Cette petite série propose des récits courts et indépendants les uns des autres, avec le même couple comme point commun.
Ces histoires relatent des événements libertins plutôt rapides, éclairs (d’où le titre).
Dans cette histoire, il n’y a pas de grosse scène de sexe dans ce texte de longueur moyenne…
Bonne lecture :)
Préambule
En temps normal, bien que libertine depuis quelques années, je suis en général une personne assez prude dans mes élans affectivo-sexuels, je ne m’offre pas comme ça à n’importe qui, mais parfois j’ai mes coups de cœur, ou plutôt de queue.
Les enfants étant partis du nid, mon mari et moi, nous nous offrons des extras ci et là. Depuis bientôt trente ans, je vis avec Gilles, mon mari. Je suis une Italo-Allemande, ce qui explique mon physique très méditerranéen et aussi ma grande taille. Mon germanique de père m’a prénommé Sandra et j’aime mon prénom, à prononcer à l’allemande, c’est-à-dire « sann-dra », avec la première syllabe qui rime avec Anne.
Depuis quelque temps, mon mari et moi sommes devenus très intimes avec Géraldine et Bernard.
Installez-vous une fois de plus confortablement que je vous raconte rapidement tout ça.
Conversation téléphonique
Ce midi, Bernard (mon amant occasionnel, le mari de la soumise de mon mari, vous suivez ?) me téléphone au boulot, il souhaite faire le point avec moi :
- — Tu vois, Sandra, depuis que ton époux s’occupe de ma femme, Géraldine est devenue plus sereine. Je ne me l’explique pas trop, mais c’est ce que je constate.
- — C’est aussi ce que j’avais remarqué…
Je ne vais quand même pas lui expliquer par A plus B que Gilles fait office d’incarnation du mâle alpha pour sa femme, il risquerait de ne pas apprécier ! Bernard est très gentil, mais c’est carrément un toutou, un gentil toutou. Quand nous l’avons rencontré au salon de Bruxelles, mon homme et moi avons eu la même impression : il faisait carrément office de porteur, de coolie, de sherpa pour sa Géraldine !
Je ne déteste pas faire des galipettes avec le bon toutou qu’est le mari de ma copine, mais à doses modérées. Bernard continue :
- — T’es au courant que ces deux-là expérimentent du BDSM ?
- — Je suis au courant. Je te rassure, c’est nettement plus de la domination-soumission soft que du pur et dur BDSM. Gilles m’en a parlé et ta femme me l’a confirmé.
- — Du soft ? Tu crois ?
- — Je connais mon Gillou de mari depuis presque trente ans. Il n’est pas du style à fouetter jusqu’au sang une femme. Je pense que c’est plus dans une notion d’obéissance qu’autre chose. Ta femme avait envie de découvrir d’autres voies.
- — Oui, comme elle a pu le faire avec toi : les orgies, le libertinage assumé et le saphisme.
J’ai effectivement servi d’initiatrice à Géraldine. Maintenant, le rôle est plutôt passé à mon mari, bien que je reste sa confidente. Je réponds :
- — Pour les orgies, elle est fixée, tu sais comme moi que ce n’est pas trop sa tasse de thé, même si une fois de temps en temps, ça ne la dérange pas.
- — Oui, je sais… Maintenant, parlons de toi, Sandra !
- — Qu’est-ce que tu as à me dire ou à me demander ?
- — Ça te dirait de rencontrer ce soir ou demain soir le garde du corps dont je t’ai parlé ?
- — Mon garde de… ah oui, si un jour Gilles n’est pas dispo et que je dois faire des rencontres ? Pourquoi tu ne te proposes pas ?
J’entends un rire au bout du fil :
- — Honnêtement, tu crois que j’ai la carrure pour jouer au garde du corps ?
- — Ben… pas trop…
- — Nous sommes d’accord. Un de mes amis, Jean-Amédée, pourrait sans problème remplir ce rôle. Ce type est sensiblement du même âge que ton mari.
Je m’étonne :
- — Jean-Amédée ? C’est pas classique comme prénom !
- — Et encore, je ne t’ai pas dit son nom de famille qui est quasiment imprononçable et tout en longueur, il est malgache par son père et indien par sa mère.
- — Indien… d’Amérique ou d’Inde ?
- — Il est tamoul par sa mère, si tu préfères. Il a un physique assez particulier, mais il est certain que si tu te balades à son bras, il n’y aura pas grand monde qui viendra te chercher des noises, sauf éventuellement des suicidaires. En réalité, c’est un chef des ventes, mais on le croirait volontiers videur, garde du corps ou gangster.
J’essaye d’imaginer quel physique peut avoir cette personne :
- — Hou ! Faut pas demander ! Et tu lui as raconté quoi, à ce Jean-Amédée ?
- — La stricte vérité : que tu étais une femme qui ne détestait pas faire des rencontres, mais dont le mari ne pouvait pas toujours être derrière elle pour veiller au grain.
- — Au fait, pourquoi on dit « veiller au grain » ? Ça a à voir avec le blé, les céréales ?
- — Non, le grain est un mot d’argot des marins qui désigne une tempête. Ça n’a rien à voir avec le monde paysan.
- — Merci pour l’info. Donc ton Jean-Amédée est partant ? Il demande quoi en échange ?
OK pour avoir un garde du corps, mais pas à n’importe quel prix ! Bernard explique :
- — L’idée l’amuse, et il voudrait voir comment ça se passe. Il est OK pour faire un essai, juste pour le fun.
- — Il est marié ?
- — Il l’a été. Depuis, il a des petites copines, mais rien de sérieux. Si tu es OK, tu peux même le rencontrer après ton boulot à ta cafétéria, là où vous faites la plupart de vos rendez-vous.
Je me tâte, je dis oui ou je dis non ?
- — Pff, tu me prends de court…
- — Tu veux que je vienne avec lui ?
- — Ça va te faire un gros détour… Non, merci beaucoup. Je vais le rencontrer en face à face à la cafétéria. Je suis quand même assez grande pour me passer de chaperon. Au fait, je vais le reconnaître comment, ton Jean-Amédée ?
J’entends à nouveau un rire au bout du fil :
- — Pas de souci ! Tu sauras tout de suite que c’est lui !
Nous nous arrangeons pour les modalités. La communication s’achève peu après. J’ai maintenant un rendez-vous à honorer après le boulot.
Rendez-vous
Oh mein Gott, das ist nicht möglich ! Ich bin in einem Film Oder was ?
En effet, j’ai su tout de suite que c’était lui ! Impossible de se tromper de bonhomme ! On le voit arriver de loin, d’autant qu’il doit frôler les deux mètres et qu’il est large comme une armoire à glace. Son physique flotte curieusement entre le noir africain et l’indien, nez pas trop épaté, lèvres moyennes et chauve. Ses yeux sombres sont légèrement bridés. Bref, ce Jean-Amédée est presque indéfinissable, tant on sent dans son physique un mélange des genres.
Il se dirige sans hésitation vers moi :
- — Sandra, je présume ?
- — Vous présumez bien, Jean-Amédée.
Nous nous serrons la main. Il s’assied, la chaise va-t-elle résister ? Je prends la parole :
- — C’est vrai que comme garde du corps… Honnêtement, j’ai peine à croire que vous soyez chef des ventes ! Vous devez intimider pas mal de monde !
- — Je vous intimide ?
- — J’avoue que je n’aimerais pas vous rencontrer dans une ruelle sombre, seule, à minuit. Vous n’avez jamais fait du cinéma ou joué dans des téléfilms ?
- — Ça m’est arrivé, en effet. Des rôles de videur, la plupart du temps. Pour de faux, comme pour de vrai.
Ça ne m’étonne pas du tout. Je souris :
- — On vous imagine mal en danseur étoile !
- — Pourtant, ce serait un beau spectacle avec un tutu rose !
- — Je vois que vous avez un certain sens de l’humour.
- — C’est préférable !
La conversation continue sans effort, malgré l’aura imposante de mon vis-à-vis. Je me demande combien de femmes ont succombé à Jean-Amédée, subjuguées par sa puissance latente. Peut-être que certaines n’ont pas osé dire non, tellement intimidées par sa simple présence. Qui sait…
Je décide d’en savoir un peu plus :
- — Excusez ma curiosité, Jean-Amédée, mais quel tombeur êtes-vous ?
- — Tombeur ? Ce n’est pas le terme que j’utiliserais, sauf pour celles qui tombent dans les pommes !
- — Qui tombent dans les pommes ? Comment ça ?
- — Certaines femmes sont émotives ! Surtout quand je me dénude !
Je me mets à rire doucement :
- — J’imagine le tableau ! Je suppose que votre physique doit être… disons… assez impressionnant !
- — Il semble que oui, mais ce n’est pas un cadeau pour moi, croyez-moi ! Les femmes sont effectivement attirées par mon physique, mais après vérification plus poussée, elles fuient aussitôt, sauf les masos.
- — Dois-je comprendre que vous êtes bâti de partout proportionnellement ?
- — C’est le bon mot : proportionnément…
J’essaye d’imaginer une verge proportionnelle au gabarit de mon voisin de table. Ça ne doit pas être triste à contempler, mais difficile à assumer dans son corps !
- — Je comprends mieux certaines choses… La fameuse règle : peu, c’est pas assez, et trop, c’est trop.
Le reste de la conversation se déroule avec entrain. Jean-Amédée est un homme agréable avec qui on peut parler un peu de tout, même si son physique est assez impressionnant. Une demi-heure plus tard, nous nous séparons cordialement, comme si nous nous connaissions depuis un certain temps.
Samedi prochain
En milieu de semaine, Géraldine m’appelle sur mon smartphone. Après les salutations d’usage, elle rentre directement dans le sujet :
- — Voilà, ma chérie, samedi soir, Gille et moi, on aimerait aller dans un donjon, mais uniquement à deux… Quant à Bernard, il est coincé par son association, donc il n’est pas libre…
- — En clair, tu me dis que tu me piques mon garde du corps habituel et que je n’aurais pas droit à un lot de consolation avec ton mari ?
- — Ben oui…
J’aime bien Bernard, il est gentil, mignon, mais son attitude de toutou m’agace parfois. Par rapport à mon mari, j’ai perdu au change, contrairement à cette petite chipie de Géraldine. J’ai décidé de laisser passer quelques semaines, histoire que Gilles se lasse de son nouveau jouet. Il est vrai qu’il ne connaît pas les joies de la Domination, et que ce n’est pas avec moi qu’il pourrait en faire.
Néanmoins, je décide d’en avoir le cœur net :
- — Alors, ma Gégé, comme ça, tu verses dans le BDSM ?
- — Euh non, pas vraiment. Disons que j’ai envie de découvrir un peu ce monde-là, mais je ne suis pas maso au point d’aimer me faire taper dessus !
- — Tu ne sembles pas détester les fessées…
- — Quand elles sont bien données, c’est beaucoup plus excitant que blessant…
- — Surtout quand c’est Gilles qui te les donne…
- — Euh… oui…
- — En clair, Gilles est ton maître, et toi sa soumise…
Elle proteste aussitôt, un peu trop vite, à mon goût :
- — Ah non, quand même pas !
- — Disons que vous en prenez le chemin tous les deux. J’ai bien vu comment vous vous comportez ces derniers temps. Pour moi, vous êtes en train de verser dans ce schéma dominant-dominée.
- — Et… et ça t’embête ? Ça… ça te dérange ?
- — Nein, kein problem, c’est juste que ce n’est pas mon trip. Je présume que mon mari expérimente avec toi ce qu’il n’aurait pas pu faire avec moi. Je reconnais que je ne déteste pas me faire bousculer de temps à autre, mais je n’ai aucune vocation à devenir une soumise qui rampe aux pieds de son Maître adoré.
Un bref silence, puis Géraldine reprend :
- — À chacun son truc… Alors, ça ne te pose pas trop de souci pour samedi ? Tu avais prévu des trucs ?
- — Pas plus que ça. Ah bien tiens, tu me donnes une idée : je vais voir ce que vaut Jean-Amédée comme garde du corps !
- — Que comme garde du corps, ma chérie ?
- — Tu as vu le machin ? J’ai beau être grande, mais j’ai le sentiment que si je fais crac-crac avec lui, je vais me retrouver aussi plate qu’une crêpe !
À cette évocation, elle rit :
- — Ah ça oui, y a un risque ! Je ne l’ai vu qu’une seule fois, mais il m’a marquée ! Au ciné, tu vois parfois ce genre de bonhomme sur l’écran, mais en vrai, ça fait quelque chose !
- — Et tu n’as jamais imaginé de t’envoyer en l’air avec Jean-Amédée ?
- — Imaginé, oui, j’ai un peu fantasmé là-dessus. Mais certainement pas tenté de le faire pour de vrai ! J’ai pas du tout envie de finir ma vie en crêpe ou en pizza ! De plus, s’il a vraiment le kiki proportionné au reste, je ne te dis pas le massacre s’il essaye de le rentrer en moi !
- — Tu n’as pas tort. Il faut vraiment aimer les extrêmes avec ce genre de bonhomme !
Peu après, je coupe la communication. Résumons : pas de mari, pas de copine, pas de toutou. Éventuellement, un garde du corps. Pourquoi j’ai parlé de ça, moi ? Je n’ai même pas de contacts prévus à mon agenda pour ce samedi. Je peux toujours aller dans un club ou un sauna, mais je me demande si ça en vaut la peine…
Ah si, c’est vrai ! J’avais lancé à Gégé l’idée d’aller faire un petit gang-bang dans un sauna. Je vais dire que je vais faire un repérage, même si je connais déjà les lieux depuis quelques années. Car pour le matériel humain, pas de souci, mon carnet d’adresses est bien rempli.
Je vais y réfléchir calmement et on verra.
Pour samedi
Je suis en train de m’arranger avec mon nouveau garde du corps. Il est OK pour notre petite sortie dans un sauna, car il n’a jamais mis les pieds dans ce genre d’endroit.
- — Il y a un truc que je ne comprends pas, Sandra, pourquoi avez-vous besoin de moi pour aller dans un sauna ?
- — Parce que je n’aime pas y aller seule, et si certains hommes découvrent que je suis venue non accompagnée, ils peuvent se révéler collants.
- — Ah OK ! Donc, je vais vous servir de détachant !
L’image m’amuse. Je précise :
- — On peut le dire ainsi, Jean-Amédée. Vous ne connaissez pas ce type de lieu, ça vous permettra de découvrir. De plus, une entrée couple est moins chère qu’une entrée homme seul. Les lois de l’offre et de la demande.
- — Il y a beaucoup d’hommes dans des saunas ?
- — Si vous y allez durant les horaires « gay », oui, il n’y aura que ça ! Mais parfois, ce n’est ouvert qu’aux couples. Et ce samedi, c’est mélange des genres. Mais en général, il y a surtout des couples, quelques hommes seuls hétéros et quelques gays.
- — Pas de femme seule ?
- — C’est assez rare… Les femmes seules comme les hommes seuls viennent souvent accompagnés, soit pour des raisons de protection ou de coût.
- — OK, je vois le topo…
Il accepte mon offre. Nous irons donc samedi à la Sensuelle Sirène, un sauna dont je connais assez bien les deux gérants. Autant mettre tous les atouts de mon côté.
Sauna du samedi
Jean-Amédée est venu me chercher à bord d’un gros pick-up. Il est vrai que je l’imaginais mal venir dans une Twingo ou une voiture du même gabarit ! Puis, avant d’aller au sauna, nous avons discuté un peu en cheminant dans la ville. C’est vrai que de se balader au bras d’un tel garde du corps, ça rassure ! Sans parler des personnes qui s’écartent de notre chemin, c’est assez étonnant !
Idem à l’intérieur du sauna, j’ai vite compris que ce soir, je ne serais pas importunée, sauf éventuellement par un suicidaire ou un ivrogne. Mais comme la direction des lieux n’aime pas les esclandres, les personnes éméchées sont vite reconduites à l’extérieur de l’établissement pour prendre un bon bol d’air frais, accompagné d’un gros coup de pied au cul. Même s’il s’agit d’un maire ou d’un député, ce qui est déjà arrivé. D’après ce que j’ai pu comprendre, il semblerait que les appuis politiques des deux gérants tapent beaucoup plus haut que ceux des élus locaux…
David vient nous accueillir, me faisant la bise. Il est assez impressionné par mon invité du soir. Il m’explique au passage que Dimitri (l’autre gérant) n’est pas présent ce soir. J’explique à Jean-Amédée comment ça se passe en général dans un sauna, ce qu’il convient de faire, et ce qu’il faut éviter de faire.
Chacun de notre côté, nous partons nous changer dans le vestiaire. Puis enveloppés tous les deux dans une serviette, nous faisons un petit tour. Je fais visiter les différentes parties du sauna, du sauna au hammam, en passant par divers bains, ainsi que les loges.
Je propose à mon voisin :
- — On se fait un bain à bulles ?
- — Bonne idée !
Je défais ma serviette, me présentant intégralement nue face à Jean-Amédée qui me contemple avec une certaine admiration, ce qui me fait plaisir :
- — Y a pas à dire ! Vous êtes canon, Sandra !
- — Merci, merci ! À vous, Jean-Amédée, faites tomber la serviette.
Ce qu’il fait aussitôt. C’est bien l’une des premières fois que je vois un homme si bien bâti de partout ! Rien en trop, sauf peut-être ce qui pendouille entre ses jambes.
- — Vous aussi, vous êtes canon !
Il se met à rire. Nous discutons, je continue de lui expliquer le fonctionnement d’un sauna libertin. Peu après, un couple (que je connais vaguement de vue) s’approche. Il ne me faut pas bien longtemps pour comprendre que je ne suis pas concernée.
- — Eh bien, je vais vous laisser… Je vais aller voir ailleurs de quoi occuper ma soirée…
- — Bon amusement, Sandra
Capturant ma serviette, je m’éloigne. Je flâne un peu dans le sauna, je constate que David est seul au comptoir, je décide d’aller discuter un peu avec lui. Il semble content de mon initiative. Il serre un verre de pina-colada, un de mes péchés mignons. Il me fait remarquer :
- — C’est la première fois que je vois votre garde du corps ici.
- — Il est difficile de l’oublier, n’est-ce pas ? D’après ce que je sais, Jean-Amédée n’a jamais mis les pieds dans un sauna ni dans un club libertin. Cependant, il a été videur dans diverses discothèques.
- — Donc c’est vous qui faites son éducation ?
- — Il est assez grand pour ça. La preuve, il a déjà été sollicité par un couple, un grand blond un peu crâneur et une petite brune bien en formes. Je crois les avoir déjà vus ici et même ailleurs…
Reposant la bouteille qu’il a en main, David jette un furtif coup d’œil dans la direction que je viens d’indiquer discrètement :
- — Béatrice et Pascal, un couple D/S (Domination/soumission), mais le maître est un connard prétentieux qui s’y connaît autant que moi, je suis le Pape ! Quant à sa soumise, c’est une bonne pâte. Dommage qu’elle soit tombée sur cet abruti !
- — Vous êtes direct, vous ! Ah oui, OK, je me souviens maintenant !
- — Ne bougez pas, Sandra, je vais aller voir ça de plus près.
Il s’éloigne du bar, se dirige vers le trio, le dépasse pour aller se perdre dans le fond du sauna. Quelques instants plus tard, il revient. Il s’arrête pour demander quelque chose, sans doute si tout va bien, si j’en crois les hochements de tête qui lui répondent. Puis il revient.
- — Me revoilou ! Ah, vous avez fini votre verre. Vous en voulez un autre ?
- — Bonne idée !
Avec un grand sourire, David remplit à nouveau mon verre, je le remercie. Désignant du nez le trio que forment le couple et mon garde du corps, actuellement dans un bain à bulles, mon voisin me dit sans fard :
- — Ce grand con de Pascal joue avec le feu.
- — Pourquoi dites-vous ça ?
- — Votre garde du corps est nettement plus charismatique que lui. Il est flagrant que sa soumise dévore littéralement des yeux votre armoire à glace.
Je m’empare de mon verre :
- — Que voulez-vous, il existe des femmes qui aiment les hors-norme. De plus, comme elle est déjà soumise, ça ne m’étonne pas plus que ça. C’est vrai que Jean-Amédée en impose, et pour celles qui aiment être dominées, ça doit bien le faire.
- — Tout à fait, Sandra !
Nous continuons de bavarder. Je ne me ferai peut-être pas de mec ce soir, mais comme j’aime converser avec David, ma soirée ne sera pas perdue. De plus, j’aime bien regarder le ballet des clients, leurs tentatives d’approche les uns envers les autres.
Suite au sauna
Soudain, se penchant vers moi, le gérant lance à mi-voix :
- — Ah, il y a du mouvement !
Je tourne la tête pour constater que Jean-Amédée vient vers nous. C’est vrai qu’il est impressionnant, bien baraqué, presque pas de graisse, et un sacré machin entre ses jambes qui oscille à chacun de ses pas ! Arrivé au comptoir, il s’adresse au gérant qui joue les barmans :
- — Un Coca, un Perrier et un cocktail maison, s’il vous plaît.
Puis, de but en blanc, Jean-Amédée nous demande :
- — Ce couple-là, vous les connaissez ? Je peux avoir quelques infos ?
Je suis assez embêtée, je ne les connais pas plus que ça. Tout en préparant la commande qu’il dispose sur un petit plateau, le gérant répond placidement à ma place :
- — Ils viennent de temps à autre. Lui, c’est un pauvre con qui s’y croit, et elle, une brave fille qui s’est gourée de bonhomme.
- — Au moins, vous ne tournez pas autour du pot.
- — Si vous voulez tout savoir, ces deux-là ne vivent pas ensemble. Il est marié avec deux enfants, je crois. Elle est célibataire depuis le début de l’année, sans enfant, du moins, c’est ce que j’ai pu comprendre.
- — Ah oui ?
Amusée, j’interviens :
- — On dirait que ça vous intéresse, Jean…
- — J’ai l’impression qu’elle en pince pour moi…
Rebouchant une bouteille, le gérant confirme :
- — Ça oui, elle en pince pour vous. Mettez-vous à sa place : en tant que dominant, il n’y a pas photo entre vous et son actuel Maître, enfin, si on peut appeler ça un maître.
- — Ah d’accord…
Jean-Amédée se tourne vers moi :
- — Vous pensez la même chose ?
- — Je ne les connais pas plus que ça, mais je suis du même avis que mon cher voisin. Pour moi, son maître n’est pas à la hauteur, même mon mari, qui débute dans ce domaine, fait dix fois mieux, si ce n’est pas vingt fois.
- — Je vois… Je ne connais pas le monde du BDSM, ça marche comment ?
- — The winner takes it all !
- — Ah d’accord, c’est aussi simple que ça ? En mode préhistorique, je donne un coup de massue sur l’autre bonhomme et j’embarque sa femme avec moi sous le bras ?
La réponse de David fuse :
Tous les trois, nous nous mettons à rire. Puis j’explique :
- — En réalité, tout dépend des liens qui existent entre les deux parties… Très souvent, un couple BDSM est très fusionnel à sa façon. Ici, ces liens me semblent assez distendus…
Le géant se frotte les mains :
- — Un homme averti en vaut deux… Merci pour le renseignement !
Puis il s’éloigne, emportant avec lui le plateau et les trois boissons. Je le regarde s’éloigner, je ne suis pas la seule à le faire, d’autres clients font la même chose que moi. Toujours derrière son comptoir, David se tourne vers moi :
- — Je pense qu’il va tenter sa chance. Pas vous ?
- — Je le pense aussi. Il ne sera pas venu que pour visiter.
- — Et vous, chère Sandra, vous tentez quelque chose ou pas ?
- — Je ne sais pas… ce sera en fonction des opportunités…
Accoudé, David se penche sur moi :
- — Ho-ho, vous n’êtes pas en grande forme, vous !
- — C’est vrai que je ne suis pas au top du top, David. Mais venir ici me délasse, c’est déjà très bien.
- — Tant mieux ! En tout cas, j’ai repéré au moins deux hommes pas trop moches qui louchent sur vous, mais qui n’osent pas vous aborder. Peut-être à cause de votre garde du corps.
Je secoue la tête :
- — Halala, je dois être bien fatiguée ! Je ne les ai même pas remarqués !
- — Allez donc dans le jacuzzi bleu, situé à l’opposé de l’endroit où est installé notre trio, je pense qu’il y en aura au moins un qui tentera sa chance…
- — Pourquoi pas…
Effectivement, quelques instants plus tard, un homme assez bien fait vient m’adresser la parole tandis que je me prélasse dans le jacuzzi bleu. Sa conversation étant correcte, je le laisse continuer son petit numéro. C’est alors que Nathan (puisque c’est son prénom) m’annonce qu’il traite des affaires tous les jours avec l’Allemagne. Aussitôt, je réagis :
- — Ist das so ? Täglich ?
- — Vous… vous parlez allemand ?
- — Ich bin in Deutschland geboren.
Mon interlocuteur se creuse les méninges pour tenter de comprendre ce que je viens de dire, bien que j’ai utilisé un vocabulaire très simple. Je pense qu’il a un peu enjolivé les choses, quant à son métier. Parvenu à la fin de ses cogitations, Nathan demande :
- — Euh… vous êtes née en Allemagne, c’est ça ?
- — Plus précisément, je suis allemande. En revanche, permettez-moi de vous dire que votre allemand me semble faible…
- — Faut dire que nous utilisons plutôt l’anglais…
- — It’s true that my compatriots often speak English quite well. It’s convenient to sell internationally.
Il fait la grimace :
- — Ah… Vous parlez combien de langues ?
- — Au moins trois.
- — OK, j’ai l’air d’un imbécile avec mon histoire de ventes avec l’Allemagne.
- — C’est déjà bien de le reconnaître. C’est quoi votre véritable métier ?
- — Je suis quand même dans la vente. Mais limitée à l’Hexagone. Sauf deux fois avec l’Allemagne, mais mon interlocuteur était francophone.
- — Ça, j’y crois un peu plus.
Nathan se penche vers moi :
- — On efface tout et on recommence ?
- — Hmm… C’est envisageable, si vous évitez les carabistouilles, je n’ai pas besoin qu’on m’en mette plein la vue. Je pose mes conditions : on se continue de se dire « vous », soyez gentleman, et quand je dis non, c’est non.
- — Ça me semble raisonnable.
- — Très bien… Commençons par le commencement…
Je lance mes deux jambes en avant pour venir cueillir entre mes pieds une verge qui grossit très vite. D’après ce que je sens, ni trop ni pas assez, juste comme il faut. Mais l’outil ne fait pas tout. Tout dépend de l’artisan…
En tout cas, mon initiative plaît beaucoup à mon vis-à-vis, et il me démontre très vite qu’il apprécie. Mon nouvel amant est fougueux et respectueux, tout en ayant visiblement un certain savoir-faire, très nettement supérieur à ses dons linguistiques, exception faite de sa langue qu’il manie fort bien pour mon plus grand plaisir ! Tandis qu’il me fait l’amour pour la deuxième fois, je suis en train de me dire que je vais noter son adresse sur mon petit carnet.
Assise entre ses jambes, mon dos plaqué contre son torse, nous nous reposons, ce qui ne l’empêche pas de jouer avec mes seins.
- — Je vais vous faire une confidence, Nathan : je m’attendais à pire ! Nettement pire !
- — Est-ce un compliment, Sandra ?
- — C’en est un. Même si je ne devais pas vous le dire, je reconnais que vous êtes bon amant. On sent… comment dire… une certaine expérience…
Il soupèse mes seins baignant dans les bulles qui explosent à la surface :
- — Désolé de vous décevoir, mais je ne suis pas si expérimenté que ça, du moins, pas comme vous semblez le sous-entendre. Disons que vous m’excitez fortement et que j’ai à me faire pardonner.
- — Vous êtes tout pardonné !
- — J’en suis très heureux. Puis-je continuer à vous démontrer que vous excitez toujours très fortement ?
- — Hmm, ça peut se faire… si vous vous sentez d’attaque…
- — C’est très facile à prouver…
Alors il me demande de me tenir debout au milieu du bain à bulles. Je m’exécute. Il en profite pour s’encapuchonner d’un nouveau préservatif. À peine assis, il saisit fermement mes hanches et m’invite à m’asseoir. Mais cette fois-ci, le siège qu’il me propose est plus pointu ! C’est avec une grande facilité que je m’empale sur sa verge bien raide.
- — Ooohaaa ! Es fühlt sich gut an !
Toute sa longueur étant en moi, capturant mes seins qu’il pelote et malaxe délicatement, Nathan m’embrasse dans le cou, tandis que son phallus me pistonne lentement. Peu après, une main s’égare entre mes cuisses et commence une belle masturbation. Je me laisse aller contre mon nouvel amant. Je crois que j’ai bien fait de venir ici ce soir.
Il ne me faut pas longtemps pour me laisser aller :
- — Oooh wie gut es ist ! Nochmal ! Nochmal !
- — Oui, laissez-vous aller ! Je veux vous entendre jouir ! J’adore ça !
Mes seins captifs, ma chatte en feu, mon corps électrisé, j’explose, tels les milliers de bulles dans lesquelles nous baignons depuis tout à l’heure. Un sexe impétueux laboure mon vagin en folie, un premier râle, puis un autre. Me serrant fortement contre lui, Nathan jouit à son tour, tandis que je sombre peu à peu dans la petite mort…
Une fois de plus, nous récupérons de nos folies. Mon galant me propose :
- — Et si nous changions d’emplacement ?
- — Pour aller où ?
- — Là-bas, dans les loges, pour continuer à faire plus ample connaissance de façon plus classique…
- — Gute Idée, bonne idée…
Totalement nus, la main dans la main, nous nous dirigeons vers les loges. Un peu avant d’arriver à destination, nous longeons une pièce ajourée. Du coin de l’œil, je constate avec amusement que mon garde du corps est en train de s’occuper charnellement de la dénommée Béatrice qui est allongée sur une table gynécologique, jambes bien écartées et en l’air, et que visiblement, elle apprécie l’énorme machin partiellement introduit en elle. Tant mieux pour elle ! En tout cas, elle est de bonne constitution ! Quant à son Maître, il est fasciné par cette introduction en matière…
Mon amant du soir se confie :
- — On dirait que l’homme qui est venu avec vous a trouvé chaussure à son pied. Même si son sexe doit faire fantasmer bien des personnes, je suppose que ça ne doit pas être tous les jours facile pour lui de trouver une partenaire.
- — En effet, ce n’est pas facile pour lui tous les jours.
- — Et vous-même ?
Je le regarde bien dans les yeux :
- — Êtes-vous en train de me demander si je suis passée par ses services ?
- — Euh… oui…
- — Je n’ai pas eu ce plaisir. Enfin… plaisir… c’est vite dit !
- — Je vous comprends… Il faut savoir rester dans une juste mesure…
- — Puisque vous me comprenez, venez me prendre !
Comme beaucoup d’hommes, il y a des propos qu’il est inutile de répéter deux fois !
Et c’est reparti pour de nouvelles extases. Je reconnais qu’un bon matelas moelleux est plus intéressant globalement qu’un jacuzzi, surtout pour diverses pratiques comme un soixante-neuf et autres galipettes de même genre. Vers la fin de nos ébats, j’entends comme un brouhaha, mais je n’y fais pas attention, je suis trop concentrée sur Nathan que je pompe une fois de plus afin qu’il m’offre toute sa liqueur et qu’elle me remplisse suavement la bouche.
Comme nous ne sommes pas des machines, il arrive un moment où il faut se décider d’arrêter. C’est d’un commun accord que Nathan et moi disons stop. Celui-ci a très envie de me revoir, ce qui est aussi un peu mon cas. À ce propos, je songe qu’il faudra que je fasse un peu le ménage dans mon petit carnet. J’accompagne mon amant jusqu’au vestiaire, il ne peut s’empêcher de me tripoter et de m’embrasser plusieurs fois, ce qui n’est pas déplaisant, j’aime susciter le désir. Une fois vêtu, il me donne sa carte :
- — Vous pouvez appeler quand vous le souhaitez, de jour comme de nuit.
- — Pas de danger pour vous ?
- — Je suis célibataire, rappelez-vous, Sandra.
- — Si vous saviez tous les hommes qui se disent célibataires, mais qui sont mariés depuis dix, vingt ou trente ans…
Il me capture dans ses bras, lui habillé et moi nue :
- — Moi, je suis un célibataire vraiment célibataire. Du moins, actuellement.
- — Ça veut dire quoi ?
- — Que je n’ai pas toujours été célibataire, et que j’espère ne plus l’être prochainement. J’avoue que je préfère la vie à deux.
Au moins, c’est clair et net. Nathan a compris la leçon et préfère ne pas enjoliver. Je réponds par un banal :
- — Ah d’accord…
- — Vous pouvez postuler, chère Sandra…
- — À mon tour de vous rappeler que je suis une femme mariée, cher Nathan.
- — Une femme mariée très libre, en tout cas. Sachez que je n’ai rien contre la notion de copropriété. Car il vaut mieux être plusieurs sur une bonne affaire que seul sur une mauvaise.
Je lui décroche un large sourire. Un dernier baiser passionné, puis il disparaît. Je dépose sa carte dans mon casier. Ayant remis une serviette autour de mon corps, je décide d’aller boire quelque chose au bar.
- — David, un coca, svp !
- — Pas de pina-colada pour ma Sandra préférée ?
- — Nein, je préfère un coca.
Il me sert un grand verre avec plein de glaçons :
- — Je vois que vous n’êtes pas restée longtemps seule dans votre coin…
- — J’ai bien fait de venir. Ce Nathan valait le déplacement. Vous le connaissez ?
- — Non. Tout ce que je sais, c’est que c’est la deuxième fois qu’il vient ici.
- — Ça avait donné quoi, la première fois ?
- — Je ne me souviens pas qu’il ait fait une touche, il était plutôt en observation… Ah oui, en parlant de touche, votre ami, le mastodonte, il a fait des siennes.
Je m’étonne :
- — Ah bon ? Il a fait quoi ?
- — Pour simplifier, il a piqué la soumise du connard.
- — Sans blague ! C’est donc ça que j’ai entendu tout à l’heure ?
- — Sans doute. Comme je n’étais pas sur place, je ne connais pas par le détail exact ce qui s’est passé, mais il semblerait que la soumise ait opté pour votre ami. Pascal n’était pas très content, mais que pouvait-il faire ? Il n’était pas en mesure de contrer.
Après avoir bu une gorgée, je m’amuse :
- — Pas très soumise, cette Béatrice !
- — Je crois qu’elle n’a pas perdu au change, cette demi-soumise.
- — Je le crois aussi. Quand je suis passée à côté de la salle médicale, elle semblait prendre joyeusement son pied, bien envahie par Jean-Amédée. Ah ! Quand on parle du loup…
En effet, tenant par la main une Béatrice nue et rayonnante, mon garde du corps s’avance en tenue d’Adam vers le bar. En catimini, David poursuit ma phrase :
- — On en voit la grosse queue !
Dix secondes plus tard, Jean-Amédée commande deux boissons, puis il s’adresse à moi :
- — Verriez-vous un inconvénient à ce que nous partions bientôt ?
- — Pas du tout. J’en avais fini avec mon jouet du soir.
Puis prenant par les épaules sa conquête du soir, il la place entre lui et moi. Je vois ainsi de plus près une brunette assez en chair, voire grassouillette, mais dans le bon sens du terme. Elle évoque la solide paysanne des temps anciens. Mon garde du corps dit alors :
- — Je vous présente Béatrice. Béatrice, voici Sandra.
- — Bonjour Béatrice. Je constate avec plaisir que vous avez su faire le bon choix entre Pascal et Jean-Amédée.
Minaudant un peu, elle répond :
- — Ah ben oui, y avait pas photo !
Accoudés au comptoir, nous discutons un peu. Béatrice ne me semble pas avoir inventé l’eau chaude, mais elle est indubitablement gentille, voire bonne poire. Ceci explique sans doute bien des choses. Puis nous décidons de nous changer afin de partir. Visiblement, Béatrice nous accompagne. J’en déduis que c’est Pascal qui l’avait conduite ici et comme elle n’a plus de moyen de locomotion, c’est Jean-Amédée qui sera son chauffeur.
Après avoir eu les fesses gentiment claquées par son nouvel amant, en gloussant, Béatrice s’éclipse la première dans le vestiaire. Une fois disparue, j’en profite pour demander à Jean-Amédée :
- — Est-ce une erreur de mes yeux abusés ou vous repartez chez vous avec un petit cadeau local ?
Il se met à rire :
- — Vos yeux ne sont pas abusés ! Béa est mon cadeau de bienvenue.
- — C’est ce que j’ai pu comprendre…
- — Ne vous inquiétez pas, je vous dépose chez vous en premier. En tout cas, je n’aurais jamais cru repartir accompagné, je veux dire chez moi… Ça arrive souvent ?
- — Souvent est un bien grand mot. Mais ça arrive parfois.
- — Je crois que j’ai bien fait de venir ici avec vous. Honnêtement, je suis venu par curiosité, histoire de ne pas mourir idiot.
Quelques minutes plus tard, nous quittons à trois le sauna, direction le pick-up de Jean-Amédée. Les femmes montent à l’arrière. La voiture démarre. Assez intriguée par la tournure des événements, je questionne Béatrice :
- — Vous êtes sûre de votre coup ? De quitter de la sorte votre compagnon de jeu ?
- — Bah, c’était la meilleure solution. Ça va faire longtemps que j’avais compris que Pascal n’était pas vraiment à la hauteur. Mais voilà, comme disait ma grand-mère : faute de grives, on mange les merles.
- — Est-ce que c’est comme le proverbe : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ? Je suppose que « grive » désigne un oiseau ?
- — Oui, c’est ça, mais il faut dire que c’est un mot pas très courant en français. En tout cas, pour une Allemande, vous parlez bien notre langue. Jean m’a expliqué que vous n’étiez pas née par ici. Euh… au fait, c’est quoi votre relation avec lui ?
Avec naturel, je réponds la vérité :
- — C’est mon garde du corps.
- — Ah bon ? Pas plus ?
- — Si ça vous intéresse, non, je n’ai pas couché avec lui.
Je vois bien qu’elle est soulagée. Me prenait-elle pour une éventuelle rivale ? Quelques minutes plus tard, Jean-Amédée me dépose devant chez moi. Je le remercie :
- — Merci pour tout.
- — C’est plutôt à moi de vous remercier, Sandra. Sans vous, je n’aurais jamais mis les pieds dans ce sauna. Et surtout rencontré ma petite Béa.
Entre-temps, celle-ci est passée sur le siège avant, et à ces mots, elle se presse amoureusement contre notre chauffeur. Peu après, je les vois s’éloigner. Au moins une soirée qui se termine bien pour quelqu’un et quelqu’une. Décidément, ces derniers temps, je baigne dans la domination-soumission, mais ce n’est pas une raison pour que je m’y mette à mon tour, ce n’est décidément pas mon truc !
Tandis que je m’avance dans l’allée, je me demande si je reverrai Jean-Amédée et sa nouvelle copine. Est-ce un couple éphémère ou durable ? L’avenir nous dira quoi.
Pour moi aussi, je dois reconnaître que la soirée ne fut pas trop mal. Néanmoins, il faudra voir à la longue ce que donne Nathan, car les feux de paille sont usuels chez les hommes.
Puis, je rentre chez moi, la maison étant vide, mon mari n’étant pas encore de retour. Ce n’est pas grave, j’ai une folle envie de me glisser dans mes draps douillets et de me reposer de cette intéressante soirée…