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14/08/20
Résumé:  Une nuit slam d'un genre assez spécial.
Critères:  f h fh ff fhh grp forêt exhib fetiche pied fmast hmast cunnilingu fgode fdanus jouet uro -exhib
Auteur : Calpurnia            Envoi mini-message
La nuit du slam

Connaissez-vous le slam ? Il s’agit de déclamer sur scène un poème de sa propre composition, un seul par passage, en trois minutes au maximum, sans musique ni accessoire, étant noté sur dix par un jury choisi au hasard parmi le public juste avant le commencement, pour une compétition. Dans le cas d’une scène ouverte, chacun peut s’inscrire librement avant le début du tournoi, pour un texte ou plus.


Traditionnellement, une bière ou autre boisson est offerte à tous les poètes. Débutant ou aguerri, chacun peut tenter sa chance devant des spectateurs passionnés de mots qui envoient, qui crépitent et qui pétillent comme des portes qui claquent.


Cela faisait quelques années que je grenouillais dans l’univers slam de ma ville, et je commençais à être connue pour des textes que les oreilles chastes devaient éviter, avec une abondance de « chattes » et « cons » bien poilus, du sexe cru à faire rougir les bourgeoises bien sages qui se risquaient à venir m’entendre. Bref, j’assumais ma réputation : on me réservait généralement pour la seconde partie de la soirée.


Une nuit où je quittais la scène, une dame brune entre deux âges et dont la tenue vestimentaire tirée à quatre épingles trahissait un rang social plutôt élevé, est venue me parler en privé pour me proposer de participer à une séance spéciale. Au début, quand elle m’a expliqué ce qu’elle attendait de moi, j’ai cru qu’il s’agissait d’une blague, mais en regardant le site web dont elle m’avait fourni l’adresse, il m’a fallu constater qu’elle était sérieuse et que tout était bien organisé comme elle l’avait décrit. Après une nuit d’hésitation, je lui ai envoyé un message par lequel j’acceptais sa proposition. Au fait, la personne se prénommait Karine. C’est tout ce que je sais d’elle.


Pour cette occasion, les textes ne manqueraient pas dans mes archives. Avec rime, sans rime. Le thème imposé : l’érotisme, sous toutes ses formes, et toutes ses sexualités. Ma préférence pour les femmes devrait leur plaire.


Le moment venu, je suis arrivée en voiture avec un peu en retard, car je m’étais égarée sur les voies forestières. Il y avait de quoi : c’était l’endroit le plus perdu possible. Heureusement, la pleine lune – le jour était choisi à dessein – et le beau temps m’ont permis de retrouver ma route malgré un GPS défaillant. D’autres véhicules se trouvaient déjà garés au bord du chemin qu’il m’a fallu finir à pied parmi les ronces et les halliers, sous le hululement d’une chouette.


Une cinquantaine de personnes étaient présentes dans la clairière où l’estrade de bois avait été montée. Un groupe électrogène fournissait le courant pour la sonorisation et la lumière. La logistique était impeccable. La buvette tournait à plein régime, dans les rires et la bonne humeur. La mousse était fraîche malgré la chaleur du jour qui avait précédé. Karine, l’organisatrice de la soirée, est venue me demander mon pseudonyme pour le tirage au sort de l’ordre de passage.



Karine a lu le premier texte, non pour concourir, mais pour calibrer la notation du jury. Ensuite, on alternait une femme, un homme. Il est temps de vous révéler en quoi la soirée était particulière : les participants devaient tous être complètement nus sur la scène. En plus, il fallait de dévêtir juste avant de déclamer, devant le public et rapidement : on avait trente secondes de plus pour cela. La première à passer avait Lilith comme pseudonyme. Une femme dans la trentaine, plutôt mignonne avec ses petits seins pointus et ses longs cheveux châtains, accompagnée de son mari qui l’encourageait, car elle était timide et il y avait de quoi être intimidé, devant tant de regards. Elle a été jusqu’au bout de son texte, quand même. Sa note : 8,56, assez moyenne. Des applaudissements nourris ont récompensé sa volonté.


Le suivant était Nounours : un géant sympathique et poilu. Une grande bite, aussi longue qu’épaisse, bien violacée au bout. J’ai appris que pour les hommes, se présenter avec une belle érection était bienvenu. Certains prenaient du Viagra, d’autres s’imposaient un jeûne sexuel de plusieurs semaines avant de venir. Mais la plupart étaient si excités à l’idée de se montrer nus devant des femmes habillées qu’ils n’avaient besoin d’aucune préparation pour bander au maximum, eussent-ils baisé toute la journée qui précédait. Nounours lisait, avec son beau sceptre tendu vers la voûte céleste et des yeux brillants d’amour, un poème très touchant autant que drôle, ayant pour thème sa moitié qui l’écoutait dans le public. Tout en parlant, il tenait sa feuille d’une main et de l’autre, il se masturbait avec vigueur, comme cela était expressément permis à condition de n’utiliser pour cela aucun accessoire. Il a réussi à éjaculer juste à la fin, d’un jet si abondant que les spectateurs du premier rang en ont été arrosés. Des groupies ouvraient la bouche pour recevoir quelques gouttes de l’onction crémeuse. Parmi elles, des membres du jury. Nounours a été récompensé, non pas pour sa performance sexuelle, mais pour son poème brûlant d’amour et de désir : 9,25. Pas mal.


Celle qui devait remporter la compétition est passée ensuite : Noémie – son vrai prénom, semblait-il. La cinquantaine blonde, cheveux courts en carré, grande et bien en chair, poitrine abondante et fesses à l’avenant. Une longue cicatrice chirurgicale barrait horizontalement son abdomen. Elle ne portait qu’une robe et rien d’autre : hop, en un éclair et sans aucune hésitation, elle était dans la tenue d’Ève pour raconter l’histoire extrêmement osée de sa première expérience intime avec d’autres filles de son âge, un âge pour lequel la charte ne tolérerait pas de détails. Elle se déplumait d’une manière si naturelle qu’on aurait dit qu’elle faisait cela tous les jours : comme pour aller prendre sa douche. La bouche collée au micro, sans papier, car elle connaissait son texte par cœur, elle se donnait du plaisir tout en déclamant ses alexandrins, une main entière dans le vagin et un doigt dans l’anus. Elle se contorsionnait frénétiquement avec une délectation manifeste. Elle a atteint non seulement l’orgasme, mais une véritable extase, avec de furieuses convulsions, des yeux qui roulaient dans ses orbites, au moment même où elle terminait, juste avant la fin du temps réglementaire. Ses vers se sont transformés en un râle de volupté très rauque, les yeux fermés, à la limite de la petite mort. Elle se cambrait en arrière en giclant sa mouille, en plusieurs salves abondantes, sur le premier rang. Puis elle a enlevé brusquement sa main pour exhiber sa chatte ouverte en grand, luisante et gonflée, épilée avec soin, les seins dressés avec de grandes aréoles très brunes, le trou noir vaginal béant, offert au public, et s’est immobilisée, les bras levés vers les étoiles. L’assistance lui a fait un triomphe : 9,95 sur 10. Probablement impossible de faire mieux, tant au niveau du texte que de la présence sur scène. Avant de se retirer, elle est tombée à genoux, haletante, couverte de sueur et ivre de volupté. J’en suis restée troublée de tant d’audace.


Je ne me souviens pas de l’homme qui est passé ensuite. Difficile de succéder à la déesse Noémie. Sa prestation a été courageuse, mais je crois que sa note n’a pas été à la hauteur de ses espérances. Il n’a pas eu de chance. Une autre femme, après, dont j’ai oublié le nom. Je me rappelle seulement qu’elle avait ses règles qui étaient particulièrement abondantes et dont elle nous montrait fièrement tous les sanglants détails, et que son texte avait justement les menstruations comme sujet. Avec ses mots crus, elle affrontait le tabou en pleine lumière, quitte à faire se froncer les sourcils des messieurs un peu trop délicats. En se déshabillant, elle a jeté son tampon dans le public. Son offrande pour les fétichistes. Accessoire interdit ? Précisément, elle s’en est débarrassée avant de commencer à parler.


Puis un autre poète. Mon tour est venu après. Mon cœur a bondi quand j’ai entendu Karine prononcer mon nom de scène. J’avais envie de faire pipi. Je n’aurais pas dû boire autant de bière, mais sans aller jusqu’à l’ivresse, j’en avais besoin pour me sentir détendue. Trop tard pour passer aux toilettes. D’ailleurs, il n’y en avait pas : il fallait se réfugier dans les sous-bois sombres. Je me suis levée de mon banc comme un zombie.


Il est si troublant de se dévêtir en public ! Car je n’ai rien de rien d’une mannequin juvénile, rien d’une poupée Barbie à la taille de guêpe, rien d’une Miss France ni rien des filles tout juste majeures qui posaient pour les papiers glacés des revues de charme avant l’arrivée d’Internet. Juste le corps d’une femme ordinaire de quarante-neuf ans. Vont-ils me juger sur mon physique plutôt que sur mon texte et ma manière de dire ? J’ai senti monter en moi un sanglot, celui d’un regret. L’espace d’une seconde, je me suis reproché d’avoir imprudemment accepté ce défi, et envisagé de m’enfuir en courant. Mais une seconde seulement… Il me fallait prendre ce risque. Car il s’agissait à la fois d’une torture pour la pudeur et d’un délice de dévergondage : exquis supplice, cruelle délectation… la réalisation d’un fantasme si ancien… une petite dose de masochisme… je n’imaginais pas cela possible !


Heureusement, je ressentais la bienveillance des spectateurs pour une débutante dans ce genre de libertinage. Je rougissais, en train d’imaginer que ma mère m’observait, courroucée, prête à me punir d’une fessée déculottée bien méritée comme j’en recevais quelquefois, et pendant ce temps, bêtement, je m’empêtrais dans mes vêtements. Je demeurais dans un état second, dans lequel j’aurais pu m’évanouir. Mes mains tremblaient ; comme prise de fièvre, je n’arrivais pas à dégrafer, dans mon dos, mon soutien-gorge afin de libérer mes seins durcis par le désir. J’aurais dû m’en passer, comme Noémie, en simplifiant ma tenue de départ au strict minimum. Dans un silence épais, le public percevait mon trouble et je sentais que cela l’excitait au plus haut point. Puis, après une courte hésitation, j’ai avalé ma salive, et voici la culotte, ultime barrière de pudeur ! Je mouillais déjà : elle en avait fait les frais. Une jambe, puis l’autre. Le tissu tombe sur les planches dans un bruit qui me semble assourdissant, c’est fait, plus rien sur la peau sous le flot lumineux du projecteur. Montrer aux spectateurs ma petite toison au buisson naturel ! Comme je suis plutôt petite, il m’a fallu penser à ajuster la hauteur du micro à ma taille. Le vent doux de la fin de l’été caressait mon épiderme. Il ne faisait pas froid, ou alors, je ne le ressentais pas malgré ma nudité. Le climat était même plutôt torride. Je transpirais.


Enfin nue, vêtue seulement de mes lunettes dont j’avais besoin pour lire – le seul accessoire toléré –, agrippée au micro comme à une bouée de sauvetage, j’ai commencé à déclamer mon texte, en me concentrant sur ma diction et oubliant progressivement que j’étais en train de m’exhiber en pleine lumière, pour un public plongé dans l’ombre, une foule qui me paraissait immense et dont ne pouvais pas discerner les détails, mais seulement deviner dans une rumeur confuse de murmures, de souffles profonds et d’onanismes humides, braguettes baissées sur ma nudité exposée à tous et toutes, verges sorties, branlées à pleine main, parfums de rosée masculine, féminine, doigts dans les culottes, voire godes bien lubrifiés, enfoncés délicatement dans les deux orifices. Tout était permis, sauf de faire trop de bruit, pour ne pas perturber la personne qui s’exprimait.


La fessée maternelle que je pensais mériter tout en me déshabillant : c’était le thème de mon texte, en alexandrins à rimes croisées, avec beaucoup d’assonances et d’allitérations. Je l’avais écrit le matin même, seule devant mon ordinateur, complètement nue et en me caressant, comme à mon habitude. Puis j’avais répété dans la même tenue, à haute voix, devant un miroir, plusieurs fois pour trouver le bon rythme, sans oublier de me chronométrer afin de respecter la fameuse limite des trois minutes au-delà de laquelle on encourt une pénalisation.


Et le fantasme se fait verbe ! Je mimais les punitions que je recevais à l’internat de la part des bonnes sœurs, en me claquant moi-même, de toutes mes forces, les fesses qui devenaient écarlates au plus près du micro, pour que chacun puisse bien entendre. Ensuite, arrivée à la moitié du poème, j’ai commencé à tripoter mon clitoris dans tous les sens, avec mon majeur, les jambes écartées. Dans le texte, il était question d’être enfermée nue dans un cachot obscur et plein de toiles d’araignées, après une humiliante séance publique de flagellation du bas du dos afin de servir d’exemple à celles, dans le pensionnat de jeunes filles, qui s’adonnent au péché solitaire de l’abus de soi-même. Les autres pensionnaires, horrifiées, assistent à mes tourments, vêtues de leurs sévères uniformes, tandis que j’ai été forcée de me dévêtir devant toutes comme je me suis dévêtue devant mon public. Bien sûr, une fois emprisonnée, je me livre avec délectation à ce pour quoi j’ai été sanctionnée, avec l’aide bienvenue d’une compagne d’infortune venue bientôt me rejoindre pour avoir commis la même faute. Nous nous consolons ensemble, et séchons nos larmes à grand renfort de langues fouillant le sillon intime, entre autres blandices complices, pour nos fesses meurtries et toutes rouges. Quitte, en récidivant, à expier de nouveau sous l’impitoyable férule de la mère supérieure, encore et encore. Voilà pour l’histoire que je racontais.


Sur la scène, une terrible envie d’uriner exacerbait le plaisir en labourant mon ventre de sensations incendiaires. J’avais l’impression que ma vessie était sur le point d’exploser. J’ai même envisagé d’ouvrir les vannes sur la scène et d’arroser le premier rang. J’aurais dû, parce que quelqu’un d’autre l’a fait après mon passage, et ce geste a plutôt été bien accueilli. Mais avec cette masturbation brouillonne, j’ai mis le feu à mon ventre, mais je n’ai pas eu le temps d’atteindre la jouissance : il m’aurait fallu quelques minutes de plus. Vers la fin, j’ai entendu une femme hurler sa joie, au fond, vers les derniers rangs. L’avais-je tant inspirée qu’elle ne puisse retenir ses cris ?


Je pense avoir fait une honnête prestation avec une note de 9,15 : loin de m’assurer la victoire, cependant. J’ai cru que Noémie avait l’habitude de se montrer de la sorte, mais par la suite, j’ai su que non : c’était également la première fois pour elle. Elle avait ce spectacle en elle et a su tout donner. Puis je suis rhabillée, et me suis immédiatement soulagée dans le sous-bois où d’autres gens en faisaient autant. Bien que lesbienne, j’ai toujours trouvé intéressant de voir un homme pisser debout, bien campé sur ses jambes, et celui que je regardais ne faisait rien pour dissimuler son anatomie sous la lueur lunaire. Je me suis approchée de lui. C’était Nounours. Il avait le pantalon et le slip aux chevilles. Une femme qui restait dans l’ombre et que je n’avais pas remarquée tout de suite – la sienne ? – se mettait à quatre pattes afin de recevoir sur son visage l’onction parabolique qui jaillissait. Puis ils ont inversé les rôles, et j’ai vu qu’elle était celle qui avait déclamé un poème au sujet de ses règles. Lorsque le flux s’est tari, Nounours, toujours à genoux devant sa dulcinée, lui a prodigué un cunni, pendant que debout sous la Lune, la jupe relevée, elle attrapait les cheveux pour le guider en chuchotant des mots tendres. Je me suis attardée pour admirer ce ravissant spectacle, accroupie dans l’ombre. Quand elle s’est rendu compte que je l’observais, la dame m’a souri. J’avais envie de lui caresser les seins pendant que son homme la broutait infatigablement, mais, alors que je m’avançais, elle m’a fait « non » de la tête, et je suis retournée m’asseoir sur mon banc en pensant que j’allais devoir me satisfaire toute seule, tout en assistant à la suite du tournoi. La pause se terminait. Karine a battu le rappel des poètes libertins.


Je me suis assise à côté de Noémie. Celle-ci m’a dit que c’était elle qui avait joui pendant ma prestation, et qu’elle était désolée de n’être pas parvenue à rester silencieuse à ce moment-là, en espérant ne pas m’avoir trop déconcentrée par ce manque de discrétion. Je lui ai pardonné de tout cœur cette incartade au règlement et lui ai murmuré que j’étais frustrée, car tout au bord d’un orgasme qui ne voulait pas venir. Pendant la lecture des autres textes, elle a glissé une main coquine dans mon pantalon, et elle a su faire éclater le spasme qui demeurait bloqué depuis mon passage sur la scène. Elle avait des doigts de fée en exerçant juste la pression qu’il fallait sur ma petite colline des délices. Mon Dieu, que c’est bon. Je lui léchais les doigts de son autre main puis, au moment de jouir, je l’ai embrassée à pleine bouche, langues roulées l’une sur l’autre.


D’autres gens, autour de nous, agissaient de même. Dans la nuit lunaire, ils devenaient ombres chinoises. L’envoûtant parfum du stupre se mêlait à celui des pins. Près de nous, un couple gay pratiquait la sodomie avec passion, mais sans bruit, inspiré par un poète qui s’exprimait sur le même sujet. Deux autres hommes nous regardaient, l’air gourmand, au lieu de s’intéresser à la scène. Heureusement, ils ont bien compris qu’il fallait s’abstenir de me toucher. Noémie, pour sa part, ne s’y opposait pas, pourvu que ce fût discret, afin de ne pas perturber le spectacle. Ils se sont mis à genoux pour lui sucer les petons couverts de poussière – elle avait l’habitude de marcher pieds nus – pendant qu’un slammeur septuagénaire et fort en verve déclamait un torrent de vers brûlants et obscènes, tout en éjaculant sur les planches une averse de semence, sous les applaudissements du public – enfin, ceux et celles parmi les rares personnes à être parvenus garder leurs deux mains disponibles.


Nos deux Don Juan se sont branlés dans les orteils de Noémie, à raison d’un pied chacun, ils y ont déversé leur foutre gluant qu’ils ont ensuite aspiré dans le but de laisser propre cette partie du corps de la belle dont, pendant ce temps, je pelotais les seins à pleines mains, collée contre elle, mon ventre contre son dos. Elle se caressait elle-même comme elle le faisait sur la scène. Je lui ai chuchoté à l’oreille que j’aurais aimé porter un gode-ceinture afin qu’elle s’assoie dessus, comme si j’étais un homme. L’un des deux amants des pieds m’a entendue, et il s’est relevé pour aller chercher ce que je demandais ; il m’a dit que l’objet appartenait à son épouse, car ils pratiquaient le chevillage. J’ai donc revêtu l’engin et Noémie s’est donc assise sur moi. La longue verge artificielle fouillait profondément son anus. Ma main parcourait sa cicatrice. Son bassin oscillait de gauche et de droite. Je l’ai sentie se contracter au moment de l’orgasme anal. Elle s’est cambrée, a soupiré. À ce moment, je crois que j’ai vraiment aimé Noémie. J’ai surtout aimé ses fragrances de femme. Les deux types continuaient leur adoration des pieds, imperturbables, comme si plus rien n’existait en dehors de cette partie du corps qu’ils vénéraient.


Le tournoi s’est poursuivi jusqu’aux premières lueurs de l’aurore. À la fin, Karine nous a servi du café, et nous sommes tous venus célébrer le triomphe de Noémie, qui est remontée sur scène. La récompense de sa victoire : tous ceux qui la désiraient pouvaient venir la prendre de la manière qu’ils voulaient. Nymphomane assumée, elle consentait à toutes les positions et tous les partenaires, quel que fût leur genre. De plus, elle a gagné un magnifique godemiché en bois sculpté, de toute beauté. La séance s’est achevée dans l’orgie la plus confuse. J’avais sommeil et je me suis contenté de regarder. D’autres sont remontés sur scène pour déclamer de nouveaux textes, cette fois sans notation du jury, mais tout aussi osés. Bercée par tous ces mots, j’ai dû m’endormir, couchée à plat ventre sur l’herbe.


Nous avons tous aidé au rangement du matériel, puis, en fin de matinée, j’ai raccompagné Noémie chez elle, parce qu’il lui fallait un covoiturage. Elle m’a dit qu’elle vivait seule pour le moment, mais qu’elle avait l’habitude de multiplier les partenaires. Elle m’a donné son gode, car elle en possédait déjà beaucoup et n’en avait pas besoin. Mais avant, elle s’en est servi une dernière fois, les pieds nus posés sur la console et les cuisses écartées sous sa robe légère. Puis elle a voulu me pénétrer avec cet objet phallique pendant que je conduisais, tout en déclamant à nouveau son texte, rien que pour moi. Comme c’était dangereux de rouler dans ces conditions, je me suis arrêtée sur le bord de la route et toutes deux, nous nous sommes tendrement aimées dans la clarté de midi.