, même si la canicule était derrière nous, la température était encore totalement agréable.
J’allai défaire le lit dans lequel j’étais censé avoir dormi, je m’y couchai pour froisser les draps, puis je le refis. Ensuite, je pris un temps pour réfléchir aux traces potentielles de nos ébats d’hier. Comme ils s’étaient limités à la plage et au futon, il ne me semblait pas qu’un détail puisse nous trahir. Je terminais cette réflexion quand Sophie émergea de la salle de bain, cette fois-ci enroulée dans une serviette.
Quand je parlais de cerveau allumé… Je notai au passage qu’elle avait évoqué « faire l’amour » plutôt que « baiser ».
Sophie me regarda de la tête aux pieds.
La main de Sophie claqua sur ma fesse nue pendant que je m’éloignais.
* * *
C’était rassurant de sentir que je n’étais pas seul dans le bateau de l’adultère. Sophie tenait autant que moi à ce que nous restions totalement incognito. C’était compréhensible, mais j’aurais aussi pu me retrouver face à une femme qui m’aurait laissé me débattre avec mes enjeux. Après la douche et les quelques vérifications entendues, nous revinrent aux activités qui auraient dû avoir lieu en temps normal. Prendre le café, petit-déjeuner, faire quelques contacts avec nos bureaux respectifs. Car si une chose n’existait plus en ce temps de télétravail, c’était bien une journée de congé total si la boîte devait continuer à tourner en notre absence. Dès qu’il y avait une connexion cellulaire, il y avait du boulot qui nous attendait. Qu’aurait été la pandémie en 1990 ? Je n’osais même pas y penser.
Vêtu de mon caleçon encore humide, je remplissais le filtre de la cafetière italienne pendant que Sophie consultait son téléphone.
Je ne cherchais pas à trouver un coupable ou à l’absoudre de ses agissements.
Sophie replongea la tête sur son écran. Je fis de même pendant que la cafetière commençait à bloublouter, nous annonçant l’arrivée prochaine de notre dose de caféine matinale.
Sophie fit une pause, rêveuse. Elle chassa ses idées du revers de la main.
Elle était d’une lucidité implacable.
Mon air ébahi fondit en un éclat de rire spontané. C’était aussi à cette recherche que la belle Sophie avait dévoué son attention sur ton téléphone ! Le café avait terminé de monter, embaumant l’air de la cuisine de son arôme de noisette. Je le versai dans les tasses.
Ce « s’il te plaît » résonnait en moi comme celui qu’elle avait prononcé plus tôt le matin. Demandé si gentiment, comment pouvais-je lui refuser quoi que ce soit ? Je mis une petite quantité de lait dans un chaudron sur la plaque encore chaude. Je le remuai pour qu’il ne colle pas au fond, puis le versai dans nos tasses encore fumantes. Je m’approchai d’elle pour lui tendre la sienne.
Elle prit dans ses deux mains la tasse que je lui offrais.
Et c’est ainsi que nous devînmes amants.
Nous passâmes le restant de la matinée à sublimer notre envie de ne pas garder nos mains pour nous-mêmes en planifiant comment nous allions pouvoir nous revoir sans attirer l’attention. Nous mîmes en place quelques règles strictes pour préserver l’anonymat de notre relation du reste du monde. Seule Noémie allait être au courant puisqu’elle approuvait la liberté de Sophie, et Sophie avait une totale confiance en sa discrétion. Nos balades à vélo allaient se limiter à de rares occasions pour éviter d’attirer l’attention sur notre proximité. Jamais plus je n’irais chez Sophie lorsqu’elle serait seule. Jamais nous ne nous enverrions des textos coquins. Nos communications électroniques allaient se limiter à des courriels dans des boîtes dédiées à cet effet, même pour elle. C’était une discussion quasi improbable de par son contenu, très professionnelle de par sa forme. Nous aurions été deux malfrats planifiant le casse du siècle que nous n’aurions pas été plus cérébraux et méticuleux. Je bénéficiais de toute l’expérience de Sophie en matière de furtivité. Elle semblait accepter de se plier aux contraintes de l’absolue discrétion que je devais m’imposer.
Après une deuxième tasse de café, tous les détails avaient été couverts.
C’est Sophie qui avait posé la question. Elle n’était pas du genre à laisser la situation ambiguë, et je n’avais pas envie d’attendre des lunes avant de la revoir. Mais quelle était la meilleure formule pour cette première rencontre ? Un resto et après filer à l’hôtel ? Tous les restos étaient fermés !
Je restais perplexe devant ce désir de Sophie que l’on se revoie si rapidement. Elle avait une copine avec qui, de ce que je pouvais en comprendre, l’intimité était présente et bonne. Elle venait tout juste de la retrouver, de surcroît. Pourquoi venir perdre son temps avec moi ? Je ne tenais pas à lancer l’investigation dès maintenant. Après la soirée que nous venions de passer, j’acceptais simplement et avec joie son choix, peu importe la raison.
Nous retournâmes chacun sur nos écrans. J’aurais pu m’approcher d’elle pour que nous consultions les sites de réservation ensemble sur son téléphone, mais le vœu de non gouzi-gouzi aurait été plus difficile à respecter. En raison de la pandémie, les hôtels étaient vides. Plusieurs offraient des forfaits « télétravail » à la journée pour les travailleurs prisonniers de leur salon qui avaient besoin de changer d’air. Même les meilleurs hôtels de Montréal étaient abordables. Notre choix s’arrêta sur un très joli, près du vieux Montréal et avec vue sur le fleuve, qui allait être parfait pour cette première rencontre. Il n’y avait rien de trop beau pour les télétravailleurs que nous étions.
Nous tentâmes de revenir à des sujets de conversation neutres et sans danger pour le reste de la journée, ce qui fut une réussite. La fin de semaine fut agréable et aucun soupçon ne se pointa le bout du nez.
* * *
De retour à Montréal, et malgré que Noémie ait terminé sa quatorzaine, Sophie et moi prîmes l’habitude sans trop nous en rendre compte de nous écrire quotidiennement. Du petit courriel bon enfant pour se souhaiter une bonne journée ou s’extasier devant la douceur de la température d’une soirée, notre conversation se fit rapidement plus intime. Ainsi, j’appris que Noémie s’était portée volontaire pour prêter main-forte dans un centre d’hébergement de soins de longue durée, ces centres pour personnes âgées qui étaient très durement touchés par la pandémie. L’armée canadienne avait été appelée en renfort au pire de la crise dans ces établissements, et elle s’apprêtait à se retirer. Les besoins étaient encore criants, quoique la situation était moins catastrophique qu’elle ne l’avait été. Bref, Noémie allait être postée loin de Montréal, avec un horaire et des contraintes qui ne faciliteraient pas les visites. Elle allait être absente une semaine sur deux, probablement. Je compris alors une part des raisons sous-jacentes à l’intérêt que Sophie me portait : elle s’assurait une possible chaleur humaine qui la distrairait de ses jouets en silicone pendant les absences de sa douce. Encore une fois, je me voyais supporter indirectement une cause humanitaire d’une manière qui me convenait parfaitement.
La tension érotique dans notre échange épistolaire monta de deux ou trois crans d’un coup quand, bien assis à mon bureau tôt un matin, je reçus dans ma boîte secrète un courriel de Sophie intitulé « NSFW, je pense à toi ». Quelques clics de clavier et de souris plus tard, j’apprenais que « NSFW » signifiait Not Safe for Work ; un message à ouvrir avec précaution au travail. Mes collègues étant moins matinaux que moi, j’avais tout le loisir de vivre ma première expérience « NSFW ». J’ouvris le message. Il ne contenait qu’un fichier en pièce jointe. Une image coquine ? Pas du tout. C’était un fichier audio. À l’ère où les écouteurs faisaient partie intégrante d’une journée de travail efficace, je n’eus qu’à appuyer sur le bouton en forme de pointe pour lancer la lecture.
Au tout début, je n’entendis rien. J’augmentai le volume des écouteurs au maximum, mais toujours rien. Ah si… un léger bruit de fond, probablement un ventilateur, loin de la prise de son. Puis, à peine perceptible, très ponctuellement, le son d’un tissu que l’on froisse. Et… oh ! Un petit bruit, rythmé, assez rapide, périodique, spongieux. Plus distinctement, une respiration profonde, un soupir. Je la connaissais, la tonalité de ce soupir. Ce n’était clairement pas un soupir de lassitude, et il émanait de la bouche Sophie, j’en étais certain. J’eus instantanément en tête l’image de ses lèvres entrouvertes, de leur exacte séparation qui découvrait partiellement ses dents, pour émettre cette tonalité. Ses soupirs s’accompagnaient maintenant de petits gloussements aigus, et le rythme spongieux, humide, je le savais maintenant, allait toujours en s’accélérant. Je voyais ses doigts, tout comme je les avais vus la fois où j’avais surpris Sophie alors qu’elle se faisait l’amour à elle-même, minces et agiles, insistants et explorateurs, glissant sur son sexe ouvert. Dans sa respiration, j’entendais sa jouissance approcher. Elle gémissait au creux de mon oreille tout comme elle avait gémi lorsque nous avions fait l’amour le matin au chalet.
Ces accords graves et aigus, viscéraux et cristallins, lumineux comme le son de son extase pouvait l’être, ils me firent bander instantanément. Inconfortable sur ma chaise de bureau, je me trémoussai quelque peu pour reprendre mon aise, pendant que mes tympans résonnaient sous les vibrations de l’orgasme de Sophie. Le poil me dressa sur les bras, j’eus subitement très chaud, et je sentis que mon cœur battait à tout rompre. J’imaginais son magnifique corps étendu dans ses draps froissés valser sous la décharge de plaisir au rythme de ses cris, pendant qu’elle se doigtait avidement, une main empoignant ses seins hérissés, ses jambes complètement écartées, sa tête renversée vers l’arrière, se mordant une lèvre. Je n’avais en fait aucune idée de la position dans laquelle elle avait été pendant l’enregistrement, mais elle m’avait permis d’imaginer toute la magnificence de la scène. Je n’avais en tête que les plus belles images, les plus purs souvenirs, réels ou non. La seule trame audio m’avait excité mille fois plus que si j’avais aussi eu une représentation graphique.
Je restai immobile quelques minutes à chercher que répondre à ce chef-d’œuvre inattendu. Un coup de maître, plutôt. Un ouvrage de pur érotisme, condensé en à peine une minute. « Encore » fut tout ce que je réussis à pondre. Je cliquai sur « Envoyer » et tentai d’entamer ma journée de travail, ce qui s’avérait être très ardu avec l’écho que j’avais encore entre les oreilles. Cette sirène m’avait ensorcelé par son chant. Au fil de la journée, je l’écoutai à nouveau à quelques reprises. À chaque fois, l’effet fut le même. J’aurais tout fait pour être celui qui lui faisait pousser ces vocalises sublimes.
Très peu satisfait de la réponse que j’avais envoyée à Sophie, j’eus l’occasion de lui préparer une meilleure réplique le soir venu. Ma conjointe était absente, et je m’exécutai lorsque j’eus réussi à mettre les enfants au lit. Je trouvais trop peu imaginatif de me prêter à la même expérience qu’elle et lui envoyer le résultat audio. De plus, je ne savais pas si elle allait apprécier ma voix onanique autant que j’appréciais la sienne. Je décidai de miser sur une valeur plus sûre : une photo. Mais quel genre de photo ? Je n’avais jamais partagé d’image coquine avec qui que ce soit, et je tenais à rester du bon côté de la ligne séparant le bon goût du mauvais, surtout pour une première, quitte à être conservateur. Un selfie ? Trop simpliste, et je ne maîtrisais pas cet art de se mettre en scène devant une lentille grand-angle portée à bout de bras. J’en revins aux bonnes vieilles méthodes et j’installai un appareil photo sur un trépied, devant un mur de la chambre. J’activai le déclencheur à retardement et allai me placer devant. Clic ! Le décor était uni, simpliste, mais les possibilités infinies.
Maintenant, l’exécution : quoi montrer à cette belle dame en remerciement à son initiative matinale ? Elle avait apprécié la vue de mon postérieur à vélo. Voilà qui était une prémisse intéressante. Je portais encore mon pantalon de la journée, bien ajusté, qui découpait aussi bien mes cuisses que mes fesses. La chemise ? Inutile. Je la retirai et la jetai dans le panier à linge. Idem pour les bas. Ç’aurait été un sacrilège de conserver mes bas. Je commençai par prendre une pose de face, debout devant la caméra. Mon torse paraissait bien, mais je ne savais pas où placer mes bras. L’expression de mon visage était difficile à doser. Je me tournai, faisant dos à la caméra pour quelques poses. La lumière trop uniforme rendait tout fade. J’orientai une petite lampe de lecture vers l’endroit où je me trouvais, repris la pose de dos et allai visualiser le résultat. Beaucoup mieux ! La lumière en oblique venait accentuer le relief de mon dos, découpant très habilement le grand droit et le grand oblique, ces muscles de part et d’autre de la colonne vertébrale.
Mais toujours ces bras, qui semblaient flanqués à mes côtés, ne sachant pas quoi faire. Pour les poses suivantes, je les appuyai au mur, à la hauteur de mes yeux, comme si je poussais devant moi. Cela eut pour effet de déplacer mon bassin vers l’avant, ce qui mit en valeur le galbe de mes fesses, plutôt à l’étroit dans le pantalon et légèrement à angle par rapport à l’objectif, et creusa mes reins. Mon visage, de profil arrière, ne montrait pas complètement son expression, mais l’œil tourné vers l’appareil photo évoquait tout de même l’envie que des mains coquines arrivent derrière moi pour poser sur ma taille, et bien plus. Des quelques clichés que j’avais faits dans cette position, je sélectionnai le meilleur, qui j’espérais donnerait envie à la destinataire de me retirer les quelques vêtements qui me restaient. Je le transformai en noir et blanc pour éviter la distraction du mur qui n’était pas d’une couleur que je trouvais appropriée pour ce genre de photo, et l’expédiai à Sophie avec comme sujet « En attendant jeudi ». J’effaçai ensuite toutes les photos de l’appareil, vérifiai par deux fois qu’elles étaient bel et bien effacées, et je rangeai tout le matériel.
Cette petite séance de photos à l’intention de Sophie, même si les photos étaient très chastes en apparence, m’avait passablement émoustillé. Le pantalon et l’angle de la pose l’avaient bien caché, mais une forte érection m’avait accompagné tout au long de l’exercice. Elle se lisait peut-être sur les traits de mon visage, ou dans le mi-clos de mes paupières, dans cette invitation à s’approcher de mon corps. J’avais immensément envie de faire l’amour, mais je n’étais en présence d’aucune candidate potentielle. Il s’était exécuté un changement en moi, au cours des dernières années, où j’avais cessé d’être complexé face à la masturbation. À une certaine époque de ma vie, j’avais associé la masturbation à une énergie négative qui m’habitait ; je n’y avais recours que lorsque je me sentais sexuellement insatisfait. Et probablement aussi, de par cette éducation catholique qui considérait mauvais de jouer avec son corps. Même si cette éducation ne m’avait pas été transmise par mes parents, il devait y avoir un discours subliminal qui avait percolé jusque dans mon subconscient, et qui m’avait amené à consommer le plaisir solitaire avec une extrême modération, et beaucoup de repentir.
Deux ou trois années plus tôt, j’avais décidé de relever un défi quotidien : jouir de chaque jour et à chaque jour. Tout comme, paraît-il, il est nécessaire de trente séances d’un entraînement physique pour que le corps s’y adapte et en développe le goût, la longue série d’orgasmes quotidiens, rendue possible entre autres par des nouvelles qui se lisent d’une seule main d’un site bien connu, m’avait permis de me libérer du complexe de la masturbation. Ce n’était tout de même pas comme si un gros pouce divin allait descendre du ciel et m’écraser comme une mouche si je cédais trop régulièrement à la tentation des mains baladeuses ! C’est ce constat très stupide que je fis à la fin de cet été.
Fort de cette nouvelle attitude, j’avais depuis laissé libre cours à mon désir de jouir, sans avoir à attendre que ma conjointe me retrouve ou se sente disponible à cet abandon. Et là, en ce moment, j’avais envie de profiter de ce désir qui m’habitait depuis le matin, qui avait germé d’un courriel et d’une pièce jointe, qui n’avait cessé de croître tout au long de la journée à travers des images du corps de Sophie dans des conditions et des positions toujours plus explicites, et qui avait été exacerbé par la session artistique que j’avais dédiée à mon amante. Oui, mon amante, je le réalisais. La femme qui n’était pas la mienne, qui stimulait mon désir si superbement, d’une manière toute nouvelle, mais complémentaire à celui que j’avais pour ma conjointe. Après m’être libéré de mes inhibitions onaniques, c’était maintenant mon désir qui semblait vouloir suivre le même chemin, catalysé par la découverte d’un autre être, d’autres mœurs.
En ne laissant que la petite lampe de lecture allumée, je retirai mon pantalon, mon slip et les laissai choir au sol. Nu devant le miroir fixé au mur, ma silhouette en contre-jour m’apparaissait. Dans cette position, c’était surtout le volume de mes cuisses qui attirait mon attention, et l’étroitesse de ma taille au-dessus de mes hanches sveltes. Hum… j’échappais de justesse à l’archétype du Tyrannosaure dont Sophie m’avait parlé. Heureusement, ma cage thoracique était suffisamment large pour ne pas donner à ma silhouette une allure trop chétive au haut du nombril. C’était apparent que je passais plus de temps à entraîner le bas que le haut du corps. Ce ne sont pas les bras qui font grimper les côtes.
En me tournant sur le côté, je vis la rondeur de mes fesses se dessiner, ce qui contrastait avec le plat de mon ventre, et mon sexe érigé se découper de l’arrière-plan, légèrement recourbé vers le haut. Je ne savais pas comment les femmes considéraient mon sexe par rapport à celui des autres hommes. Avant ce commentaire de Sophie sur la plage, « Oh, elle est bonne », on n’avait jamais explicitement commenté l’effet qu’il pouvait faire. Tant qu’il lui plaisait, c’était l’essentiel. Pour ma part, gros ou petit, long, mince, court, il me procurait un plaisir bien complice. Et, dans cette perspective, où la silhouette du gland proéminent se détachait avantageusement de la tige qui le soutenait, j’imaginai qu’il pouvait être agréable de l’accueillir dans son tréfonds, sans toutefois savoir ce que représentait l’effet de se faire pénétrer par un homme, de le sentir se frayer un chemin en soi, de se faire remplir par son membre viril.
J’adorais la sensation de le sentir se frayer un chemin dans les plis humides et moelleux d’une femme, enfonçant sa tête chercheuse dans un univers de satin et de volupté. Cette première poussée, accueillie par des chaires onctueuses s’ouvrant après une courte lutte convenue et refermant leur emprise sur leur trophée nouvellement acquis, lutte gagnée souvent très facilement par le désir que leur propriétaire avait attisé, répondant au désir que j’avais fait naître, était ce moment qui ne revenait pas au cours d’une soirée ou d’une nuit. Ce moment où les corps s’acceptaient, se fusionnaient n’était pas en soi le plus jouissif, mais le sens dont il était chargé valait à lui seul toute l’énergie de l’étreinte. Bref, je me demandais comment ma soupirante recevait en elle ce membre que je voulais pour elle chaud, dur, long, volumineux sans être obèse. J’aimais me sentir bien enfoncé en elle, j’aimais générer ce premier soupir, long et doux, qui signifiait à la fois « enfin » et « encore ». Et le mien, s’y mêlant.
Je pris mon téléphone qui se trouvait sur la table de chevet, plaçai les écouteurs sur mes oreilles, et fit jouer en boucle le fichier que Sophie m’avait envoyé. Dans la faible lumière, je voyais mon sexe dressé devant mon ventre, qui tressautait à chaque pulsation cardiaque. L’excitation qui m’avait habité se lisait sur toute la mouille dont il était enduit. Quand je plaçai ma main autour, le pressant fermement, de mon méat dilaté perla une goutte de ce liquide cristallin, ce fruit du plaisir anticipé. En reculant mes doigts tirant sur mon prépuce, la boursoufle rouge violacé de mon gland luisant se fit plus prononcée. Ce simple premier recul, accompagné du souffle vibrant et immersif de Sophie qui m’emplissait les oreilles, m’amena déjà au niveau de plaisir qu’il aurait été très décevant d’abandonner si jamais je devais m’interrompre pour une quelconque raison parentale.
Dans le miroir, l’ombre noire de ma main descendit le long de mon sexe, le décalottant complètement, mouvement facilité par tout le liquide qui l’enveloppait. Elle remonta ensuite pour terminer un premier aller-retour, si bon et si prometteur. Ainsi debout, j’étais dans une position similaire à celle que j’avais lorsque Sophie avait plongé pour venir gober mon sexe, quand nous étions encore dans la rivière. J’avais encore la sensation de ses lèvres chaudes qui m’enveloppaient, ce que mes doigts ne parvenaient pas à répliquer, mais que mon cerveau se remémorait distinctement.
Je m’allongeai sur le lit, les jambes étirées vers l’avant, tout en continuant de masser ma verge en la tenant pointée vers le ciel. Dans cet angle, je sentais sous ma main toute sa dureté et la texture du corps caverneux sous la peau lisse et étirée. J’imaginais les globes fessiers de Sophie qui volaient au-dessus de mon ventre, alors qu’elle s’était empalée sur moi dans une position similaire. La tête de mon pénis avait eu plus de chance à ce moment, fouillant sa caverne au rythme qu’elle avait dicté, plutôt que de se retrouver simplement à l’air libre exposé à la fraîcheur ambiante. Mais la texture veloutée de son postérieur, qui venait s’asseoir sur mes cuisses à chaque coup de bassin, était encore présente et me semblait si réelle. Ses reins arqués, sa taille si joliment concave, ses cheveux humides claquant dans son dos m’apparaissaient dès que je fermais les yeux. Inconsciemment, je m’astiquais au même rythme qu’elle m’avait chevauché ce soir-là, alors que les dernières lueurs du jour disparaissaient du ciel. Je variais la pression sur mon sexe comme elle l’avait fait de son vagin exquis et chaud.
Mon esprit s’envola vers la matinée suivante, quand elle s’était attardée à califourchon au-dessus de moi au sortir du lit, dans une position où j’avais si souvent fait l’amour avec ma conjointe. Les seins plus menus de cette dernière se matérialisèrent par l’impression que j’avais qu’ils étaient imprimés dans la peau de mon torse. Mentalement, je sentais sa joue contre la mienne s’y frottant dans le tempo de notre ébat. Je me représentais enveloppé de ses cheveux bouclés qui m’envahissaient le visage alors qu’elle me mordillait l’oreille. J’avais envie d’elle, tout comme j’avais envie de Sophie. Pas tout comme, en fait. Différemment. La différence que peuvent amener 20 ans de vie commune sur le désir. Un désir moins brûlant, mais un désir toutefois profond. Le désir de ce corps que je croyais connaître par cœur, dont les proportions étaient si bien ancrées en moi que je pouvais sans même y penser retrouver tous mes repères en pleine noirceur. Cette apparition dans mon imaginaire vint propulser mon niveau d’excitation tout près du stade de non-retour. Mais c’était trop rapide ! J’avais encore envie de profiter du moment, je tenais à être accompagné de l’orgasme de Sophie pour laisser le mien se déchaîner.
J’arrêtai de bouger, laissant mes mains immobiles sur mes hanches. Mon pénis, si dur, était secoué de petits spasmes, chacun d’une extrême euphorie. J’entendais Sophie dont la voix m’annonçait son orgasme imminent. À travers ses soupirs profonds et ses gémissements se faisant plus rapprochés et aigus, j’entendais le bruit spongieux de ses doigts sur sa corolle. J’imaginais ses mains huileuses (pourquoi ne pas s’enduire d’huile pour le plaisir des sens ?) caresser ses cuisses, tirer sur ses seins, fouiller sa vulve si appétissante. Une intonation très particulière d’une expiration, la même que j’avais entendue le matin au chalet quand elle me chevauchait me tétanisa. Les légers spasmes qui me parcouraient devinrent une seule immense crispation qui m’envahit du diaphragme aux cuisses, me forçant à expulser tout l’air de mes poumons en un long râle, pendant que mon pistil dégoulinant se dressait, se gonflait encore pour accueillir la décharge de plaisir qui allait irrémédiablement le parcourir. Cet instant de flottement, entre ciel et terre, en pleine ascension, précurseur d’une extase vertigineuse, fut d’une durée impossible.
Quand Sophie eut incontestablement atteint le stade de l’orgasme, quand les secousses de sa voix m’annoncèrent que son corps entier était envahi par le plaisir, le mien bascula du côté de la débâcle et le sperme qui semblait avoir fait trois fois le tour de mon corps remonta des mes couilles, je le sentis tout au long de mon sexe tendu, puis gicla abondamment et puissamment, couvrant de multiples jets laiteux, mon abdomen tendu et mon torse brûlant, la première salve m’éclaboussant même le menton et le cou. Autant le moment précédent l’orgasme avait été d’une longueur et d’une intensité qui ne m’étaient pas communes, autant l’éjaculation me sembla interminable, incroyablement sentie, délectablement débauchée. Cette jouissance était d’autant plus prodigieuse que mes mains restèrent bien sagement en dormance pendant tout ce temps.
La seule stimulation auditive m’avait asséné le coup de grâce. La voix qui m’avait porté jusqu’à l’orgasme était stupéfiante de sensualité. La femme qui l’avait produite m’avait pénétré de toute sa concupiscence, de tout son esprit, de toute son ingéniosité. Elle m’avait profondément conquis. Alors que la dernière giclée de liquide séminal atterrissait sur mes abdominaux crispés par le plaisir, c’est le ventre chaud et si familier de la femme avec qui j’avais partagé les vingt dernières années d’amour et de sexe qui vint se coller contre le mien. Jouir en elle était bon. Entendre le grain de la voix de Sophie pendant sa jouissance était sublime. Les deux femmes m’avaient procuré une magnifique superposition d’images et de sons. Je venais de vivre la séance de masturbation la plus satisfaisante à laquelle je ne m’étais jamais adonné. Je sentis qu’une toute nouvelle réalité s’ouvrait à moi.