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n° 19940Fiche technique31810 caractères31810
Temps de lecture estimé : 22 mn
10/12/20
Résumé:  Comme dans les comédies sentimentales américaines, au début ils s'engueulent, à la fin ils s'aiment...
Critères:  fh anniversai amour dispute fellation pénétratio -rencontre
Auteur : Laetitia            Envoi mini-message
Louise et Daniel



Ça commençait bien…


Après 352 messages, 78 éclats de rire, 24 phases de féroces négociations et 18 versions et demie, nous sommes en mesure de vous proposer l’histoire de Louise et de Daniel.


J’espère que vous prendrez autant de plaisir à la lire que nous à l’écrire.


Merci Patrick.




---o O o---



Une voiture venait juste de percuter l’arrière de celle de Louise Garnier. Elle a coupé son moteur et est descendue pour constater les dégâts. Un homme plutôt grand sortait de la voiture sombre qui venait de l’emboutir. Elle le regarda à peine.


A priori, pas trop méchant, un phare arrière cassé et la carrosserie un peu emboutie juste à côté :



La voiture de l’homme a manifestement pris un peu plus. Son phare avant est aussi cassé, le pare-chocs et la calandre traînent par terre, décrochés du côté droit.



Les voitures derrière se sont mises à klaxonner :



Les regards de l’homme et de la femme se sont croisés. Ils étaient prêts à s’affronter à nouveau, à s’invectiver. Au lieu de ça, ils partent tous les deux d’un rire franc.



Une fois leurs véhicules sur la voie de bus, les warnings en marche, ils descendent à nouveau.



Le lendemain matin, Louise Garnier est passée chez son assureur pour déposer le constat.



Un quart d’heure plus tard, Louise a composé sur son portable le numéro de téléphone porté sur le constat :



Louise a cédé. Sortir un peu lui fera du bien, elle ne sort quasiment jamais.

Il s’est platement excusé, il devait être énervé hier, ça arrive. Et puis Louise n’a pas non plus été tendre avec lui.


Elle se souvient de l’éclat de rire commun qu’ils ont eu lorsque les autres automobilistes se sont mis à klaxonner. Un léger sourire illumine son visage en y repensant.


Louise veut faire bonne impression ce soir. Elle ouvre son dressing et choisit avec soin un petit ensemble jupe chemisier légèrement échancré, classique, mais toujours de bon goût, avec son petit gilet en cachemire vieux rose, ce sera parfait. « Pas mal du tout », se dit-elle en se regardant dans le miroir de sa chambre.


À vingt heures, Louise arrive rue de Bourgogne. Daniel est déjà là. Il sourit en l’apercevant de loin et lui fait signe de la main.


« Au moins, il est ponctuel. Ponctuel et élégant. J’aime bien », se dit-elle.


Sa voiture étant chez le garagiste pour faire réparer le phare cassé, Louise est venue à pied : un quart d’heure de marche ne lui fait pas peur. Daniel, moins sportif, a préféré venir avec la voiture de courtoisie prêtée cet après-midi par son concessionnaire.


Devant le restaurant, Daniel s’écarte en tenant la porte grande ouverte afin de laisser passer Louise.



« Ponctuel, élégant et galant. De mieux en mieux, à une époque où l’homme dit « moderne » nous lâche la porte dans la figure. »


Le maître d’hôtel les installe et leur apporte la carte, Louise remarque que sur la sienne il n’y a aucun prix.


D’autorité, Daniel commande deux coupes de Champagne pour commencer, et lui fait quelques suggestions connaissant bien cet établissement.


Il semble sûr de lui. Certainement son métier l’amène à prendre des décisions, que personne ne doit jamais oser contester :



Louise apprécie le regard de Daniel, il a un côté rassurant qu’elle ne saurait définir.



En même temps, Daniel a approché la bouteille. Immanquablement, leurs mains se sont effleurées. Il s’est aussitôt reculé pour verser du vin dans son verre.


Louise a un petit sourire gêné. Ce rapide contact provoque en elle un léger émoi. Elle se reprend aussitôt :



Et montrant sa main où le bronzage révèle encore la présence d’une alliance :



Sans l’écouter, Daniel parle, pour Louise ou pour lui :



Louise n’ose le regarder, elle a la gorge sèche. Pour faire bonne figure, elle finit son verre sans s’apercevoir qu’il est déjà vide. Daniel continue :



Daniel devient silencieux, Louise regrette d’avoir été si indiscrète.


C’est elle qui rompt le silence, sans s’en rendre compte, elle est encore plus indiscrète :



Daniel prend conscience de la gêne qui s’installe :



Daniel part dans un éclat de rire, content de sa réplique qu’il a piquée dans un film dont il a oublié le nom.


En mangeant son gros dessert, Louise, que la vie de Daniel a troublée, repense à son mari. Elle a envie de se confier. Inconsciemment, elle perçoit qu’il comprendra :



Ensuite, on ne s’est quasiment plus quittés. Il a été l’amour de ma vie, il a fait de moi une femme, il a été mon mari, mon amant, mon complice. Il m’a rendue heureuse pendant dix ans. J’aurais tant aimé être la mère de ses enfants. Nos amis riaient gentiment de nous. Nous étions le couple parfait, toujours collés l’un à l’autre, main dans la main. Ma meilleure amie à la fac m’a dit un jour que le mot « fusionnel » a dû être inventé pour nous. Nous nous sommes mariés quelques années plus tard, nous avions vingt-cinq ans. Il a racheté une librairie, son rêve, j’étais doctorante. C’est uniquement pour ça que je suis restée en France. Si j’avais été célibataire, sûrement je serais partie du côté de la Silicone Valley. Un jour, alors que j’étais à Genève pour une conférence, j’ai reçu un appel de son père. Victor était mort, rupture d’anévrisme, à vingt-huit ans. Rien ne le laissait présager, il n’était jamais malade.


Un long silence s’installe… Louise a le regard dans le vide. Daniel n’ose pas lui parler, il lui semble qu’une larme perle au coin de son œil. Enfin, elle reprend :



Après un nouveau silence, Louise a un petit rire nerveux :



Daniel pose sa main sur celle de Louise. Elle ne la retire pas, le regard baissé. Daniel suppose que Louise doit être au plus profond de ses pensées, quelque part avec Victor. Il respecte son silence.


Enfin, elle relève la tête et dit en souriant, tout en retirant doucement sa main :



La discussion reprend de plus belle, les sujets sont plus variés, plus légers aussi. Quelques rires fusent au fur et à mesure de la soirée.


Louise a été sobre, après deux verres de vin, elle préfère se rabattre sur la bouteille de Badoit.


En revenant de régler discrètement l’addition au comptoir, Daniel lui tend la main pour l’inviter à se lever :



Avant de démarrer, Louise railleuse dit à Daniel en accrochant sa ceinture :



Un sourire illumine son visage. Daniel laisse aussi échapper un petit rire.


En roulant, Daniel n’arrête pas de parler, Louise l’écoute sans l’interrompre. Il parle de cette voiture qu’il ne connaît pas, des rues de Paris, du danger des feux qui passent au rouge quand ils arrivent… à cette évocation, ils ne peuvent s’empêcher de sourire.


Le trajet est court. Daniel se gare devant l’immeuble où habite Louise :



Sans hésiter, elle l’entraîne dans le hall et appelle l’ascenseur. Cinq étages, ce n’est pas très long. Daniel continue son monologue en parlant sans arrêt, cette fois du système d’appel, si l’appareil se bloque entre deux étages, passionnant !


Louise le fait entrer. Désignant le canapé :



Louise revient, s’assied à côté de Daniel et s’empare de son verre. Cette fois, c’est elle qui parle, Daniel attentif l’écoute, ravi par la simple mélodie de sa voix.


L’heure tourne, poliment Daniel veut prendre congé :



Voyant le constat sur la table :



Elle sourit, flattée du compliment, tandis qu’il appose sa signature au bas du document. Et pour sceller leur accord, dépose une bise sur la joue de Louise :



Il s’exécute. Au passage, ses lèvres effleurent les lèvres de Louise :



Cette fois, il reste un peu plus longtemps sur ses lèvres. Louise ne bouge pas, inconsciemment elle attendait ce moment. Moment magique où, sans rien dire, tout est dit.


Leurs yeux parlent pour eux, leurs bouches se rejoignent, petits baisers, qui se transforment en un baiser langoureux. Louise se laisse porter par le frisson qui l’envahit.


Ils semblent ne pas vouloir se détacher l’un de l’autre. Petit à petit, les mains de Daniel se font inquisitrices, parcourant le corps de Louise. Elle le regarde, partagée entre cette folie qui lui fait peur et l’envie qu’elle a de se sentir dans les bras de cet homme encore inconnu il y a 24 heures.


Lentement, Daniel commence à ouvrir un à un les boutons de son chemisier. Preste, elle pose sa main sur la sienne pour arrêter son geste.



Elle le prend par la main et se dirige vers sa chambre.

Daniel la suit, il n’ose franchir cette porte qui devrait l’emmener au paradis. Au pied du lit, il la prend dans ses bras, la serre contre lui :



Il l’embrasse, elle lui rend son baiser. Sans savoir comment, ils se retrouvent sur le lit, allongés l’un contre l’autre. Daniel appuyé sur un coude, joue avec les boutons de son chemisier, en défait un, un second…


Louise a peur de son regard, elle tend la main pour éteindre la lumière. L’obscurité est leur complice, Daniel enlève le chemisier, la jupe, le soutien-gorge, Louise fait glisser sa culotte :



Dans le noir, Daniel ôte ses vêtements et prend Louise dans ses bras. Le contact de leurs corps nus les fait frissonner.

Un peu maladroits, comme une première fois, les gestes de Daniel doivent s’adapter. Il ne veut rien brusquer.

Quelques caresses pendant qu’ils s’embrassent. Les mains de Daniel parcourent le corps de Louise ; elle tremble, elle aussi se souvient, son corps se souvient.


Daniel lui caresse les seins, prend ses tétons entre ses lèvres. Elle les sent fermes, sensibles à ces caresses. Lui aussi est sensible à cette femme qui lui caresse le dos, lui mordille le lobe de l’oreille, lui dépose des baisers dans le cou. Des picotements dans le bas-ventre sont le signe qu’il pourra lui donner la jouissance qu’elle attend.


Sa main descend sur son ventre, sa toison, sa fente humide… tout le corps de Louise vibre.

Daniel se souvient de la réflexion de son père quand il était adolescent. Un soir qu’il rentrait tard, il n’arrivait pas à mettre la clé dans la serrure de la porte d’entrée, son père a eu cette pensée philosophique qu’il n’a jamais oubliée « ne regarde pas, mets la main pour trouver le trou ». Cette seule pensée le fait sourire, heureusement que Louise ne le voit pas, elle ne pourrait comprendre son hilarité en ce moment crucial.


Louise, de son côté, ne veut pas rester passive, avec son mari elle a souvent pris la direction des opérations. Sa bouche descend le long du cou de Daniel… sa poitrine, son ventre, son pubis. D’une main assurée, elle se saisit de son sexe qui commence à prendre du volume… « C’est le moment de montrer ce que je sais faire », se dit-elle. Daniel sent alors la bouche de Louise se refermer sur lui et commencer une lente fellation. Malgré l’obscurité de la chambre, sans le vouloir, il ferme les yeux pour goûter au mieux cette caresse intime.


Au bout de quelques minutes, satisfaite du résultat obtenu, en écartant les jambes, Louise remonte pour embrasser Daniel. Comprenant l’invitation, il se place entre les cuisses offertes et s’enfonce lentement en elle.


En se tenant serrés l’un contre l’autre, l’un dans l’autre, ils apprécient tous les deux ce moment merveilleux qui précède l’orgasme.


La respiration haletante, Louise pousse un petit cri. Daniel se crispe, il se répand en elle. La bouche ouverte, elle laisse alors échapper un cri plus fort, signe de sa jouissance.


Ils ne bougent plus, silence après la bataille. Ils ne peuvent pas se voir, mais se comprennent en rythmant leur respiration sur celle de l’autre.

Louise dépose un rapide baiser sur les lèvres de son amant, et fonce vers la salle de bain qu’elle ferme à double tour. Daniel a entendu la clé. Il ne bouge pas, respectant l’intimité que Louise semble rechercher.


Quand elle se glisse dans le lit, elle a revêtu une petite nuisette bleu pâle, que Daniel ne peut que deviner :



Elle a dit ça sans réfléchir, c’est venu tout seul. Daniel sourit bêtement, il est heureux, tout simplement heureux.


Quand il regagne sa place dans le lit, il comprend qu’elle l’a attendu pour s’endormir dans ses bras. Bien vite, il la rejoint au pays des songes.


Au matin, Louise est déjà sous la douche quand Daniel se réveille, s’étirant dans ce lit qu’il ne reconnaît pas. Dans la lueur de la porte de la salle de bain, il voit apparaître Louise vêtue d’un long peignoir. Elle le fixe avec un sourire radieux :



Vieille habitude de célibataire, il traîne un peu au lit. Après un brin de toilette, il arrive dans la cuisine guidé par la bonne odeur du café chaud.



Il dépose un rapide baiser sur ses lèvres et s’assied face à elle.


Le nez dans leur tasse, leurs yeux se croisent. Les mêmes pensées passent à cet instant dans la tête de Daniel et dans celle de Louise. C’est elle qui rompt le silence :



Le « vous » de la veille a fait place au « tu » du matin.



Troublé, c’est tout ce qu’il trouve à dire. Louise continue :



Louise est émue, elle se lève, et embrasse Daniel amoureusement.


Louise ne veut pas faire attendre la famille, elle est prête rapidement. Elle a revêtu un ensemble pantalon ravissant.


Avant de partir, elle saisit la main de Daniel :



Sentant l’émotion l’étreindre, Daniel lui dit en souriant :



---o O o---




À midi tapant, tout le monde est à l’heure et envahit l’appartement de Daniel. Les hommes portent plus de bouteilles qu’ils ne pourront en boire, les femmes déposent à la cuisine les plats qu’elles ont préparés.

Présentation rapide, brouhaha des embrassades et des nouvelles de chacun, les enfants courent partout. Louise est un peu dépassée par ce tourbillon.


Le repas est animé, agréable, convivial. Malgré la gentillesse de chacun, Louise se sent un peu perdue au milieu de tous ces gens qu’elle ne connaît pas… qui est qui ? Elle mélange les prénoms.

Pour faire bonne figure, elle sourit, faisant semblant de suivre les conversations. La sentant gênée, Daniel ne manque pas de s’adresser à elle chaque fois qu’il le peut.


Un bouchon de champagne saute, les flûtes sont remplies, toute la famille entonne « joyeux anniversaire » en entourant Daniel. Louise se sent de trop, elle se fait petite, se tient un peu à l’écart.

La porte de la cuisine s’ouvre sur deux femmes portant un gros gâteau qu’elle pose devant Daniel sous les cris joyeux des enfants.


Daniel sourit, content d’être aussi bien fêté.

Il tourne la tête à droite, à gauche, il cherche Louise. L’apercevant au fond de la salle, il lui fait signe de s’approcher. Celle-ci, intimidée, rougissante sous les regards qui se sont tournés vers elle, lui fait « non » de la tête.


Écartant les personnes qui l’entourent, Daniel va vers elle, la prend par la main et sous le regard attendri de toute sa famille, il invite Louise à souffler avec lui les 70 bougies qui illuminent la table.


Il lève son verre :



Sa fille a les larmes aux yeux, elle se penche pour lui déposer une bise sur la joue :



Daniel est tiré par la manche, c’est Jules le petit dernier, cinq ans :