Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 19115Fiche technique23475 caractères23475
4086
Temps de lecture estimé : 17 mn
05/08/19
corrigé 06/06/21
Résumé:  En ce radieux matin de printemps bien avancé, je suis en train de rendre visite au propriétaire des terres qui jouxtent les miennes.
Critères:  #humour #nonérotique #historique #romantisme fh hplusag amour
Auteur : Patrik  (Carpe Diem Diemque)            Envoi mini-message
Petit service entre voisins


Voici venir un petit texte non érotique, à l’atmosphère historique, car il faut savoir varier les plaisirs.

Bonne lecture :)





Petite discussion



En ce radieux matin de printemps bien avancé, je suis en train de rendre visite au propriétaire des terres qui jouxtent les miennes. Ce n’est pas la première fois que je discute avec mon voisin que j’ai réussi à mettre un peu en confiance, ce qui n’a pas été facile. Tandis que nous sommes en tête à tête, doucement, mais sûrement, j’ai réussi à dévier la conversation sur le sujet qui m’intéresse. À présent, nous sommes en plein dedans. Flegmatiquement, avec une pointe d’ironie, j’avance mes pions :



Le vieux grigou assez décati, qui me fait face, se plaint :



J’avance un autre pion :



Je m’amuse à lui répondre :



Assez marri, il ne répond rien. Alors je continue sur ma lancée :



J’ai déjà vu des personnes me regarder avec inquiétude, mais aujourd’hui, j’ai face à moi un homme aux aguets qui ne sait plus sur quel pied danser. Enfin, il est dans le creux de ma main, du moins, je le suppose. Alors j’annonce la suite en déplaçant la reine :



Intrigué, il se penche vers moi :



Mon voisin semble étonné par ma réponse. Néanmoins, en bon avare qu’il est, il argumente :



Il tord la bouche :



Aussitôt, il se récrie en geignant :



Il réfléchit à ce qu’il pourrait bien trouver comme excuse ou comme astuce. Puis il se décide :



Oh quel rapace gougnafier, il n’a pas volé sa mauvaise réputation ! Je rigole franchement devant tant d’impudence éhontée :



Ce vieux rapace essaye de grappiller tout ce qu’il peut :



Affichant alors une posture pseudo-royale, mais en réalité risible, il se redresse, tentant un va-tout :



Il me jette un regard inquiet :



À l’écoute de ces trois noms, il blêmit, tout en se tassant sur son siège. Content de mon petit effet, je poursuis :



Il est temps que je parte, je me lève :



Je m’incline faiblement, puis je sors. Je verrai bien demain si mon petit bluff à fait son effet. Si tout va bien, je posséderais les terres jouxtant Wasserdam, sans oublier Nina-Julia, cette délicieuse créature qui me hante tant depuis que j’ai eu le bonheur de croiser son joli minois.




Une visite surprenante



Le lendemain matin, je suis assez étonné de voir surgir face à moi la vieille servante qui officie chez mon voisin, Gertrude, il me semble. De sa voix éraillée, elle me demande de la suivre dans le salon privé de l’hôtel. Intrigué, je la suis. Elle me désigne une porte. En entrant dans la pièce, je découvre avec stupéfaction Nina-Julia, la trop mignonne femme de ce rapace.


La porte se referme derrière moi, nous laissant à deux, Nina et moi. Empressé, je la salue comme il se doit, puis je l’invite à s’asseoir afin d’écouter ce qu’elle a à me dire. Ce qu’elle fait aussitôt :



Un peu surprise, elle demande :



Elle me regarde avec de grands yeux effarés. Au bout de quelques instants, elle finit par articuler :



Troublée, elle bafouille :



Elle se tait. J’en profite pour la contempler. Elle est vraiment adorable, et la mode de nos temps la met encore plus en valeur. J’enrage qu’un pareil joyau soit tombé dans des mains si impures. Elle lâche avec une pointe de regret :



Elle me regarde à nouveau avec ses grands yeux de biche :



Je me précipite sur elle pour lui capturer les délicates mains :



Rosissant un peu, elle baisse la tête, mais elle ne fait aucun effort pour dégager ses douces mains des miennes. C’est elle qui rompt le silence :



Elle rit franchement :



Serrant un peu plus fort ses mains, je chicane :



Elle rougit :



Capturant toujours ses mains, je tente une explication à ma façon :



Elle sourit, j’adore quand elle sourit. De sa voix mélodieuse, elle répond :



Égayée, elle me sourit à nouveau :



Mon message est en train de se frayer un chemin dans sa tête. Peu après, me regardant avec des yeux attristés, elle soupire :



Je ne m’attendais pas à ce genre de réponse, un zeste acide. Décidément, cette belle femme me plaît de plus en plus. Je décide de rester dans la même tonalité :



Elle me regarde à nouveau avec de grands yeux ronds :



Elle rougit sous l’allusion, ce qui ne l’empêche pas de me répondre :



Elle tergiverse un peu avant d’avouer :



Alors, prestement, je lui vole un premier baiser auquel elle ne s’oppose nullement.




Pion et Dame



Comme je m’y attendais, le mari fait de la résistance : il veut le beurre, l’argent du beurre, sa femme en moins et la veuve en plus. Pour lui démontrer que je ne plaisante pas, je rédige devant lui un commencement de contrat fort détaillé, dans lequel je m’emploie à ne laisser aucun vide. Mon interlocuteur comprend vite que je suis sérieux, que je veux bien lâcher un peu de lest, mais qu’il ne faut pas exagérer : je lui offre quand même sur un plateau d’argent une solution indolore pour changer d’épouse.


Je constate avec amusement que cet avare ne doute pas un seul instant de pouvoir se remarier avec cette veuve. Pourtant la dame est convoitée, mais mon interlocuteur pense sincèrement que la voie sera royale vers ses prochaines noces, et que cette veuve sera éperdue de reconnaissance envers sa grande bonté d’âme, alors qu’il souhaite surtout la dépouiller, purement et simplement.


Certaines personnes pourraient me demander pourquoi je ne m’intéresse pas plutôt à cette veuve si dotée, et assez avantagée par Dame Nature, ce qui ne gâche rien. À chacun ses goûts, et les miens sont clairement dirigés vers Nina-Julia.


Après quelques palabres, nous nous séparons après avoir convenu de nous revoir en fin de semaine. Je me demande ce que ce bonhomme a dans la tête pour souhaiter repousser ainsi notre prochaine rencontre, il doit préparer quelque chose, mais quoi ? Je regagne ma chambre à l’hôtel, me disant que peut-être la nuit m’offrira un commencement de solution.


Le lendemain matin, j’ai ma réponse, de bien belle façon, puisque la délicieuse Nina-Julia vient me voir, juste avant d’aller au marché. Elle semble alarmée :



Ah, ce rapace aurait-il dans l’idée de me faire tomber dans une embuscade pour m’obliger à signer un contrat plus juteux pour lui ? Je ne serais pas étonné de ce genre de fourberie de sa part. Ma jolie visiteuse poursuit :



Je ne crains pas pour ma vie, ce gredin sait que j’ai déposé des documents à l’abri, et il n’est pas sot au point de faire une maladresse qui se retournerait inévitablement contre lui :



Elle se tord les mains :



Ah le salopiaud ! Je me contiens comme je peux :



À cette évocation, elle rougit un peu :



Je m’empare de ses lèvres, elle n’oppose aucune résistance. Notre baiser est long et langoureux, ce qui est de bon augure ! Cette femme me plaît énormément et me fait littéralement tourner la tête. De son côté, il est assez visible que je ne lui suis pas indifférent, à moins qu’elle ne m’utilise pour s’évader un bien triste mariage, ce qui serait largement compréhensible. Mais comme j’y gagne…


Quand nos lèvres se séparent, bien qu’elle soit toujours captive dans mes bras, elle se défend en paroles :



Son regard lumineux me transperce :



Pour toute réponse, je pose à nouveau mes lèvres sur les siennes, et cette fois-ci, mes mains ne restent pas en place. Mais doigts découvrent par-dessus le tissu que l’objet de mon désir recèle bien des courbes aguichantes et appétissantes, une adorable pâtisserie et, cerise sur le gâteau, la Dame de mes envies est largement consentante. Ou alors, c’est grandissimement imité !


Oui, ma stratégie fonctionne fort bien, et d’ici peu, je serai le plus comblé des hommes.




Un nouveau contrat



Furtivement, je me rends à l’endroit indiqué, le sabre en main, prêt à m’en servir s’il le faut. Car, si j’ai la conviction qu’il s’agit bien l’écriture de Nina, je ne serais pas étonné que son texte ait été dicté par son mari. Après une rapide inspection des environs, je constate qu’il n’y a rien à craindre. Près d’un arbre, je reconnais la silhouette de celle qui m’a écrit ce billet.


Je me précipite vers elle, je la capture dans mes bras, et nos lèvres se cèlent sous un long baiser. Une fois nos bouches libérées, elle s’exclame :



Je suis très heureux qu’elle m’appelle ainsi, mais je suis un peu surpris par la situation :



Elle marque une légère pause avant d’ajouter à voix basse :



Sa prompte réponse est conforme à mes attentes :



Elle me regarde étrangement :



Je suis très étonné par sa demande, mais je m’exécute avec joie. Notre baiser est passionné, je sens qu’elle se donne à moi, qu’elle se coule contre moi. Cette sensation me grise. Quand nos lèvres se séparent, je flotte sur un petit nuage. Mais ce que Nina me dit ensuite me fait redescendre :



Je ne saurais l’expliquer, mais on dirait que Nina vient de basculer. Je pense avoir vraiment gagné sa confiance en lui proposant la fuite, même si je préfère ne pas en arriver à ce genre d’extrémité qui n’arrangerait pas nos affaires. Même si son époux est infect, enlever la femme de son voisin n’est pas bien vu par les autorités, et je préfère ne pas attirer les ennuis, pour elle comme pour moi. Je laisse la femme de mes pensées exprimer les siennes :



Ses yeux brillent de façon étrange :



Elle m’adresse un petit sourire à la fois charmant et carnassier :



Je plante mes yeux dans les siens. Je découvre alors une autre femme en elle, une femme à la fois inquiétante, mais encore plus séduisante. Nina s’alarme un peu de mon silence, mais je la rassure bien vite :



Me fixant toujours droit dans les yeux, anxieuse, elle articule :



Ma réponse la surprend visiblement dans un premier temps, puis un magnifique sourire se dessine sur ses jolies lèvres :



Puis sans attendre, elle me tend aussitôt ses lèvres rosées pour sceller notre nouveau contrat très personnel.




Cerise



Le temps étant encore assez beau en ce milieu d’automne, j’avais décidé d’aller voir si tout se passe bien du côté du lac Wasserdam. Pas de problème à constater, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Oui, ces terres ne valaient quasiment rien… en surface… Mais le sous-sol regorge parfois de petites surprises.


Durant mes pérégrinations entre mon départ et mon retour dans le domaine familial, j’avais rencontré un géomètre doublé d’un géologue qui m’avait alors expliqué bien des ficelles de son métier. Grâce à lui, avant de revenir au bercail paternel, j’avais déjà mis la main sur quelques mines et filons, ce qui m’assurait déjà une petite rente non négligeable.


Comme il le disait avec conviction, il suffit de bien voir en surface ce qui se cache dans les profondeurs…


Dommage que le vieux grigou n’ait rien su de tout ça, j’aurais adoré voir sa tête à l’annonce des petites richesses de ses anciennes terres incultes ! Hélas pour lui, il y a bien des années à présent, l’ex-mari de Nina a eu un malencontreux accident, et je me plais à penser que c’est à moi qu’il a dû songer avant de rejoindre définitivement son Créateur, ou plutôt celui qui règne sur un endroit très bouillant.


Dans la vie comme aux Échecs, il convient d’avoir un temps d’avance…


Je reviens chez nous, mon exquise femme vient m’accueillir. Les saisons qui passent n’éteignent pas la dévotion que je lui porte. Je n’ai jamais bien compris pourquoi cette femme me fait un tel effet, mais je suis très heureux de l’avoir rencontrée, même si j’aurais préféré d’autres circonstances.



Assez péniblement, je descends de cheval. Ma femme me gronde :



Aussitôt au sol, je l’enlace, elle se laisse faire. Je lui murmure :



Ça va faire aussi des années que la meilleure façon, que j’ai de la faire taire, est de l’embrasser. Et je ne m’en prive pas !