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n° 19432Fiche technique9084 caractères9084
Temps de lecture estimé : 6 mn
29/01/20
Résumé:  Je me réveille dans le lit d'un inconnu, seule et nauséeuse.
Critères:  fh amour -amiamour
Auteur : Clovis
Réveil

J’entends mon pouls, je n’en finis pas de relever les draps sur ma tête, je suis blottie en chien de fusil, je me retourne encore et encore, la lumière m’agresse, mes mains s’agrippent à l’oreiller, l’oubli et le sommeil me fuient, je résiste, ma tête bourdonne, mes paupières sont lourdes de fatigue, je refuse le jour, je me sens nauséeuse, malade, fiévreuse, l’une de mes mains court sur mon front, mes tempes, mon visage, je me sens sale, ma peau est moite, je transpire, quelque chose cloche, la lumière peut-être, ou bien le silence, ou alors la soie qui m’enveloppe, mes doigts aveugles glissent malgré moi sur le matelas, ils tâtonnent, ne rencontrent aucun obstacle si ce n’est la robe de soirée que je porte encore.


J’ouvre les yeux. Où suis-je ? Je ne bouge pas la tête, je m’y refuse, mes billes courent d’un coin à l’autre, j’aperçois une porte entrouverte, une table de chevet sur laquelle trône un roman d’aventures, je ne reconnais pas l’endroit, qu’ai-je fait de ma nuit ? Je tourne la tête, je cligne des yeux face à la fenêtre protégée par des rideaux clairs, je me redresse en sursaut, mes chaussures à talon se trouvent au pied du lit, je rejette les draps, mon cœur palpite, ma robe me recouvre jusqu’aux genoux, ma main se porte sur ma poitrine alors que l’ombre d’un homme se reflète sur le sol.


Mathias apparaît dans l’encadrement. Je respire à nouveau. Il porte un tee-shirt et un caleçon, ses jambes sont nues, il tient un linge blanc dans une main, son sourire se veut complice, il s’approche, s’assoit sur le lit, à moins d’un mètre, il me demande si j’ai bien dormi, je suis incapable de lui répondre. Je ne me souviens de rien, mon esprit est cotonneux, je panique à l’idée qu’on soit allé trop loin, il me rassure, me dit qu’il s’est contenté de veiller sur moi, il me tend le tissu, m’invite à me changer et à l’enfiler avant de le rejoindre. Il m’abandonne.


Guidée par l’odeur du café j’avance pieds nus dans le couloir, son tee-shirt me recouvre jusqu’à mi-cuisse, je débouche dans la pièce principale. De dos, Mathias presse des oranges dans le coin cuisine, à l’autre bout, le canapé est déplié, il a fait « chambre à part », j’en souris, je suis complètement soulagée, il se retourne, m’invite à m’asseoir autour de la table, il est bienveillant, je me saisis d’un croissant, il m’observe, je garde le silence, il s’empare de son Smartphone, me montre des photos de notre soirée au cours de laquelle l’alcool a visiblement coulé à flots.


Rassasiée, je le quitte, je m’enferme dans la salle de bains, j’ai une sale tête, mes cheveux sont ébouriffés, je l’entends replier son clic-clac, je règle la température du mitigeur, je retire le tee-shirt de Mathias qui me couvre, me jette nue dans la cabine, et soudain des souvenirs me reviennent en mémoire, des instants de la veille, fugaces, des moments de complicité empreints de tendresse, en tête à tête dans un bar de la ville où je ne cesse alors de m’épancher sur mes malheurs. La chaleur m’envahit, mon corps reprend vie, mon esprit aussi. Je me souviens enfin, oui, je distingue Mathias m’aider, me soutenir au milieu de la nuit, me soulever, me porter jusqu’à chez lui, généreux et indulgent devant une femme accumulant déboires sentimentaux, qui n’a jamais vu en lui rien d’autre qu’une oreille attentive.


Je prends mon temps, j’enfile un peignoir, me sèche les cheveux, sors de la salle de bains. Je l’aperçois assis sur son canapé, jouant sur son téléphone, je m’appuie contre le chambranle de la porte, j’observe sa silhouette immobile baignée d’un halo de lumière, il semble habité par la quiétude, et pourtant je soupçonne chez lui une profonde tristesse dont je suis peut-être la responsable. Il tourne la tête dans ma direction, je m’approche, il me sourit, je lui réponds, il reste assis, je me campe devant lui, à un pas, je tends une main, il abandonne son téléphone, mes doigts glissent dans ses cheveux bruns, il se laisse dorloter, j’observe sa bouche délicate, je caresse son front et ses joues, il ouvre la bouche, de contentement peut-être, de surprise sûrement devant la femme qui ne s’est jamais rendu compte des sentiments qu’il éprouvait à son égard.


Mes mains abandonnent son visage et, au ralenti, dans un geste naturel, elles dénouent la ceinture de mon peignoir. Mes cuisses galbées, mon ventre ferme, mes seins orgueilleux s’ouvrent à lui comme un fruit trop mûr, je le fixe, je m’offre, il reste calme, sa poitrine bouge à peine au contraire de mon cœur qui palpite, ses yeux me caressent et se délectent, ses mains réclament les miennes, il est patient, j’entends être sienne. La serviette éponge finit de glisser au sol, mes lèvres plongent en direction de sa bouche, mon nez écrase le sien, notre premier baiser brûle de désir, pourquoi avoir tant attendu ? Il raffole de mon menton, je glisse mes mains sous son tee-shirt que je finis par soulever, les pointes de mes cheveux caressent son torse, je me positionne à califourchon sur lui, mes pieds prennent appui sur ses cuisses, mes fesses sont libres, ouvertes, offertes, ses mains s’agrippent à mes hanches, je redresse le buste pour lui faire goûter ma poitrine.


Il mordille mes tétons, je savoure, je l’interromps, me saisis de son menton, son plaisir répond à mon sourire, pourquoi n’ai-je jamais rien vu ? pourquoi ne s’est-il jamais déclaré ? Nos bouches se retrouvent et se soudent, nos langues s’enlacent et s’apprivoisent, se lient et se délient, quel délice ! J’emprisonne ses lèvres, j’embrasse son doux visage, ses mains courent sur mes fesses, ses doigts frôlent mon endroit le plus secret, je le regarde à nouveau, il me fixe, Mathias est la douceur incarnée, il est un romantique, je l’embrasse une dernière fois et me redresse pour mieux m’accroupir à ses pieds.


Mes mains se portent sur ses hanches, elles se saisissent de son caleçon, Mathias se soulève légèrement sans me quitter des yeux, le voile de contentement qui couvrait ses traits a disparu, je lui souris de nouveau, tendrement, je sais ce que je fais, je le désire, je ne regretterai rien, mon corps lui parle, je ne te reprocherai rien, j’en ai envie, je veux te goûter, ta bonté mérite récompense. Je fais courir le tissu sur ses jambes musclées, il ne bouge pas, son ventre est contracté, il se dévoile un peu plus, je mets à nu sa timidité, sa virilité ne me laisse pas insensible, je lance ma bouche à son assaut, je l’enveloppe de mes lèvres et de ma langue, j’aime cette caresse, cette offrande, elle le sublime, il ne cesse de m’observer, de refixer mes mèches insolentes derrière mes oreilles maintenant que mon poignet imprime en cadence un mouvement de va-et-vient qui le transcende.


Mathias m’arrête, il réclame ma bouche, il se penche en avant, je me redresse sans relâcher l’étreinte de ma main, notre baiser est fougueux, intense, mes seins sont gonflés, mon ventre papillonne. Il se relève et se saisit de moi comme la nuit précédente, je pousse un cri, il me porte dans la chambre, une main dans le dos, une main sous mes jambes, je suis sa mariée nue, fière de le voir heureux lorsqu’il me jette sur le lit pour me dévorer.


Sa bouche me couvre de baisers, elle explore mon torse, embrasse mon ventre, son nez joue avec mon nombril. Je plie les jambes, je les écarte, pose mes pieds sur ses épaules, je l’invite à la luxure, je ne lui cache rien, ses lèvres se calent contre mon pubis, mes chairs s’offrent à une langue douce et puissante, sensuelle et audacieuse, je gémis puis je l’arrête. Ses yeux m’interrogent, il s’inquiète, je le rassure, je refuse qu’il me serve de nouveau, j’entends être sa fée, je veux être témoin et actrice de son ivresse, son bonheur compte plus que le mien aujourd’hui, je me mets à son service et l’attire à moi.


Nos bouches se scellent, ses doigts qui courent sur ma nuque m’ensorcellent, ma rose qu’il a butinée s’ouvre en douceur devant son enthousiasme, son visage se détache du mien, nos yeux ne se quittent plus, son souffle se mélange au mien, je relève à nouveau les genoux, nous ne formons plus qu’un, il s’active, je l’encourage, je cambre les reins, mes jambes se nouent à ses hanches qui dansent de plus en plus vite, je halète, il s’essouffle, ses traits se parent du masque de l’effort, il s’agite délicieusement dans un râle sourd avant de s’écraser sur moi.


Il s’enquiert de mon plaisir, je ris de sa prévenance, à mon tour de le rassurer, nous aurons plein d’autres occasions, il se détache délicatement de moi et libère malgré lui le fruit de son plaisir qui s’évapore sur les draps alors que je recommence à l’embrasser.