| n° 20291 | Fiche technique | 48807 caractères | 48807Temps de lecture estimé : 28 mn | 01/06/21 |
| Résumé: Élise poursuit sa découverte. Avec sa nouvelle amie, Svetlana, elle va vivre une soirée inhabituelle. Elle va laisser parler son corps, son esprit. Elle se lâche... Va-t-elle assumer? | ||||
| Critères: ff copains fépilée sport douche revede nudisme init -lesbos | ||||
| Auteur : Reveur73 Envoi mini-message | ||||
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Rappel des épisodes précédents :
Un matin d’automne :
Lou, jeune femme comblée par un mari charmant, aimant et des enfants adorables, profite d’une matinée ensoleillée au bord de sa piscine.
Quelques instants après son plaisir, la capitaine de gendarmerie Élise D. Lui apprend le décès accidentel de son mari. Lou s’effondre.
La renaissance d’Élise :
Élise D., capitaine de gendarmerie, surprend son mari dans les bras d’une autre. Choquée, vexée, elle veut le reconquérir et met tout en œuvre pour retrouver ses bras qu’elle avait oubliés.
Élise renaît pour elle, et les siens :
Élise D. Tente de s’expliquer auprès de son mari. Trop tard, il la quitte, lassé de trop de distance et d’indifférence. D’un tempérament dur, retenant ses échecs comme des leçons de vies, elle s’engage dans un changement profond de sa vie. Ce sera dur, sans doute long, mais elle veut se faire aider.
Des sensations bizarres :
Élise D. Poursuit son évolution, elle se bat contre elle-même. Elle découvre une partie d’elle-même qui la surprend, mais elle veut savoir qui elle est, comprendre ce qu’elle ressent.
Une chaude soirée d’été :
Lou et Pierre profitent d’une de leur dernière soirée avant le retour des jumeaux, et leurs vacances familiales.
Élise se découvre :
Avec l’aide de son Psy, Élise a mis le doigt sur les raisons de son blocage envers la sexualité. Elle a compris, peut-être une des raisons qui a bloqué le développement de sa personnalité sexuelle. Elle décide de poursuivre son analyse, et vit un moment hors du temps chez son esthéticienne.
Élise franchit un cap :
Élise poursuit son apprentissage de la vie de célibataire. Elle fait des connaissances par le biais du sport, et ouvre son cœur à son ex-mari. Elle prend totalement conscience de son évolution sexuelle.
Dimanche 20 mai 2018
6 h 45… Le réveil sonne. J’ai dormi comme un loir cette nuit. C’est tôt pour un dimanche matin… Mais bon, c’est pour la bonne cause. Un footing matinal avec Svetlana, Mireille et Christophe le long de l’Eygue. Le parcours est sympa… C’est un petit chemin qui longe cette petite rivière, typique de la Provence, presque à sec en temps normal et pouvant être furieuse dès que les précipitations forcissent ou sous les orages. En ce moment, la météo est plutôt clémente et les berges sont très agréables à parcourir. Un peu accidenté et sinueux, le chemin est réservé aux piétons. Tout est parfaitement réuni ce matin pour ce footing. Le soleil s’est levé dans un ciel sans nuage et la température matinale est géniale, environ 15 à 16°C. Il faut juste un peu de courage pour sortir du lit et se préparer.
Une collation légère… Juste de quoi tenir le coup et éviter une fringale en fin de parcours, même s’il est relativement court ce matin.
En me préparant, je repense à ma fin de soirée. Les images de Svetlana courant devant moi me reviennent ainsi que la sensation de mon fantastique orgasme. Je décide de mettre une tenue un peu sexy : une brassière moulante renforcée au niveau de la poitrine, un short à porter sans culotte, un tee-shirt de jogging que je retirerai s’il fait trop chaud au départ, puis une veste à enfiler en fin d’effort.
Je n’oublie pas de mettre une serviette et une bouteille d’eau dans mon sac de sport.
Tout est fait en silence pour ne pas réveiller les enfants. Je passe devant la boulangerie pour prendre le pain, les croissants et pains au chocolat des enfants, sans pour autant m’oublier…
Il est 7 h 55 lorsque je me gare sur le parking du stade. Ponctuelle, Svetlana arrive une minute plus tard et se stationne juste à côté de moi avec sa petite voiture de minette, un 208 cabriolet.
Je me sens émue lorsque nous nous rapprochons pour nous faire la bise. Élise, tu ne vas pas faire de bêtises ! Svetlana est une fille très sympa qui a été mariée et qui n’a jamais eu un comportement tendancieux avec toi, alors reste calme et ne va pas avoir une attitude déplacée ! Ma conscience me rappelle à l’ordre… Mais je m’en fous… enfin, pas complètement, mais bon…
Pendant nos taquineries, Mireille et Christophe nous ont rejoints.
Une accolade chaleureuse entre nous tous pour nous souhaiter une bonne journée et Svetlana reprend, toujours aussi taquine !
Mimi et Svet lui mettent simultanément une tape sur chacune de ces épaules en riant !
Nous faisons tranquillement deux tours de stades avec de courtes foulées pour nous échauffées un peu. Finalement Svetlana a raison, nous laissons les tee-shirts dans les voitures et c’est parti pour environ 45 minutes. Les montres connectées que chaque joggeur possède permettent maintenant aisément de caler notre rythme sur le bon tempo. Silencieux, concentrés, nous enchaînons les kilomètres.
Nous alternons nos positions pour maintenir le rythme et je dois bien avouer que chaque fois que je suis Svetlana, le spectacle me rend toute chose. Le mouvement de son corps, son déhanchement régulier et ses foulées fluides hypnotisent mon regard. Heureusement qu’elle ne peut me voir ainsi, car je serais bien gênée de me faire prendre à la mater ainsi ! Je repense à la fin de ma soirée d’hier, au fait que j’ai accepté de me dire que j’aimais les femmes, que je voulais découvrir leur corps. Serais-je à même d’assumer cela ? Mon esprit divague, pendant que je cours je réfléchis à tout cela. J’aime m’évader ainsi en courant… Cela me permet souvent de trouver des solutions aux questions que je me pose. C’est Svetlana qui me sort de ma réflexion.
Je me sors de ce moment de divagation et reprends le rythme à mon compte. Tout le reste du temps, j’essaie de rester concentrée sur mon effort, enfin « effort », on pourrait faire mieux, mais ce matin, je n’avais pas envie d’en faire un trop violent. Cela devait aussi convenir à Svet, car elle n’a pas insisté pour avoir un tempo plus rapide… Tout comme Chris et Mireille d’ailleurs !
Nous bouclons notre tour dans un tempo parfait ! 44 minutes et 45 secondes… Ouhaa, top !
Nous nous détendons quelques minutes au stade par des assouplissements et des étirements. Buvons aussi beaucoup pour faciliter la récupération.
Je rentre à la maison…
Les enfants vont être heureux de leur petit-déjeuner ! Mais ils m’ont fait une surprise ! À mon arrivée à la maison, je découvre un poème écrit par Mélissa à l’école ainsi que des fleurs offertes par Juliette et Brice.
Je sens une émotion envahir ma poitrine, j’ouvre grand les bras et tous les trois se précipitent pour m’enlacer et me faire des bisous !
Brice, toujours taquin, se pince le nez en disant :
Ces trois garnements éclatent de rire… et moi aussi !
Je file sous la douche, emplie de la joie provoquée par cette surprise spontanée de mes trois enfants. Parfois, je m’en veux de n’avoir pas su vivre tout cela plus tôt avec eux. Ne pensons plus au passé, on ne peut plus rien pour lui, mais grâce à lui faisons en sorte que l’avenir soit meilleur !
Le reste de la journée et de la semaine se déroule sans l’ombre d’un souci.
Vendredi 25 mai 2018 :
Il est 18 h, les enfants viennent de quitter la maison avec Jean.
Svetlana doit arriver à la maison vers 18 h 30, on partira courir d’ici. J’ai le temps de préparer rapidement une petite marinade à huile d’olive et au piment pour les crevettes et les noix de saint-jacques que je vais griller sur la plancha pour le repas avec Svetlana. Je veux lui faire un petit dîner sympa. Des crudités avec une tapenade en entrée, puis une plancha de crustacés et de mollusques flambés… Le dessert de Svet et cela sera parfait ! J’ai envie de lui faire plaisir. J’ai réfléchi à ça toute la semaine. La sexualité est un sujet que je n’ai jamais abordé avec Svetlana. Cela n’est jamais venu sur le tapis malgré son enthousiasme et sa joie de vivre… Elle est assez discrète sur ses relations amoureuses, tout comme moi. Physiquement, elle me plaît. Elle est gaie, sympathique, et a toujours le mot pour détendre l’atmosphère.
Je suis un peu paralysée à l’idée de ce que je ressens maintenant pour les femmes… et pour elle. Comment l’assumer, comment en parler sans la faire fuir ? Aurai-je un jour le courage de me lancer ? Car il faudra bien que j’ose un jour…
Avec toutes les soirées que nous avons faites ensemble depuis maintenant quelques mois, je ne l’ai jamais vue avec un compagnon ou une compagne. Je sais qu’elle a été très marquée par le départ de son ex-mari et qu’elle aurait bien aimé des enfants. Il les lui a toujours refusés et l’a quittée pour une femme plus jeune qu’elle qui en avait deux… La pilule a été dure à avaler ! Mireille m’avait expliqué qu’il avait fallu beaucoup l’entourer au début de sa séparation, puis son activité professionnelle, ses voyages nombreux – que ce soit pour son travail pour ses loisirs – lui ont permis de tourner la page. Elle semble maintenant vraiment épanouie et heureuse d’être ainsi libre.
Je m’active en cuisine après m’être habillée pour notre sortie sportive, un débardeur et un short échancré pour éviter d’avoir trop chaud… Il fait encore près de 30°C à 18 h 30 ! ! La piscine nous fera du bien après le footing !
Les crudités sont prêtes : chou-fleur, carottes, radis et bâtonnets de céleris. Les tapenades sont aussi mises en soucoupe ; les crevettes et noix de saint-jacques marinent gentiment dans un filet d’huile d’olive avec du sel, du poivre, et un soupçon de piment ; et quelques toasts avec des œufs de poissons et des rillettes de flétan légèrement fumé.
Le rosé et une bouteille de blanc de viognier sont au frais… mon invitée aura le choix !
18 h 40 la sonnette du portail retentit, je l’ouvre pour que Svetlana rentre sa voiture – elle sera mieux que dans la rue – puis automatiquement il se referme derrière elle. Son petit cabriolet s’immobilise, décapoté, elle est une star dans cette voiture ! Elle en sort rapidement, déjà en tenue de jogging, et comme moi, en débardeur moulant et en short court échancré… Elle est divinement belle ! je sens mon corps réagir.
Elle s’empare du sac posé sur le siège arrière ainsi que du dessert qu’elle a prévu. Une soupe de fraises avec de la menthe poivrée à mettre immédiatement au frais, et deux petites brioches qu’elle a cuites ce matin. Elle me confie le tout puis sort son sac de vêtements de rechange ainsi que son maillot et une serviette de son coffre.
Une réponse incroyable sort de ma bouche :
Oups ! Je me suis fait prendre à mon propre jeu…
Nous pénétrons ensemble dans la cuisine.
Et nous voilà parties pour une petite cinquantaine de minutes dans les champs de lavandes et d’oliviers derrière la maison.
Cette fois, comme nous sommes à un rythme tranquille, nous courons côte à côte… je ne peux donc pas trop regarder ses si belles formes. Nous échangeons quelques banalités sur notre semaine de travail : les voyages qu’elle va devoir bientôt faire pour des cérémonies qui lui ont été confiées en Italie par des clients de longue date ; moi, sur les achats de la semaine dernière avec Juliette et sur quelques anecdotes professionnelles… je ne m’étends malgré tout pas trop afin d’éviter de commettre des indiscrétions en parlant des enquêtes en cours ou des contrôles effectués.
Pendant cette sortie, nous profitons des paysages et des senteurs magnifiques des champs de lavandes environnants. Le parcours n’a rien à voir avec celui du bord de l’Eygues de dimanche dernier… Aujourd’hui, nous sommes dans les collines, les vallons arides où les rangées de lavande succèdent aux champs d’oliviers pour certains centenaires. Ces plantes odorantes ont juste commencé à former les bourgeons et les fragrances de ce parfum naturel magique envahissent nos narines, nous les respirons à pleins poumons. Que c’est bon de courir dans ces paysages, sous ce soleil, avec une bonne copine… une amie !
Nous sommes finalement rapidement de retour, le temps est passé très vite. La chaleur accablante nous a tout de même fait beaucoup transpirer… une fois sur la terrasse, nous procédons comme habituellement à nos étirements et assouplissements et buvons beaucoup d’eau.
Je la sens un peu intimidée… Décidément, il y a beaucoup de naturistes dans mon entourage d’un seul coup ! Cela surprend un peu, mais…
Et pour véritablement signifier mon accord à Svetlana, je prends l’initiative de me déshabiller la première. Je le fais rapidement pour ne pas avoir le temps de réfléchir à mon geste, mais il est clair que je n’en mène pas large… je ne laisse pourtant rien transparaître. Vite nue, je me glisse dans l’eau claire, et malgré ces 26° elle semble un peu fraîche. Il fait encore près de 30° et nous venons de transpirer…
Svetlana se déshabille à son tour, plus à l’aise que moi, elle prend plus son temps. Je fais quelques brasses pour détourner mon regard et ne pas la fixer trop lourdement. Son corps est splendide : ses jambes sont longues et fines avec des cuisses galbées ; ses fesses que je n’ai jamais vues qu’au travers de ses shorts moulants sont d’une rondeur exquise… On les sent musclées et entretenues ; son ventre plat est marqué de quelques barrettes de chocolat discrètes, mais bien présentes ; ses seins, eux, sont miraculeux ! Légèrement tombants, en forme de poire, ils semblent moelleux et doux, ils sont vivants et bougent à chacun de ses mouvements sans se déformer. Je dois me forcer pour détourner mon regard et ne pas donner l’impression de m’être transformée en loup loufoque comme dans les dessins animés de Tex Avery.
Avant d’entrer dans l’eau, elle prend sa serviette et la pose sur un des bains de soleil. Son corps est luisant de sueur sous le soleil encore bien présent. Je suis dans l’eau immergée jusqu’au cou, appuyée contre le bord, face à la terrasse où elle se déplace. Ma gorge se noue lorsqu’elle entre dans l’eau et que j’aperçois sa vulve nue – bronzée délicatement – ainsi que ses lèvres fines et fermées… Fermées sur ce coquillage nacré qui trouble subitement mes pensées. Élise ! Élise ! me souffle ma conscience. Shhht, reprends-toi ! Reprends-toi ! Tu ne peux pas craquer comme cela. Elle est ton amie depuis si peu et tu ne sais pas si elle est attirée par les filles. Tu n’as jamais touché ou embrassé une fille non plus… Tout est si nouveau pour toi, ne précipite rien et laisse faire…
Je suis tendue à l’extrême, mon ventre me fait mal, je ressens de l’angoisse et ma conscience me harcèle : Tu es nue en compagnie d’une femme sublime dans ta piscine… Comment cela se peut-il ? Comment cette situation improbable il y a quelques mois peut-elle devenir si réelle ? Ce n’est pas possible, tu es dans un rêve… ou dans un cauchemar ! Tu ne sais plus ? Dans tous les cas, il faut assumer maintenant, éviter de penser à tout cela et te détendre au maximum ! Repense à tes séances avec le psy ! Ne brusque rien ! Ne fais rien qui ne te fait pas envie ! Vivre l’instant présent et profiter des moments où tu es bien… Es-tu bien en ce moment ? Élise, es-tu bien en ce moment ? Oui ! Oui, je suis bien ! J’ai peur, mais je suis bien !
Je l’interromps :
Je veux changer de sujet de conversation, alors j’enchaîne sur le menu de ce soir.
Cette phrase est sortie sans vraiment réfléchir et je me sens un peu rougir, je feins alors de me lancer dans une brasse coulée pour masquer mon visage. J’apprécie cet instant de liberté… Une baignade nue, je prends vraiment goût à cet exercice, on se sent libre, l’eau nous enveloppe totalement et glisse sur l’ensemble de la peau, cette sensation est vraiment exaltante. Le bien-être est total et le fait d’être avec une tierce personne n’est finalement pas spécialement gênant. Nous restons environ vingt minutes dans l’eau tiède, alternant nage et relaxation sur le bord avec des exercices de flexion de jambes. La détente est totale.
Direction, la douche extérieure ! Je me savonne pour la première fois devant une autre femme… quelle étrange sensation ! Svetlana me rejoint à proximité du jet, habituée à cet exercice de par sa vie de naturiste, elle me propose spontanément :
Je ne peux retenir un rire et lui tends mon gant de toilette en signe d’acceptation. Je lui tourne le dos et aussitôt, sens le gant autour de sa main se poser sur ma peau. Elle ne me frotte pas, elle me le caresse… Heureusement qu’elle ne voit pas mes seins : mes tétons ont instantanément durci.
Je sens son mouvement s’accentuer et la pression augmenter. Cette sensation créée par le frottement du gant en coton est bonne. Je lutte pour me maintenir en équilibre en m’appuyant sur l’unique muret permettant de poser les gels douche et shampoings. Une onde de bien-être envahit mon corps. Ce corps que personne n’a touché excepté Marie, mon esthéticienne, depuis des lustres. Il réagit, trop bien, trop vite. Le gant glisse sur mon dos, descendant jusqu’à la limite de mes reins, pourtant loin de mes fesses… Svetlana reste sobre. Je voudrais pourtant qu’elle les touche et qu’elle les frotte aussi, mais elle ne reste que sur la partie de mon corps inaccessible aisément par mes mains. Même en remontant sur mes flans, elle évite de trop s’approcher de ma poitrine qui… heureusement que je lui montre mon dos et qu’elle ne voit pas mes tétons ! Ils me font mal d’être dur, je dois mettre fin à cette torture !
C’est en entendant sa réponse que je me rends compte de ma proposition… Je vais toucher le corps d’une autre femme, je vais poser ma main sur son dos pour lui rendre sa caresse. Ma gorge se serre d’émotion, je lui prends le gant, et commence à frotter son dos. Mon appui voulant être fort comme le sien pour qu’elle sente bien la friction salvatrice, elle est déséquilibrée vers l’avant et saisit ma main libre pour se retenir. Dans le mouvement brusque, elle plaque ma main sur son ventre pour renforcer son équilibre et éviter la chute. Oh, mon Dieu, sa peau est si douce !
Nous sommes deux complices qui rigolons avec enthousiasme. Elle ne lâche pas ma main pendant son demi-tour… pourquoi ? Dans un geste que je veux être le plus naturel possible, je dégage la mienne. Je ne veux pas lui signifier mon envie d’elle, mais dans le même temps, je ne veux pas qu’elle imagine une répulsion ou une fuite de ma part. Je suis encore trop indécise pourtant, je sens cette envie monter inexorablement… Reste soft Élise, tu y arriveras, surtout sois naturelle… Je crois rêver en entendant ce message approbateur de ma conscience. Cela me fait sourire béatement.
Alors, doucement, je me dégage et viens poser ma main sur son épaule tout en continuant de la frictionner l’autre. C’est un enchantement de douceur. Toutes ces émotions qui m’envahissent me donnent la chair de poule… heureusement qu’elle me tourne le dos !
Je promène mon gant sur sa peau délicate et ne peux détacher mon regard de ce grain si fin, de cette couleur uniformément halée. C’est du satin que je cajole en ce moment et les papillons dans mon ventre viennent inexorablement me confirmer mon penchant… Je me découvre…
Shhhht, Élise ! maîtrise ton corps, calme ton esprit. Laisse faire les choses, ne brusque rien, savoure ce moment… Rien n’exige une décision dans l’urgence. En entendant ma conscience me parler ainsi je réalise ce qu’il se passe, là, à l’instant, en moi. Je sens naître en moi cette femme que je suis depuis toujours et que je ne découvre que maintenant. Je suis enfin en accord avec moi-même.
Plongée dans mes pensées, ma main se déplace maintenant avec assurance, mais comme Svetlana l’a fait pour moi, je respecte les zones classées plus personnelles… Je m’en tiens donc à cette surface délimitée de son dos, sans en déborder, et pourtant…
Je prends ma serviette pour me sécher puis l’enroule autour de mes hanches. C’est seulement lorsque j’arrive sur la terrasse pour allumer la plancha que je me rends compte de ma tenue : je suis restée seins nus ! Je l’ai fait naturellement et n’ai aucune envie de m’habiller. Je veux rester nue… Je le veux parce que je me sens bien.
Je vois arriver Svetlana dans la même tenue que moi… Elle se dirige vers son sac pour prendre ses affaires de rechange. Au moment où elle sort un tee-shirt et un bermuda, elle dit :
Je lui dis alors sans réfléchir, comme je le fais trop souvent ce soir :
D’un geste ahurissant, je retire la serviette qui m’enserre la taille…
Svetlana me regarde avec des yeux tout ronds, surprise de ma réflexion.
Je finis par allumer la plancha, il faut qu’elle soit bien chaude pour saisir les crevettes et les noix de saint-jacques… C’est Jean qui m’avait appris cela, pour que la chair soit saisie et caramélisée à l’extérieur, mais reste douce et délicatement moelleuse à l’intérieur.
Je sors tout ce que j’ai préparé et le pose sur la table du salon de jardin où nous allons prendre place pour dîner. C’est un bouquet de couleurs : les carottes, le céleri, le chou-fleur, les radis pour les légumes découpés en bâtonnet, avec les tapenades vertes et noires, ainsi qu’un peu d’anchoïade ; puis le pot de sauce cocktail légèrement pimentée pour l’assaisonnement des crevettes et noix de saint-jacques si on le désire ; ainsi que les toasts de poissons.
J’aime les tables pleines de couleurs, elles donnent envie et ouvrent l’appétit par la gourmandise qu’elles représentent.
Point de vue de Svetlana :
Élise me surprend. Je ne l’imaginais pas aussi relaxe. Je savais qu’elle était sympa et avenante et qu’elle avait le sens de l’humour, mais je ne la pensais pas cool au point de passer la soirée nue avec moi… En plus, elle est vraiment mignonne ! Son corps est vraiment bien proportionné… Si elle avait été intéressée par les filles, je lui aurais bien fait quelques câlins, mais je ne pense pas que ce soit le cas. Flic, mère de trois enfants… Je ne l’ai jamais vu vraiment se dévergonder dans nos soirées, même si on s’amuse vraiment et qu’elle rigole volontiers. Elle n’a jamais eu de gestes équivoques ; je ne lui connais pas de copains non plus… alors, une copine, ça ne doit pas être le genre de la maison !
Plongée dans mes réflexions, je la vois revenir avec sa bouteille de blanc à la main. Mais qu’est-ce qu’elle est belle ! Elle est toute fine et pas très grande, ses seins menus et ronds sont vraiment attirants et ses petits tétons semblent sensibles et très réactifs. J’ai remarqué cela tout à l’heure dans la piscine et sous la douche. Bon, heu, stop ! là c’est bon, Svet, tu déconnes ! Ouais, un peu, tu as raison petite voix !
Elle est revenue avec un plateau sur lequel sont entreposés sa bouteille, les verres en cristal avec le pied très fin leur donnant une allure sensuelle, et deux petits chauffe-plats contenant des bougies.
Elle ouvre donc ce blanc à la couleur jaune or et nous sert sans retenue… Elle s’installe face à moi sur un fauteuil de jardin. Je vois qu’elle n’a pas le réflexe des naturistes, je ne suis pas flic, mais les naturistes posent toujours une serviette sur leur chaise avant de s’asseoir nus. D’ailleurs, c’est ce que je fais avant de m’asseoir sur le fauteuil qu’elle me propose face à elle.
Son comportement est étrange, je la sens dans un rôle, comme un truc qu’elle voudrait masquer…
Point de vue d’Élise :
Svetlana semble songeuse à mon retour. Elle pose une serviette sur le fauteuil avant de s’asseoir, délicat de sa part…
Je nous sers chacune un verre ce vin coloré d’un jaune doré. Je tends un verre à Svetlana. Quand elle le prend, nos doigts se frôlent… Je sens un frisson remonter tout le long de mon bras pour atteindre la base de mon cou. Élise, tu es hyper sensible… shhht, relaxe ! Pense à la cuisson de tes crevettes et des noix de saint-jacques qu’il faudra choyer sur la planche surchauffée.
Ce vin est voluptueux et gorgé de soleil, sa fraîcheur envahit mon nez et ma bouche d’un parfum floral et fruité… Humm, un régal ! Le miel qui reste dans ma bouche après cette gorgée me plonge dans la sensualité qui est très, trop, présente en moi. La fraîcheur de ce breuvage fait réagir mon corps. Le sourire s’affichant sur les lèvres de Svetlana accentue mon trouble.
Et c’est parti, on se met à parler de tout de rien en grignotant et buvant avec délicatesse ce vin fascinant…
Je cours dans la salle de bain prendre un long tee-shirt que j’enfile pour faire cuire les crustacés sur la plancha brûlante.
Et hop ; un filet d’huile d’olive jeté sur le plateau, et je jette les crevettes. Je les retourne souvent pour les dorer de chaque côté, en fin de cuisson, j’arrose d’un peu de whisky et enflamme immédiatement. Dès que la flamme s’éteint, je les dépose dans un petit plat puis au chaud sur les bougeoirs. Je fais subir le même sort aux noix de saint-jacques.
Avec précipitation, je retire mon tee-shirt pour retrouver cette tenue d’Ève que je me mets à vraiment apprécier.
La soirée se poursuit, et malgré la disparition du soleil sous l’horizon, la température reste vraiment agréable, douce comme la tonalité de ce moment que je partage avec cette amie que je découvre encore un plus à chaque échange.
Le dessert que nous a préparé Svetlana est sublime, cette soupe de fraises avec la menthe nous donne une fraîcheur, c’est exquis !
Cette fille est vraiment superbe. Elle est toujours positive, toujours à l’écoute, rigolote, tendre… belle…
Pourquoi à ce moment-là, pourquoi maintenant ? Je n’en sais rien, mais d’un coup sans que je sache pourquoi un flot d’émotions remonte en moi crispant mon visage. Ma gorge se serre et mes yeux s’humidifient… Merde, non, pas maintenant, Élise, non, pas maintenant ! Une larme s’échappe de mon œil droit, puis une seconde de l’autre côté.
Point de vue de Svetlana :
À peine ai-je fini ma phrase que je vois Élise se crisper. Sa respiration se suspend comme si elle manquait d’air… Une larme, puis deux s’échappent sur ses joues si rieuses jusqu’à maintenant. Merde, qu’est-ce que j’ai dit qui peut la mettre dans un tel état ! Je suis comme en suspension. L’espace d’un instant, je ne sais plus quoi dire, quoi faire…
Sans réfléchir, je tends une main vers elle qui ne réagit pas, toujours bloquée entre deux inspirations, absente… ailleurs. Je me lève alors et m’approche pour la prendre dans mes bras. Brusquement, elle se lève et me regarde, apeurée, effrayée. Elle ne bouge pas… elle est comme figée, les larmes sur ses joues, les yeux rougis et le visage torturé par je ne sais quel sentiment… Je l’enlace et la serre dans mes bras. Elle craque totalement et je ne sais pas pourquoi… mais elle me serre, m’étreint avec une force peu commune.
Point de vue d’Élise :
Elle est là devant moi, je ne l’ai pas vue se lever. Mes yeux sont emplis de larmes. Cette émotion me paralyse totalement. Fuir ? Rester ? Trop d’émotions, trop de retenues, trop de nouveautés d’un coup. Elle m’ouvre ses bras et m’accueille. Comme une naufragée, je me jette sur elle. Elle est plus grande que moi, ma tête se réfugie immédiatement dans son cou et je m’enivre de son parfum, de sa douceur, de la chaleur de son corps, de ses seins qui s’écrasent contre les miens. Je fonds complètement et la serre contre moi, elle me rend cette étreinte dont j’ai subitement tant besoin et je pleure… Un torrent de larmes s’écoule sans que je ne puisse le retenir. Les mots que j’entends entre deux sanglots finissent de m’achever.
Elle me parle, je n’entends qu’à peine, mais je sais qu’elle me réconforte… et je sens sa bouche se poser contre mon oreille.
Cela provoque en moi un tel frisson, une telle sensation que je la serre encore plus fort. Je sens ses mains cajoler mon dos…
Élise ! Élise, te voilà au pied du mur. Au pied de ton Everest. Tu t’es mise seule dans cette position, Svetlana n’a rien demandé et n’a rien fait. Tu ne peux pas la laisser dans l’ignorance, tu dois tout lui dire… Tout ! Elle ne fuit pas devant ta détresse, au contraire, elle veut t’aider…
Je l’entraîne vers la balancelle, j’ai besoin de m’asseoir. Elle se pose dans un angle et je guide ses jambes pour qu’elle s’allonge à moitié sur le coussin moelleux. Comme une petite fille, je viens m’allonger sur elle, le dos contre son ventre, ses seins contre mes omoplates, ma tête dans son cou.
Elle enveloppe mon corps de ses bras et je croise les miens par-dessus. Je me sens bien dans ce cocon qu’elle me propose. La sentir nue tout contre moi me fait un effet dingue, j’ai des frissons partout, je commence à trembler…