| n° 19232 | Fiche technique | 49846 caractères | 49846Temps de lecture estimé : 34 mn | 08/10/19 corrigé 05/06/21 |
Résumé: Mi-exercice de style, mi-pantalonnade, et rien moins qu'une tentative de record du monde pour l'anniversaire de RVBB : va y avoir du sport, va y avoir du cul ! Une farce grotesque à déconseiller aux âmes sensibles : ce texte est piégé. | ||||
Critères: fh ff 2couples fplusag couleurs asie rousseurs couplus cadeau inconnu ascendant freresoeur cousins collègues religion uniforme nympho grossexe grosseins hépilé fépilée bizarre neuneu laid(e)s vacances plage sauna sport froid hotel boitenuit anniversai | ||||
| Auteur : Amarcord Envoi mini-message | ||||
| Concours : 20 ans |
- — Mesdames, Messieurs, bonjour, nous voici en direct depuis le Stade Baisodrome où nous allons assister à un événement sportif exceptionnel, retransmis en mondovision, n’est-ce pas Nelson ?
- — Tout à fait, Thierry, tout à fait. It is zeu moment, incredibly incredibeule. Je suis en compagnie de notre athlète, qui va tenter dans quelques instants de battre zeu world record, le record du monde multi-critères RBB-B, autrement dit Rêvebébé en catégorie burlesque, à l’occasion des 20 ans du site. Come here asshole, venez cher ami. E, dites-donc, je ne vous savais pas si sportif. Ve, je vous croyais spécialiste du mélo et des trémolos ? It’s a toute petite bite strange, you are not very rigolo…
- — Ben voilà, c’t à dire, oui, enfin non, moi j’écris juste ce qui me passe par la tête, je ne suis sportif. Ve qu’à l’insu de mon plein gré. Et puis c’est vrai, la fois dernière, j’ai fait tout un tour, 7 étapes, avec des mélos et des bas, c’était plus longo que Jeannie, quoi… Je vous raconte pas les guibolles.
- — Mais vous avez eu des supporters…
- — Ouais, c’est sûr, et je les remercie, vraiment, les évaluateurs·trices inscrit·e·s, généreux comme tout…
- — C’est quoi, à la fin, tous ces points à la con ?
- — De l’écriture épicène.
- — C’est pas dégueulasse au moins, à cette heure d’écoute ?
- — Mais non, de l’écriture inclusive, si vous préférez. C’est absurde, donc c’est rigolo, à petite dose. En tout cas, merci à toutezétousse, n’est-ce pas.
- — N’oubliez pas le public non-inscrit, lui aussi vous a encouragé…
- — Les premiers sont sympas, c’est vrai, ils vous poussent dans les côtes. Et puis aussitôt après, ça siffle, ça hue, votre cote d’amour s’écroule d’un coup, d’un seul, contredisant toutes les lois de la statistique. C’est comme ça pour tout le monde, on ne sait trop comment l’interpréter, même si on murmure qu’il y aurait du dopage, voire du sabotage…
- — Mais ce sont de graves accusations !
- — Graves, non. Le comportement a beau être pathétique, il est surtout puéril. Je vois parfois de chouettes textes d’autres contributeurs, salués par les inscrits et brusquement démolis par une veuve poignet (sic) d’anonymes, qui y griffonnent frénétiquement leur signature : un zéro pointé. Détester un texte, c’est permis, lui flanquer un 4 majuscule, passe encore. Quoique… Mais des rafales de zéros masqués, c’est un peu comme ces crétins de touristes qui ne peuvent s’empêcher de graver des bites sur un site qu’ils visitent, pour nous prouver qu’ils y sont passés. Comme si un autobus de pèlerins de l’Opus Dei venait soudain de débarquer et hurlait au blasphème en s’aspergeant d’eau bénite. Ou alors le contraire : un sous-marin de retour au port après six mois sans faire surface, et les réserves de bromure épuisées pour calmer les ardeurs des lanceurs d’engins en manque. Rien n’est assez hard pour leur vider les burnes, alors, courageusement, ils bourrent les urnes. Dans ce cas-là, c’est sûr que je les aurai gonflés grave, et c’est pas vraiment comme ça qu’ils voulaient être pompés.
- — Ça vous déçoit ? You are marquis de sad ?
- — Même pas. Je m’en fous pas mal, des notes. Mais là, pour le concours des 20 ans, j’ai décidé de faire un effort. Être plus consensuel. Plus con que sensuel, d’ailleurs.
- — C’est à dire ?
- — Fini, les trucs romantiques. Ça fait chier le peuple, on dirait bien. On change de braquet, on met le gros braquemart. La majorité silencieuse veut de l’action, sans chipot. Alors je vais lui donner ce qu’elle veut. Du cul, du cul, du cul !
- — Mais vous n’abandonnez pas pour autant toute ambition littéraire ?
- — Ah, ça, pardi, pas question ! C’est un site qui a de la tenue. Je vais prendre exemple sur les grands auteurs.
- — What a stupid prétennechieunne, quelle idée magnifique ! Et qui sera votre modèle ? Bernard-Andy Le Vit ? Amnésie Tromblon ?
- — Ha ! Vous blaguez, Nelson ! A joke ! Non, je pensais plutôt à d’autres modèles. Vous avez déjà lu Georges Perec ?
- — No, I don’t remember. Je ne me souviens pas.
- — Bon, pas grave. Disons qu’il aimait appuyer son travail sur la contrainte. Comme ses potes de l’Oulipo.
- — C’est une équipe cycliste ?
- — Non, l’Ouvroir de littérature potentielle. Des écrivains et des matheux qui considéraient que rien n’est plus favorable à l’imagination que la contrainte. Bon, je n’ai pas le génie de Queneau, Pérec ou Calvino. Je suis pas cap’de pondre tout un bouquin sans utiliser la lettre « e », ni de créer de monstrueux palindromes de plus de 5 000 lettres. Mais je vais m’imposer une petite contrainte à ma portée, en tentant d’écrire à la façon – ou aux multiples façons – de RBB plutôt que sur RBB.
- — Comment ça ?
- — Le site RBB recense 344 critères décrivant l’ensemble des types de contenus des textes soumis par les auteurs. La nature des rapports sexuels, les lieux, les circonstances, le type de récit… Bref, j’ai imprimé la liste complète sur des feuilles de papier, que j’ai ensuite découpées en bandelettes, chacune ne livrant qu’un seul critère. Je les ai mises dans un saladier, et je les ai mélangées.
- — Je crois comprendre. Vous tirez les critères au sort…
- — Exactement. Je tire les bandelettes et je m’applique à écrire le texte en fonction des critères qui s’y trouvent…
- — Mais alors, où est le record à battre ?
- — Le but n’est pas de simplement tirer 2 ou 3 critères au début, mais d’en tirer en permanence, et le plus possible. Et d’écrire la suite du texte sur base de ceux-ci. Évidemment, si on est trop gourmand, si on veut en puiser trop à la fois, on peut se retrouver bloqué, incapable de poursuivre l’histoire avec un semblant de logique : certains des critères peuvent être contradictoires. Le concurrent a droit à un seul joker, un critère choisi et non puisé au hasard. L’exercice se termine au plus tard à 49 999 signes. À ce moment, on fait le compte des critères apparus, et on a la base du record.
- — Wonderfoule ! Et chaque critère ne peut bien sûr être tiré qu’une fois ?
- — Pis que cela : c’est plus vache. On le remet dans le saladier, et si on n’a pas de bol, on pourrait bien le retirer à nouveau. Il ne sera pourtant comptabilisé qu’une seule fois. La glorieuse incertitude du sport…
- — C’est moche. Et comment les spectateurs, je veux dire les lecteurs, voient-ils les critères que vous avez tirés ?
- — Ils sont indiqués entre les paragraphes, en italiques, précédés d’une flèche, comme ça :
* fmast
* cocus
- — Eh bien cher.e ami.e, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance et à me tourner vers Maître Copulovicieux, notre correcteur suprême, chargé d’homologuer cette tentative si périlleuse et de trancher tout point litigieux. À vous, maître !
- — Bonsoir Nelson, bonsoir à cet auteur intrépide. Bigre ! Diantre ! Quel projet ! Quel exploit, peut-être… Tous mes vœux vous accompagnent. À vos marques… Prêt ? Partez !
* fh
* zoo
* pénétratio
* aventure
* piquepince
Gisèle ne se lassait pas de Jean-Eudes, son bel aventurier. Elle aimait tout en lui : ses yeux noisette, sa chemisette, ses chaussettes, ses cigarettes, ses rouflaquettes, sa grosse quéquette. Les parfums sauvages de l’Afrique la mettaient en émoi, tous les tam-tams des tribus Massaï résonnaient alentour, presque aussi bruyants que ceux du jour de la Fête de la Musique, chez elle, à Maubeuge. Pas plus tard qu’il y a cinq minutes, il l’avait coursée dans la savane, tel le farouche léopard, il l’avait couchée sur le sol de latérite, telle l’antilope aux abois, il l’avait croquée sans attendre, tel le croco Sifredi. Elle sentait à présent l’agression sur ses fesses de désagréables piqûres, telle la fourmi rouge agressive qui vous pique désagréablement les fesses ; et merde alors, elle vit que tel était bien le cas. Mais qu’importe, puisque Jean-Eudes turgesçait à nouveau, tel le babouin qui turgesce, et ça la rendait toute cyprineuse.
- — Stop ! On peut accepter ça, maître Copulo ?
- — Eh bien je regarde dans mon dictionnaire, et non, je regrette, seule la forme substantive est licite ! L’adjectif « cyprineux » ne peut être admis, je le confirme. Bon, une liberté d’auteur de temps en temps, pourquoi pas, je ne vais pas systématiquement couper les poils du cul en quatre. Mais n’exagérez pas non plus. Trois, deux, un, c’est reparti, mon gros kiki !
Résumé pour ceux qui seraient entrés après le début de la séance :
• L’Afrique éternelle, majestueuse et sauvage.
• Jean-Eudes, turgescent, tel le babouin face à la bédouine.
• Gisèle, telle la source de cyprine où s’abreuvent les grands fauves.
* froid - Froid, neige
Gisèle tripotait Jean-Eudes ; il sentait bon le mâle chaud, son légionnaire, mais elle redoutait qu’il tiédissât quelque peu. Elle adorait la façon dont il l’avait babouinée de toute sa turgescence, tandis qu’elles leur faisaient un blanc manteau, les neiges du Kilimandjaro. Elle s’apprêtait à sucer son esquimau, mais s’interrompit soudain, glacée par l’effroi, surtout sur les fesses.
* fmast
*sport
Jean-Eudes jugea plus chaleureux de se livrer aux présentations en bonnets difformes, le sien arborait en tout cas un sacré pompon.
* laid
* hépilé
Le type n’était pas beau à voir, tout fluet, tout chauve, et la trace du maillot avait imprimé sur son corps malingre un contraste ridicule entre les membres bronzés et rasés, et le reste, à la fois velu et blafard. Il claquait des dents, accompagné en rythme par ses castagnettes. Gisèle n’avait jamais vu d’aussi petites noisettes. Quant au gland, il lui fallut beaucoup de patience pour l’identifier à l’œil nu, au bout d’un rameau tout malingre. Non seulement Ferdi avait-il une tête de nœud, mais il avait aussi la bite en tête d’épingle.
* grossexe
* nostalgie
* neuneu
* nudisme
* plage
* couleurs
* ff
* giflefouette
Gisèle se pencha vers la malheureuse.
Kuku était vraiment concon. Il déraillait. Il se mit à lui distribuer des gifles pour la ranimer.
Et elle se mit à jouer au docteur, à prodiguer au corps de la jeune femme des soins intensifs, pimponnant ses nichons azur à la mode gyrophare, tout en lui pratiquant le bouche-à-bouche. Elle ne ménageait pas ses efforts, réservant à la belle bleue un vrai feu d’artifesses pour la réchauffer.
* hsodo
La vue des soins que Gisèle prodiguait à Francine avait ému Jean-Eudes, et avait enfin réussi à rendre un peu de raideur à sa stalagbite, à ne pas confondre avec la stalacbite. Comment les distinguer ? C’est pas sorcier, mon Jami ! Vise la maquette, et retiens ce petit truc mnémotechnique si utile : la stalagbite se dresse vers le point G, mon Gégé, alors que la stalacbite est misérablement à fesse-C, on le sait. Aussi vaillante que soit la protubérance de Jean-Eudes, elle souffrait du froid, et il cherchait une grotte où la mettre à l’abri. Il proposa ses services à Gisèle pour la relayer.
Francine venait tout juste de retrouver des couleurs plus vives. Oh la belle rose ! Elle gémissait doucement tandis que Gisèle micro-ondait son con gelé. La Suissesse était déjà toute fondue, si humide d’émotion qu’il faudrait bientôt lui mettre un coup de raclette. Gisèle lança à Jean-Eudes un regard glacial, et il jugea prudent de ne pas insister.
Alors il se résigna, dévisagea l’homonculet, et devine la suite, ami lecteur amateur de rimes riches.
Ce que confirma aussitôt le petit Suisse tout juste moulé à la grosse louche, qui entonna, la larme à l’œil, un yodel qui se répercuta en échos sur les parois du cratère.
* rousseurs
* grosseins
Les excursionnistes reprenaient espoir. Il suffit parfois d’un peu de chaleur humaine pour vous rendre goût à la vie. Francine allait bien mieux, elle retrouvait toute sa conscience, ainsi que le confirmait sa conversation de plus en plus vive : ah qu’il était beau son débit de mots, ah qu’ils étaient frais ses bidons de lait, ses gros bidons que Gisèle biberonnait comme un bébé, tant et si bien qu’elle finit par s’emballer. Ce paradigme crétin se trouva pour une fois vérifié : les femmes sont filles de Vénus, et les hommes sont bien de Mars. Un coup de barre, et ça repart !
~~oOo~~
* hotel
* photofilm
Les secours avaient fini par arriver, sous la forme providentielle de l’hélicoptère de ce documentaliste, chantre de la verticalité. L’auteur de Monte là-dessus, tu verras ma tour Eiffel venait d’entreprendre le tournage de son chef-d’œuvre, La baise vue du ciel. Après avoir effectué trois passages qui lui donnèrent tout loisir de déployer son zoom, il finit par leur proposer de les prendre, tous à la fois. C’était un peu présomptueux, et il dut se contenter d’un furtif travelling de la main sur le gazon avant de les déposer sur la pelouse de l’hôtel, où les rescapés furent aussitôt pris en charge.
* massage
Francine l’avait échappé belle, et allongée sur la couchette du centre de thalasso, elle venait d’ailleurs tout juste de la prendre pour de bon, l’échappée vers la ligne d’arrivée, et pas tout à fait en solitaire. Un grand athlète aux muscles d’ébène était en train de lui faire le coup de la main du masseur dans sa culotte de suave.
Kuku ne s’en aperçut pas. Il avait opté pour la détente d’un bain de siège, dont il profitait d’autant plus que les écouteurs coiffant son mont chauve diffusaient l’intégrale de son idole, Rika Zaïzaïzaïzaï. Il avait tenté de convertir Jean-Eudes à cette œuvre magistrale. Mais en écoutant Sans chemise, sans pantalon, notre héros au regard si doux et à la queue si dure, ce gai-luron pourtant peu enclin à la mélancolie, fit la moue, tout en se disant que tant qu’à la faire, autant que soit avec un peu plus d’air et un peu plus d’elles, les volontaires pour passer à la casserole.
* noculotte
* 2 couples
* sauna
À peine eut-elle prononcé ces mots qu’un jeune couple passa devant eux, et la jolie personne du sexe n’avait manifestement pas pris soin de couvrir le sien. Ils poussèrent la porte du sauna et disparurent dans l’étuve.
* traduction
* fépilée
* nature
C’est peu dire qu’il faisait chaud dans cette parodie de cabane nordique exilée en terre africaine, bien plus chaud encore qu’à l’heure brûlante de midi, quand le soleil accable la savane, et que, le scorpion mis à part, toute la faune locale cherche un coin d’ombre pour se soustraire à cette irradiation aussi pesante qu’une coulée de plomb fondu ; admire la métaphore, Théodore. De toute façon, c’est un principe sacré que tous les bestiaux du coin, de l’antilope au zébu, et du zèbre à l’autruche, ont de longue date tenu à faire inscrire en toutes lettres dans la convention syndicale négociée avec le gestionnaire du parc naturel. Pas question de faire l’andouille pour les touristes de midi à seize heures. Une précaution un peu inutile : à ce moment précis, les amateurs de safari sont eux-mêmes en pleine fusion, leur couenne rôtissant sous le cagnard, et ils se maudissent de n’avoir pas plus sagement opté pour un séjour à Gstaad.
Et pourtant, dès l’entrée de Jean-Eudes dans le sauna, la température monta encore d’un cran, tant notre héros était bouillant.
Jean-Eudes se renfrogna.
* voir
* couplus
Jean-Eudes n’avait pas tort. Le type fixait la poitrine de Gisèle avec le regard farouche du taureau découvrant face à lui ce légendaire matador ayant tour à tour sacrifié dans l’arène tous ses aïeuls, et qui n’a qu’une obsession : encorner cette partie gémelle et sphérique de l’anatomie de l’ennemi héréditaire, susceptible de perpétuer à la fois sa race et l’hécatombe. S’agissant de Gisèle, la cible était autrement plus glabre, gracieuse et fournie, mais l’homme soufflait et frappait du pied, comme s’il allait charger. Jean-Eudes ayant lui-même le regard vrillé sur l’ourlet intime de l’infante d’Espagne, la température frisait désormais celle régnant au cœur de la cuve de Tchernobyl, juste après que l’ami Boris – paix à ses cendres radioactives – se soit mélangé les bitonniaux au soixante-neuvième cul sec de vodka frelatée.
* jalousie
Les Espagnols étaient en plein conciliabule. La femme avait parfaitement vu l’attraction qu’exerçaient les seins de Gisèle sur son mari, qui avait lui-même surpris le regard appuyé de Jean-Eudes vers l’entrejambe de son épouse. Ça puait la crise de jalousie à plein nez, et tout ça risquait bien de dégénérer en incident diplomatique, voire en crime passionnel. Alors Gisèle soupira, prit son courage à deux seins, et se résolut à prendre la parole pour détendre l’atmosphère.
~~oOo~~
* fplusag
Jean-Eudes cherchait désespérément un local approprié pour se réjouir qu’il n’y eut plus de Pyrénées, seulement des périnées, mais tous les salons étaient occupés par des hordes de touristes en short, flanqués de leur marmaille. Il finit par trouver une petit alcôve très cosy, occupée par un couple d’âge mûr. La femme l’accueillit avec un sourire engageant. Quelque chose en lui de Tennessee lui soufflait que cette femme était particulièrement sexagénaire. Et en manque : il aurait juré que la dernière fois qu’elle s’était fait tirer, c’était par le chirurgien esthétique.
* partouze
* jeu
Il enchaîna :
Jean-Eudes s’était fait fort de les leur expliquer, en proposant de les simplifier par égard pour les novices. On garderait le strip, on oublierait le poker. Quand tout le monde fut à poil, on tira au sort.
Gisèle tomba sur Charles-Édouard. Elle avait toujours rêvé de rentrer dans le grand monde, finalement, ce serait l’inverse. Jean-Eudes chevaucherait Doña Ines comme il en rêvait, tel Zorro montant son fier destrier. Et le muet se ferait Edmée. Ça manquerait de conversation, mais au moins, il n’y aurait pas d’excès de familiarité, se dit celle-ci.
* coprolalie
Mais rien ne se passa comme prévu.
Il y eut bien un miracle : le muet se mit à parler, alors qu’il levrettait la multiparticulée.
Charles-Édouard se contentait de flatter la croupe de Gisèle allongée, comme il le ferait d’une des ses pouliches à Longchamps, mais il ne semblait pas pressé de la driver, décidément plus gros tas que gotha.
Jean-Eudes se donnait beaucoup de mal pour espagnoler l’espingouine, mais c’était elle qui était à présent muette. Tandis qu’il s’époumonnait, qu’il suait du cul, elle remplissait impassible des sudoku.
* confession
Alors vint le temps des amères confessions.
Tchic a tchic a tchic, aïe aïe aïe ! On se proposa de changer les équipages.
Mais Edmée s’y refusa.
Charles-Édouard et Inès décidèrent d’aller ensemble jouer aux dames.
Et Jean-Eudes retrouva sa légitime avec réconfort.
Avis aux lecteurs, à qui nous présentons nos excuses pour cette interruption du programme : à la suite d’un malencontreux bug informatique, il semble que deux mots se soient glissés intempestivement dans ce texte, et y aient fait des jeunes, à force de copuler comme des lapins. Ce qui désespère l’auteur, que ces deux intrus horripilent. Les services de sécurité du site sont pleinement mobilisés, et parfaitement compétents. Aussi invitons-nous la population des lecteurs à garder son calme, à signaler aux modérateurs tout comportement lexical anormal, et à les aider à localiser les suspects, T. Et C., dont le respect de la présomption d’innocence ne nous permet malheureusement pas de révéler l’identité complète.
* avion
* uro
Gisèle et Jean-Eudes s’étreignaient à présent dans la sommaire aérogare. Il lui touchait les bouts, elle lui touchait le sien, et les vacances touchaient à leur fin. Ils montèrent à regret dans l’avion. Les engins turgescents rugirent, et bientôt l’oiseau d’acier poil au nez s’éleva dans les airs, vaporisant dans son sillage une fine traînée de cyprine, ou alors une épaisse cyprine de traînée, c’est bien possible aussi. Le voyage se passa sans histoires. Jean-Eudes remarqua que les hôtesses ne portaient pas de culotte, une charmante coutume de la compagnie locale. Son voisin intervint aussitôt :
* inconnu
* toilettes
Gisèle était bien plus réservée que Jean-Eudes sur les standards de confort de la compagnie. Elle comprenait que l’Afrique était conviviale, mais de là à devoir partager les toilettes avec un autochtone, il y avait malgré tout des limites à l’harmonie du vivre ensemble, aux bienfaits du multiculturalisme. Encore heureux qu’il avait été bien poli. Permettez madame que je vous présente mes hommages, avait-il dit, et il avait aussitôt tenu parole.
* train
* religion
Gisèle n’avait jamais encore vibré dans la stratosphère, mais elle avait eu jadis une expérience précoce des transports en commun. Elle se rappela ce voyage en train, à 20 ans, que lui avaient offert ses parents catholiques, fidèles à la tradition prêchée par Monseigneur Lafêve. Un pélerinage à Lourdes en compagnie d’une délégation paroissiale, la semaine de l’Ascension, alors qu’elle ne rêvait que de s’envoyer en l’air à Ibiza. La gracile jeune fille avait quitté le compartiment quelques minutes pour échapper aux actions de grâce du curé et à l’haleine grasse du bedeau, elle étirait ses jolies jambes dans le couloir. Enfin, n’exagérons rien, gracile peut-être, mais jeune fille, on peut en douter : elle avait déjà beaucoup péché, de façon quasi-miraculeuse, attirant dans ses bas filés poissons de toutes sortes, fines anguilles ou congres voraces.
* zoo
Appuyée sur la rambarde du couloir, elle se confrontait à l’énigme que représentait ce panneau : e pericoloso sporgiersi. Où donc y avait-il un tel danger ? Elle eut à peine le temps de se plier en deux pour tenter le sort que paf, celui du contrôleur se faufila, vrai coquin de coq sous sa sage jupe plissée de fausse oie blanche.
C’était quelque peu cavalier, mais à tout prendre, si l’on ose dire, la fréquentation de cet étalon lui plaisait davantage que celle des grenouilles de bénitier. Aussi le laissa-t-elle s’immiscer en elle et il lui poinçonna son ticket, en mode trans hétéro express.
* merveilleux - Fées, elfes et lutins.
* fable
Ce fut bien trop bref. Contrairement au convoi, l’homme était toujours en avance. La poulette manquait de pot. Pour une fois qu’on lui mettait la main à la patte aujourd’hui, celui qui la plumait était bien trop précoce. Moralité : rien ne sert de jouir, il faut tenir longtemps. Peut-être était-il timide. Il lui aurait fallu un prof pour mieux maîtriser le réveil de son dormeur.
* nostalgie
Gisèle se remémorait malgré tout avec émotion ce lointain moment d’égarement, qui aurait pu être plus électrifiant si l’homme ne l’avait pas aussitôt laissée sur une voie de garage. Mais un souffle de locomotive la ramena bientôt à la promiscuité du présent aérien, et elle se réjouit de constater que la réputation athlétique des hommes de la région des grands lacs n’était pas surfaite : les coureurs de jupons y étaient des coureurs de fond, et celui-ci était disposé à lui offrir un vol au long cours.
* fsodo
Et puis il y eut cette malheureuse histoire de trous : un violent trou d’air avait malencontreusement fait déraper tout à la fois la situation et le sombre megazob de l’homme vers un autre orifice que celui qu’il entendait explorer au cœur de la touffeur de sa jungle. On se croit Stanley, et on présume à tort : on se retrouve aussitôt living stone, monolithe de granit coincé entre les chairs meurtries de la dame. Les lois de la pesanteur avaient rendu cette intrusion par l’entrée de service plutôt brutale. Le hurlement déchirant de Gisèle était passé inaperçu, au milieu de ceux des passagers qui croyaient déjà leur dernière heure venue, convaincus que le slogan de la compagnie allait se montrer prophétique : Avec Air Bwanania, vous y seriez déjà.
* dispute
Le cohabitant des toilettes dit qu’il se sentait tout confus, Gisèle protesta qu’elle ne sentait plus le fond de son cul ; il réfléchit, lui demanda s’il y avait une contrepéterie, elle lui reprocha plutôt de lui avoir contrepété le cul. Il n’aimait pas les disputes, elle était furieuse qu’il l’ait vulgairement baisée comme une de celles-ci. Alors il se retira humblement, ce fut comme une vertigineuse chute du Z’embaise, et on n’en parla plus.
* tutu
* pastiche
* scato
Tu te lèves. Tu lui dis : non, tu n’as rien vu à Bujumburra. Il te répond : c’était donc toi, Marguerite D. Tu regardes l’amant s’en aller. Il est parti. Tu ne lui as même pas demandé son nom. Tu ne lui a pas dit qu’il se trompe, avec sa trompe, que toi, c’est Gisèle Q. Tu te sens coupable, forcément coupable. Tu veux lui dire. Ça vient. C’est là, tellement là. L’imminence du dedans. Tu dois faire caca. Tu as joui en-dehors. C’est exactement cela. Tu rejoins l’homme, l’autre, le tien, il est là. Il n’est pas parti. Jean-Eudes W-Z. Il est tellement dehors. Tu le voudrais dedans. Lui aussi.
* nopene
* aliments
Jean-Eudes était seul. Séraphin venait de recevoir son plateau-repas, mais c’était surtout la sculpturale hôtesse qui le mettait en appétit. Il prétexta l’absence de pain sur sa tablette pour aller lui rendre visite et, si possible, lui mettre un bon coup de radada (st).
Mais déjà il revenait, tout penaud : il n’y avait pas eu péné.
* cadeau
* cousins
* freresœur
* ascendant
* nymphomane
* humour
* voiture
Jean-Eudes avait déballé le paquet enveloppé de papier journal qu’il avait emporté en cabine, de peur qu’il ne soit abîmé lors du passage en soute. Pour un paquet, c’était un sacré paquet. La statue représentait un guerrier priapique aux traits épais, un peu fantastiques, mais moins que le baobab qui prenait racine entre ses cuisses en bois exotique.
Ça alors, quel boute-en-train, ce Séraphin !
~~oOo~~
* zoo
* donjon
À cet instant précis, et à des milliers de kilomètres de là, Bécassine soupirait, mais pas d’extase. Jamais sans doute n’avait-elle autant subi son prénom, ayant l’impression d’être une bécasse, avec son soutif pigeonnant, entravée sur le perchoir où ce gros blaireau la titillait d’une plume dans le cul.
* odeurs
* uniforme
Marcel réapparut avec toute la délicatesse d’un panzer, le corps sapé dans un uniforme de la Wehrmacht, la casquette trop large couvrant ses yeux revolver, et le falzar qui pue. Le fût de son canon était pointé vers sa ligne bleue des Vosges.
Elle le regardait approcher les pinces à linge de sa poitrine patriotiquement dressée au garde à vous.
* historique
Bécassine se sentit défaillir, pas tellement à cause de la douleur, plutôt à cause de la connerie. Marcel était vraiment une pauv’tache, et elle avait tout sauf envie de lui offrir sa collaboration. Elle rêvait d’hommes plus fins, plus nobles, elle espérait des amants héroïques, ceux à qui l’on a toujours envie de dire entre ici, Jean Moulin.
* fantastique
* jouet
Et puis tout bascula dans un tourbillon, elle se sentit emportée dans la fameuse fente de l’espace-temps, qui vous projette dans le passé ou l’avenir à grands coups d’aller-retours. C’était l’heure de pointe, ils étaient nombreux les passagers, serrés comme elle dans le wagon cylindrique qui vibrait dans un concert de couinements, et elle sentit que des pattes aliennes en profitaient pour la peloter. Mais, bizarrement, ce n’était pas si désagréable, moins en tout cas que pour sa voisine, entreprise par deux êtres étranges, des jumeaux à tête de sphynx, qui, en adeptes du temps X, exploraient sans gêne les secrets de son physique quantique. Bécassine entendit elle-même monter un cantique, le tunnel sembla pris de convulsions, tous les passagers crièrent, et elle perdit connaissance.
* exhib
Quand elle reprit ses esprits, elle était face à un pupitre, drapée d’une lumière aveuglante, face à un large public venu se délecter du spectacle de sa mise à l’épreuve. Elle reconnut face à elle le visage bronzé de Jipé Heffe.
~~oOo~~
* voyage
À Roissy, Gisèle et Jean-Eudes venaient de débarquer de l’avion et suivaient le flot des passagers impatients de récupérer leurs bagages.
* collègues
* bizarre
* boitenuit
* fellation
* Asie
Gisèle disait vrai. Manifestement, le dispositif de sécurité avait été renforcé. Quand ce fut enfin leur tour d’approcher la guérite, ils furent confrontés non pas à un, mais à deux inspecteurs, et peu commodes avec ça. Le visage fermé, la moustache martiale et l’œil soupçonneux, ils commencèrent par soupeser la statue, l’examinant avec méfiance.
Les deux hommes se penchèrent, et aperçurent le poinçon "Made in China".
* attache
* hdanus
L’homme acquiesça.
Les douaniers s’empoignèrent, tentant mutuellement de se passer les menottes. Jean-Eudes et Gisèle profitèrent de la confusion pour franchir le contrôle. Séraphin les attendait de l’autre côté.
À cet instant, le mobilophone de Jean-Eudes retentit.
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* humilié (e)
Bécassine rentrait chez elle, habitée par des sentiments contradictoires. Ah, bitée, elle l’avait été, et fameusement, en long et en large, pile et face, et c’était le bon côté des choses. Jipé l’avait papillonnée, et il avait vraiment une grosse mite. Mais elle s’était fait bien baiser : au lieu de la fortune promise, il ne lui avait fait gagner qu’un billard, et à part les queues, elle ne savait vraiment pas où elle allait le mettre.
* telnet
Elle ouvrit la porte, peu rassurée. C’était l’heure du harceleur.
Comme prévu, la sonnerie retentit. C’était bien lui, sa voix grave, ses manières doucereuses, qui transpiraient le vice.
* piquepince
Elle était terrifiée par son insistance. Mais si une pointe d’appréhension la traversait, la légère pointe d’accent exotique de l’homme l’excitait tout autant, et bientôt, ses seins pointèrent sous son chemisier. Ça finissait par la piquer, toutes ces pointes, mais elle se surprit à aimer ça.
* échange
* hdomine
* gangbang
Elle se voyait déjà exhibée dans le club échangiste, consommée par tous ces vits si vils, envahie par ces mâts si mâles. Elle le redoutait tout en l’espérant. Alors, elle finit par céder, haletante.
* amour
Sur ce, l’homme lui expliqua qu’il se chargeait de tout, qu’elle recevrait bientôt le matériel nécessaire. Après avoir raccroché, elle se demanderait plus tard si elle n’avait malgré tout pas poussé un peu loin la soumission en lui offrant l’empreinte de sa carte de crédit. Mais finalement, il s’était montré moins menaçant, presque charmant. C’était peut-être le début d’une magnifique histoire d’amour.
Et il lui avait aussitôt promis un cadeau magnifique, un livre de recettes pour l’autocuiseur qu’il lui faisait parvenir. Elle frémit. Pourvu que ça ne fasse pas trop mal. Sa cyprine était déjà en ébullition.
- — Attention, Amarcord, ici Maître Copulo. Je voulais vous prévenir que vous avez déjà noirci 45 597 signes. Il est temps de conclure, si je peux me permettre, faute de quoi vous risqueriez d’arriver hors délai !
- — D’accord !
- — Courage, c’est bientôt fini, tenez bon !
- — Merci, Maître, c’est gentil !
- — Ce n’est plus à vous que je m’adressais, mais aux lecteurs !
Bécassine avait retrouvé ses habitudes, ce qui pour elle ressemblait surtout à beaucoup de changement sans trop de risques – bonchoir madame, bon choix pour la frange et au revoir – et à un sacré trafic dans l’arrière-train-train quotidien. Une exultation des corps dont ne se plaignaient pas les corps de métier. Le jardinier n’étant pas du bois dont on fait les pipes, il ne s’était pas fait prier pour s’en faire tailler une. Le plombier avait suivi, il savait y faire avec la tuyauterie. Et le ramoneur venait tout juste de procéder à l’entretien. Le carillon retentit. Elle fut surprise : elle n’avait pourtant pas encore eu le temps d’appeler le livreur de pizzas.
* anniversai (Joker)
Elle sauta au cou de Jean-Eudes et de Gisèle. Comme dans un rêve, Bébé allait souffler ses 20 bougies avec des proches, qui l’entoureraient affectueusement, en lui pardonnant ses faiblesses. Elle en avait déjà allumé tant, de cierges, mais elle était toujours enthousiaste, et ce n’est pas demain la veille qu’elle tiendrait la chandelle. Tandis qu’elle déballait son cadeau, Gisèle et Jean-Eudes se regardaient, émus. Sans perdre de leur superbe, ils écrasèrent une larme.
- — Stop ! L’épreuve est terminée ! Moi, Maître Copulo, certifie avoir dénombré en ce 11 février 2019 la bagatelle de 82 critères différents, les doublons étant exclus, ce qui constitue le nouveau record de la catégorie ! À vous, Nelson !
- — Alors, heureuse ? Ou heureux ? On ne sait pas, avec cette foutue écriture inclusive.
- — J’l’ai pas fait pour le fric. Ni pour la gloire. Ni pour les notes. C’est un acte militant. Je voulais dénoncer ces deux foutus mots à la con.
- — Cyprine ? Turgescent ? What is so terribeulle ? What the feuque ? Waterloo ?
- — Taisez-vous malheureux ! Ces mots portent malheur ! Vous risqueriez de vous retrouver bientôt chroniqueur chez Hanouna, en guise de morne peine.
- — Vous leur reprochez quoi, exactement ?
- — Aux mots eux-mêmes, rien du tout, à la chose non plus. Cyprine, c’est plutôt joli, euphoniquement. C’est l’usage qu’on en fait qui représente un attentat esthétique ! C’est ridicule, c’est ampoulé, c’est lamentable ! Comment lire « Il approchait son mâle pieu turgescent de sa grotte ruisselante de cyprine » sans rigoler ? Alors qu’on peut se contenter de bien mieux : « Il bandait. Elle mouillait » !
- — Mais il y a plein de gens qui les apprécient, ces métaphores-là !
- — Des pervers ! Des sourds ! Des analphabètes !
- — Et ça ne provoque vraiment rien en vous, d’entendre une phrase utilisant ces deux mots ?
- — L’envie de gerber, peut-être.
- — Je ne vous crois pas. Tenez, on tente le test, je vous lis un extrait d’un truc bien hard, et vous me dites ensuite sincèrement si ça ne vous excite pas. Attendez, je cherche sur le site… Voilà : « Il aspire à pleine bouche les embruns d’une bonne douche de cyprine, sent la turgescence de son gros dard, ventre au cul. »
- — Vous pourriez répéter ? Parce que si j’ai bien compris dans l’oreillette, ça parle à mon âme romantique, en effet : « Ce à quoi j’aspire et qui me touche, c’est le parfum d’une peau douce sous les cyprès. L’évanescence d’un regard entrevu… »
La pièce montée, et comment, que nous avons eu le plaisir de vous interpréter est à présent terminée. Les costumes étaient rares. Les décors de Connar Dardwell. Merci aux figurants involontaires qui l’ont traversée, comme le sergent José Garcia, les bronzés font du Ch’ti, l’écho des sales blagues de Monsieur V., les habitants du village de Moulinsart, une pleine compil’ de la chanson française, et tant d’autres sources encore que les plus perspicaces n’auront aucun mal à identifier. Remercions pour finir le service des sports de France 2, le service crypté de Canal historique, le service divertissement de TF1, et le service abrutissement de D8.