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n° 20326Fiche technique8050 caractères8050
Temps de lecture estimé : 5 mn
19/06/21
Résumé:  De Baudelaire à la fête foraine, en passant par le train-fantôme...
Critères:  fh bizarre fête exhib humour -humour
Auteur : Samuel            Envoi mini-message
Attention : un train-fantôme peut en cacher un autre

Ce spectre singulier n’a pour toute toilette,

Grotesquement campé sur son front de squelette,

Qu’un diadème affreux sentant le carnaval.

Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval,

Fantôme comme lui, rosse apocalyptique

Qui bave des naseaux comme un épileptique.

Au travers de l’espace, ils s’enfoncent tous deux…



Nous sortions d’un récital Baudelaire. Encore sidérés par la découverte de textes que nous connaissions pourtant si bien, nous nous dirigions mollement vers la fête foraine. Mélanie me dit :



On prend donc quatre billets pour arriver à nos fins. Au début, juste un bruit métallique avec quelques hurlements lointains. Mélanie, dès que nous sommes dans l’obscurité, commence par enlever sa culotte, sans s’occuper des toiles d’araignées en plastique qui pendent. Le train semble ralentir et, à son passage, un cercueil s’ouvre et un macchabée se redresse ; dans un fou rire, Mélanie lui lance son tanga rouge bordé de noir. Je déboutonne le chemisier de ma compagne sur l’insistance de quelques cris stridents. On aperçoit alors dans une cage Freddy avec ses ongles rallongés en métal et sa tête toute fripée.

Visiblement, il ne s’agit pas d’un mannequin, mais d’un homme déguisé en monstre. Il n’en faut pas plus pour que Mélanie lui montre ses seins.


Bientôt un immense Frankenstein se tient au-dessus de nous brandissant une hache. De sa tête rafistolée, quelques filets de sang tombent à nos pieds. Puis dans un long tunnel, ce sont des araignées géantes qui se prennent dans nos cheveux. Mélanie s’assoit sur moi en poussant des petits gémissements. Sa poitrine se colle à mon visage et son sexe est déjà parti pour en profiter pleinement. Mais voilà que contre toute attente le train-fantôme sort de la pénombre pour se retrouver à l’extérieur. Ce serait déjà fini ? Non, heureusement il ne fait qu’un petit passage, à une certaine hauteur, pour attirer le public assoiffé d’émotions.


Nous avons eu le temps de transformer notre excitation en un tableau quasiment romantique : une jeune fille se réfugie dans les bras de son amoureux tellement elle a eu peur. Nous replongeons aussitôt dans le noir pour nous retrouver face à une petite fille toute vêtue de blanc dont la tête se soulève brusquement au plafond dans un rire démoniaque. Suivent quelques images vidéo bien dans le genre gore, mais finalement cela fait moins peur que la réalité d’un monstre qui vous touche de près.


J’en profite pour libérer mon pénis après quelques gesticulations au rythme de la musique de l’Exorciste. Un loup-garou s’invite alors et prend place à côté de nous. Il caresse les cheveux de Mélanie qui hésite à aller plus loin dans notre copulation. Puis, après nous avoir montré ses canines tout imprégnées de sang, l’intrus disparaît comme il était venu en se jetant dans un coin sombre dans une dernière bordée d’aboiements. Nous allions nous enfiler tranquillement quand le train eut des soubresauts comme s’il passait sur des dos d’âne. Impossible de tenir en place. Et voilà que le tour se terminait… On revoyait la dame du guichet et la lumière du jour.


Nous attendons un petit moment et on remet ça. Maintenant on connaît le trajet et ses pièges. La dame nous demande si on veut vraiment refaire un tour. Si, si, on n’a pas bien tout vu. On repart. Aussitôt, c’est la pénétration dans cet univers glauque et dans le petit con de ma chérie. On baise dans le train-fantôme !


Le voici qui ralentit à nouveau devant le cercueil, on dirait même qu’il s’arrête. Le cercueil s’ouvre et le macchabée tend la culotte rouge et noire à Mélanie qui ne sait quoi faire. Nous comprenons que le train ne repartira que lorsqu’elle aura repris son bien. Elle s’en saisit donc et nous repartons doucement, en nous interrogeant néanmoins. Une vague inquiétude sans plus, mais tout de même. Nous savons la suite : ce sera Freddy dans sa cage. Mais cette fois la grille s’élève et Freddy sort. De près, il est encore plus repoussant. Ses longs doigts effilés nous menacent. Il crie : « Stark naked ! Stark naked ! » Mélanie me dit que cela veut dire « à poil ». Je lui explique qu’elle lui a montré ses seins, il veut donc voir le reste. Elle s’exécute de bonne grâce. Nue, elle frissonne quand les interminables doigts acérés coupent d’un geste théâtral quelques poils de sa toison. Mais Freddy est content, il retourne dans sa cage et la grille redescend derrière lui.


C’est maintenant l’apparition de l’immense Frankenstein, et nous craignons le pire. La petite voiture passe entre ses jambes et brusquement un long sexe descend de son pantalon ouvert. Que faut-il en faire, se demande Mélanie ? Le branler ? Elle s’y emploie, le gigantesque phallus se déploie et un serpent s’en échappe. Quelle frousse ! Nous n’avons plus le cœur à notre baise-fantôme. Mélanie se dégage de mon étreinte et à ce moment-là une araignée colossale vient se coller à son sexe : impossible de s’en défaire. Ça colle, ça suinte, ça glisse… Mélanie semble pourtant apprécier la situation et le chatouillis intime…


J’arrive toutefois à lui arracher cet alien démoniaque. Puis nous retrouvons la lumière du jour, mais à une telle hauteur qu’il nous est impossible de descendre. Nous voici en présence de la fille en blanc. On attend que sa tête se soulève dans les airs. Mais cette fois, elle explose nous aspergeant de sang. Nous sommes couverts d’hémoglobine. On pensait retrouver notre calme avec les images des vidéos, mais on ne voit que nous ! Notre baise est retransmise sur tous les écrans. Nos sexes en gros plan ! Et dire que c’est bientôt le moment du loup-garou…


Il s’invite une nouvelle fois à nos côtés. Je n’avais pas vu au premier passage qu’il était nu, son sexe se perdait dans ses longs poils. Le voici maintenant entre nous deux, souriant, décontracté du gland. Alors que nous pensions qu’il ne poussait que des grognements, il nous dit gentiment dans un français châtié :



Je préfère tout de même quand on nous parle en français. Sur le regard insistant de Mélanie qui avait déjà beaucoup donné de sa personne, je saisis le membre, je le débarrasse de quelques confettis et je le prends en bouche. Il semble qu’il y prend un certain plaisir puisqu’il revient aux grognements. Je me flatte de lui redonner une certaine vigueur, mais il en profite pour me jeter hors de la voiture dans le même trou noir où il avait disparu au tour précédent. Je me dépêtre comme je peux de tout un fatras de falbalas, et quand ma tête émerge au-dessus des fanfreluches, c’est pour apercevoir le loup-garou en rut en train de besogner ma Mélanie qui offre ses fesses à la bestiale pénétration. Je regagne à pied le guichet de la dame qui vend des billets. Et j’attends que réapparaisse ma compagne certainement très éprouvée.


Mais elle n’est jamais réapparue…

J’ai pris par la suite plusieurs fois le train-fantôme et j’ai pu constater qu’il y avait un nouveau personnage dans le tunnel de l’angoisse : un vrai fantôme qui promenait sa faux et sa nuisette au ras d’un pubis que j’ai cru reconnaître…


Ce spectre singulier n’a pour toute toilette,

Grotesquement campé sur son front de squelette,

Qu’un diadème affreux sentant le carnaval.