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Temps de lecture estimé : 8 mn
20/03/21
Résumé:  De bon matin, une femme me provoque en duel voiture-vélo.
Critères:  fh extracon voir lingerie québec
Auteur : Rb07            Envoi mini-message

Série : La Barchetta rouge

Chapitre 01
Pari et course

Matin de juillet à Montréal. L’air venait enfin de se rafraîchir et de s’assécher, après une semaine de canicule. Je roulais à vélo sur le boulevard René-Levesque inondé de soleil. Heure de pointe. Je me dégourdissais les jambes avant d’aller au boulot. Comme bien d’autres matins, j’allais faire quelques grimpes de Camilien-Houde, ce chemin qui enjambait la montagne mythique au cœur de la ville. Chandail et short de vélo, j’avais dans un sac de selle mes vêtements plus urbains pour la journée de travail qui m’attendait.


À travers la circulation dense, la petite Barchetta rouge décapotée me dépassa à bonne allure. Je roulais à 35 km/h, elle devait faire du 70 dans cette zone de 50. Je n’eus que le temps de remarquer l’épaisse tignasse de jais qui flottait derrière la conductrice. Elle était passée près de moi, à une distance que je dirais était à la limite du 1 mètre réglementaire en zone urbaine. Mais en comparaison de taxis qui m’avaient doublé ce matin, elle avait observé une séparation s’apparentant à la distance terre-lune. Le feu suivant étant au rouge, toutes les voitures s’arrêtèrent. La Barchetta était la première sur la ligne.


Lors de passages rapprochés de la sorte, j’aime bien profiter de l’agilité du vélo pour me faufiler jusqu’à la hauteur du conducteur, ou de la conductrice dans ce cas-ci, et aller le dévisager. Si tu veux me friser le poil des jambes, je peux bien te jeter un regard assassin en retour. C’était aussi une petite victoire que de démontrer par l’exemple que trois tonnes d’acier n’était pas plus rapide que 80 kilos de carbone et de chair sur un circuit urbain.


Assis bien haut sur ma selle, mon premier point de vue avantageux sur la conductrice dans son cabriolet fut sur ses longues jambes qui s’étendaient vers les pédales, couvertes d’une jupe qui atteignait le genou. Des escarpins dans ses pieds nus, elle avait l’embrayage enfoncé, une main sur le levier de vitesse déjà engagé en première. J’arrêtai ma roue avant vis-à-vis ses phares, puis tournai la tête vers la femme. Teint légèrement basané, lèvres superbement ourlées, des lunettes de soleil sur le nez, un veston léger par-dessus un chemisier ajusté, elle incarnait la confiance et la grâce d’une femme de carrière. Mon regard assassin fut attendri par cette vision sublime, et je ratai complètement mon effet. Elle tourna la tête vers moi et me provoqua d’un simple signe du menton. Le premier arrivé de l’autre côté de l’intersection gagnait, voulait-elle dire.


Elle ne cilla point lorsque la lumière vira au vert. J’étais resté les pieds bien accrochés à mes pédales, sur un rapport qui me permettait de profiter du couple maximal au démarrage et puis rapidement d’un bon niveau de puissance, ce qui me permit de décoller en moins de deux, laissant derrière moi la femme et son bolide pendant qu’elle cherchait le point de friction de sa transmission. Le vrombissement du moteur ne se fit pas attendre très longtemps et elle me dépassa lorsque j’eus tout juste atteint l’autre rive de l’intersection. La bécane à propulsion humaine avait surpassé le cheval de métal. Même si le rapport poids-puissance n’était pas à mon avantage, ma faible inertie et mon temps de réaction m’avaient permis de gagner. Mais sur le point de la vitesse brute, je n’étais pas de taille vis-à-vis de ses centaines de chevaux. Elle fila loin devant.


Était-ce la vision de mes fesses bien formées dans leur gaine de lycra, ou le simple hasard de la circulation qui la firent s’arrêter au feu rouge suivant alors que, me semblait-il, elle aurait pu facilement accélérer davantage après m’avoir dépassé pour traverser le carrefour sur la lumière verte ? Peu importe, je pus retourner me placer à sa hauteur, et profiter à nouveau de mon poste d’observation surélevé. En m’approchant, je remarquai la jupe qui maintenant ne couvrait que la moitié de ses cuisses bien découpées. Pas de chance ; le flot des voitures s’élança à nouveau, et je regardai le bolide rouge filer loin devant.


Grâce à la mauvaise synchronisation des feux de circulation du boulevard, je la rejoignis un peu plus loin. En m’immobilisant, je constatai que son chemisier s’était ouvert d’un bouton. Dans cet angle, la dentelle noire de son soutien-gorge balconnet dépassait subtilement du pan ouvert de sa tenue. De cette perspective en « V » comme dans « invitant », une portion généreuse de sa poitrine était offerte de manière succulente à ma vue. Hypnotisé par le délicieux décolleté, je ne fus pas en mesure de capter à temps le changement de la couleur du feu, et je vis la superbe mécanique de ses jambes embrayer et s’éloigner bien avant que je n’aie eu le temps de reprendre mon accélération.


Le même petit jeu se reproduisit à l’intersection suivante. Cette fois-ci, la femme me gracia d’un coup d’œil par-dessus ses lunettes, avant de démarrer en me soufflant un baiser. Cette provocation flagrante m’énergisa bien suffisamment pour que je réussisse à m’insérer entre son pare-chocs arrière et la voiture qui la suivait. Aidé par l’aspiration qu’elle me conférait, je pus la suivre pour les quelques blocs suivants, bien collé à son arrière-train. J’étais presque à fond, et alors que je peinais à conserver le rythme de sa monture, elle roulait bien à 65, je vis sa tête se tourner pour s’aligner avec son rétroviseur. Voyant que je la filais, elle accéléra encore un peu. Heureusement, elle rattrapa la file de voitures devant et dut lever le pied. Je revins tout près de son parechoc, et je laissai porter dans le vacuum que sa voiture provoquait dans l’air. Peu de temps après, son clignotant indiqua la droite, et elle tourna dans le stationnement d’un hôtel. Instinctivement, je la suivis.


Elle arrêta sa voiture devant la guérite automatique qui donnait accès au stationnement et sortit un bras pour y glisser une carte qu’elle tenait dans ses doigts manucurés. Ce faisant, elle s’étira le cou, dégageant la fine ligne de sa nuque de sa chevelure. La barrière se leva. La voiture émit un petit grondement puis traversa l’obstacle. J’enfilai derrière, restant tout près pour éviter que la barrière ne se referme sur moi.


Voyant que je la suivais toujours, la femme retira ses lunettes et me jeta par son rétroviseur un regard inquisiteur. Elle stoppa net sa voiture. Je la contournai et m’immobilisai vis-à-vis la portière, côté conducteur.



Ses yeux se fixèrent sur moi, puis elle me détailla de haut en bas et de bas en haut sans aucune gêne. Elle me fit un long sourire, ouvrit sa portière et posa agilement son pied gauche au sol. Son mollet bien formé par la position de son pied dans l’escarpin, sa jupe s’étirant pour permettre à ses cuisses de s’écarter, elle fit suivre avec élégance sa deuxième jambe, puis se leva d’un geste souple. Ainsi placée, son visage se retrouva à quelques centimètres du mien. Sur ses talons, elle avait la même grandeur que moi. Ses lèvres subtilement colorées s’entrouvrirent énigmatiquement sur ses dents blanches. Ses yeux marron revinrent dans les miens, qui avaient bien du mal à ne pas descendre plus bas pour contempler la naissance de sa poitrine qui, attirés par la texture de la dentelle qui paraissait à travers son chemisier. Ce n’est qu’après avoir soutenu mon regard une bonne dizaine de secondes qu’elle me répliqua :



Elle se rassit dans sa voiture, laissant négligemment sa jupe monter à la hanche, découvrant le creux extérieur de sa cuisse. Me regardant du coin de l’œil, un sourire mutin aux lèvres, elle redémarra et s’en fut dans un vroum vroum bien assumé.


Je poussai mon vélo à travers les portes automatiques de l’hôtel, pénétrant dans le lobby. Le reflet d’un cycliste souriant me suivit sur le plancher de marbre alors que je marchais vers le poste d’accueil.



Je sortis mon téléphone de ma poche dorsale, et composai le numéro que j’avais mémorisé il y avait déjà près de deux ans pour éviter qu’il ne soit découvert par un regard indiscret. Je pianotai brièvement sur l’écran tactile pour envoyer un texto simpliste. Au même moment, le téléphone portable dans le sac à main de la femme à la Barchetta rouge prit vie pour indiquer l’arrivée d’un message :