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n° 20017Fiche technique10347 caractères10347
Temps de lecture estimé : 6 mn
18/01/21
Résumé:  Comment garder pour soi un homme qui n'est bien qu'avec les autres.
Critères:  grp extracon jalousie cérébral échange humour -humour
Auteur : Samuel      Envoi mini-message
Ne pas renoncer à Gontran



En fait, Gontran était tellement habitué à baiser dans des partouzes que quand il se retrouvait avec une fille seule, il n’y arrivait plus.





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On avait donc installé tous les miroirs possibles, et notamment une grande glace au plafond. De plus, Myriam, qui ne lésinait pas sur les moyens, s’était fait livrer un lit tournant avec une télécommande très sophistiquée. Gontran fut dans un premier temps réellement impressionné. Nu, il se voyait dupliqué, multiplié, quasiment hologrammé. De plus, il voyait dans un même coup d’œil les seins et les fesses de Myriam. Fascinant. Et quand le lit se mit à tourner, il n’était pas loin de l’érection.





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Bref, toutes ces dépenses pour pas grand-chose. Myriam n’entendait pas renoncer pour autant. Elle contacta un marionnettiste qui faisait des pantins de taille humaine. Cela prit du temps, il fallait expliquer à l’artiste qu’on avait besoin de « poupées » érotisées, largement dévêtues. Et aussi de quelques Arlequins bien excités. Le marionnettiste, pour une somme rondelette, devait se cacher derrière un drap noir et actionner de temps à autre les figurines. Gontran montra une grande satisfaction devant ce public qui agitait tous ses membres.





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Myriam dut se rendre à l’évidence. De nouveaux travaux, de nouvelles dépenses dispendieuses, ne seraient que l’occasion d’un autre camouflet. On ne pouvait imaginer que des robots, même donnant l’illusion de la peau humaine (ce qui coûterait la peau des fesses), même bien huilés et membrés, réussiraient là où les pantins avaient échoué. Il fallait donc renoncer à Gontran ou passer par ses désirs fantasmés de copulation collective. Elle hésita un moment, jusqu’au jour où une chiromancienne, à qui elle n’avait d’ailleurs rien demandé, lui dit tout de go :



Donc, une Myriam ne renonce jamais à un Gontran. En fait, ce qui lui plaît, se dit-elle, c’est que des gens fassent l’amour tous en même temps dans une même pièce. Ce n’est pas obligé, alors, qu’on change de partenaire pendant la soirée.


Ainsi, dans le grand salon, n’y avait-il ce soir-là que des couples qui avaient accepté de venir faire l’amour avec leur conjoint respectif. C’était bien précisé sur le carton d’invitation.



Mais vous connaissez Gontran, têtu comme une bourrique, il a fallu qu’il laisse en plan Myriam et qu’il aille demander une fellation à une jeune fille qui se faisait déjà pénétrer avec volupté par son amant italiennement jaloux. Ça a failli mal tourner, évidemment. Un début d’échauffourée, et tout le monde détale. On veut bien se livrer à quelques luxures coquines en bonne compagnie, mais si ça dégénère, on redoute le petit scandale du quartier qui peut être nocif pour les affaires.




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Myriam pensivement avait remis de l’ordre dans le grand salon, récupérant avec quelques soupirs culottes et sous-tifs que ses invités d’un soir n’avaient pas eu le temps de récupérer dans leur hâte. « Ce Gontran est vraiment un cas difficile, se disait-elle. Il faut toujours que je tombe sur ce genre de type. Déjà à l’école, je m’étais liée avec un garçon qui n’aimait que la masturbation. Quand il faisait l’amour, il s’ennuyait ». Alors, bonne fille, Myriam, de sa main de velours, venait le soulager sans en retirer un grand profit personnel.


Gontran, lui, il lui fallait sa partouze avec un mélange des corps au point qu’on ne sait plus qui baise qui, du moment que ça fonctionne à plein tube. Il fallait se résigner. Évidemment, elle ne pouvait convier les mêmes invités que la dernière fois. D’abord, parce qu’ils étaient échaudés par l’esclandre, ensuite parce qu’ils étaient attachés jalousement à leur partenaire. Dans ce cas de figure, il est assez facile de trouver des hommes, toujours prêts à accourir, à s’accroupir et même au pire à croupir. Mais des femmes et des filles… Elle ne voulait pas, par fierté, faire appel au carnet d’adresses de Gontran, se disant « Je suis capable d’organiser une partie de culs toute seule ». Finalement, elle réussit à lancer des invitations ciblées qui lui permirent de réunir un collectif d’une douzaine de personnes triées sur le volet libidineux. Pour faire nombre, la mort dans l’âme, elle avait téléphoné à Eva, l’ex de Gontran.



Cette fois, Myriam avait mis tous les atouts de son côté. Les invités étaient le plus souvent nus sous leurs manteaux pour ne pas perdre un instant de jouissance plurielle, le champagne coulait à flots, les petits fours succulaient dans leur faïence et la musique baroque engageait à la frivolité. Gontran entra dans la grande pièce, les yeux écarquillés, son sexe Napoléon déjà perçait sous son imper Bonaparte.