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Temps de lecture estimé : 71 mn
02/05/21
Résumé:  Un proviseur tombe amoureux d'une mère d'élève.
Critères:  fh hplusag campagne travail école amour cérébral voir fellation cunnilingu pénétratio fsodo -rencontre
Auteur : Roy Suffer  (Vieil épicurien)            Envoi mini-message

Série : Sans retenue

Chapitre 01 / 02
Julie



Le garçon se met docilement au travail et le proviseur regagne son bureau.



C’est à ce moment que le téléphone sonne.



Le ton est péremptoire, la voix posée, lente et ferme, les mots pesés et appuyés. Madame Berthine est impressionnée, baisse les yeux et prend une partie de la tension pour elle et son gosse. Le proviseur a été mis de mauvaise humeur par ce coup de fil, ce n’est pas bon pour eux. Elle est nerveuse, se tord les mains et ne cesse de croiser et décroiser ses jambes. En répétant ce geste, elle produit un léger bruit auquel elle ne prête pas attention, tant elle y est habituée. Mais dans les oreilles du proviseur, ce crissement du nylon gainant les cuisses féminines qu’il devine charnues et fuselées, d’après la silhouette, résonne comme un hymne érotique envoûtant. En reposant le combiné, l’espace d’un instant, il scrute à la dérobée ce visage baissé à l’ovale parfait, paraissant encore si jeune qu’il en est presque enfantin, avec ce petit menton pointu, ce petit nez retroussé, ces longs cheveux bruns qui l’encadrent et ces immenses yeux de biche qui lui confèrent un air perpétuellement étonné. Elle est très belle, cette madame Berthine, sobrement vêtue d’un loden classique fermé par une ceinture nouée, sur une robe de lainage vert-de-gris. Elle est troublante avec sa beauté discrète sans presque de fard, et il est troublé. Il reprend :



On frappe à la porte, c’est Pascal qui revient avec son cahier trié. Alors, devant la mère et le fils médusés, le proviseur arrache toutes les pages écrites, remettant le cahier à spirale presque à l’état neuf, mais avec moins de feuilles. Il étale les pages arrachées en cinq tas sur sa grande table de réunion, prend son roller et commence à recopier de son écriture fine et soignée.



Il les regarde s’éloigner, traverser la cour, longer les grilles sur le trottoir. Cette femme a réellement une démarche gracieuse et une élégance naturelle, quoiqu’un peu épaisse. Il est vrai qu’à trente-six ans, ce n’est plus une jeunette, mais plutôt une femme accomplie, dans sa plénitude et son apogée. En fait, il n’a pas d’autre rendez-vous, mais il leur a déjà consacré trop de temps, une heure pour un seul élève. S’il en faisait autant pour les huit cent quarante-deux autres…


Les problèmes quotidiens reprennent le proviseur jusqu’au mercredi suivant, au point qu’il est presque surpris lorsque Pascal frappe à sa porte.



Le chef d’établissement lit avec attention le devoir, laissant paraître un léger sourire au fil des pages.



Il les raccompagne jusqu’à la porte et contemple la jolie silhouette s’éloigner, appréciant le galbe des hanches, de la croupe et des mollets gainés de nylon, les chaussures vernies à talons sages claquant sur le parquet… Quelque part, il regrette de ne plus avoir à la revoir…




**********




Le trimestre se termine, suivi par les vacances de Noël. On repart pour le suivant, plus fatigué qu’avant par les agapes, en entamant par les inévitables séances de vœux. Les boîtes de chocolats circulent dans tous les services, la salle des profs, le secrétariat, et Jérôme Rézin, le proviseur, y contribue largement. Ce mercredi, il se plie à la traditionnelle cérémonie des vœux au Rectorat et ne rentre qu’assez tard. En venant jeter un coup d’œil aux mails et courriers, il trouve sur son bureau un élégant petit sac de papier, qui contient un ballotin de chocolats fins et coûteux, accompagné d’une carte de visite :


Acceptez s’il vous plaît ce modeste remerciement pour votre dévouement. Nous serions, Pascal et moi, ravis que vous partagiez avec nous la traditionnelle galette des Rois, ce dimanche vers seize heures à la maison.


La carte n’était pas signée puisqu’elle portait le nom, l’adresse et le téléphone de Madame Julie Berthine. L’idée de revoir cette jolie femme ne déplaît pas au proviseur qui consulte sa montre, estime que l’heure est convenable pour un coup de fil.



Il raccroche le cœur léger, laisse tomber le courrier et s’ouvre une bouteille de Bourgogne qu’il entame tout en se préparant son péché mignon, un onglet au roquefort. De son côté, Pascal trouve ce soir-là que sa mère est particulièrement souriante et gaie, riant pour un rien.



Le froid est vif, mais le ciel est d’un bleu pâle uniforme, le soleil de janvier étire déjà des ombres gigantesques. Jérôme marche tranquillement, un sac de courses à la main, retenant de l’autre le col de son manteau. La maison est petite, en pierres de taille, avec juste une porte d’entrée et une vaste baie en façade. Il sonne. Julie rajuste sa petite robe de jersey bordeaux serrée à la taille par une large ceinture. Elle se précipite sans omettre de jeter sur elle un coup d’œil latéral en passant devant le miroir de l’entrée. Le feu aux joues, elle ouvre.



Jérôme accroche son manteau et suit son hôtesse en franchissant une double porte classique aux vitres biseautées qui apporte de la lumière dans l’entrée, laissant à sa gauche un escalier tortueux menant à l’étage.



Ils dégustent la moitié de la galette, mais personne ne trouve la fève. Un peu déçu, Pascal annonce :



Elle lui fait visiter la maison, insistant sur sa bonne idée d’avoir fait transformer l’escalier d’une seule volée en un escalier à trois volées, permettant de placer des toilettes à gauche de la porte d’entrée, d’avoir de grands placards dans la cuisine et une grande penderie dans l’entrée. La chambre de Pascal et une chambre d’amis un peu plus petite donnant sur la rue, sa grande chambre et un petit bureau donnant sur le jardin avec une terrasse au-dessus de la véranda. Elle est volubile, le feu aux joues, visiblement fière de sa réalisation, un cocon douillet d’une propreté maniaque. Ils reviennent s’installer au salon. Jérôme jubile intérieurement de ce que la petite robe de jersey, très moulante, révèle un corps aux formes généreuses et appétissantes.



Elle le regarde s’éloigner au travers de la vitre de la porte, longue silhouette dans la nuit. Une bouffée de chaleur l’envahit soudain.



Jérôme Rézin rentre tranquillement, flânant en souriant dans le froid. Il avait réellement passé un moment rare avec une femme délicieuse. Il y avait bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé.




**********




Ce dimanche matin, le proviseur trouve que la femme de ménage se moque un peu de lui quand il passe un doigt sur la cheminée avant d’allumer un feu. Il repasse donc un coup de chiffon général et mérité et, par acquit de conscience, un coup d’aspirateur, maugréant contre cette dilettante qui le met en retard. Enfin il peut passer en cuisine pour préparer ses joues de porc au cidre, une de ses recettes favorites. Foie gras, kiwis et figues tendres en entrée, avec un Gewurztraminer, fromages locaux, crème brûlée et jésuite aux amandes en dessert, tout sera prêt si elle n’arrive pas trop tôt. L’interphone vibre en même temps que résonne la minuterie. Il coupe le gaz, pose son tablier et enfile son veston.



Il déclenche l’ouverture du portail et dévale le vieil escalier.



Il la débarrasse, elle lui offre une bouteille d’un vieux Bordeaux conservé dans la cave de son père, espérant qu’il soit bon. Elle est vêtue d’un pantalon noir très ibérique, à large ceinture très haute, très moulant jusqu’aux genoux et large du bas, et d’un chemisier rouge à jabot. Il ne lui manque que les castagnettes pour danser le flamenco, mais le popotin et les cuisses charnues tiennent tous les fantasmes que Jérôme avait pu avoir à son égard. Ils boivent le champagne au salon, passent à table, elle s’extasie sur les talents culinaires de son hôte :



Elle mange de bon appétit et boit bien, répétant à chaque verre qu’elle va être ivre, mais le buvant quand même. Quand il se lève pour sortir du frigo les coupelles de crème, les saupoudrer de sucre et les flamber avec une lampe à souder, elle s’esclaffe :



À la fin du repas, ils passent prendre le café au salon, Jérôme remet des bûches et le feu repart de plus belle.



Il prend une tablette et tape le titre, et soudain la pièce s’emplit du son de la viole de gambe. Son « surround », programme connecté « VOD », images fantastiques de finesse et de luminosité.



Elle quitte ses bottines et Jérôme s’aperçoit de la petitesse de ses pieds.



Comme elle replie ses jambes sur le canapé, il lui propose d’appuyer sa tête sur son épaule, elle accepte et se love contre lui. Il pose sa main, dont il ne sait que faire, sur sa hanche, tâtant ainsi un galbe moelleux et tendre. Ils restent ainsi tout au long du film. Quand l’écran redevient noir, sortant de sa torpeur, elle se lève d’un bond en détournant la tête, remet ses bottines et sort prendre son manteau. Interloqué, Jérôme la suit dans le couloir, elle pleure.



Et elle s’enfuit dans l’escalier sans se retourner. Il appuie sur le bouton du portail, par une fenêtre il la voit trottiner dans la cour, il la revoit passer devant les grilles à grandes enjambées.


Décidément, les femmes sont bizarres, pense le proviseur. Comment voulez-vous que les enfants soient équilibrés ?


Embarrassé par le tour imprévu qu’a pris cette invitation, il décide de ne pas réagir et d’attendre. Il verra bien. Mais cela lui laisse un goût amer, il aurait bien aimé comprendre. Il lui faut attendre une dizaine de jours pour enfin recevoir un courrier, d’une écriture fine et régulière sur un beau vélin.



Cher Monsieur Rézin,


Par la présente, je viens vous présenter de plates excuses pour mon comportement de l’autre dimanche, qui a pu vous sembler aberrant. Je vous assure cependant que je ne suis pas folle, du moins pas identifiée comme telle, et je vous suis redevable de quelques explications. Mais, vous sachant fin psychologue, je ne doute pas que vous me comprendrez.


Je dois dire tout d’abord que votre environnement, fût-il professionnel, est grandiose, impressionnant, mais vous convient parfaitement. Vous êtes également un hôte remarquable, aux grandes compétences culinaires et très attentionné, et j’ai passé près de vous des instants de grande qualité que je qualifierais d’oniriques. L’alcool aidant, j’avais certainement trop bu, mais c’était tellement bon, j’ai véritablement eu la sensation de vivre un rêve éveillé. En fait, durant ces quelques heures, je me suis trouvée plongée dans une situation paradoxale dans laquelle je vivais exactement ce que j’ai toujours souhaité vivre, rêvé de vivre. Je m’explique : j’étais en présence d’un homme grand, solide, rassurant, attentionné, donnant l’impression de tout savoir et de tout savoir-faire, prenant soin de ma petite personne, sans jamais rien exiger de moi. Je me suis sentie en pleine confiance, au point de m’abandonner tout contre cet homme le temps d’un film, paisible, dans la chaleur d’un feu de cheminée. Il ne manquait peut-être qu’un chat, un gros matou qui serait venu se lover sur mes jambes en ronronnant. J’étais infiniment bien.


La fin du film a été comme un gong, une sonnerie stridente sonnant la fin de la récréation, la fin du rêve… D’un coup, la réalité m’a rattrapée. Je ne suis qu’une pauvre fille, petite clerc de notaire avec une erreur de jeunesse sur les bras, moche et grosse, qui joue les Cendrillons. J’ai pris une claque monumentale, ayant soudain conscience que j’étais totalement déplacée auprès d’un Monsieur qui devait s’ennuyer comme un rat mort en supportant mon fantasme de midinette. Et je vous présente toutes mes plates excuses pour vous avoir imposé ce moment pénible. Je me suis enfuie comme une voleuse, car j’étais incapable de juguler le flot de larmes qui me submergeait au regard de ma médiocrité et de l’abus de votre temps que je venais de commettre. J’avais tellement honte d’être aussi nulle.


Aussi, je vous prie de croire en mon sincère repentir, je saurai désormais rester à ma place. Je vous remercie également pour ce beau rêve qui reste gravé dans ma mémoire, pour votre empathie et surtout pour tout ce que vous avez fait pour Pascal.


Julie Berthine



Jérôme sourit un bref instant, secoue la tête et murmure :



Lui aussi laisse passer le temps avant de répondre. Il ne le fait que lors de la seconde semaine des vacances d’hiver, il était de permanence la première, depuis le bord de mer. Il fait une superbe photo d’un coucher de soleil sur le phare de Cordouan, depuis une fenêtre de l’étage, en fait un tirage 21x29,7 qu’il glisse dans une feuille A3 pliée en deux sur laquelle il écrit sa réponse.



Très chère Madame Berthine,


Votre propension à vous dénigrer me stupéfie. Je ne la trouve pas, mais pas du tout, en adéquation avec le futur notaire que vous serez bientôt, fonction qui semble encore être celle d’un notable pour une majeure partie de la population. Contre cela, je ne peux pas grand-chose, c’est peut-être un traumatisme d’enfance, mais je serais étonné d’apprendre que vos parents vous auraient entretenue dans le sentiment permanent d’une nullité supposée. Pardonnez-moi ce reproche, mais vous n’êtes pas objective avec vous-même, car je trouve au contraire que la nature vous a gâtée, que vous êtes une mère attentive, une femme de goût et une professionnelle installée dans une voie de réussite. Mais ce n’est que mon avis.


Navré de vous contredire encore, mais ce fameux dimanche où vous m’avez fait l’honneur de votre présence, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Car moi aussi, j’ai rêvé. « I have a dream », disait ce bon pasteur Luther King. Je me suis senti enveloppé dans la douceur affectueuse de l’aura d’une femme aimante, avec laquelle je passais un délicieux après-midi, reposant, paisible et confortable. Et mon rêve se poursuivait au-delà. Après le film, nous allions regarder un concert, de rock ou de classique, dîner légèrement d’un potage de légumes et d’une salade de fruits. Et puis, même si cela ne se dit pas à une dame, mais autant être sincère jusqu’au bout, nous aurions fait l’amour, tendrement d’abord, follement ensuite et furieusement enfin, jusqu’au milieu de la nuit, quitte à partir au travail le lendemain un peu vaseux, mais terriblement heureux par nos corps rassasiés. Las, ce n’était qu’un rêve. Le rêve que vous pouviez être cette femme espérée auprès de laquelle je souhaiterais vieillir, dans la paix et une tendresse réciproque.


Mais brisons les rêves et revenons à la réalité. Ce qui me navre dans cette histoire qui n’a pas commencé, c’est de me dire que nous sommes peut-être passés à côté d’une relation claire, lumineuse, saine et vraie, l’une de ces relations rares, franche et sincère, simple, totale et magnifiante, que l’on nomme, je crois, « le bonheur », état que nous ignorons l’un comme l’autre. Et je trouve cela regrettable. Si toutefois vous changiez d’avis, si toutefois vous souhaitiez partager le spectacle quotidiennement répété et différent à la fois que vous montre cette photo prise hier, essayez alors de vous libérer un ou deux jours durant les prochaines vacances de printemps, et je vous montrerai cet endroit magique où je souhaite finir ma vie et y passer de belles vacances en attendant.


Sans vouloir faire de la psychologie de « Marie-Claire », je me demande si cette crainte du bonheur ne relève pas de la chérophobie : le bonheur n’est pas pour moi, ou tout bon moment se paye cher, très cher. Et votre expérience malheureuse va dans ce sens. Mais ça y est, vous avez payé, votre compte est à jour, il est temps de passer à autre chose. Pensez-y…


Votre dévoué Jérôme Rézin



Il faut cette fois très peu de temps avant que Jérôme ne reçoive une réponse par SMS :


« Je serai libre pour Pâques, du jeudi midi au lundi soir. Pascal sera en Auvergne avec mes parents ».

La chérophobe. »


Il répond donc dans la foulée :


« Je vous attendrai chez moi, le jeudi vers quinze heures. Sonnez et rentrez votre voiture dans la cour. »


La route qui lui avait parue si longue lorsqu’il l’avait faite le matin même dans l’autre sens semble étonnamment courte à Jérôme. Ils parlent longuement de Pascal, auquel il avait attribué des encouragements après un redressement spectaculaire de ses notes. Il le pense sur la voie des félicitations pour le troisième trimestre et bien parti pour la première et l’épreuve de français du bac. Elle parle de sa chérophobie, disant qu’il avait mis le doigt sur ce dont elle souffrait, la peur de se faire mal encore une fois. Il parle de sa simplicité, ce qui l’avait toujours démarqué du reste de sa famille, dévorée par la folie des grandeurs. Bien sûr il en profite, ne serait-ce que par cette maison du bord de mer ou son compte bancaire. Il pourrait rouler en Porsche et aller skier à Courchevel, mais ça ne l’intéresse pas. Sa petite hybride, respectueuse de l’environnement, lui convient parfaitement et il passe son temps libre à bricoler et pêcher. Si ses parents n’étaient pas morts bêtement, ils couleraient vraisemblablement une retraite prétentieuse dans un somptueux riad marocain, là encore un rêve qui n’est pas le sien.


Ils arrivent dans la bourgade vers dix-neuf heures, et il file droit sur le port, invitant sa passagère dans une brasserie où les plateaux de fruits de mer sont exceptionnels. Ils se régalent. Puis il suit la route de la corniche jusqu’à une petite rue piquant droit vers la mer. D’un clic sur une télécommande, le dernier portail s’ouvre et le jardin s’illumine de nombreux lampadaires. L’allée serpente entre les troncs de pins et la bâtisse apparaît, bien éclairée également. Elle n’est pas immense, guère plus d’une soixantaine de mètres carrés au sol, mais sur quatre niveaux : un sous-sol complètement enterré côté mer et à demi côté rue, un rez-de-chaussée, un étage et des combles aménagés. Ils entrent par une sorte de sas vitré, protégeant du vent et du sable et là, Julie a le souffle coupé. Ce n’est qu’une seule pièce, immense, avec seulement deux piliers soutenant la structure, un bel escalier sans contremarches brisant à peine la perspective. Elle reconnaît un coin cuisine, à peu près identique à celui du lycée, un espace salle à manger, un espace salon avec les mêmes meubles, le même écran géant au-dessus d’une cheminée, et un bar, un piano droit, une bibliothèque, des tables de jeu… Bref, un lieu où l’on peut tout faire en restant ensemble.



Il craque une allumette et les flammes envahissent le foyer. Il met une musique douce qui emplit soudain la pièce, comme dans un film. Il sert le café qu’ils dégustent devant l’âtre en se jetant des œillades timides. Puis il se lève et l’attire dans ses bras, leurs bouches s’approchent, mais soudain elle sursaute :



Un premier baiser très romantique, devant la cheminée. Le second est plus passionné et le troisième ne se fait qu’en haut de l’escalier qu’ils grimpent quatre à quatre. Du palier à la chambre, les vêtements tracent le chemin comme les cailloux du Petit Poucet. Sur le grand lit king-size, Jérôme gave ses mains et sa bouche de ce corps tant désiré. Elle ronronne comme une chatte et s’offre sans retenue. Jérôme déguste sa vulve épaisse avec délectation, boit à sa source et butine son bouton, lui tirant des gémissements de plaisir, avant de la pénétrer lentement, délicatement, comme si elle était vierge. Aussitôt, elle bascule son bassin vers le haut, relevant ses cuisses charnues, et enserre le mâle qui la prend pour la première fois, s’offrant à l’intromission jusqu’aux tréfonds de son ventre chaud et humide. Elle se cramponne à lui des quatre membres, comme un naufragé à une bouée. Jérôme savoure ce vagin étroit qui n’a pas été visité depuis près de deux décennies. Il la pilonne tendrement en cherchant à lire la montée du plaisir sur ce joli visage qui se crispe par instant. Puis elle devient toute rouge et l’air semble lui manquer. Dans un élan désespéré, elle crie :



Puis elle se tétanise dans un râle ultime, reste agitée de soubresauts un long moment avant de retomber inerte et pantelante. Jérôme se recule, son sexe luisant de mouille sort du vagin béant et claque contre son ventre. Il s’étend près de sa maîtresse, écarte quelques cheveux collés et fait mille petits bisous sur ce beau visage. Elle ouvre ses grands yeux et le contemple d’un regard chargé d’émotion :



Ils boivent, font de nouveau l’amour, boivent à nouveau et refont l’amour jusqu’à épuisement. Le soleil est déjà haut quand ils se réveillent et le café et la douche sont les bienvenus. Au jour, la propriété avait une tout autre allure, dedans comme dehors. Julie erre de pièce en pièce, va dans l’antique véranda puis sort dans le parc, émerveillée. La mer est là sans vis-à-vis, et en même temps la hauteur de la falaise protège de toute submersion. On aperçoit Cordouan, plus vieux phare d’Europe, et la silhouette d’un bateau à l’horizon qui rallie un port de la Gironde. C’est paisible, la plage est déserte, elle se croit sur une île. Jérôme la rejoint, l’enlaçant tendrement par les épaules.



Il disparaît un instant dans le garage, puis un son caractéristique en sort, précédant le museau carré d’une Méhari, cette ancienne voiture de Citroën, coque en plastique orange, mécanique de deudeuche tout aussi increvable. La plupart ont disparu, calcinées par des crétins, elles brûlaient aussi bien que des balles de ping-pong. Le père de Jérôme avait acheté celle-ci pour rouler sur les plages, depuis c’est interdit, mais toujours aussi agréable pour traîner. Alors Jérôme l’a fait retaper, carrosserie et mécanique et n’utilise qu’elle quand il est à la mer. Avec le plastique, pas de rouille ! Julie a d’abord l’impression qu’ils s’enfoncent dans les terres, à l’opposé de la mer, et puis ils se retrouvent dans un paysage très plat, dégagé et humide. La route étroite serpente à angles droits au milieu de multiples plans d’eau, dans lesquels Jérôme lui montre hérons, avocettes et courlis. Il s’arrête devant une cabane de planches.



Ils font le tour de la cabane pour découvrir un grand bassin de ciment traversé par un ponton de bois.



Les huîtres entassées dans des panières de plastique de différentes couleurs sont effectivement grandes ouvertes. Il passe sa main au-dessus de l’eau, à plus de cinquante centimètres au-dessus des huîtres. Instantanément, elles se referment toutes d’un coup sec, provoquant un léger remous en surface. Il en attrape une, sort un vieux canif de sa poche et l’ouvre en un tournemain.



Jérôme n’est pas ravi, le Jacquot l’agace un peu. Non seulement il est un peu lourd avec ses allusions salaces, mais en plus il mate Julie avec un regard libidineux, tel que ses yeux prennent presque la couleur de ses huîtres. Et puis l’installation est tellement sommaire, table et chaises à peine propres, couvercles de polystyrène en guise d’assiettes… Ils remportent quand même deux douzaines de petites et de grosses. De retour à la villa, Jérôme questionne :



Il y a peu de place, dans les deux jours restants, pour d’autres activités. Juste une escapade à Brouage, et encore Julie faillit-elle violer Jérôme dans une échauguette. Une telle frénésie amoureuse n’est pas faite pour lui déplaire, lui qui n’avait pas non plus eu de relations sexuelles depuis belle lurette. Ils réussissent tout de même à tenir quelques conversations. Notamment, il la remercie pour la bonne idée qu’elle lui a donnée d’une véranda supportant une terrasse. Car il fallait se rendre à l’évidence, celle de la villa avait dépassé son temps de vie et de résistance aux embruns, si charmante soit-elle dans son style rococo des années trente. Il va revenir, après l’avoir raccompagnée, pour rencontrer des entreprises. Elle se sent fière de cette reconnaissance, mais la tristesse l’envahit dès le dimanche, à la perspective de quitter son chéri le lendemain.



Cette fois Jérôme décide de lui faire subir les derniers outrages. Elle a beau protester que ce n’est pas propre lorsqu’il lui fait une feuille de rose, elle se calme lorsque la pointe de sa langue pénètre dans sa rosette et fouille son étroit conduit, lui procurant des sensations inédites, loin d’être désagréables. Elle reprend ses protestations de pure forme lorsqu’il y introduit un, puis deux doigts. Elle sait pertinemment ce qui va lui arriver, mais elle est prête à tout pour cet homme tant elle en est follement amoureuse. Alors elle prend le parti de lui obéir aveuglément, de lui faire totalement confiance, se détend autant qu’elle le peut et se laisse pénétrer. Elle fixe sa pensée sur la beauté de cette queue qui force son étroit conduit, peu importe comment pourvu qu’elle soit en elle.


Mais le bougre est habile, ses mains lestes et prodigieusement adroites et inventives. Elles volent de ses pointes de seins à son clitoris, faisant oublier la douleur pour faire place à la montée d’un plaisir fou. Elle se laisse progressivement envahir par des vagues de sensations incroyables qui montent de tout son corps et se fracassent dans sa tête contre les dernières digues de sa raison. Puis soudain un tsunami emporte tout, raison, conscience, temps, douleur, plaisir. Dans un hurlement de bête atteinte par un javelot, elle sombre dans un état de possession dont le plaisir est le maître absolu. Tout son être n’est plus qu’un immense clitoris qui vibre aux coups de boutoir du mâle arrimé à ses hanches. La délivrance vient des puissants jets de semence qui inondent ses boyaux, accompagnés des rugissements orgasmiques de son amant, perçus comme venant d’un autre monde. Elle s’affale sur la couche, trempée de sueur, anéantie, désarticulée, comme morte.


Il fait nuit lorsqu’elle rouvre les yeux. Jérôme l’a recouverte du couvre-lit, il la veille paisible, assis dans un fauteuil.



Des borborygmes scabreux sortent de ses fesses dès qu’elle bouge, elle se traîne honteuse jusqu’à la salle de bains. Elle en sort en peignoir, Jérôme craint un peu sa réaction. Elle se penche vers lui pour lui donner un petit baiser.



Le lundi pointe son aurore et Jérôme ouvre le volet et l’appelle. Ils contemplent ensemble le spectacle extraordinaire d’un coucher de lune dans la mer, presque derrière Cordouan. Le Nikon sur pied immortalise ces instants, puis ils font l’amour de façon plus conventionnelle. Elle y met l’énergie du désespoir, de cette dernière fois avant de se quitter. Il la laisse le chevaucher et prendre son plaisir à plusieurs reprises, avant de la rejoindre dans un ultime orgasme commun. Pour lui aussi, le vide sera immense. Ils ferment la villa pour vingt-quatre heures, il ne reviendra que le lendemain. En arrivant au lycée vers seize heures, elle l’implore de lui faire l’amour une dernière fois, « pour garder sa semence en elle ». Il la prend tendrement sur le bord de la table, jupe troussée et culotte baissée, comme deux amants à la sauvette. Elle remonte sa culotte sans rien dire et s’enfuit, les yeux pleins de larmes comme trois mois auparavant, mais cette fois il sait pourquoi.



Il retourne en Charente, harcèle quelques entreprises et artisans et finit par obtenir ce qu’il voulait. Bizarrement, ce sont deux jeunes chevelus et barbus, à la dégaine de baba-cool, qui comprennent parfaitement ses souhaits. Plutôt charpentiers et tailleurs de pierres, ils disent adorer travailler sur ces villas du début du siècle, « époque où l’on savait construire », et dessinent sur place une structure bois capable de porter la terrasse sans presque empiéter sur l’espace de la véranda. Ils comptent utiliser la pierre d’appui de fenêtre pour compléter l’encadrement de la future porte-fenêtre, et ils proposent de démonter l’ancienne véranda et de l’utiliser en parement de la nouvelle, qui sera en triple vitrage antieffraction et anti-soleil. Un de leurs copains, ferronnier d’art, peut également faire une balustrade de terrasse en s’inspirant de l’appui de fenêtre. Fantastique ! Mais cher… Tant pis, le deal étant d’avoir terminé ça avant le quatorze juillet, engagement signé, incluant un store-banne au-dessus de la terrasse. Jérôme signe un premier chèque du tiers de la commande et leur donne rendez-vous le samedi quinze juillet pour le solde.


Dans l’intervalle, les appétits de Julie sont un brin frustrés. Juste une nuit ou un dimanche volés par-ci par-là aux emplois du temps respectifs, qui se transforment en folie furieuse et débauche totale. Elle se torture l’esprit pendant des jours et des nuits pour trouver le moment propice et les mots convenables pour annoncer la nouvelle à son fils. Finalement, elle lui propose une promenade au bord du lac pour se détendre.



Alice et Bernard Berthine arrivent assez tôt. Alice n’a qu’une confiance limitée dans les qualités culinaires de sa fille, et veut toujours mettre sa patte aux plats préparés. Pascal met le couvert et Bernard descend dans son ancienne cave chercher une bonne bouteille.



Trop tard ! La sonnette retentit. Pascal court ouvrir.



Le grand gaillard entre sous l’œil médusé d’Alice, une brassée de roses rouges dans les bras.



Il voit soudain ce grand inconnu, sa femme avec un bouquet de roses et sa fille et son petit-fils qui se marrent comme des baleines.



Le repas n’est pas vraiment parfait, un peu trop de sel dans les haricots verts, pas assez sur le poulet rôti, mais personne ne s’en aperçoit vraiment. Jérôme est le centre des préoccupations, Julie le dévore du regard, Alice le trouve formidable et Bernard se sent obligé de vanter les mérites de sa fille. Pascal, quant à lui, vit sur un nuage : enfin une famille complète, unie, des gens heureux et une maman qui ne cesse de sourire. Et Dieu sait si elle est jolie avec les deux fossettes qui se creusent autour de ses lèvres. Jusqu’à ce moment du dessert, une tarte Tatin très caramélisée, où Jérôme fait tinter son verre avec son couteau.



Alice éclate en sanglots, Bernard se penche par-dessus la table, manquant de renverser les verres, pour prendre la nuque de Jérôme dans un acquiescement amical, lui aussi la larme à l’œil. Pascal applaudit, sa mère le suit en s’arrêtant de temps en temps pour s’essuyer le coin des yeux. Alors Jérôme sort de sa poche un petit écrin qu’il offre à Julie, un très beau rubis entouré de diamants. Là, elle fond en larmes.


Plus tard dans l’après-midi, Bernard et Jérôme font un tour de jardin en discutant maison et bricolage, Pascal est monté retrouver sa console et Alice et Julie rangent la cuisine.



Les hommes rentrent, plus complices que jamais. Bernard va droit au pied de l’escalier :



Au moment de partir, Jérôme hèle Pascal :



Puis Jérôme tend la main que Pascal frappe, puis inversement, et ils se cognent les poings.



Enfin seuls, mais sans oser le dire. Leurs lèvres se joignent, de ce geste toujours gracieux Julie libère ses longs cheveux de la pince qui les retenait en chignon, les mains de Jérôme s’égarent. En entrant dans la chambre, Julie s’arrête net :



Il la soulève dans ses bras puissants et la porte pour franchir le seuil, s’écroulant avec elle sur la couche. Un long moment plus tard, alors qu’ils sont déjà en sueur et que Julie offre sa croupe en levrette, Jérôme remarque :



L’orgasme passé, Jérôme s’assied au bord du lit et fait asseoir sur lui sa belle amante, sur son sexe dressé face au miroir.



Jérôme dénombre sept orgasmes chez sa compagne, lui se contente de deux. Il la laisse épuisée, comme morte sur le lit, il ferme les volets, déclenche le verrou et rentre dans son appartement de fonction le cœur et les testicules légers. Bonne idée que ces miroirs, il faudra qu’il en place dans la chambre de la villa.



Jérôme entre dans les affres du bac, en tant que chef de centre d’examen. Les surveillances, les correcteurs, les copies à anonymiser, à ventiler, à transporter dans les centres de correction ; recevoir les correcteurs, organiser les oraux, les épreuves de toute sorte… l’enfer ! Pratiquement impossible de voir sa Julie. Pourtant elle aurait eu aussi des choses à lui dire. Notamment que, en consultant la législation sur son évolution de carrière, elle avait largement assez d’ancienneté et de diplômes pour se présenter au certificat d’aptitude aux fonctions de notaire. Elle a rencontré son patron et non seulement il n’y voit pas d’inconvénient, mais il l’a encouragée. Mieux, les inscriptions pour la prochaine session de juin étant juste closes, il est intervenu auprès d’un de ses pairs organisateur de l’examen pour inscrire tout de même Julie, prenant à son compte le retard, arguant qu’il ne lui avait pas donné son accord suffisamment tôt. Les candidats n’étant pas pléthore, la cause fut entendue. Donc Julie se met elle-même à bûcher, pire que si elle devait repasser le bac. Ce n’est qu’un examen de contrôle des connaissances techniques, mais le droit évolue tellement vite… Au final, c’est surtout sa pratique de premier clerc qui lui est utile, car au fond le notaire n’intervient qu’en bout de course sur des dossiers bien ficelés par son clerc. Elle est donc brillamment reçue début juillet, ce qui donne lieu à une petite cérémonie festive dans l’étude pour l’intronisation de Julie au poste de notaire stagiaire pour six mois, avant de devenir pleinement notaire.


Enfin se profile le quatorze juillet, date à laquelle Jérôme doit aller faire la réception des travaux de la villa, l’occasion pour eux de se retrouver. Pascal et ses grands-parents sont chez une sœur d’Alice en Auvergne, le bac est terminé, il ne reste plus à Jérôme qu’à peaufiner les emplois du temps de la rentrée. La véranda s’avère être une pure merveille. Ces garçons ont vraiment du goût, presque du génie. Comme ils n’ont pas pu techniquement réutiliser l’ancienne construction, ils ont tout simplement opté pour une structure en aluminium teinté en vert, comme l’ancienne, sur laquelle ils ont ajouté une copie conforme des enjolivures d’époque, des festons de fer forgé, sablés et teintés d’une peinture cuite au four, quasi inaltérable. Sous un aspect presque identique, la véranda est désormais parfaitement étanche, et les verres triplex athermique y rendent la température très supportable. La terrasse, comme la véranda, est carrelée de travertins, carreaux de pierre naturelle, et la porte-fenêtre semble avoir toujours existé. Il les reçoit, les félicite et les paye. Un peu moins cher que prévu, car ils lui demandent l’autorisation d’utiliser les photos du chantier dans leurs book et publicités. Cinq pour cent sur la main-d’œuvre sont toujours bons à prendre.


L’après-midi, Jérôme déclare à Julie avoir un autre rendez-vous, mais il a besoin d’elle et de ses papiers. C’est avec le maire du patelin.



Julie qui n’était pas au courant s’empourpre, possiblement de la tête aux pieds. Ils tombent d’accord pour le samedi douze août. D’une voix chevrotante par l’émotion Julie précise que c’est juste la veille de l’anniversaire de mariage de ses parents. Le maire décide que, comme ils payent des impôts à sa commune, ils en sont résidents et que la publication des bans, à un ou deux jours près, ne pose pas problème.



Reste le problème des témoins qui demeure pour l’heure sans réponse. À la rigueur, un conseiller ou la secrétaire de mairie pourraient assurer ce rôle, mais il serait mieux de trouver une solution dans la famille ou les amis.



Tellement pas gagné que Jérôme se fait rembarrer proprement.



Pour Julie, apporter à l’étude une opération de cette importance en étant stagiaire, la proposition la fait sauter de joie. Les ventes entre cinquante et cent cinquante mille euros sont monnaie courante, aux alentours de trois cent mille, exceptionnelles, mais cinq ou six cent mille c’est tout bonnement inespéré pour l’office de Creusenton.



La véranda est testée et validée. Puis ils vont dîner sur le port à pied, profitant de la relative fraîcheur de la tombée de la nuit. La balustrade de la terrasse s’avère vraiment solide. Julie s’y cramponne pour recevoir les coups de boutoir de son fiancé, puis y pose ses fesses quand il la prend de face. Il n’y a plus qu’une semaine de travail avant de revenir pour les vacances, mais il faut bien rentrer. Ce sera beaucoup plus calme avec la présence de Pascal puis des parents Berthine.



Jérôme repique sur son ordinateur. Quelque chose coince dans l’emploi du temps des premières, les langues comme toujours. Certains font anglais, d’autres espagnol, d’autres encore allemand et même russe pour quelques-uns. Évidemment, ce sont eux qui coincent. On frappe à la porte, « Entrez », et là, surprise !



Après un instant d’hésitation, Jérôme entre dans le jeu. En un flash, il se souvient de leur discussion sur la côte, son fantasme. Julie a visiblement décidé de le réaliser. Elle est vêtue d’un tailleur gris souris qui la moule à merveille, coiffée d’un bibi noir à voilette, les cheveux coiffés en chignon, collants noirs sous la jupe courte, chaussures noires à talons, pochette noire. Elle s’assoit, croisant haut les jambes, ses cuisses fuselées se dégagent un peu plus et émettent ce très érotique crissement de nylon.



Joignant le geste à la parole, Julie s’agenouille sur l’épaisse moquette et s’attaque à la braguette du proviseur, appuyé à son bureau.



Il lui suffit d’ouvrir l’unique gros bouton de sa veste pour que celle-ci vole à deux mètres, découvrant un mignon soutif à balconnets de dentelle noire, soutenant deux obus superbes pointés vers le proviseur.



Le sexe coincé entre deux seins doux et chauds, les testicules frottant délicieusement sur la dentelle, Jérôme ferme les yeux de plaisir.



Alors Julie se relève, dégrafe sa jupe et fait coulisser doucement la fermeture à glissière. Lentement, elle tire sur le tissu, oscillant du bassin, et dégage peu à peu ses hanches, laissant apparaître une nouvelle dentelle, celle d’un porte-jarretelles. Les rubans élastiques s’enfoncent profondément dans la chair tendre de ses fesses. Ce n’est pas un collant, mais des bas dont les sommets apparaissent, en même temps que la toison noire également de son sexe nu. D’une secousse du pied, la petite jupe vole à l’autre bout de la pièce.



Elle obéit, écartant les cuisses en appui sur les coudes, le proviseur se rassied dans son fauteuil et plonge sa tête entre elles.



La belle dame poursuit ses onomatopées et ses encouragements jusqu’à ce que soudain ses cuisses se referment sur la tête du proviseur, prises de convulsions. Alors Jérôme se lève, ajuste le vestibule détrempé et s’enfonce en elle d’un puissant coup de reins. Il pilonne en pelotant, suce en masturbant, bascule la belle sur le flanc pour mieux la besogner, évitant soigneusement de laisser monter son orgasme ; ce qui n’est pas le cas de Julie qui explose de nouveau. Après un bref instant d’accalmie, il la fait descendre du bureau et s’y appuyer, bien penchée en avant. Il se rue entre les fesses généreuses avec de grands floc-floc, et commence à les claquer rudement.



Julie jouit en permanence comme une folle. Sa cyprine abondante, qui a coulé sur le bord du bureau, glisse maintenant le long de ses cuisses, irisant les bas noirs de longs filets humides. La petite chatte est tellement détrempée que la sensation devient trop ténue pour mener Jérôme à l’orgasme. Il décide donc de changer d’orifice, et sodomise Julie sans prévenir. Elle hoquette et s’écroule à genoux, le sexe de son amant toujours planté dans sa rosette. Il est resté debout, jambes fléchies, et se laisse peser de tout son poids, lui explosant l’anus jusqu’à l’extase.



Julie se recompose une apparence à peu près digne et embrasse longuement son futur mari.



Dans la voiture vers la côte :



Le garçon change d’avis en arrivant à la villa :



Julie est ravie de les voir tous les deux s’entendre aussi bien. Le garçon a trouvé enfin son modèle masculin, un homme gentil qui sait rester à sa place, complice, mais pas copain, attentif, mais pas paternel. Ils ne se quittent plus, allant tous les deux à la pêche, jouant du piano ensemble, allant en ville avec la Méhari lui acheter un vélo… Bien sûr, la présence de Pascal limite leurs effusions amoureuses, ils ne font pas l’amour n’importe quand ni n’importe où. Mais peu importe, une harmonie à trois s’est créée. Elle en profite pour bronzer, se baigner et bronzer encore