| n° 20099 | Fiche technique | 9240 caractères | 9240 1600 Temps de lecture estimé : 7 mn |
02/03/21 corrigé 30/05/21 |
Résumé: Les archétypes d'hommes qu'on recherche peuvent parfois nous surprendre quand ils s'agit d'en choisir un ! | ||||
Critères: humour f fh fhh inconnu caférestau fsoumise noculotte jeu | ||||
| Auteur : Chloe03 Envoi mini-message | ||||
| Concours : Faites l'humour et pas la guerre |
Concours Faites l’humour et pas la guerre, texte classé 6ème. Plus de détails dans le forum.
Dans le cadre du concours, ce texte est publié tel qu’il a été proposé, sans aucune correction.
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Il y a, je pense, trois sortes d’hommes qui ont cherché à me séduire. S’il en existe d’autres, ni les circonstances, la chance ou l’attrait que je représente ne m’ont amené à en rencontrer.
La première sorte est assez ennuyeuse. C’est sans doute le plus répandu, de nos jours, et c’est heureux pour la paix sociale, mais bien triste pour ma vie sexuelle. C’est le gentleman, ou le chevalier servant. Il est doux, attentionné, même bienveillant parfois. Les pires spécimens de cette espèce me voient comme un pauvre petit être fragile qui attend l’ange blanc tombé du ciel pour être drapé dans sa lumière. Ce sont sans doute des amis à avoir à l’occasion, pour les jours pluvieux, ou un frère, un père à la limite, mais au lit, comme disait Brassens, « Quatre Vingt Quinze Pour Cent » du temps, au pieu, on s’emmerde. Attention, tout n’est pas à jeter dans ce spécimen, au moins pour trois raisons : d’abord, il paye le restaurant, et bien manger, c’est une consolation qui peut parfois sauver la soirée. Ensuite, il fait des compliments et même si on est fan de Dalida, ça fait toujours plaisir à l’amour propre. Enfin, et c’est bien le problème, il masque parfois une des deux autres sortes d’énergumènes qui cherche à vous attirer dans son lit (ou tout lieu sympathique suffisamment hors de la vue des enfants). Certains se font passer pour gentleman alors qu’ils n’ont pas ce défaut (incompréhensible) ! Alors il faut gratter, accepter de passer un peu de temps avec un type barbant pour espérer trouver l’une des deux perles rares.
La deuxième sorte, heureusement pas si rare, est le guerrier. Il vient pour conquérir, ton consentement est utile car c’est la loi, mais pour lui c’est presque une formalité, sa démonstration de force est pense-t’il suffisante pour lui autoriser l’accès à toutes les… opportunités que tu as à lui offrir. Son avantage immense est qu’on ne perd pas de temps en rencards successifs, et la plupart du temps tu peux retirer tes dessous avant même d’arriver chez lui. Il aime expérimenter, ça tombe bien, il se prend pour Apollon, c’est mignon, et il apporte ce qu’il est venu chercher : du cul. Il a, il est vrai quelques défauts : d’abord, il n’est souvent pas très malin. Coucher avec des gens qui se croient supérieurs, c’est sympathique, mais quand ils ont du mal à aligner quelques mots pour faire des phrases, on a beau aimer les marins, faut fermer les yeux très forts pour y croire. Ensuite, il a parfois du mal à différencier le lubrique et la vie courante. Se faire prendre pour une conne facile en se faisant prendre en levrette, j’aime, mais se faire prendre pour une trainée quand je nous sers un thé au jasmin (ca fait passer le goût), c’est éliminatoire. Enfin, il a tendance à mépriser les femmes qu’il a réussies à conquérir (trop ? ) facilement, et donc parfois on rate le match retour.
La troisième sorte, beaucoup plus rare, et difficile à dénicher, est le taquin, le boute-en-train. Attention, pas le bouffon, très répandu. Je parle de celui qui manie le second degré, celui qui en quelques mot sait faire apparaitre un sourire sur ton visage, mais aussi au fond de ton ventre. Celui avec qui on ne fait l’amour qu’en toute fin de nuit, peu avant le lever du soleil, après avoir ri pendant des heures et avoir passé des moments qui se figent dans la mémoire. Il est lunaire, insaisissable, inattendu. Il est celui avec qui tu passes les meilleures soirées, celui que tu scrute le matin, entre désir de l’avoir et désir de le comprendre. Il n’est, hélas, pas exempt d’imperfections, loin de là. D’abord, ses qualités se transforment rapidement en défauts : lunaire, insaisissable, inattendu, c’est rapidement soulant. Ensuite, son humour cache systématiquement une grande timidité, qui quand elle est dévoilée, ferme la porte à pas mal de passions. Enfin, l’intelligence a ceci d’ennuyeux qu’elle engendre des gens paumés, et je ne suis pas là pour sauver mes plans cul de leur tristesse intérieure.
Bien souvent, car la providence est bien faite, mes rencontres aboutissent vers l’un de ces trois énergumènes, on l’aura compris pour le premier, le moins souvent possible. Mais parfois les astres sont malicieux, et je me retrouve à devoir choisir entre plusieurs prétendants, et c’est toujours un déchirement, surtout si je dois choisir entre l’humour et la guerre. On prendrait bien les deux : mais croyez-le ou non, cela a rarement été aussi satisfaisant qu’espéré, mieux vaut laisser ce scénario aux plateformes de streaming pornographique. Non, choisir c’est renoncer, et entre l’humour et la guerre, je suis souvent tétanisée par le choix, alors que paradoxalement s’il n’y en a qu’un seul de valable il se révèle souvent très agréable.
C’était un soir de printemps, en terrasse d’un café. Une amie avec qui j’avais pris un verre m’avait quittée pour quelques emplettes ordinaires, et j’avais été abordée par deux hommes qui plaisantaient sur la couleur de ma jupe. L’un d’entre eux était beau, bien bâti, assez fier. Il se dégageait de lui une assurance qui me plaisait beaucoup. Un peu trop direct à mon gout lorsqu’il m’interrogeait après une minute de discussion sur la facilité ou pas avec laquelle les boutons de mon chemisier tenaient la pression, mais que voulez-vous, on ne peut pas se plaindre de tout. L’autre avec un regard sombre assez profond, malicieux. Un peu en retrait mais il relançait toujours avec intelligence lorsque le premier tentait une pique assez osée à laquelle je mettais un peu trop de temps à répondre.
Bref, je leur plaisais. Et clairement, chacun d’entre eux correspondait positivement au modèle de ce qui me plait, l’un guerrier, l’autre taquin. La soirée fila à une vitesse impressionnante et il était tard dans la nuit, lorsque je choisis de briser ce choix qui m’obsédait depuis plusieurs heures. Nous avions beaucoup bu, et parlé de tout et de rien mais surtout de cul, et je ne savais pas auquel des deux il allait me falloir renoncer. Je sentais une grande complicité entre eux, mais il était hors de question d’accepter le plan à trois que je craignais voir se profiler.
Ils rirent tous les deux, ensembles.
De retour du bar, après avoir laissé un pourboire princier de 50 centimes au serveur, je m’asseois a nouveau en face d’eux.
Je m’exécute, entre discrétion et maladresse.
Cela ne dure que quelques minutes. Ces quatres yeux posés sur moi, mes doigts glissants en moi, l’effervescence des gens autour de nous, font monter en moi un plaisir rare qui explose en un plaisir immense et des tressaillements pas très glorieux pour ceux qui m’observeraient en se demandant ce qui m’arrive.
Je sors lentement de mon ivresse, encore embrumée par l’alcool.
Ils sourient à nouveau.
Putain, c’est bien ma veine. Deux mecs qui cochent presque toutes les cases, et il faut qu’ils soient homo. Je rougis et souris.
Depuis ce jour, nous nous revoyons presque toutes les semaines, avec à chaque fois de nouveaux gages et défis dont je suis la poupée, jouissive, jouissante et riante.