Le hasard des échanges par internet fait des rencontres sans se voir. L’un et l’autre se découvrent à l’aveugle, bercés de fantasmes au fil des messages. Pas de visage, pas de voix, juste quelques mots et deux prénoms, mais sont-ils vraiment les leurs ? Anaïs et Henry se sont pris à ce jeu et, grand curieux, voilà que vous prenez la conversation en cours de route…
13 h 30 (c’est Henry qui entame l’échange)
- — Mais quel âge avez-vous ? Je suis curieux.
- — Cela vous intrigue ? J’ai un peu plus d’un quart de siècle.
- — Je découvre donc que j’ai quelques dizaines d’années de plus que vous. Cela me donne envie de vous dévergonder !
15 h
- — J’ai mis du temps à répondre, pardon. Mais votre message m’a fait peur. C’est une idée dangereuse…
- — Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous effrayer. Avouez tout de même que c’est tentant, non ?
- — … et je suis curieuse. Tant pis si cela tua le chat ! Au Diable la peur, je ne suis plus une enfant depuis longtemps. Et après tout, deux écrans nous séparent et nous sommes voilés des fantasmes de l’anonymat. Tout ce qu’il y a à craindre, c’est un trouble partagé…
- — Alors qu’attendez-vous de moi ?
- — Que diriez-vous d’un jeu ? Dévergondez-moi du bout des doigts. Ce soir, 20 h. Le premier qui jouit a perdu.
- — Est-ce vraiment perdre ? Mais c’est d’accord, je me prête au jeu. À ce soir alors, j’en suis déjà tout excité !
- — À toute à l’heure…
20 h
- — Êtes-vous là ?
- — Oui.
- — Où vous êtes-vous installée ?
- — Dans le salon, sur le canapé. J’ai fermé la porte et les volets. Je suis tout à vous en toute intimité. Et vous ?
- — Je vous attends, étendu nu sur mon lit, impatient depuis un moment déjà à vous rêver, à vous caresser… Que portez-vous, joli songe ?
- — Chemise longue et culotte simple
- — Pas de lingerie ? Tant mieux, j’aime la simplicité. De toute façon, il faudra enlever tout ce textile importun, mais attendez, pas tout de suite, prenons le temps de l’embrasement. Mes mains sur mon corps seront vous et je serai les vôtres. Allongez-vous doucement, laissez-vous aller entre les coussins. Sentez-vous déjà l’excitation troublante ?
- — Je vous sens déjà alors que désir et appréhension se mêlent au creux de mon ventre dans de doux palpitements. Avec animation, j’attends sans savoir quoi, frémissante en me mordant la lèvre.
- — Laissez-moi vous guider, ma belle coquine. Sentez cette main qui avec lenteur remonte comme une caresse le long du galbe de votre mollet, chatouille votre genou jusqu’à conquérir votre cuisse qu’elle masse doucement.
- — Et peu à peu je me détends, je fonds comme neige. La tête rejetée en arrière, les yeux mi-clos, le souffle déjà raccourci, je vous cherche du bout des doigts.
- — Pas tout de suite, nous avons tout le temps du monde… Laissez-vous faire, jeune effrontée. Sentez ces mains qui remontent jusqu’à vos fesses pour les effleurer, les toucher, les pétrir.
- — Mais elles ne s’y attardent pas. Voyez, elles soulèvent la chemise et caressent l’étoffe de la culotte.
- — Bien, doucement. Remontez encore sous la chemise, lentement vers vos seins que je devine déjà dressés, gonflés d’impatience. Sentez-vous leurs pointes dures ?
- — Elles roulent sous les doigts, mais la chemise… je l’ai ouverte, je n’en pouvais plus et ma bouche humide et enfiévrée a mordu l’épaule ainsi dénudée.
- — Oh, coquine ! Ai-je vraiment des leçons à vous donner ?
- — Oui, oui. Oh, continuez, par pitié. Je me tortille déjà, cuisses serrées et mes doigts impatients…
- — Diablesse. Laissez-les courir sur votre ventre ondulant. Les miens sèment des décharges électriques le long des cuisses qui leur sont offertes. Là, à l’intérieur, sur la peau si fragile, si fine, si douce. Ma verge déjà gorgée se raidit de vous savoir abandonnée à l’excitation.
- — À vous lire, mes mains se sont échappées et ont trouvé la perle sacrée à travers l’étoffe. C’est si bon, vous n’allez pas m’en gourmander ?
- — Au contraire, abandonnez donc cette importune culotte qui ne fait que vous entraver. Faites glisser l’élastique le long de vos jambes tremblantes pour vous libérer. Sentez la caresse qu’elle vous fait en partant.
- — Je l’ai chassée trop vite, elle n’en a pas eu le temps. Entre les boucles brunes courent dix doigts avides et caressants.
- — Votre impatience m’excite et mon sexe érigé se tend vers vous avec un désir décuplé.
- — Je sens sa chaleur et sa dureté contre ma cuisse écartée.
- — Laissez-moi entrer. Je brûle, je me consume.
- — Non, pas encore, pas tout de suite. Je ne suis pas assez mouillée…
- — À petits coups de langue joueuse, comme j’aimerais vous embrasser là, sur ce bouton de rose que je sais déjà palpitant jusqu’à le voir pleurer de plaisir.
- — … Mes doigts le font rouler presque avec frénésie tandis que dans ma tête enflammée, je sens votre langue darder en moi.
- — Laissez-moi entrer. Plus que ma langue, c’est ma verge tendue qui me fait souffrir de désir et je n’ose faire plus que l’effleurer…
- — Votre message a vibré sur ma cuisse, j’en suis tout électrisée. Mes seins gonflés se frottent au dossier du canapé. Des milliers de décharges me sillonnent le ventre…
- — Je brûle, ma belle, je n’en puis plus. Le plaisir, je vous le donnerai.
- — Mes doigts ont trouvé la clé et oh…
- — Femme, où es-tu ?
- — Je jouis… pardon, mais que c’est bon ! Oh, mais entrez, entrez. Ma chair palpitante vous attend, vous appelle, vous réclame dans un gémissement.
- — Enfin… je te pénètre lentement et me sens bien dans ta chaleur sous le massage ardent de ton fourreau tendre.
- — Oui, oui, viens en moi, remonte vers la source de ce ruisseau qui t’abreuve.
- — Diable ! Ne pas exploser, pas encore. Mais je te sens si étroite, si refermée autour de moi. Tu m’aspires, tu m’appelles si fort. Je crains de perdre le contrôle et doucement, je me retire.
- — Oh, pitié ne t’en va pas.
- — Pour mieux revenir d’un coup de reins puissant.
- — Oh, mon maître, encore une fois !
- — Je te sens humide, ruisselante autour de moi. Tes seins se pressent contre mon torse.
- — Ils n’en peuvent plus de se tendre.
- — Je me recule et reviens toujours plus fort, plus loin. Les draps ne sont qu’un champ de bataille sur lequel je tremble de toi, essoufflé, brûlant.
- — Fesses serrées, cuisses offertes, bassin relevé, je tremble aussi, me perds dans ta cadence et…
- — Si chaud, si bon…
- — … une nouvelle vague menace de m’emporter…
- — Je me suis perdu dans un cri fauve. Oh, divine maîtresse, que ne donnerais-je pour tes caresses ?
- — … je peine à reprendre pied. Mes gémissements résonnent encore dans l’air enflammé tandis que je halète pour reprendre mon souffle.
- — Je bascule contre les oreillers, encore tremblant, épuisé.
- — Effondrée contre l’accoudoir, un léger spasme anime encore ma jambe. Le calme, la torpeur m’enveloppent.
- — Après la vague, le reflux lent de la marée pour glisser jusqu’aux bras de Morphée. Allez donc retrouver votre lit avant de sombrer. Cette formidable détente m’entraîne déjà dans le parfum de notre volupté et sur ma langue reste le goût puissant de nos émois.
- — Continuerez-vous à me dévergonder ?
- — Autant que vous voudrez…