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n° 19387Fiche technique8349 caractères8349
Temps de lecture estimé : 6 mn
06/01/20
Résumé:  Un homme revient voir le Blue Moon, la boîte de sa jeunesse. Il y rencontre une jeune femme avec laquelle il finit la nuit.
Critères:  fh grp hagé couleurs inconnu prost forêt caférestau boitenuit autostop voir noculotte fellation préservati pénétratio tutu
Auteur : Xavier3
C'est ce que tu espères

Tu t’es garé sur le parking du Blue Moon, cette boîte de nuit que tu fréquentais pendant ta jeunesse. De passage dans la région, tu fais une sorte de pèlerinage. Il est vingt-deux heures, les voitures commencent d’arriver, avec des bruits de portières qui claquent et de voix qui jacassent. Des bellâtres flanqués de filles superbes défilent sous ton nez. Gros plan sur le visage d’un barbu, en concentration maximale sur le déhanchement du canon qui l’accompagne. Le moindre balancement de la donzelle est absorbé par ses grands yeux avides. Un vigile filtre les entrées. C’est nouveau. Tu te rends compte que tu as vieilli, qu’il serait ridicule d’aller dans cette boîte à ton âge et que le vigile t’en empêcherait certainement. Séquence nostalgie…


Le vigile jette des coups d’œil circulaires sur le parking, faiblement éclairé par quelques lampadaires blafards. Son regard se porte parfois vers un coin sombre. L’épave d’un véhicule abandonné y pourrit sous un arbre. Les phares d’une voiture qui passe éclairent l’endroit, comme d’un éclair. Apparaît une silhouette, une silhouette féminine, court vêtue, avec des hauts-talons excessifs, qui te donnent l’impression d’échasses. Puis tu ne vois plus rien que les couples qui se pressent en grappe devant la boîte et qui te font envie.


La fatigue monte lentement. Vers minuit, le parking se calme. Tu t’endors, le nez sur le volant. Un cognement t’éveille. Tu ouvres les yeux. Le parking est saturé, mais il n’y a plus personne. Même le vigile a disparu. C’est désert. Le cognement reprend. Tu réalises qu’on cogne à ta portière. C’est une fille. Tu n’en vois que le haut, mais tu reconnais la silhouette de l’ombre. Sa poitrine est barrée d’un bandeau pas très propre, elle porte un blouson râpé, bon marché. Tu baisses la vitre. La fille te demande de la raccompagner. Tu regardes l’heure : il est trois heures du matin.


En équilibre instable sur ses talons, la fille se laisse tomber sur le siège. Tu ne peux t’empêcher de fixer sa minijupe, qu’éclaire le plafonnier. L’idée te vient d’une absence de culotte. Tu essaies de vérifier, en vain. La jupe est vraiment courte, on ne peut pas dire le contraire. Elle découvre les cuisses fort haut, mais il faudrait encore un centimètre. Oui, juste un centimètre plus haut. Pas de chance ! Tu sors du parking, sans savoir, et te diriges vers le centre-ville, par la route qui longe le bois du Vieux-Moulin. La fille te dit qu’elle aimerait traverser le bois. Pourquoi pas ?


Tu bifurques et te voilà qui parcours une allée bordée d’arbres, plongée dans une obscurité totale. Arrivé au rond-point central, carrefour de plusieurs allées, la nuit s’anime. Il n’y a pas grand-monde, mais quand même quelques voitures qui tournent et d’autres qui stationnent, à l’écart. Ta passagère te désigne la cause de cette petite agitation. Il y a trois filles debout près d’un fourré. Des copines, dit-elle. Tu ralentis, car un chien traverse devant toi. Il s’allonge dans l’herbe, le museau mouillé, les yeux grands ouverts. À la demande de ta passagère, tu t’arrêtes à côté du chien.


Une des filles, en baskets et jean, a remonté son bustier jusqu’au cou, exhibant sa jeune poitrine. Tu remarques un homme près d’une voiture qui la regarde. Cet homme te rappelle quelqu’un. C’est un copain du lycée. On dirait qu’il te reconnaît aussi. Mais vous faites comme si vous ne vous étiez jamais vus. L’homme s’appelle Robert. Il se dirige vers la fille aux seins nus et tous deux disparaissent à l’abri du fourré.


Un autre homme fait des signes à ta passagère. Elle te demande de l’accompagner. Dans le fourré. Avec l’homme. Seulement par sécurité, qu’elle explique. C’est fou. Il est quasiment quatre heures du matin. Tu descends de ta voiture, verrouilles les portières et suis la fille dans le fourré, avec un inconnu qui n’a l’air de s’étonner de rien. Après conciliabule, la fille retrousse sa minijupe. Ton intuition se vérifie : elle ne porte pas de culotte. Penchée en avant, son client la prend en levrette, sans gêne, devant toi. Tu constates que la hauteur des talons de la fille compense habilement sa taille, assez modeste. Bizarrement, tu n’es pas choqué. Tu n’as pas peur. Le chien maigre et galeux vient se frotter contre ta jambe. Tu regardes par terre, c’est jonché de Kleenex et de préservatifs. Tout cela te semble irréel.


L’une des trois copines est noire. Précédée d’une poitrine insolente, sur laquelle se suspend un léger t-shirt qui frémit, elle te fait ce genre proposition qu’on ne refuse pas. Son petit short est déboutonné. Tu lui vois le sexe bombé. Tu remarques qu’elle est en sandales, avec de jolis pieds, aux ongles peints. Elle t’attire, forcément. Mais comment dire ? Comme ça ? Au vu et au su de tous ? C’est impossible. La copine t’accuse de racisme. Tu n’as pas le temps de t’expliquer qu’un homme se présente, le sexe brandi hors de la braguette.


Ta passagère a terminé, elle s’essuie l’entrejambe pendant que la copine enfile un préservatif sur le membre dressé de l’homme qui vient d’arriver. Agenouillée dans l’herbe, elle se laisse pénétrer jusqu’au fond de la gorge. L’homme est excité, une dizaine de grands coups suffisent. La fille tousse et crache quand le pénis se retire, avec le condom qui pendouille, rempli de sperme à déborder. Tu résistes à la tentation. Ta passagère ayant remis un peu d’ordre dans sa tenue, vous reprenez la route pour la ville dont s’annonce la banlieue.


Tout est fermé, naturellement. Sauf un snack, genre oriental. Ses couleurs criardes tranchent avec la grisaille alentour. Il faut s’y arrêter. Ta nuit est foutue, tu n’as rien d’autre à faire, tu ne discutes pas, tu t’arrêtes. Et te voilà qui entres dans ce bazar, avec cette fille insensée, tel un couteau qui a trouvé une poule… Il n’y a pas un rat. Sauf le patron, au fond. Un gros homme, assis derrière un bureau encombré de paperasses. Des factures, te semble-t-il. Ta passagère le gratifie de gros bécots. Elle lui donne quelque chose qu’il glisse promptement dans une grosse enveloppe puis elle-même glisse sous le bureau, à quatre pattes. Tu vois le gros qui s’agite peu à peu, rougit, rougit beaucoup, rougit plus qu’il n’est raisonnable et s’abîme dans un râle affreux. Ta passagère s’extrait, s’éponge la bouche et te dit que c’est ce gros cochon qui lui arrange le coup avec le vigile du Blue Moon. D’où la chose. Tu écoutes, sans bien en croire tes oreilles.


Et tu reprends le volant, vers l’HLM où habite ta passagère. Une cité ordinaire. Le petit matin approche, des appartements sont déjà éclairés. La fille t’invite à prendre un dernier verre, bien que vous n’ayez rien bu. Tu as soif. Tu acceptes. Tu montes à pied cinq étages, car l’ascenseur est en panne, derrière la fille qui a ôté ses hauts talons et galope devant toi, les fesses à l’air. Tu te retrouves, hors d’haleine, dans l’appartement de sa famille. Elle te sert une bière dans la cuisine, ce qui n’est pas de refus. Attirée par le bruit des voix, une jeune femme arrive. Elle est entièrement nue, « prête à l’emploi » qu’elle te dit. Elle t’appelle « mon chou. » C’est la sœur aînée. Elle croit que ta passagère a ramené un client pour une partouze. Détrompée, elle retourne se coucher en ronchonnant. Si tu changes d’avis, il n’y a pas de problèmes, te dit ta passagère, toujours vive. C’est vrai que la sœur est magnifique : les seins fringants, le ventre creux, le sexe dûment épilé, les fesses qui rebondissent… mais toi, tu es perdu.


Tu redescends les cinq étages, t’installes dans ta voiture. Il faut retourner à ton hôtel, sans GPS. Tu démarres. Quelle direction ? Il fait presque jour. Tu te demandes à quoi ressemble le bois du Vieux-Moulin à l’aube. S’y trouve-t-il encore quelqu’un ? Cette jolie noire, par exemple ? N’aura-t-elle pas besoin d’un taxi ? C’est ce que tu espères.