| n° 19837 | Fiche technique | 21032 caractères | 21032 3797 Temps de lecture estimé : 16 mn |
06/10/20 corrigé 05/06/21 |
Résumé: Euh... Comment dire... Lisez plutôt ! | ||||
Critères: #humour #historique #aventure #fantastique fhh ffh grp fellation pénétratio fsodo partouze | ||||
| Auteur : Laetitia Envoi mini-message | ||||
Alors, je préviens d’emblée, cette histoire adabrada… abadabran… adabran… ban… Enfin ce récit part dans tous les sens.
En clair, c’est barré, à l’ouest, loufoque, boderline.
On y va, accrochez-vous…
J’étais d’humeur guillerette ce matin-là. Je chantais sous la douche.
Avez-vous remarqué que cette très, très belle chanson de Charles Aznavour, une des plus belles de la chanson française, commence par une phrase venue de nulle part ? « J’habite seul avec Maman » ! Ça m’a toujours choquée, enfin ça m’amuse plutôt. Pas vous ?
Le grand Charles s’en est-il rendu compte ? Assurément oui ! Soit il a voulu être facétieux avec ses auditeurs, soit il n’a pas eu le choix. Écrire une chanson, ce n’est pas forcement simple. Faut que ça rime, faut le bon nombre de pieds, pour l’équilibre, pour que les phrases ne fassent pas tronquée, pour l’harmonie quoi. Une incohérence discrète, parfois, ça permet d’harmoniser une phrase. D’ailleurs, il continue au ver suivant :
Et Maman ? Elle est empaillée ? C’est trop pour être un hasard. Il l’a fait exprès ! Ou peut-être a-t-il voulu mettre un grain de fantaisie dans une chanson un peu dramatique qui abordait à une époque un peu fermée encore, un sujet tabou sans tabou justement : l’homosexualité.
Bon, je ne suis pas qu’une chanteuse de salle de bain. J’ai un joli grain de voix. J’ai chanté longtemps dans une chorale. Notre répertoire était composé de gospels et de standards anglo-saxons ou français.
J’ai un panel de voix assez large, tantôt un peu rauque, idéal pour la soul music, tantôt pouvant monter dans les aigus. Je chante parfaitement le début de « Somebody to Love » de Queen, par exemple. Bon, là où Freddy Mercury montait en puissance au fur et à mesure, moi je stagne un peu, je plafonne. Freddy était un génie, mais il a beaucoup travaillé. Je ne suis qu’une amatrice. C’est pour ça que je m’arrête au début de « Somebody to Love ».
Mais revenons à nos moutons. Je digresse. J’étais sortie de la douche et je me regardais de près dans le miroir au-dessus du lavabo, à la recherche du moindre petit défaut : ride, point noir, début de bouton, teint cireux. Rien ! Zéro défaut ! Trop belle Lætitia. Hier, après un week-end délicat, tu avais des cernes à faire peur à un zombie, aujourd’hui, tu es toute fraîche ! Belle comme un cœur… Je me suis envoyé un bisou dans la glace.
Sacré week-end tout de même, pensai-je en me remémorant le nombre de bouteilles de vodka descendues par les convives et la jolie rousse que j’ai retrouvée dans mon lit le lendemain matin. Mais je vous épargne les détails. Non, n’insistez pas… Bon, mais une autre fois, promis. Là, mon histoire d’aujourd’hui n’avance pas. Et franchement, chers lecteurs, vous ne m’aidez pas !
Je pressai le tube de dentifrice, afin d’en étaler une généreuse couche sur ma brosse à dents, tout en me tournant légèrement de trois quarts pour m’observer à nouveau. Pas de bourrelets ! Et ta poitrine, franchement ! Toujours aussi fière !
Oui, bon, vous avez déjà chanté en vous brossant les dents, vous ? Eh bien ça donne ça !
La sonnette :
Dring Dring…
Dring Dring…
Dring Dring Dringggggg…
Le lecteur assidu aura sûrement remarqué que j’ai retiré ma brosse à dents de ma bouche et que je me suis rincée et gargarisée, à ce moment de l’histoire. Non pas que ça ait une importance fondamentale, mais je préfère être précise. Une bonne histoire, ça tient à ça. Les bonnes histoires se cachent dans les détails.
J’ai passé mon peignoir éponge, enroulé ma belle chevelure blonde encore mouillée dans une serviette, éponge aussi, mis mes chaussons Taz (oui, bon c’est un cadeau hein, je ne les ai pas achetés de moi-même, non plus !) et je me suis dirigée vers l’entrée.
J’ai jeté un œil à travers le judas : Robin Le Voisin ! Qu’est-ce qu’il veut, lui !
Vous aurez peut-être remarqué que j’ai mis des majuscules à Le et à Voisin. Parce que Robin est mon voisin, mais il s’appelle Le Voisin. C’est son nom… C’est un peu comme Juste Leblanc, Leblanc est son nom et c’est Juste son prénom… Comment ça vous ne comprenez rien ? C’est comme Marlène Sasseur… Mais non, Robin n’a pas de sœur ! Oui bon, laissez tomber ! Vous êtes un peu dur à la comprenette vous ? Vous faites quoi vendredi soir ? J’organise un dîner…
Oh ça va, je vous charrie un peu ! Les lecteurs de nouvelles érotiques manquent cruellement d’humour, on dirait. Décompressez les gars ! Après, si vous avez une copine rousse pour le dîner, amenez-la…
Instant d’intense réflexion… Puis un sourire mi-figue mi-raisin au coin des lèvres :
Nous avons pris le couloir, vers sa porte, pendant qu’il me sortait sa tentative d’explication vaseuse.
Assis sur le canapé de Robin, il y avait un homme apparemment hagard. Le genre de type qui ressemble au savant fou dans les dessins animés. Il avait de grosses rouflaquettes, le visage un peu bouffi, le teint rougeaud, le cheveu rare sauf pour une mèche relevée vers le haut, au sommet de son crâne. Ce qui le rendait encore plus bizarre, c’est qu’il portait une combinaison couleur papier alu. On aurait dit un mix entre un alcoolique, un gros pervers, un professeur fou et les deux frères Bogdanov réunis.
À côté du canapé, près de la cuisine, il y avait une espèce de cube en plexiglas, d’un mètre cinquante de côté à peu près, mais du plexiglas opaque. Du coup on ne voyait pas à l’intérieur. Un peu de fumée en sortait.
Voilà mon Robin rouge comme une pivoine.
Avec Robin, nous avons accepté, même si c’était à contrecœur. Une fois entrée dans le cube, je m’extasie :
Nous nous sommes assis sur les deux sièges devant l’immense tableau de bord, plein de cadrans, de boutons, d’interrupteurs.
J’ai appuyé sur l’écran. J’ai suivi à la lettre les instructions d’Arthur Luth. Le cube se mit à trembler légèrement, la lumière tamisée s’est transformée en lumière rose vif :
Robin me jeta un regard interloqué.
Après quelques secondes, le cube s’est arrêté de trembler, la lumière s’est tamisée à nouveau, et les parois sont redevenues transparentes.
Nous nous trouvions dans une vaste pièce appartenant à un château ou à un palais, vu les dorures partout et les fresques peintes sur les murs et les plafonds.
Il y avait là une quinzaine de personnes des deux sexes. Vu leurs visages poudrés et leurs perruques (hommes et femmes), nous étions entre l’époque, Louis XIV et Louis XV.
Le hic, c’est qu’ils étaient tous à poil et que ça forniquait dans tous les coins.
Toujours en peignoir, je suis sortie du cube, Robin derrière moi.
Voyager dans le temps et se retrouver au milieu d’une partouze, c’est bien ma chance. Alors que j’aurais pu voir De Vinci peindre la Joconde. J’aurais pu me retrouver face à Einstein en train de peaufiner son E=mc². J’aurais pu regarder avec tendresse Auguste Rodin faire une déclaration d’amour à Camille Claudel. J’aurais pu tomber sur Socrate et Platon en train d’échanger sur l’esthétisme ou la démocratie… Eh bien non, je me retrouvais en pleine partouze chez les enfarinées du 18e siècle.
Bon, a priori les deux autres pignoufs ne m’entendent pas. J’ai beau m’époumoner, rien n’y fait. Sûrement un des effets du voyage dans le temps. Je vais réessayer pour être sûre :
Pas de réaction ! Ils ne m’entendent pas… L’autre effet pervers, c’est que pour gueuler, même si aucun son n’est sorti de ma bouche, je l’ai ouverte en grand et l’autre baltringue de Marquis y a enfourné sa queue, prenant ça pour une invitation.
Robin ! Oh le salaud ! Il ne perd pas son temps… Il profite bien de la situation… Pas folle, la guêpe. Mais c’est vrai qu’il est bien monté le Robin ! Il cache bien son jeu avec ses airs de geek lui… Mon salaud ! Bon, moi vous me connaissez, les bites ce n’est pas ma tasse de thé. Non, c’est plutôt le cocasse de la situation qui m’a fait sourire. Robin Le Voisin… Enfin quand je dis sourire… On a du mal à sourire avec un braquemart dans la bouche.
En parlant de bite d’ailleurs, le Vicomte venait de me mettre la sienne dans le vagin :
En plus, il n’a pas mis de préservatif ! Bon, à l’époque, pas de SIDA, mais la syphilis était monnaie courante. Est-ce que lorsque l’on voyage dans le temps, on peut choper des IST et des MST ?
Bon, finalement, ce n’est pas si désagréable que ça… Je suis là sans l’être, puisque je ne peux pas parler, enfin être audible, par contre au niveau sensation, je ressens bien là… Il se défend plutôt pas mal, le Vicomte ! Il n’est pas outillé comme Robin, mais d’un autre côté, moi je préfère. Mais bon, venir au 18e siècle pour une levrette ! Quelle histoire !
Par contre, le Marquis de mes fesses, il va m’étouffer, vas-y doucement ! Venir au 18e siècle pour tailler une pipe… Il y avait autre chose à faire ou à découvrir au siècle des Lumières !
Et regardez-moi l’autre, là-bas ! Robin, affalé sur une méridienne (Louis XV), en train de se faire sucer par la Vicomtesse et la Marquise ! Bon, dans ma position, je ne pouvais pas trop me permettre de critiquer. Certes, mais moi j’étais un peu forcée, prise en traître, à revers. Lui, a priori, avait moins de scrupules.
Oups, je viens d’avoir un orgasme et personne n’a rien entendu ! Une première !
Godinette ? C’est quoi ? A priori, ce n’est pas un compliment… Coqueliner la rose ? « Eeeehhhhh, mais non ! On ne touche pas à mes fesses ! ». Il va m’enculer le con !
On n’a pas inventé la vaseline au 18e ? Oups, je l’ai sentie passer celle-là quand même. Petite bite, mais quand même ! Ça passe ou ça casse, et là c’est passé !
Bon, on s’habitue à tout. Même à une sodomie. C’est un peu douloureux au début, mais après, c’est la routine en quelque sorte.
Le Vicomte était prêt à jouir, vu comment il s’agitait entre mes fesses :
Les deux éjaculèrent presque conjointement. L’un au fond de ma gorge, l’autre ayant sorti son mandrin de mon fondement s’est lâché sur ma minette.
Les deux goujats, satisfaits, ont fini par me libérer. Je pense qu’en notre 21e siècle, ils se seraient checkés, en s’éloignant sans se retourner, la bite à l’air. Si j’avais pu, je les aurais abreuvés d’insultes. Méfiez-vous, dans quelques années, une révolution va arriver ! Les aristocrates à la lanterne ! Les têtes vont tomber !
Avec toute la dignité que j’ai pu prendre, vu les circonstances, j’ai récupéré mon peignoir éponge, je me suis éloignée et me suis dirigée vers la méridienne Louis XV.
J’attrape Robin par le poignet :
Comme pour quitter l’appartement de Robin, nous nous sommes installés devant l’écran pour procéder aux réglages :
Le cube se mit à vibrer. Ça m’arrangeait, vu la tournure que prenait la conversation.
« Attachez vos ceintures, nous risquons de traverser des zones de turbulences. Voyagerdansletemps Inc., vous souhaite une bonne traversée… Merci d’avoir choisi Voyagerdansletemps Inc. »
Et ça a marché. Nous nous sommes retrouvés chez Robin !
Voilà comment se termine cette petite histoire. Vous n’y croyez pas ? Et pourtant…
PS : à l’heure où « LOL » ou « seum » apparaissent dans les dictionnaires, il m’a semblé drôle d’utiliser et de réhabiliter des mots du passé. Nous sommes à l’ère de l’image, du porno, des pénétrations en gros plan, de la surenchère visuelle, mais les mots peuvent permettre de belles métaphores aussi. Boursemolle ou gourgandine, ça avait du peps quand même, non ? Je me suis follement amusée à écrire cette histoire.
Lors de vos ébats virtuels, de vos échanges de SMS, pour « matcher », ou pour vos « dates sur pinedeur », je vous propose d’aller chercher un peu d’inspiration dans les mots et les expressions fleuries d’autrefois, ou même argotiques. Vous vous démarquerez de la horde des utilisateurs des sites de rencontre. Il y a beaucoup à apprendre de nos ancêtres.
Du Marc Dorcel avec les expressions d’Audiard, ça aurait de la gueule quand même !
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Pour les fainéants de la recherche :
(1) « Marquer midi » = avoir une belle érection
(2) « Avoir les pieds en bouquet de violettes » = avoir un orgasme
(3) « Pousser la botte florentine » = sodomiser
(4) « Faire éternuer son cyclope » = éjaculer, bien sûr !
(5) « Défriser le petit buisson » = expression imageant que les poils pubiens de Madame sont tout raides, enduits de la semence de Monsieur.
Pour les autres mots ou expressions, avec un peu d’imagination, vous trouverez sans peine. Ma préférée ? Jouer à cricon-criquette.
Avec la métaphore, la vulgarité se fait discrète tout de même !