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Temps de lecture estimé : 91 mn
23/05/20
Résumé:  Un agriculteur s'éprend d'une aide à domicile.
Critères:  #rencontre #personnages fh hplusag campagne amour fellation pénétratio fsodo
Auteur : Roy Suffer            Envoi mini-message

Série : Aide à domicile

Chapitre 01 / 02
Aide à domicile (1)



Le lendemain, c’était samedi, jour de marché à la ville, et Germain en profitait pour aller se faire un peu d’argent frais. Autrefois c’était la Françoise, sa femme, qui se chargeait de cette vente et en profitait pour faire quelques courses. Mais elle était décédée il y a trois ans des suites d’une longue maladie, comme l’on dit pudiquement. Une fois veuf, il avait pris sa suite, non par nécessité, mais parce que c’était l’occasion de voir des gens, de discuter un peu, de boire un coup. Et puis il fallait bien écouler sa production, encore plus excédentaire maintenant qu’il était seul. Par habitude paysanne, héritée de l’époque où les bras étaient le principal moteur de l’agriculture et où chaque repas réunissait dix ou douze personnes autour de la table, il produisait des légumes en quantité dans le même jardin que travaillait son père, et son grand-père avant lui. Un beau potager nourri du bon fumier de ses vaches. Il n’avait pas d’étal, il lui suffisait d’ouvrir le hayon de son « Berlingo » et en moins d’une heure le fourgon était vide. C’était bon, c’était beau, c’était bio et en plus pas très cher. Il était réputé, certains se bousculaient à son arrivée. Il vendait également des œufs, quelques volailles et un peu du produit de ses vaches, lait, crème, beurre et fromages quand il en avait en excès ; en fin de saison, avant de tuer le cochon de l’année, il négociait le surplus de pâtés, terrines et salaisons pour libérer les récipients.


Sa réputation, d’où la tenait-il en dehors de la qualité de ses produits ? En reprenant l’exploitation de son père, décédé prématurément, probablement à cause des produits phytosanitaires utilisés sans précautions, Germain courait comme un fou après la rentabilité. Toujours plus de vaches à viande, toujours plus d’investissements, de nourriture à acheter, de médicaments, de vétérinaire… pour des prix de vente toujours plus bas. Quand il s’était marié, son père avait vendu une vache dix mille francs pour payer la noce. Dix ans après, il n’en tirait péniblement que deux mille euros, alors que le prix des aliments, des engrais et du carburant était presque une fois et demie plus élevé. L’éleveur était au bord de la dépression, endetté, sans percevoir d’issue à l’étau qui le comprimait de plus en plus. C’est la Françoise, infirmière de profession et inquiète pour la santé de son époux, qui lui offrit une solution :



Il alla à la Chambre d’agriculture pour se renseigner. On le dirigea vers les sous-sols où un type étrange l’accueillit. Genre bobo soixante-huitard, sandales, jean et chemise à carreaux, tignasse hirsute et lunettes en culs-de-bouteille.



Au point où il en était, il n’avait plus grand-chose à perdre, alors pourquoi pas. Déjà, en supprimant les aliments industriels et les intrants chimiques, il économisait presque assez pour être à l’équilibre. Sauf que son cheptel allait crever de faim.



Il a eu du mal, le Germain. Il a vendu ses cent cinquante bovins au prix du marché et il n’a pu racheter qu’une soixantaine de Parthenaises. Des bêtes magnifiques à la robe cognac, aux yeux comme maquillés au khôl. Moins de bêtes, moins de travail, surtout en stabulation libre, paissant la plupart du temps dans les prés. Et puis il y avait ces aides promises à la conversion qui devaient lui ouvrir des jours plus heureux. Le calcul montrait qu’il avait droit à trente-cinq mille euros par an pendant trois ans, le temps de retrouver l’équilibre… Bizarrement, c’est à ce moment-là précisément que Françoise tomba malade. Elle qui était plate comme une limande, qui ne voulait pas avoir d’enfant, il lui trouva soudain le ventre bien rond.



Elle ne voulait pas d’enfant, mais c’est par là qu’elle est morte. On lui a enlevé une tumeur grosse comme un ballon de football, et le chirurgien a dit à Germain qu’il y en avait absolument partout, que ce n’était plus qu’une question de jours ou de semaines. Effectivement, le mois suivant il accompagna la Françoise à sa dernière demeure.

Sale coup pour Germain, et à double détente. Car son infirmière de femme gagnait de quoi faire bouillir la marmite, ce que l’exploitation ne permettait pas, et surtout elle s’occupait des comptes et de la paperasse. Si bien que Germain ne toucha que la première avance des aides à la conversion, quinze mille euros, et que quatre ans plus tard il n’avait toujours pas perçu les soixante-quinze mille euros de solde qu’on lui devait. Déclarations en retard, dossiers mal remplis, et un État qui se faisait tirer l’oreille, toujours à court d’argent.



Le bonhomme, qui avait prôné une discussion « les yeux dans les yeux », détournait souvent la tête, marchant de long en large et regardant par la fenêtre. Il ne voulait pas montrer ses faiblesses. Bien sûr, qu’il n’allait pas la faire expulser pour un peu de retard, il n’en mourrait pas et disposait de quelques réserves pour patienter. Ayant tout pour se nourrir, n’achetant que le sel et le poivre, entre loyer et vente au marché, il ne dépensait même pas les mille euros de revenus. Mais il éprouvait une certaine jouissance à terroriser cette jeune femme qui, il le sentait bien, aurait fait n’importe quoi pour ne pas se retrouver à la rue. Et puis… et puis il l’avait trouvée pâlotte et amaigrie en arrivant, d’après le souvenir qu’il en avait en signant le bail trois ans auparavant. Cependant, elle restait encore mignonne, malgré ses joues creuses et ses pommettes saillantes. Le reste surtout le troublait beaucoup. Elle portait un leggings et un sweater moulants qui laissaient deviner une paire de nénés plus qu’honorable et un cul particulièrement généreux. L’opposé de la Françoise, tout pour remplir les mains d’un honnête homme. Plus il la regardait et plus sa virilité palpitait, et quand elle se jeta à genoux pour supplier sa bienveillance, il lui vint une idée saugrenue. Tellement qu’il s’entendit lui dire sans y croire lui-même :



Ben merde alors, pensa-t-elle. Il veut que je le suce, le cochon. Il abuse de la situation. Enfin, si c’est indispensable pour ne pas me retrouver à la rue… Oh putain ! Mais c’est qu’il est monté comme un bourricot ! La vache, je vais m’en voir pour avaler ça. Pourvu que… non ça va, il sent bon la savonnette…


Germain n’en revenait pas. La petite s’était laissé faire sans barguigner. Non seulement ça, mais, après un instant d’hésitation, elle le pompait divinement. Ah, ce n’était pas le petit coup de langue vite fait de la Françoise avant de lui tendre ses fesses avec dédain. Là, c’était du grand art : coups de langue sur le méat, sur le frein, gland gobé et malaxé, succion forte, mais sans excès, gorge profonde, branlette de la hampe, coups sur la langue et sur la joue, couilles malaxées et grattouillées, bref, le grand jeu. Elle y mettait le paquet, la salope. Il ne savait que pousser des grognements et lâcher des « Oh pu-tain » sporadiques. Et puis il y avait ce regard aux yeux révulsés pour guetter dans les siens la montée du plaisir. Elle le retardait comme elle le souhaitait et quand elle décida que ça suffisait, elle accéléra brutalement la branlette, augmenta la succion et pressa plus fort les testicules. Il ne put que se rendre, giclant à longs jets trop longtemps retenus. Elle avala tout sans sourciller et lui nettoya le matériel presque avec gourmandise.



Il s’affala dans le canapé clic-clac et l’entendit se laver les dents. Il avait la tête et les couilles vides et planait sur un petit nuage de félicité. Elle revint.



Il revint en fin d’après-midi chargé d’un grand couffin.



En effet, il y avait sur le dessus des œufs, une bouteille d’un litre et demi de lait frais, un gros pot de crème, une motte de beurre, un pot de fromage blanc, la moitié d’une miche de pain dans un torchon, des tranches de jambon sec dans de l’alu, deux bocaux de pâté, une terrine, le tout sur un lit de légumes frais, carottes, poireaux, pommes de terre, navets, chou, salade, et puis du persil, de l’ail, des oignons, des échalotes, du thym, du laurier, du romarin et pour finir une bouteille de vin. Une véritable épicerie ambulante.



Il éplucha carottes, navets, poireaux et pommes de terre et mit le tout à cuire dans de l’eau salée avec quelques condiments. Quelques minutes plus tard, une suave odeur emplit le petit appartement.



Il moulina la soupe quand elle fut cuite, jusqu’à en faire un velouté. Une bonne cuillerée de crème dans chaque assiette, une grosse tartine de pain grillé, et ils dînèrent ensemble. Elle mangeait avec tant d’appétit qu’il dut la freiner, de peur que son estomac ne supporte pas ce soudain afflux de nourriture. Il y avait encore au fond du couffin un petit fromage maison, quelques fruits et un pot de confiture. Elle se régala et se confondit en remerciements.



Il repassa, avec un couffin de nouveau rempli. En guise de remerciement, elle le gratifia de nouveau d’une gâterie. Et ce fut ainsi durant plusieurs semaines. Mélanie avait meilleure mine, ses joues se remplissaient et elle prenait goût à la vie. Non seulement cette visite hebdomadaire ne la dérangeait pas, mais elle l’attendait, parfois même avec impatience. Comme ce jour où elle avait préparé une tarte aux pommes, avec la farine qu’il lui avait apportée. Instant de partage, bref, trop bref, où l’un et l’autre se sentaient bien. Elle lui donna fièrement un chèque de trois cents euros, il ne lui restait plus qu’une dette de quatre cents. Mais hélas, elle n’avait pas trouvé d’activité complémentaire. C’est lui qui eut la bonne idée :



Au bout d’une petite route improbable, le corps de ferme se dressait fièrement sur un tertre dominant une plaine vaste, parsemée de bosquets. Elle tomba en arrêt. Dans le creux, un étang calme reflétait un vaste champ de fleurs multicolores.



Concernant les bâtiments, ce n’était pas tout à fait le même rêve, mais bien le « bordel » annoncé. Construits en U autour d’une grande cour rectangulaire, ils avaient dû avoir bel aspect il y a près d’un siècle. Mais depuis, l’usure du temps et les mauvaises habitudes successives avaient fait leur œuvre. Un coin de la cour ressemblait à une décharge, vieux socs, roues de charrettes et diverses ferrailles. Le reste était la proie des herbes folles et de quelques ronces où quelques poules égarées cherchaient pitance. Fenêtres et volets avaient l’urgent besoin d’un coup de peinture, quant à la façade, quelques fuites de chenaux avaient taché le crépi, cloqué par endroit.



L’intérieur valait l’extérieur, c’est-à-dire qu’aucun ménage n’avait été fait depuis… quatre ans ! Plusieurs jours, voire semaines, de vaisselles sales s’empilaient sur l’évier et les paillasses.



Piteux, Germain ne rentra qu’à la nuit tombante et resta un brin médusé. Sa cuisine semblait impeccable, même si elle ne l’était pas encore complètement. Mais plus de vaisselle sale, le lave-vaisselle terminait son troisième tour, l’évier, la table et les plans de travail propres, le sol de tomettes balayé et lavé paraissait presque neuf.



Il ressortit tout étonné par la capacité de travail de cette fille, pensant qu’il avait eu une sacrée bonne idée de lui proposer ce marché. Ils dînèrent agréablement, même la télé était plus claire et plus nette sans poussière grasse. La seule ombre au tableau, c’est que Mélanie repartit aussitôt après, sans lui avoir offert sa petite gâterie habituelle. Mais elle promit de revenir le lendemain pour le déjeuner, puis de s’attaquer aux chambres. Tout espoir n’était pas perdu.


Elle revint effectivement le lendemain et commença courageusement par le couloir, l’escalier puis les chambres. Dans sa tête, le compteur de sa dette tournait à huit heures par semaine, soit seulement cinq semaines pour s’en libérer. Cette fois, c’est la machine à laver qui tourna tout l’après-midi. Le soir, elle avait les yeux cernés et ne voulut même pas rester dîner. Il lui fit reculer sa petite voiture sous un hangar et lui fit le plein.



Au fil des week-ends, la maison devint plus coquette, plus claire et plus agréable. Elle fit les vitres, lava stores et rideaux, draps, couvre-lits. Elle emporta même couettes et couvertures pour les déposer au pressing. Elle constata que le comportement de Germain avait changé, maintenant il faisait attention. Il ne rentrait plus en bottes, lavait sa vaisselle, aérait. Elle lui fit une dernière surprise en téléphonant à un ferrailleur pour qu’il dépose une benne. Gus fut bien obligé de la remplir avec la fourche du tracteur. Il en profita même pour faire le tour des granges et des hangars et les vider de toutes les vieilleries métalliques. Près de trois tonnes de déchets qu’on lui racheta trois cents euros. Ça fit un vide dans la cour, tel que les herbes et les ronces parurent soudain plus envahissantes. Il ne put se soustraire à la débroussailleuse, puis au nettoyeur haute pression.



Le samedi suivant, Germain passa voir son copain boucher qui lui achetait de temps en temps, et de plus en plus souvent, une Parthenaise. Il en vendait la viande à prix d’or, bien que traînant les pieds sur le prix des bêtes, faisant au passage un bénéfice substantiel. Ça commençait à se savoir et l’on venait de kilomètres à la ronde pour goûter de cette fabuleuse viande. Puis il passa aussi chez Mélanie pour lui apporter un panier de victuailles. À sa grande et agréable surprise, elle le pompa délicieusement, comme elle l’avait toujours fait auparavant.



Quand la jeune femme arriva à la ferme, elle se planta au milieu de la cour, mains sur les hanches, et interpella Gus :



Curieux comme avec cette fille énergique il se retrouvait comme un petit enfant. Avec la Françoise, ce n’était pas pareil. Elle était acide, revêche, prompte aux reproches et le houspillait d’entrée. Résultat ils s’engueulaient et il foutait le camp dans ses champs pour avoir la paix. Mélanie, ce n’était pas pareil. Peut-être l’habitude de parler aux vieux pour les obliger à faire quelque chose. En tout cas, elle semblait sûre de son fait et l’amenait à sa raison, un peu comme faisait sa mère. Il ne pouvait rien lui refuser, d’autant qu’il avait encore la sensation de sa bouche sur son zob. Il changea les vaches de pré, nettoya l’étable et en profita pour pailler les zones vides du potager. Paille et fumier allaient décomposer lentement tout l’hiver en protégeant et nourrissant la terre. Quand il rentra, il alla se laver, Mélanie s’activait toujours sur ses parquets et la maison sentait bon la cire. Il la regarda longuement avant qu’elle ne s’en aperçoive. Progressant accroupie du fond de la chambre vers la porte, elle lui offrait une vue inédite sur son large postérieur, sa taille fine et son dos en V. Juste vêtue d’un leggins et d’un t-shirt, il regardait ses muscles jouer sous le tissu, tandis que deux larges auréoles de sueur marquaient ses dessous-de-bras. Sacrée bosseuse, cette fille. Et bien bâtie de surcroît. Une trique pas possible lui tendit la salopette, juste au moment où elle se retourna.



Il fit demi-tour à regret et descendit l’escalier. À mi-chemin, il se retourna et lança :



Il l’entendit prendre une douche rapide et elle lui cria :



Quand elle descendit, il eut un coup au cœur. Elle portait bien un de ses t-shirts, mais rien que ça, tous ses vêtements roulés en boule sous son bras.



Eh oui, et quand elle bougeait c’était pire. Non seulement il voyait ses jambes pour la première fois jusqu’au raz des fesses, mais en plus le soutif devait avoir pris aussi la sueur, et ce qui se trémoussait sous le t-shirt était bien des seins en liberté. À peine plus bas que d’habitude, vibrant et pas ballottant donc fermes, bien écartés, bien drus et repoussant loin le coton. Gus renversa trois fois sa cuillère de potage, elle faisait mine de ne rien voir. Quand elle partit, elle lui dit qu’elle laverait son t-shirt et lui rapporterait la semaine prochaine.



Quand la petite Fiesta rouge s’arrêta dans la cour le lendemain, Germain avala sa salive avec difficulté. Mélanie en descendit dans un accoutrement inhabituel : petite robe de lainage noir très moulante, collants noirs, escarpins à talon noirs avec bracelets qui faisaient oublier ses fortes chevilles, petite veste blanche. Superbe ! Elle tenait à la main une petite pyramide de papier issue d’une pâtisserie.



Elle posa sa veste et proposa son aide qu’il refusa. Sa pomme d’Adam faisait du yoyo. Putain ce cul, ces nibards, ces cuisses musclées qui tendaient la jupe… à tomber. Le menu aussi était à tomber. En entrée, foie gras maison. Eh oui, à temps perdu, il engraissait deux ou trois oies, faisait du foie gras et du confit. Vint ensuite le clou du repas, un rosbif de Parthenaise, le dessus grillé au beurre, presque croûté et l’intérieur rosé, cuit à basse température très lentement.



Épuisés par ce repas pantagruélique et une bouteille de vin presque vide, ils restèrent un long moment à table, à bavarder en sirotant un café. Puis Mélanie se leva.



La jeune femme libéra la table, remplit le lave-vaisselle et allait laver les plats quand Gus revint avec un petit étui cartonné bien enveloppé.



Mélanie déplia et déballa un petit tablier blanc bordé de dentelle.



Elle s’éclipsa vers l’étage, torturée par des idées contradictoires. Si elle faisait ce qu’il voulait, c’est sûr, ça allait mal finir. Si elle ne le faisait pas, elle passerait pour une pimbêche et une ingrate. C’est vrai, il était si gentil avec elle. Certes, il avait vingt ans de plus, pas très beau, pas le prince charmant dont elle rêvait. Mais il y a les rêves et la réalité. La réalité, c’est un homme sympa qui la désirait, libre comme elle, qui se mettait en quatre pour lui faire plaisir. Elle n’en était pas amoureuse, mais elle était bien avec lui, en confiance. Elle était sûre qu’il ne lui ferait pas de mal, et ça ne ferait pas non plus de mal à quiconque. Et puis déjà, elle le suçait presque chaque semaine, c’était une suite logique. Du reste ça l’excitait énormément et à chaque fois, après son départ, elle se masturbait comme une folle. Elle qui n’avait pas fait l’amour depuis si longtemps, il est vrai que Gus était particulièrement bien doté par la nature. Et imaginer ce braquemart dans sa petite chatte la rendait aussi folle qu’un pelotage de seins. Ce n’était pas totalement par hasard qu’elle l’avait allumé avec son t-shirt et aujourd’hui avec sa petite robe moulante. Elle aimait bien qu’il la désire, qu’il bande pour elle. Consciente de l’enjeu, elle posa sa robe, ses collants, ses dessous et enfila le petit tablier devant le miroir. Pour être coquin, c’était très coquin. Allez, arrivera ce qui arrivera.



Sur ce, elle se retourna et marcha jusqu’à l’évier pour récurer les plats, exposant ainsi son dos presque nu et son généreux postérieur.



Gus palpa les globes, les pétrit, les écarta en plaçant ses pouces près du sillon. L’œil du cyclope lui fit coucou et il découvrit deux belles touffes de poils jaillissant des grosses lèvres charnues.



Et le paysan fou de désir fourra son groin dans le sillon écarté et lapa comme un forcené, reniflant bruyamment pour bien percevoir toutes les fragrances. Il entama par une « feuille de rose » bien appuyée, étonné qu’un orifice ayant déjà servi fût redevenu si petit et serré. Cela provoqua juste des :



Mais les protestations n’allèrent pas plus loin. Au contraire, la belle écarta insensiblement ses pieds et se cambra de plus en plus, bien appuyée sur l’évier, offrant au gourmand tout loisir de lui déguster la vulve. Il ne s’en priva pas, fouissant l’abricot dodu à grands coups de langue, tandis que ses mains palpaient le galbe musclé des colonnes du temple tendues par l’effort. Il y sentait des contractions et des vibrations qui encourageaient ses efforts pour débusquer le petit bouton de plaisir bien caché sous sa capuche de chair tendre et l’épaisse toison. La mouille coulait déjà sur son menton, une liqueur acidulée et fade qu’il trouva délicieuse. Pour mieux atteindre l’objet de ses convoitises, il se retourna, laissant au passage sa salopette en chiffon sur le sol. L’occiput contre le placard, bien cramponné aux hanches puissantes, le cou entre les cuisses si douces, il aspira enfin le clitoris bien gonflé, le tritura entre ses lèvres et la pointe de sa langue. Mélanie se crispa et gémit à nouveau :



Puis elle eut un instant de tétanie et se recula flageolante pour mettre fin à cette délicieuse torture. Gus se releva lentement, collé au corps voluptueux de la jeune femme, son sexe bandé à éclater frottant tout au long de ses cuisses jusqu’à venir se caler tout contre le sillon humide. Il enserra la taille fine de ses grosses paluches rugueuses, il pouvait presque en faire le tour si ce n’est le petit ventre formé et bien rempli par le repas. Puis les mains remontèrent le long du beau thorax en V à la rencontre de ces généreux nichons qui l’excitaient tant.



Trop tard ! Les mains en coupe avaient saisi leurs proies et en évaluaient déjà volume, poids et consistance. Après tout, ils n’étaient pas si gros qu’il l’aurait cru. Gros certes, débordant largement les mains de l’homme, mais pas énormes comme la silhouette le laissait supposer. C’est que la belle avait un poitrail très évasé et des pectoraux bien développés, qui projetaient loin en avant ces deux glandes fermes et drues, aux tétons durs comme de la gomme. Elle se laissa aller sur sa poitrine, la tête en arrière et les yeux révulsés. Il palpait, pressait doucement, pinçait et pelotait avec délice.

Ce fut le déclic, la bascule. Mademoiselle Mélanie devint Miss Hyde. Une chatte aurait ronronné, Mélanie grondait. Un grondement qu’il sentait naître au plus profond de sa poitrine qui vibrait contre son propre torse. Et soudain, elle se mit à parler avec une voix qu’il ne lui connaissait pas, grave, rauque, profonde. Un instant il pensa à la petite fille du film « l’exorciste ».



Germain en était tout ébaubi. Était-ce vraiment la douce Mélanie qui tenait ces propos triviaux, le tutoyait et agitait son cul sur sa queue ? Il se poserait des questions plus tard, l’heure était venue de conclure. Le petit tablier rejoignit la salopette et la jeune femme se retrouva à plat dos sur la table, les fesses juste au bord et les cuisses relevées. Ah ces cuisses ! Blanches, douces, charnues, Gus n’en revenait pas d’une telle aubaine. D’une main leste, l’autre pressant toujours un téton, il dégagea la fente des poils qui l’encombraient, décalotta son gland turgescent et le présenta à l’entrée de la grotte. Il admira son chibre surgonflé pénétrer à la base de ce bel éventail d’astrakan, dru et épais. Puis il ferma les yeux pour mieux apprécier cet instant unique, divin, celui de la première pénétration d’une chatte inconnue.


Oui, mon Gus, c’est bien toi. T’es là et tu fourres ta bite dans une petite de vingt ans, et sur la table de ta cuisine, encore. Ah, c’est pas avec la Françoise que ça aurait pu arriver, paix à son âme ! Regarde-moi ce petit bijou qui frétille au bout de ta queue, chaude comme une baraque à frite, mouillée comme une couche de bébé. Et elle est bâtie comme une déesse en plus. Putain, c’te chance !


Et l’autre qui commentait avec sa voix d’outre-tombe, en appui sur les coudes, tête en arrière :



Gustave sentit enfin ses couilles s’écraser contre la pointe des fesses de la belle. Il fit une pause pour mieux profiter de l’instant, malgré les imprécations de cette femme possédée. Puis il se mit en branle et la laboura comme une terre fertile, de toute la puissance de son soc. La fille feulait comme une panthère. Elle pouvait toujours gueuler, la ferme la plus proche était à deux kilomètres. De temps à autre, elle se redressait, obligée de se planter le menton dans la poitrine pour le regarder de ses yeux révulsés, le regard fou entre ses mèches éparses.



Elle était déjà couverte de sueur et partit soudain en convulsions, braillant et frappant la table du plat des deux mains. Il empoigna ses cuisses pour ne pas déjanter et la maintenir de toutes ses forces, comme les pattes d’une vache en plein vêlage. Le souffle court et rauque, elle le stimula de nouveau :



C’est elle qui l’aura voulu. Gus se contrôla jusqu’à ce qu’elle jouisse à nouveau, puis il la fit descendre de la table et la retourna. Heureusement qu’à chaque orgasme la belle lâchait une grande rasade de mouille qui inondait la toile cirée et dégoulinait jusque par terre. Le flot de cyprine passait forcément par son entrefesse, lubrifiant sa rosette. Malgré tout, il retourna se graisser un instant dans sa chatte puis ressortit pour viser plus haut. Ah ce cul, offert comme un gros fruit mûr ! Et ce trou de balle bien relâché par le plaisir qui palpitait comme un clignotant. Il fallut une sacrée poussée et une bonne claque sur les fesses pour franchir l’anneau très musclé du sphincter.



C’est comme si elle n’avait pas mal, et pourtant ça devait sérieusement la secouer. Le conduit était étroit et palpitant de contractions, mais tant qu’il lui pétrissait les seins, elle semblait ne se soucier de rien, que de jouir. Il la bourra sans ménagement jusqu’à l’orgasme. Ses longs jets de sperme brûlant semblèrent en provoquer un chez Mélanie qui, d’un coup, devint une chiffe molle entre ses mains. Elle glissa lentement à terre, lâchant des séries de pets humides. Germain se posa sur une chaise et se servit un verre de vin. Nom de dieu, quel round !


Mélanie se ramassa comme elle put, échevelée, et les yeux injectés de sang. Elle saisit une serviette de table pour colmater ses fuites et courut à la salle de bains. Quand elle revint, une serviette en turban sur la tête, les yeux bordés de reconnaissance et encore un peu rouges, elle était toute penaude d’être encore nue. Gus souriait, ravi de mater sa conquête. Il était toujours à poil lui aussi, s’étant juste rincé la queue dans l’évier. Il avait remis du bois dans la cuisinière et sirotait son second verre de vin.



Elle enfila sa petite robe et lui sa salopette et ils allèrent dans le bâtiment voisin, plus bas, plus vieux, couvert de tuiles plates moussues et non pas d’ardoises comme l’autre. Sur le linteau de l’entrée, 1654 gravé dans la pierre. Mais passée la lourde porte de bois aux gonds de fer forgé, c’est un autre monde. D’abord un sas, servant à se changer et enfiler des vêtements de protection, combinaison, charlotte et chaussons jetables. À droite, « le fournil » ainsi nommé par Gus, car il y fait le pain chaque semaine, là aussi où il fait ses pâtés, ses conserves et où il prépare ses volailles. Dans l’ancienne cheminée, la porte en fonte d’un four à pain, au sol un brûleur avec un gros autoclave pour les conserves. Et puis partout les matériels nécessaires, couteaux, hachoir, billot… C’est un peu noirci par la fumée, mais c’est propre et bien rangé. C’est pour aller de l’autre côté qu’il faut enfiler des combinaisons, exclusivement masculines, ce qui oblige Mélanie à quitter sa robe au grand bonheur de Gus. La laiterie est impressionnante, toute carrelée de blanc du sol au plafond et éclairée de puissants néons. Il y a là tout ce qu’il faut pour la confection du beurre et des fromages. Ça sent fort le caillé, ce n’est pas immense, mais parfait pour travailler seul. Au fond, une chambre froide et une porte donnant sur un petit escalier de pierre descendant à une cave d’affinage.



Pointes de seins, fesses et hanches apparaissaient tout particulièrement à travers l’intissé semi-transparent de la combinaison, par ailleurs ridicule. Et tout cela mettait Gus en émoi. Il ne put se retenir de palper creux et bosses.



Mélanie sur la table de la cuisine, c’est bien. Mais au lit, c’est encore mieux. Le bougre se lança dans la dégustation intégrale de sa belle, ne laissant pas un seul centimètre carré de peau en paix. Il la trouvait si belle qu’il lui répétait sans cesse, lui suçant autant les orteils que le bout des seins, et Mélanie adorait. Quand le réveil sonna à six heures, ils avaient bien peu dormi. Germain partit s’occuper de ses vaches et Mélanie de ses petits vieux, chargée de victuailles pour la semaine.

Le vendredi suivant, elle téléphona.



En guise de surprise, il lui avait préparé des écrevisses, issues tout droit de l’étang et du ruisseau, un bonheur. Après le dîner, la voyant tourmentée, il la poussa à parler :



Mélanie s’installa à la ferme pour la nouvelle année. Le déménagement fut rapide, un seul tour de fourgonnette suffit, en plus de sa petite voiture. On était pourtant au creux de l’hiver, mais pour Gus la maison s’illumina. Il redoubla d’enthousiasme et d’activité, courant des vêlages au bois avec toute une semaine consacrée à la « Saint Cochon », le jour où on lui fait sa fête ! Une fête certes, mais que de travail entre les jambons à saler, les boudins les saucisses et saucissons, les pâtés, les terrines et toute cette viande à découper, emballer et congeler. Mélanie aidait de son mieux et surtout apprenait. Si bien qu’en quelques semaines, le « laboratoire » devint son domaine. Elle comprit vite la technique des fromages et rivalisa bientôt de qualité avec son employeur et amant. Comme pour le pétrissage du pain, spectacle que Gus essayait de ne pas manquer, car la belle en t-shirt léger lui offrait la vision de ses seins ballottant tandis que ses bras dodus plongeaient jusqu’au fond du pétrin. Ils adoraient chahuter avec de grands éclats de rire, Gus farinant ces seins magnifiques, Mélanie protestant de sa voix caverneuse :



Et il en profitait outrageusement. Il n’était pas rare que la jeune femme terminât la séance le cul dans le pétrin, relâchant quelques flots de mouille et de sperme mélangés dans la pâte. Ils appelaient ça leur « pain d’amour ». En retour, l’agriculteur essayait de devancer les désirs de sa belle et faisait de son mieux pour tout remettre « en ligne » sur l’exploitation, sans laisser de recoins à la bonne volonté du hasard. C’est qu’elle était exigeante, la bougresse, et surtout elle avait l’œil…



Eh oui, et donc avant la nouvelle saison, Gus installa un grand tunnel de culture le long de l’étable, bien exposé et bien abrité. Il suffisait d’ouvrir quelques-uns des vasistas du bâtiment donnant dans le tunnel pour que la chaleur animale empêche les gelées. Il espérait ainsi gagner trois ou quatre mois de production entre printemps et automne pour les légumes abrités. Le reste du potager s’agrandit presque jusqu’au ruisseau, profitant de la zone humide pour multiplier les cucurbitacées, citrouilles, potirons, butternuts, courgettes, cocombres, cornichons. Le poulailler se déplaça vers le verger, les arbres donnant de l’ombre aux volailles qui nettoyaient le terrain et l’amendaient de leurs fientes. Tôt un matin, Mélanie vit Gus avec surprise partir vers la colline pouilleuse avec… le cochon au bout d’une corde. Il ne revint que vers midi, un panier au bras et rouge d’excitation.



Il souleva le torchon qui couvrait le panier, elle pensait voir des champignons dont elle percevait un peu l’odeur. Mais non, il ne s’agissait que de sortes de cailloux noirâtres.



Il alla donc un matin voir ce restaurateur dans la ville voisine, un peu intimidé par le cadre des deux macarons Michelin. Mais le bonhomme était simple et sympa, et l’accueillit chaleureusement.



Il en coupa une lamelle avec un couteau.



Il enfila son tablier, sortit une poêle, la graissa de beurre et cassa quatre œufs en ayant soin de bien séparer blancs et jaunes. Il fit sauter les blancs à la poêle, prit une mandoline pour trancher quelques lamelles de truffes. Puis il déposa délicatement les jaunes dessus et passa le tout au four quelques minutes. Quelques instants plus tard, Germain dégustait les plus incroyables œufs sur le plat qu’il n’ait jamais mangé, en compagnie du chef.



Il alla les chercher, on pesa, un kilo deux cents.



Gus rentra avec mille huit cents euros en poche, plutôt content de sa matinée. Mélanie trouva fantastique la perspective de recevoir la télé, et en profita pour inciter Gus à faire venir le couvreur le plus vite possible. Elle fut exaucée dans la semaine suivante et put s’attaquer à la peinture des volets, mais aussi des portes, du portail et presque de tout ce qui lui tombait sous le pinceau. Ce n’est que quelques mois plus tard que le restaurateur se manifesta, souhaitant venir reconnaître les lieux avant d’y amener la télé. Il demanda des précisions sur la route à suivre, car son GPS ne connaissait pas la ferme de Montclou. Un Porsche Cayenne débarqua dans la cour. Gus avait pris soin de ramener les vaches dans un enclos tout proche, mais l’homme fut ébahi par le paysage. Les lupins commençaient à fleurir, les blés à dorer, le colza et les tournesols explosaient de jaunes divers.



Il fit quelques pas vers les vaches et aperçut soudain le potager. Il y courut. Gus, avec son bon sens paysan, se dit qu’il était un peu zinzin, ce type. L’autre exultait, arrachait une carotte, un radis, un navet et goûtait tout ça avec des exclamations enthousiastes.



Soudain il les entraîna vers la maison, regardant autour de lui comme s’il craignait d’être espionné. Une fois assis autour de la toile cirée, il ouvrit les vannes à son discours.



Mélanie et Gus se regardèrent. Passer de cinq à six cents euros de revenus à quatre mille par mois, le choix était vite fait. Et grâce aux « extras » selon les saisons, châtaignes, noix, champignons divers, truffes, écrevisses, truites, etc. Ce serait plus près de cinq mille euros.


Les chenaux et les gouttières furent réparés et les façades crépies de neuf pour l’arrivée de la télévision. En fait, on ne vit presque que Sophie, l’animatrice, et le chef cuisinier dans un délire dithyrambique, Germain n’eut que quelques mots à dire et Mélanie fut oubliée. Peu importait, ce fut quand même un événement. Pour les remercier, le chef les invita un soir à dîner dans son établissement prestigieux. Ils en profitèrent pour apporter avec eux la livraison normalement prévue pour le lendemain matin, débarquant donc en fourgonnette au milieu de limousines de grands prix. Ils préférèrent donc entrer discrètement par les cuisines. Gus n’était pas à l’aise dans ce cadre cossu, avec tous ces mecs en costumes d’alpaga. Mélanie s’y sentait plutôt bien et regardait de tous ses yeux, accentuant cet air perpétuellement étonné que lui donnaient ses sourcils hauts et arqués.



Queues d’écrevisses sur un velouté de butternut à la cannelle, tournedos de Parthenaise Rossini accompagné d’une purée de panais truffée et de quelques branches de cresson, mi-cuit fondant au chocolat sur une duxelle de rhubarbe. Gus retrouvait bien tous ses produits, mais n’en revenait pas, tant ils étaient sublimés part l’art du chef cuisinier. Celui-ci fit son apparition en fin de service, en toque et veste de MOF (Meilleur Ouvrier de France), venant comme à son habitude recueillir les félicitations des convives. Mais il s’arrêta près de Gus et réclama l’attention de l’assemblée :



Applaudissements debout de toute la salle, Germain écarlate ne savait plus où se mettre. Bien sûr, toujours plus ou moins en campagne, le député vint serrer chaleureusement la main calleuse du paysan qui marmonna un vague remerciement. En revanche, Mélanie très à l’aise cramponna la main tendue, en profitant pour s’exprimer :



Quand ils retournèrent à la voiture, après un petit digestif en tête-à-tête avec le chef, Gus s’exclama :



Ils n’eurent pas le temps d’arriver à la ferme, il fallut garer la fourgonnette dans un chemin creux, et Mélanie connut le bonheur de se faire trousser sur le capot tiède, à la lueur de la pleine lune à laquelle elle montra la sienne, ronde, pleine, ouverte et blanche, comme un écho.


Dans les semaines qui suivirent, l’émission fut diffusée un samedi après-midi, heure de peu d’écoute, mais la presse locale et le bouche-à-oreille avait mis tout le canton devant les téléviseurs. Une large place était faite au chef étoilé et à ses recettes de cuisine, mais on y voyait aussi le boucher, Germain et quelques autres personnes qui cuisinaient des recettes locales. À force de recommencer les prises, le paysan n’était plus paralysé par le trac et semblait assez naturel, Mélanie le trouva plutôt télégénique. Il s’extasia sur un plan montrant ses vaches et le paysage de son exploitation, avant que le restaurateur ne parte en diatribe dans le potager. Quelques jours plus tard, comme par hasard, la Chambre d’Agriculture téléphona. Il paraissait que certains formulaires n’avaient pas été renvoyés à temps pour toucher les aides, Gus ne s’étonna guère, c’était juste au moment de la maladie puis du décès de sa femme, il avait d’autres chats à fouetter. Pas de courrier ni de démarche à effectuer, un conseiller viendrait le lendemain pour remplir les fameuses paperasses. Germain le reçut poliment, mais avec sa tête des mauvais jours.



Les paperasses furent remplies, elles étaient indispensables pour que le dossier ne soit pas contestable. Il ne fallut pas plus de quinze jours pour que le secrétariat du député ne téléphonât, annonçant la venue de l’édile avec la télévision régionale pour la remise d’un gros chèque.



Mais cette fois, Germain était remonté et rien ne se passa comme prévu. D’abord, le député s’étonna :



Le mec revint avec le chèque dû de quatre-vingt-dix mille euros et en rédigea un second de cinq mille sur sa « cassette » personnelle, en demandant de promettre de ne rien dire à la presse. Il fit demi-tour avec FR3.



Sur ces bonnes paroles, les deux s’étreignirent et firent la fête, foie gras et confit arrosés par une « roteuse », c’est ainsi que Gus appelait la bouteille de champagne, puis fête charnelle comme il se doit. Revenus à la réalité, la soirée se passa en une discussion serrée sur la manière d’utiliser le pactole. Germain voulait rembourser son emprunt et ainsi être libéré de toute dette. Mélanie voyait les choses autrement :



Mélanie s’équipa, ordinateur et logiciel de comptabilité spécialisé pour l’agriculture, et elle se mit à compiler des années de factures et de papiers, de relevés et déclarations. Elle intégra les ventes au restaurateur, du moins celles payées par chèques, éliminant le produit des marchés tant les sommes étaient petites, nombreuses et en liquide. Elle sortit des courbes et des « camemberts » qu’elle présenta à son mentor.



Se savoir à la tête d’un demi-million d’euros donnait des ailes à Germain. Qui l’eut cru il y a cinq ans, alors qu’il tirait le diable par la queue ? Il prit ses décisions posément, après mûre réflexion, en homme de la terre. D’abord, il rencontra le percepteur du secteur pour voir comment il pouvait se verser des arriérés de salaire sans être accablé d’impôts. Un SMIC, il y a cinq ans n’aurait pas donné lieu à impôt sur le revenu. Mais cinq années cumulées et il allait être taxé comme un gros riche. Il ne devait pas être seul dans ce cas-là, tout était dans la façon de le déclarer. Il ne serait imposable que sur les deux dernières années, quand son salaire est augmenté, mais raisonnablement. L’exploitation, elle, risquait d’être fortement taxée s’il ne faisait pas d’investissements, il allait en faire. Il passa voir son notaire et fit le tour du cadastre. Les terres et exploitations à vendre ne manquaient pas, hélas. Celles réputées les meilleures étaient cependant fort éloignées de la sienne, pas une bonne solution. Il finit par tomber sur un petit élevage caprin d’une soixantaine d’hectares, dont le propriétaire partait à la retraite. Un seul repreneur s’était manifesté, des jeunes qui n’avaient ni certification ni financement, de doux rêveurs qui voulaient quitter la grande ville. Les terres n’étaient pas fameuses, tout juste bonnes pour le pâturage et le foin. Mais elles avaient un énorme avantage : elles se situaient juste au bout de celles de Germain, après le bois derrière les lupins. La vieille ferme donnait sur une tout autre route, et il fallait faire plusieurs kilomètres en repassant par le village pour l’atteindre. N’importe, il suffirait d’ouvrir un chemin direct, d’un bon coup de tractopelle. Justement, il est grand temps de le changer, le tracteur de son père qui fume noir, demande deux ou trois réparations par an, assis en plein vent hiver comme été, juste de quoi mettre une petite bâche trouée pour se protéger un peu de la pluie et du cagnard. Germain ne lésina pas. Il prit deux billets de train et en route pour Paris, au grand bonheur de Mélanie. Ils allèrent au salon du matériel agricole, le SIMA, où Gus put choisir l’engin de ses rêves, puis au salon de l’agriculture où la jeune femme trouva toutes les machines et tous les accessoires qui allaient lui simplifier la vie, tant à la maison qu’au laboratoire. Et une nuit romantique en apercevant la tour Eiffel par la fenêtre de la chambre d’hôtel, une promenade en bateau-mouche le matin avant de reprendre le TGV.


Gus n’avait jamais pris autant de plaisir à aller travailler que depuis l’arrivée de son nouveau tracteur. La cabine suspendue, climatisée, insonorisée avec la stéréo, il se croyait dans son salon. Pire, il installa un paillasson sur le marchepied, tellement il voulait que son nouveau jouet reste impeccable. Plus puissant en même temps que plus économique, plus silencieux également et tellement plus pratique. Les accessoires, socs, broyeur, fraise, godet, pelleteuse, débroussailleuse, avaient tous des supports de rangement et des repères électroniques. Il suffisait de se laisser guider par les bip-bip et toc, il ne restait plus qu’à verrouiller. Que de fatigue et de tours de reins épargnés ! En quelques semaines, l’exploitation pourtant déjà propre devint un modèle d’entretien parfait. De son côté, Mélanie programmait son pétrin, lançait son robot aspirateur et allait s’occuper des comptes en attendant que les machines aient terminé. Elle recevait également quelques représentants d’entreprises auxquelles elle avait demandé des devis. Elle voulait une nouvelle cuisine ouvrant sur une vaste véranda qui servirait aussi d’entrée et de salle à manger de tous les jours, pour profiter du paysage et des beaux jours.


Ils adhérèrent à une association d’agriculteurs bios permettant aux uns et aux autres d’échanger sur leurs pratiques, de se refiler les bons tuyaux et de partager les expériences. Les réunions mensuelles étaient tournantes, une fois chez l’un, une fois chez l’autre, on apportait quelques produits et on terminait par un bon repas bien arrosé. Non seulement c’était sympa, mais Gus apprit beaucoup de choses. Parfois même, les collègues se donnaient un coup de main pour des installations difficiles. Ainsi vinrent-ils à une demi-douzaine avec tracteurs, prêter main-forte à Gus pour ériger son éolienne au sommet de la colline pouilleuse. Haute de douze mètres et d’une puissance de cinq kilowatts, elle venait compléter les cent cinquante mètres carrés de panneaux photovoltaïques qui recouvraient désormais l’étable. L’installation en autoconsommation avec revente de l’excédent à EDF, financée avec de nombreuses aides, couvrait 80% des besoins de la ferme et de la maison. En fait, Gus ne payait plus de courant, mais recevait de l’argent d’EDF, car le global était excédentaire, mais certains jours assez nombreux dans cette région, ou le ciel est gris sans vent, la production était nulle.


Un collègue avait trouvé la solution en Allemagne, un « digesteur » dans lequel on mettait les déchets organiques de toute sorte. Ils ressortaient en compost après avoir produit en fermentant une bonne quantité de méthane, gaz qui servait à alimenter la cuisine et un petit groupe électrogène. La bonne solution pour rendre l’exploitation totalement autonome, puisque dès la moisson suivante le tracteur fonctionnerait avec le biocarburant, de l’huile extraite des graines de colza, comme le 4X4 récemment acquis réglé pour le diester. Le nouveau « Berlingo » destiné aux livraisons hebdomadaires était électrique et se rechargeait déjà sur l’installation.


Quand Germain eut la possibilité de basculer définitivement l’alimentation du compteur électrique sur « Off », ils firent une petite cérémonie avec tous leurs amis « bios », occasion également d’inaugurer la nouvelle cuisine et la véranda, surmontée au dernier moment par un balcon ouvrant sur la chambre que Mélanie avait transformée en bureau. Ainsi, du haut de son perchoir, elle pouvait apercevoir son Gus dans la plupart de ses activités, et surtout profiter d’une vue sublime sur cette belle propriété. Ce fut l’occasion d’un fantastique repas que leur ami, chef étoilé, avait gentiment concocté, uniquement avec les produits de la ferme.


Tout semblait parfait désormais et Mélanie jubilait d’avoir apporté sa contribution à cette perfection. Pourtant elle travaillait beaucoup, les comptes, les volailles, le pain, les fromages et le beurre, les livraisons, l’entretien de la maison et du laboratoire, sans compter la cuisine, la lessive, le repassage, etc., etc. Mais elle aimait cela, se sentait utile, vivante et à l’aube de la trentaine, avait le sentiment d’être une femme accomplie. Pour rien au monde elle n’aurait souhaité être ailleurs. Elle s’en confia à Gus un soir où il semblait ne pas avoir le moral. Lui approchait de la cinquantaine et trouvait qu’il fatiguait de plus en plus. Il est vrai qu’il courait partout à longueur de journée, des vaches aux cochons, du potager à la vigne, des champs aux étables, et ainsi de suite. Et il y avait les vêlages en hiver et leurs nuits d’insomnie, les pépins naturels comme la grêle, les orages et les tempêtes, le gel ou la sécheresse, les maladies animales, les contrôles vétérinaires… et cette fatigue intense qui l’envahissait parfois sans crier gare et le ramenait à la maison en grande sudation, même par temps froid. Heureusement qu’il y avait cette adorable fille dont il était toujours éperdument amoureux, et qui ne refusait jamais une séance de plaisir.


C’est lorsque l’un des membres de leur groupe eut un accident que Gus se posa des questions d’avenir. Le pauvre garçon ramenait une remorque lourdement chargée de paille lorsqu’une roue a éclaté sur un silex du chemin. Il a dételé le tracteur, est allé chercher une roue de secours et a voulu l’installer. Mais la remorque avait pris de la gîte, le chargement avait dû commencer à glisser un peu et s’est écroulé sur l’agriculteur, écrasé par des tonnes de paille. Il était jeune, à peine trente-cinq ans, et sa petite compagne s’est retrouvée à la rue après avoir trimé plus de dix ans avec lui. Ils n’étaient pas mariés ni pacsés, elle n’était pas déclarée, pour payer moins de charges et vivre plus « libres », comme ils l’entendaient. Oui, mais… Germain retourna voir son notaire pour savoir comment, lui qui n’avait aucun héritier, il pouvait tout léguer à Mélanie en cas de pépin.



Pendant quelques jours, les paroles du notaire le travaillèrent un peu.



La bague était superbe, une émeraude sur un médaillon ouvragé d’or blanc parsemé de petits diamants. De plus, elle allait parfaitement au doigt de Mélanie, émue et ravie.



Le mariage eut lieu quelques semaines plus tard. Gus aurait bien voulu que ça se fasse vite fait, dans l’intimité avec deux témoins, mais Mélanie a trahi leur projet auprès d’une copine du groupe bio, à laquelle elle demandait d’être son témoin. Alors ce fut la fête avec tout le groupe, repas chez le chef étoilé un jour de fermeture, il était également le témoin de Gus. La mariée était très belle, dans un tailleur rétro gris perle et bibi à voilette noir. Elle en paraissait plus âgée et mieux en accord avec Germain, très digne dans son costume sombre, pour une fois bien coiffé et rasé de près par le figaro du village, il en paraissait un peu plus jeune. Avec sa maladresse habituelle, il cassa un peu l’ambiance en début de repas, dédiant cette journée à Lionel, leur copain décédé, et sa copine Cécile, incitant tous les couples du groupe à faire comme lui pour préserver l’avenir de leurs exploitations et de leurs compagnes.


Le chef se surpassa, leur faisant notamment un rôti de foie de veau (Parthenay bien sûr) en croûte, prétranché avec des tranches de foie gras intercalées. Une folie agrémentée de truffes, de morilles et d’une sauce aux coteaux du Layon. Le tout servi avec un Tariquet à tomber. Après quelques chansons et danses, tout le monde rentra chez soi en fin d’après-midi, élevage oblige. Mais une fois les bêtes traites et soignées, Gus s’occupa longuement de la jeune mariée, désormais également son associée.


Le premier malaise véritablement marquant de Germain eut lieu quelques semaines plus tard. Il prêtait main-forte à l’un de ses collègues pour ériger une éolienne, comme il avait fait chez lui. Maintenant, la technique du groupe était rodée. Socle de béton coulé avec fixation du pied, quatre plots d’amarrage également en béton, éolienne couchée en position, un tracteur et son godet, un bras élévateur et quelques hommes avec des cordes pour conserver l’alignement jusqu’à la verticale. Les cordes étant doublées, il suffisait ensuite de lâcher un brin et de tirer sur l’autre pour les retirer sans grimper au mât. En plein effort, Germain s’affala sur le dos. On arrêta tout, on se précipita, il était un brin dans les pommes, mais revint à lui très vite.



On rigola rassuré et on lui donna un petit verre de gnôle. C’est à l’écart de tous et en toute discrétion qu’il alla vomir tripes et boyaux. Surtout, ne pas inquiéter Mélanie pour rien, elle allait l’envoyer droit chez le toubib, voire à l’hosto, des gens qu’il avait en horreur et qu’il avait trop fréquentés avec sa première femme. Pourtant Mélanie remarqua bien sa mine de papier mâché, son peu d’appétit et son peu d’entrain. Elle ne l’agaça pas avec la médecine, mais insista lourdement pour qu’il se fasse aider. Là encore, un pas qu’il n’était pas prêt à franchir. Fine mouche, elle joua sur le voyage de noces, juste un week-end à la mer, elle qui ne l’avait jamais vue, lui non plus. Elle contacta le service de remplacement de la chambre d’agriculture, mais ils manquaient de personnel. Impossible avant des mois. C’est tout à fait par hasard, sur le marché où elle vendait toujours quelques produits, qu’un stand attira son attention. C’était celui d’un CFA, Centre de Formation d’Apprentis, qui faisait sa publicité, cherchant à recruter à la fois des apprentis et des maîtres d’apprentissage. Elle discuta, prit des imprimés et rentra en parler à son époux.



Dans la semaine qui suivait, ils reçurent le jeune Julien Decorde, un grand gars costaud d’un mètre quatre-vingt, blond-châtain, qui arriva en scooter. Un peu gauche et timide, il expliqua que la quincaillerie n’était vraiment pas son truc, enfermé à l’année dans un magasin ou une réserve, et des comptes sans fin. Il préférait le grand air et les animaux, choix soutenu par sa mère, mais qui l’avait mis un peu en froid avec son père. Il tomba en extase devant les Parthenaises, sautant la barrière pour aller les caresser, s’émerveilla devant les cochons laineux Mangalitza, doux de poil et de caractère, race pour lui inconnue, et conclut en félicitant Germain pour ses élevages originaux, intéressants et rentables. Germain ronronnait de plaisir et lui assura que dans quelques jours son futur logement serait prêt avec tout le confort : salon, chambre, cuisine aménagée, salle d’eau et toilettes.



La collaboration semblait bien embarquée. Et au fil du temps, une certaine complicité s’instaura entre les deux hommes. Surtout au moment des vêlages, quand Julien ne rechigna pas à se lever à toute heure de la nuit pour aider aux naissances avec Gus. À table, il était peu causant, le nez dans l’assiette, et rougissait à chaque fois que Mélanie s’adressait à lui. Cependant, fort poli, il n’omettait jamais de terminer le repas en disant :



Souvent, elle lui faisait une petite boîte de restes pour son dîner, ce qu’il acceptait volontiers.


Germain avait un peu plus de temps à consacrer à ses autres activités, mais aussi à son épouse, toujours très portée sur les ébats sexuels. Il semblait même que la présence de ce jeune homme, plutôt pas mal de sa personne, lui ait donné un regain de gourmandise. Il lui arrivait, lorsqu’elle était seule dans son bureau haut perché, de le regarder évoluer de loin avec les vaches et de se doigter, jupe relevée et culotte baissée, en rêvant à l’ardeur de cette jeune queue toute fraîche. Pour elle c’était certain, Julien était puceau vu ses réactions, et elle aurait bien aimé le soigner de cette tare, d’autant qu’il y avait moins d’écart d’âge entre elle et lui qu’elle en avait avec son mari. Mais cela en restait au stade du rêve érotique, et elle se rattrapait le soir en chevauchant Germain comme une amazone.

De son côté, le jeune homme ne pensait guère à « la patronne », comme il la désignait, si ce n’est que ses gros nichons et son cul rebondi l’impressionnaient et lui faisait perdre ses moyens. Timide, il n’avait jamais dépassé le stade du baiser avec les filles, et ne connaissait du corps féminin que les vidéos d’Internet qui l’aidaient à soulager les pulsions de ses jeunes hormones.


La scène se produisit un beau jour de printemps. Julien était monté dans le grenier de l’étable pour déboucher la trémie qui délivrait les compléments de nourriture aux vaches. Depuis qu’ils avaient mis au point, avec le patron, ce système de distribution automatique, ils avaient encore moins de travail et en plus ils pouvaient suivre et contrôler la ration consommée par chaque bête munie d’un collier. Ça et les rouleaux de brossage, presque comme ceux qui lavent les voitures, une musique douce diffusée dans l’étable et les vaches semblaient plus heureuses, moins nerveuses, plus productives en lait comme en viande. Mais parfois la machine s’enrayait, souvent pour peu de chose, une branche oubliée, un caillou ou un bloc de graines agglomérées. Il fallait grimper la débloquer, ce qui fut fait. Il allait redescendre quand il entendit une course sur les pavés de la cour et de grands éclats de rire.



Germain la rattrapa et la projeta dans le foin, elle semblait n’attendre que ça. À cheval sur ses cuisses, il déboutonna la robe de cotonnade et s’empara à pleines mains des gros seins qui étaient nus et libres sous la fine étoffe.



Plus Germain pelotait ces superbes nichons, plus « la patronne » semblait excitée. D’une drôle de voix, elle invectiva son mari :



Germain se redressa pour quitter sa salopette, l’espace d’un instant Julien aperçut les belles cuisses charnues et le superbe triangle velu de la femme. Mais aussitôt, Germain se mit sur elle et il ne vit plus que le dos puissant de son patron, agrippé par les quatre membres de son épouse qui râlait comme une louve, tête renversée en arrière.



La vision n’était pas érotique en soi, c’est la situation qui l’était. Surtout lorsque la jeune femme se tétanisa, s’arqua puis se replia en avant, rugissant comme une panthère. À cet orgasme, Germain se redressa à genoux et la femme en furie goba son sexe et le pompa comme une déchaînée. Puis elle se retourna, offrant sa croupe généreuse aux assauts de son mâle, pire, elle jetait ses fesses voluptueuses sur le sexe tendu de l’homme immobile. Ce fessier blanc et charnu venant chercher son plaisir, cette taille fine, cette peau laiteuse et ces cris rauques d’encouragement mirent Julien en grand émoi. Il bandait comme un cerf au brame et commençait à se toucher le sexe à travers sa combinaison.



Germain semblait déguster l’instant, les yeux fermés et la bouche ouverte, se contentant de claquer de temps en temps le gros fessier qui lui donnait tant de plaisir. Puis le foin vola, la jeune femme exulta à nouveau bruyamment et sollicita son amant de sa voix d’outre-tombe :



Le paysan ne se fit pas prier. Il écarta les hémisphères charnus de ses pouces, y lâcha un gros mollard et fourra son mandrin dans le trou du cul qui n’attendait que ça. La femme rugissait, l’homme ahanait.



Julien avait sorti son sexe et se masturbait à tout va. Quand l’homme et la femme exultèrent ensemble, son sperme gicla à gros bouillons sur le plancher du grenier. Germain se rhabilla vite en marmonnant :



Mélanie traîna un peu plus longtemps, revenant doucement à la réalité en étirant son corps dans le foin, souriant à chaque pet bulleux qui s’échappait de ses fesses. Puis elle se redressa, épousseta toutes les brindilles collées par la sueur, bouchonna son cul d’une poignée de foin et prit tout son temps pour caresser ses seins, sa chatte et ses fesses endoloris avant d’enfiler sa robe légère qu’elle laissa ouverte pour traverser la cour. Le jeune homme n’en revenait pas de ce moment d’intimité qu’il venait d’observer depuis sa cachette.



Il continuait de caresser sa queue encore humide, mais restée bandée, regrettant de ne pas avoir son smartphone avec lui pour immortaliser ce spectacle. Il ne pourrait compter que sur sa mémoire pour se masturber chaque soir à l’envi. Sûr que désormais il ne regarderait plus « la patronne » du même œil. Il fut d’ailleurs plus timide, plus gêné et plus rougissant que jamais au repas du lendemain. Mais il ne pouvait s’empêcher de suivre le trajet bondissant des nichons ou les oscillations fascinantes de ce cul magnétique. Gus le remarqua :



Cependant, Mélanie fut un brin émoustillée par cette remarque et se doigta fougueusement après le départ de son mari.


Julien apporta un dimanche le premier jet de son rapport, dont la note comptait beaucoup dans l’obtention du BTS. Il l’avait intitulé « Produits bios et d’exception, les clés de la réussite ». L’essentiel du texte était là, avec déjà quelques photos, mais il souhaitait en faire d’autres.



Gus était tout fiérot de lire la description de son travail, l’historique de l’évolution de l’exploitation, les remarques dithyrambiques du jeune homme. Il y avait quelques petites rectifications à apporter, mais dans l’ensemble tout était rigoureusement exact. Comme il n’aimait pas écrire, il demanda à son épouse de noter ces corrections sur des feuilles de carnet qu’elle inséra dans les pages du rapport. Mais Mélanie s’arracha un peu les cheveux à poignées en constatant l’orthographe déplorable de l’étudiant. Elle souligna chaque faute au crayon avant de lui rendre le document la semaine suivante.



Enfermés tous les deux dans le bureau de l’étage, Mélanie lui montra patiemment tous les documents et lui expliqua le fonctionnement et la situation financière de l’exploitation. Il buvait ses paroles, humait ses fragrances féminines, sentait ses seins lourds toucher son épaule quand il était devant l’ordinateur. Il s’étonna du redressement des comptes depuis le passage en bio.



Mélanie ne pouvait s’empêcher, durant les cinq à six heures qu’ils passèrent ensemble, d’admirer l’excroissance qui dilatait la salopette de Julien.


Je le fais bander et ça me ravit. Et quelle santé ! Il a la gaule sans discontinuer depuis le début de l’après-midi. C’est dingue comme ça m’excite, je suis toute mouillée. S’il savait…


Elle lui confia de nombreux documents sur une clé USB, et le rapport s’enrichit d’un important chapitre sur la situation financière. Du coup, la conclusion passa de « l’exploitation est en bonne santé » à « l’exploitation est dans une excellente situation matérielle et financière ». Gus se rengorgea. Mélanie apprécia l’effort en orthographe en corrigeant encore quelques fautes. Ça sert d’avoir fréquenté l’école des sœurs avec des méthodes dites dépassées. Julien obtint son BTS haut la main, ce qui est normal pour un garçon sérieux. Il aurait bien intégré une licence professionnelle, mais il fallait partir dans un autre centre à l’autre bout de la France où il n’était pas certain de retrouver un aussi bon maître d’apprentissage, un aussi bon logement. Son contrat ne se terminait qu’en septembre, mais il obtint de Germain, bien poussé par Mélanie, la promesse d’un contrat au premier octobre, comme employé cette fois.



De fait, le rapport de stage devait comporter quelques préconisations, contribution de l’apprenti à l’évolution de l’exploitation. Julien était bien ennuyé pour en faire, compte tenu du niveau de la ferme frôlant la perfection. C’est en étudiant les maladies et les épidémies qu’il lui vint quelques idées, comme par exemple, installer une seconde clôture autour de la parcelle des porcs, faite de rouleaux de barbelés fixés dans le sol, pour préserver le cheptel d’une éventuelle contamination par des sangliers de passage, toujours attirés par les femelles. De même, il conseillait de couvrir la basse-cour d’un filet empêchant d’éventuels migrateurs de s’y poser. Grippe aviaire, fièvre porcine étaient en effet des épidémies redoutées et redoutables. Pour les vaches, c’était plus difficile à cause du mode d’élevage en plein air. En principe, une contamination de type « vache folle » semblait impossible, aucune farine n’entrant dans leur alimentation. Un virus ne pouvait donc qu’être transmis par l’homme, rapporté d’un autre élevage lors d’une visite. Il conseilla donc d’installer un sas d’entrée dans la stabulation avec un pédiluve par précaution, si une mesure de confinement devait être prise. Mais surtout, il invita à envisager l’installation d’un robot racleur pour garder l’étable toujours propre.


Ils allèrent donc tous les deux chez un fournisseur, choisir et commander le matériel le plus adapté. Julien était très fier, c’était la première fois que Monsieur Germain l’emmenait dans son gros 4X4 et sollicitait son avis. Ils passèrent tout juillet à installer tout cela en plein cagnard, débroussaillant, étirant des centaines de mètres de barbelés très coupants. Gus peinait visiblement, devait souvent s’arrêter, suant sang et eau, essoufflé. Julien mit cela sur le compte de l’âge, ignorant qu’à cinquante ans un homme en bonne santé est plutôt au sommet de sa force et de sa résistance physique. Il fallait aller vite et avoir terminé avant la moisson, le blé n’attendrait pas. Ils enchaînèrent donc par la moisson, Germain au volant de la moissonneuse et Julien à celui du tracteur. Une bonne récolte, le pain serait bon et les animaux bien nourris.

C’est peu après, un peu avant les vendanges, qu’un soir Mélanie s’impatienta. Gus n’était pas rentré, la nuit tombait, et la carpe farcie desséchait dans le four. Elle appela sur son portable, sans réponse.



Mélanie sortit dans la cour, fit le tour des granges et des étables, pas de Gus. La nuit était déjà noire quand elle revint vers la maison. Dans le silence, elle perçut au loin un bruit de moteur.



Elle sortit la carpe et se prépara à la découper. Mais toujours pas de Gus. Elle ressortit et entendit encore exactement le même bruit de moteur, cela venait du chemin reliant les deux fermes. Elle sauta dans le 4X4, supposant qu’il avait un problème ou une panne. Passée la colline, juste dans le creux boisé, elle vit le tracteur dans la lumière des pleins phares. Il était en fâcheuse posture, le nez dans le fossé, moteur tournant. Elle courut jusqu’à la cabine, trouvant Gus affalé sur le volant. Elle coupa le contact et essaya de secouer son mari :



Il bascula sur le côté, inerte. Ne sachant que faire, elle rappela Julien.



Le jeune homme arriva en trombe sur son scooter. Mélanie essayait de couvrir Gus avec un plaid trouvé dans la voiture.



Sortir un homme de cette corpulence d’une cabine de tracteur le nez piqué dans un fossé ne fut pas aisé. Mais l’angoisse décuplait leurs forces, ils parvinrent à le déposer délicatement sur le chemin. Ils avaient à peine terminé cette opération que l’hélicoptère du SAMU faisait un point fixe au-dessus d’eux, cherchant de son phare un endroit pour atterrir. Trois types arrivèrent avec brancard et mallettes.



Alors Mélanie entra dans sorte d’hystérie, exigeant qu’ils fassent leur métier, qu’ils l’emmènent de toute urgence à l’hôpital, qu’ils le raniment, qu’ils le soignent. Elle était comme folle, prête à les griffer, les mordre, les frapper. Elle hurlait sans pouvoir la calmer. Alors les sauveteurs se regardèrent, mirent Germain sur la civière et l’embarquèrent. De nouveau seuls, Julien reçut un torrent de larmes sur son épaule et, au bout d’un long moment, il put lui dire :



Conduire ce gros engin pour la première fois de nuit sur des routes de campagne n’apporta pas au jeune homme le plaisir qu’il en espérait en l’admirant. L’hôpital était à une quarantaine de kilomètres, ils mirent plus d’une heure. Compte tenu de sa crise d’hystérie, le médecin et les infirmières prirent mille précautions. Mais le temps du voyage, le cerveau de Mélanie avait intégré la réalité. Elle aussi avait bien senti qu’il était froid, que sa salopette puait de tous les liquides qui quittent le corps au moment de la mort. Elle en avait toiletté des petits vieux partis pendant la nuit. Elle ne dit donc rien, son regard fixé sur la pointe de ses souliers. Elle voulut le voir une dernière fois, il gisait sur une table sous un drap blanc, livide. Julien avait été informé par une infirmière, il pleurait doucement sur un banc dans le couloir, attendant sa patronne.



… À suivre…