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Temps de lecture estimé : 10 mn
08/08/19
Résumé:  Martin, notre barbier pour femmes est victime de son succès et du bouche-à-oreille. Cette fois, c'est une demande particulièrement touchante qui va le confronter à l'impossible.
Critères:  fh handicap nopéné jouet -initfh
Auteur : Oscar Cemeliasis  (Auteur amateur et éclectique)      Envoi mini-message

Série : Un barbier nommé Martin

Chapitre 03
Au-delà de l'impossible

Résumé des chapitres précédents :

Martin, notre barbier pour femmes est victime de son succès et du bouche-à-oreille. Après avoir initié une jeune et future mariée à l’art du brushing intime. Chaque mois, Martin file chez une autre de ses clientes au fort caractère et qui aime souffrir. Cette fois, c’est une demande particulièrement touchante qui va le confronter à l’impossible.






Une fois par mois, Martin honorait un rendez-vous qui lui tenait à cœur plus que tous les autres : celui qui le conduisait au domicile de Blanche. Cela faisait maintenant trois années qu’il s’occupait d’elle. Martin s’en rappelait comme si c’était hier. À dire vrai, c’est le mari de Blanche qui était venu le trouver. Leur premier échange téléphonique l’avait laissé pour le moins circonspect.



Bien que jouissant de la totale satisfaction de ses clientes, Martin avait appris à rester prudent et à opérer sous les radars. Il suffisait d’un mari jaloux et d’une femme lassée ou contrariée pour voir disparaître ce métier passion qu’il aimait tant, et accessoirement le mettre à l’ombre pour un certain temps, la loi française de reconnaissant par encore le bien-fondé évident d’un métier comme le sien.



Martin réfléchit quelques secondes.



La première entrevue était toujours un moment particulier qui suffisait en général pour savoir si la personne pourrait effectivement devenir une nouvelle cliente ou pas. Mais là, c’était la première fois que le conjoint en était à l’origine.


Arrivé sur place à l’heure dite, il identifia immédiatement son interlocuteur au stress qui se lisait sur son visage. Grand, brun au teint halé et arborant un regard bleu azur volontaire, il était l’incarnation du père de famille bourgeois. Une lueur triste semblait toutefois ternir ce masque d’assurance.



Les deux hommes marchèrent un court instant et pénétrèrent dans une des nombreuses brasseries bordant la large place.



Martin eu un sourire et restituant précisément le prénom qu’il venait d’entendre. La Victoire en question l’avait vivement surpris lors de leur première séance en insistant pour qu’il pratique sur elle une épilation intégrale entièrement à la pince à épiler. Il avait rapidement réalisé que cette alternance de douleur fugace et de calme lui procurait un plaisir absolument phénoménal.



Martin resta interdit devant son interlocuteur. Cette demande le flattait autant qu’elle le plongeait dans une profonde gravité. Il ne s’agissait plus de jouer des habituels leviers de plaisir des femmes dont il prenait soin, mais bien de parvenir à éveiller un corps en grande partie amputé de sa sensorialité.



Martin sentit les larmes remplir ses yeux. Le désarroi de cet homme était si touchant. Son amour pour sa femme si fort.



La première séance eu lieu, puis une autre, puis encore une autre. Il avait fallu de nombreuses semaines pour que Martin et Blanche s’accordent. Il avait appris et exploré son corps à la recherche des connexions encore actives ainsi que des biais détournés pour embraser des zones privées de capacité de stimulation directe. Ces rendez-vous avaient totalement chamboulé les acquis et certitudes que Martin avait sur le corps et surtout sur le plaisir des femmes. Il avait totalement redécouvert l’infinie variété de ce qui pouvait embraser une femme sans user d’aucune des zones érogènes « faciles ».


Cet après-midi, comme chaque semaine, Blanche l’attendait avec exaltation. Ces rendez-vous programmés lui offraient de fantasmer longtemps à l’avance sa venue. Au fil du temps, les séances avaient été ritualisées de manière à faire de chaque son, chaque parfum, chaque image, un élément fort de son désir puis de son plaisir.


Ainsi, elle aimait l’attendre totalement nue, allongée sur le lit, simplement vêtue d’une grande nuisette longue de mousseline blanche s’ouvrant sur l’avant et à la transparence suggestive. Bien qu’immobilisée, elle avait appris à faire naître son désir d’offrir ainsi son corps nu dont seule la silhouette voluptueuse se devinait sous l’étoffe légèrement translucide. Des bâtonnets d’encens diffusaient un parfum épicé, légèrement vanillé dans l’appartement. Elle avait également tenu à ce que son mari installe dans la pièce voisine une vieille horloge à balancier dont le tic-tac lancinant contribuait à créer la tension de l’attente. À mesure que l’heure approchait, le compte à rebours battu par les cliquetis métalliques rendait l’attente de Martin insoutenable et ravivait le souvenir des plaisirs des séances précédentes.


À l’heure dite, Martin fit jouer la clef dans la serrure. Cela faisait partie du rituel. Il prit soin que chaque geste fut lent et volontaire de manière à laisser aux sons le temps de se propager jusqu’à la belle étendue. La mélodie des sonorités avait créé au fil du temps une forme de réflexe pavlovien. La porte qui se referme lourdement, les pas lourds sur le vieux parquet grinçant, le tintement des clefs déposées sur le marbre de la coiffeuse. Martin se dirigea lentement jusqu’à la cuisine où il laissa couler l’eau longuement pour se rafraîchir les mains. Ce détail était né par hasard lorsque Blanche se sentit soudain emportée par une vague de plaisir déclenchée par le contact des paumes fraîchies de Martin sur ses joues chaudes. Une fois ce rituel terminé, il se dirigea vers la chambre.


Martin s’arrêta sur le pas de la porte et parcourut le corps diaphane allongé. Blanche tourna la tête vers lui pour se délecter de son regard parcourant son corps étendu. Elle pouvait chaque fois lire dans ses yeux à quel point elle était belle et désirable et c’était vrai qu’elle était sublime.



Rien que la façon dont il lui parlait suffisait à faire naître le trouble en elle. Cette assurance mêlée de tant de retenue, mais dissimulant un véritable don à donner du plaisir. Comme à son habitude, Martin ne posa pas plus de questions. Ces moments de plaisir devaient être totalement libres de la lourdeur du quotidien.


Il approcha lentement du lit. Avec délicatesse, il commença par ouvrir grand les mains et les poser sur le visage de la jeune femme. Ses paumes épousaient totalement le galbe des joues déjà rosies tandis que ses doigts venaient délicatement fermer ses paupières. Le temps était venu pour Blanche de se passer de sa vue pour se laisser guider sur le chemin trop sinueux de sa jouissance. Les paumes de Martin semblaient se gorger de toute la chaleur de son corps. Après de longues minutes immobile, il défit légèrement l’étreinte de ses mains et les fit glisser sur le visage de la belle jusqu’à la naissance de sa poitrine encore dissimulée par le drapé.


Chaque phalange paraissait labourer l’épiderme comme autant de griffes trop émoussées. Blanche savourait le contact sur la chair à fleur de peau de son visage qui parut d’un coup concentrer toutes les terminaisons nerveuses de son corps. Lentement, il fit remonter ses doigts de chaque côté de la frêle nuque en veillant à subtilement griffer la peau. Les caresses s’étalèrent jusqu’à la base du crâne avant de se perdre au creux de la mâchoire puis venir délicatement effleurer le pavillon de l’oreille.


Toutes les sensations de Blanche étaient concentrées au bout des doigts de Martin, vibrant, oscillant, montant et descendant à chaque geste ou mouvement qui immédiatement se mettait à diffuser l’onde de plaisir dans tout le reste du corps, faisant fi des nerfs depuis longtemps endormis. Encouragé par l’accélération de sa respiration, Martin entreprit de faire un deuxième passage, puis un troisième, puis encore. À chaque fois, il élargissait le périmètre des caresses, bifurquant sur les lèvres, le contour des yeux, le pourtour du front. À chaque descente, ses doigts écartaient davantage l’étoffe de nacre, jusqu’à dévoiler un puis l’autre sein dont le désir irradiait déjà les mamelons dressés vers le plafond.



Silencieux, Martin continuait son ballet. Il se mit à faire descendre chacune de ses mains le long des bras de sa victime consentante. Il prit bien soin de glisser sur les zones les plus fines, l’intérieur des bras, le creux du coude, de l’avant-bras avant de venir caresser les paumes largement ouvertes et s’arrêter sur la pulpe frémissante des doigts déjà tendus par le plaisir naissant. Les doigts reprirent le chemin inverse jusqu’à venir s’attarder au creux des aisselles. Avec la plus grande délicatesse, il les enduisit d’un onguent huileux puis vint poser la lame affûtée d’une lame de rasoir. Il tendit la peau fermement avant de laisser le tranchant décapiter chaque pousse naissante. Cela eut immédiatement pour effet de décupler la sensibilité de la peau. Blanche tourna la tête pour tenter d’enfouir son visage dans l’oreiller en libérant un long soupir.


La peau ainsi éveillée, Martin reprit le manège précédent, insistant en dessinant des cercles concentriques grandissants sur l’épiderme encore rougi au creux des bras alanguis. Les cercles se mirent à devenir des ellipses jusqu’à ce que les doigts ne rompent leur orbite et se trouvent emportés par le galbe vertigineux qui menait aux seins généreux écrasés par la gravité. Seul le haut du corps de Blanche était découvert et c’était là bien assez. Martin percevait le parfum de son sexe qui mouillait désormais abondamment. Bien que privé de ses sens, ce dernier avait conservé la vertu de se gorger des sensations de tout le reste du corps. Les doigts de Martin se crispèrent de manière à laisser l’extrémité de ses ongles labourer les flancs à fleur de peau de la jeune femme. La finesse de la peau lacérée eut immédiatement pour effet de provoquer de puissantes décharges électriques qui provoquèrent un premier orgasme encore timide.



La femme pétrie de retenue laissait enfin place à la tigresse, libérée du carcan d’un corps dont le sexe aurait été confisqué.


Martin remontait en pétrissant avec autorité les seins dressés entre ses doigts comme s’il cherchait à en extraire les rares gouttes de nectar qu’ils dissimulent, puis écartait les bras de manière à labourer davantage chaque centimètre de peau encore épargné. Les épaules, la gorge, les bras, c’était désormais un feu d’artifice qui explosait depuis chaque parcelle embrasée de son épiderme et qui se déversait en elle jusqu’à venir remplir le creux de son ventre au bord de l’éruption. Elle devinait son sexe et ses cuisses inondées de ce plaisir qui émergeait de l’intérieur d’elle. Sa respiration haletait un peu plus à chaque fois que Martin posait ses mains sur elle. Sa peau, tout son être réclamait sa part de plaisir.


Martin choisit cet instant pour porter le coup de grâce. Il sortit deux petites pinces métalliques dentées qu’il vint placer sur chacun des tétons gorgés de sang brûlant. Blanche se cambra au-delà du possible sous la morsure du métal qui l’emporta dans un orgasme tonitruant. Profitant de l’effet, il écarta le drapé qui couvrait encore le bas du corps de la jeune femme et écarta ses cuisses pour dégager l’accès à son sexe luisant.


Bien que privés du toucher, Blanche et lui avaient découvert par hasard que son corps était resté sensible aux vibrations internes. Aussi, il enfonça au creux de ses cuisses, une longue et épaisse tige de métal lisse et chromé. Puis il donna vie à l’engin qui dispensa généreusement les sourdes et puissantes vibrations dans tout le corps de Blanche. L’effet ne se fit pas attendre. Les vibrations se propagèrent et vinrent à la rencontre de la douleur irradiant des seins mordus au sang. Le corps de Blanche lui sembla exploser en mille fragments de plaisir. La jouissance se répandit instantanément dans chaque membre, jusqu’à l’extrémité de chaque cheveu.


Martin fit cesser la machine infernale et laissa Blanche flotter sur cet océan de jouissance qui la portait. Comme elle le lui avait demandé, il passa ses doigts sur le sillon béant de ses lèvres luisantes de mouille et les lui présenta pour qu’elle puisse sentir le parfum de sa jouissance revenue. Elle huma longuement, trop heureuse de sentir à nouveau cette senteur qu’elle pensait éteinte à jamais. Puis il rabattit avec pudeur les pans de sa robe de nuit sur son corps épuisé et prit congé.


Sur le pas de la porte, il se retourna pour la regarder. Elle était là, allongée immobile, le visage toujours enfoui entre les énormes oreillers de plume. Le son de sa respiration ralentie se mêlait au parfum d’encens mêlé aux effluves de son plaisir.


Plus que n’importe quelle autre de ses clientes, Blanche donnait le plus noble des sens à ce métier qu’il aimait tant.