| n° 20296 | Fiche technique | 53349 caractères | 53349 9215 Temps de lecture estimé : 37 mn |
03/06/21 |
Résumé: Un petit tour dans les Alpes italiennes où l’on ne trouve pas que des chamois, des bouquetins et des marmottes. | ||||
Critères: #aventure #occasion #lieudeloisir fh ff fffh hplusag jeunes asie inconnu fépilée lunettes vacances forêt voir caresses fellation cunnilingu pénétratio fsodo | ||||
| Auteur : Roy Suffer (Vieil épicurien) Envoi mini-message | ||||
Coup de fatigue, coup de blues, marre de la ville, d’avoir bossé tout l’été et de voir les autres revenir tout bronzés avec plein de souvenirs. Malgré tout, c’était aussi un choix de ma part de partir en septembre, choix basé sur deux constats : il fait presque toujours très beau en septembre… bien plus qu’en juillet, tumultueux, avant le 14 et les fameux orages du 15 août ; et puis l’essentiel des touristes est rentré, laissant les paysages et les monuments dans un calme relatif, les commerçants moins voleurs et plus attentifs. Je me laisse donc deux ou trois jours de décompression et de préparation de bagages, évitant par là même les encombrements du « chassé-croisé », et je prends la route vers les Alpes italiennes, « mes Alpes ». C’est un coin d’un charme absolu, à quelques kilomètres de la frontière, en l’occurrence le tunnel du Mont-Blanc. Mais cette année, je n’emprunterai pas par le tunnel. Étant seul et sans contraintes, je choisis de passer par le col du Petit Saint-Bernard. J’aime bien voir ces élevages de gros chiens au regard doux et sympa, j’aime bien aussi rouler dans ces paysages pelés qui seront couverts de neige dans quelques semaines. J’ai bien roulé, je déjeune à Bourg Saint-Maurice, au pied du col, sur une terrasse ensoleillée. Je vois passer de belles filles, la tartiflette est délicieuse, le vin de Savoie aussi. Dans deux heures et demie, je planterai ma tente sous les sapins.
J’y ai beaucoup travaillé sur cette tente, tous les week-ends de l’été ou presque, et je me suis bien amusé. J’ai hâte de tester le résultat. Connaissant bien cette saison à la montagne, l’expérience aidant, j’ai opté pour le confort. Bien sûr, j’aurais pu choisir l’hôtel ; il y a là-bas des pensions de famille très agréables. Mais j’ai trouvé plus drôle d’acheter une nouvelle tente, a priori bien classique : une tente igloo avec deux chambres et pour seuls critères… d’abord que je tienne debout dans l’espace central et ensuite qu’elle soit robuste et de bonne facture. J’ai donc trouvé mon bonheur en nylon pour le double-toit, coton pour l’intérieur et fibre de carbone pour l’armature avec un fond étanche en PVC.
Ensuite, j’ai passé mon temps à la modifier. J’ai patiemment cousu un isolant mince, de ces multicouches proposés pour isoler les greniers, sur l’enveloppe de l’une des chambres en prenant soin de recoller une bande d’isolant sur mes coutures, puis j’ai enfilé le tout dans l’enveloppe de la seconde chambre, formant ainsi un sandwich coton-isolant-coton. Auparavant, j’avais équipé le sol de la seconde enveloppe d’une double couche de film à bulles haute résistance, de façon à isoler de la terre, puis d’une couche du dernier-né des matériaux à changement de phase. C’est quoi ? Une sorte de mousse plastique dense contenant des microcapsules de paraffine qui change d’état à certaines températures : au-dessous de 20°, le produit est solide, au-dessus de 20° il est liquide. Pour passer de l’état solide à l’état liquide, ce produit va absorber une quantité phénoménale d’énergie. À l’inverse, quand il passe de l’état liquide à l’état solide, il restitue cette énergie et diffuse de la chaleur. Dans une tente en septembre à la montagne, c’est bien connu, dans la journée il y fait plus de 40° et la nuit on grelotte parce qu’il gèle dehors ou presque et donc, dans la tente aussi ! J’espérais ainsi absorber la chaleur de la journée et tempérer la tente, pour la restituer la nuit et moins sentir le froid. Bien sûr, l’apport de matériaux et la semi-rigidité de la couche à changement de phase compliquèrent le pliage de l’ensemble. C’est le tapis de sol qui servit d’emballage extérieur à l’ensemble soigneusement roulé et tenu par deux sangles formant des poignées de transport.
Déjà, en reprenant ma voiture après le déjeuner, garée en plein soleil, je pus constater que la seule présence de la tente à l’arrière avait limité la température : il faisait tout au plus 27 ou 28° au lieu des 40 habituels. Bon signe ! Mon stock de chaleur pour la nuit devait être fait. La route splendide, les toutous au rendez-vous, puis les paysages désolés, l’ancien monastère et l’ancien poste de douanes, la descente vers la civilisation et toutes les belles vallées sur la droite : Valgrisenche, Val di Rhemes, Valsavarenche et enfin ma vallée préférée, Val di Cogne. Et là, on remonte par la route étroite et sinueuse en passant près du petit château d’Aymaville, du Ponte Romano, de la cascade, point de rupture thermique de cette route : avant, c’est le climat du Val d’Aoste, souvent très beau et très chaud, au-delà c’est le climat de montagne et l’on perd une dizaine de degrés en quelques centaines de mètres. On apprend à l’école que la température diminue de un degré tous les cent mètres d’altitude, mais ce que l’on n’apprend pas c’est que cette diminution peut se faire d’un coup en franchissant quelques virages. J’arrive à Cogne la belle, face à la majestueuse silhouette du Gran Paradiso, le Grand Paradis, qui nous domine de ses 4061 mètres. J’y fais quelques courses de produits frais, appréciant bien maintenant la monnaie commune qui évite les changes laborieux et coûteux de ma jeunesse. Puis je roule en direction du sommet, vers Valnontey, dernier village de la vallée.
La route pénètre dans le parc national du Grand Paradis et je m’arrête avant le village dans mon petit camping préféré, celui de mes vingt ans. C’est un camping minable à tout point de vue : tout y est fait « à l’italienne », c’est-à-dire du genre bricolage avec trois troncs de sapins, deux bouts de ficelle et quelques clous. Les sanitaires, les douches et les lavabos sont tous de récupération, l’eau chaude fonctionne quand elle veut, les emplacements sont des petites terrasses vaguement aplanies à flanc de montagne, entre les troncs résineux d’une forêt de sapins. Mais les gens y sont adorables, les prix très raisonnables et l’ambiance toujours chaleureuse. À cette époque, le gros des touristes est bien parti. Il ne reste plus que quelques retraités en camping-cars, cantonnés dans le petit champ au bord de la route, et quelques fous de montagne, jeunes pour la plupart, qui viennent se faire plaisir malgré leur manque d’argent. On y rencontre aussi, pour leurs passions respectives, des chasseurs photographes, des minéralogistes ou des botanistes. C’est l’époque des rencontres intéressantes et des soirées animées autour d’une grappa ou d’un génépi. On verra plus tard, l’important est d’abord de s’installer.
Je choisis une plate-forme assez haute dans le petit bois et assez dégagée, pour recevoir plus tôt le soleil du matin. Il n’y a là que de jeunes sapins d’à peine deux mètres, tout juste bons à porter ma réserve d’eau et mon fil à linge, essentiel pour les torchons et les serviettes de toilette. Je monte ma tente sans trop de problèmes, car bien entraîné dans mon jardin, je creuse l’indispensable rigole en cas de pluie, puis il me faut effectuer une demi-douzaine d’allers et retours tente-voiture. C’est là que l’on constate déjà les dégâts de la vie sédentaire, du tabac, et peut-être aussi de l’âge. Ces grimpettes successives avec charges me font souffler et souffrir, pourtant on n’est qu’à 1750 mètres d’altitude. Il va falloir s’acclimater et reprendre l’exercice progressivement. Vers dix-huit heures, tout est installé et tout fonctionne, y compris le panneau solaire qui alimente une petite batterie de dix piles rechargeables (environ douze volts) et qui me donne éclairage et recharge de mobile. Mon petit réchaud plat, bien plus stable que les traditionnels « bleuets », n’a pas vieilli et fonctionne toujours aussi bien. Je me suis régalé encore une fois avec le matelas autogonflant, merveille de simplicité qui m’épate toujours : on le déroule, on ouvre les bouchons, l’air rentre en sifflant et le matelas se gonfle seul. Les boudins doivent contenir une mousse ou un matériau à mémoire de forme qui reprend instantanément la position gonflée. Il suffit de remettre les bouchons au bout d’un moment, sans avoir à pédaler un quart d’heure comme un malade. Pour plier ? Il suffit d’enlever les bouchons et de le rouler lentement en chassant l’air, facile. C’est le moment d’aller placer les réserves de glace dans le congélateur du chalet et de boire un petit apéro.
Petit moment sympathique, mais bref : la fille qui m’a reçu à l’arrivée, en me disant de m’installer où je voulais, n’était pas une employée, mais la nouvelle patronne. Tout le monde a changé et je ne connais plus personne. C’est l’occasion de faire à nouveau connaissance, mais comme elle ne déborde pas de convivialité et que son français est très limité, ça risque d’être des relations minimalistes. Je retourne dans ma niche me faire un petit dîner, le soleil est depuis un moment derrière les crêtes et l’ombre envahit peu à peu la vallée. Lorsque j’ai terminé mes pâtes et ma fontina, le fromage local, je me dis que je vais aller prendre mon café, et plus si affinité, à Valnontey. Une petite marche digestive me fera du bien avant de tester mon chauffage et mon isolation. J’aime ce village de pierres et de bois, ces toits couverts de lauzes, le petit pont sur le torrent avec au bout le sentier vers le refuge Vittorio Sella. Des voitures montent de Cogne en assez grand nombre, des locaux qui viennent dans les bistrots du village retrouver des copains ou taper le carton. Ils sont bruyants ces Italiens, expansifs, surtout quand ils ont bu un petit coup. Mais tout cela a quelque chose de très joyeux et de bon enfant. Je redescends tranquillement me coucher. Il fait bon dans ma chambrette de toile renforcée, apparemment le sol est tiède et l’isolation a bien préservé cette douce température. Le bruit du torrent emplit le silence de la nuit, le Grand Paradis découpe sa silhouette sur un fond de ciel étoilé. Je m’enferme, en ouvrant cependant les ouïes d’aération, et m’endors très vite à poil dans mon duvet.
La fraîcheur sur mes bras nus me réveille vers six heures. J’ai dû avoir chaud pour sortir les bras, le sol est d’ailleurs encore un peu tiède. Mon système semble donc avoir bien fonctionné et conservé une température agréable pendant environ dix heures. Pas mal ! Des oiseaux commencent à chanter, mais le jour n’est pas totalement levé. En collant mon œil sur l’aération, je ne vois pas la moindre clarté atteindre le double toit. En revanche, je sens bien l’air glacé sur mon visage. L’aération est indispensable, mais elle devient la principale déperdition de chaleur. Il faudra trouver une solution, d’autant que la paroi intérieure de la tente me paraît légèrement humide, surtout autour des aérations. Si ma seule respiration, alors que cette enveloppe de 2,80 m sur 2,10 m est prévue pour trois, parvient à l’humidifier, c’est qu’il y a un réel problème de condensation. Et si cette condensation pouvait être récupérée pour chauffer l’air frais entrant, comme dans les chaudières du même nom ? C’est à étudier, et je me mets à réfléchir en attendant le jour. L’aube pointe le bout de son nez très vite, le ciel pâlit, les clarines des vaches se font entendre de l’autre côté du torrent. Je me lève et m’habille pour aller profiter du lever de soleil sur le Grand Paradis, spectacle grandiose que j’adore.
Je me poste sur le pont de Valnontey et constate combien ma tente est efficace : l’air glacial me pique le visage et me donne la goutte au nez. Puis vient le spectacle, grandiose, du sommet enneigé et gris bleuté qui soudain rosit, puis s’embrase de rayons orangés. Quelques minutes plus tard, il devient jaune vif puis peu à peu reprend ses couleurs naturelles, celles qu’on lui connaît durant la journée. Un vol de chocards passe au-dessus de ma tête, ils remontent en direction de la cascade et du refuge. Je les suis un instant avec mes jumelles, et mon regard s’arrête sur une pente herbue au-dessus des sapins. Des formes brunes la parsèment, chamois ou bouquetins, plutôt des chamois d’après leur teinte, le bouquetin est plus clair, moins roux. Je scrute ensuite la falaise qui domine le village, à son tour touchée par les rayons du soleil, à la recherche du premier vol de gypaète barbu, fréquent à cet endroit. Mais rien. Le bistrot proche ouvre ses volets de bois, je vais me prendre un café. Cappuccino pour commencer, bien sucré avec la petite pelle et la petite boîte de bois, artisanat traditionnel valdôtain, puis ce fantastique expresso italien, dé à coudre de concentré de café qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Vers midi, je me fais un casse-croûte reconstituant puis je pars marcher vers le fond de la vallée, en direction du Grand Paradis. C’est un sentier de promenade qui longe de près ou de loin le torrent, sans dénivelé excessif, l’idéal pour une mise en jambes. Je suis seul et je croise un renard en quête de proie, l’occasion de quelques photos. Je me sens bien dans cet environnement que j’affectionne, et la forme revient petit à petit. Mais je sais qu’il faudra plusieurs balades de ce genre, en graduant la difficulté, pour retrouver la capacité minimale pour grimper au refuge. D’ailleurs en revenant, le dessus des cuisses me fait un peu mal, les pieds aussi. Des voisines sont en train de s’installer près de ma tente, deux jeunes nanas qui parlent une langue inconnue, nordique probablement. Il y a une grande perche blonde avec une grosse poitrine en liberté sous son pull et une petite brune un peu ronde de type asiatique avec des lunettes. Elles merdoient fort avec le montage de leur tente, piquent des fous rires, puis finissent par s’asseoir sur des pierres l’air dépité, devant leur tas de toile, de ficelles et de piquets. Je prends tout le temps de savourer mon chocolat chaud et d’enduire mes pieds de crème renforçant la peau. Puis, quand même, voyant le soleil proche de disparaître, je vais leur proposer un coup de main en anglais. Miracle : la langue universelle fonctionne. Elles acceptent volontiers. En quelques minutes, la tente est montée. Elles battent des mains, sont contentes, me font la bise. Merci, bonsoir, au plaisir les danoises.
Tenant compte du fait qu’elles ne sont pas des pros de la canadienne, je leur conseille de faire une rigole autour de la tente en leur proposant ma pelle américaine, à la fois pelle et pioche en un tour de bague. Elles ricanent, remercient, disent qu’elles n’en ont pas besoin puisqu’il fait beau. Pourvu que ça dure ! Manque de pot, vers dix heures du soir des roulements répétés annoncent l’arrivée d’un orage. C’est ça aussi la montagne, des changements de temps brutaux et inattendus. Je file au chalet, bien décidé à boire le bar si nécessaire et si la patronne revêche veut me mettre dehors. En quelques minutes, le spectacle est impressionnant : des éclairs quasi permanents illuminent la vallée et le tonnerre n’a pas de silences, se répercutant à l’infini sur les montagnes. Café, genépi, re-café, et enfin l’Italienne acerbe accepte de sortir une bouteille de vraie grappa de dessous le bar. Elle est longue à la détente, mais c’est normal, elle ne me connaît pas. Je lui offre un café, un môme en pyjama réveillé par l’orage vient se coller à elle.
Je lui parle du passé, des propriétaires que j’ai connus. Ça tombe bien, c’est une copine des fils de Raymonda, belle Italienne qui était ici il y a… quelques années. La glace est rompue, je ne serai plus anonyme dans mon endroit préféré. Peu à peu, l’orage se calme. Il a dû se vider sur Cogne, car il ne s’éloigne pas, il s’éteint progressivement. Le bambino retourne se coucher et moi je prends congé de l’Italienne qui fait l’effort de me souhaiter bonne nuit en français, je fais de même en italien. L’orage est passé, mais la pluie est restée, assez faible, mais bien installée pour la nuit. Ma frontale fait briller des rigoles d’eau charriant des aiguilles de sapins qui traversent la route en dévalant du camping, habituel. Dans la tente des danoises, il y a de la lumière et l’on s’agite. Plus tard, j’entendrai leurs voix et leur pas s’éloigner, des portières de voiture claquer. Je m’endors dans le roulement de tambour incessant de la pluie sur le double toit, ravi que mon nid soit aussi douillet.
Lever identique au coucher, mais la pluie a cessé : nous sommes juste dans la ouate, en plein nuage. Je me fais un solide petit-déjeuner, et la vapeur du gaz et de l’eau dans la casserole ajoute à l’humidité ambiante. Pouah ! C’est tout le problème du camping en montagne par mauvais temps : quand on est dans le nuage, tout devient lamentablement humide et il faut bien avouer que c’est très désagréable, froid en cette saison. Je retourne au chaud dans mon duvet et je bouquine, obligé d’allumer la lampe, car mon isolation rend la toile opaque. Vers midi, le vent change et remonte de la vallée. Peu à peu, tout se dégage, et je constate sur la montagne opposée au Grand Paradis, le Monte Emilius, que ce qui était pluie ici était neige là-bas, au-dessus du village de Gimillian. Une ligne nette de démarcation montre l’isotherme zéro, au-dessous les sapins sombres et au-dessus un voile de neige fraîche. Les deux campeuses d’occasion se montrent, elles ont dormi dans leur voiture. Pas de rigole : tout est trempé, y compris les duvets, partiellement du moins. Le soleil revenu, je les aide à étaler leur matériel sur les toits et capots de nos deux voitures. Quant aux duvets, je vais solliciter ma nouvelle copine italienne. Le chalet est chauffé par un poêle de masse qui ne dit pas son nom : juste à côté du bar, dans un couloir près de l’escalier montant aux chambres, il y a une grosse colonne de briques rouges avec une petite porte de fonte. C’est le foyer qui chauffe, plus ou moins, tout le bâtiment. Il consomme pas mal de bois, mais ici il n’y a qu’à se baisser pour le ramasser. Les briques sont chaudes, à près de cinquante degrés, et je suspends les duvets humides contre cette paroi.
L’Italienne a la paupière flapie, et visiblement souhaiterait que la saison se termine, elle en a marre. Marre surtout, m’explique-t-elle, des gens qui voudraient trouver ici le confort d’un camping 3 ou 4 étoiles, et qui n’imaginent pas que celui-ci soit recouvert de deux à quatre mètres de neige pendant sept mois de l’année. Vu sa taille, y faire des investissements pour trois mois de fonctionnement serait pure folie. Et de se plaindre sur l’énormité des taxes en Italie, moi qui croyais au début qu’elle me parlait de taxis, ne voyant pas ce qu’elle voulait dire. Je lui réponds que payer des impôts est un acte civique et indispensable dans toute société évoluée, sinon plus de retraites, plus de routes, plus d’écoles… Et qu’à force de tricher durant des années, on avait le choix de finir comme les Grecs ou de payer des taxes importantes pour rattraper ce laxisme. Je lis sur son visage qu’on est soudain moins copains. Et de me raconter son histoire… son petit magasin de fringues à Turin, les importations chinoises et les taxes qui l’ont ruinée, son mari qui est parti avec une plus jeune et plus belle qu’elle, mais ô combien plus conne, etc., etc. En fait, c’est vrai qu’elle était bien habillée pour le lieu, ce qui devait ajouter à l’incongruité de sa présence ici, et qu’elle aurait pu être très jolie sans cette amertume permanente dominant son comportement.
Je l’emmène dans la pièce voisine, ancienne salle de restaurant ne servant plus qu’au repassage et à entreposer des objets encombrants, et lui montre sur les murs, toujours présents, d’anciens posters que j’avais faits du temps des anciens propriétaires : chamois, bouquetins, marmottes, perdrix blanches et quelques paysages. Son sourire revient, comme le soleil après l’orage. Elle me demande même de marquer de mon nom tous ces « chefs d’œuvre » de jeunesse et de les signer. Nous prenons un café ensemble, très proches. Je perçois son parfum délicat, je contemple délibérément sa poitrine à peine soutenue par un drapé croisé blanc plutôt sexy sur un jean de prix. Elle me confie sa solitude impossible à rompre avec la présence de son gamin… heureusement qu’elle le mettra ce week-end chez sa mère pour la rentrée des classes italiennes. Si ça, ce n’est pas une ouverture…
Les deux autres ne me lâchent plus. Accordez un peu d’aide aux femmes en détresse et vous voilà coincé. Nous déjeunons donc ensemble et, comme je pars poursuivre ma mise en jambes, elles me demandent de les guider jusqu’à un endroit où elles pourraient travailler. Oui, travailler, parce qu’elles sont étudiantes en bio… je-ne-sais-quoi, peut-être bio écologie, mais je n’ai pas très bien compris, et ont besoin de faire un repérage exhaustif des espèces alpines et d’en faire un dossier. Elles sont envoyées là par leur université, notamment un de leurs profs qui avait séjourné ici plus de vingt ans auparavant. Elles cherchent donc un endroit de montagne le plus vierge et le plus riche possible en espèces diverses. Je les emmène au-delà du pont de Valnontey, leur montre le Giardino Alpino, sorte de petit jardin botanique local bien plus agréable qu’une encyclopédie à feuilleter, et les dirige de l’autre côté du torrent, sur un versant de l’adret bien exposé et à la flore très riche. Puis je file sur le sentier du refuge, content de me retrouver seul. Mon objectif est d’atteindre les bergeries en traversant la cascade. La balade est magnifique, m’en rappelle des dizaines d’autres, mais je souffle toujours comme un bœuf. Point positif : mes cuisses et mes pieds ne me font plus souffrir à la descente. J’aperçois mes deux copines manipulant un carré pliant de plastique, un peu comme les anciens mètres de charpentiers, qui doivent représenter un mètre carré. Elles le positionnent à deux en le glissant dans les plantes avec un petit mouvement de va-et-vient, puis entament leur repérage exhaustif. L’une isole chaque plante des autres avec une feuille de papier et la photographie, l’autre prend des notes. Bon courage, je passe sans me faire remarquer.
Je dégage ma voiture en ramenant leurs affaires à leur tente, puis descends à Cogne acheter un peu de pain et quelques fruits. Je m’attarde aussi dans les vieilles rues du côté de l’église, j’achète quelques cartes postales et les remplis à la terrasse d’un café. Quand je remonte au camping, les deux gourdes ont réussi l’exploit de la saison : elles ont allumé un feu de camp entre quatre pierres. Je vais leur coller une casserole d’eau sur le feu, leur rappelant qu’on est en pleine forêt de résineux, de surcroît dans un parc national où les feux sont interdits, même s’il a plu le matin même. Je leur redonne ma pelle américaine pour qu’elles se creusent enfin une rigole. Elles ont l’air un peu fâchées, moi aussi. Agacé plutôt. Agacé, je le serai encore plus quand, étant allé prendre un café et une grappa au chalet après le dîner, toutes les deux rappliquent et s’assoient à ma table sans permission. Or, comme il n’y a personne, l’instant d’avant c’était la patronne qui était venue discuter avec moi. Elle avait fait un effort vestimentaire particulier avec une petite robe à carreaux gris et blancs du plus bel effet, un bandeau de dentelle au décolleté et à l’ourlet suggérant qu’elle pouvait avoir dessous et jupon de la même matière, mais j’étais prêt à parier qu’il n’en était rien et que la voie était libre sous la robe. L’Italienne fait un peu la moue et mitraille les danoises du regard. Celles-ci veulent goûter à tout, café, genépi, grappa et, l’alcool aidant, se racontent un peu. La grande bringue est une danoise pure, l’autre est Thaïlandaise et orpheline suite au fameux tsunami, et a été recueillie par une famille danoise qui était en vacances à ce moment-là. Elle avait quatorze ans, mais en paraissait dix tant elle était fluette. Elle avait des papiers (mais étaient-ce bien les siens) et la famille danoise a payé son billet et l’a emmenée sans rien demander à personne. Depuis, elle a l’impression de vivre dans le luxe, fait des études brillantes et voue une dévotion sans limites à Monsieur Van machin, son gentil sauveur.
Je retraduis en français pour l’Italienne ce que la Thaïlandaise du Danemark me raconte en anglais. N’est-ce pas l’Europe ? Et tout le monde finit par rire ensemble, et la patronne se fend d’une « coupe de l’amitié », ces jolis récipients de bois à plusieurs becs qu’on remplit de sucre, d’alcool et de café bouillant. On allume l’alcool au centre, on éteint les lumières, je sens une main sur ma cuisse qui n’est pas là par hasard. Quand l’alcool a fini de brûler, on se passe la coupe de bois et chacun boit une gorgée de liquide brûlant. Franca, l’Italienne fait en sorte de ne pas tourner la coupe que je lui tends et de boire au bec que j’ai utilisé en plongeant son regard de braise dans mes yeux. Il se fait tard, les filles récupèrent leurs duvets tout chauds avec des exclamations de joie et nous sortons. Franca me demande de l’aider à débloquer un volet qui a, paraît-il, gonflé avec la pluie. Elle en profite pour me tirer par la manche hors de l’éclairage et me roule une pelle délicieuse, sucrée et alcoolisée. L’occasion est trop belle de vérifier si j’avais raison, mes mains ne trouvent pas de soutien-gorge, mais deux tétons dressés, et plus bas elles détectent la présence d’un string minimaliste. Il fait froid, elle grelotte, elle rentre dans le café me tirant par la main, éteint les lumières et se fait prendre là sur une table, robe retroussée et string écarté. Elle feule et miaule comme un félin, se jette à ma rencontre à grands coups de reins, visiblement elle est en manque de sexe. Elle mouille presque autant que la cascade. Je profite pleinement de la situation étant, moi aussi, privé depuis quelque temps. Je fais glisser le haut de sa robe sur ses bras pour dégager ses seins, elle finit par se relever et faire glisser toute la robe ainsi que le string jusqu’au sol. Prenant appui sur la table, elle me tend sa croupe affamée, je la prends à grands coups qu’elle accompagne de râles rageurs. Des voitures passent sur la route, roulant pleins phares, elles éclairent par instant la salle de leurs projecteurs mobiles. J’en profite pour admirer le corps svelte que je pilonne. Ma main contourne ses hanches et cherche son clitoris, prenant tout le lubrifiant nécessaire autour de ma queue. Dès que je masse le petit bouton, elle part dans des soubresauts d’orgasmes à répétition. J’accélère, je renforce à grands coups de reins, je lui pince une pointe de sein et le petit bouton, elle crie comme une perdue. Dans un dernier assaut extrêmement violent, je saisis ses hanches alors qu’elle se redresse un peu, et je l’empale en la décollant du sol à chaque coup de boutoir, jusqu’aux quatre derniers élans accompagnant mes jets de sperme brûlant. Elle retombe comme un pantin entre mes mains, nous sommes essoufflés, épuisés. Je range mon matériel, elle se retourne et m’embrasse à nouveau.
Tout ce que vous voulez, mais ça fait du bien. Le Grand Paradis a retrouvé son enveloppe d’étoiles, je vais me coucher le cœur et les testicules légers. Le lendemain, dès le lever du jour, je remonte voir mon spectacle favori avec mon Nikon et son pied. J’espère fixer l’instant magique en vitesse lente, peut-être faire une série que je pourrais monter en animation. Des pas derrière moi, la grande bringue blonde qui arrive en soufflant et me demande où je vais. Je lui dis simplement de me suivre et je m’installe sur le pont. Elle apprécie le changement de lumière, je fais mes clichés. Nous restons là un moment, elle a froid dans son jean moulant et son blouson trop léger. Ah ces Nordiques ! En venant en Italie, elle s’imaginait trouver un pays chaud, c’était sans compter avec l’altitude.
Du coup, elle se colle contre moi, trémousse du popotin, frissonne. Je l’enveloppe tant bien que mal dans mes bras accueillants, elle se retourne, toujours collée, et me plaque un long baiser très profond. Allez donc, c’est reparti ! Elle comme moi n’a pas fait de toilette avant de venir, sa bouche ne sent plus l’alcool et le café, mais plutôt le « pas frais » matinal, la mienne doit être pire avec le tabac en plus. Ça n’a pas l’air de la déranger et elle m’encourage même à lui peloter les seins tout en l’embrassant. Ses gros seins mous en liberté occupent plus que ma main, ce doit être un spectacle aussi lorsqu’elle se donne en levrette et que ces deux-là se mettent à sonner le tocsin. Mon pénis se remet à durcir dans mes knickers de velours, mais on ne va tout de même pas s’envoyer en l’air sur ce pont.
Le bistrot voisin ouvre ses volets, nous allons prendre un café chaud. Elle choisit une banquette et s’installe tout contre moi, se frottant comme une chatte en chaleur. Dès que le patron vaque à ses occupations, elle prend ma main et la fourre sous son pull. J’ai ses lolos en direct, tendres et chauds, et leurs grosses pointes qui durcissent à vitesse grand V. Quand le patron revient, puis passe et repasse dans la pièce, elle se tourne un peu de côté, un coude sur la table et le menton dans la main, et elle maintient la mienne à ses activités de pelotage. Elle me regarde, tend ses lèvres et m’incite par un « kiss me » répété. Je lui fais un bisou sur les lèvres, elle en veut plus et se vautre carrément sur moi. Non, ça, je n’aime pas trop en public, même si le lieu est à peu près désert.
Je paie et je l’emmène jusqu’à ma tente. En un instant, elle est complètement nue, et avant même que j’aie eu le temps de finir d’enlever pantalon et chaussettes elle se jette sur mon sexe et l’engouffre dans sa bouche toute chaude. Ça doit être bon avec les relents de ma cavalcade nocturne avec l’Italienne ! Là encore, ça ne semble pas lui poser souci. Elle me pompe comme une folle, délicieusement d’ailleurs, sans oublier le moindre détail. Une vraie pro de la pipe ! Pendant ce temps, j’occupe mes mains avec ses gros nénés et sa croupe dressée par sa position. Très vite je comprends qu’à deux, l’isolation montre toute son efficacité. Nous avons chaud, mais l’excitation doit y être pour quelque chose aussi. Mes doigts perçoivent toute l’humidité de sa fente soigneusement rasée. Il faut avouer que c’est pratique, peut-être hygiénique, mais ce n’est franchement pas très joli une foufoune sans poils, du moins c’est mon avis. C’est comme quand un barbu se rase soudain : on a l’impression d’une peau trop grande, trop vide, la bouche ressemble à une cicatrice et on n’a qu’une envie, lui dire de se laisser tout repousser.
Pour les sexes, c’est pareil. Cette chair nue qui n’a pas à l’être semble triste et fade, le sillon ressemble également à une cicatrice, les parfums ne sont plus les mêmes et le plaisir de l’explorateur est supprimé. Tant pis, je fais avec, ou plutôt sans, et fourrage allègrement ses orifices et son clitoris. Elle ôte sa bouche de mon pénis pour exprimer un râle trop longtemps retenu, puis, sans autre précaution, m’enfourche et me chevauche à toute vapeur. Ses gros seins ballottent en cadence, elle les prend et me les tend à téter un par un tandis qu’elle porte elle-même l’autre à sa bouche. Ah, ça, c’est un truc que tout le monde ne peut pas faire, comme quoi de gros lolos pendouillant peuvent avoir leur intérêt. On entend une voix à l’extérieur, c’est sa copine. Ma blonde cavalière répond sans se démonter dans sa langue maternelle. Bruits de fermetures à glissière, et la face de lune s’encadre dans l’ouverture. En un instant, elle jauge la situation et balance une bordée d’injures. L’autre lui répond paisiblement sans cesser de secouer son popotin sur ma queue.
Alors, la petite Thaï ouvre en grand, entre dans la chambrette, et se déshabille elle aussi. Et voilà, jamais deux sans trois comme on disait chez Peugeot dans les années cinquante ! C’est vrai qu’elle n’a presque pas de seins, seulement deux petits cônes larges à la base, mais peu élevés, terminés par de petites aréoles et pointes très foncées, marron. Elle n’est en fait pas si ronde qu’elle m’avait paru de prime abord, sans doute par contraste avec sa longue copine. C’est surtout son postérieur qui est rond, bien joufflu, ainsi que ses cuisses courtes, typiques des Asiatiques. Côté pilosité, la jeune fille est en friche, largement pourvue : un gros triangle noir corbeau se prolongeant dans toute sa raie, avec de longues touffes débordantes au niveau de la vulve. Hummm ! J’en veux ! Elle se frotte vigoureusement les mains pour les réchauffer et se met à caresser le cul de sa copine, descendant jusqu’à ma queue entre deux sursauts puis jusqu’aux testicules qu’elle masse avec maestria. Hou là là ! Il va falloir résister fortement pour ne pas partir prématurément. Puis elle abandonne sa position et vient me rouler une pelle incroyablement savoureuse, les lunettes toujours posées sur son petit nez retroussé. J’en profite pour caresser son joli cul et pour fouiller sa toison. La source ne se fait pas prier et mouille abondamment les poils drus. Elle commence à geindre doucement et en l’entendant sa copine lui cède sa place, l’installe avec tendresse sur ma queue dilatée et vient s’agenouiller au-dessus de mon visage, me donnant sa fente glabre à lécher. Sa vulve est dilatée, sent bon la cyprine dont elle est couverte, et je me régale à pleine bouche en l’écartant de mes doigts. Je perçois des bruits humides de succion, m’indiquant que les deux copines sont en train de se rouler des pelles d’enfer pendant que je fais reluire leurs minous.
Ainsi elles sont bisexuelles ou du moins ont-elles une conception élargie de l’amitié. Je vois donc qu’il n’y a pas grand-chose à leur apprendre, et que je dois penser un peu à mon propre plaisir. Ce qui me pousse à me retirer de cette position pour aller droit au but qui me fait envie, le cul de la Thaïlandaise. Je la positionne pour une levrette, fraye un passage pour mon gland dans sa belle touffe et commence à la pilonner. Elle râle, la coquine, d’autant que sa camarade a pris une position inférieure pour profiter de la vision rapprochée de nos sexes l’un dans l’autre. Et elle participe à grand renfort de doigts infiltrés partout et de coups de langue généreux, tant sur mes testicules que sur le clitoris de son amie. Le joli cul tout rond de la brunette coulisse magnifiquement sur mon sexe gorgé de sang sous pression. Je la pilonne de tout mon cœur, mélangeant au plaisir du moment le souvenir de celui de la veille. Quelle chance ! Je suis vraiment au paradis.
Dans ma contemplation érotique, j’observe depuis un moment le petit orifice de la belle Asiatique, lui aussi bordé de poils, mais beaucoup plus ras. Il alterne crispation et ouverture au rythme que j’impose à la belle, mais se crispant plus fortement quand la blonde lui tripote le clitoris. Je sors cette dernière de sa position de garagiste sous un châssis, et lui désigne sans mot dire le petit anus. Elle comprend immédiatement et se met à l’ouvrage, humectant l’endroit de filets de salive et le pénétrant d’un doigt, puis deux. L’autre geint de plaisir et, visiblement habituée, se relaxe de plus en plus, s’ouvrant d’autant. Alors notre blonde danoise glisse sa main entre nous, saisit mon sexe, le sort du vagin couvert de mucus et le guide sur l’anus de son amie. Celle-ci s’affale sur ses bras, se penche en avant tout en se cambrant, offrant ainsi le meilleur angle possible à la pénétration. Elle murmure quelque chose en danois et je demande à l’autre ce qu’elle raconte. Elle dit : oh oui, comme Monsieur Van machin. D’accord. Las des dangers du tourisme sexuel, on n’est jamais à l’abri d’un tsunami, pépère s’est ramené une petite thaïlandaise à la maison et se la tape depuis huit ans. Cochon, va ! Mais c’est qu’elle en a pris l’habitude la petite salope : pas de cris, pas de plaintes, le passage est fait et bien fait depuis longtemps. Sa position affalée des épaules sur le matelas lui permet de s’emparer de son propre clitoris et de son vagin, et elle part à l’orgasme presque par réflexe. La blonde est surprise, moi aussi. Elle me caresse le dos, les fesses, me roule des pelles, me suce les tétons pendant que je m’acharne sur le succulent postérieur. Puis je sens soudain les doigts de ma brunette pénétrer dans son propre vagin et venir me titiller le gland à travers la fine paroi. C’en est trop, j’explose en elle et me déverse longuement tandis qu’elle râle de plaisir et de satisfaction.
La blondinette sort mon sexe du cloaque et, sans le moindre dégoût, en fait une toilette approfondie, me tirant encore quelques spasmes. Elle n’a pas eu son compte et serait bien prête à recommencer. Nous sommes en sueur, car en plus de l’isolation et de l’exercice le soleil vient d’atteindre la toile de tente. J’ouvre un peu tout en restant prudent ; je ne voudrais pas que Franca me voie dans cette situation sans équivoque, elle serait bien capable de m’arracher les yeux. Après quelques instants de repos, nous discutons gentiment, autant que l’on puisse le faire dans un anglais qui n’est manifestement pas notre langue maternelle. Les filles disent que ma tente est rudement confortable et qu’elles voudraient bien y dormir, qu’on serait bien tous les trois et qu’on aurait toutes les nuits pour faire plein de choses. Elles sont insatiables à cet âge-là. Mais ça ne m’enchante guère.
D’une part, j’aime bien ma tranquillité et je n’apprécie guère qu’elles m’imposent leur présence, d’autre part je me sens aussi un peu « vieux cochon » avec ces deux jeunettes. La petite aventure avec la patronne italienne du camping me convient parfaitement : une jolie distraction de vacances, avec une femme libre, jeune, mais plein d’expérience et de souffrances à soigner. Alors que les deux cocottes piquent le plaisir au hasard des rencontres, sans plus de discernement que de retenue. C’est pour moi bien moins savoureux, même si je viens de prendre un réel panard. Je réponds donc qu’il n’en est pas question puisque ce soir je ne dormirai pas là, mais au refuge. Je mets tout le monde dehors et je prépare mon sac à dos. Elles reviennent à la charge quelques instants plus tard, me demandant de m’accompagner. Je sors alors une paire de crampons à glace, un piolet et une grande corde, leur indiquant que c’est impossible parce qu’elles ne sont pas équipées pour cela. Me voilà donc en train de fuir ces donzelles vers les cimes, bousculant ainsi ma préparation. Je passe voir Franca pour la prévenir de mon départ subit, ce qui lui rend son air pincé. Je me justifie en lui disant avoir entendu à la radio que le mauvais temps arrivait dans trois jours, qu’il fallait que j’en profite.
Elle m’attire prestement dans son petit couloir et m’octroie un long baiser tendre. Nous sommes interrompus par l’arrivée bruyante du bambino. Je file, enfin… Je me traîne sur le sentier. Toutes ces folles m’ont épuisé et je ne suis pas suffisamment entraîné à la marche et à l’altitude. Quand le soleil me cueille au-dessus des derniers sapins, je vis l’enfer. Jamais mon sac n’a été aussi peu chargé, jamais je ne l’ai trouvé aussi lourd. Quatre heures, il me faudra quatre heures pour enfin voir la maison du garde, sachant que le refuge est juste derrière. Il me suffit d’arriver pour voir débarquer trois guignols en hélicoptère. C’est devenu à la mode, se faire héliporter dans un refuge pour boire un pot ou dîner, sentir la bonne odeur de sueur des alpinistes dans un endroit rustique et si « vrai ». Crétins rédhibitoires ! Pourvu que mes petites copines n’en aient pas l’idée. Je passe trois jours très agréables. Les grands animaux commencent à redescendre et sont beaucoup plus faciles à trouver. Le petit lac Lauson est toujours aussi charmant, les edelweiss toujours aussi magnifiques et cachés. Je ne dirai pas où. Je redescends le lundi d’un bon pas, en un peu plus d’une heure. La forme est revenue en altitude, et l’augmentation de l’oxygène en redescendant donne des ailes. Surprise en arrivant, il ne reste plus que ma tente dans un camping vide. Franca accourt à la clochette de sa porte. Sans autre formalité, elle me saute au cou et m’embrasse à pleine bouche. Elle paraît très heureuse de me revoir.
Je m’exécute. Après tout, c’est plutôt sympa de dormir au chalet, bien au chaud auprès de cette sémillante petite Italienne. Dès que je suis rentré, elle ferme les volets du bar et accroche la pancarte « Chiuso », assurant notre tranquillité. Elle a fait un feu d’enfer et laissé la porte ouverte sur le poêle, et nous installe une table dans le bar. Tout y est : jolie nappe, bougies, robe fourreau vert foncé avec bas et talons hauts. Je l’embrasse au passage, vérifiant qu’elle n’ait toujours qu’un petit string, mais je rencontre sous le satin l’obstacle des sangles d’un porte-jarretelles.
Elle s’évade de mes bras vers la cuisine. Elle m’a préparé les spaghettis bolognaise que j’aime, et puis cette sorte de plat curieux que je n’ai vu qu’ici, de la viande grillée à la potence. C’est une sorte de petit fléau d’armes, une boule de métal hérissée de piques, pendu à une potence fixée sur un support de bois. On place au-dessous une coupelle d’alcool chaud, et elle me fait choisir entre cognac, whisky ou grappa, et on allume après avoir piqué des morceaux de viande tendre, comme pour une fondue bourguignonne. Ça crépite, ça sent bon et c’est délicieux. Accompagné d’une cassolette de courgettes gratinées, arrosé d’un excellent Lacryma Christi, je me régale. Les flammes et les bougies, le vin aussi font briller les yeux de mon hôtesse, qui a vraiment fait de réels efforts pour me faire plaisir. Je prends sa main qu’un été de labeur au camping a rendue rêche et je l’embrasse tendrement. Elle est vraiment très en beauté ce soir, et un savant maquillage adoucit ses traits, parfois très durs chez les Italiennes. Nous terminons par une assiette de fruits pochés avec une grosse boule de glace. Vais-je pouvoir me lever de ma chaise ? Elle rit, me dit qu’il faut reprendre des forces après tous les efforts physiques que j’ai faits et ceux que je vais faire. Café, re-café et genépi de l’Herbetet, ouf, je suis plein. Je sors fumer une cigarette tandis qu’elle débarrasse rapidement, refusant mon aide. Puis elle vient me rejoindre en fumant également. Elle a enfilé une petite veste de fourrure, de lapin angora, je crois, gris perle et l’ensemble est du plus bel effet. Puis elle m’entraîne vers la chambre où nous faisons l’amour une bonne partie de la nuit. C’est agréable de pouvoir la contempler plus longuement que dans la lueur fugitive de phares. Elle a un joli corps très fin et plein de courbes enchevêtrées, très féminin. Ses petits seins sont fermes et extrêmement sensibles, ses petites fesses dures et bien pommées. Nous explorons toutes les positions du catalogue, elle est très sensuelle et très attentive à mon plaisir autant qu’au sien. Lors d’une pause, elle enfile un peignoir et descend recharger le poêle. Je la suis. Nous prenons un café. Elle nous autorise à fumer dans le bar qui restera fermé maintenant. Elle est contente de sa saison, elle a bien gagné. Je m’étonne un peu, parce qu’il n’y a pas beaucoup de monde et que ses prix sont raisonnables.
Elle rit de nouveau en souvenir de notre conversation. Je la soulève dans mes bras pour la remonter à la chambre, elle aime ça et bat l’air de ses petits pieds cambrés. Son chignon, que j’ai un peu accroché, prend un air penché. Elle le défait soudain, secoue la tête, et une cascade de cheveux châtain tombe sur ses épaules. Elle paraît soudain plus jeune et plus petite. Je la caresse de plus belle, excité par cette nouvelle apparence. Elle adore ça et s’offre sous toutes les coutures à mes mains, à ma bouche gourmande. Nous repartons pour une troisième séance, d’amour-tendresse cette fois-ci, toute en gestes doux et caressants, une sorte de volupté apaisante. Elle se termine quand Franca est sur moi, me serrant dans ses bras, n’oscillant que son fessier. Mon pénis coincé en elle et replié par sa posture lui laboure les entrailles de plus en plus fort, son clitoris doit profiter également du frottement de ma hampe, je jouis en elle et elle jouit silencieusement par un long tressaillement. Je nous recouvre de la couette et elle s’endort ainsi sur moi, si légère et si tendre, sa tête au creux de mon cou. Nous nous réveillons tard le lendemain, encastrés l’un dans l’autre, ses petites fesses chaudes contre mon ventre, tout ébaubis par notre soirée et notre nuit.
Je l’emmène déjeuner à Gimillian, au Belvédère, puis visiter la cascade de Lillaz, pourtant si proche, où elle n’était jamais venue. Puis nous descendons sur Aoste en passant visiter le pont romain. Promenade dans les rues piétonnes, je lui offre un bracelet de pacotille qui lui faisait envie, nous dînons dans une cave voûtée, la Taverna Nando, puis nouvelle promenade dans les rues illuminées. Nous remontons au chalet vers onze heures, le clair de lune accompagne nos dernières cigarettes. Elle me dit soudain ne s’être jamais sentie aussi bien, aussi totalement heureuse avec un homme, et qu’elle pense être tombée follement amoureuse. Je lui dis être bien également, mais que nous savons bien l’un comme l’autre qu’il n’y a pas de lendemain possible. Ses racines sont ici, les miennes sont en France et ni l’un ni l’autre ne pourraient les abandonner sans blesser un tas de gens. Si notre aventure est si belle, c’est que nous en connaissons la fin, toute proche, et que nous vivons ces instants à 150 % justement parce qu’ils sont éphémères. Elle me dit savoir que j’ai raison, mais reste nostalgique quand nous montons à la chambre. Ce soir, elle me fait l’amour comme une folle, à corps perdu, sans la moindre retenue physique ni sonore. Elle se donne sans limites, avec fougue, avec rage même, jusqu’à la sodomie, criant de douleur, hurlant de plaisir, me poussant à la sauvagerie pour satisfaire ses inépuisables désirs. Demain seront mon dernier jour et ma dernière nuit auprès d’elle, elle veut tout. Je retombe mort d’épuisement, vidé de toute substance. Elle dégouline de sperme, sourit aux anges et s’endort ravie.
Pour ce dernier jour, je voulais l’emmener au lac de Rhèmes Notre-Dame, ou à Chamonix, à la mer de Glace. Elle refuse et tient à prendre sa voiture. Elle me conduit dans la vallée, dans un village périphérique d’Aoste. Nous parcourons un dédale de rues étroites au milieu de jardins fleuris de villas cossues. Elle s’arrête devant l’une d’elles et ouvre le portail : « C’est chez moi. » La maison est grande, mais banale, sur sous-sol et sans étage. Carrelée de marbre, avec de lourds meubles de bois massif de style espagnol, je crois, l’intérieur est vraiment beau et de bon goût. Elle m’entraîne jusqu’à la chambre et me dit sans détour : « Fais-moi l’amour ici, je veux t’avoir ici dans mon souvenir… » Je m’exécute, la déshabille, la caresse, mais elle est tendue. Je mets ma tête entre ses cuisses pour tenter de la mettre en condition, mais c’est plus ma salive qui mouille son vagin que ses sécrétions. Elle me prend la tête pour m’attirer sur elle et me tient là, à bout de bras, me regardant intensément. Contrairement à l’habitude, son corps ne réagit pas et son regard me gêne par sa fixité. Elle sent mon désarroi et détourne la tête, nous observant dans le miroir de la grande armoire. Après quelques instants, sachant mon penchant pour ses petites fesses, elle me les propose en se mettant à quatre pattes. Le miroir lui renvoie bien l’image de mon pénis dilaté allant et venant en elle, et ça finit par l’exciter un peu. J’accélère mes mouvements et ne retiens pas la montée de mon plaisir, voulant abréger cet épisode raté, ça arrive. Elle frémit un peu au contact du sperme qui gicle en elle, rien à voir avec sa folie furieuse de la veille. Nous remontons au chalet silencieusement, dînons de quelques restes pour finir de vider le frigo qu’elle débranche. Dès notre entrée au lit, elle éteint la lumière. Quelques instants plus tard, elle pleure à gros bouillons, je ne parviens ni à la calmer ni à la consoler. Impuissant devant ce chagrin, je finis par m’endormir. Quand je me réveille, la lumière est allumée, elle est appuyée sur un coude me regardant dormir.
Elle vient se blottir contre moi, toute douce et calmée. Elle me caresse doucement la poitrine, puis le ventre, et enfin ses doigts agiles s’attardent sur mon sexe qui réagit rapidement. Elle l’empoigne et me masturbe avec précision et ténacité ; avec force, à la limite de la douleur, avec douceur, à la limite de l’insupportable, elle joue avec mes nerfs et mon sexe. Titillant le méat, pressant les testicules, griffant doucement le prépuce, elle agit avec une incroyable dextérité. Puis, sentant qu’elle peut mettre fin à mon supplice au vu de mon corps tendu comme un arc entre épaules et talons, elle accélère brutalement par salves successives jusqu’à provoquer mes soubresauts de plaisir. Elle place sa main en capuchon pour recevoir les jets de sperme, puis lèche sa main et plonge sous la couette pour lécher mon ventre et mon pénis.
Éjaculer apaise et je m’endors rapidement. Quand je me réveille, il fait grand jour, et je l’entends s’agiter dans les profondeurs du chalet. Je descends, elle me fait un café puis débranche la machine et la vidange. À voir ses yeux, plus cernés encore que quand nous avons fait l’amour, je lui dis :
Je me douche, range mes petites affaires dans ma voiture et me mets à son service. Elle a une sorte de check-list de tout ce qu’elle doit faire avant de partir. Je vidange les lavabos, coupe l’électricité des bornes du camping et l’aide à transporter les choses les plus lourdes dans sa voiture qui se remplit à ras bord. Enfin, elle rentre une dernière fois et ressort changée, un petit sac à la main. Elle a troqué jean et pull contre un petit manteau noir cintré fort élégant et une paire de bottes. Elle referme à double tour et file à sa voiture en me disant : « Je passe devant. » Je la suis presque jusque dans la vallée. Là, elle ralentit fortement, met son clignotant et emprunte une minuscule route forestière qui grimpe à contresens de la pente, marquée « voie privée ». Passé le premier virage, elle s’arrête et descend. Je baisse ma vitre. « Viens ! » me lance-t-elle. Je descends. Elle déboutonne son manteau et apparaît nue comme un ver, sans même un petit string.
Elle se jette à mon cou pour un long baiser passionné. Son manteau ouvert, mes mains se posent naturellement sur sa peau, son petit corps harmonieux et vigoureux qui se frotte doucement au mien. Mes mains descendent sur ses fesses, remontent à ses seins la faisant tressaillir, redescendent vers son sexe qui est, cette fois, tout humide. Je la prends sur le capot tout chaud de ma voiture, je la prends debout empalée sur mon sexe en délire, ses cuisses serrées autour de ma taille, je la prends par derrière appuyée sur le hayon de sa voiture, je la prends agenouillée sur le siège de l’auto. Elle me reçoit encore une fois en elle avec des grognements rauques et des soubresauts de plaisir intense. Puis elle m’embrasse à nouveau très longuement et très amoureusement…
Je remonte en voiture, il faut abréger. Je recule jusqu’à la route, impossible de faire demi-tour. Elle a pris du retard sur la manœuvre, gênée certainement par son chargement. J’embraye et je fonce vers le tunnel, je ne passerai pas par le Grand-Saint-Bernard et la Suisse comme j’avais prévu, je suis trop fatigué, il est trop tard…