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Temps de lecture estimé : 16 mn
23/09/21
Résumé:  Hélène et moi avons souhaité expliquer notre démarche de partage.
Critères:  candaul amour
Auteur : Nanou2            Envoi mini-message

Série : Hélène et moi, notre couple évolue

Chapitre 06
Juste une mise au point

Résumé de l’épisode précédent :

Nous avons franchi le cap et Hélène s’est donnée à d’autres hommes avec ma totale approbation.







Ceci n’est pas un récit érotique ! Il n’y a aucune scène de sexe (sauf une petite anecdote) ! Par contre nous n’allons parler que de ça parce qu’il faut éclaircir certains points pour ne pas passer pour des pervers ou pour un couple dans lequel l’un prendrait son plaisir pendant que l’autre souffrirait, ou pire encore un couple où l’un imposerait et l’autre se soumettrait (hors-jeu érotiques bien sûr). Nous avons donc eu l’idée d’écrire à deux, Jean et moi, chacun donnant son avis, chacun complétant l’autre. Nous avons couché nos réflexions au fur et à mesure, c’est probablement un peu brouillon mais ça a le mérite de la spontanéité. Et comme mon Nanou est galant c’est moi qui ai l’honneur de commencer, n’y voyez aucun signe de domination ou autre…



Jean :

On est clair, c’est juste un ensemble de considérations sur notre couple et notre fonctionnement.

Nous nous sommes rendu compte que les lecteurs de nos petits récits (Rêvebébé et autres) se divisent en deux catégories : ceux qui, comme nous, ont franchi le pas du partage ou qui aimeraient bien essayer et les autres qui en ont souvent une idée très négative, n’y voyant qu’un manque d’amour ou la volonté de tromper l’autre, le mensonge et la trahison. C’est pour ça qu’il nous paraît très important de donner notre avis sur la question.

Au fait, moi j’aime bien quand elle domine pendant nos jeux amoureux…



Hélène :

Certains se demandent comment nous pouvons vivre en couple, être heureux ensemble alors même que je couche avec d’autres hommes que mon mari, même si ce dernier est totalement d’accord.

Nous sommes mariés depuis des années et jusqu’à une période relativement récente nous n’avons eu que des relations strictement de couple, nous avons bien sûr - je dis bien sûr mais il semble que des tas de gens se contentent des positions de bases sans jamais chercher un peu plus loin - nous avons donc bien sûr fait nos expériences, testé des trucs à chaque fois un peu plus osés ou hors des sentiers battus, mais toujours strictement à deux. Pour ceux qui se demanderaient, une petite liste non exhaustive : Exhibition en voiture ou dans la rue, nous nous sommes caressés dans les files d’attente au cinéma, nous avons fait bien d’autres choses au cinéma d’ailleurs ou dans les cabines d’essayage, nous échangeons régulièrement nos rôles homme/femme, nous jouons des jeux de rôles divers, nous pratiquons même le cross-dressing. Et bien sûr, maintenant, nous avons parfois des relations avec d’autres personnes hors couple.

Je tiens à préciser qu’avant Jean j’ai eu une vie sexuelle plutôt bien remplie, une succession d’hommes souvent très virils (sinon j’en changeais immédiatement), mais pas de relations sortant de la norme courante, pas d’accessoires, pas de mises en scène. A posteriori finalement plein d’aventures, mais rien d’aventureux si vous voyez ce que je veux dire…



Jean :

J’adore les jeux de rôle ! Le problème c’est qu’étant plombier c’est un sketch que je ne peux pas jouer bien sûr… Hélène a parfaitement résumé en disant que nous avons expérimenté ensemble, en fait elle a été un catalyseur de ma libido. J’étais très, très coincé avant de la connaître et je me suis progressivement ouvert, je suis même devenu celui qui a proposé la plupart des idées les plus corsées, il y a pas mal de choses qui me faisaient fantasmer, genre lingerie sexy, puis les godemichés qui sont une source de plaisir infini, des jouets charmants qui devraient être remboursés par la Sécu parce qu’ils remplacent n’importe quelle cure d’antidépresseurs. Ensuite il y a eu bien sûr l’expérience extraordinaire du candaulisme.


Par contre, c’est Hélène qui a compris que j’adorais les sous-vêtements féminins et qui m’a incité à en porter, d’abord les siens, puis elle m’a carrément offert un ensemble coordonné pour un Noël, un pur bonheur. Il faut juste assumer le fait qu’on peut avoir envie de libérer son côté féminin et rester hétéro, on peut même assumer avoir parfois des envies homos, il n’y a pas de honte.

Exhiber Hélène me rend fou de désir, et j’adore recevoir des amis et amies pour une petite soirée décontractée et voir leurs regards scotchés sur les décolletés de mon amour ou son déhanché de femme fatale.



Hélène :

Lorsque Jean m’a dit pour la première fois qu’il envisagerait favorablement (c’est un euphémisme !) de me voir coucher avec un autre homme, j’ai été paniquée à l’idée qu’il était juste en train d’essayer de me perdre, mais j’ai vite réalisé que ce n’était pas ça, que son envie était sexuelle bien sûr mais qu’il y avait quelque chose de plus profond, de très important même parce que - c’est mon avis n’est-ce pas – ça lui donnait une place encore plus importante dans notre couple en me permettant d’avoir encore plus de plaisir et de bonheur, nous en avons discuté, encore et encore, jusqu’à ce que je comprenne mieux, d’ailleurs ça l’a aidé lui aussi à éclaircir ses idées.



Jean :

C’est vrai, le dialogue a été très important, parce que je me suis rendu compte qu’une envie que je croyais purement sexuelle était en fait bien plus que cela.

Ce que nous vivons Hélène et moi est basé sur une relation de couple solide, un amour immense, un désir de partage, de donner du bonheur par procuration. C’est compliqué à expliquer surtout que beaucoup sont de toute façon réticents, voire hostiles. L’important pour moi est qu’Hélène soit heureuse, qu’elle ait du plaisir !



Hélène :

Et pourtant Jean a été pendant de nombreuses années comme n’importe quel autre mâle lambda en ce qui concerne son épouse (ou ses petites amies avant que nous ne nous connaissions) : c’est Ma femme ! Ce qui est à moi est à moi ! Une femme c’est comme une moto, ça ne se prête pas ! Bon, vous voyez le schéma, classique quoi. Il m’a même fait deux ou trois belles crises de jalousie, injustifiée d’ailleurs, et comme il dit, il a eu la révélation un jour.



Jean :

En surfant sur internet, j’ai tapé « cuckold captions » et je suis tombé en arrêt devant la photo d’une femme en sous-vêtements sexy qui regarde son mari dans les yeux en lui disant « Chéri, je vais baiser avec John ce soir, est-ce que tu te sens plutôt jaloux ou excité ? »

Puis une autre photo sur laquelle on voyait une femme en train de faire l’amour avec un mec super bien monté et la légende était « Avez-vous déjà rêvé que ce soit votre épouse à sa place ? ».

Et à ma grande stupéfaction, je me suis rendu compte que ça m’excitait terriblement de penser qu’Hélène pourrait faire l’amour avec un autre. D’un seul coup, je venais de basculer d’un schéma de pensée à un autre. Mais je n’ai pas osé en parler tout de suite tellement c’était déconcertant.



Hélène :

C’est là que nos jeux ont évolué progressivement, par exemple Jean m’a demandé de me masturber en pensant à un autre homme, réel ou imaginaire, et de lui raconter mon scénario, toujours en me masturbant et je ne pouvais m’empêcher de constater que cela le mettait dans un état incroyable à chaque fois, et soyons honnête, j’adore évoquer un très bon souvenir ou inventer une situation extrêmement torride et le faire jouir juste avec des mots, je continue de lui raconter quelques épisodes de ma vie avant notre rencontre, et comme j’ai la chance d’avoir eu pas mal de relations, j’ai du coup beaucoup à confesser…

À propos de confession je dois avouer que lors de mon premier mariage – qui a été un fiasco, mon mari s’avérant être un monstre d’égoïsme doublé d’un incapable au lit – j’étais tellement déçue sur le plan sexuel que je l’ai trompé à de nombreuses, très nombreuses reprises, d’abord par manque puis par revanche, j’ai vécu des choses très excitantes, parfois j’ai même franchi certaines limites, c’était à la fois extrêmement satisfaisant et terriblement frustrant. Cela m’a laissé un sentiment de culpabilité qui a duré des années et je ne voulais pas risquer de vivre ça à nouveau.



Jean :

Souvent, je me suis demandé si Hélène me racontait de vrais souvenirs ou si elle était dans l’invention pure, et depuis des années elle laisse planer le doute sur chaque épisode, je ne sais jamais ce qui est vrai ou pas. À la limite, c’est encore plus excitant cette incertitude, elle a parfois évoqué des histoires arrivées avant que nous nous connaissions tellement hot que je serais affreusement déçu si j’apprenais qu’elles ne se sont pas produites réellement. Mais je pense que la plupart sont vraies ! J’espère qu’elle acceptera de les coucher par écrit.



Hélène :

Promis ! Je vais écrire quelques histoires anciennes, mais il faut le temps de se souvenir, de modifier les noms, de rédiger, donc un jour je le ferai mais je ne sais pas quand.

Pour en revenir au sujet principal, si j’ai bien compris Nanou a mis un temps fou avant de révéler clairement son envie, il craignait manifestement ma réaction et c’est vrai que sur le coup j’ai été plutôt perturbée, carrément incrédule, parce que là on était quand même dans un trip complètement à part des trucs classiques ! Si des femmes nous lisent, elles comprendront sûrement ma réaction si un jour leur mari leur dit, même avec des précautions :



Il faut vraiment réfléchir avant de savoir dans quel sens l’interpréter, pour moi j’ai cru voir un gouffre s’ouvrir sous mes pieds, je me suis d’abord demandé s’il n’avait pas déjà un copain qui m’attendait à la maison pour me sauter, si c’était un plan pour me larguer, ou un test pour vérifier si j’étais fidèle, un tas d’hypothèses ont défilé dans ma tête pendant quelques secondes. Et puis j’ai vu ses yeux, son visage, il avait l’air amoureux comme jamais, il était atterré par ce qu’il venait de dire, et en même temps je voyais une espèce de soulagement dans son expression.



Jean :

Cette trouille quand je me suis lâché et que j’ai avoué mon fantasme ! J’avais à peine fini de parler que déjà je regrettais, mais heureusement Hélène n’a pas mal réagi, nous avons parlé, fantasmé (surtout moi bien sûr), elle a accepté mes petits jeux. Bon bien sûr on ne l’a pas fait mais pendant des années je me suis accroché à l’idée qu’un jour peut-être…

Et enfin, enfin, LA soirée qui va tout déclencher, et à ce propos Hélène voulait absolument dire quelque chose :



Hélène :

Juste une petite mise au point, Nanou ne voulait pas que j’en parle mais ça paraît tellement évident : dans son premier récit, Jean a affabulé, je savais parfaitement qui se trouvait dans la chambre d’hôtel. Après toutes nos discussions et mes hésitations, l’idée avait peu à peu fait son chemin et sans être totalement convaincue je me disais qu’il fallait peut-être essayer (après tout, j’ai essayé d’autres choses dans ma vie qui se sont révélées être géniales), et puis ce n’est pas comme si je n’avais jamais couché avec un autre homme que Jean, simplement ce serait la première fois depuis que nous vivions ensemble.


Je dois être honnête a posteriori, sans vouloir me l’avouer l’idée de sortir avec un autre que mon Nanou me faisait frémir intérieurement de désir, je n’avais pas connu d’autre partenaire depuis des années, j’avais presque oublié la pure joie d’une première rencontre, des premiers attouchements, et Dieu me pardonne, c’est une sensation délicieuse ! Donc consciemment je n’étais pas prête, mais inconsciemment j’en mourrais d’envie.


Nous avons fait la connaissance de Yann sur un site et avons choisi le lieu, l’heure, les circonstances. Ce devait juste être un ballon d’essai, une aventure rapide sans lien, sans conséquence, juste pour voir, on ne se connaissait pas, on restait dans un relatif anonymat, et en terrain neutre. Par contre, Jean était vraiment dans la chambre à côté au cas où… À part ça, tout était vrai, l’exhibition dans le couloir, le numéro de téléphone que je laisse, mon récit à Jean. À ce propos je vous laisse imaginer le maelstrom dans mon esprit lorsque je racontais la soirée, un mélange d’excitation, de fierté (cette fois, c’est confirmé, je suis une salope), de frousse (est-ce que Nanou va toujours m’aimer maintenant que c’est arrivé ?), de honte (mon Dieu, j’ai couché avec un autre), de pure lubricité (j’ai embrassé un inconnu, j’ai caressé son sexe, il m’a pénétrée, enfin un nouvel amant après toutes ces années, son sperme tout au fond de moi, brûlant). À chaud ça allait encore, c’est le lendemain que j’ai vraiment commencé à flipper.



Jean :

J’avoue que c’était beaucoup plus sympa pour mon récit d’imaginer le quiproquo, même si j’admets que ce n’était carrément pas crédible, mais raconter la double surprise me plaisait beaucoup !

Je dois dire que ça a été une extraordinaire soirée pour moi, je n’ai en fait pas entendu grand-chose mais le peu que je percevais me remplissait d’émois, et savoir qu’Hélène était en train de coucher avec un autre, j’ai cru que mon cœur allait exploser de joie et de désir, puis lorsqu’elle m’a raconté sa soirée j’ai vraiment réalisé l’incroyable, enfin elle avait fait l’amour avec un autre ! Il y a quelques années, j’aurais été fou de rage mais là je ressentais un mélange d’excitation et aussi de jalousie : un autre homme que moi a pénétré ma femme pour la première fois, c’est un moment que j’espérais et que j’appréhendais en même temps ; c’est bizarre la psyché. Je peux avouer maintenant que j’ai failli craquer quelques secondes avant qu’Hélène n’entre dans la chambre d’hôtel et j’ai eu envie de tout annuler, la suite n’en a été que meilleure !

Attention, les interrogations qui ont suivi ont été réelles, Hélène s’est vraiment remise en question après cet épisode, et heureusement elle a fini par réaliser tout le bonheur qu’elle avait retiré de la soirée. Nous avons alors recontacté Yann qui était très heureux de pouvoir la revoir.



Hélène :

Sur internet toujours, après l’épisode Yann à l’hôtel, alors que j’étais en pleine confusion j’ai vu une photo : on y voit une femme nue, pas très belle - c’est d’ailleurs ça qui donnait ce côté tellement réel - l’air songeur, et la légende était :



C’est drôle parce que j’étais déjà en train de basculer de toute façon dans ma tête, le fait d’avoir accepté de voir Yann à l’hôtel était déjà l’acceptation de mon désir mais je me le cachais encore partiellement en me disant que c’était surtout pour faire plaisir à Jean alors que, soyons honnête, si je n’avais vraiment pas voulu j’aurais dit non et c’était tout. Nanou a toujours été clair, c’est moi qui ai le dernier mot. Mais ces petites phrases ont sans doute créé le déclic, c’est ce qui a fait sauter totalement la barrière des conventions, j’en avais vraiment envie sans oser me l’avouer et je me suis rendu compte que des tas de gens le faisaient, Nanou n’était pas un pervers et je n’étais pas une dépravée, simplement nous passions au-delà des conventions, nous laissions parler notre libido, nous pouvions nous ouvrir un monde de sensations nouvelles.



Jean :

Mais que d’appréhensions, d’angoisses et de questions jusqu’à cette libération ! Le pire c’est de réaliser tout le temps que nous avions perdu : moi, avant de réaliser que j’avais ce désir, puis mes hésitations à en parler à Hélène, puis ses hésitations avant de tenter l’expérience.



Hélène :

D’un autre côté, ces hésitations multiples nous ont fait avancer à tous petits pas, certains se seraient jetés à corps perdu dans la nouveauté en en épuisant tous les aspects, tous les plaisirs. Nous, nous avons été doucement, par paliers, d’abord parce que j’avais encore des réserves, des pudeurs, je ne voulais pas me comporter comme une traînée et puis aussi pour garder le fun, la magie, le plus longtemps possible. Par exemple, la première fois que Jean m’a tenue dans ses bras pendant que Vincent me faisait l’amour a été un épisode absolument merveilleux, Vincent est un amant tendre et délicat, Nanou également, ça a été un moment de plaisir extraordinaire, mon mari me tenait dans ses bras et m’embrassait amoureusement pendant que je me donnais à un autre, ça a été fabuleux, d’une puissance émotionnelle énorme !



Jean :

Ah, cet épisode reste sans doute le plus beau moment de partage, en fait chaque première fois reste un extraordinaire souvenir…

Depuis quelques années nous avons fait pas mal de trucs que nous relaterons probablement à un moment, parce que, honnêtement, j’aime beaucoup raconter nos aventures, Hélène en donne une version adorable et qui révèle un point de vue différent et complémentaire, nos récits ne font de mal à personne, et si nous pouvons apporter un peu de plaisir à d’autres…

Mais elle a raison, la progressivité fait que même maintenant nous avons encore des voies non explorées, ça fait rêver, non ? Heureusement qu’elle est là pour tempérer mes envies sinon j’aurais été tenté d’essayer trop de trucs trop vite.



Hélène :

Il y a même des gens qui ont réalisé un tableau recensant toutes les combinaisons possibles de soirées pour un couple ayant des relations extra-conjugales, eh bien, ça fait pas mal de possibilités. Bien sûr, certaines ne me tentent pas du tout, et je crois que Jean en a barré une ou deux de son côté.



Jean :

Oui, il y a quand même des limites à tout.



Hélène :

Certains pensent que je suis une salope. C’est plutôt réducteur, c’est surtout oublier que tout ce que je fais est totalement en accord avec mon Nanou, je couche avec un homme mais il le sait, je flirte éventuellement mais il a approuvé au préalable, je prends mon pied mais il prend le sien à me regarder, il est excité juste en sachant que je vais peut-être faire l’amour tout simplement parce qu’il m’aime et que mon bonheur est hyper, hyper important pour lui. Notre relation est basée sur une confiance absolue, le sexe est une chose, l’amour est une autre chose, on peut apprécier un ou des partenaires différents sans jamais perdre de vue que le bonheur de son conjoint est la chose la plus importante du couple.



Jean :

C’est exactement ça, l’important dans un couple c’est l’autre ! Ses envies, ses désirs, ses réticences, rien ne doit être imposé, tout est consenti d’un côté comme de l’autre. Ce qui fait que si techniquement je suis cocu, je ne suis pas trompé. La différence est énorme ! Quant à ceux qui pensent qu’Hélène est une salope, je dirai : YES ! Ne vous inquiétez pas ! Elle assume sa sexualité et la mienne, j’assume ma sexualité et la sienne, nous sommes réellement heureux !

Et puis nous avons beaucoup évolué depuis le temps où se sont déroulés les premiers récits…



Hélène :

Nous n’avons pas encore écrit tous nos souvenirs, tant s’en faut, le fameux anniversaire a eu lieu il y a pas mal de temps maintenant, et parmi ces rencontres que nous pensons évoquer un jour, Jean a couché avec d’autres partenaires parce que j’ai découvert moi aussi que ça pouvait être super excitant de le voir avec d’autres (comme quoi tout arrive, on peut réellement changer d’opinion), nous avons eu des relations en couple ou seuls avec des ami(e)s, avec des inconnu(e)s, nous avons eu des relations avec des personnes du même sexe, mais toujours, toujours sans contrainte, avec la volonté de partager notre bonheur, et nous ne sommes pas des stakhanovistes de la relation extra-conjugale, il se passe souvent des mois entre deux épisodes, nous voyons cela comme un piment à notre vie et pas comme un exercice indispensable.



Jean :

Tiens une anecdote : un soir, nous étions en train de jouer dans notre lit, encore au stade des préliminaires quand Hélène m’a regardé et m’a dit :



Instantanément, mon érection est montée d’un cran, je lui ai répondu :



En rigolant parce que j’étais sûr qu’elle allait me dire que je faisais exprès de ne pas comprendre je lui ai répondu :



Boum ! Ma réplique que je pensais si drôle me revenait en pleine figure… Bêtement, j’ai failli lui objecter que j’étais hétéro, parce que je suis conditionné depuis toujours comme hétéro, mais en cogitant un peu, j’ai un côté féminin non négligeable qui ressort parfois, souvent même, dans nos ébats. Mais il faut dire que j’étais quand même scotché !



Hélène :

En fait, je l’ai aidé à comprendre qu’un homme pouvait faire l’amour avec un autre homme et que ça pouvait être beau, au même titre qu’il adore me regarder au lit avec une femme ou un homme, pas de tabou, pas d’a priori, enfin si bien sûr il y a des trucs hors limites, mais parfois il suffit de réfléchir un peu et de ne pas se bloquer … Il a donc réfléchi.

Mais sur l’instant, il fallait voir sa tête ! Je devais avoir la même expression quand il m’a proposé de coucher avec un autre : incrédulité, frayeur même, incompréhension.

Je crois que c’est l’idée de toucher un homme pour de vrai et surtout devant moi qui bloquait Jean, parce qu’on ne va pas se mentir, il aime se travestir, il a des attentions pour moi qui sont quasi féminines, il est sinon maniéré du moins délicat (à part une tendance à la grossièreté et à la gauloiserie qui lui vient de son père médecin), et je me suis dit qu’il fallait agrandir son horizon, quitte à le pousser un peu. Il faut dire qu’il fait encore partie de ces hommes qui ont été élevés dans la sainte horreur de l’homosexualité et que s’il a réussi à se détacher des vieux schémas classiques binaires, il y a quand même eu du travail !



Jean :

Je tiens à préciser que dans la majorité des cas je préfère une relation avec une femme, et la plupart du temps je préfère que cette femme soit Hélène. Mais, j’ai eu des moments intenses avec d’autres au même titre qu’Hélène a vécu des moments extraordinaires avec d’autres, y compris femmes.



Hélène :

Une anecdote à mon tour pour finir dans une atmosphère légère et vous remercier d’avoir lu jusqu’au bout :

Bien avant de rencontrer Jean, je travaillais à Paris et je prenais le métro tous les jours. Un jour de juin, au vu des températures caniculaires et aussi par provocation je portais une petite robe en coton très colorée, très légère, et rien en dessous. Rien du tout… Dans la presse habituelle des heures de pointe, j’ai senti une main se poser légèrement sur mes fesses et commencer à me caresser. En temps normal j’aurais envoyé promener le goujat, mais je me sentais d’humeur aventureuse, je n’avais pas fait l’amour depuis un certain temps, j’étais chaude comme la braise, toute dolente de cette chaude journée et j’ai laissé faire, je me suis même reculée un peu pour faciliter l’accès à mes charmes. La main s’est déplacée un peu plus bas, s’est insinuée sous ma robe et est remontée jusqu’à me caresser d’abord les fesses, puis s’est aventurée vers mon sexe.


Je dois dire qu’à ce moment j’étais déjà sérieusement excitée et j’ai carrément écarté les jambes tout en m’accrochant à la barre de maintien. À ce moment la rame s’est arrêtée à une station, des gens sont descendus, d’autres sont montés, la personne derrière moi s’est plaquée à mon dos pour ne pas perdre le contact, il y avait de plus en plus de monde dans le wagon. Je sentais un souffle chaud dans mon cou et un parfum assez curieux, fruité. Dès le démarrage, la main s’est coulée à nouveau sur mon sexe trempé, un doigt a parcouru toute la longueur de mes lèvres qu’il a écartées petit à petit et s’est introduit en moi, puis plusieurs doigts sont entrés dans mon vagin et l’inconnu a commencé à me masturber avec beaucoup de savoir-faire et de délicatesse.


Accrochée à la barre chromée, les fesses poussées en arrière, je savourais mon plaisir tout en essayant de rester impassible, croyez-moi c’est super difficile de ne pas soupirer ou haleter quand on se fait caresser comme ça, et ça a duré de longues minutes, le coup de chance c’est que mon orgasme s’est produit alors que la rame arrivait à Saint-Michel et que les freins hurlaient pendant que les wagons brinquebalaient ce qui fait que mes gémissements sont passés globalement inaperçus alors que les doigts m’arrachaient les dernières vagues de plaisir.


Les portes se sont ouvertes, des gens sont montés d’autres sont descendus, j’ai été bousculée, les portes se sont fermées et la rame a démarré. Alors que je regardais machinalement vers le quai en tentant de reprendre mes esprits j’ai vu une très grande femme noire avec des cheveux roux qui me regardait droit dans les yeux m’envoyer un baiser puis embrasser ses doigts avec un air espiègle. Je n’ai même pas eu le temps de réagir avant que le wagon ne s’engouffre dans le tunnel. Et j’ai eu beau reprendre la même rame à de nombreuses reprises, je ne l’ai jamais revue…


Nous habitons en province maintenant mais chaque fois que je viens à Paris je m’arrange pour passer en métro par Saint-Michel et chaque fois mon corps a un petit frémissement de plaisir…