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n° 20080Fiche technique47791 caractères47791
Temps de lecture estimé : 26 mn
22/02/21
corrigé 31/05/21
Résumé:  Qu'elle soit bonne ou mauvaise, la critique d'un écrit n'est pas exempte de risque. Une jeune femme gaie et malicieuse va en faire l'expérience douloureuse.
Critères:  fh couleurs complexe fsoumise contrainte attache humour policier -policier
Auteur : Jimmychou      Envoi mini-message
Tout flatteur meurt aux dépens de celui qui l'écoute.




Prologue


Orca est ce qu’on appelle communément une croqueuse d’hommes. Mais elle n’a rien contre une tranche de gigot à l’ail à l’occasion. Ce penchant, somme toute assez commun, a sans aucun doute évité une fin tragique au personnage central des événements dramatiques que je vais relater dans ce récit.




Mardi 20 h 50


Orca est inquiète. Comme tous les mardis soirs, elle s’est rendue au domicile de son amie Teitalia. Les deux femmes passent habituellement la soirée et la nuit ensemble. Philip, le mari d’Orca, a bien sûr donné son aval à cette liaison qui dure depuis quelques mois.


Il y a plus d’une heure qu’Orca attend dans l’appartement de Teitalia que son amie la rejoigne enfin. Le rendez-vous hebdomadaire entre les deux femmes est fixé à 20 heures tous les mardis.


De plus, Teitalia est prévoyante et elle a confié une clef de son domicile à son amie pour éviter que celle-ci se retrouve à la porte dans le cas d’un retard qu’elle s’évertue à rendre exceptionnel.


C’est en effet la seconde fois que l’événement se produit. Mais ce soir Orca a un pressentiment. La première fois, Teitalia avait rejoint son domicile avant 20 heures trente et elle l’avait prévenue du contretemps.

Aujourd’hui, ni appel ni message. Et la jeune femme reste injoignable. Les coups de (sans) fil d’Orca basculent immédiatement sur la boîte vocale de son amie.




Mardi 21 h 15


L’impatience fait place à l’inquiétude et Orca se résout à appeler Franck, un de ses anciens amants avec lequel elle a gardé d’excellentes relations.


Franck Lucca est commandant de police. Il est affecté à la PP, la célèbre préfecture de police de Paris.

Franck est un homme grand et viril qui entretient son corps de manière assidue et Orca se souvient de lui comme d’un amant vigoureux et très endurant. Ce n’est pas sans raison que les femmes l’appellent Franck Rocco. Excellent tireur – ce n’est pas par hasard que ses collègues le surnomment Francky Luke –, il possède un sang-froid qui lui permet de gérer les situations les plus délicates avec maestria.


Mais ce soir, point de galipettes en vue pour Orca. Pas avec Franck en tout cas. La femme espère simplement que le policier sera de bon conseil et qu’il parviendra à la rassurer à propos de l’absence de son amie.


Dès qu’il décroche, Orca salue brièvement l’officier de police avant de lui exposer la situation.



C’est vrai qu’elle a l’air affectée par ce retard, estime Franck avant de questionner son ex maîtresse.



J’ai compris que cette Maud est un peu dépressive et Teitalia est une personne qui a beaucoup de cœur « qu’elle doit cacher sous d’adorables petits nichons », imagine Franck avant de répondre.



(Franck a beau se creuser la cervelle. Il ne voit pas la vanne. NdlA : l’auteur non plus)



Orca réfléchit :





Mardi 21 h 35


Le portable d’Orca sonne. Son ami policier la rappelle comme promis pour lui faire part du résultat de ses recherches.



Conformément aux craintes d’Orca, son appel au numéro fourni par Franck bascule directement sur la boîte vocale dont le message d’accueil confirme qu’il appartient bien à Maud Laurent.


Orca dont l’inquiétude croît de minute en minute rappelle immédiatement son ami flic pour lui fournir l’adresse de Teitalia (NdlA : chez qui elle se trouve toujours, je précise pour ceux qui auraient décroché).




Mardi 22 h 30


Orca et Franck viennent de pénétrer dans le sas de l’immeuble où habite Maud Laurent.

Le commandant sonne plusieurs fois à l’interphone de l’appartement mais personne ne daigne répondre.



Malgré l’heure tardive, les deux protagonistes distinguent le son d’une télévision à travers la cloison qui sépare le sas de la loge voisine.



Après avoir tambouriné sur la porte en faisant part de son état d’officier de police, Franck patiente jusqu’à ce qu’une femme d’une cinquantaine d’années entrouvre. Emmitouflée dans une épaisse robe de chambre, la gardienne est aussi large que haute.


Franck lui présente sa carte professionnelle qu’elle examine avec méfiance avant de s’adresser au policier.



La grosse femme fait une grimace qui trahit son brusque intérêt pour la requête policière. Et ses réponses aux questions de Franck deviennent soudain mielleuses.



La femme hésite avant de répondre :



Pourquoi relever les compteurs si la femme n’est pas présente, s’interroge Orca quelque peu troublée.



C’est vrai que physiquement la cerbère n’est pas très éloignée de Passe Partout, se dit le commandant avant de valider la requête.



La commère biche comme un pou. Cette affaire devient presque aussi palpitante qu’une enquête du commissaire Derrick.



Par acquit de conscience, le flic sonne avant de coller son oreille contre la porte, mais aucun son ne provient du petit trois-pièces.



Franck fait un tour rapide de l’appartement. Le sol de la salle de bain est légèrement humide de même que le devant du réfrigérateur. En ouvrant la porte du meuble, Franck découvre avec surprise qu’il regorge de plats surgelés.


Pourquoi cette femme achète-t-elle tant de surgelés si elle n’a pas de congélateur ? se demande-t-il perplexe.


Franck avise alors une porte coulissante qui donne sur un petit balcon fermé. Après l’avoir ouverte, il découvre le congélateur dont l’absence le perturbait. Il s’agit d’un modèle qui s’ouvre sur le dessus. En soulevant la porte, Franck ne peut retenir une exclamation de stupeur.



De gros morceaux de corps humain enveloppés dans du film alimentaire occupent tout le volume disponible.

À travers l’emballage du paquet le plus proche, le policier distingue nettement les yeux, le nez et la bouche d’une femme qui le fixe d’un regard vide.


Sa stupéfaction passée, Franck retourne à l’entrée de l’appartement et fait entrer Orca avant de claquer la porte au nez de la commère.

Puis après avoir fixé la chaîne de sécurité, il invite son amie à le suivre.



La femme pousse un cri d’horreur et Franck est obligé de la retenir pour qu’elle ne s’écroule pas sur le sol. Il la porte ensuite littéralement jusqu’au fauteuil trônant devant le bureau attendant patiemment qu’elle recouvre son calme.



Franck retourne donc à la porte de l’appartement qu’il ouvre manquant de faire tomber la concierge dont l’oreille était collée contre la paroi.

Le flic s’adresse à la femme sur un ton aimable :



La femme fait une grimace pour rassembler ses souvenirs.



La grosse femme plisse les yeux et se gratte la tête.



Franck prend un ton beaucoup plus directif pour poursuivre :



La concierge rosit d’excitation avant de jurer qu’elle sera aussi discrète que la tombe d’un sourd-muet.



Visiblement déçue par la décision du flic, la concierge regagne sa loge de mauvaise grâce.


Lorsque Franck retourne dans le trois-pièces, Orca lui fait un signe de tête pour indiquer l’ordinateur portable posé sur le bureau. Il s’approche et découvre sous le PC la présence d’une feuille de papier couverte d’écriture.


Franck sort un mouchoir en papier de sa poche et saisit délicatement la feuille entre pouce et index pour lire le texte manuscrit.


« Bonjour. Si vous lisez cette lettre, c’est que vous avez dû découvrir le corps de l’occupante de cet appartement.

D’abord, je tiens à préciser que je n’avais rien à reprocher à cette personne insignifiante et sans grâce.

Je ne pouvais tout simplement pas me permettre de la laisser vivre après qu’elle eut rempli la mission que je lui avais assignée à son insu.

Cette pauvre fille m’a en effet permis de rencontrer ma muse, celle que j’avais cessé d’espérer depuis des années et qui va finalement m’accompagner dans l’au-delà, pour l’éternité.

J’ai bien sûr nommé Ma Teitalia adorée, ma beauté tant aimée.

Avant que vous ayez terminé la lecture de cette lettre, Teitalia et moi aurons quitté ce monde désespérant et ingrat et nous serons réunis à jamais.

Mais rassurez-vous, je n’ai nullement l’intention de laisser le corps sublime de ma déesse blonde servir de festin aux cafards et autres mouches à merde.

Avant de prendre l’envol pour notre dernier voyage, je rallumerai le portable de Maud Laurent et vous n’aurez qu’à vous rendre à l’endroit d’où émettra l’appareil pour retrouver nos corps tendrement enlacés. »



Franck la regarde avec étonnement.



Franck tente de calmer son amie.



Orca éclate en sanglots.



Franck consulte Internet avant de répondre :



Orca s’exécute mais est bien incapable de juguler la panique qui la gagne peu à peu.




Mardi 23 h


Franck vient d’appeler l’officier de garde au Commissariat de l’arrondissement pour le prévenir de sa macabre découverte et lui exposer l’affaire qu’il vient de mettre à jour.



Franck passe plusieurs coups de fil à son service avant de s’adresser à son amie.





Mercredi 00 h 15


Franck a rejoint son bureau à la PP. Orca a tellement insisté pour l’accompagner qu’il a fini par accéder à sa demande.

Comme Franck le craignait, le fameux Abdul n’est pas inscrit au FAED (NdlA : Fichier Automatisé des Empreintes Digitales).


Le téléphone du commandant se met à sonner. L’adjudant de gendarmerie Delamerre fait part au commandant des actions effectuées par sa brigade dont la caserne est située à quelques centaines de mètres des locaux qui hébergent les serveurs du site de cul.



Delamerre poursuit son compte rendu téléphonique :





Mercredi 01 h 30


Assis à son bureau, Franck reçoit un appel d’un des enquêteurs en charge de l’affaire.





Mercredi 02 h


Dès que leur chef leur donne le go, les membres de L’équipe de la BRI enfoncent d’un grand coup de bélier la porte de l’appartement de Jim Lamizofon, informaticien né à l’Île Maurice et venu s’installer en France juste après sa majorité.


Depuis la chambre conjugale, sa femme Martine empalée sur l’énorme chibre d’un grand black met quelques secondes à réaliser ce qui vient de se passer.


À peine a-t-elle le temps d’extirper de son con le tenon d’ébène qui la soudait à son amant qu’elle se retrouve plaquée au sol dans le plus simple appareil les bras solidement maintenus dans son dos par un agent de la BRI qui la menotte avant de la forcer à s’asseoir sur le canapé.


Après avoir pris quelques secondes pour se rincer l’œil en matant les appas plantureux de l’épouse blonde de Jim Lamizofon, l’OPJ Gaulot commence à l’interroger pendant que ses collègues fouillent rapidement l’appartement.



La blonde plantureuse entre dans une colère noire.



Quelque peu édifié, le capitaine de police laisse le temps aux amants de se rhabiller avant de demander aux membres de son équipe de les conduire au commissariat pour poursuivre leur interrogatoire.




Mercredi 03 h


Les policiers présents dans la grande salle de réunion de la PP viennent de recevoir les informations de bornage du téléphone de Jim Lamizofon. Le lieutenant de la police scientifique est en train de préparer la carte sur laquelle il va faire apparaître les lieux où le téléphone du suspect a été localisé au cours de la semaine passée.


Une fois son travail préparatoire réalisé, il affiche le résultat sur le grand écran LCD fixé au mur de la pièce. L’homme utilise la souris de son PC pour mettre en évidence les informations qu’il délivre à ses collègues.



Franck réagit aussitôt :



Le type fait une pause avant de poursuivre.



Cette région est principalement constituée de zones pavillonnaires très denses. Exception faite de la forêt du Grand V. Qui se trouve sur la commune de X. En Vexin.


Franck se met à gamberger avant de s’adresser au flic de la scientifique.





Mercredi 03 h 30


Après l’avoir enjoint avec virulence d’aller pratiquer le coït anal de manière passive chez les Hellènes, Martine Lamizafon finit par confirmer au commandant que son mari a l’habitude de se balader et d’aller courir dans la forêt du Grand V. Elle précise de plus que Jim connaît parfaitement la région.





Mercredi 03 h 50


Karim Lamy, le maire de X. En Vexin sursaute violemment lorsque son portable se met à sonner. Sa femme qui était en train de lui prodiguer une délicieuse fellation manque de s’étouffer lorsque le gland mafflu de son époux tape contre sa glotte. Ma mère m’avait bien dit de fuir les politiciens comme la peste, pense alors l’épouse contrariée après avoir craché la moitié de ses poumons sur la couette aux motifs fleuris du lit conjugal.


Sans se soucier de sa conjointe, l’édile se rue sur son téléphone pour répondre.



Lorsque Franck a fini de raconter son histoire, le maire lui pose la question qui le taraude depuis le début de leur conversation.



Le maire réfléchit quelques instants avant de répondre.



Franck fait signe au policier qui manipule l’ordinateur d’afficher à l’écran le cadastre de la région de X. En Vexin.





Mercredi 04 h 10


Les gendarmes viennent de confirmer la présence du break Volkswagen de Jim Lamizofon à proximité de la maison abandonnée de X en Vexin.

Plusieurs voitures de police quittent le siège de la PP, sirènes hurlantes pour rejoindre le village.


L’une d’entre elles est conduite par Franck Lucca commandant de police. À ses côtés se tient Richard Letaiseux négociateur expérimenté spécialiste des prises d’otages.

Installée sur la banquette arrière, Orca T., l’amie de la femme enlevée par le psychopathe multiplie les prières se jurant de faire abstinence pendant au moins 48 heures si Dieu épargne son amie.




Mercredi 05 h


Cinq heures du mat’. Teitalia a des frissons et elle claque des dents.


Comment pourrait-il en être autrement alors que, seule sur son lit glacé, elle vient d’ouvrir l’œil en proie à une terrible migraine. La jeune femme est allongée entièrement nue sur le matelas défoncé. Quatre paires de menottes maintiennent ses attaches délicates aux montants métalliques du plumard.


Quelques bougies à la lumière vacillante éclairent faiblement la pièce dont les volets en mauvais état sont tous fermés.


Des bribes de souvenirs remontent à la mémoire de la jeune femme. Lorsqu’elle a poussé la porte entrouverte de l’appartement de sa collègue la veille, quelqu’un a surgi derrière elle et a brusquement serré son cou avant de lui plaquer un chiffon humide sur la bouche.

Teitalia se souvient qu’elle a tenté de se débattre, mais rapidement ses forces l’ont abandonnée tandis qu’elle sombrait dans le néant.


La jolie femme lève la tête. Un inconnu dénué du moindre charme la fixe avec un regard qui la fait frissonner. Il est entièrement à poil lui aussi. Teitalia a du mal à identifier l’aspect le plus glaçant dans ses yeux de zombie. Est-ce l’adoration sans faille qu’il semble lui porter ou la folie assassine qui transparaît dans son regard ?


L’homme se met à parler. Sa voix de fausset fait frissonner Teitalia.



Teitalia devient pâle comme un linge. Il lui semble reconnaître un gars qu’elle a aperçu avec son amie Maud en fin de semaine dernière. « C’est pas possible. Ce pauvre type est complètement tapé ». Fiat Lux ! Soudain elle comprend ce qui l’a amenée dans ce trou à rats.


J’y crois pas ! Il a suffi que j’envoie deux mails bienveillants à ce tordu parce qu’il avait pondu un texte moins pourri que ses productions débiles habituelles et voilà qu’il me prend pour l’amour de sa vie.


Un détail revient alors à l’esprit de la jolie blonde.


Il est vrai que si ce cinglé ne m’avait pas portée aux nues dans sa fable pathétique (NdlA : authentique), je ne lui aurais jamais répondu. Si j’arrive à échapper à ce malade, je jure de réciter cent fois à voix haute le Corbeau et le Renard avec un brie de Meaux entier enfoncé dans ma raie culière.


Jim interrompt les pensées de Teitalia.



Ô ma chérie, ô mon amour.

Car dans une heure, nous aurons quitté cette terre hostile.

Et nous serons réunis pour toujours.


Le type a beau faire des rimes pourries, Teitalia commence à flipper sérieusement. Visiblement le malade qui lui fait face prend ses désirs pour la réalité. Et elle se demande avec angoisse ce qu’il est advenu de sa collègue Maud.


Mais Teitalia est une femme malicieuse et couillue et malgré sa peur, elle décide de faire le jeu de son geôlier.



Teitalia blêmit en se remémorant les circonstances à l’origine de cette méprise.

Ce cinglé dit vrai : Mister Orange et Mister Pink n’avaient pas été foutus d’envoyer un technicien réparer ma ligne et Jacques du Canada ne m’avait pas encore expliqué comment faire un partage de connexion avec mon smartphone (NdlA : authentique).


À cent lieues d’imaginer ce qui trotte dans l’esprit de sa prisonnière, Jim, imperturbable, continue son exposé.



Teitalia pâlit un peu plus.



Teitalia se doit d’admettre que le type a raison. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais elle n’a jamais réussi à apporter à Maud le réconfort qui lui aurait permis de s’extirper de la spirale infernale dans laquelle elle sombrait inexorablement.



Teitalia ne peut cacher sa stupéfaction et laisse échapper un cri d’impuissance.

Prenant la manifestation sonore de Teitalia pour de l’admiration, Jim bombe le torse avant de conclure :



Teitalia est sur le point de s’effondrer mais elle parvient néanmoins à faire bonne figure face à son geôlier.



L’homme considère sa prisonnière d’un regard fuyant.



Au moins toi, tu peux te rincer l’œil, espèce de salopard, jure intérieurement Teitalia.

Moi, j’ai juste envie de gerber en matant ta sale gueule, ton gros bide et tes bijoux de famille tout fripés.





Mercredi 05 h 35


Les équipes du GIGN sont déployées tout autour de la maison n’attendant qu’un signal avant de donner l’assaut.

À une centaine de mètres, le personnel de l’ambulance suréquipée envoyée par le PC de la préfecture attend tous feux éteints de procéder à une intervention qu’il espère moins que tout.


Franck est en grande conversation avec le colonel Moutarde qui a pris le commandement de l’opération.

Plan de la maison à l’appui, le policier tente de convaincre l’officier de gendarmerie qu’il peut accéder à la chambre où est retenue Teitalia et mettre hors d’état de nuire son geôlier avant qu’il ait le temps de tenter quoi que ce soit sur la jeune femme.




Mercredi 05 h 45


Dans la chambre située à l’étage, Jim vient de s’asseoir près de l’élue de son cœur. Il dépose un tendre baiser sur son front avant de lui présenter un verre rempli d’une boisson verdâtre.



Teitalia n’a plus du tout envie de rigoler. La preuve : aucun jeu de mot foireux censé évoquer le nom d’un bourreau psychopathe ne lui vient à l’esprit.

La jolie blonde est même sur le point d’admettre que cette fois, rien ni personne ne pourra la sauver.




Mercredi 06 h


Franck est parvenu à emprunter l’escalier qui mène à l’étage de la maison abandonnée sans se faire repérer par Lamizofon.

L’oreille collée à la porte de la chambre, il écoute les déclamations délirantes du malade et essaie de déterminer le meilleur moment pour intervenir.



Franck n’a plus le choix. Il entrouvre la porte. Par chance, l’homme entièrement nu lui apparaît de dos. Il est penché sur le visage d’une jeune femme blonde et tient un grand verre dans sa main gauche.


Le policier pointe immédiatement son arme sur le type avant de se mettre à hurler :



L’homme ignore l’ordre et se retourne brusquement en lâchant le gobelet. Son regard de dément paralyse Franck pendant une fraction de seconde.

Le fou profite de l’état de sidération passager du commandant pour attraper le couteau de sa main droite. Puis il se dresse le bras levé face à Teitalia en poussant un cri démentiel.


Juste le temps pour Franck de reprendre ses esprits avant de tirer trois fois avec son arme. Les deux premières balles privent le tueur de tous les doigts de sa main droite projetant par la même occasion le couteau à l’autre bout de la chambre. La troisième traverse la tête du dément le dotant d’un nouvel œil en plein milieu du front avant d’aller se ficher dans le mur au-dessus du lit.


Tué sur le coup, l’homme s’écroule comme une masse sur Teitalia. Son moignon sanguinolent pointé vers l’avant s’engouffre d’un coup dans l’intimité de la jeune femme qui a heureusement tourné de l’œil dès que le sang jaillissant des plaies de son tourmenteur a éclaboussé son torse.




Mercredi 06 h 30


Étendue dans la camionnette du Samu, Teitalia, choquée, fait route vers l’hôpital le plus proche. Assise à ses côtés, Orca lui tient la main en souriant.


Au même moment, le médecin légiste échange dans la chambre avec le colonel Moutarde en attendant qu’un véhicule vienne récupérer le corps du mort.

L’officier de gendarmerie l’interroge :



Le toubib prend quelques secondes pour réfléchir.



Heureusement, l’autopsie du bonhomme devrait nous permettre de trancher ce cas épineux.




Mercredi 10 h 25


Teitalia ouvre l’œil. Un affreux mal de crâne met son cerveau en vrac. En allongeant son bras vers la gauche, elle constate qu’Orca a déserté le lit.


Il faudra qu’elle demande à son amie quels sont les ingrédients qu’elle utilise pour concocter ses rhums arrangés. Elle supporte de moins en moins bien ces mixtures étranges qui lui font faire des cauchemars improbables.


Machinalement, la jeune femme jette un coup d’œil à son smartphone. Un mail retient son attention. Elle le consulte d’un œil distrait.


« Salut Teitalia.

J’ai un nouveau synopsis de nouvelle à soumettre à ta critique éclairée. Si tu as le temps, jette donc un coup d’œil à ce qui suit et tiens-moi au courant.

Bonne semaine.

Abdul »