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n° 19740Fiche technique112709 caractères112709
19310
Temps de lecture estimé : 78 mn
01/08/20
corrigé 05/06/21
Résumé:  D'un vieux grimoire sortent succube et incube, qui bouleversent la vie d'un village paisible.
Critères:  #fantastique #sorcellerie fh fhh extracon profélève grossexe bizarre campagne travail fellation pénétratio sandwich fsodo
Auteur : Roy Suffer  (Vieil épicurien)            Envoi mini-message
Le grimoire




Le fourgon, coiffé d’échelles et d’éléments d’échafaudage, s’arrêta devant la vieille église. Un jeune homme en descendit, le maire était déjà là.



Il poussa la petite porte de bois et entra, suivi du jeune homme. Celui-ci émit un long coup de sifflet et déclara ;



Il courut jusqu’à la camionnette et revint avec deux casques de chantier dont les deux hommes se coiffèrent. Les ravages du temps, les infiltrations dues à la toiture percée en de multiples endroits, avaient eu raison de l’édifice. Des pans entiers de plâtre et d’enduit jonchaient le parquet, en partie pourri, et de grosses pierres de taille menaçaient de tomber à tout moment. Cette sacristie était accolée au corps principal à hauteur du transept, juste à l’opposé de la chapelle de la Vierge dont elle faisait le pendant. Bien moins haute que l’église, elle était malgré tout faite de voûtes en demi-cintre de pierres taillées se croisant en son centre, dans un style vaguement roman. Éclairée par des vitraux sans valeur de losanges jaunes parsemés de rouges, toute la partie basse était couverte par un lambris de bois, du chêne apparemment, qui dissimulaient quantité de placards servant à ranger tous les objets du culte : vêtements du prêtre, accessoires, et même les ustensiles d’entretien de l’église.


Mais tout ceci ne servait plus depuis longtemps, depuis le décès du dernier curé, il y avait une quinzaine d’années. Depuis, il n’y avait plus qu’un curé pour tout le canton, et c’était un diacre qui disait la messe du dimanche et enterrait les défunts. Drôle d’histoire, pas éclaircie, que la mort de ce curé. Il était arrivé au village un peu après la guerre, au début des années cinquante, jeune homme frais émoulu du séminaire. Gai, affable avec tout le monde, très actif avec les enfants du catéchisme et toujours prêt à aider les familles en détresse, il avait rapidement rempli de nouveau la petite église. Capable de troquer sa soutane contre un bleu de travail, il s’était mis en devoir de restaurer l’intérieur de la vieille église avec l’aide de quelques bonnes volontés. Il travaillait avec les hommes après leurs journées de labeur, et courait la campagne pendant la journée pour solliciter partout un peu d’argent ou de matériel pour son chantier.


Les femmes du village, subjuguées par l’ardeur du jeune curé, donnaient aussi de leur temps et de leur peine pour maintenir les lieux impeccables, malgré le chantier, et décaper bancs, statues, chemin de croix et ustensiles du culte, participant ainsi à la rénovation. Au bout de deux années d’efforts, la petite église semblait presque neuve, plus claire avec ses vitraux lavés, son enduit de sable et de chaux jusqu’à la voûte de châtaignier, son pavage décapé et jointoyé, ses bancs ayant retrouvé leur éclat d’origine. On fit une cérémonie inaugurale, en présence de l’évêque du diocèse, suivie d’un grand banquet champêtre pour lequel chacun avait apporté son panier. Lors de son sermon, sur la chaire étincelante de vernis frais, le jeune curé remercia chaleureusement ses fidèles, tous présents dans une église presque trop petite, et loua le Seigneur de l’avoir aidé dans sa tâche et mobilisé tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. Il déclara qu’il ne restait plus que la petite sacristie à rénover, mais que, avec l’aide de Dieu, il s’en chargerait seul maintenant qu’il avait tout appris au contact des hommes de l’art qui l’avaient aidé. On l’applaudit vigoureusement et, à la fin de l’office, tout le monde vint serrer chaleureusement les mains du prêtre devenues calleuses.


Il avait également maigri, pris quelques rides et quelques poils blancs sur les tempes. Nombreuses étaient les commères qui s’inquiétaient pour leur petit curé qui en faisait trop et semblait bien fatigué. Il reçut donc, dans les semaines qui suivirent, nombre de conseils de repos et autant de dons de victuailles pour « le remonter ». Mais chaque soir, la lumière brillait dans la sacristie où le petit curé grattait, frottait, lessivait lambris et plancher, et enduisait la voûte vieillissante. Et puis le temps passa et on oublia cet épisode grandiose de la vie du village. La télévision s’installa dans les foyers qui refermaient tôt leurs volets, chacun ne se préoccupant plus du voisin. On allait également de moins en moins à la messe, puisqu’elle était diffusée chaque dimanche matin, directement à la maison. On n’entendait plus non plus parler du petit curé qui semblait suivre le mouvement général, se contentant d’une douzaine de fidèles vieillissants à chaque office. Ce n’est qu’au cours des années quatre-vingt, lors de la traditionnelle procession de la communion solennelle, que Gustave, patron du bistrot et mauvaise langue s’il en est, remarqua :



Et puis ça n’alla pas plus loin. Jusqu’au dimanche de cette année 2001 où la poignée de grenouilles de bénitier se retrouva devant porte close sans avoir été prévenues. Scandale ! Elles allèrent frapper à la cure, sans réponse. Elles alertèrent le maire, agacé dans son repos dominical par ces harpies catholiques ne faisant pas partie de son électorat. Il appela la gendarmerie du canton. On fit venir un serrurier et la porte de l’église céda enfin. C’est dans la sacristie, où régnait une odeur nauséabonde de corps en décomposition, que l’on trouva la dépouille d’un vieillard, nu, à plat ventre sur le plancher. De conjectures en supputations, les commentaires allèrent bon train. Une équipe de la police scientifique fut déléguée sur place. Une enquête fut menée par la gendarmerie. De maison en maison, le brigadier et son acolyte compulsèrent des milliers de photos de familles, notamment celles des communions et mariages où l’on pouvait voir le petit curé. Les conclusions de l’enquête ne furent pas diffusées à la population, mais réservées au diocèse. Force était de constater que, depuis les travaux remontant aux années cinquante, le petit curé n’avait absolument pas vieilli ; il était resté identique, sans le moindre signe de vieillissement, que ce léger grisonnement des tempes. Or, le médecin légiste était formel, le corps du vieillard retrouvé dans la sacristie était bien celui du prêtre, mort d’une crise cardiaque, nu dans sa sacristie. Le diocèse mit un couvercle opaque sur l’affaire qui, hormis un titre ronflant de la presse locale, ne dépassa pas les bavardages du canton. Un clou chassant l’autre, on n’y pensa bientôt plus.



Bon. Voilà un bon chantier, au moins deux mois de travail et puis facturer ça sur deux années budgétaires, il allait pouvoir se sucrer le Rodolphe. Non pas qu’il soit roublard, non. Mais il faisait tellement de petits boulots, juste pour rendre service, qu’il fallait bien se rattraper une fois de temps en temps. Il ne roulait pas sur l’or, tout juste de quoi vivre chichement une fois son employé payé. En même temps, il avait peu de besoins. Il vivait dans la maison de ses parents, des agriculteurs tous deux morts d’un cancer, et il louait les terres dont il avait hérité qui lui rapportaient presque plus que son travail. C’est vrai qu’il n’était pas très futé, qu’il avait presque eu son CAP de maçon, mais c’était à cause du français qu’il avait échoué deux fois. Mais travailler, ça il savait. Alors il s’était quand même installé à son compte, et comme la commune n’avait pas de maçon, il avait toujours du travail. Il n’était pas très bon en maths non plus, et la gestion de sa petite entreprise était plus que douteuse. Il en avait pris son parti, et faisait juste face aux recommandés qui arrivaient quotidiennement et achetait son matériel en payant cash, « au cul du camion » comme il disait.


Aucune fille de la commune ni des patelins voisins n’avait été tentée par ce garçon, qui vivait sa sexualité entre revues pornos et films X sur Canal + sans décodeur. Et pourtant, si les filles avaient su… Rodolphe avait beau être un bon garçon un peu benêt, enfant de vieux puisque ses parents avaient plus de quarante-cinq ans quand ils l’ont eu de façon inespérée, la nature s’était rattrapée en le dotant d’organes sexuels hors du commun. Aucun étonnement de sa part devant les photos ou les films de Rocco Siffredi. Lui se tenait le manche à deux mains, de grandes paluches calleuses qui n’arrivaient pas à faire le tour, et ce qui dépassait pouvait encore être utile à plus d’une. Sur ce plan comme sur d’autres, il avait plus de l’âne que de l’homme, à croire que sa défunte mère avait fauté avec la gent asine. Lui croyait niaisement que tout le monde était doté de la même façon, et ce n’étaient pas ses « lectures » qui pouvaient l’en dissuader.


Rodolphe revint donc trois jours plus tard sur ce futur chantier, constatant que le maire avait suivi ses conseils et fait encercler la sacristie de barrières de sécurité. Il prit son casque et fit une visite personnelle et intéressée. Il ne savait peut-être pas grand-chose, mais reconnaissait au premier coup d’œil ce qui a de la valeur. Ainsi, tous ces lambris ouvragés pouvaient être récupérés et refourgués dans des maisons cossues comme portes de placards. Le parquet, de chêne également, pouvait être en partie récupéré. Sans compter l’estrade et même les vitraux qui feraient halluciner les Parisiens et les Anglais qui achetaient des fermes dans le coin. Même les pierres de voûtes pouvaient être récupérées et revendues un bon prix, quitte à les retravailler un peu pour en faire des cheminées. Suffisait d’une poutre dessus et le tour était joué. Et les poutres, c’était pas ce qui manquait ! Au-dessus comme au-dessous, il y en avait à la demande, grosses, anciennes, patinées et vermoulues à souhait. Rodolphe se frotta les mains et se dit qu’il allait se faire des « couilles en or », organes qu’il avait aussi énormes.


Il rentra à la maison et se mit en devoir de débarrasser l’ancienne grange du père, là où il comptait entasser tous ces trésors. Dans les semaines qui suivirent, il commença par démonter les lambris et les ramener chez lui presque intacts, tronçonna la base du Christ en bois et l’entreposa dans l’église. Puis il s’attaqua à la grande console de chêne qui supportait la croix sous les vitraux. Servant de support, un gros bloc de chêne sculpté d’une inscription latine lui donna du fil à retordre. Ce bloc de bois, qui semblait tout d’une pièce, était encastré dans six gros jambages par de profondes mortaises, le tout camouflé par les panneaux de la grande console. Pas un clou, pas une vis, que des tenons et mortaises. Ah ! On savait travailler en ce temps-là ! Et les chevilles qui assemblaient le tout étaient, avec le temps, devenues presque indétectables. Il tapa, poussa, souleva, mit des vérins. L’écho de chaque coup de masse faisait tomber quelques morceaux de voûte, il risquait sa vie dans ce chantier. Enfin, des interstices apparurent, juste de quoi glisser la lame d’une scie qui, tranchant les chevilles, permit de tout décoller. Le fourgon repartait chaque soir chargé de boiseries qui dépassaient par les portes arrières restées ouvertes.


Dans un premier temps, il entassa. Puis il s’attaqua à la toiture, laissant tomber les ardoises pourries et abîmées, empilant soigneusement celles qui pouvaient encore servir. Liteaux et chevrons partirent en bois de feu, revendus à vil prix chez des clients, et il récupéra les poutres. Enfin, avec d’infinies précautions, il tronçonna à la disqueuse tous les supports des vitraux qu’il emballa soigneusement dans des bâches. En un mois, la sacristie était désossée et il ne restait plus que le gros œuvre. Les lambris retirés laissaient apparaître des murs rongés par l’humidité, et la voûte ne semblait plus tenir que par la fine couche d’enduit que l’ancien curé avait faite. De l’extérieur, l’aspect était plus lamentable encore. Il monta un échafaudage au-dessus de la voûte, perça des trous autour de la clé qu’il amarra solidement. Cette pierre délicatement ouvragée en corolle de fleur semblait valoir une fortune. Il suffit alors d’un coup de masse bien placé pour que tout tombe d’un coup dans un incroyable fracas de bruit et de poussière. La clé de voûte oscillait doucement, suspendue à l’échafaudage, il fallut un palan pour la descendre sans la briser. Une par une, toutes les pierres de taille s’empilèrent dans le fourgon qui fit de nombreux voyages. Le maire satisfait prêta le camion et deux employés communaux pour finir de déblayer le chantier. Il n’était pas dupe du petit trafic du jeune maçon, mais il ne pouvait guère lui en vouloir, connaissant sa situation précaire. Au moins espérait-il ainsi que l’église serait en bon état pour la Noël, et qu’il serait en paix avec les cathos. Ce qui fut fait.


Avec le froid, le travail était un peu à l’arrêt pour Rodolphe qui se mit donc en devoir de trier ses trésors. Il installa le long des murs de la grange quelques mètres de lambris soigneusement décapés, reconstitua l’ogive d’une fenêtre, par simple empilement, avec un vitrail nettoyé, simula une cheminée de pierres empilées supportant une grosse poutre. Sa grange était devenue une véritable brocante immobilière. Lorsque des Anglais lui demandèrent un devis pour réparer leur « old farm », exigeant d’utiliser des « old stones », il les amena jusque chez lui. Dans la grange, le roast-beef fit des bonds en tous sens, hurlant ;



Heureusement que son épouse baragouinait quelques mots de français :



Puis vint le temps de la négociation, autour de la table de cuisine.



Bingo, pensa Rodolphe, là-dessus je vais faire la culbute, vu que c’est à peu près ce que je vais compter au maire, en prix d’ami. Et puis c’était un bon mois de travail assuré dans la grange du rosbif, voire plus. Le jeune maçon était très satisfait de son coup. Il rangea le précieux chèque et retourna dans sa grange. Il lui restait ce maudit socle de croix emmanché dans ses six pattes, qu’il n’avait pas réussi à démonter. Pourtant, avec son inscription en latin, ça aussi ça devrait lui rapporter. Il eut beau le tourner dans tous les sens, il ne trouva pas le moyen de le démonter. Comme il l’avait un peu abîmé en tronçonnant le pied de la croix, il faudrait de toute façon le poncer et le teinter. Alors il se dit que scier les pattes ne serait pas grand-chose de plus. Ce qu’il fit. Il lui restait comme un gros coffre qui pouvait éventuellement servir de piédestal pour une statue, ou une armure chez l’Anglais. Il se mit donc à le poncer soigneusement avec une ponceuse vibrante. Tout se passa bien jusqu’au moment où l’objet, comme ça arrive parfois lorsqu’il n’est pas fixé dans une presse, se mit à vibrer avec la ponceuse. Et là, un déclic se produisit et la façade s’ouvrit, laissant tomber un paquet sur le sol. Interloqué, Rodolphe s’interrompit et regarda tout ça avec effarement. L’intérieur de la porte montrait une jolie petite mécanique, à peine rouillée, que les vibrations avaient perturbée. En fait, chaque levier déclenchant la serrure correspondait à chacun des trois « O » du texte ;


Visita

InteriOra

Terra

RectificandO

Invenies

Occultum

Lapidem


Ainsi, avec deux doigts et le pouce placés sur les « O », on pouvait ouvrir facilement cette trappe et découvrir cette cache taillée dans la masse, juste l’emplacement de l’objet tombé au sol, un vieux livre, semblait-il. Les lettres gravées en creux ne laissaient pas soupçonner que les « O » étaient en fait des touches mobiles, le fil du bois ayant été soigneusement respecté. Rodolphe s’amusa un peu avec ce mécanisme, y pulvérisa un voile de lubrifiant, jusqu’à ce que le système fonctionne parfaitement. Ce serait une sacrée plus-value, et oui décidément, un parfait support pour une armure chez l’Anglais. Restait à trouver l’armure, il allait fouiner. Il posa le vieux grimoire sur un coin de l’établi et continua de poncer, de teinter et de polir le superbe socle à trappe secrète. Quand il fut à la fois satisfait et fatigué, il rentra en emportant le grimoire qu’il posa négligemment sur la table, se servit un verre de vin et alluma la télé. C’était un jeu dans lequel les gens devaient former des mots avec des lettres ou trouver le bon résultat avec des nombres… Pas son fort. Comment pouvait-on s’amuser avec ça ?



Il éteignit le poste, un énorme truc à tube hérité de ses parents, et se fit frire quatre œufs de ses poules, ce qui, avec une tranche de pain, ferait son dîner. Une fois le ventre plein, il repoussa sa vaisselle et jeta un œil sur le grimoire. Un vieux bouquin relié de cuir épais, avec une large bride qui le fermait, passant derrière une sorte de camée de bronze travaillé et incrusté de cinq pierres, une grosse rouge au centre, deux vertes et deux bleues autour, plus petites. Il tira sur la bride, large comme une ceinture, rien ne vint. Il pensa bien la trancher d’un coup de couteau, mais se dit que, s’il l’abîmait, l’objet perdrait de sa valeur. Alors il s’escrima sur le camée, se cassa un ongle en essayant de le soulever, essaya de le tourner dans un sens, dans l’autre, rien à faire. Il constata quand même que, s’il appuyait fortement dessus, le décor s’enfonçait légèrement. Avec la paume de la main, il essaya d’appuyer en tournant dans un sens, rien, dans l’autre et là, le bijou tourna d’un quart de tour et se souleva enfin. Il put tirer sur la bride qui coulissa, dégageant une inscription écrite en cercle au fond du creux ;


Femuavuar imbotru purfure mabit


Il déchiffra les mots à voix basse, encore du latin ou un truc comme ça, pensa-t-il. À ce moment, le plafonnier clignota et s’éteignit tandis que l’air autour de lui sembla crépiter.



Ça alors, qu’est-ce que c’était que ce tour de magie ? Mais, comme on lui avait si souvent dit à l’école d’essayer encore, il obtempéra machinalement en faisant attention à bien appliquer les instructions et lut ;



Une sorte de cataclysme se produisit alors dans la cuisine. L’air crépita de petits éclairs et devint soudain lumineux et bleu, un faisceau orangé monta du camée posé sur la table, un vortex se forma autour, les éclairs tournèrent et se concentrèrent, Rodolphe tomba à la renverse avec sa chaise en jurant :



Tandis qu’il essayait de se ramasser et de retrouver ses esprits, une forme de plus en plus précise se constitua sur la table. Et quelle forme ! Une nana comme ça, y en avait que sur les magazines de cul. Des seins, des hanches, des fesses, des cheveux blonds vaporeux… « Le canon , pensa-t-il »



La lumière revint, la belle fille nue sauta de la table, sa lourde poitrine accompagnant son mouvement de vastes sursauts. Rodolphe était muet, hébété, mais bandait déjà.



Pendant quelques instants, Rodolphe était tellement éberlué qu’il en avait oublié de bander. Mais en posant ses grosses pattes sur les cuisses et les gros nichons qui s’offraient à lui, la forme revint vite. Comment allait-il l’appeler ? Martine, non, c’est comme la boulangère qui est beaucoup moins belle. Oui, comme celle du magazine, Mélissa. C’est ça, Mélissa, ça lui va bien.



Il alla prendre une douche et se fit couler longtemps l’eau sur la tête. Était-il en train de rêver ? Il ferma le robinet d’eau chaude et la douche devint glacée. Non, il était bien réveillé. Quand il sortit de la salle d’eau, juste ceinturé d’une serviette, il ne trouva plus personne dans la cuisine. Mais la porte de la chambre était grande ouverte, la pulpeuse Mélissa l’attendait sur le lit. À vingt-huit ans, Rodolphe n’avait pas encore connu l’amour, il était puceau. Trop timide avec les filles, et puis pas assez de filles dans le village. Alors il s’était réfugié dans les magazines, les films X et l’onanisme. Et les filles pour lesquelles il se masturbait étaient autrement plus belles que celles qu’il rencontrait. Sauf cette Mélissa. Rien qu’à sa vue, la serviette se souleva. L’énorme pénis du calibre d’un manche de pioche s’éleva par à-coups jusqu’au nombril, et quand Mélissa s’empara de l’engin il crut s’évanouir. Pour un dépucelage, ce fut un dépucelage. Le succube lui fit subir toutes les turpitudes dont il était capable, et Rodolphe vanné s’endormit alors que le coq commençait à chanter. Quelques petites heures plus tard, le maudit réveil sonna. Le jeune homme faillit tomber en posant les pieds par terre, tellement ses jambes flageolaient.



Quand il sortit de la douche, encore complètement dans le gaz, la table de la cuisine était couverte de croissants tièdes, pain grillé, charcuterie, confitures, fruits, il eut même du mal à trouver son bol de café. D’où sortait-elle tout ça, mystère. Elle n’avait pourtant pas eu le temps d’aller au bourg faire des courses, surtout à pied et à poil… Il but une gorgée de café, délicieux. Il mordit dans un croissant, puis une tartine, puis une tranche de jambon et encore un croissant, un fruit. Hum… À chaque bouchée, il se sentait mieux, plus fort, plus éveillé, plus lucide. C’est comme si une puissante énergie diffusait en lui. Quand il se sentit en pleine forme, il déclara aller travailler, Mélissa lui répondit qu’elle s’occuperait de la maison. Rodolphe s’étira sur le pas de la porte et réfléchit un instant. Il pleuvait et il faisait froid, impossible de travailler dehors, il irait donc chez les Anglais ce qui débarrasserait sa grange. Le vélomoteur de son commis ronronna sur le chemin, ils chargèrent un premier fourgon.


Arrivés dans la longère, ils visitèrent la grange avec les propriétaires ravis. On placerait deux vitraux à la place de la grande porte et deux autres sur le pignon, en montant une cheminée entre eux. L’immense mur du fond serait couvert d’étagères, fermées par les lambris de la sacristie. Il faudrait rehausser le sol par une dalle béton jusqu’au niveau de la salle voisine et, au-dessus des bibliothèques, créer une mezzanine à hauteur du couloir des chambres avec les poutres et parquets récupérés. Isolation et voliges sous le toit, lustres suspendus aux poutres, l’idéal serait de trouver un escalier en colimaçon pour donner accès à la mezzanine. C’est parti. Rodolphe se sentait fort et puissant et travailla comme un acharné, au désespoir de son commis qui avait du mal à suivre. Il rentrait déjeuner chaque midi, Jeannot, le commis, cassait la croûte sur place, ayant apporté sa gamelle.


Mais Rodolphe était attendu par Mélissa. La maison en était transformée. Claire depuis que les vitres étaient faites et les murs lessivés, propre et sentant bon, sans vieille vaisselle traînant dans l’évier jusqu’à épuisement du stock, draps et rideaux lavés, table nappée, couvert dressé, c’était rudement bien d’avoir un succube. En plus, Mélissa se promenait toujours dans la plus intégrale nudité, le faisant bander au premier regard. Quand il arrivait, elle lui demandait ce qu’il avait envie de manger, mettait la cocotte ou la casserole sur le feu, et le met désiré était servi dans la minute. Vraiment pratique. De plus, quand le jeune homme ingurgitait cette nourriture, il sentait une incroyable énergie courir dans ses veines. Profitant de cette puissance, il ne manquait pas de récompenser son étrange amante en la pilonnant puissamment sur un coin de table. Il était fréquent également que, pendant qu’il déjeunait, elle se glisse sous la table et lui pompe délicieusement le dard tandis qu’il se goinfrait. C’était la vie rêvée.


Cependant, plein de choses avaient changé, qui se voyaient moins. Depuis cette nouvelle expérience sexuelle avec Mélissa, Rodolphe regardait la vie et surtout les femmes autrement. Martine, la boulangère, par exemple : c’est sûr, elle avait de gros nichons. Mais comment était sa chatte ? Est-ce qu’elle aimait se faire « arranger » ? (expression locale pour dire ce que vous pensez). Son boulanger de mari avait un ventre énorme et comme elle était bien en chair, sans être grosse, ça devait pas être facile… Et la Jeanine, avec qui il était allé en classe, sèche comme un coup de trique, est-ce qu’elle avait des petits seins pointus, ou bien des œufs sur le plat ou encore des gants de toilette ? Bref, son regard sur le monde et notamment sur la gent féminine avait changé. Et quand un jour l’Anglaise les invita à prendre le thé, déclarant ;



Il la regarda avec une prunelle concupiscente. Jeannot avait répondu :



Et Rodolphe avait suivi seul la flamboyante rousse jusque dans son salon. Vêtue d’un blazer écarlate et d’une jupe écossaise, passant sur ses grandes dents et ses grands pieds, il trouva du charme à la quadragénaire, avec son petit nez retroussé, un nez à fourrer dans les affaires des autres, pensa-t-il, et ses taches de rousseur. Presque face à face sur les fauteuils autour d’un guéridon, elle lui servit le fade breuvage souriant de sa grande bouche et de toutes ses dents, fort blanches du reste. Conversant difficilement, au fil du temps le tartan glissait sur les cuisses croisées de l’Anglaise. Jusqu’à montrer la limite des bas autofixants qu’elle portait. Le sang de Rodolphe ne fit qu’un tour pour venir s’accumuler dans son membre viril. Il se pencha un peu et posa sa grosse paluche sur la cuisse britannique.



Alors il s’enhardit et, bien que ses paumes calleuses accrochassent le nylon, remonta jusqu’au petit bourrelet de chair blanche surmontant le bas. Loin de se défendre, la British décroisa les jambes, ouvrant accès à une touffe aussi rousse que sa tignasse.


Même pas de culotte, la salope, pensa-t-il en bandant comme un âne.


L’instant d’après, il était debout près d’elle, braguette ouverte, présentant à la grande bouche pleine de dents son énorme membre turgescent. La dame fixait l’engin avec des yeux grands comme les soucoupes de son service à thé, en répétant hallucinée ;



Ce furent ses derniers mots intelligibles. La grande bouche accepta l’intromission du majestueux phallus, tandis que les fines mains piquetées d’éphélides s’emparaient de sa base et des lourds testicules. Hors d’haleine, la belle Anglaise fut rapidement dépecée de ses frusques, sauf les bas et, une fois son humidité testée par des doigts aussi puissants qu’inquisiteurs, embrochée par le monstrueux Priape, affalée sur l’angle de la table. Autant le buste de l’Anglaise était fin et délié, autant son cul était large et ses cuissots charnus. Excité par cette étrange et très érotique configuration, Rodolphe jouait les marteaux-piqueurs, repoussant de son gland les limites du vagin et bousculant le bourrelet ferme du col de l’utérus. Il claquait rageusement le vaste fessier à le faire devenir écarlate, broyait les fins tétons d’un rose presque orangé, soulevait la femme à chaque coup de boutoir et faisait trembler la lourde table d’acajou. L’Anglaise beuglait :



Elle partit rejoindre le septième ciel en multiples soubresauts, délivrant un flot de cyprine qui lui coulait le long des cuisses. Elle aurait voulu une pause, mais ça ne s’arrêtait pas. Une pipe suivie d’une chevauchée sur Mélissa le midi même avaient rendu Rodolphe endurant. Pire, avec cet excès de lubrifiant il ne sentait plus guère les muqueuses de sa partenaire. Alors il se recula, écarta le gros œillet de la dame, le gratifia d’un jet de salive et présenta son gros gland violacé sur la rosette ainsi vaguement préparée.



D’un formidable coup de reins, le terrible pieu s’enfonça d’un coup dans l’étroit conduit, tirant de sa propriétaire un cri effroyable. Elle pensa ne pas pouvoir survivre à ce traitement, être déchirée et handicapée à vie. À quatre reprises, le membre sortit de son antre, retourna s’humidifier dans le vagin dévasté et revint poursuivre son massacre. Le festival des claques reprit alors que le piston était en pleine action. Peu à peu, la douleur fit place à d’autres sensations, et l’Anglaise admirait la fantastique capacité d’adaptation de son corps. Elle parvenait à jouer maintenant à se contracter spasmodiquement sur le pieu qui l’empalait. Bientôt, on crut entendre le hurlement d’une louve à la lune. Des jets dignes d’un nettoyeur haute pression fusèrent dans son intestin, elle pouvait presque percevoir le goût du sperme dans sa bouche. Ce qu’elle ne tarda pas à vivre réellement, car le maçon, en la saisissant par sa crinière rousse, l’obligea à nettoyer son dard d’un goût douteux. Des pets humides s’échappaient de l’anus dilaté de la pauvrette, rouge de honte, et allaient maculer le tapis.


Rodolphe retourna à son travail le cœur léger, bien content d’avoir goûté à ce cul étranger, en se disant qu’elle ne serait pas constipée le lendemain. La dame revint les voir environ une heure après, le rouge aux joues, sentant la douche récente, les jambes nues sous son tartan et les seins nus sous le blazer. Elle resta là à fixer le maçon avec un regard rempli de reconnaissance, d’admiration et de soumission. Il savait désormais qu’il en ferait ce qu’il voulait. Elle les accompagna jusqu’au camion, à l’heure de la débauche. Jeannot monta le premier, Rodolphe retourna sur le chantier, poussa la femme rousse contre le mur de pierre, vérifia d’une main l’absence de culotte et de l’autre l’absence de soutif tout en lui roulant un patin à l’étouffer. La British se pâma littéralement. En rentrant, Rodolphe n’était pas très rassuré. Il craignait que le succube, avec ses pouvoirs magiques, ne devine ce qui s’était passé et lui fasse la grande scène du deux. Putain ce qu’elle était belle, mille fois plus que l’Anglaise, se dit-il en arrivant. Ce serait dommage de se fâcher avec Mélissa, juste pour un petit coup en passant.



Presque. Car ce « tu sens l’Anglaise » montrait qu’elle savait déjà, ou qu’elle se doutait. Il sortit penaud de la douche et commença à déguster la côte de bœuf qu’il avait demandée avec plein de frites, mais il se sentait un peu gêné.



Il se sentit mieux et reprit son repas avec plus d’appétit. Ce qui le requinqua et le rendit prêt à remercier chaleureusement sa compagne succube. Il s’endormit le cœur léger de pouvoir tout se permettre, surtout depuis qu’il avait appris ce que c’était qu’une femme. Un long moment, il rêva tout éveillé à toutes celles qu’il avait désirées un jour, la boulangère, sa maîtresse d’école, sa copine Jeanine, et bien sûr Suzy, l’Anglaise. Il s’endormit en bandant.


Le chantier était long et difficile chez les rosbifs. Il avait fallu percer le pignon sans compromettre l’ouvrage, remonter des pierres à la place de la grande porte, couler une dalle de béton, refaire l’enduit des murs, monter les pierres de taille des fenêtres romanes avec leurs voûtes, et surtout faire tenir cette fichue mezzanine en porte-à-faux sur tout un côté. Et ça, c’était du bois, pas de la maçonnerie. En revanche, il s’était régalé à monter la grande cheminée, incorporant les chapiteaux des anciennes voûtes de la sacristie juste sous la poutre. L’effet était extraordinaire, on eut dit une véritable cheminée de château. Plus de deux mois déjà sur ce chantier et il n’en voyait pas le bout. Heureusement qu’il y avait de petites compensations ; les chèques de la mairie qui arrivèrent successivement à un mois d’intervalle autour du premier de l’an, les regards énamourés de Suzy désespérant que son mari reparte à Paris ou ailleurs, et bien sûr la compagnie érotique de Mélissa. Mais parfois, la vie prend des tours inattendus.


Le boulanger fit appel à lui en urgence pour réparer son four. C’était un four à bois, tout en briques, et certaines d’entre elles se descellaient, des morceaux commençaient à tomber. Normal pour des matériaux qui subissent des variations de température quotidiennes et intenses. Le travail était délicat. Il fallait intervenir l’après-midi, quand le four était refroidi, et pouvoir l’utiliser dès le lendemain matin, on l’allumait vers quatre heures au plus tard. Et pas question d’interrompre la production de pain pendant les travaux, c’eût été priver tout le village de pain, autant dire susciter une révolution. Rodolphe laissa à regret son commis Jeannot seul sur le chantier anglais et vola au secours de l’homme de pâte. Or c’est bien connu, un peu moins vrai maintenant, un boulanger travaille la nuit et dort le jour. Quand le jeune homme débarqua dans la boulangerie avec son matériel, c’est donc Martine qui le reçut en lui demandant d’essayer de ne pas faire trop de bruit. Comme en début d’après-midi la clientèle était rare, voire inexistante, la boulangère plaça une ardoise derrière la vitrine « Fermé pour travaux jusqu’à 17 heures » et tira le verrou. Elle et Rodolphe discutèrent beaucoup. Sous prétexte de l’aider, elle était sans cesse collée à lui, essaya de l’aérer avec un ventilateur quand il s’enfila dans le four encore tiède. Bref, elle était aux petits soins. Rodolphe suait à grosses gouttes et avait du mal à respirer sous l’étroite voûte irradiant toujours sa chaleur. Pour un four refroidi, il y faisait encore au moins cinquante degrés.



Puis il retourna en rampant dans le trou béant, après avoir bu tout un litre d’eau fraîche. Martine resta avec les guibolles du jeune homme sous le nez, qu’il avait d’ailleurs plutôt musclées, et surtout une vue directe sur le gros paquet de chair qui distendait le slip kangourou. « Y en a au moins deux kilos là-dedans », se disait-elle en commerçante connaisseuse. Sa gorge se serra, ses seins se contractèrent et son ventre se mit à picoter. Elle récupérait les bassines de gravats que le maçon faisait tomber de la voûte et lui repassait les bassines vides. À chaque fois, son bras en profitait pour aller vérifier le contenu du boxer. On voit tellement de drôles de choses aujourd’hui… Même les toreros, paraît-il, se mettent de la ouate pour paraître plus virils, elle l’avait entendu à la radio. Mais là, c’était bien de la bonne viande. Mazette ! En action, ça devait être quelque chose, le Rodolphe. Pour le moment, il ne réagissait guère, suant sang et eau et manquant d’air. Il sortit justement de son trou, le torse couvert d’une bouillasse faite de sueur et de poussière collée, des morceaux de gravats un peu partout. Il toussa, cracha, Martine courut chercher un gant de toilette et une serviette pendant qu’il avalait une seconde bouteille d’eau fraîche.



Rodolphe se laissa faire et Martine s’affaira sur son visage, ses épaules, son torse. Une trop belle occasion pour caresser ce jeune mâle partout. Et puis les cuisses aussi, qui en avaient un peu, en insistant bien entre et, tant qu’à faire, un petit brossage du slip poussiéreux s’imposait. Martine penchée sur son ouvrage livrait à la vue du jeune homme un décolleté vertigineux dans lequel ballottaient deux prodigieuses mamelles. Si Rodolphe était bien monté côté sexe, Martine tenait comparaison avec ses seins. Pas des seins, pensait le jeune homme, des courges. Cette vision ajoutée aux caresses de la boulangère commença à titiller les réflexes du mâle, et peu à peu l’obélisque s’érigea, déformant le slip juste sous l’élastique.



Le cri était parti malgré elle quand elle avait dégagé le monstrueux engin, jaillissant comme un diable de sa boîte une fois la compression retirée. Bouche ouverte, la Martine contempla la chose sous toutes les coutures, avançant un doigt timide pour confirmer ce que ses yeux n’arrivaient pas à croire.



En un instant, la robe de coton vola sur la pile de sacs de farine, suivie par le robuste soutien-gorge et la vaste culotte assortie. Ce n’est pas que Martine fut très forte du bas, mais, compte tenu de sa colossale poitrine, les sous-vêtements coordonnés étaient obligatoirement robustes et de grande taille. Et elle tenait à être toujours présentable au cas où une bonne fortune se présenterait, on ne sait jamais lorsqu’on a un mari qui dort toute la journée. La bonne fortune était là devant elle, dressée vers le plafond, puissante et arrogante, gorgée de mille promesses de plaisirs incroyables, avec en prime une paire de coucougnettes qu’elle compara immédiatement aux « Kinder » qu’elle vendait aux gamins. Sans autre détour, elle tomba à genoux, enferma la chose entre ses gigantesques mamelles et se mit à l’astiquer frénétiquement. Front baissé, elle accueillait dans sa bouche gourmande le gland énorme et violacé que sa dextérité décalottait à chaque descente. Rodolphe, tête renversée et yeux fermés, goûtait cette « cravate de notaire » avec délectation.


C’était la première fois qu’on lui faisait ce truc-là et ça lui plaisait beaucoup. Mais après quelques minutes de ce traitement, la Martine commençait à fatiguer alors qu’il eût fallu accélérer. Il la propulsa donc sur le tas de sacs, à genoux et à bonne hauteur, et enfila d’un coup de reins la belle vulve charnue, poilue et détrempée qui jaillissait d’entre les cuisses. La boulangère hoqueta, les ongles plantés dans la toile de jute, croyant qu’elle allait être ouverte en deux par l’impressionnant phallus. Comment ses nymphes intimes pouvaient-elles à ce point s’étirer, en longueur comme en largeur, pour supporter un tel assaut ? Ses membres fébriles vacillèrent, elle s’effondra sur la pile de sacs, le jeune maçon collé à ses fesses. Bien décidé à ne pas se laisser désarçonner. Le jeune homme enserra la taille d’un blanc laiteux, écarta les cuisses du genou, et entama un pilonnage en règle de la croupe désirée. Martine tutoyait les étoiles et ne se rendait plus compte de rien, si ce n’est de ces vagues successives qui partaient de la fournaise de son bas-ventre pour diffuser dans tout son corps.


Soudain, le piston qui la défonçait perdit son rythme, il y eut encore trois énormes tamponnements, et des jets de lave brûlante fouettèrent ses entrailles, la propulsant au-delà des étoiles sûrement vers ce que l’on appelle le « big-bang ». Elle était anéantie, à son tour ruisselante de sueur, percevant à peine dans le lointain de sa conscience des mains impatientes qui agitaient le bec-de-cane de la boutique. À peine encore sentit-elle que son fabuleux amant vint fourrer son monstrueux pénis dans sa bouche pour y déposer ses dernières gouttes de semence et nettoyer son gland rassasié. Elle se releva chancelante, un flot des liquides mêlés s’écoula le long de ses cuisses, elle l’interrompit tant bien que mal en enfilant sa grande culotte, sangla ses lourdes glandes mammaires et secoua sa robe froissée avant de la passer. Elle arriva titubante, écarlate et à peine ajustée dans la boutique.



D’un revers de main, elle essuya la coupable « crème » de ses lèvres et, le regard embué de reconnaissance et encore injecté de sang, elle vit le fourgon partir. Heureusement, il reviendrait finir demain. Elle avait l’impression que sa chatte était ouverte comme une porte de grange et meurtrie comme après un accouchement. Ses entrailles bouleversées lui donnaient une insupportable sensation de vide soudain.


Le lendemain vers treize heures, dès le dernier client parti, Martine remit sa petite pancarte et ferma la boutique. Elle déjeuna rapidement et se pomponna dans l’attente de son nouvel et fringuant amant. Il ne tarda pas et dès son arrivée, Martine se jeta goulûment sur lui.



Puisqu’elle y tenait, pourquoi se priver. La boulangère, juste vêtue d’un porte-jarretelles et de bas, se retrouva basculée sur les sacs de farine, ses lourdes mamelles empoignées, les escarpins sur les épaules du maçon qui ajustait son éperon de chair pour l’assaut. La gourgandine, yeux révulsés et bouche ouverte, subissait avec délice la formidable intromission. Rodolphe, de son côté, remettait le couvert une demi-heure à peine après avoir honoré Mélissa. Mais il trouvait du plaisir à peloter ces gros seins tendres et chauds qui lui avaient tant donné de plaisir la veille. Il avait bien raconté cette « figure » à Mélissa, elle avait bien essayé d’en faire autant, mais ses seins trop fermes et trop parfaits ne lui avaient pas procuré la même sensation. Alors que les énormes melons de cette salope de Martine… Il les pétrit de plus belle, tout en écrasant ses couilles contre l’intérieur des fesses de la gourmande. Quand il sentit les prémices de l’orgasme, il grimpa sur la marchande de pain et se coinça entre les globes chauds, doux et tendres jusqu’à ce qu’il éjacule longuement dans sa bouche. Hébétée, la femelle assouvie glissa du tas de sacs et se retrouva assise par terre, jambes ouvertes, visage et poitrine dégoulinants de liquide nacré. Déjà Rodolphe préparait ses briquettes et son mortier, mélange de chaux, de ciment prompt et de mortier réfractaire, un cocktail de sa composition. Puis il s’enfila dans le four avec l’aide attentive de son assistante momentanée, toujours vêtue de son harnais coquin et à peine essuyée. Elle souhaitait qu’il termine vite pour lui offrir un second tour de manège, se retenant de baisser le slip à sa portée pour déguster à pleine bouche et à pleines mains le bouleversant équipement du mâle. Il sortait de temps en temps pour couper rapidement des briquettes avant de replonger dans le trou béant et torride.


Le mortier prenait vite, il n’avait pas le temps de jouer. Martine finit par sangler ses glandes lactaires et enfiler sa robe, de crainte que son Gaston ne soit réveillé par la disqueuse. Il était plus de dix-sept heures quand le maçon sortit enfin pour de bon, l’air satisfait. Constellé de gouttes de mortier, il se laissa encore nettoyer par son aide énamourée qui ne manqua pas de l’exciter à nouveau. Rodolphe était fatigué et presque agacé par ces caresses passionnées. Et puis il était tard, elle devait rouvrir sa boutique, Gaston pouvait descendre à tout moment. Tant pis pour elle, elle l’aurait cherché, il connaissait le moyen de s’en débarrasser vite.



Elle se précipita docilement, sans bien comprendre pourquoi. Elle comprit vite quand il la retourna, souleva sa robe, plongea son gros doigt dans le beurre puis dans sa rosette palpitante.



Insensible aux suppliques, il présenta son énorme gland devant l’étroit orifice. L’imbécile se mit à beugler. Il prit ce qui lui tombait sous la main, une lame de bois que le boulanger utilisait pour manipuler les rouleaux de pâte avant de les enfourner, et lui colla dans la bouche en disant :



Il poussa alors de tout son poids et tira sur les hanches jusqu’à ce que l’anneau récalcitrant cède. Martine grognait, pleurait à grosses larmes, se voyait déchirée et handicapée à vie. La puissante verge fit cependant son chemin dans son boyau et ne s’arrêta que lorsque les « Kinders » s’écrasèrent contre sa vulve. Bref instant de répit, puis la mécanique de l’homme se mit en route comme une locomotive à vapeur. La douleur était monstrueuse, à la taille de l’intromission. Puis peu à peu, elle remarqua surtout le choc des testicules sur sa vulve qui transmettait à chaque fois une onde agréable à son clitoris. Mais que se passait-il ? Elle se sentit soudain mouiller comme une folle. N’y tenant plus, elle glissa subrepticement une main sous elle pour aller agacer son petit bouton. Oh là oui, c’était bien, défoncée comme une bête, le fion écartelé et ravagé par ce mât de beaupré, une première vague la ravagea, puis une seconde se déclencha lorsqu’elle entendit l’homme rugir et un cataclysme la submergea quand les jets de semence inondèrent ses intestins. Comme la veille, le dard se présenta à sa bouche. Il puait la merde, mais elle était incapable de s’opposer. Elle laissa l’homme se toiletter dans sa gorge. Mais soudain l’escalier craqua. Gaston. Elle courut dans sa boutique en lâchant des pets humides, Rodolphe avait déjà enfilé à moitié sa salopette, quand le gros homme ébouriffé apparut, précédé par son énorme bedaine.



Il aperçut Martine dans sa boutique, encore un peu en friche, et certainement pas capable de s’asseoir pour un jour ou deux. Il retrouva son succube avec un peu moins de désir qu’à l’accoutumée, fila de lui-même sous la douche en réclamant un pot-au-feu, habitué qu’il était maintenant de voir apparaître les plats par il ne savait quelle magie.


C’est le maire qui vint lui-même lui apporter le second chèque pour la démolition de la sacristie.



Il retourna à son interminable chantier chez les Anglais, retrouva avec plaisir le regard implorant de Suzy qui, envoyant astucieusement son mari rechercher un escalier adapté, en profita pour lui en mettre une bonne rasade entre les cuisses. Le rosbif revint bredouille, mais retrouva une femme heureuse. En fait, l’escalier il l’avait déjà. Chez un récupérateur de sa connaissance, il avait fait d’une pierre deux coups. D’une part, il avait trouvé les morceaux d’une vieille armure, un peu rouillés, mais apparemment au complet et, sous un tas de tôles diverses, le pied de l’une de ces éoliennes du XIXe, les éoliennes Bollée. Ces beaux engins de fonte et d’acier étaient maintenant abandonnés. Ils avaient la particularité de posséder un escalier en colimaçon autour du mât de fonte et, malgré leur beauté, se vendaient au poids du métal. Il en prit un tronçon de trois mètres. Le récupérateur fit cependant son beurre sur l’armure, abandonnée dans un château, mais qu’il céda cinq cents euros malgré son état.



Du coup, cet agacement supplémentaire le poussa hors de la maison pour la première fois depuis l’arrivée inespérée du succube. Ne sachant trop où traîner, et n’appréciant pas particulièrement le bistrot, il s’arrêta devant l’école et se mit à en faire le tour. Il mesura, tâta de son canif, gratta de la main… Une porte s’ouvrit :



Cette voix, il la connaissait, mais pas trop la silhouette. Il fallut que la dame se recule sous la lumière pour qu’il l’identifie. C’était bien elle, sa maîtresse. Elle avait un peu vieilli, bien sûr, sa silhouette un peu plus lourde, et surtout comme si deux poids lui pesaient au bout des bras. Mais l’œil gris-vert était toujours vif, les traits du visage toujours aussi enfantins, des lunettes sans monture avaient remplacé les grandes lunettes à bords noirs.



Effectivement, la même peinture jaune pisseux, bien qu’un peu plus écaillée, le même ciment au sol, avec quelques fissures, les mêmes quatre mètres sous plafond impossibles à chauffer, et le même poêle à fuel puant, avec une tache grasse tout autour.



Elle vint s’asseoir près de lui et raconta ;


Quand je suis arrivée ici, j’avais vingt-deux ans, je sortais juste de l’IUFM, l’école où on forme les maîtres. J’étais fiancée à un gentil garçon qui s’appelait Samuel. Il était juif, mais ça ne m’importait guère. Mais Samuel avait un grand projet : il voulait que nous allions vivre en Israël. Pourquoi pas, j’étais partante pour l’aventure. Il nous fallait un peu d’argent, et nous avons décidé de travailler d’abord quelques années en France. Un été, nous y sommes allés en vacances, invités par un de ses cousins, pour connaître le pays et bâtir notre projet. Un beau pays, plein de soleil, de belles cultures, de monuments… Je m’y plaisais bien, Samuel semblait heureux, il parlait hébreu avec son cousin avec un plaisir visible. Et puis un soir, il y eut des grondements, des sirènes, des colonnes de fumée au loin. Et ils répétaient toujours les mêmes mots que je ne comprenais pas. Le lendemain, je me renseignai auprès d’une jeune femme qui tenait un magasin, avec qui j’avais sympathisé. Elle me traduisit des mots horribles.


J’en fus abasourdie. Mon gentil Samuel, proférer des mots d’une telle violence. Comme nous rentrions le lendemain, il interpréta mon mutisme comme le mal du pays, déjà, et en était ravi. Au retour, j’exigeai une explication. Il se montra alors bien plus violent que ce que j’imaginais, disant qu’Israël ne serait en paix que le dernier ennemi mort, que nous allions vivre dans les colonies pour les repousser loin de notre territoire, qu’il combattrait et que nous gagnerions parce qu’Israël était le plus fort et le mieux armé. Je lui ai dit que s’il pensait vraiment cela, alors tout était fini entre nous. Il partit dans une diatribe folle, disant que je ne comprenais rien, que je n’avais qu’à être sa femme et lui obéir. Je suis partie en claquant la porte, je ne l’ai plus jamais revu. Je suis revenue ici cacher mon chagrin, parce qu’ici au moins j’étais tranquille. Tu vois, c’est la première fois que je raconte cette histoire, preuve que je suis guérie maintenant.


Il retrouvait cette voix chaude et profonde qu’il avait tant aimée. Elle avait dit cela sur le ton de la confidence, tout près de lui, comme autrefois quand elle se penchait pour lui montrer sa faute du doigt et lui rappeler la règle. Tous les garçons des grandes sections étaient amoureux d’elle, et Rodolphe, avec ses multiples redoublements, en faisait partie. Il le lui dit, elle rit.



Ce garçon la troublait avec ses aveux simples de gamin sans grands moyens, mais certainement sincère. Il tourna dans la salle de classe et se mit à énumérer :



Abaisser les plafonds d’un mètre cinquante.

Mettre de l’isolation au-dessus.

Changer les menuiseries pour des isolantes.

Isoler le sol avec un plancher OSB et un revêtement utilisation intense.

Isoler les murs avec du placo.

Peinture, luminaires économiques.

On refait aussi le couloir avec vestiaire et toilettes, et une rampe d’accès handicapés.

Plus de poêle à fuel, mais une chaudière à condensation qui fera aussi l’eau chaude.

Et bien sûr les enduits extérieurs.

Ça ira comme ça, M’dame ?



Une porte donnait directement de la classe dans la cuisine, ou du moins dans ce qui servait de cuisine. La pièce était assez petite, étroite et en longueur, et une grande cheminée sans valeur, barbouillée du même jaune pisseux, occupait presque tout un mur. Un évier un peu écaillé sur des rangs de briques, le reste c’est l’occupante des lieux qui l’avait installé ; gazinière, placards, petite table, étagères cachées par des rideaux. Après, on passait du jaune au vert, sans plus de goût. Entrée-couloir avec une double porte en bois vitrée, siège de vents-coulis, une petite salle à manger, un salon assez spacieux et arrangé avec goût, des toilettes sous escalier. À l’étage, quatre chambres dont une servait de bureau, l’autre de rangement, celle de la maîtresse et la quatrième transformée en salle de bains avec une cabine de douche en plastique prête à poser, un lavabo et encore un w.c. Le tout avec un papier centenaire aux murs et un sol en parquet. Rodolphe secoua la tête :



Le dîner fut agréable bien que d’une extrême simplicité ; une omelette et une salade. Le feu dans la cheminée ronflait avec ardeur, la bouteille de vin touchait à sa fin et l’institutrice avait le feu aux joues. Elle posa son épais gilet et détacha sa chevelure. Son sweater montrait une jolie poitrine, pas énorme, mais drue, une taille encore mince que des hanches légèrement empâtées mettaient en valeur. Rodolphe se sentait troublé par cette femme, plus jolie que toute autre dans le village, si ce n’est son succube dont il ne souffla mot. Il parla de son travail, de la sacristie, des Anglais, du four à pain.



En prenant congé, elle lui fit deux bises, et ses joues restèrent tout émoustillées pendant le trajet du retour. Le succube ne fit aucune remarque sur l’heure tardive, ça au moins c’était pratique. Le chantier des Anglais touchait à sa fin, on en était aux finitions, et les Britanniques tenaient à ce que Rodolphe fasse tout jusqu’au bout, même ce qui ne relevait pas d’un maçon : poser la moquette, peintures et vernis, etc. Il allait donc fréquemment chercher ce petit matériel à la ville et, ce faisant, passait devant la maison de Jeanine. C’était une maison bourgeoise un peu en dehors du village, « la maison du notaire », disait-on, parce que le père de la jeune femme l’était avant de mourir prématurément d’un cancer. Sa mère avait très mal vécu ce deuil et, peu de temps après, avait fait un AVC. Autant dire que Jeanine n’avait guère eu le temps de s’apitoyer sur son chagrin. Elle se destinait à la même profession que son père et dut soudain faire face à une double contrainte ; reprendre l’étude paternelle en urgence et s’occuper de sa mère. Jeanine n’était pas laide, loin de là. Une longue chevelure blonde, de grands yeux un peu exorbités, certains disaient qu’elle avait les gros yeux de son père, un nez retroussé, une très jolie bouche, ce qui lui donnait un minois agréable. Pour le reste, c’était un sac d’os, et ce n’étaient pas ces événements qui allaient la faire grossir. Un jour, apercevant une voiture devant le perron, Rodolphe s’arrêta. Jeanine mit quelques instants avant de le reconnaître puis lui sauta au cou avec enthousiasme.



Elle disparut quelques instants au fond du couloir puis revint avec l’air encore plus épuisé qu’avant.



Là, Jeanine s’interrompit, les larmes lui montèrent puis des sanglots. Rodolphe s’approcha d’elle pour tenter de la rasséréner et elle se laissa aller sur son épaule. Sa main lui caressa le dos, il sentait côtes et omoplates sous le fin gilet. Dommage qu’elle soit si maigre, pensait-il, parce qu’elle a malgré tout une ligne superbe ; très longues jambes, jolie frimousse. Ces réflexions et la chaude présence de sa copine contre lui provoquèrent une petite érection fort agréable.



Rodolphe était content de pouvoir rendre service à cette ancienne copine, content aussi qu’elle l’ait accueilli avec autant de simplicité. Ils n’étaient pas du même monde, elle était riche et lui pauvre, et ça avait toujours constitué un frein malgré la sympathie qu’il éprouvait pour elle. Jamais, adolescent ou jeune adulte, il n’aurait osé la draguer, et d’ailleurs ils ne se voyaient plus, elle dans les lycées et facultés, lui en apprentissage. Il termina l’essentiel du chantier des Britanniques en leur intimant cet ordre :



Et le lundi, il débarqua chez Jeanine avec Jeannot, des barres à mine et plein de cales de bois. À midi, la porte d’entrée donnait sur le vide, tout le perron gisait dans la pelouse en pièces détachées. Il fit une rampe d’accès provisoire avec des bastaings, ce que Jeanine trouva déjà plus pratique que les marches. Il l’aida et elle put promener sa mère dans le parc, longue silhouette cheveux au vent poussant le fauteuil, on aurait dit un elfe. Il partit déjeuner, laissant Jeannot à son habituel casse-croûte, et revint avec ce qu’il fallait pour coffrer et bétonner le nouveau perron et les rampes. Il trouva Jeanine en train de faire manger sa mère et comprit ce qu’il se passait. Il fallait plus d’une heure pour faire absorber à la vieille dame handicapée la quantité de nourriture nécessaire. Pendant ce temps, sa fille en picorait une bouchée ou deux, mais ne mangeait pas vraiment ni avant ni après, excédée qu’elle était par cette interminable séance.



Le soir, ils finirent tard. Les planches dépareillées du coffrage ne donnaient qu’une vague idée du résultat final, mais l’esprit était là et ça avait « de la gueule ». La jeune femme était contente, même si elle avait du mal à bien visualiser ce que ça donnerait. Restait pour la fin de la semaine le long travail de remontage des marches de pierre, les parements des rampes avec les pierres de voûte, leur recouvrement en petits pavés antidérapants, etc. Jeannot repartit sur sa pétrolette et Rodolphe rentra pour faire le devis de l’école. Il le déposa le lendemain dans la boîte de la mairie et reprit son ouvrage. Comme prévu, à midi il frappa à la porte et Jeanine l’accueillit.



La sonnette tintait déjà, quelle mégère ! Il en profita pour fureter un peu dans cette belle maison inconnue, car pour atteindre la cuisine il fallait traverser la salle à manger. Le salon, vaste et lumineux, se trouvait après et donnait sur le parc. De l’autre côté du couloir, il y avait la salle d’attente et le bureau du notaire en enfilade jouxtant deux autres pièces qui, à une époque, avaient servi de secrétariats. L’une au moins avait été équipée en chambre pour la handicapée, les autres chambres devaient être à l’étage. Au fond de l’entrée, après l’escalier, une autre double porte vitrée donnait sur le parc, de nouveau par quelques marches. Quand Jeanine revint encore tout énervée, il lui dit :



Elle se colla à lui et claqua deux bises appuyées sur ses joues. Elle sentait bon et son corps menu était tout chaud.



Elle mit du temps avant de véritablement manger, le temps que son estomac se dénoue de l’épreuve quotidienne qu’elle venait de vivre. Et finalement, vers treize heures trente, elle reprenait du dessert avec entrain et appétit.



Une demi-journée par muret de rampe, ça fait quatre. Une demi-journée pour remonter les marches et mettre les pavés, ça fait cinq, et il en était à la troisième de la semaine qui en compte dix. C’est bon.



Dans l’après-midi, ils descellèrent les marches de l’arrière, rapportèrent les latérales de devant et coulèrent une nouvelle rampe, simple et toute droite celle-là, entre deux planches. Le pauvre Jeannot n’avait pas été à pareil traitement depuis longtemps. Entre le transport des pierres, la préparation du mortier, les autres tâches diverses, Rodolphe le houspillait sans cesse. Pourtant, c’était un chantier comme un autre, qui avançait plutôt très bien. Mais son patron n’était pas dans son assiette et il ne comprenait pas pourquoi.



Mais dans la tête de son patron, les choses se bousculaient. Le merveilleux succube, à l’image de ses désirs onanistes, lui faisait de moins en moins envie depuis qu’il avait goûté aux plaisirs de la chair des femmes communes. Il avait pris des pieds majuscules avec l’Anglaise et la boulangère. Et maintenant, il rêvait de se taper l’institutrice et aussi Jeanine malgré sa maigreur, dans quel ordre il n’en savait rien. Encore une fois, ce sont les événements qui allaient décider pour lui. Il avait interdit à Mélissa de répondre au téléphone vu qu’il avait un répondeur. Ce soir-là en rentrant, il y avait un message de la maîtresse d’école qui lui demandait de passer la voir. Il se doucha et y alla. Choc ! Elle l’attendait dans une petite robe de jersey noir, celle qu’elle portait souvent quand il était élève.



Le jeune homme s’assit, fasciné par l’image retrouvée de son instite. Certes, elle était un peu plus ronde qu’à l’époque, mais ça la rendait d’autant plus sexy. La robe étirée faisait de petits plis horizontaux, sous la poitrine un peu plus généreuse et surtout sur les cuisses, car fesses et hanches avaient pris du volume. Du coup, elle avait tendance à remonter un peu, dégageant plus de jolies cuisses charnues, et moulait parfaitement un cul pommé sans pour autant être monstrueux comme l’Anglaise. Et elle marchait de long en large, frappant sa paume d’une règle, exactement comme autrefois.



Il se passa un truc bizarre dans la petite tête de Rodolphe. La vision de sa maîtresse comme avant, une grosse engueulade comme avant, il se retrouva soudain petit garçon et, comme avant, éclata en sanglots. Pas deux larmichettes aux coins des yeux, il suffoquait de sanglots et chialait à gros bouillon. L’institutrice fut complètement décontenancée par cette attitude inattendue. Elle s’assit auprès de lui et prit ce grand benêt contre elle, maternellement. Elle avait voulu lui jouer une petite scène pour se moquer un peu, ça avait mal tourné.



Rodolphe, qui avait enfin compris, n’avait plus du tout envie de s’arrêter. La tête contre la tendre poitrine, une main sur la douce cuisse, l’autre enlaçant une taille charmante, il était bien, merveilleusement bien. Là où il aurait tant voulu être quand elle le tançait, gamin. Il se disait que ça durerait tant qu’il sangloterait. Alors il se serra un peu plus fort écrasant doucement la poitrine, et sa main grimpa un peu plus haut sur la cuisse. Il laissa aller le poids de son corps sur celui, plus frêle de la pédagogue qui, petit à petit, puis d’un coup, bascula sur le canapé, le mauvais élève sur elle, la main glissée jusqu’à son ventre.



Et il défit son pantalon et sortit son engin de compétition sous le nez de la femme assise.



Tempête sous un crâne, sans doute celui de la pauvre femme qui regardait cette chose sans mot dire, les mains sur les tempes, percevant une bouffée de chaleur provenant de son ventre. Elle ne faisait plus que murmurer :



De la raison ou du désir, qui gagnera ? Pourquoi cette soudaine buée à fleur de peau ? Pourquoi ce cœur parti à plus de cent par minute ? Pourquoi un tel phallus de mâle triomphant à moins de quinze centimètres du visage ? Pourquoi ces deux sacs de chair gros et pleins, prêts à délivrer leur semence ? Pourquoi l’homme n’est-il qu’un mammifère soumis à l’impérieuse nécessité de la reproduction ? La raison n’avançant aucune réponse vraiment satisfaisante, elle avança une main vers l’obélisque de chair dressée pour elle comme un hommage au désir qu’elle inspirait. Fallait pas, elle le savait, trop tard…


De longues minutes plus tard, manipulée en tous sens par le puissant maçon, elle se retrouva nue sur le lit, cuisses écartées sur une fente profondément léchée et débordante de sucs intimes, le jeune homme au-dessus d’elle, prêt à la pourfendre.



Et doux, il le fut. Il s’engagea en elle avec une infinie lenteur, laissant à ses muqueuses le temps de s’étirer, de l’accepter et de se refermer avidement sur son membre, l’aspirant presque. Tout son ventre dut faire place à l’intrus qui progressa jusqu’à repousser le fond du vagin, jusqu’au moment où elle grimaça. Il s’arrêta enfin, et pourtant il avait encore de la marge. Mais une petite chatte à l’abandon depuis plus de dix ans ne peut pas recevoir du premier coup un tel hommage. Elle aimait bien faire l’amour avec Samuel, car, circoncis, le gland toujours en contact avec des tissus secs et rêches, il mettait longtemps à jouir, ce qui lui permettait de prendre beaucoup de plaisir. Là, elle n’eut guère le temps de réfléchir. Elle se sentit remplie comme jamais, et ce qu’elle prit au départ pour une douleur se termina en contraction générale, premier orgasme totalement inattendu.



Il avait peut-être raison après tout. Dix ans de désirs refoulés, de cyprine contenue, d’absence de plaisir, mises à part quelques petites masturbations, sous la douche notamment. C’est vrai que ça fait du bien de baiser. Cette prise de conscience lui permit de reprendre le dessus. Elle lui demanda de se mettre sur le dos et vint elle-même s’empaler sur le vit turgescent. Avec ténacité, elle le voulut tout en elle, et ne fut satisfaite que quand elle sentit ses fesses écraser les deux énormes couilles. Ah, mais, ce n’était pas ce gamin qui allait la faire plier. Que de semence il devait y avoir là-dedans. Merde, pas de pilule. Il ne manquerait plus qu’elle se retrouve enceinte…



Le tutoiement soudain et les mots crus de ce « primate », au lieu de l’horrifier, l’excitèrent comme il n’est pas permis. Décidément, la raison avait totalement cédé devant l’impérieux désir. Dans mon cul, pensait-elle, ce n’est pas qu’il croit pouvoir entrer par-là ? La suite lui prouva que si, mais ça prit des heures. Des heures pendant lesquelles elle chevaucha son infatigable amant, chutant sur sa poitrine tétanisée par l’orgasme, lui offrit sa croupe rebondie, non sans appréhension, le finit à genoux des mains et de la bouche, recevant son généreux liquide sur le visage et les seins. Rodolphe se repaissait de ce corps tant désiré, resté nu durant leur petite collation avant de retourner au champ de bataille. Oh oui, elle voulait profiter de cette aubaine et se sentait insatiable, autant que son amant qui avait tant fantasmé sur elle. Le jour se levait presque lorsqu’ils s’endormirent fourbus, mais tellement heureux. Sans les « vitamines » du succube, Rodolphe se sentait vraiment faible quand il fallut se lever. La douche fraîche lui redonna un peu de vigueur, les baisers de sa double maîtresse lui furent un délice.


Ce matin-là, l’ouvrage n’avança guère et, après la frénésie de la veille, Jeannot s’en étonna. Jeanine aussi trouva Rodolphe un peu absent et peu causant pendant leur repas. Tellement qu’elle le prit dans ses bras à la fin et lui demanda ce qui n’allait pas, si elle avait fait quelque chose qui l’avait vexé.


Rodolphe l’emprisonna à son tour dans ses bras puissants, se dandinant comme dans un slow, lui caressa le dos, puis du dos aux fesses. Elle se laissa faire, nichant son museau dans son cou, sensible à la virile étreinte et sentant palpiter quelque chose contre son ventre. Alors une subite envie la prit. Elle lui posa un doigt sur la bouche en signe de silence et l’entraîna par la main jusqu’à sa chambre. Il apprécia au passage les quatre suites composées chacune d’une grande chambre, d’un boudoir et d’une salle de bains.


Les volets étaient encore fermés, preuve qu’elle avait dû dormir, ou sommeiller, sur un fauteuil près de sa mère. Ils se dévêtirent presque l’un contre l’autre, les yeux dans les yeux, elle ne voulait pas qu’il contemple sa maigreur, il ne voulait pas l’affoler avec son engin. Ils se glissèrent pudiquement sous les draps, elle lui tendit ses fesses sur le côté, il s’emboîta doucement en elle. Elle rugit, mais trop tard, la place était prise. Heureusement, les ébats de la nuit faisaient qu’il n’était pas au mieux de sa forme. Il fut donc très doux, se prouvant à lui-même que le résultat ne dépend pas de la violence des rapports. Il la pressa contre lui, appuyant sa paume sur le ventre trop creux, et sentit avec surprise son propre dard s’activer dans les fragiles entrailles. Il excita savamment le clitoris, constata au toucher que les seins étaient plutôt du genre « œufs sur le plat », mais avec une particularité. C’est l’aréole, très enflée et très large, qui constituait le jaune, surmonté d’un impressionnant tétin qu’il s’empressa de rouler entre ses doigts rugueux. C’était comme si Jeanine avait trois clitoris tant la réaction fut rapide et violente. Il put ainsi l’envoyer deux fois au grand frisson avant d’épancher en elle le fond de ses bourses. Il retourna au boulot à quinze heures passées, Jeannot faisait patiemment des joints entre les pierres en l’attendant. Il travailla lentement, mais avec application, resta plus tard pour rattraper son retard, mais fut satisfait de l’effet une fois terminées les bordures d’une rampe.


Le lendemain, il retrouva dans le regard de Jeanine cette expression indéfinissable qu’il avait vue dans ceux de l’Anglaise et de la boulangère. Une sorte d’émotion contenue, faite d’admiration et de désir. Ça lui plaisait bien, et il se demanda si l’institutrice aurait le même. À midi, Jeanine qui était prête à se laisser aller de nouveau, le questionna sur sa vie privée. Après tout, si elle voulait faire la curieuse. Il lui narra donc comment il avait sauté l’Anglaise, puis la Martine, et enfin confessa sa nuit avec leur ancienne maîtresse.



Nouveau petit tour à l’étage, cette fois Jeanine était un peu moins pudique. Rodolphe put contempler sa maigreur, ce n’était pas très joli tous ces os sous la peau. Mais elle se donnait bien et aima beaucoup chevaucher son partenaire qui lui massacrait la pointe des tétons. Elle prit vite son pied, il termina en levrette avec sa partie la plus charnue, puis repartit au boulot. Il en avait rêvé, il avait eu la Jeanine, mais il n’avait aucune envie d’y revenir. Il espérait terminer le chantier pour le lendemain midi et partir, il houspilla Jeannot. Sur le chemin du retour, il s’arrêta à l’école. Jeanine n’aurait pas dû lui parler de l’instite, il ne pensait plus qu’à elle depuis. Sans compter le succube, c’était bien le plus beau corps de vraie femme qu’il ait eu entre ses bras. Elle le reçut avec un plaisir évident, lui annonçant que le projet de l’école allait bon train. Le maire avait contacté le Président du Conseil Général et celui du Conseil Régional. Ils étaient de son bord et lui avaient promis des subventions avec lesquelles il pouvait en espérer de l’Europe. Et le député de la circonscription l’avait assuré d’une belle somme sur son enveloppe personnelle. En bidouillant un peu le budget, il serait possible de faire les travaux pendant les vacances d’été et sans faire d’emprunt, le leitmotiv de sa prochaine campagne.



La perspective de tripoter à nouveau ce joli corps le mit en joie. Il se doucha, ils mangèrent, ils baisèrent. Comme des fous, comme des ados. Et c’était bon, pour les deux. Et rien que pour le regard amoureux qu’elle lui lança quand il partit, ça valait vraiment le coup de s’arrêter.



Il travailla tout le matin comme un forcené, obligeant son commis à en faire de même. Le chantier « Jeanine » se termina vers treize heures trente. Comme elle l’attendait pour déjeuner, il lui dit :



La jeune femme s’installa sur le salon de jardin, sous un cèdre. Elle admira la vitalité de son copain de classe qui, en moins d’une heure, posa les pavés sur les deux rampes, balaya dessus un fin mortier à sec puis arrosa le tout délicatement. Le résultat faisait que, avec ce nouveau perron encadré par ces deux volutes, la maison paraissait encore plus cossue qu’avant. C’était vraiment un bon, ce Rodolphe. Dommage qu’il soit si pressé.

Quand il rentra chez lui, Mélissa l’attendait, ou pas, mais était éveillée. Au fait, dormait-elle ? Il n’en savait même rien. Elle n’avait pas bonne mine, un peu… transparente. Elle ne lui fit pas une crise de jalousie, mais lui dit :



L’entité alla chercher la malle et sortit différents vêtements d’un autre temps, XVIIIe ou XIXe siècle vraisemblablement, mais de belle facture, quoiqu’un peu défraîchis. Elle retint une robe à bustier brodée et brocardée vert pâle, longue et ample du bas, avec une cape noire à capuche en velours. Elle s’affaira aussitôt à la nettoyer pendant que Rodolphe remontait minutieusement les pièces de l’armure. Il la fixa avec une armature de fer sur le coffre de bois de la sacristie. Un dernier coup de chiffon, un voile de vernis en bombe, la pièce prit soudain un éclat inespéré. Quand il retourna dans la maison, le succube avait revêtu la parure. Magie ou pas, la toilette était superbe et étincelait de mille paillettes cousues sur l’étoffe de soie. La belle poitrine moulée par le vêtement jaillissait de l’échancrure, arrogante et sublime.



Du coup, il souleva le lourd jupon et enfila Mélissa penchée sur la table, pour son plus grand bonheur et sa bonne santé de succube.


Le lendemain, ils partirent en fourgon chez les Anglais, Jeannot était également invité. Il découvrait avec des yeux ronds la belle Mélissa dans sa robe du passé et couverte de la cape de velours. Elle serrait le grimoire contre sa forte poitrine, un peu affolée de monter pour la première fois de sa vie de succube dans un véhicule à moteur. Les Anglais les accueillirent avec enthousiasme, bien que Suzy lâchât des regards assassins sur Mélissa. Rodolphe ouvrit la toute neuve bibliothèque, jeta une allumette dans l’âtre préparé, s’assura que tout était parfait et convia tout le monde à visiter. Il faut dire que l’effet était bluffant. On se serait cru dans une pièce d’un de ces châteaux cossus, d’Angleterre ou d’Écosse. L’épaisse moquette vert empire étouffait les pas et les sons. Une flambée puissante ronflait dans la cheminée monumentale. Des flots de lumières colorées tombaient des hauts vitraux qui donnaient une impression de cathédrale, renforcée par la hauteur sous charpente conservée aux trois quarts. Deux lourds lustres rustiques, des roues de petite charrette, pendaient des poutres portant chacune douze ampoules façon flamme de bougie. L’escalier d’acier et de bronze, décapé et verni, donnait accès à la mezzanine, où un autre chaleureux coin lecture était aménagé pour recevoir le tout-venant des ouvrages. Les plus beaux seraient bien sûr protégés par les immenses placards lambrissés, vestiges rénovés de la sacristie.



On apporta vite deux tables de jeu qui encombraient précédemment le salon. Suzy sortit le champagne et les coupes et son mari sortit son carnet de chèques, ce qu’il savait faire le mieux.



La rousse traduisait, il désignait l’espace entre les deux vitraux installés à la place de l’ancienne porte. Les deux hommes revinrent en portant un lourd objet coiffé d’une couverture. Une fois en place, Rodolphe découvrit l’armure sur son piédestal.



Puis, scrutant l’inscription sur le piédestal, il fit des bonds en hurlant :



Il débitait un flot de paroles à son épouse qui le regardait incrédule.



« VITRIOL ».



Il pressa simultanément sur les trois « O » de la formule et le coffre s’ouvrit, laissant voir la petite cache. Le Britannique était fou, absolument dépassé par ces événements. Il tomba à genoux sur l’épaisse moquette, manipula le mécanisme à plusieurs reprises, comme un enfant devant un train électrique le jour de Noël. Rouge d’excitation, il se releva et baragouina une longue tirade à son épouse qui essaya de traduire :



Le succube montra l’objet dont le camée était resté dans sa poche. L’anglais observa la chose puis Rodolphe s’en saisit, ainsi que du camée.



Il ouvrit le vieux livre à la dernière page, posa le camée sur le sol, aux pieds du succube, et lut l’incantation magique :



Aussitôt, l’air devint bleuté et crépita, les lampes s’éteignirent, Jeannot se réfugia dans un coin de la pièce. Mélissa sembla soudain rayonner de lumière alors qu’un rayon fusa du camée vers le plafond, puis d’un coup ses vêtements s’effondrèrent sur le sol, vides.



Alors Rodolphe retourna le grimoire et lut à nouveau dans l’emplacement du camée ;



Le même mystérieux orage se déclencha et Mélissa réapparut, nue cette fois-ci à côté de son tas de vêtements.



Le succube disparut de nouveau. Rodolphe confia le précieux grimoire à l’Anglais bouillant d’impatience et lui montra les endroits où se trouvaient les formules magiques. Après bien des hésitations et des corrections d’accent, il put enfin déclamer correctement ;



À la surprise générale, le succube qui prit forme ne ressemblait pas du tout à Mélissa, mais plutôt à Marilyn Monroe. Blonde plantureuse et lascive, elle posa une main sur l’épaule du British et lui disant en anglais ;



L’autre était raide fou. L’œil exorbité, sans plus faire attention à l’entourage, il défit sa cravate et empoigna fougueusement la belle, la couvrant de baisers gourmands. En quelques instants, il sortit une petite bite blanchâtre et rosée et se mit à fourrer le succube à même la moquette.



La rousse Anglaise fut prompte à perdre ses vêtements, quoiqu’un peu gênée par la présence du commis. Mais l’énorme queue de Rodolphe lui fit vite tout oublier, et elle se laissa aller comme une chienne en chaleur. Bien embrochée en levrette, elle obéit à son mentor et offrit sa bouche à Jeannot qui n’en revenait pas de l’aubaine. Puis elle se retrouva chevauchant son amant, les yeux révulsés dans l’imminence de l’orgasme. Les paluches du maçon écartèrent l’énorme fessier et il ordonna à son employé :



Le jeune commis ne se le fit pas dire deux fois, cracha dans le trou offert et enfila jusqu’à la garde la rosette qui béait. Suzy se fit péter les cordes vocales dans un terrifiant hurlement. Sa vie venait soudain de basculer dans une autre dimension du plaisir charnel, et toute une partie de son cerveau s’était déconnectée. Elle n’était plus que spasmes, convulsions, orgasmes. Plus rien n’existait que ces deux pistons désynchronisés qui lui labouraient les entrailles, sources de cascades de plaisir sans fin. Et les filous, non contents de la pistonner comme des marteaux-piqueurs, échangèrent de place et de position. Dans un sens, dans l’autre, debout agrippée à l’un d’eux, l’Écossaise sut enfin à quoi pouvait bien servir son gros cul. Ils ne se calmèrent qu’après l’avoir remplie de bon jus bien épais, la laissant pantelante au pied du lit, comme un pantin désarticulé, comptant les étoiles au plafond. Ils descendirent voir où en étaient John et Marilyn : toujours attelés. Une assiette vide prouvait que le succube avait dû lui préparer des cookies vitaminés à sa façon pour lui redonner vigueur, Rodolphe connaissait. Jeannot en profita pour se faire sucer un peu par la blondasse en lui pelotant ses gros seins, ce devait être un vieux fantasme.



Et il saisit le grimoire et le camée, prêt à renvoyer le succube dans l’autre monde. Il ne le pouvait pas, seul celui qui l’avait fait venir en avait le pouvoir, mais ça, l’Anglais l’ignorait encore.



Et il signa précipitamment le chèque sur le dos de Marilyn.



Fait exceptionnel donc, on vit les deux maçons un samedi après-midi au bistrot du village. Ils prirent un cognac, puis Jeannot tint à payer sa tournée. Rodolphe jubilait intérieurement. Il était débarrassé du succube dont il avait de plus en plus de mal à supporter l’emprise. Tentation permanente, bouffe magique à la con qui le faisait bander en permanence comme un étalon reproducteur, banalité de sa beauté de magazine, sans goût, sans odeur, sans sentiments… Du faux, juste du faux. Il avait un peu de tendresse pour le petit Jeannot qui s’était montré un sacré hardeur malgré son air d’abruti. Il lui vint une idée ;



Ils entrèrent à pas de loup par la porte du fournil. Ronflements d’hélicoptère à l’étage, ronflements à la cuisine. Ils trouvèrent la Martine roupillant sur une chaise, sa vaisselle finie. Doucement, Rodolphe déboutonna la robe de coton devant les yeux écarquillés de Jeannot. Mais elle se réveilla quand il attaqua la ceinture, dommage !



Il se fit faire d’abord la spécialité « maison », la « cravate de notaire », avec une pensée émue pour Jeanine qui ne risquait pas d’en faire autant. Puis il la renversa sur la table, pattes en l’air sur ses épaules, et l’embrocha tranquillement en lui massacrant le clitoris d’un pouce râpeux. La Martine gazouillait comme un bébé qu’on chatouille. Jeannot, assis sur une chaise en formica, se masturbait mollement, fasciné par la prodigieuse poitrine.



Jeannot s’approcha et fourra son attirail dans la bouche offerte de la boulangère. Elle aurait fait n’importe quoi pour avoir la puissante queue de Rodolphe plantée entre ses cuisses. Et puis, c’était bien la première fois qu’elle donnait du plaisir à deux bonshommes à la fois, et ça l’excitait prodigieusement. Elle mouillait tellement qu’un ruisselet de cyprine s’écoulait par saccades, passait pas sa rosette avant de goutter sur le bord de la table. Quel gâchis, pensa Rodolphe, qui étira les abords du petit orifice pour qu’il absorbe les surplus. Le sphincter, depuis son dernier passage, avait acquis une souplesse inédite et se prêta sans problème à l’exercice. Quand il fut bien humecté, Rodolphe s’assit sur une chaise et prit Martine à califourchon sur lui.



Le commis s’agenouilla et la boulangère grogna comme une truie. Un samedi mémorable qu’il faudrait marquer d’une pierre blanche, où deux belles queues se ruaient en elle simultanément. D’un coup de pied, on ferma la porte de la cuisine et son bonheur bestial put s’exprimer. Jamais elle n’avait même rêvé de ça. Elle était explosée, fendue en deux, dilatée à l’extrême, broyée de l’intérieur… Les deux phallus se frottaient l’un contre l’autre, séparés par la mince paroi et atteignirent leur paroxysme quasi simultanément. Nouvelle beuglante de Martine, suivie peu après par des craquements dans l’escalier. Gaston



Ils allèrent dans la boutique alors que, aux pieds de la Martine écarlate et à peine rhabillée, deux petites flaques s’élargissaient, l’une blanc nacré et l’autre… café au lait.



Ouf ! C’était juste, cette fois. Mais pour Rodolphe, c’est sûr ; c’était la dernière. Il s’était aperçu de ça avec l’Anglaise. Le fait de les baiser avec ce crétin de Jeannot rabaissait ces femmes dans son estime. Des chiennes en chaleur sans grand intérêt. C’était une façon de les expulser définitivement de sa vie. Restaient Jeanine et la belle Mathilde, la maîtresse d’école. Pour Jeanine, la messe était dite. Il avait toujours plein de sympathie pour elle, mais il n’avait plus envie de ce sac d’os. Du coup, il rentra chez lui le cœur léger, rangea ses sous en se disant qu’il avait une belle avance sur l’année qui commençait bien, prit une longue douche avec bonheur, changea de vêtements et fila à l’école. Une idée lui trottait en tête ; Mathilde lui plaisait bien, vraiment bien. Elle était bien jolie, c’était une « vraie » femme, pas un succube, et pas si vieille que ça après tout. Huit ans d’écart, on voit pire chez les gens célèbres. Alors s’il l’engrossait, disons par « accident », il serait bien obligé de la marier. Ce soir-là, il cria ;



À Mathilde qui courait dans la salle de bains pour se rincer longuement le minou à grande eau. Mais il n’y eut pas la suite espérée, et Mathilde prit par la suite la pilule. Ils conclurent cependant un marché. Comme il était très mauvais en orthographe et pas très bon en calcul, la maîtresse d’école lui ferait ses devis et il viendrait dormir chez elle tous les jours.


C’était sans compter avec la langue trop longue de Martine, la boulangère. La bavarde faisait des confidences aux nombreuses commères du village, qui diffusèrent l’information à bien d’autres, toujours sous le sceau du secret. Et quelque temps plus tard, Rodolphe s’aperçut que toutes les femmes le regardaient avec un intérêt évident, lorgnant plus précisément un certain endroit de son pantalon. Comme par enchantement, son répondeur débordait chaque soir de demandes de devis. On lui donnait des rendez-vous à des heures précises de la journée et, comme par hasard, quand il se présentait il n’y avait que la dame, le mari était absent. Mais c’était pour refaire un mur, percer une porte, ajouter une pièce, une véranda… Dire qu’aucune n’a pu confirmer le bruit qui courait serait faux. Rodolphe se laissa aller à quelques culbutes bien senties qui ne firent que grandir sa réputation. Si bien que, avec le chantier de l’école impérativement dans le temps des vacances et tous ces nombreux petits chantiers, il fut contraint d’embaucher, de faire des équipes, d’acheter un second fourgon… Et Mathilde était submergée de travail, ayant décidé de prendre aussi en charge la gestion de la petite entreprise. Ils eurent à peine le temps d’aller aux obsèques de la mère de Jeanine, qui avait trouvé l’amour avec le gentil garçon qui avait accompagné (ou poussé) sa mère jusqu’à son extrémité. Elle était morte d’une « fausse route » en buvant une tisane.


On racontait que Jeannot avait l’Anglaise pour maîtresse attitrée, son mari la délaissant pour une « créature » peu recommandable, ce qu’il voulut bien reconnaître lorsque son patron le questionna.



Son mari fut contraint à un voyage en Angleterre pour une histoire de succession. Il ne pouvait décemment pas emmener avec lui le sulfureux succube, la remit donc dans le grimoire et celui-ci dans la cachette secrète du piédestal de l’armure. C’était sans compter avec l’œil affûté de Suzy qui avait bien repéré comment ouvrir la trappe. Dès son époux parti, la maligne s’empara du grimoire et tenta de le déchiffrer toute une nuit durant. Au matin, à l’aide de ses notes, elle tenta sa chance avec la formule qu’elle avait reconstituée :



Et un nouveau succube apparut. Ce n’était plus une blonde pulpeuse, mais un gros noir de près de deux mètres, bâti comme un apollon, avec un gourdin de trente centimètres perpétuellement tendu vers le ciel, on appelle ça un « incube » le masculin de succube. Depuis, Suzy se faisait démolir son gros pétard à longueur de journée sans la moindre retenue, pulvérisant les performances sonores de toutes les cantatrices.



Tant mieux pour Suzy, tant pis pour Jeannot, qui dut se contenter de prendre la succession de son patron sur les chantiers, lorsque celui-ci disait aux clientes :



Enfin, dans le creux de l’hiver suivant, Rodolphe et Mathilde prirent le temps de passer devant monsieur le Maire. Celui-ci remporta les élections, mais ni les travaux effectués ni ses amitiés politiques ne purent sauver l’école à la rentrée suivante. Mathilde, contrainte de partir pour un autre poste, se mit en disponibilité et fonda avec son époux une SARL. Comme Rodolphe avait vendu sa maison à… des Anglais pour habiter avec Mathilde, ils rachetèrent l’école à la commune, habitèrent le logement rénové, installèrent les bureaux dans les classes vides, la cour et le préau servant au matériel et aux camions.


La renommée du petit maçon dépassa vite les frontières du village ce qui, mine de rien, lui apportait beaucoup de travail. Pire, ses employés également au courant l’avaient surnommé « Castor », considérant que comme l’animal, il travaillait surtout avec sa queue. Heureusement que Mathilde était au-dessus de tout cela et ne prêtait aucune attention aux commérages. Ce qui lui importait, c’était que la société marche bien pour qu’elle puisse y rester et que son Rodo soit chaque soir dans son lit et l’envoie au septième ciel avec son prodigieux engin. Du reste, maintenant c’était fait, son ventre s’arrondissait. Mais c’était un enfant voulu et non pas accidentel. Malgré ses quarante ans passés, elle en eut encore deux autres. Ils iraient à l’école dans la ville voisine…