Salle d’interrogatoire A : Commissariat central.
Inspecteur Mathis Régis : Dix heures douze
- — Bonjour ! Je suis l’inspecteur Mathis. Ça vous prend souvent, d’agresser les gens de cette manière-là ?
- — Je ne l’ai pas agressé ! Je me suis simplement défendue.
- — Bien ! Alors voyons voir un peu. Vos nom, prénom et adresse !
- — Sophie Delacre, vingt-sept ans. Vous ne pouvez pas m’enlever ces trucs qui me scient les poignets ?
- — Ces trucs, comme vous dites, sont des menottes pour assurer notre sécurité et celle de l’homme à qui vous avez mis un coup de pied.
- — Je vous répète que je n’ai fait que me défendre. Il doit bien y avoir des caméras dans ce foutu supermarché ! Quand une personne fauche un objet, les vigiles rappliquent à toute allure et là, je suis agressée, je me défends et personne ne voit rien ?
- — Commencez par vous calmer. Donnez-moi votre version des faits.
- — Bon ! Je suis passée dans l’allée et un homme s’est baissé pour attraper une boîte sur le rayon le plus bas des présentoirs.
- — … je vous écoute ! Donc ce type à qui vous avez donné un furieux coup de pied se baisse et… ?
- — Lorsqu’il s’est relevé, il en a profité pour me passer la main aux fesses. Et je ne suis pas là pour qu’un inconnu assouvisse ses fantasmes.
- — Vous êtes certaine de ce que vous avancez ? Parce que je vous assure, sur la bande communiquée par la direction du magasin, on voit bien le gars se relever et puis vous qui lui envoyez votre chaussure dans les valseuses. Regardez vous-même !
- — Attendez ! Si je vous dis que le guignol m’a tripotée, je ne suis pas totalement cinglée tout de même. Vous n’allez pas me faire croire qu’il n’y a qu’une seule caméra qui surveille l’ensemble des allées… peut-être que sur d’autres images, vous le verrez plus nettement faire. De plus, je suis presque certaine que quelque chose de louche se trouve, trouvait sur sa chaussure aussi.
- — Comment ça ? Expliquez-vous !
- — Il avançait souvent sa godasse entre les jambes des femmes qu’il croisait. Pourquoi c’est moi qu’on interpelle ? Je vous assure que ce type m’a agressé sexuellement en me tripotant le derrière.
- — Ça, c’est votre version, et puis quand bien même, personne n’a le droit de se faire justice tout seul.
- — Vous vous entendez parler, là ? Comment je dois le prendre ce que vous me racontez ? Les mecs ont donc le droit de nous passer la main au cul, de nous tripatouiller et nous devons faire comme si rien ne se passait ?
- — Vous allez vous calmer, oui, ou je dois faire appel à un médecin ?
- — Pourquoi suis-je mise en accusation alors que c’est ce sale bonhomme qui m’a collé ses pattes sur le derrière ? Ça vous semble logique à vous ? Dans cette histoire, la victime c’est moi, que je sache.
- — Nous n’avons rien sur les images qui accréditent votre version de ce qui s’est passé. Lui dit que lorsqu’il s’est relevé, avec dans la main sa boîte de pois chiches, vous lui avez asséné un violent coup entre les jambes.
- — Pour le coup, je dis oui ! Mais s’il s’est ramassé mon pied à cet endroit-là, c’est surtout parce qu’il venait de me coller ses doigts dans la culotte, sous ma jupe.
- — C’est votre parole contre la sienne. Nous ne saurons peut-être jamais qui dit vrai dans cette affaire.
- — Bien sûr ! Je suis une femme, donc les mecs ont encore et toujours tous les droits. Nous n’avons au vingt et unième siècle, que celui de la fermer. Eh bien non ! Je ne me contenterai pas de passer au tribunal pour coups et blessures. Je veux un avocat… c’est la loi ! Je ne vous dirai plus un mot.
- — Comme vous voulez ! C’est effectivement votre droit le plus absolu.
- — Et lui ? Il va donc s’en tirer malgré ce qu’il a fait ?
- — Jusqu’à preuve du contraire, il est innocent.
- — Pas moi ? C’est de la légitime défense. Je lui ai donné un coup de pied parce qu’il me touchait et c’est une agression sexuelle. Vous pouvez me mettre en taule aussi longtemps qu’il vous plaira, je ne changerai rien à ma déclaration.
- — C’est bon ! Vous allez attendre dans une cage jusqu’à l’arrivée d’un avocat. Vous avez un nom à me donner ?
- — Oui… Je veux Maître Myriam Halliot.
- — Vous pensez vraiment qu’une ténor de son rang va se déplacer pour une histoire de coups de lattes dans les roubignoles d’un pauvre type ?
- — Je ne vous demande pas votre avis. J’ai été sexuellement agressée et je veux ce conseil, c’est mon droit.
- — D’accord… Planton ! Veuillez mettre madame en cage !
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Salle d’interrogatoire B : Commissariat central
Enquêtrice : Officière de police judiciaire Jocelyne Samy : Onze heures dix-huit
- — Je suis la policière chargée de prendre votre déposition. Donc vous avez vu un médecin ?
- — Oui madame ! Je ne porterai pas plainte contre cette folle furieuse.
- — Vous connaissez cette femme qui vous a agressé, Monsieur Frantz ? Didier Frantz, c’est cela ?
- — Oui, c’est bien ça ! Mon père est d’origine allemande et non, je ne connais pas du tout cette furie ! Nous ne nous sommes jamais croisés ou vus auparavant.
- — Racontez-moi donc votre version des faits. Vous étiez donc dans le supermarché et… ?
- — Je voulais acheter de quoi faire une salade. Les prix les plus bas pour les pois chiches sont sur le rayon qui se trouve à ras du sol. Je me suis donc baissé pour en prendre une boîte.
- — D’accord ! Mais comment expliquez-vous alors que cette femme, calme au demeurant se soit d’un coup lancé contre vous et vous ai donné un coup de pied brutal ?
- — Je n’en sais rien, madame. Elle doit être dérangée. Mais je crois que c’est plus d’un médecin que d’un juge qu’elle a besoin !
- — Vous êtes un habitué de ce supermarché ?
- — Non, je n’y suis jamais venu.
- — Vous ne faisiez pas de grosses courses, donc ?
- — Pourquoi me demandez-vous cela ?
- — Vous n’aviez pas pris de chariot. J’en déduis donc…
- — Mais il n’est pas interdit de n’acheter que le strict nécessaire. Je ne voulais que cette boîte de pois.
- — Revenons-en aux faits, donc ! Vous vous baissez et ensuite ?
- — Lorsque je me redresse, je vois cette cinglée qui me colle un coup de saton ! Ça a été si rapide, que je n’ai jamais pu éviter le coup. Je ne vous parle même pas de la douleur. Ensuite, les vigiles sont intervenus. Puis vos collègues sont arrivés et j’ai vu votre médecin.
- — En parlant de toubib, il vous a prescrit quatre jours d’ITT. Alors, pourquoi ne voulez-vous pas déposer une plainte contre cette femme ?
- — Je crois qu’elle a suffisamment de problèmes psychologiques ou psychiatriques sans que je lui rajoute des ennuis judiciaires.
- — Bon prince on dirait. Mais vous êtes bien certain que vous n’avez rien fait qui ait provoqué cette riposte très soudaine ?
- — Ben… non, je vous assure, madame. Il doit y avoir des caméras dans ce magasin comme dans tous du reste. Alors, pourquoi ne pas visualiser les images ?
- — Nous l’avons fait ! Mais l’angle de vue n’est pas très explicite. De toute façon, nos services vont les décortiquer et voir si d’autres yeux électroniques n’ont pas des clichés plus lisibles.
- — Il va lui arriver quoi à cette femme ?
- — Je ne peux pas répondre à cela. Je suis chargée de vous entendre sur cette affaire. Mais reprenons, voulez-vous !
- — Qu’est-ce que je pourrais vous dire de plus ? Une folle me balance un coup de pied et c’est moi qui suis sur la sellette ! C’est le monde à l’envers.
- — Pour le moment, vous n’êtes suspecté de rien du tout. Pourquoi jouez-vous les pleurnichards ? Auriez-vous des choses à nous cacher ?
- — Mais non, bon sang ! C’est toujours pareil avec vous les flics ! Même lorsque l’on est une victime, il faut que vous nous mettiez la pression.
- — Toujours pareil ? Vous avez donc déjà eu affaire aux services de polices… ou de la gendarmerie ?
- — Non ! C’est une façon de parler. Je… merde alors ! Je ne sais même pas pourquoi je vous parle puisque je suis déjà coupable ! Je… puis-je avoir un verre d’eau ?
- — D’accord. On va faire une pause et on y revient ! Je vous fais apporter de l’eau.
- — Merci !
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Machine à café du commissariat central : onze heures trente
- — Alors Joce ? Tu as réussi à obtenir quelque chose de ton gus ?
- — Non ! Il reste sur sa position. Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression qu’il n’est pas blanc-blanc.
- — Ah ? Comment ça ?
- — Il me semble connaître parfaitement les rouages de la machine. Il se veut magnanime et sachant parfaitement que s’il ne porte pas plainte, le dirlo du supermarché va le faire pour lui. C’est bizarre. C’est pas l’affaire du siècle finalement. Et toi, la nana ?
- — Elle n’en démord pas. Elle dit que le zigoto lui a collé une patte dans la culotte et que c’est ce qui a provoqué sa ruade. Pour un peu, elle lui écrabouillait les bijoux de famille. Tu réagirais comment, toi si un mec te foutait une main au cul ? Je crois que tu lui claquerais le beignet comme cette femme l’a fait.
- — Ouais… pourquoi est-ce que l’on ne voit rien sur la vidéo du magasin ? Avec les moyens modernes d’aujourd’hui, et que ce soit aussi nul… Loïc décrypte image par image… mais c’est long et compliqué.
- — Court et sans sucre… comme d’habitude ?
- — Oui ! Mais c’est à moi de payer, non ?
- — Ça va, Jocelyne, on ne va pas pleurer pour un caoua ! Tu sais quoi, la nénette veut maître Halliot pour la défendre. Elle se sent si sûre d’elle ? Qu’elle veuille un tel avocat ?
- — On pourrait revoir du côté du magasin, les images des autres caméras. Après tout, on ne risque rien à essayer.
- — Allons voir quand même notre spécialiste de l’informatique… notre Loïc national !
- — Ouais…
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Poste de travail de Loïc Mangin, flic chargé de lire les images
- — Alors mon petit Lolo, tu as quelque chose pour nous ?
- — Ah, salut Jocelyne… je vois que tu es en bonne compagnie… tu es sur le truc aussi, Mathis ?
- — Oui. J’ai interrogé la nana et elle n’en démord pas, l’autre lui aurait passé la main au cul…
- — Ben si j’en juge juste par les images, il a bon goût !
- — Dites donc vous deux ! Je vous rappelle qu’on parle là d’une mise en cause, d’une bagarre dans un magasin, un trouble à l’ordre public.
- — Calme-toi, ma petite Joce… on est entre hommes.
- — Exactement le comportement ringard qui entraîne des coups de lattes dans les couilles, je vous le rappelle. Alors tu as trouvé une preuve sur les images ? Elle dit que le type a mis sa main dans sa culotte en se relevant, tu vois clairement un geste de cet ordre ?
- — Non ! Mais elle pourrait avoir raison… regardez… là ! J’avance image par image et…
- — Et quoi ? Tu vois quoi toi, Mathis ? J’ai de la merde dans les yeux ? Parce que j’entrave que dalle !
- — Là, bon sang !
- — Quoi là ? Montre-nous ! Il n’y a rien qui puisse nous faire croire que le gars a sa patte sous la jupe !
- — Vous voyez sur ce cliché ? On voit, c’est subtil je vous l’avoue, mais on aperçoit juste que le tissu de la jupe flotte un peu. Or, ce n’est pas normal vu la position qu’elle adopte. Ça pourrait vouloir dire que votre mec lui a vraiment mis une main au panier. C’est tout ce que je peux faire avec cette vidéo. Mais pourquoi le magasin ne vous a pas aussi donné les autres ? Il doit pour une telle grande surface y en avoir bien d’autres et avec un peu de chance, les angles de prises de vue seront plus appropriés.
- — C’est vrai ça, Loïc a raison ! Mathis, tu envoies un agent récupérer les autres bandes de cette matinée. Quand c’est pour un chapardage, ils savent bien nous les faire voir. Pour une rixe, nous allons les emmerder aussi un peu plus. En tout cas, merci. Ça nous donne un éclairage nouveau sur cette affaire. Merci, Loïc, c’est du bon boulot.
- — Salut man ! Je te ramène les autres images à visionner dans l’après-midi… s’il en existe bien sûr !
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Supermarché où l’incident a eu lieu : treize heures trente
- — Monsieur le directeur, bonjour !
- — Ah, la police encore ? Nous n’avons pas appelé pourtant !
- — Je viens pour récupérer les bandes de vos caméras. Celles où l’on voit la jeune femme qui a agressé un de vos clients ce matin.
- — Mais nous vous les avons déjà communiquées, il me semble.
- — Pas toutes, selon mes chefs ! De plus, les clichés sont inexploitables, si j’ai bien saisi.
- — … ? Bon, venez ! Allons voir le personnel chargé de la surveillance du magasin.
- — Attendez… montrez-moi où se situe l’endroit où la rixe a eu lieu. Que je me fasse une idée de l’emplacement de vos yeux électroniques.
- — Le chef chargé de la surveillance sera plus à même que-moi de vous y conduire… Mais je pense que ça a eu lieu vers les rayonnages des conserves. Donc à cet endroit là-bas.
- — C’est bon… allons voir votre « Monsieur Vidéo ».
- — Mademoiselle…
- — Oui ? Monsieur le Directeur ?
- — Veuillez conduire ce policier au poste de surveillance. Merci !
- — Bien, Monsieur le Directeur. Si vous voulez bien me suivre…
- — Vous suivre… avec plaisir et même au bout du monde.
- — … voilà ! Nous y sommes ! Bonjour, messieurs. Le patron vous envoie ce monsieur en uniforme. Vous êtes arrivé. Au revoir.
- — Merci pour le brin de conduite. Messieurs, bonjour. Qui est le responsable ici ?
- — Moi ! Expliquez-moi de quoi il retourne exactement.
- — Je suis chargé de récupérer les bandes de surveillance de la matinée. Celles plus exactement ciblant l’endroit de l’agression d’un homme par une jeune femme.
- — Mais nous les avons déjà remises à une de vos collègues en civil.
- — Sans doute que ça ne suffisait pas, ce que vous nous avez refilé. Il doit bien y avoir d’autres mouchards qui couvrent la zone ?
- — Pas vraiment !
- — Bon puisque le patron de cette cellule de surveillance, c’est vous… votre nom s’il vous plaît ?
- — Madeira… Joaquim Madeira. Mais je ne vois pas…
- — Eh bien, Monsieur Madeira, allons sur le terrain que je me fasse une vague idée. Que j’éclaircisse certains points obscurs de cette histoire bizarre.
- — … ? Nous nous sommes bornés à intervenir dans une bagarre entre deux clients. Nous n’avons rien à cacher…
- — Qui vous dit le contraire ? Je veux seulement me rendre compte « in situ » des lieux et voir quelle bande est susceptible de contenir des informations dans cette affaire. C’est vous, jeune homme, qui suivez les images qui défilent… vous étiez là, ce matin ?
- — Non ! Mais j’ai pris mon poste à douze heures trente en remplacement du collègue qui, lui, prend son service à huit heures trente.
- — Vous faites donc un roulement ?
- — C’est exactement ça ! Nous suivons ici sur les écrans tout ce qui se passe dans le magasin. Et il nous arrive aussi de cibler les comportements anormaux de certaines personnes. Vous voyez comme cette dame par exemple. Elle hésite, regarde partout autour d’elle…
- — Je vois. Donc si la femme avant la bagarre avait eu un comportement bizarre, Monsieur Madeira, votre équipe l’aurait filée visuellement ?
- — Je pense que oui…
- — Pour le type, il en aurait été de même ?
- — Évidemment. Nous ne sommes pas sexistes. Les resquilleurs n’ont pas de sexe. Il y a autant de femmes que d’hommes qui volent.
- — J’imagine bien !
- — Mais pourquoi cette question ?
- — Pour rien… pour rien. Allons dans le magasin si vous le voulez bien !
- — D’accord… Voici l’endroit exact où l’incident s’est déroulé. L’homme s’est baissé ici pour prendre une boîte de pois.
- — D’accord. Donc les images que vous nous avez remises proviennent de cette caméra-là ? Juste de trois quarts ?
- — C’est cela ! La mieux placée pour voir ce qui s’est passé.
- — Où sont situées les autres ? Celles susceptibles d’avoir filmé… l’incident ?
- — Une sur votre gauche à une quinzaine de mètres, une seconde dans la direction opposée… et une troisième placée plus loin vers la sortie. La dernière ne servant que pour les caisses.
- — … ! Alors, vous pouvez me remettre une copie des images de ces deux yeux électroniques situés à droite et à gauche.
- — Le mieux serait sans doute que je vous remette toutes les vues de ce matin depuis l’ouverture jusqu’à votre arrivée sur les lieux ?
- — On peut faire comme ça aussi. Oui. Finalement, c’est mieux.
- — C’est plus facile pour nous de vous donner l’ensemble plutôt que de fouiller et de faire un tri. Nous aurions dû faire cela à votre première demande.
- — Oui ! On ne peut pas penser à tout. Vous avez assisté à la scène depuis votre bureau ?
- — À la fin, lorsque le mec était par terre, suite au coup de sabot de la femme. J’ai envoyé dare-dare mon équipe sur le terrain. Au moins pour les séparer. Une vraie furie, cette nana.
- — Votre sentiment sur l’incident ?
- — Je ne sais pas vraiment ! Elle n’avait pas l’air d’une folle, avant ! Du reste, nous ne l’avions pas en point de mire. Elle remplissait son caddie tranquillement. Remarquez que le type non plus ne nous avait pas paru louche !
- — Ah, Monsieur Madeira… Jean-Louis… mon collègue que j’ai remplacé m’a dit qu’un truc lui avait paru étrange chez ce… « singulier client ». Il marchait bizarrement. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais il avait une drôle de façon de faire glisser son pied droit sur le sol. Rien d’inquiétant en matière de vol bien entendu, mais assez surprenant pour que Jean-Louis s’en soit souvenu, à contrecoup !
- — Et votre Monsieur Jean-Louis… il porte quel nom de famille ?
- — Châteaux… oui Châteaux avec un X, il y tient.
- — Il est de repos ? Vous pouvez me communiquer aussi ses coordonnées, adresse, téléphone…
- — Oui ! Oui naturellement. Nous sommes là pour collaborer avec la police. Tenez ! Les bandes vidéo et tout ce qui concerne notre collègue.
- — Merci ! Messieurs, bonne fin de journée.
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Commissariat - Poste de travail de Loïc Mangin : second passage
- — Tiens Loïc ! Voici tout ce que les caméras ont enregistré de huit heures et demie du matin jusqu’après la bagarre. Tu as de quoi faire.
- — Merci du cadeau… tout ça pour un coup de patte dans les cacahouètes d’un guignol ? On devrait mettre cette folle en cage pendant quelques mois pour lui apprendre à respecter les burnes masculines.
- — Contente-toi de visualiser les images au lieu de disserter sur la noirceur de l’âme humaine. Tu aimerais que ta copine se fasse passer la main au cul dans un supermarché ? Parce que, si elle a raison, c’est juste de l’autodéfense.
- — Ouais… tu as sans doute raison. Mais bon, on devient vite idiot devant des faits qui se répètent trop souvent. Tu crois qu’elle s’est seulement défendue ?
- — Je n’en sais rien ! Je me borne à faire mon boulot tout bêtement. Elle donne une version, et la sienne n’est ni meilleure ni pire que celle du mec qu’elle a déglingué. Si elle est coupable, elle doit payer, dans le cas contraire… je fais mon job sans état d’âme !
- — Ouais ! Bon, je vous appelle Jocelyne et toi si j’ai du nouveau… il y a du taf…
- — Ça marche ! Ah oui… un détail tout de même… ça vaut ce que ça vaut, mais un des espions du magasin aurait remarqué que le gus marchait bizarrement. Si tu vois un truc de ce style, tu essaies de savoir de quoi il retourne.
- — Bizarrement ? Ça veut dire quoi au juste ?
- — Je ne sais pas moi ! Il traînait son pied au sol, il le faisait glisser… le droit…
- — Le droit ?
- — Oui ! Son pied droit, le gaillard le faisait glisser sur le sol… enfin je ne sais pas si c’est important.
- — D’accord ! Je vais voir et je vous tiens au jus.
- — Ça marche…
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Bureau de Jocelyne Samy : quinze heures cinquante
- — Bon Joce, j’ai fourgué les bandes à Loïc. Nos deux oiseaux sont calmes ? Des nouvelles de l’avocate de la miss ?
- — Ben aussi invraisemblable que ça puisse paraître, Halliot est en route pour défendre la talonneuse de roustons ! Tu y crois, toi ?
- — Il n’y a pas de fric à se faire pourtant dans une pareille salade ! Bizarre non ?
- — Oh ! Cette avocate veut son portrait dans les journaux et notre agresseur en jupon est un bon tremplin. On va devoir la jouer fine. La moindre erreur de procédure et hop, notre dossier est en l’air.
- — Sinon, un élément un peu spécial… il paraît que notre Frantz s’est fait remarquer par une marche très… étrange.
- — Remarqué ? Par qui ?
- — Un des vigiles qui supervise les images en live dans le poste de garde. Le type, il s’appelle Châteaux Jean-Louis, aurait vu ce Didier Frantz qui marchait en faisant glisser son pied droit sur le sol !
- — … ah bon ? Et ça pourrait vouloir dire quoi exactement ?
- — À creuser ? Il n’a pas l’air handicapé à le voir comme ça !
- — Glisser son pied… le droit et seulement le droit ? Ça doit vouloir dire quelque chose, non ?
- — De là à expliquer le coup de patte de la nana… il y a un fossé. Je n’y pige pas grand-chose.
- — Oui ! Un truc doit nous échapper quelque part. Je vais reprendre les deux auditions et voir si je peux trouver un élément de réponse. Si je ne trouve rien, je reverrai Frantz. Je le mettrai sur le gril et on verra bien ce qu’il en ressortira.
- — À moins que Loïc ne nous dégote quelques beaux clichés qui prouvent que cette Sophie s’est bel et bien dégourdi les orteils dans un mouvement de défense.
- — Le big boss ne s’est pas encore manifesté ? Lui si prompt à nous emmerder pour qu’on avance ; là, il est curieusement absent de nos radars.
- — Tant mieux. Et surtout, ne le réveille pas. C’est assez compliqué comme ça sans encore qu’il nous mette la pression hiérarchique en plus. Tu veux que je te dise, Mathis… quand cette enquête sera bouclée, on ira casser une graine tous les deux.
- — Humm ! Volontiers, mais juste une dînette ?
- — Tu t’attends à quoi ? Je ne suis pas femme à coucher avec n’importe qui !
- — N’importe qui… comme tu y vas, collègue ! Je rigole ! Parfois je me demande où tu étais à ta naissance ?
- — À ma naissance ?
- — Oui, au moment de la distribution d’humour ! Tu ne devais pas être présente, ma parole !
- — Allez, file ! Retourne voir notre informaticien préféré. Il a peut-être du nouveau.
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Salle d’interrogatoire A : Commissariat central
Enquêtrice : Officière de police judiciaire Jocelyne Samy : seize heures huit
- — Madame Delacre…
- — Mademoiselle, je ne suis pas mariée.
- — … votre conseil, maître Halliot va s’entretenir avec vous. Puis nous reprendrons l’interrogatoire débuté par mon collègue ce matin.
- — Ah ! Myriam est donc venue.
- — Oui ! Je peux vous poser une question ?
- — Pas sans elle ! Enfin, je crois que c’est mon droit.
- — Oui, c’était juste une demande pour vérifier un point… de détail.
- — … ? Je préfère tout de même prendre attache avec mon avocat avant de répondre à vos demandes, quelles qu’elles soient !
- — À votre guise.
- — Merci !
Même salle : Quinze minutes plus tard
- — Bien ! Puisque vous en avez exprimé le désir, nous pouvons donc reprendre le cheminement de notre enquête ! Bonjour Maître. Je suis l’officière de police judiciaire Jocelyne Samy en charge du dossier de votre cliente.
- — Parfait. Une femme est plus au fait de comprendre donc que la violence des faits perpétrée sur ma cliente a provoqué sa réaction émotionnelle pure. Et sa seule façon de remettre un sale type à sa place était de répondre légitimement à son agression par une autre agression.
- — Rien n’atteste des dires de mademoiselle Delacre. Et sa victime, ou supposée victime ne semble pas avoir simplement effleuré le corps de mademoiselle.
- — Pourquoi devriez-vous plus croire la version masculine ? Il existe donc des faits qui prouvent que mademoiselle Delacre a frappé gratuitement le monsieur ? Si oui, vous devez me remettre les éléments constituant les charges présumées, à l’encontre de ma cliente.
- — Je n’ai rien dit de tel.
- — Écoutez, madame la policière. Je ne suis pas une menteuse. Je faisais tranquillement mes courses, ce gars inconnu s’est baissé et il a pris au ras du sol une boîte de conserve. En se relevant, il a collé sa patte sur le long de ma cuisse et gentiment est remonté jusqu’à ma culotte. Le tout dans un mouvement très normal. Comme si c’était juste un jeu de tripoter une femme. En plus, il avait le visage souriant et les yeux rivés dans les miens. C’est normal, ce genre de chose au vingt et unième siècle ? Les hommes comme au Moyen-Âge ont toujours le droit de cuissage ? Alors oui, c’est vrai, j’ai vu rouge et mon pied est parti, bien placé pour lui enlever le goût de recommencer. Pour le reste, c’est votre travail de trouver qui dit la vérité ou qui ment.
- — Je comprends bien mademoiselle. Mais pour le moment la lecture des bandes de surveillance du supermarché où vous étiez n’a pas permis de faire la lumière sur la rixe. Vous restez donc la personne qui agresse gratuitement un client du magasin.
- — Potentiellement la coupable idéale, n’est-ce pas, Inspecteur ? Pourquoi ma cliente inventerait-elle une histoire au demeurant à dormir debout ?
- — Vous aviez tout à l’heure un détail à me demander, ou à vérifier, je crois ?
- — Oui… L’attitude du bonhomme vous avait-elle interpellée, l’aviez-vous déjà croisé dans les rayons ?
- — Ouais… il avait une sorte de marche bancale. Mais c’est juste qu’il ne levait pas les pieds…
- — Ou le pied ? Vous souvenez-vous dans quelles circonstances vous avez remarqué cela ?
- — Il me semble vous l’avoir indiqué dans ma première déposition… il essayait d’avancer son panard entre les jambes des femmes qui comme moi étaient en jupe !
- — Vous l’aviez mentionné ? Attendez ! Je fouille un peu… dans votre procès-verbal d’audition… « De plus, je suis presque certaine que quelque chose de louche se trouve, trouvait sur sa chaussure aussi. Il avançait souvent sa godasse entre les jambes des femmes qu’il croisait. » Merde… pardon excusez-moi, ça ne nous avait pas sauté aux yeux !
- — Alors vous voyez, inspecteur ? Mademoiselle Delacre n’a pas menti. Vous avez vérifié ce qu’elle vous a déclaré ? C’est la moindre des choses, tout de même.
- — Attendez-moi juste une seconde. Je reviens. Le temps de demander une vérification.
- — Faites ! Je ne suis plus à une minute près. Je n’ai rien d’autre à faire qu’à me morfondre dans une cellule de votre boutique.
***********
Bureau de Jocelyne Samy : Dix-sept heures vingt-deux
- — Mathis, le type a bien été fouillé avant d’être mis en cage ?
- — Ben, je suppose que les gardiens qui l’ont ramené ont fait leur boulot. C’est la règle, il me semble.
- — Et il ne portait rien d’anormal sur lui ? Ses chaussures n’étaient pas suspectes ?
- — Je n’en sais rien ! Je présume que nos agents lui ont remis comme à la femme des vêtements neutres et des chaussons, que leurs effets personnels sont inventoriés et gardés sous scellés. Pourquoi ? Il y a un malaise ?
- — Je pense que ce type était un voyeur. On peut aller chercher ses affaires que je fasse une vérif ?
- — Oui. Je m’en occupe.
- — Ça, je te le dis ! Si c’est bien ce que je crois, on va passer pour des looseurs. Pourquoi nos hommes n’ont-ils rien signalé de spécial ?
- — Calmos ! Une erreur peut arriver aussi. Et puis tu sais que ce n’est pas évident de garder l’esprit en éveil. Nos bonshommes sont sur la rue tous les jours depuis des mois. La lassitude peut aussi faire faire des âneries. Je file chercher les fringues de Frantz.
Même bureau cinq minutes plus tard
- — Voilà ! Jocelyne. L’inventaire est là.
- — Ce sont les pompes qui m’intéressent. Le gardien qui a fouillé n’a rien noté de spécial concernant ces chaussures ?
- — Non ! Juste « Mocassins à glands en cuir roux : Taille quarante-deux ».
- — Ouvre le sac et sors-les, je veux les examiner d’un peu plus près.
- — Mets des gants. Et tu ne veux pas que le type assiste à…
- — Oui, ne t’inquiète pas… Je ne vais pas tripatouiller là-dedans sans protection. Va donc me chercher le gonze, comme ça il n’y aura aucune contestation possible, avant que je touche à quoi que ce soit.
- — Je ne vois pas où tu veux en venir, mais…
Bureau Jocelyne Samy : Dix-sept-heures trente
- — Monsieur Frantz ! Vous reconnaissez vos effets personnels ?
- — Ben oui. Mes habits, mon téléphone, mon portefeuille ! Ce sont bien les choses que je portais à mon entrée dans vos locaux.
- — Ces chaussures… elles ont quoi de spécifique ? Vous voulez bien nous le dire ?
- — … ? Spécifique ? Je n’en sais rien, moi, sauf qu’elles coûtent un bras.
- — Pourquoi vous empêchaient-elles de marcher normalement ? Plusieurs témoins ont déclaré que vous traîniez le pied… alors quelle explication pouvez-vous nous fournir ?
- — Est-ce que je sais, moi ? C’est le monde à l’envers ! Je me ramasse un coup de latte dans les testicules et me voici traité comme le dernier des derniers.
- — Vous êtes bien sûr de ne pas avoir provoqué, par votre attitude une riposte à la mesure de ce que vous aviez fait ?
- — Comme quoi, par exemple ? Parce que je vous avoue que j’entrave que pouic dans votre micmac.
- — Vous inversez les rôles là. Montrez-nous donc vos godasses… qu’on les examine d’un peu plus près.
- — Mes chaussures ? Je ne comprends pas là !
- — Nous non plus, mais il doit y avoir un truc dont vous ne voulez pas nous parler. Alors, nous allons le découvrir.
- — Vous avez le droit de fouiller là-dedans ? Sans mandat ?
- — Vous regardez trop la télé, Monsieur Frantz. Les mandats…bon, nous trouvons tous seuls ou vous nous aiguillez ?
- — Je n’ai rien à dire. Je veux aussi un avocat.
- — Vous en aurez un ! Voyons donc le pied gauche… joli mocassin… vous avez raison, ça vaut la peau des rouleaux du cuir de cette qualité… Rien ! Vérifions la droite maintenant. Je chauffe ? Vous êtes tout pâle ! Ah… je vois, Monsieur est un Mac-Gyver, un génie du bricolage. Je comprends mieux vos glissades du panard droit. Vous êtes un saligaud, en fait. Alors vous accouchez ? Où sont stockées les images de cette magnifique caméra ?
- — … Je n’ai plus rien à vous dire.
- — Peut-être sur votre téléphone ? Où est-il du reste ? Ah ! Tiens, Mathis, voici le bébé. Donc vous filmez sous les jupes ? C’est cela ?
- — …
- — Monsieur Frantz, inutile d’aggraver votre cas par un mutisme imbécile. Nous allons avoir des preuves et cette fois une ordonnance d’un juge pour perquisitionner le plus légalement du monde votre domicile. Gageons que nous allons y faire des trouvailles intéressantes.
- — Regarde Jocelyne. Il n’a pas coupé son téléphone. Nous n’avons même pas à nous creuser la tête pour découvrir son « code pin ». Ah ! Ah, eurêka ! Bingo… Eh bien ! Voilà qui est instructif. Il y en a beaucoup comme ça ? Bon mon gaillard… nous avons à discuter le bout de gras tous ensemble.
- — Je… je veux un avocat.
- — C’est mieux, je crois, pour vous. Parce que cette fois, ça va se compliquer singulièrement.
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Salle d’interrogatoire A : Commissariat central : Dix-huit-heures dix
Enquêteurs : Officière de police judiciaire Jocelyne Samy et Inspecteur Mathis Régis
En présence des deux mis en cause et de leurs conseils.
- — Monsieur Frantz, au vu des images découvertes sur votre téléphone portable, nous pouvons affirmer que vous filmiez sous les jupes des filles.
- — …
- — De plus vous avez omis de fermer votre caméra alors que vous agressiez sexuellement Madame, ici présente. Ce qui nous donne une preuve flagrante, l’image de votre main, qui comme nous l’a indiqué cette femme dans sa déposition montait vers sa culotte. Donc si elle vous a frappé, ce qu’elle ne conteste en rien, ce n’était que par pur réflexe de défense. Vous attentiez à son intégrité physique et la réponse à cette agression était simplement proportionnée à vos attouchements.
- — Elle a donc le droit de me donner des coups alors que je ne la menaçais pas ? C’est incroyable, ce monde !
- — Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Vous avez fait pire ! Ça s’apparente à une agression sexuelle et vous allez sûrement passer du temps en prison pour votre geste déplacé. Nous allons continuer notre enquête pour déterminer si vous n’avez pas fait d’autres victimes.
- — Et moi… Je suis toujours mise en cause ? Je vais passer au tribunal pour m’être défendue ?
- — Non, madame. Vous allez suivre mon collègue, signer votre déposition et vous pourrez rentrer chez vous. Nous vous tiendrons au courant de l’avancée de notre enquête. Sachez juste que vous serez convoquée au tribunal pour témoigner de ce qui s’est passé.
- — Merci.
- — Merci de quoi ?
- — De m’avoir enfin crue. J’ai pensé que j’allais être jugée, voire condamnée pour m’être seulement rebellée parce qu’un type me tripotait.
- — Nous essayons de faire notre travail le mieux possible, et vous savez bien que ce n’est pas toujours simple…
- — Oui, je comprends. Eh bien… au revoir.
- — Oui. Au revoir et à bientôt !
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Chroniques judiciaires du Petit Rapporteur
Audience du Tribunal correctionnel du seize mai.
Affaire D.S. contre F.D. : agression sexuelle et tentative d’agression sexuelle dans un lieu public
C’est un bonhomme aux épaules voûtées et le profil bas qui se présente ce matin à l’audience du Tribunal. F.D. N’a rien d’un foudre de guerre. Et c’est la tête baissée et les yeux rivés sur le parquet de la salle d’audience que notre gaillard écoute la Présidente lire l’acte d’inculpation. Pas très glorieux tout cela. Une sombre affaire de voyeurisme qui aurait pu mal tourner. Surtout pour lui, car sa dernière victime s’est littéralement rebiffée. En effet S.D., le matin où notre drôle de citoyen s’est fait pincer n’avait pas l’intention de se laisser faire. La tentative d’agression sexuelle à laquelle la femme d’une trentaine d’années a fait face avec courage a démontré à son agresseur qu’il valait mieux garder en certaines occasions les mains dans ses poches.
Un coup de pied bien placé a eu raison de sa tentative de tripotage et à l’issue de l’enquête diligentée par les services de police du commissariat, ce n’est pas moins d’une trentaine de films vidéo, images volées sous les jupes de femmes anonymes, qui a été retrouvée au domicile du sinistre individu. Placé en détention provisoire, il a été libéré quatre mois plus tard et vient répondre de ses actes devant les juges ce jeudi seize mai. À la Présidente qui l’exhorte à s’expliquer, il bredouille quelques mots incompréhensibles, des regrets finalement bien tardifs.
Résultats de l’audience : Six mois d’emprisonnement, dont quatre fermes. Obligation de soins et inscription au fichier des délinquants sexuels. Mille cinq cents euros à verser à sa victime au titre des dommages et intérêts et il devra en outre s’acquitter d’une amende de deux mille cinq cents euros ainsi que de tous les frais judiciaires de cette sinistre affaire. De quoi faire regretter à l’individu en question, ses mains baladeuses et ses fantasmes cinématographiques.
Alain Renard pour le Petit Rapporteur.