| n° 19900 | Fiche technique | 17691 caractères | 17691Temps de lecture estimé : 11 mn | 13/11/20 |
| Résumé: J'ai toujours eu une attirance pour les êtres et les situations assez pervers où les jeux de l'amour sont des combats douteux. Cette histoire est une pure fiction, mais elle est fondée sur des souvenirs personnels. | ||||
| Critères: fh fhh prost hotel exhib fmast caresses cunnilingu préservati pénétratio double confession -tarifé | ||||
| Auteur : xavier curieux | ||||
Nous nous retrouvions deux fois par mois dans cet hôtel de C… Je n’ai jamais rien su d’elle. Ni où elle habitait, ni même son âge réel, ou son nom. Seulement un prénom, Claire, et encore je crois que ce n’était pas réellement le sien, juste un pseudonyme. Je savais qu’elle était mariée, qu’elle avait deux enfants, mais cela s’arrêtait là. D’ailleurs tout ça n’avait pas d’importance. Nous nous plaisions, nous aimions faire l’amour ensemble, notre entente physique était parfaite, nous avions du plaisir à être tous les deux dans cette chambre confortable mais somme toute assez banale. C’était assez. Jamais nous ne sortions ensemble. Jamais nous n’étions allés au cinéma ni au restaurant. Jamais nous ne nous étions rencontrés ailleurs que dans cette chambre. C’était notre seul lieu.
Le plus souvent j’arrivais en premier. Je prenais la clef à la réception et montais pour l’attendre. Il lui arrivait parfois de me précéder. Le réceptionniste me disait simplement alors que j’étais attendu. Je montais et la trouvais invariablement enroulée dans un drap de bain, la pièce plongée dans la pénombre. Elle avait déjà tiré les lourds rideaux qui fermaient la fenêtre et empêchaient la lumière de pénétrer, comme si rien du dehors ne devait entrer dans ce lieu, comme si rien ne devait en sortir. Le lit était ouvert et nous attendait. Nous parlions peu. Nous échangions quelques paroles de pure forme, je la prenais dans mes bras, nos bouches se mêlaient, la serviette tombait à terre. Je pressais son corps nu contre le mien. J’aimais sa peau douce, la rondeur de ses hanches, de ses épaules, de son ventre, son parfum. Elle m’aidait à me déshabiller et nous tombions sur le lit nos deux corps enlacés. Nous faisions l’amour sans amour.
Nous nous étions interdits les "je t’aime" ou les "mon amour", les petits noms bêtes d’amoureux. Seul le plaisir physique comptait avec une certaine rudesse. C’est elle qui avait posé ce principe, certainement pour se protéger et protéger son autre vie, celle qu’elle laissait à la porte de la chambre 220 de cet hôtel de C… et reprenait en sortant. Cette situation, égoïstement, me convenait parfaitement. Qui n’a rêvé d’une relation semblable ? Pourtant secrètement j’aurai bien aimé qu’elle fut autre qu’une maîtresse bimensuelle. Mais nous touchons ici à un tabou absolu. Ne m’avait-elle pas dit dès notre première rencontre :
C’était clair !
J’aimais son corps comme je crois elle aimait le mien. Nous nous caressions sans pudeur, nous explorions sans cesse l’autre, à la recherche d’une nouveauté, d’un frisson. Quand j’étais en elle, elle me disait sentir mon "désir", selon son expression, et ce désir répondait au sien. Au bout de quelque temps nous avions abandonné l’usage du préservatif. Non par imprudence mais par confiance l’un pour l’autre. Elle me disait aimer recevoir mon sperme, et j’aimais le lui offrir. L’instant où ma semence l’inondait était toujours d’une rare intensité. À ce moment précis nous ne faisions plus qu’un. Il lui arrivait de fondre en larmes sous le coup de l’émotion tandis que je restais en elle après notre jouissance.
Je la rassurais, non par complaisance mais parce que je la comprenais alors. J’étais moi-même extrêmement ému, et je savais que ses larmes étaient celle de l’émoi. Ensuite nous restions l’un contre l’autre. En petites cuillères, comme on dit. Il nous arrivait de nous endormir ainsi, une de mes mains sur son sexe encore humide et collant de notre échange, ou sur un de ses seins. Quand nous sortions de cet état d’extase semi comateuse, elle prenait en main mon "désir" et le ramenait manuellement à une rigidité utile.
Ce n’est un mystère pour personne, à ce jeu les hommes ont des limites et demandent un temps pour retrouver leurs capacités pleines et entières. Il n’en va pas de même pour les femmes (et surtout pour Claire) qui peuvent enchaîner les orgasmes. Elle me demandait alors de lui procurer du plaisir avec ma bouche ou mes mains. Elle était insatiable. Il lui arrivait, prise de frénésie tandis que je faiblissais, de se masturber en ma présence. J’aimais cet appétit orgasmique. J’aimais son plaisir, ses indécences, ce don qu’elle faisait d’elle-même dans ces instants.
Exhibitionnisme aussi.
Je savais que l’intensité de son plaisir dépendait à ce moment de moi spectateur et de l’intensité de mon regard et de mon émerveillement.
Au fil du temps nous recherchions des stimulations toujours plus fortes. Non que nous soyons lassés l’un de l’autre, mais il nous fallait vivre d’autres expériences. J’imagine aujourd’hui que sa vie sans doute bourgeoise et sereine devait lui paraître monotone et bien terne et qu’il lui fallait vivre des émotions érotiques fortes.
Elle était le plus souvent l’initiatrice de nos nouvelles expériences. Une d’elle devait mettre fin à notre relation. C’était un après-midi d’automne. Je me rendais comme à l’habitude à notre rendez-vous. Le réceptionniste de l’hôtel eut l’air embarrassé en me voyant.
Je ne comprenais pas. Qui était cet homme ? Qu’avait-elle inventé ? Pour moi il n’était pas question de jalousie, ce sentiment m’était interdit. Je savais, du moins le disait-elle, qu’elle rencontrait parfois d’autres hommes que moi. C’était un fait acquis.
Mais là, aujourd’hui !
Laissant à ses craintes le réceptionniste, je montai quatre à quatre les escaliers qui menaient à la chambre 220. Je frappai à la porte. Claire tout sourire vint m’ouvrir presque aussitôt. Contrairement à son habitude d’être pratiquement nue quand elle m’attendait et portait un tailleur pantalon strict sur un chemisier.
Nous ! Pourquoi ce nous ? Elle effaça pour me laisser passer. Au fond de la chambre se tenait un jeune homme, presque un adolescent.
Le Rachid en question avait l’âge d’être son fils. Mais peut-être l’était-il à propos ? Mais alors pourquoi ? Et s’il l’était quelle était la raison de sa présence ?
Ma perplexité, sembla l’amuser.
Je regardais "l’intrus". Où était-elle allée le pêcher ? Je le détaillai. Il me faisait tout à fait l’effet d’un jeune voyou. Tant d’allure que d’habillement. Je compris rapidement quelle était l’idée tordue de Claire. Elle était la bourgeoise, et s’était vêtue en conséquence, qui s’offrait une petite gouape. Et moi, qui j’étais là-dedans ? Le mari complaisant ? Un voyeur ? S’adressant à moi :
Je m’exécutai et glissai au type la somme qu’il demandait et qu’il empocha sans un mot.
S’adressant au garçon :
Puis à mon adresse :
Sur le chevet du lit, je remarquai un petit tas de préservatifs. Vu la quantité il était évident qu’elle avait des intentions bien précises. Il avait disparu dans la salle de bain. Quelques minutes ont passé avant qu’il revienne, entièrement nu. Malgré son allure juvénile, il avait un corps fait. Musclé. Il était entièrement épilé, son début d’érection soulignait un gland circoncis. Sur une épaule, un tatouage représentant un serpent. Il devait avoir dans les vingt ans, à en juger.
La scène était vraiment improbable. Claire avait fait venir ce type pour qu’il la baise devant moi. Un professionnel semble-t-il. Elle l’avait vraisemblablement déniché sur internet, car si les filles sont en majorité dans ce supermarché du sexe, les garçons y sont aussi présents. J’ai pu par la suite le vérifier. Ainsi elle allait m’imposer d’assister à ses turpitudes. Après tout pourquoi pas, ça pouvait être excitant. Pour être honnête, je n’avais jamais eu à vivre une semblable expérience. Aucune femme que j’avais pu connaître n’avait eu cette idée perverse de faire assister leur amant, moi en l’occurrence, à une de leurs séances de baise avec un autre homme. Nous avions parfois envisagé la chose avec Claire mais sans y croire, juste pour nous émoustiller. Et voilà qu’elle avait franchi la ligne rouge. À moi d’assumer.
Rachid s’était approché d’elle à la toucher. Elle lui fit un baiser léger sur les lèvres.
Rachid ne paraissait pas maladroit, Il la débarrassa de sa veste de tailleur et l’envoya sur le lit avant de s’attaquer au chemisier. Méthodiquement il défit un à un les boutons du vêtement qui termina au sol. Claire portait un soutien-gorge que je ne lui connaissais pas, du genre fait plus pour mettre en valeur la poitrine que pour la soutenir. Vingt-cinq gramme de nylon à tout casser ! Le soutien-gorge alla rapidement rejoindre le chemisier sur la moquette. Histoire de me rendre utile, j’allai les ramasser et les déposer sur le dossier d’une chaise. Il la fit s’allonger pour lui retirer son pantalon. Dessous elle portait un tanga. L’un et l’autre sont allés rejoindre le reste de son costume sur la chaise. Elle était nue entièrement entre les mains du jeune homme.
J’étais dans une étrange situation. Cette femme qui était ma maîtresse, avec qui j’avais tissé des liens depuis des mois était avec un autre. Ils allaient faire l’amour, ou mieux baiser car c’est plutôt de ça qu’il était question et je devais être le témoin, le spectateur de leurs ébats. Je savais que c’était un fantasme très courant chez beaucoup d’hommes, mais de l’idée à la mise en pratique de cette idée, il y avait un fossé. Et ce fossé nous étions elle et moi en train de le franchir main dans la main.
Les deux amants couchés l’un contre l’autre se caressaient mutuellement. Leurs lèvres prenaient possession de la bouche, des seins, de la poitrine, du ventre, des fesses, du sexe de l’autre. Si ce n’avait été Claire que je regardais faire l’amour, j’aurais trouvé le spectacle magnifique, mais c’était Claire et j’éprouvais un pincement au cœur. Pas un sentiment de jalousie vis-à-vis d’elle mais j’étais troublé à l’idée qu’elle pouvait me comparer à ce type et le trouver meilleur amant. Il devait avoir une trentaine d’années de moins que moi et forcément plus de ressources.
Rachid avait enfoui son visage entre les cuisses ouvertes de Claire. Je pouvais voir sa verge érigée. Il lui offrit ainsi avec sa langue un premier orgasme. Elle poussa un cri, haleta, se tordit sur le lit sous la tempête du plaisir. Claire qui tenait la tête du garçon entre ses mains en a tendu une à cet instant vers moi. Je m’approchai. Nos doigts se sont pris. Dans un souffle, elle me dit :
À la hâte je me suis déshabillé, jetant mes vêtements aux quatre coins de la chambre.
Rachid s’était redressé et ouvrait un préservatif. Son sexe était érigé. Un phallus légèrement courbe et qui regardait résolument vers le haut, long et fin. Saillie prête à investir le vagin qui s’offrait à lui. Éperdument j’embrassais Claire, je pétrissais ses seins, ses tétons réclamant les caresses. Je dus me reculer pour laisser la place à Rachid qui s’allongea sur elle. J’ai pu voir le gland encapuchonné se poser sur la chatte et s’y perdre. Alors a commencé le bondissement des fesses, les allers et venues de la verge, le clapotis de la cyprine. Je tenais toujours la main de Claire. Elle avait passé les jambes autour des hanches de Rachid, lui les mains sous son bassin lui soulevait les fesses pour une pénétration plus profonde. Je la couvrais de baisers. La jouissance de Claire nous prit au dépourvu. Elle explosa à une vitesse folle. Elle devint la femelle primitive qui criait son plaisir, battait l’air avec les jambes, me broyant la main en même temps qu’elle griffait les chairs qu’elle rencontrait. Enfin ce fut le calme, elle retomba vaincue, inerte sur le lit. Le garçon se retira. Il s’était en vrai pro réservé et n’avait pas éjaculé. Nous sommes restés tous les trois un moment couchés, elle entre nous, puis nous avons à nouveau entrepris de la caresser. Claire s’éveillait peu à peu. Elle sortait de la torpeur post coïtale et en redemandait. Je ne l’avais jamais vue ainsi.
D’un bond elle se retourna, chevaucha le jeune homme et saisissant sa tige, s’empala dessus. Chevauchée sauvage, elle lançait son ventre et son sexe en avant contre celui de sa monture, sa poitrine sautait en tous sens, comme une folle ses cheveux lui recouvraient le visage la sueur perlait sur son front. Elle était comme une possédée. Elle a joui presque tout de suite. Un orgasme fulgurant mais bref. Elle retomba à quatre pattes contre la poitrine de Rachid, restant empalée sur lui.
Je les contournai. La vulve était ouverte, et bien qu’occupée par Rachid j’y trouvais ma place le long de la sienne. Lecteur si vous avez expérimenté la chose vous savez que cet ensemble "Papa Maman et un invité" autrement dit la double pénétration vaginale, pour être excitant n’en est pas moins difficile dans la pratique, les mouvements des uns et des autres étant limités. Néanmoins cette fois nous avons réussi.
Je ne vous décris pas la suite des événements, Rachid était infatigable, moi moins résistant, quant à Claire, elle faisait preuve d’une énergie et d’une endurance étonnantes.
Quand Rachid nous eut quittés, nous sommes restés muets, nous avons rabattu les draps sur nous. Je pense que chacun de son côté devait méditer sur les moments que nous venions de vivre. Puis il a bien fallu nous rhabiller et partir. Comme toujours elle est sortie en premier après que nous ayons échangé un chaste baiser, comme deux vieux amis.
Quelque temps plus tard, je rencontrai par hasard le réceptionniste de l’hôtel. Il avait une lettre pour moi. Je la retranscris ici :
Mon amour,
J’ose t’appeler mon amour, car je sais que nous ne nous reverrons pas.
Je vais remettre cette lettre à l’hôtel, en espérant qu’elle te parviendra.
Cette rupture je l’ai voulue pour mettre fin à une situation insupportable. Continuer à nous voir sans espoir devenait intenable. Je sais, bien que tu ne me l’as jamais avoué que toi aussi tu m’aimes. D’ailleurs ne t’avais-je pas interdit de m’aimer ? Hélas ma situation personnelle ne m’autorise pas autre chose que ces rencontres clandestines. Tu penseras sans doute que c’est un manque de courage et tu me mépriseras pour cela.
Notre amour était grand.
Après chacune de nos rencontres, tu ne peux imaginer ma souffrance et ma honte.
Souffrance de t’avoir quitté, honte de cette situation dont j’étais responsable.
J’ai voulu que tu me méprises, que ton amour se transforme en haine, afin que tu ne souffres pas de notre séparation. C’est pour cela que j’ai fait appel à ce jeune prostitué, que je me suis livrée à lui crois-le, sans désir, sans plaisir. Que les turpitudes auxquelles je me suis livrée ce jour-là me révulsaient autant que j’espérais qu’elles te révulsent et t’éloignent de moi.
Oublie-moi, comme je vais essayer, bien que j’en doute, de t’oublier.
Claire
C’était il y a maintenant plus de dix ans. Je ne l’ai jamais revue, mais aujourd’hui encore j’évite de passer dans la rue où est cet hôtel et cette chambre 220.