| n° 20486 | Fiche technique | 25796 caractères | 25796Temps de lecture estimé : 14 mn | 17/09/21 |
| Résumé: Quelques souvenirs, glanés pendant une vie. | ||||
| Critères: fh ff fplusag inconnu noculotte vidéox confession nostalgie humour | ||||
| Auteur : radagast Envoi mini-message | ||||
Quelques histoires courtes tirées du boulot. C’était le bon vieux temps.
Certaines me sont réellement arrivées,
les autres m’ont été rapportées par des collègues.
En forêts domaniales gérées par l’ONF vous trouverez souvent un panneau de signalisation appelé b0 (b zéro), qui signifie une interdiction pour tous les véhicules de circuler sur une voie forestière. Circuler ou simplement se garer après le panneau. Les VTT sont juste tolérés.
Par contre, il est possible de s’y balader à pied et de respirer l’air pur à pleins poumons.
Ces interdictions ne sont pas faites pour emmerder le citadin en mal de verdure, mais simplement pour garder des zones de calme pour ne pas déranger la faune, pour laisser travailler bûcherons, débardeurs et forestiers, ou permettre l’accès à des véhicules de secours en cas d’incendie.
Pour éviter aussi que des aventuriers du dimanche ne pénètrent trop loin en forêt, ne rentrent dans les peuplements avec des 4x4 et n’arrachent tout sur leur passage.
Qui dit interdiction dit contravention. Si vous enfreignez la loi, vous recevrez un joli TA (timbre-amende) avec la douloureuse : 135 € à payer au plus vite.
Cela faisait plusieurs fois que je voyais passer un véhicule sur une route qui ne menait qu’à un chemin forestier interdit à la circulation motorisée, sans que j’arrive à mettre la main dessus. Aussi décidé-je de tendre une embuscade aux contrevenants. Pas que je me réjouisse de flanquer une prune, mais le coin était très sensible, une famille de circaètes avait installé ses pénates au sommet d’un grand et gros mélèze près de là.
Le circaète est un magnifique rapace de presque deux mètres d’envergure, prédateur de reptiles et très protégé, qui n’aime pas être dérangé, surtout lors de l’accouplement et de la couvaison.
Je comprends ce bel oiseau, je n’aime guère être dérangé lors de l’accouplement ou de ma parade nuptiale.
À noter que cet oiseau de grande taille possède une particularité, il est capable de rester immobile, de faire du surplace en vol pour surveiller une proie. On dit alors qu’il fait « Le Saint-Esprit ».
Je craignais que les occupants de ce véhicule n’aillent dans le coin pour voir ces oiseaux, faire des photos, ou pire, voler des œufs.
Je traversai donc quelques parcelles de pins et mélèzes à pied, sans faire de bruit, et rejoindre ensuite la route forestière empierrée.
Je déboulai ainsi sur la chaussée, tout content car la fameuse voiture était garée, moteur éteint, en plein milieu du chemin. Mon carnet de TA prêt à être dégainé, je m’approchai à pattes de velours du véhicule suspect, un Renault Espace.
Bon, il y avait quand même un truc bizarre, les portières étaient ouvertes et un type tournait autour du véhicule, plus occupé par ce qui se passait à l’intérieur que par la nature tout autour, et le nid de circaète en particulier.
En m’approchant, je remarquais que le gars tenait une caméra.
Étrange, me dis-je, Pourquoi filmer l’intérieur de sa bagnole ici plutôt que chez lui ou sur un parking ? Si c’est pour mettre une annonce sur le « Bon Coin », c’est se donner beaucoup de mal pour pas grand-chose.
Alors que je ne me trouvai plus qu’à quelques mètres du véhicule, je me rendis compte que le cinéaste n’était pas seul. Ça remuait à l’intérieur, et d’ailleurs des râles et gémissements émanaient de la grosse bagnole.
À entendre les cris, je me fis la remarque qu’ils ne devaient pas relire la dernière encyclique de Benoit XVI.
Effectivement, une dame fort peu vêtue, pour ne pas dire à poil, car elle portait quand même des cuissardes, se tenait à quatre pattes sur la banquette arrière tandis qu’un type uniquement vêtu de sandales la bourriquait avec énergie.
La jeune femme me fit un sourire, et entre deux gémissements me souhaita la bienvenue. Il y a des instants où l’on voudrait se trouver ailleurs, parce que j’avais l’air d’un con avec mon carnet de timbre-amende ! Je me voyais déjà tourner une nouvelle version du Gendarme de Saint-Tropez. Je ne pouvais pas demander leurs papiers, ils étaient à poil !
Le tringleur me fixa quelques instants, puis saisi d’une inspiration subite me proposa de participer au tournage. Proposition que je déclinai au grand dam de la dame qui me trouvait à son goût.
Je les ai laissés continuer leurs ébats. J’ai su plus tard qu’ils ne vendaient pas ces films, c’était juste pour le plaisir, le cinéaste de mari aimait voir sa femme aux prises avec un autre gars et ainsi immortaliser l’instant. Toutefois, il les mettait en ligne.
Je n’ai jamais regretté ma non-participation, imaginez qu’un jour un de mes supérieurs tombe sur un film où un forestier se faisait sucer par une fort accorte jeune femme, en forêt soumise au régime forestier et revêtu de ses habits de fonction. Difficile de dire que ma queue faisait juste de la figuration.
Des brumes de ma mémoire surgit tout à coup l’Épervier. Un bistrot perdu en plein milieu de la forêt de Saint-Amand-Les-Eaux, dans le Nord.
À l’époque je travaillais comme ouvrier forestier, je revenais du service militaire et attendais ma nomination à l’ONF.
Du mois de mai jusqu’en septembre je posais des poteaux de bois et du grillage autour d’une zone sensible, afin de protéger quelques dizaines d’hectares de plantes rares et délicates, dont des orchidées et des droséras.
Je travaillais avec deux autres gars, nous étions au soleil toute la journée, il faisait beau et chaud et étions bronzés comme des vacanciers qui s’en revenaient des Caraïbes. J’entends d’ici les sceptiques se gausser, Du soleil dans le Nord, que ne faut-il pas entendre. Ben oui, dans le Nord il arrive qu’il fasse beau, même sur de très longues périodes.
Nous prenions notre repas de midi en forêt, mais le soir, après le boulot, nous nous arrêtions dans un bistrot pour boire une bière. Une bière bien fraîche dans un bock. Nous ne buvions qu’un seul verre, nous étions déjà sérieux, il nous fallait reprendre la voiture. Mais nous ne consommions pas de la pisse d’âne, nous buvions une bière produite par un petit brasseur du coin.
Le bistrot de L’Épervier, un joli estaminet niché au cœur de la forêt, près de la Mare à Goriaux.
Au bout d’une semaine, nous étions considérés comme des habitués par les habitués du cru. Nous avions notre table attitrée et nous n’avions pas à commander, les bières arrivaient de suite devant nous.
Le patron était un ventripotent quinquagénaire dégarni et grisonnant à grande gueule, qui exerça la profession de chauffeur routier, mais un malencontreux accident lui fit perdre son travail et son permis. Il faut dire que son système sanguin tenait plus de la distillerie que de la cardiologie.
Ce personnage ne vivait point seul. Il avait comme compagne une jolie brune d’une trentaine d’années au visage en forme de cœur. Longs cheveux noués en un chignon vaporeux toujours retenu par une pince en argent, de belles lèvres pulpeuses, petit nez retroussé, les yeux en amandes, elle tenait plus de la chatte alors que son Jules s’apparentait à un pit-bull.
Lorsque la belle Marion nous amenait nos cervoises, elle me gratifiait toujours d’un sourire plus appuyé. Comme disait Bébert, un de mes compagnons de travail :
Il fallait dire qu’elle n’avait que quelques années de plus que moi, que nous étions les deux seuls « jeunes » de l’assemblée.
Parfois mes collègues me laissaient, chez eux les attendaient femmes et enfants, et ne pouvaient m’accompagner à L’Épervier. Bien que seul, je m’arrêtais quand même au Bistrot, personne ne m’attendait chez moi.
Ces jours-là, la belle Marion m’accueillait avec un grand sourire pour adoucir ma solitude tandis que le gros Bébert déjà bien embrumé se gaussait des futurs fonctionnaires.
Elle se vêtait presque toujours de la même façon, très simplement. Une jupe courte en jean ou en tissus plus légers, ainsi que de chemisiers pratiquement tous coupés à l’identique. Manches mi-longues, cols en V au décolleté profond sagement clos par un laçage astucieux.
Des accrocs de la mode auraient insinué qu’elle n’avait guère d’imagination ni d’inspiration. Certes, mais elle contournait l’obstacle en variant les couleurs. Toujours la même forme, mais une teinte différente chaque jour, elle devait posséder un stock inépuisable de chemisiers et jupes de milliers de couleurs, unis ou fleuris, illuminant ainsi de sa présence le petit troquet.
Chaque fois qu’elle m’apportait mon breuvage, elle me faisait un grand sourire, plongeait son regard d’obsidienne dans le mien et me dévoilait ses dents blanches en un sourire mutin.
Chaque fois qu’elle m’apportait ma cervoise, elle se penchait un peu plus que de raison, révélant au passage sa gorge et me laissant entrevoir les merveilles cachées sous son chemisier, deux petits seins aux tétons sombres, biens fermes et ronds. Quand elle voyait mon regard s’égarer dans l’échancrure de son décolleté son sourire s’élargissait et ses prunelles pétillaient.
Mon sens de l’observation et ma grande sagacité me permirent aussi de découvrir que, sitôt mon breuvage servi, la belle aubergiste resserrait les lacets de son corsage et partait servir la clientèle, ses trésors de nouveau cachés, Bébert n’y voyait que du feu. Elle ne se délaçait que pour moi. Rien que pour mes yeux, aurait dit 007.
Elle m’affola ainsi durant quelques semaines, affichant toujours le même sourire mutin, le même regard de braise et la même poitrine incendiaire.
Puis vint le temps où les travaux autour de la zone d’intérêt biologique allaient prendre fin. Il me restait une semaine de boulot en tant qu’ouvrier forestier. Je devais ensuite rejoindre mon poste, loin du Nord et de la forêt de Saint-Amand.
Je dégustais une de mes dernières bières à L’Épervier, et alors que je me rendais aux cagoinces accompagné par les beuglements alcoolisés de Bébert, une main fine et délicate me tira à l’intérieur de la remise. Il y faisait noir comme dans le cul d’un taureau par une nuit sans lune.
Par-dessus l’odeur de renfermé, je sentais le délicat parfum de la patronne.
Et là, parmi les caisses de bière et de Pschitt orange et Pschitt citron, elle m’embrassa à pleine bouche en gémissant. Je glissais les mains sous son chemisier, caressant la peau douce de son dos, emprisonnant de mes grosses pattes calleuses ses mignons nénés aux tétons dressés.
Pendant que j’explorai sa poitrine, elle s’attaqua à ma ceinture et ma braguette. Je passai une main sous sa jupe et remontai jusqu’à ses fesses, pour me rendre compte que nulle culotte ne protégeait ses merveilles.
Mes mains remplaçaient mes yeux et ce qu’elles « voyaient » me remplissait d’aise.
Elle posa un pied sur une caisse de canettes, me laissant le libre accès à sa toison soyeuse et surtout son juteux fruit de la passion.
Elle avait réussi à déballer mon marteau à boules et le présenta tout de go à son narthex. Je m’y arrêtai un instant, le temps de faire pénitence puis remontai d’un seul coup sa nef jusqu’au chœur. Nous nous escrimâmes ainsi durant cinq minutes, nos ventres se heurtant de plus en plus violemment, elle s’ouvrant tant et plus, moi essayant de la transpercer jusqu’à l’âme.
Pour finir, Marion s’accrocha à moi, se bâillonna avec mes lèvres pour assourdir son cri de plaisir dans ma bouche et trembler tel un jeune chaton loin de sa mère. Je la serrai contre moi le plus possible, comme pour la souder à mon corps tandis que je me libérai en de longs jets voluptueux dans son antre accueillant.
Nous mîmes encore cinq minutes à reprendre nos esprits, encore incertains sur nos jambes.
Lorsque nous nous séparâmes, je sentis une larme sur sa joue.
Dans la salle, Bébert entamait un discours d’une voix pâteuse. Personne ne s’avisa de notre absence prolongée. Marion me fit un sourire éblouissant alors que je quittai L’Épervier.
Je n’y revins jamais. Je sus par des amis que Bébert fit une mauvaise chute dans les escaliers de la cave, un soir plus arrosé que les autres. La belle tenancière doit toujours y servir sa bière, sortie tout droit d’une réserve fraîche et obscure.
Je pressens du lourd.
Quelques précisions s’imposent. Les agents de l’ONF marquent les arbres destinés à la vente dans différentes parcelles de la forêt, chaque parcelle en vente désignée sous le nom de coupe.
Le commis forestier employé par un exploitant ou une scierie visite ces coupes avant la vente aux enchères, en estime le juste prix et propose à son patron d’acheter… ou non.
Une fois la coupe achetée, il cherche un bûcheron et un débardeur pour abattre ces arbres. C’est là qu’intervient la négociation entre le commis et l’employé. Et c’est à cet instant que notre Haufiont ajoute une clause.
Souvent, la dame refuse, et le mari se retrouve à bosser à des dizaines de kilomètres de chez lui. Parfois les contraintes économiques – traites de la maison à payer, voiture à entretenir, rentrée des classes – font que l’épouse accepte.
Cependant, la rumeur va bon train et les maris se voient soumis eux aussi à un chantage : renâcler ou ne plus trouver de boulot, car le Haufiont peut contacter ses collègues d’autres scieries et empêcher de travailler le cocu mécontent. Cela fait quelques mois que la comédie dure, mais quelque chose dans le sourire de mon collègue me dit que la situation est en train d’évoluer.
J’éclate de rire en imaginant la scène, puis entre deux hoquets, je dis à mon ami :
Chaque année, au printemps, un cérémonial particulier a lieu dans les forêts de France et vosgiennes en particulier. Le comptage du gibier. Par gibier on entend les cervidés, surtout cerfs et biches.
Pour ce faire, deux techniques que l’on alterne un an sur deux, toutes deux nocturnes.
Année N, un comptage par point fixe et cheminement pédestre est organisé. Appelé aussi comptage statistique.
Il existe des équipements cynégétiques en forêt que l’on nomme hauts sièges lorsqu’ils sont à l’air libre, et des miradors lorsqu’ils sont fermés. Ces installations situées à quelques mètres de haut sont souvent disposées près de zones ouvertes comme des prairies, où les animaux viennent brouter très tôt le matin ou au crépuscule.
Une échelle vous permet d’y accéder et de vous y installer. Parfois, ce sont des photographes animaliers qui attendent le passage des animaux, mais le plus souvent ce sont des chasseurs venus pratiquer la chasse au pirsch, ils y attendent la venue de Bambi et de sa maman, et là, Boum.
Et une fois tous les deux ans, ces hauts sièges et miradors sont réquisitionnés par du personnel de l’ONF, de l’ONC et autres associations cynégétiques pour faire un comptage statistique.
Certains arpentent des sentiers pédestres, à une cadence bien précise, en silence, et notent le nombre d’animaux rencontrés, ainsi que l’heure et le lieu de la rencontre.
D’autres s’installent dans les miradors et comptent eux aussi le nombre de bestioles venues brouter dans la prairie.
S’ils le peuvent !
Que faire en effet lorsque vous vous rendez compte que dans le mirador il y a un couple d’amoureux allongés sur un duvet et en train de réviser les diverses positions permettant de perpétuer l’espèce ? Lorsque je suis arrivé, ils en étaient à la dégustation des fruits de mer.
Bien évidemment, madame poussa des petits cris de souris effarouchée quand j’ouvris la porte, elle cachait tantôt ses nibards ou sa bête à fourrure. Je me rendis compte alors qu’il n’y avait pas un homme et une femme, mais deux femmes, aussi séduisantes l’une que l’autre.
C’est ainsi que je fis le plus étrange et le plus délicieux comptage de gibier jamais effectué, en compagnie de deux charmantes dryades en string et soutien-gorge. Elles avaient enfilé un petit quelque chose, ma capacité de concentration étant mise à mal.
Nous échangeâmes sandwichs, boissons chaudes et souvenirs communs, tous trois originaires de Valenciennes, elles faisaient une randonnée dans le coin et pensaient passer la nuit tranquillement à l’abri dans le mirador.
Dans la prairie éclairée par la pleine lune nous vîmes des biches, des faons, des chevreuils, des sangliers et des renards. Même une martre et une chouette.
Nous nous passions les jumelles, moi notant le nombre de bestioles, elles s’extasiant devant le spectacle.
À minuit, je les quittai en leur faisant la bise et les invitant à rester à l’abri ainsi qu’à terminer ce qu’elles avaient commencé… c’est-à-dire une bonne nuit de sommeil ! Je n’osais mettre sur mon compte-rendu que j’avais observé les ébats de deux chattes sylvestres.
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Année N+1, un comptage au phare est organisé. Des véhicules tous-terrains sont réquisitionnés, des phares longue portée y sont montés et des équipages composés : à l’avant un chauffeur, un passager chargé de noter sur un plan les différents animaux repérés, et installés à l’arrière du « pick-up » deux personnes chargées de manipuler les phares halogènes ultras puissants, capables d’éclairer comme en plein jour à plus de trois cents mètres. Munis d’une paire de jumelles nous étions capables dans la lueur des phares de compter les poils de moustache d’un renard !
Comment réussir à dénombrer les animaux ? Très simplement, vous comptez les yeux et vous divisez par deux !
Ce comptage ne peut se pratiquer que par des nuits claires, pas de brouillard, pas de pluie ni de vent.
Chaque équipage doit suivre un itinéraire bien défini, des routes forestières à emprunter et une faible vitesse à respecter, et tous reliés par radio en cas de pépin.
Le rendez-vous se situait au sommet d’un col, à la limite de quatre départements, Vosges, Bas-Rhin, Moselle et Meurthe-et-Moselle, pour évaluer la population de gibier sur un massif de près de soixante-dix mille hectares.
Les dix voitures qui se dirigeaient dans les Vosges suivaient au départ le même itinéraire. Toutes passèrent à côté d’une voiture de tourisme garée à l’orée de la forêt. Et les vingt olibrius munis de phares éclairaient l’intérieur de la bagnole en passant à côté. Il faut préciser que la tentation était trop forte, les vitres étaient ouvertes, sur la banquette s’activaient deux tourtereaux.
L’endroit était connu pour abriter les ébats de couples officieux. J’imagine la tête du type quand il s’est vu éclairé comme s’il se trouvait cul nu au milieu du Stade de France ! Un coup à lui éteindre sa libido pour quelques années, ou à ne plus pratiquer que dans le noir absolu.
Nous avons éprouvé de la honte, après… enfin pas trop quand même, car on en a bien rigolé !
Les Romains avaient raison : Fiat lux et facta est lux.
Une dernière histoire, pleine de poésie et de magie, celle-là, avant de vous mettre au lit.
Il existe une autre façon de compter le gibier quand le relief et la végétation s’y prêtent mal, c’est le comptage au brame, en automne.
Chacun a une zone à patrouiller, doit se déplacer en voiture d’un endroit à un autre, de nuit, avec des points d’écoute obligatoires, où le forestier doit s’arrêter et sortir du véhicule au moins quinze minutes. Il lui faut alors écouter les bruits de la nature et surtout le cri du cerf en rut, le fameux brame. Il suffit de noter l’heure, la direction, la puissance du cri, et le nombre d’animaux qui répondent à ce défi. Seule contrainte, la météo doit être parfaite, pas de vent, ni trop chaud, ni trop froid et pas de pluie. Elles sont délicates ces grosses bestioles.
C’est ainsi que je me suis retrouvé seul sur une lande, à plus de mille mètres d’altitude, sans nuage ni lune, un lieu loin de tout, sans aucune pollution lumineuse, sans un bruit, une nuit magique.
J’étais seul, un cerf bramait au loin. Au-dessus de ma tête éclatait la Voie lactée comme je ne l’ai jamais vue, gigantesque nuée de diamants sur un fond de velours noir.
Je me sentais comme le seul être sur terre.
Un spectacle qui ne laisse pas indemne…