| n° 19356 | Fiche technique | 50622 caractères | 50622Temps de lecture estimé : 29 mn | 10/12/19 corrigé 05/06/21 |
| Résumé: J'avais songé à "huit clos", ou à "oui clôt", mais ça ne voulait rien dire. | ||||
| Critères: h fh grossexe gymnastiqu voir préservati pénétratio humour -amourpass | ||||
| Auteur : Radagast Envoi mini-message | ||||
Ce texte est le fruit d’une collaboration entre une charmante auteure norvégienne et votre serviteur.
Nous avons fait connaissance en Ardèche autour des sculptures coquines des chapiteaux d’une église romane du XIIe siècle.
Mille mercis à vous Ada.
*
* *
Personne n’est censé se trouver ici à cette heure, me dis-je en me camouflant derrière le gros bac de serviettes sales que j’allais emmener à la laverie.
Pourtant je ne me fais pas d’idées, j’entends bien des pas. Quelqu’un vient d’entrer dans le vestiaire du club de rugby.
Si personne n’a rien à faire ici à cette heure, moi non plus je n’ai rien à y faire, en théorie du moins.
Sauf que personne n’a pris la peine de passer un coup de serpillière dans ce capharnaüm alors qu’un tournoi de rugby à sept doit débuter demain.
J’avais bien embauché quelqu’un qui m’a fait faux bond à la dernière minute. À moi de faire plus attention la prochaine fois pour que pareille mésaventure ne se renouvelle pas.
Mise au courant trop tard, je me suis armée de serpillières, seau, savon et balai et me suis collée au boulot comme une grande.
Je travaille déjà bénévolement pour ce club, alors un petit peu plus ou un peu moins ne changera rien à l’affaire. D’autant plus que je n’ai pas grand-chose d’autre à faire étant donné que nul ne m’attend chez moi.
Travailler ici me permet aussi de rencontrer des gens et de ne pas rester seule à la maison, de posséder un semblant de vie sociale, de participer à la vie de cette grosse bourgade.
Quand je m’installai ici il y a de cela trois ans, je ne connaissais personne. Simplement je suis tombée amoureuse de ce gros village, amoureuse de la maison, amoureuse de ce paysage sublime. Cerise sur le gâteau, mon chez-moi ne se trouve qu’à deux kilomètres de mon lieu de travail, je peux m’y rendre à bicyclette si le temps le permet, et il le permet souvent.
Cette région s’est révélée comme une seconde naissance pour moi.
Vivre dans un minuscule studio pendant toutes mes années d’université pour déménager ensuite dans un appartement à peine plus grand qu’un placard à balai – sans s car trop petit pour en contenir plus d’un à la fois – m’a rendue claustrophobe, ou presque.
Un job pas génial, la promiscuité, la foule oppressante, le bruit et la pollution eurent raison de ma volonté. Je ne possédais même plus l’alibi du petit ami, viré pour cause de bite vagabonde. À vingt-six ans, je devais vivre, prendre mon destin en main.
J’ai épluché les petites annonces, fureté sur internet, sur Le Bon Coin. J’ai fini par dénicher la perle rare. Un village cherchait un ou une gérante pour leur épicerie multiservice – troquet, journaux, dépôt de pain et légumes frais ou encore crémerie.
Je gère le magasin, mais comme employée municipale, ce qui m’assure un revenu sûr et fiable. Ouverture cinq jours sur sept, six heures par jours, sauf en été où j’ouvre aussi de neuf à treize le dimanche.
Je loue une jolie maison avec jardin à la sortie de Jouy-sur-Loche dans le Tarn-et-Garonne, me suis acheté une voiture et un vélo, adopté un chien à la SPA, le bonheur, quoi !
Au début je savourais les grands espaces, ma liberté. Mais au bout de trois ans, je trouve le temps long, seule à la maison, sans personne à qui parler. Enfin, par personne j’entends un homme, un compagnon, un amoureux, quoi. Car même si je discute avec Nestor, mon toutou de race incertaine, il est tellement toujours d’accord avec moi qu’il en devient lassant.
Bien sûr dès mon arrivée quelques godelureaux me tournèrent autour, mais aucun ne me bouscula les hormones. Même le gentil père Martial me conta fleurette. Soixante-dix printemps, j’ai beau faire preuve de témérité, il y a des limites.
Aussi comme je m’emmerdais, je décidai de faire œuvre utile avec mon temps libre, en devenant membre volontaire du club de rugby local, Le Jouy Olympic Rugby Club.
Mettre la main à la pâte lors des fêtes, comme les lotos, tenir la buvette lors des matches et me retrouver trésorière et, de ce fait, membre du conseil d’administration.
Comme tu t’occupes du magasin, tu sais tenir les comptes, m’a-t-on expliqué.
Au début ce ne fut pas facile de me faire accepter dans ce monde de machos/phallos, qui plus est estrangère. Petit à petit les gars du club m’ont adoptée et je me suis fait des amis. Sous leurs abords rugueux, ce sont des types gentils, des gars pour qui Rrrruby rime avec religion. Le Rrrruby, religion officielle de L’Ovalie.
Par contre, jamais je n’imaginais me retrouver à vingt-deux heures en train de nettoyer le sol des vestiaires, toilettes et douches comprises. Je termine de ranger mon attirail de parfaite ménagère dans le placard, je reviens chercher les serviettes sales lorsque j’entends ce bruit de pas.
Impossible ! Le dernier entraînement s’est terminé il y a plusieurs heures, une bande d’ados braillards et vantards est venue s’ébattre, laissant tout inondé. Comment des êtres humains peuvent-ils flanquer un bordel pareil ? Je sais ce sont de jeunes mâles, mais il y a des bornes à ne pas dépasser quand même !
J’entends siffloter, je me fais petite – je n’éprouve aucune difficulté avec mon mètre soixante – et me planque derrière le coffre à linge sale. Peut-être devrais-je révéler ma présence, mais je ne suis pas conne non plus : une petite bonne femme seule dans une douche uniquement fréquentée par des mecs bourrés de testostérone… Quinze gaillards nus et chahuteurs avec moi au milieu ? Il me vient parfois le soir des envies de caresses autres que celles faites de ma propre main, des caresses faites par de rugueux doigts délicats – oui, je sais, oxymore, mais dans mon état on s’en fout –, mais des caresses faites par UN seul homme. Mes fantasmes ne vont pas jusqu’à quinze mâles en rut.
Donc je me fais aussi minuscule qu’une souris, je ne respire plus, ou presque plus, je ramène mes longs cheveux bruns sur mon épaule, que pas qu’un seul ne s’échappe et ni ne me trahisse. J’entends quelqu’un se déshabiller en geignant, murmurant des propos indistincts, une voix grave, une voix d’homme. En même temps, seuls des hommes viennent ici, nous n’avons pas encore de section féminine.
Pas de conversation ni de brouhaha donc le type est seul. Moindre mal.
Mais que fabrique cet individu, ici, à cette heure ? Il ne serait pas mieux chez lui à regarder Koh Lanta, Drucker ou l’Amour est dans le Pré ? Il aurait pu prendre une douche chez lui, car l’équipement ici commence à dater, nous devons le refaire à neuf l’an prochain.
Tant qu’il ne se trouve pas sous la flotte en train de se savonner, je ne peux faire un geste.
Quand il aura du savon partout et surtout dans les yeux, je tenterai de filer à l’anglaise. Ni vue ni connue.
Il se pose sur un banc, dos tourné. Je risque un œil par-dessus le panier à linge, je peux voir le haut de son corps, il n’est vêtu que d’un débardeur blanc et d’un boxer.
Bon sang qu’il est grand ! Même assis, il me dépasse d’une tête.
Il se lève et éclipse la lumière autour de lui. Il retire son tee-shirt… oh Bonne Mère ! Une féroce envie de caresser cette peau me vient, ainsi qu’une lourdeur dans le bas-ventre. Du calme, ma grande, du calme !
Ce type est un muscle, du cou aux fesses, des muscles qui jouent sous sa peau, c’en est fascinant. Il doit être doté d’une force peu commune.
Soudain un doute m’habite. Seuls trois hommes au club sont bâtis sur ce modèle, l’un possède des cheveux châtain, les autres bruns, comme celui que j’espionne. J’espère de toute mon âme que ce n’est pas l’énergumène auquel je pense.
Il se tourne, je découvre son profil, son menton carré, son nez plusieurs fois cassé… je me mords la main pour ne pas gémir. De tous ceux qui pouvaient venir prendre une douche à cette heure, il a fallu que ça tombe sur lui !
Là, toutes mes envies, tous mes fantasmes disparaissent comme par enchantement, un bain glacé me ferait le même effet. Bixente Irrastéguy.
*
* *
Que peut-on dire, que ce type est mon meilleur ennemi ? Ou le pire ? Enfin bref un sale bonhomme toujours à me chercher des poux dans la tête.
Du même âge que moi, ou presque ; prof de sport, il fait partie lui aussi du conseil d’administration, chargé plus particulièrement de l’encadrement des jeunes. Une grave blessure à la jambe a stoppé une carrière prometteuse.
Célibataire, plus par vocation que par manque d’opportunité, les femelles en chaleur rôdent sûrement autour de lui comme les Saturnia Pavonia* tournent autour des réverbères un soir d’été.
Il ne doit pas avoir l’embarras, sauf celui du choix.
Surtout, ce gars ne cesse de me chercher. Il suffit que je dise blanc pour qu’il réponde noir, et lycée de Versailles. Même quand nous sommes d’accord, il s’arrange pour laisser croire l’inverse, toujours à m’enquiquiner. L’homme le plus énervant que je connaisse, il me tape sur le système, à tel point que dans la rue, je fais un détour pour l’éviter, pour ne pas me retrouver sur le même trottoir que lui.
À la boutique, je suis bien forcée de le servir. Nos échanges se limitent à quelques mots : « bonjour… vous désirez… il vous faut autre chose… au revoir ».
Le souci c’est qu’il s’arrange pour venir chaque jour. Il le ferait exprès qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Un paquet de levure chimique par ci, un pot de crème fraîche par-là, son pain, du fromage, il se radine même parfois plusieurs fois dans la même journée, achète le journal et revient une demie heure plus tard pour une tête d’ail.
Exaspérant doit être son second prénom.
Sans son caractère de cochon je ne dirais pas non, qui refuserait un câlin de l’Apollon du Belvédère, d’un Dieu grec. Mais un Apollon teigneux comme un Yorkshire hyperactif, très peu pour moi.
Le dernier échange de mots doux remonte à un mois et demi. Le club ne roule pas sur l’or, je suis bien placée pour le savoir, il manque toujours quatre-vingt-dix-neuf centimes pour faire un euro.
Lui n’arrête pas de réclamer de l’équipement. Et que je veux des maillots, des bas, des ballons, des haltères, une pelouse toute neuve…
J’ai beau lui expliquer que l’argent ne tombe pas du ciel, il n’en a rien à secouer. Sa dernière lubie étant d’acheter une machine à barbe à papa, d’occase d’accord, mais 150 € quand même. Nous nous sommes engueulés comme des charretiers lors de l’avant-dernière réunion à propos de ce foutu engin. J’ai dit NON ! Sans compter que nous allions nous foutre à dos les nutritionnistes, dentistes et autres toubibs en « iste ».
Une semaine plus tard, je recevais la facture dans ma boîte à lettres. Mise devant le fait accompli !
Malheureusement pour moi, lors du match suivant les enfants – et surtout les parents retombés en enfance – ont assiégé l’appareil, à tel point qu’en un après-midi il en a rentabilisé l’achat.
Il ne s’est pas privé de me narguer, d’arborer un petit air suffisant à chaque fois qu’il me voyait.
M’énerve, m’énerve, hou qu’il m’énerve! Gna gna gna ! Sale type.
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* *
Tout en ressassant ces souvenirs irritants, je ne peux m’empêcher de reluquer le bas de son dos. Les hommes s’imaginent être les seuls à se pâmer devant une paire de fesses, féminines s’entend.
S’ils se doutaient ! Les femmes passent leur temps à s’extasier, en silence, devant un beau cul bien musclé. Si elles se promènent en meute, c’est encore pire, il faut entendre les commentaires à faire rougir un adjudant de la légion.
Tout ça pour dire que cet énergumène insupportable a un cul à se damner, mais que là, ce soir, au lieu de l’imaginer à travers un pantalon ou un short, je le vois, de mes propres yeux car il vient de retirer son caleçon. Je vois son cul, tout nu, bien fendu, on en mangerait.
Je voudrais récupérer mon téléphone, prendre quelques photos histoire d’immortaliser l’objet et d’en rêver plus tard, calée au fond de mon lit, une main sur mon minou et l’autre sur un sein, revivre cet instant et en me faisant du bien.
Mais je n’ose pas. Si je bouge, il va me voir, je dois emmagasiner le plus de souvenirs possible dans la mémoire qui est dans ma tête… et ailleurs aussi.
Je retiens difficilement un soupir, manquerait plus qu’il m’entende. S’il me repère, je passe du stade d’enquiquineuse à celui de voyeuse et obsédée sexuelle.
Bon, tu la prends ta douche, que je puisse rentrer chez moi, rêver et me minoucher en toute quiétude.
Tout à mes songes, je ne l’ai pas vu changer de position et s’asseoir face à moi, rejeter la tête en arrière et fermer les yeux. Je pense un instant à profiter du fait qu’il ait les yeux clos pour prendre la poudre d’escampette. En quelques secondes je peux atteindre la porte… je laisse glisser mon regard une dernière fois sur ce corps sublime, sculpté, sur ces biceps, sur ces pectoraux, sur ces abdominaux, sur ces… Oh mon Dieu, c’est pas possible un machin pareil.
Je me bâillonne les lèvres pour m’empêcher de gémir. Tout est à l’avenant de sa musculature, et encore, j’ai l’impression qu’il n’est pas encore au mieux de sa forme.
Il se tient le manche, se le caresse… qu’est-ce que je disais, ça grossit encore. Il peut aller se rhabiller l’Apollon du Belvédère. Il fait quelques allées et venues sur le tronc, des racines du grand chêne jusqu’au gland. Pas étonnant qu’il soit si arrogant s’il se trimballe un engin pareil.
Il a dû en gagner des concours à qui qu’à la plus grosse.
Je parie que des femmes feraient la queue – si j’ose dire – rien que pour entrevoir cette merveille, seraient prêtes à payer rien que pour s’en approcher, réserveraient leur place longtemps à l’avance, d’autres pourraient même se battre et s’écharper pour poser un doigt dessus. Des dévotes seraient capables d’organiser des pèlerinages.
Il continue à se lustrer le polichinelle, se presse les valseuses, il manipule son pic d’une main experte tout en marmonnant et poussant des soupirs, il en a des choses à raconter à sa queue.
Il rougit au fur et à mesure de l’opération, il n’y a pas de mal à se faire du bien, étant bien placée pour le savoir.
Il murmure toujours sans que je puisse saisir ses paroles.
J’aimerais qu’il se termine, le Basque Balèze, car je commence à fatiguer ainsi accroupie, fatiguée aussi de voir ce spectacle. Je voudrais bien rentrer chez moi et faire la même chose que lui. Je suis tendue comme un string sur les fesses de Kim Kardashian, à la limite de l’explosion. Une vraie cocotte-minute.
Après une bonne séance de doigtage, je veux dormir, les sens apaisés. Debout depuis six heures ce matin, j’ai fait ma journée de boulot, puis suis venue ici faire la femme de ménage. J’étouffe avec peine un bâillement.
*
* *
Merde, m’aurait-il entendue, pourtant je ne pense pas avoir fait de bruit, et il semblait si occupé. Je vais me taire, me cacher et attendre. Faire comme les lapins, s’ils ne bougent pas, ils pensent passer inaperçus. Je fais ma lapine, me rencogne et espère le départ du renard.
À moins qu’il ne parle tout seul, comme madame Thomerd, notre doyenne qui se ramollit un peu de la coucourde.
Tout compte fait, les lapins ne sont pas si futés. Le renard vient de me choper par le bras.
Je me retrouve face à un énergumène mieux doté par la nature que bon nombre d’acteurs pornos. Je ne sais que faire. Dans la position où je me trouve, si je regarde droit devant moi, j’ai une vue inoubliable sur ses coucougnettes, si je lève les yeux, entre son visage et moi se trouve sa ziggourat, j’ai beau faire, ce truc me fait loucher, aussi je décide de fermer mes paupières et de ne rien dire. Plutôt passer pour aphasique que de chevroter.
Même à poil, il veut avoir le dessus. Merde, je suis venue ici pour rendre service, bosser gratos, il me fait son numéro de montreur de marionnettes et il me prend de haut. Sale con !
S’il me cherche, il va me trouver, pour reprendre contenance, un seul remède : se foutre en rogne.
Il rit, ce bâtard.
Le fait qu’il se rapproche de moi me fait réaliser qu’il est toujours nu. Difficile de choisir entre son sourire arrogant et… ça, son machin qui frétille, pas tout à fait en érection, mais suffisamment impressionnant.
Il déteste ce surnom de Bixou, je le taquine un peu… je vais le surnommer Bixounnet et voir sa réaction.
Je me débats et tente de m’arracher à sa prise.
Je m’arrête de respirer. Je le sens nu contre mon corps, je souhaiterais presque être nue moi aussi. Pour cacher mon trouble, je regarde droit devant moi. Je fixe ses pectoraux ornés de juste ce qu’il faut de poils, je refoule une envie folle d’y passer les doigts. N’y pense même pas, ma grande.
Je vais en rêver longtemps de ce torse, de ces mamelons bruns, de ses abdominaux que je peux presque détailler un par un. Je sens sa chaleur corporelle à travers mes vêtements, ce type est une chaudière à lui tout seul. Je comprends pourquoi il se promène tout le temps en tee-shirt manches courtes, été comme hiver, il est mieux qu’une chaudière, c’est un volcan, le Piton de la Fournaise.
Il fait à la fois le Python de par ses dimensions et La Fournaise par sa chaleur.
Ne pas baisser les yeux, surtout pas… trop tard ! Que c’est… beau et que ça fait peur ce gros engin dressé, gorgé de sang.
Il suit mon regard.
Il ne va pas me dicter mes actes.
Allons bon, je vais avoir droit à une séance de psychanalyse donnée par un Hulk** tout nu.
Cet abruti s’imagine que je passe mes soirées à reluquer de jeunes éphèbes, Merde et remerde !
Maintenant une nymphomane adepte de gang-bang, mais il ne possède pas la lumière à tous les étages cet Ours des Cavernes.
Je me débats, il serre mon bras plus fort, presque à me faire mal. Je ne lui fais pas le plaisir de le lui dire, quitte à avoir des ecchymoses demain.
Là je ne peux m’empêcher de gémir.
Mais il m’insulte, ce pithécanthrope ! Mon poing part instantanément. Il s’y attendait, esquive, mais pas assez vite, il prend quand même une baffe sur la joue, ses yeux lancent des éclairs.
Il me retourne et me plaque le visage contre le mur.
Il me tient par les épaules, son corps collé à mon dos, je sens toutes ses excroissances, enfin surtout une, là, tout en bas. Comme disait une amie, je perçois son émotion, il est très émotif ce garçon.
J’essaye d’être aussi convaincante que possible.
Il rit cette andouille ! Il n’oserait pas forcer une faible femme, une collègue… oui, on a déjà vu pire, dans ce cas je suis mal barrée.
Il n’a pas tout à fait tort, mais je ne vais pas lui donner raison, on ne me force pas, merde ! Dur de la comprenette, logique après tous ces gnons reçus en mêlées…
Il me murmure ça tout en me mordillant le lobe de l’oreille, le Johnny du Tarn-et-Garonne.
Je frissonne, en mettant ça sur le compte des chatouilles, je suis chatouilleuse des oreilles.
Il m’entraîne près d’un banc, s’assied, et m’installe sur ses genoux, à califourchon face à lui, mon minou posé sur son démonte-pneu. Heureusement que je suis encore habillée, la morale est sauve.
Bien évidemment je gigote, tente de me débattre, mais il me tient fermement. Seul résultat de cette agitation, son grand chauve grossit encore et me masse l’entrejambe.
Humour volontaire ou involontaire, mystère, serait-il plus subtil que je ne l’imagine ?
D’accord, son corps me fait saliver, pas que de la bouche d’ailleurs, mais son attitude, ses manières me font le détester. Toujours à me contredire, contester toutes mes propositions. Pour un coup vite fait, sans lendemain, sans conséquence, juste pour évacuer le trop-plein d’hormones et d’électricité statique, je ne dirais pas non.
Mais je ne veux pas, je n’aime pas les coups d’un soir, en bonne romantique, je veux un amour éternel, bien plus que vingt minutes chrono douche comprise. Surtout, je n’aime pas la tournure que prend cette conversation.
Je me démène encore pour me libérer de son étreinte. Ça grossit encore… mais ça ne s’arrête jamais de grandir ces machins ?
Et là ce gros ours mal léché approche sa grosse truffe de mon visage et m’embrasse. Oh, pas un baiser de brute. Un baiser délicat, tendre, tout le contraire de ce à quoi je m’attendais. C’est à peine s’il me frôle, il butine mes lèvres de sa bouche.
Un baiser aussi délicat que frôlement de l’aile d’un ange.
S’il m’avait embrassé comme un butor, je me serais débattue de plus belle, mais là, mes bras m’en tombent, je tressaille, je vacille, je défaille, il m’empêche de chuter en me tenant par les hanches. Il en profite pour m’attirer encore un peu plus contre lui, pour glisser sa langue et visiter ma bouche, je réponds à cette intrusion en m’agrippant à son cou, à ses épaules, en répondant à son baiser. Réflexe pavlovien dû à mon cerveau reptilien.
Je me serre contre son corps en écartant les cuisses, mon huître posée sur son roc, mon huître qui s’entrouvre et s’humidifie et s’échauffe de plus en plus, ma petite culotte vient de prendre feu malgré l’humidité ambiante.
Nos cœurs battent à l’unisson comme des forcenés, ils s’échapperaient de nos côtes que je n’en serais guère surprise. Mon petit cœur fait boumboumboum, son gros palpitant dans le même état que le mien fait badaboumboumboum !
Ma langue investit maintenant sa bouche, quelqu’un dans le vestiaire gémit… c’est moi !
Je me rends compte à quel point la présence d’un homme me manque, ses caresses, ses baisers, tout en fait. Depuis combien de temps ne me satisfais-je que de mes propres caresses, depuis combien de mois mes doigts sont mes seuls amants, ils ne suffisent pas à en tenir le compte.
Je ne suis pas faite pour vivre seule, ce constat me fait presque pleurer alors que je reçois les caresses de ce pilier de rugby qui m’horripile.
Vivre l’instant, profiter de l’instant, on réfléchira plus tard aux conséquences. Profite, profite, ma belle Hélène.
Il m’embrasse le cou, les joues, je me recule un peu, laissant de la place entre nos corps, et, enhardie je caresse son dos, ses biceps, durs, très durs. Ses abdominaux comme de l’acier, ma main descend encore, oh doux Jésus (de l’Ardèche), c’est encore plus dur que tout le reste ! Sa respiration a des ratés. Il me chope le poignet, m’empêchant de continuer la tendre pression, et gémit, penaud :
Il me lâche, ne me retient pas.
Mon sang doit avoisiner les cent degrés, mon corps se trouve à la limite de la combustion spontanée.
Oublié le gros phallo arrogant, j’ai face à moi un type au regard éperdu de désir, mais surtout d’amour.
Tout se bouscule dans ma tête, mes neurones dansent La Carioca.
Il ne serait pas un peu poète à ses heures, ce gros grizzly ?
Je croise son regard, il me dit la vérité, ne fera rien pour me retenir, ni ne me ferait mal. Je regarde ce corps sculptural, et cette virilité somptueuse, j’emmagasine ces images pour plus tard, pour mes songes éveillés emplis de solitude, des rêves où je me caresserai en revisitant cet instant.
Je m’échappe de son étreinte, il lève sur moi un regard résigné, il semble porter sur ses épaules toute la misère du monde.
*
* *
Il vaut mieux avoir des remords que des regrets. Si je ne reste pas, je vais le regretter toute ma vie, si je reste je devrais vivre avec des remords et vu la taille de l’engin, je devrais pouvoir surmonter l’épreuve. Le vieil Oscar disait :
Je préfère arriver à soixante ans avec des remords qu’avec des regrets. Moi, c’est demain que je ne veux pas le regretter.
Sous ses yeux ébaubis, mon top passe par-dessus tête, mes petits seins tressautent sous l’effort. Mes baskets giclent à travers la pièce, mon pantalon et ma culotte suivent le même chemin.
Bixente me lance le même regard que mon gros toutou lorsque je lui amène ses friandises favorites. Il émet presque le même gémissement.
Il doit certainement être trop tard pour faire machine arrière. Ce qu’il me dit et le ton qu’il emploie pour me le dire, me rassurent.
Il me prend la main et m’attire à lui, pas comme un sauvage, mais comme un gentilhomme au temps de l’amour courtois. Courtois, mais pas pour petites filles sages, soyons réalistes, les chevaliers du temps jadis ne se promenaient pas tous avec pareille lance à l’air libre.
Les jambes écartées devant lui, je dois offrir un spectacle d’une totale impudeur. Il glisse son gros doigt sur ma corolle humide de rosée, en écarte tendrement les pétales et câline mon pistil. Je tressaille et frémis de plaisir. Ce type doit être branché sur du 380 pour me faire autant d’effet !
Tant de délicatesse et de douceur dans ce mastodonte m’étourdissent.
Je m’assois de nouveau sur ses cuisses, les jambes écartées, le sang bat dans ma chatte au même rythme que mon palpitant, mes lèvres sont gonflées, j’ai des fuites, ma bague d’amour dégouline d’envie.
Il me caresse les seins de ses grosses mains, il pourrait empaumer les deux avec une seule, mais au lieu de cela, il m’agace les tétons par de petits cercles taquins, il les manipule tels des fruits fragiles. Maintenant il les goûte, les suçote, ils n’ont jamais été aussi gros ni tendus, il me fait presque mal de tant de délicatesse. Je me demande d’ailleurs si ce ne sont pas des thermostats, plus il les tripote, plus ma température augmente !
Chaque frôlement de ses grosses paluches laisse sur ma peau une traînée de feu.
Mon bas-ventre crie famine, il me faut soulager ce vide effroyable. Je m’approche de lui, me soulève sur la pointe des pieds, il m’aide un peu en me tenant les hanches. Je tiens son missile des deux mains – il les faut bien toutes deux – et le présente à l’entrée de mon jardin secret. Le grand moment est arrivé. J’écarte le plus possible mes jambes, entrouvre mes lèvres pour faire la place à cette merveille de la nature. Il y a tellement longtemps que rien n’y est passé que je me demande si je n’ai pas les yeux plus gros que le ventre avec ce phénomène de foire.
Ça y est, je me laisse descendre… Oh doux Jésus, je me sens écartelée, je ne vais pas y arriver, en dépit de ma minette inondée. Maman, au secours. Je suis redevenue vierge, c’est ma première fois !
Il ne fait pas de gestes brusques, il reste tendre et délicat malgré la situation… tendue. Mes parois s’écartent, s’adaptent, mais il en reste encore à l’extérieur !
J’ouvre la bouche à la recherche d’air tandis qu’il continue sa pénétration. Je fronce le nez, là ça commence à tirer vraiment. Il va plus loin qu’aucun homme n’est jamais allé, il découvre du bout du gland un territoire inviolé. Est-ce que ça peut me ressortir par les oreilles ou les narines ?
Il me serre contre lui comme s’il tenait un chaton, ou une chose précieuse et délicate. Je tente quelques mouvements pour atténuer la pression sur mes fragiles parois.
Il m’engueule presque, mais en croisant son regard affolé, je me rends compte qu’il se trouve au bord de l’implosion lui aussi. Soudain, j’y décèle un éclair de panique.
Il me soulève comme une brindille, me dépose sur le banc et part en courant fouiller ses vêtements. Je ressens un grand vide là où il se tenait quelques instants plus tôt. C’était tellement bon que je crains de ne plus pouvoir m’en passer.
Il me demande de ne pas bouger, je n’ai nulle envie de bouger ni de partir. Pour aller où ?
Je suis un peu sonnée, mais de le voir s’agiter, à poil, la bistouquette sonnant le tocsin sur ses abdominaux me tire un gloussement.
Il revient, la queue emmaillotée, me soulève et reprend la conversation où nous l’avions laissée.
Je ne sais si c’est l’effet lubrifiant du préservatif ou si mon corps s’est adapté à ses dimensions, mais ça à l’air de mieux se dérouler.
Il me serre de nouveau contre lui, je me laisse glisser le plus loin possible, jusqu’à ce qu’une tension me fasse de nouveau grimacer et me relever.
Question à moi-même pour plus tard : Pourquoi m’appelle-t-il mon amour, hier encore il ne pouvait pas me blairer ! À moins qu’il ne dise cela à toutes ses conquêtes.
Je prends appui sur ses épaules et fais une nouvelle tentative, cette fois il va encore plus loin et suis pleinement de son avis lorsqu’il lance un :
Je cambre le dos, pour essayer d’en absorber encore plus et diminuer la pression, des failles telluriques me parcourent le corps. Je ne peux plus bouger, des gémissements retentissent dans la pièce, tant les siens que les miens. Il va me fendre en deux.
Je ne peux plus bouger, pourtant il le faut, ça n’en sera que meilleur. Dans un effort surhumain, je me soulève et me laisse retomber sur sa queue. Oh pute borgne, il y est tout entier ! Je sens même ses coucougnettes sous mes fesses. Tout compte fait, je m’adapte, m’étire, me surprends moi-même. Victoire, j’ai réussi !
Il m’embrasse, me serre contre lui, me murmure des choses incohérentes, mais si belles que je dois sûrement rêver.
Je lui mordille les lèvres en ondulant du croupion, ça lui fait de l’effet, car il grogne.
Je me cambre encore plus et passe la main derrière mon dos, pour lui choper les siamoises, tandis que je me tortille sur son pal.
Le salopiot profite de ma position pour presser son pouce sur mon clito tout érigé, je me démène sur son pieu, m’agite de haut en bas de plus en plus vite, tout en lui pressant les agrumes.
Il pose sa main sous mes fesses, m’aide à monter et descendre tel un ludion sur sa barre. Puis il fait le geste de trop, il me happe le téton droit entre les lèvres. Il me stimule de partout, j’en crève de trop de béatitude.
Je le sens encore grossir, devenir encore plus long, encore plus dur.
Tout mon corps s’illumine, je deviens rouge, un arc électrique me traverse de part en part, il va de ma foufoune à mon cerveau en passant par mes seins en plusieurs aller-retour, le tout à la vitesse de la lumière. Je rends la liberté à ses siamoises ce qui le fait gémir d’aise. De le sentir exploser en moi, même à travers le latex, amplifie mon plaisir.
Je hurle, du moins je le pense. Je viens de les voir, les galaxies et les spirales du grand 8. Un truc comme ça ne m’était jamais arrivé avant. Je vibre, la peau parcourue de spasmes de bonheur. Je m’accroche à ses bras, car je me sens si faible que je pourrais tomber à terre. Il le sent et me retient contre lui.
Il semble aussi essoufflé que moi. Comme à la fin d’une finale de coupe d’Europe. Nous restons imbriqués l’un dans l’autre, il se trouve encore en moi, agité de petits séismes, je me demande combien de temps il peut demeurer ainsi, aussi… imposant. J’aime ça.
Il m’embrasse, murmure des je t’aime à la pelle, dépose des centaines de baisers dans mon cou, sur mes épaules, me caresse le dos, les cheveux, je pourrais rester ainsi plus d’un million d’années… et toujours en été.
Un frisson parcourt mon corps luisant de transpiration.
Il ramasse ses vêtements et les miens, me soulève comme une plume et nous sortons nus sur le parking, il me dépose sur le siège de ma voiture et prend le volant.
L’air frais de l’extérieur m’a sorti quelque peu de ma torpeur.
Je veux que quelqu’un s’occupe de moi, il y a tellement longtemps que je ne me suis pas reposée sur une épaule amie. Même si c’est l’épaule de ce Barbare de Conan.
Les clefs de ma maison se trouvent sur le trousseau avec celle de la voiture. Il ouvre et me transporte à demi endormie dans la chambre, me dépose avec délicatesse sur le lit.
À moitié dans les vapes, je désigne une porte. Je dois rêver. Si tant est qu’un rêve puisse provoquer des courbatures, et aucun de mes muscles n’y échappe. Mais que ces courbatures sont agréables.
Mon grand menhir de chair et d’os revient encore humide de sa douche, s’allonge à mes côtés, m’enlace de ses bras musclés et m’embrasse. Pour un rêve c’est vraiment réaliste. Je ne frissonne plus du tout de froid.
Je lui dédie un petit sourire mutin.
Je n’ose comprendre ce qu’il me dit, tout en espérant ne pas souffrir d’hallucinations auditives tellement je me sens bien.
Je pousse cependant un soupir de découragement.
L’information met du temps à rejoindre mon cerveau.
Je rougis, réfléchis un peu.
Suis-je encore dans un de mes rêves érotiques ? Je ne sais pas, mais je vais faire comme si !
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* *
Je me promène avec mon sceau, ma serpillière et mon balai dans les vestiaires du club de rugby de Jouy-sur-Loche.
La femme de ménage embauchée pour justement faire le ménage m’a posé un lapin.
Qui doit s’y coller à presque vingt-deux heures, c’est la Belle Hélène, comme d’habitude. Pas moyen d’y échapper, un tournoi de Rrrruby à sept se déroule ce week-end, ici même, tout doit être propre.
Soudain j’entends des pas dans les salles vides. Pas envie de me retrouver coincée avec une bande d’ados boutonneux aux hormones en folies, ou pire, l’équipe senior, déjà à poil. Je cherche désespérément un coin pour me cacher. Là, derrière le panier à linge sale peut-être…
Une grosse paluche s’abat sur mon épaule.
Bixente me retire l’attirail des mains et me prend dans ses bras.
Ai-je bien ouï ?
Il fait la tête du gamin surpris devant un ordinateur et en train de mater les sites pornos préférés de son père.
En même temps je le comprends, s’il s’était ramené avec un bouquet de violettes en me disant je t’aime je l’aurais envoyé paître.
Devrais-je pardonner ? Oui, il est tellement mignon… Mais il va quand même me le payer.
Maintenant la punition se doit d’être exemplaire.
Je me dis que mon homme a de la suite dans les idées et ne lésine pas sur les moyens pour arriver à ses fins, faisant preuve d’inventivité machiavélique en plus. Si ce n’est pas de l’amour!
Il me soulève comme une plume et m’emmène vers je ne sais où.
Je me blottis contre lui.
Jusqu’à la fin des temps… ça doit en faire des câlins.
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* Saturnia Pavonia : « Paon-de-nuit » pour les entomologistes.
** Hulk, personnage de BD, alias Dr Robert Bruce Banner, qui suite à une expérience ratée se transforme en gigantesque monstre verdâtre pas commode lorsque quelqu’un lui marche sur les arpions. Lors de ces transformations, ses vêtements se déchirent, sauf, allez savoir pourquoi, son calbute. Jamais nous ne saurons si ses attributs deviennent eux aussi verts et à la mesure du personnage, ni surtout de quelle matière est fait ce sous-vêtement très élastique.
Le pseudo complet de ma co-auteure est Ada Stuart.