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n° 19150Fiche technique21263 caractères21263
Temps de lecture estimé : 13 mn
21/08/19
Résumé:  Les pulsions de Laura peuvent lui faire prendre des risques déraisonnés.
Critères:  fh inconnu hotel caférestau hdomine pénétratio coprolalie gifle -occasion
Auteur : Cortes            Envoi mini-message

Série : Laura

Chapitre 03 / 11
Laura chasseresse



Yannick est le chevalier servant, le garde du corps et l’amant de Laura. Ils se voient depuis plusieurs années maintenant. Laura était encore mariée quand ils ont fait connaissance. Consciente de la dégradation progressive mais inéluctable de son couple, elle souffrait profondément de cet échec et avait besoin d’une épaule sur laquelle poser sa tête. Celle de Yannick, rencontré au cours d’un vol transatlantique, lui avait alors offert sa protection. Yannick était alors et est toujours steward sur Air France. Elle avait tout de suite été séduite par ce grand brun athlétique aux cheveux courts un peu frisés. Il avait une belle gueule de brute et des yeux de séducteur latin. Mais ses manières tranchaient avec son physique. Il savait faire preuve d’une certaine délicatesse et, elle le découvrirait plus tard, était finalement un garçon assez sensible. Il avait été très prévenant avec elle.


Au cours de la nuit où ils s’étaient rencontrés dans cet avion, comme elle ne pouvait pas dormir, ils avaient longuement conversé. Elle s’était laissée aller à raconter ses peines, elle était en plein divorce. Yannick l’avait écoutée longtemps, très gentiment. Avant de quitter l’avion quelques heures plus tard elle lui avait laissé sa carte sous le fallacieux prétexte qu’elle était avocate et qu’elle pouvait aider Yannick dans un litige qui l’opposait à sa copropriété, domaine du droit qu’elle n’avait pourtant pas abordé depuis qu’elle avait quitté la faculté. Il l’avait appelé la semaine suivante. Très vite ils étaient devenus amants. Yannick n’était certes pas un intellectuel. Il lisait peu et uniquement des best-sellers, n’écoutait que du rap et de la house et aimait le foot. Il n’était pas comme les hommes que Laura rencontrait dans le monde des affaires. Mais il était intuitif, assez fin et avait pour elle une fascination qui flattait son caractère de dominatrice. Admiratif de la carrière de Laura, de sa beauté et de son élégance, il était vite devenu amoureux d’elle. Malheureusement pour lui, ce n’était pas réciproque.


Laura avait une certaine tendresse pour lui, mais cela n’avait rien à voir avec un sentiment amoureux. Elle était flattée de sortir en sa compagnie, car il était vraiment très beau gosse et rendait toutes les femmes jalouses. Il savait porter le smoking et le costume aussi bien que le jean ou le maillot de bain. Elle aimait se faire accompagner par Yannick. Il savait être à sa place et se sentait bien partout. Avec lui, elle se sentait bien. Protégée. Choyée. Mais surtout, et peut-être était-ce ce qui l’attirait le plus chez Yannick, il savait la baiser. Il avait un corps de rêve parfaitement, avec excès peut-être, entretenu par des heures de salle de gym et autres sports qu’il pratiquait sans relâche.


Il avait aussi une queue fabuleuse dont il se servait mieux que tous les autres hommes qu’elle avait pu rencontrer. Et il n’y avait pas que la « mécanique ». Yannick aimait le sexe et tous les fantasmes qui vont avec. Sa grande expérience des femmes et des situations érotiques faisant de lui un amant hors pair. Même si elle ne l’aimait pas au sens propre du terme, elle l’avait dans la peau. Lui seul savait lui donner des émotions sexuelles inoubliables. Mais au-delà du désir et peut-être aussi de la tendresse et de l’amitié qu’elle ressentait à son égard, il n’y avait rien de plus. Yannick l’avait très vite compris. Il s’en était fait une raison. Ils ne se voyaient que ponctuellement en fonction de leurs disponibilités. Yannick était souvent absent. Il ne travaillait que sur les longs courriers et la vie professionnelle et familiale de Laura l’accaparait également. Laura est heureuse de voir Yannick vendredi. Elle monte l’intensité de la musique. Le concerto pour piano et orchestre de Mozart lui paraît moins tragique, plus optimiste. Elle monte encore le son. L’orchestre relance le piano et tous deux remplissent l’habitacle de la voiture. Laura se sent bien. Elle roule vite. Elle va retrouver les deux hommes de sa vie ses deux garçons.


Le reste de la semaine est pour Laura une course d’obstacles. Un dossier qui dérape. Des réunions qui s’enchaînent et se prolongent tard dans la nuit, imprévues, interminables. Et le quotidien qu’il faut assurer. Pierre et André qu’il faut nourrir, laver, emmener à l’école. Et il y a aussi la tendresse d’une mère qu’elle doit leur donner. Le verbe devoir n’est à cet égard pas juste. Laura a en effet tellement besoin de ces flots d’amour qu’elle distribue à ses fils.


Vendredi soir vers vingt heures, seule dans sa voiture, revenant d’une réunion qui s’est encore éternisée, elle se sent songeuse. Ne devrait-elle pas changer de vie ? Gagner moins d’argent, mais se consacrer à ce qui est important, c’est-à-dire ses enfants et peut-être un peu elle-même aussi ? L’argent ne fait pas le bonheur certes. Mais l’action ? L’adrénaline que font monter en elle ces négociations, ces montages impossibles, ces luttes juridico-économiques auxquelles elle participe maintenant depuis plus de dix ans ? Si elle s’arrêtait, cela lui manquerait probablement. Elle vient d’achever la négociation de la cession du groupe Giverdy à son client. Elle a obtenu tout ce que ce dernier souhaitait. Des heures de tractations. De comédie aussi. Et elle aime se mettre en scène. Son côté exhibitionniste probablement. De même qu’elle aime être regardée quand elle baise, ou déshabillée par les yeux des autres hommes, elle prend du plaisir à attirer sur elle l’attention lorsqu’elle dirige une réunion de travail. Soigner et rechercher ses moindres gestes, intonations de voix, mimiques. Pourrait-elle renoncer à cette vie ? Aux émotions qu’elle lui procure ? À ce rythme qui l’épuise et l’enchante à la fois ? Elle est perdue dans ses pensées tandis que sa voiture aborde la rampe du parking. Quand elle coupe le contact, le Nocturne de Chopin qui la rendait un peu mélancolique s’arrête net. Retour à la réalité et suite du feuilleton de la vie. Son petit monde l’attend plus haut et c’est impatiente qu’elle se dirige vers l’ascenseur.


Enfermée dans sa chambre, Laura sélectionne la tenue qu’elle va porter ce soir. Dans un peignoir de soie, douchée, maquillée, ses beaux cheveux noirs tressés en natte le long de son cou, elle se sent un instinct de chasseresse. Panthère ou lionne. Amazone ou guerrière, c’est un peu tout cela à la fois. Elle sait que lorsqu’elle ressent ces sensations, elle peut tout faire, prendre tous les risques, transgresser tous les tabous. Il lui est arrivé de sortir chasser, seule, la nuit. Avide d’émotions fortes et en quête d’une proie. Parfois insouciante du risque que ce genre de jeu pouvait engendrer. Et cela avait failli lui coûter très cher.


Il y a quelque temps, prise d’insomnie, poussée par son instinct de chasseresse, elle était sortie en pleine nuit. Elle avait pris le risque de laisser seuls Pierre et André. Très maquillée, décolletée et court vêtue sous un long manteau, elle avait garé sa voiture près d’un bar qu’elle connaissait dans le quartier de la Madeleine. Assise seule à une table, elle examinait le public peu nombreux à cette heure avancée de la nuit. Couple insomniaque dans une discussion rageuse et interminable. Alcoolique prenant un dernier verre. Noctambules des trois sexes. Elle remarqua un homme d’une quarantaine d’années ou un peu plus. Tempes grisonnantes, menton carré, gueule de dur. Bien habillé en costume cravate. Assis au bar il sirotait tranquillement. Elle avait repéré une proie. Elle décida de lancer sa chasse.


Son manteau ouvert, elle croisa les jambes assez haut. Le type accrocha son regard. Elle fit semblant de s’intéresser au verre qu’elle tenait en main puis le regardant de nouveau décroisa et recroisa les jambes. Son mouvement dévoila quelques instants le haut de ses bas, ce que le type remarqua, bien entendu. Elle sut qu’elle l’excitait et cette idée provoqua ce petit picotement dans le bas du dos qu’elle connaissait si bien. Il lui sourit. Elle répondit à son sourire. Sans se démonter, le type descendit de son tabouret de bar et se dirigea vers elle. Il était très athlétique, avait une démarche de félin un peu inquiétante ce qu’elle n’avait pas bien vu alors qu’il était assis. Mais cela ne fit pour elle qu’accroître l’attirance qu’elle ressentait pour l’inconnu. Il la toisa avec un sourire à la fois charmeur et carnassier :



Il prit place sur le fauteuil à côté du sien.



Il la regarda et prit une expression un peu gouaille.



Il ne dit pas « tapinez », mais c’est ce qu’il sous-entendait.



Il ne se démonta pas. Aucun signe de gêne ne se manifestait sur son visage. Il poursuivit :



Elle le regarda en souriant légèrement et lui répondit les yeux dans les siens :



Il hésita un peu. C’était la première fois, depuis le début de leur conversation qu’il semblait déstabilisé. Elle l’avait troublé.



Il fixait son regard sur ses cuisses que sa jupe dévoilait.



Le type qui avait retrouvé son aplomb, probablement sous l’effet de la montée d’adrénaline engendrée par ce qu’il voyait n’hésita pas à lui répondre sans détour :



Sans le laisser répondre, elle se leva, le toisa quelques instants et doucement s’éloigna vers la sortie. Une fois au volant, elle attendit un peu. Un autre véhicule vint se positionner juste derrière le sien. Dans son rétroviseur, elle reconnut le type. Elle démarra doucement. La voiture la suivit. Elle remonta le boulevard Malesherbes en direction de l’Étoile. Peu de circulation à cette heure. Le bruit sourd du moteur bien réglé lui donnait une impression de sécurité. Elle conduisait prudemment. Elle mit en marche le Bluetooth. De la soul music envahit l’habitacle. Une jolie voix de femme. Musique prometteuse. Elle jeta un coup d’œil dans le rétroviseur. La voiture du type la suivait toujours à une dizaine de mètres derrière la sienne. Elle eut un pincement au cœur : l’inconnu, le danger potentiel, l’ambiance créée par la musique. Et soudain le désir la reprit. Au bas de son dos comme il y a quelques instants. Et puis aussi entre ses jambes. Comme une brûlure humide. Elle gara sa voiture devant une Résidence hôtelière qu’elle connaissait à proximité de la Place Victor Hugo. Il était trois heures du matin. Le type fut rapidement à ses côtés sur les marches du perron de l’établissement. Le gardien de nuit ne posa aucune question. Il encaissa les soixante-dix euros que lui donna Laura et en retour lui tendit une clef :



Sans rien dire, elle s’engagea dans l’escalier, l’homme toujours derrière elle. Elle sentait son regard sur ses fesses. La chambre n’était pas sordide. Pas de papier à fleurs sur les murs. Pas d’odeur de moisi. Un mobilier sobre et moderne. Un très grand lit avec une glace sur le côté. Des murs blancs avec quelques reproductions d’œuvres abstraites. Elle n’alluma pas la lumière. La lumière de la rue permettait de voir dans la pénombre. Elle se retourna vers le type et le fixa. Il la prit dans ses bras et posa ses lèvres sur son cou. Le contact chaud et humide l’excita. Quand il essaya de prendre sa bouche, elle recula la tête.



Il avait passé sa main sous sa jupe et lui caressait les fesses. Elle portait un string. Elle mit sa paume entre les jambes de l’homme et constata avec ravissement qu’il avait un sexe long et dur, déjà en pleine érection. C’est de cela qu’elle avait envie. Elle avait fait une bonne prise. Elle s’agenouilla devant lui. Elle ouvrit sa braguette. Elle ne s’était pas trompée. Le membre était magnifique. Une bite comme elle les aimait et qui apparemment marchait bien. Après l’avoir contemplée quelques instants, elle entreprit une fellation goulue et sensuelle. Le type appréciait. Elle aussi. Il commençait à susurrer des insanités :



Cela ne lui déplaisait pas. Elle se vautrait dans cette atmosphère de transgression qu’elle aimait tant. De pornographie. De crudité. De saleté. Tout cela, elle était allée le chercher dans ce bar volontairement. Ce type à la gueule de voyou n’était là que pour lui donner ce dont elle avait envie. Elle avait l’impression que le sexe qu’elle avait dans sa bouche était de plus en plus dur. De la main qui ne le masturbait pas, elle palpait les couilles du type. Une belle paire. Bien pleines, comme elle les aimait aussi. Elle eut envie de se faire prendre par cette bite. Elle se releva, s’appuya sur le meuble qui était devant elle, dos tourné vers le type. Il essaya de l’entraîner vers le lit.



Joignant le geste à la parole, elle releva sa jupe jusqu’aux hanches, découvrant totalement son fessier.



Le ton de la voix du type avait un peu changé. C’était un autre homme. Plus animal. Elle aurait dû se méfier ! Mais déjà il écartait son string et lui enfonçait deux doigts dans le vagin comme pour préparer le terrain. Une onde de plaisir la secoua toute entière. Elle mourrait d’envie qu’il la pénètre. Elle se mordit les lèvres pour ne pas hurler son bonheur quand elle sentit la queue du type entrer en elle, ouvrir ses chairs et s’enfoncer très loin. Le va-et-vient commença. De plus en plus fort. Cela devint si violent qu’elle eût peur que le préservatif ne se rompe. Elle passa la main entre ses jambes pour vérifier qu’il était bien là et entier. Le type avait les mains agrippées à ses hanches. Elle sentait ses testicules frapper ses fesses. C’était délicieusement bon. Divin. Extraordinaire. Comme une chienne errante en chaleur, elle avait levé un mâle qui maintenant la couvrait pour une saillie courte et violente. L’homme dominait certes, mais il l’avait suivie. Elle avait su le séduire et l’attirer. Maintenant c’était son objet de plaisir. En quelque sorte, c’était elle qui était devenue la dominatrice. Elle murmura :



Le type accélérait la cadence et lui répondit sur le même ton :



Ces mots accentuèrent l’excitation de Laura. Elle sentit sa jouissance monter. Son partenaire aussi était proche de l’explosion. Ils jouirent ensemble. L’éjaculation du type dut être forte, car elle la sentit malgré la capote. Il se vida en haletant. Ses doigts s’incrustant dans ses hanches. Les coups de boutoir atteignirent leur paroxysme de violence. Elle tendait ses fesses vers lui autant qu’elle le pouvait. Ils restèrent emboîtés, silencieux, immobiles, quelques minutes après le plaisir fulgurant. Puis le type sortit d’elle. Il ôta le préservatif plein de sperme qui pendait piteusement au bout de sa queue. Se retournant lentement, Laura fut frappée par son regard. À la fois moqueur et mauvais. Avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, elle reçut une gifle en pleine figure. Le coup était tellement fort qu’il l’étourdit. Instinctivement elle se protégea avec ses bras. Le type s’avançant lui donna un violent coup de genou dans l’estomac. Elle se plia en deux tellement elle eut mal. Puis tomba à genoux. Maintenant, c’était à elle d’être totalement dominée.



Le cerveau de Laura se mit à réfléchir très vite. Le jeu était terminé pour elle. Elle était tombée sur un violent, un pervers. Toujours à genoux, elle essayait de récupérer avant le prochain coup. Derrière elle, le cadre du lit sur lequel elle s’était appuyée l’empêchait de reculer. D’un effort surhumain, elle se jeta en avant et attrapa les jambes de son agresseur. Comme un placage de rugby. L’homme déséquilibré chancela et tomba en arrière se retrouvant assis par terre. Propulsée par une énergie qu’elle ne se connaissait pas, Laura se leva, saisit un gros cendrier en verre posé sur le meuble devant elle et le projeta de toutes ses forces sur le visage du type. Il y eut un bruit sourd. Il hurla et porta ses mains à son visage. Le cendrier avait atteint la zone située entre le haut du nez et le front. Du sang s’écoulait de ses narines.


En titubant, Laura prit son sac sur le lit et se dirigea vers la porte. Derrière elle, elle sentit que l’homme essayait de se relever. Il était maintenant silencieux. Il ne criait pas, ne l’insultait pas. Il se concentrait sur son effort. Ce devait être un méchant, un dur, habitué aux coups reçus dans les bagarres. Raison de plus pour s’en aller très vite. Peut-être qu’il pourrait la tuer là, dans cette chambre. Le veilleur de nuit la regarda, interloqué, lorsqu’elle passa devant lui, échevelée. Une fois dehors, elle n’eut aucun mal à prendre les clefs de sa voiture dans son sac et faire démarrer le véhicule. Heureusement elle ne vit pas comme dans les mauvais films d’horreur, dans son rétroviseur, le type courir derrière la voiture.


Cette aventure, pense Laura avait eu le mérite de la rendre plus prudente. Mais ce soir, aucun risque. Je sors avec Yannick et il veille sur moi comme sur la prunelle de ses yeux.