| n° 19062 | Fiche technique | 41210 caractères | 41210Temps de lecture estimé : 25 mn | 04/07/19 |
| Résumé: Elle semble s'éclater, j'essaie de donner le change mais c'est loin d'être ça. | ||||
| Critères: fhh grp couplus extracon enceinte fête sandwich fdanus -amourdram -regrets | ||||
| Auteur : LoloDuValDornan Envoi mini-message | ||||
Résumé de l’épisode précédent :
Après bien des péripéties, Manon disparaît.
Ça fera six mois demain qu’elle est partie. Je commence à douter de son retour. Elle a tout effacé derrière elle, elle a résilié son abonnement téléphonique, clôturé son compte en banque et vidé son compte-épargne. Comment fait-elle pour vivre ? Elle n’a pas vraiment de métier et je la vois mal taper des amis ou des proches. J’espère qu’ils m’avertiront si elle donne signe de vie. J’avais l’espoir que, manquant de moyens, elle revienne vers moi ou seulement qu’elle me demande de l’aider, mais même pas. J’ai peur qu’elle ait découvert une âme charitable qui la retienne.
Je continue à voir Delphine et Alain et à participer à leurs soirées coquines. J’ai sympathisé avec William, le prof qui a bien connu Manon. J’essaie par son intermédiaire à rencontrer les Du B… mais ce n’est pas évident. Ils me connaissent et craignent peut-être que je leur reproche l’aide qu’ils ont apportée à Manon. J’explique à William que je cherche seulement à me rassurer, je veux juste savoir si elle va bien, rien de plus. Quand nous nous rencontrons quinze jours plus tard, il me dit en avoir parlé avec Vincent Du B… et qu’il n’a aucune nouvelle d’elle depuis deux mois. Il l’a bien hébergée et aidée pendant quatre mois, avant qu’elle ne disparaisse à nouveau. Elle a juste laissé entendre qu’elle envisageait de découvrir l’Espagne. Rien de plus.
Pas plus avancé, je continue à questionner les proches et amis au cas où… Jusqu’au jour où de vagues connaissances me disent l’avoir rencontrée à Madrid. Ils ont eu du mal à la reconnaître tellement elle avait changé, ils l’ont trouvée radieuse et bien dans sa nouvelle vie, mais quand ils l’ont questionnée pour savoir ce qui avait motivé son départ, elle s’est fermée. Ils me disent être désolés de ne pouvoir m’en dire plus, je les rassure et les remercie. J’aurais aimé en savoir un peu plus, mais ces maigres nouvelles me réchauffent le cœur. Elle va bien, c’est l’essentiel.
Je continue ma petite vie pépère, Tino passe souvent me voir. Il m’embarque de temps à autre dans ses virées à la rencontre de femmes esseulées et en manque d’amour qu’elles comblent par un gros appétit sexuel. Ça se finit le plus souvent sur les genoux et le service trois-pièces irrité. Si mes journées se passent bien entre mon travail et les bons moments et les bonnes rencontres (merci, Tino), mes soirées sont moins roses. Elle me manque !
Comme souvent dans de pareilles situations, mes amis me font rencontrer des jeunes femmes célibataires. Je suis touché de leur sollicitude et joue le jeu en précisant bien à la charmante postulante que je suis marié. Ça refroidit la majorité de ces femmes, mais de temps à autre j’ai la surprise de repartir au bras de cette charmante personne et de finir la nuit en bonne compagnie. C’est ainsi que j’ai rencontré Sara. Elle a son charme, mais surtout elle irradie la joie de vivre. Je lui ai tout dit sur ma situation et je n’ai pas caché que j’espérais un hypothétique retour de Manon. Elle a bien compris et m’a remercié de ma franchise. Ça ne l’empêche pas de passer deux à trois nuits par semaine chez moi. Je croyais avoir trouvé un palliatif à mon spleen, mais Sara commence à s’incruster. Elle laisse de plus en plus d’affaires dans mes armoires sans me le demander. Elle planifie nos sorties sans m’en parler. Je n’ose pas lui dire qu’elle est envahissante, je ne sais pas comment me sortir de cette situation sans la blesser. Je me rends compte que je me suis alarmé pour rien, après quelques soirées à la partager avec un max d’hommes, elle se montre moins exclusive. Nous retrouvons le plaisir de se voir sans être collés l’un à l’autre.
Je rentre du travail, Sara a passé le week-end chez moi et je suis étonné de la trouver encore là. Elle passe rarement plus de deux jours chez moi. Je l’embrasse et aperçois sur le plan de travail de la cuisine une grande enveloppe en papier kraft scellée et pas d’adresse.
J’ouvre l’enveloppe et là je me prends une claque magistrale, je sors un magazine en langue espagnole avec en couverture Ma Manon en très petite tenue. Elle porte une chemise ouverte, nue en dessous comme elle le faisait ici. Elle ne cache rien de son anatomie. Elle est brune, les cheveux coupés court, à la garçonne, mais aucun doute c’est bien elle. Sara regarde aussi le magazine, voyant ma tête elle me demande :
Je feuillette les pages et trouve effectivement un reportage sur Manon, bien sûr c’est en espagnol. Il y a de belles photos d’elle en train de peindre avec des coups de pinceau sur tout le corps, surtout là où il faut. Les photos ont été faites dans un local qui a tout d’une galerie d’art et où sont exposés quelques tableaux dans le plus pur style de ce que fait Manon. Elle ne recule devant rien pour faire la promotion de son travail. Je recherche dans le texte si l’adresse de la galerie ne serait pas mentionnée. Bingo, c’est Calle de la Cava Baja, 27 à Madrid. Je fais une recherche sur internet. Je trouve un site bien documenté référençant plusieurs artistes, il y a même un diaporama pour visualiser les différents tableaux exposés. Un code renvoie à une liste de prix.
J’en reste baba, l’œuvre la moins chère se négocie quand même à plus de trois mille euros. Si elle vend un tableau par mois, elle est loin d’être dans le besoin. Connard que je suis, j’avais souhaité qu’elle soit dans la mouise pour la récupérer et la voilà plus riche et plus épanouie que jamais. Sa réussite me fait mal.
Le spleen me reprend, je me renfrogne et c’est Sara qui en fait les frais. Elle ne se démonte pas pour autant et en bon petit soldat elle fait tout ce qu’elle peut pour remédier à ma morosité. Je n’en ai pas envie, mais pour lui faire plaisir j’accepte que l’on se fasse un resto. Elle me fait passer une soirée très agréable et je lui avoue me sentir très con de ma réaction.
Je me souviens que le sextoy que Tino avait offert à Manon est toujours dans sa table de nuit. Une fois rentrés, je me précipite dans notre chambre et reviens avec le jouet. Sara est déjà nue allongée dans le canapé à se taquiner le pistil. Je me dépêche de me dénuder et lui saute dessus. J’aime commencer par la prendre en missionnaire. Pas longtemps, car elle a envie de changer et se met à quatre pattes. Elle adore la levrette, ce qui me permet de lui mettre un doigt bien enduit de lubrifiant dans le rectum. Je prends mon temps et réussis alors à lui mettre l’index et le majeur. Quand je la sens prête, je la sodomise en y mettant la forme. Je n’ai pas envie de lui faire mal et la dégoûter de la sodomie. Quand je la sens bien, je la ceinture et me retourne pour m’asseoir dans le canapé avec Sara assise sur mes genoux. Dans ma tête, je revois la scène avec Manon et Tino et m’efforce de la reconstituer. Je suis toujours fiché dans ses reins et là, je lui présente le gode qu’elle me prend des mains pour se le mettre toute seule. Quelle gourmande. Je retrouve cette sensation incroyable et nous finissons par prendre tous les deux un pied formidable et atteignons l’orgasme en même temps. Sara, comblée, me dit :
J’éclate de rire en voyant Sara déambuler cul nu et avec la démarche d’un canard.
Je la blesse volontairement pour qu’elle comprenne, je n’ai aucun scrupule et si je n’agis pas ainsi elle ne comprendra jamais. Pas besoin d’insister, elle a bien capté et fait vite à ramasser tout ce qui lui appartient. Elle est devant la porte, un sac de voyage dans la main droite, des larmes ravagent son visage. Je suis à deux doigts de la retenir, il me suffit de penser à Manon pour éviter de faire la connerie.
Il faut que je me bouge, que je me change les idées pour ne pas sombrer de nouveau. Et là, j’ai l’idée du siècle, j’appelle Alain. J’ai ma semaine de libre. Je me prépare quelques affaires et saute dans ma voiture. L’adresse est entrée dans le GPS, en route pour Madrid. Juste un arrêt pour refaire le plein et j’arrive dans la capitale espagnole. Il fait à peine jour, je trouve à stationner à quelques pas de la galerie d’art. Je suis affamé et trouve un café ouvert où je peux prendre un petit déjeuner copieux. Il me faut patienter jusque 10 h, je visite le quartier et finis par m’effondrer sur un banc juste en face de la galerie. J’ai dû m’endormir et dès que j’ouvre les yeux, elle est là, accompagnée d’un grand type basané qu’elle pousse à l’intérieur. Une fois entrée, elle se retourne et m’aperçoit. Elle se dépêche de refermer à clé et me fixe dans les yeux, j’ai le nez collé à la porte et je pleure comme un gosse.
Elle accroche à la porte un écriteau marqué « Closed » et s’enfuit au fond du local. Je reste planté là pendant de longues minutes. Je ne sais plus quoi faire. Il faut que je me rende à l’évidence, elle ne veut pas me voir. Je me décide à remonter en voiture et prendre à contrecœur le chemin du retour. J’ai des idées suicidaires, un accident c’est vite arrivé et tellement facile. Je ne sais pas ce qui m’a retenu, mais j’arrive chez moi en vie et complètement vidé. J’avance au radar, ceux qui me croisent doivent penser avoir vu un zombie. Je passe le restant de la semaine enfermé sans voir âme qui vive. Même Tino semble m’ignorer.
Je retourne au travail, il faut bien vivre. Je ne fais pas illusion longtemps et le premier qui me demande ce qui ne va pas se fait remballer méchamment. Je finis par être appelé dans le bureau d’Alain et là, il faut bien que je m’explique.
J’ai parfois l’esprit tordu :
Je quitte les bureaux, je ne sais pas où aller. J’ai trop parlé, je n’envisageais pas de démissionner. Maintenant je me vois mal revenir ici. Quoique… Je rentre chez moi, m’installe devant l’ordinateur et vire mes épargnes sur le compte-courant. J’ai à peine fini que le téléphone sonne. Je décroche et j’entends Manon me dire :
Elle ne pouvait pas choisir plus mauvais moment.
Elle a des hoquets dans la voix, elle parle d’une façon hachée. Je me doute qu’elle pleure.
On dit que le bâtiment va mal, je n’ai pourtant pas de mal à trouver un nouvel emploi. C’est à l’autre bout de la France et c’est aussi bien. L’architecte qui m’a reçu ne veut même pas de certificat de travail, il me dit que mes diplômes ne l’intéressent pas. Il finit par me lâcher qu’il m’a vu sur un chantier il y a six mois de cela et ça lui suffit. Question salaire, c’est un peu mieux que ce que j’avais jusque maintenant. J’ai tout un tas d’avantages dont voiture de fonction, treizième mois et un tas de primes que je ne connaissais pas. Je peux commencer dès que je suis libre. J’envoie ma lettre de démission à Alain et le préviens que je ne compte pas effectuer mon préavis. Le lundi, je commence dans mon nouveau job.
Manon se manifeste pour récupérer ses toiles. Je lui présente ma nouvelle situation et lui dit que je souhaiterais vendre la maison. Si elle est d’accord, qu’elle se serve et prenne tout ce qu’elle veut.
Je fanfaronne, mais je n’en mène pas large. Je raccroche avant qu’elle dénote dans ma voix le trouble qui me noue la gorge. Il faut que je me fasse une nouvelle vie ici. Je sympathise avec quelques personnes au travail, mais ce sont des gens en couple qui, une fois leur journée finie, rentrent bien sagement chez eux. Un collègue qui me voit faire comprend vite ma solitude. Il me dit faire partie d’un club de randonnée pédestre et m’invite à les rejoindre le week-end prochain. Je me dépêche de m’équiper, chaussures, coupe-vent, gourde, la panoplie du parfait randonneur. Je suis surpris par la moyenne d’âge du groupe. Il y a une majorité de retraités, mais ça ne me dérange pas. Une autre surprise, c’est l’ambiance qui y règne pendant les randonnées. Je ne me suis jamais autant marré, c’est la grosse rigolade. Chacun y va de son histoire et c’est souvent salace. À croire que chez les vieux, moins on peut, plus on en parle.
Lorsque le temps ne le permet pas, on se retrouve chez l’un des membres du groupe autour d’une table bien garnie. C’est simple et convivial. Je suis à des lustres de ma vie précédente et le célibat me pèse. Il y a bien de temps à autre la fille d’un des membres qui nous accompagne, mais difficile de me laisser aller devant les parents. Pourtant à deux reprises je réussis à revoir une jeune femme en dehors du club de rando. L’une est blonde plutôt pulpeuse et difficile à décoincer, l’autre est brune, mignonne avec de belles formes et me semble bien plus ouverte. Tellement ouverte que nous finissons au lit à notre seconde rencontre. Elle a du vécu et me fait profiter de son expérience. Sa bouche est divine, son ventre est chaud et accueillant. Par contre, pas touche à la rondelle, elle n’apprécie pas du tout.
À la sortie de notre première nuit d’amour, je culpabilise. Je me demande ce que j’ai bien à me reprocher, de quoi pourrais-je être coupable. Nous nous voyons régulièrement avec Aline et j’ai le même ressenti à chaque fois. Elle me dit qu’elle a parlé de notre relation à ses parents, des gens super gentils, mais c’est encore pire. Je n’arrive pas à savoir ce qui cloche dans ma tête. J’ai tout pour être heureux, un travail qui me plaît avec un bon salaire, une petite amie très attentionnée et pas farouche. Que demander de plus ?
Les jours et les semaines passent et je m’accroche à ce que j’ai pu construire. Je songe à entamer le divorce en espérant qu’une fois libre, je retrouverai la sérénité. Aline ignore que je suis marié, je lui raconte mon passé et lui annonce mon intention de couper les liens. Elle prend bien la chose et m’incite à régulariser la situation.
J’ai régulièrement des nouvelles de mes parents qui me reprochent mon éloignement. Ils savent pourtant pourquoi je suis parti, je ne leur ai rien caché. Je suis surpris quand ils m’appellent pour me dire que je suis invité au mariage d’une cousine dont j’étais très proche lorsque nous étions enfant. J’hésite à accepter l’invitation et à retourner dans notre ville. Pourtant il faudra bien que j’y retourne un jour et c’est un bon test pour voir si je suis guéri. Je préviens mes parents que je n’arriverai pas seul. Aline se fait un plaisir de connaître ma famille. La veille du départ, c’est l’accident. Le père d’Aline tombe d’une échelle en effectuant des travaux de peinture et se fracture l’épaule. J’envisage de rester près d’elle, mais elle refuse que je fasse faux bond à ma cousine. Je pars seul, pas rassuré de ce qui m’attend. J’ai peur de croiser les fantômes du passé.
Avant d’arriver chez mes parents, je repasse par notre maison. Pourquoi je pense encore « notre maison ». Je suis mal barré. Je retrouve une maison bien entretenue, mon père fait ce qu’il faut. J’entre, les meubles sont couverts de housse. Rien n’a changé, j’ai l’impression d’être parti la veille. Je retrouve avec plaisir mon bureau qui est dans un état nickel. Je pousse jusque dans l’atelier de peinture et là c’est le choc. Les murs sont couverts de tableaux par dizaines. Aucun doute, ce sont des toiles de Manon. Mais pourquoi ?
Je me précipite dehors et referme à clé. Arrivé chez mes parents, je retrouve un oncle et une tante qui sont également du mariage. Difficile de parler devant eux. J’attrape mon père en aparté et lui demande s’il voit parfois Manon à la maison.
Il me cloue le bec. Je n’ose pas le contredire.
Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit ça. J’ai pourtant commencé une nouvelle vie ailleurs et je n’ai pas osé le dire. Je retourne en ville pour retrouver mes repères et me ressourcer. Je suis heureux d’être revenu chez moi. Et je doute de pouvoir un jour me couper de mes racines. Aline est loin de mon cœur à ce moment. Je m’installe à une terrasse de café et commande un petit noir quand une main se pose sur mon épaule.
C’est Alain, une des rares personnes que je n’ai pas envie de voir. À la mine que je fais, il doit se douter de mon embarras. Il s’installe quand même à ma table.
Je me rappelle d’Aline juste pour m’en servir. Bien sûr que j’ai peur, tout est confus dans ma tête.
Alain me quitte sur ces mots. Je ne lui ai même pas parlé de son entreprise, je me sens un peu responsable de sa déroute. Après tout, il l’a bien cherché.
Le mariage se passe très bien, je suis heureux de revoir tout un tas de cousins, oncles et tantes. Je reste sur le cul en voyant Tino parmi les invités.
Le gnome a encore frappé. Les yeux de la belle Flo ne sont qu’amour pour Tino. À un point où l’on pourrait se demander si ce n’est pas lui le père du marié. Quant au géniteur, il est tellement effacé qu’il en est invisible. Bienvenue au club ! Les festivités se prolongent le dimanche midi, mais je décline l’invitation. Je sais que je ne devrais pas, mais c’est plus fort que moi, il faut que j’y aille. Lorsque je sonne à la porte d’Alain, je n’en mène pas large. C’est Delphine qui m’ouvre, elle est en petite tenue qui ne cache pas grand-chose. Ça commence bien, d’accord il fait chaud, mais ce n’est pas une raison pour m’ouvrir presque à poil. On arrive sur la terrasse à l’arrière de la maison et là, coup de massue. Je vois Manon se lever pour m’accueillir, elle les deux mains posées sur son ventre pour bien mettre en évidence son début de grossesse. Je suis tétanisé, c’est elle qui vient vers moi pour me faire la bise.
Je prends la chaise que l’on me présente sans arriver à articuler un mot. Ils me regardent comme si j’allais expirer mon dernier souffle. Je prends une grande bouffée d’air et réussis à articuler quelques mots.
Sur ces mots, Delphine et Alain nous faussent compagnie.
Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire, mais ce genre de répartie ce n’est pas Manon. Je fixe son regard et j’y découvre toute la détresse de son état.
Alors sa détresse fait surface, ses yeux sont inondés de larmes. Elle s’effondre. Je me fais violence pour ne pas la prendre dans mes bras.
On est resté en tête à tête pendant tout l’après-midi. C’est Delphine qui nous a sortis de notre bulle.
Je suis resté et je les ai quittés vers les deux heures du matin. Tout le monde a vidé son sac. Alain m’a expliqué sa situation, il ne lui reste rien de tout ce qu’il a construit. Je comprends qu’il ne m’en veut pas, c’était à lui d’organiser autrement son travail. Ils me questionnent sur ma vie actuelle. Je raconte tout et j’enjolive, mais j’évite de parler d’Aline. Je comprends maintenant ce mal-être que je ressentais avec elle. Je savais que je n’étais pas amoureux et j’essayais de me convaincre du contraire. Il me reste encore de la merde dans les yeux et je ne vois pas où je ne veux pas voir que Manon et moi…
J’étais debout prêt à partir quand Manon nous a fait une drôle de proposition.
Alain apporte une précision :
Là, je me suis lâché et ils ont compris qu’ils avaient gagné.
Et Manon de préciser :
Je les ai quittés dans un état d’euphorie contagieuse. J’étais de retour quinze jours plus tard avec mon patron, Didier. Nous sommes restés enfermés toute la journée Alain, Didier et moi pour finir par entamer une collaboration sur les études et réalisations de nos ouvrages. Je m’engage avec Alain à reprendre les plus petits chantiers de Didier, surtout un gros marché de pavillons individuels. En contrepartie, nous cédons à Didier la réalisation d’ouvrages industriels avec la mise en commun des moyens et du personnel suivant les besoins.
Le soir, nous nous retrouvons au restaurant pour fêter cet heureux événement. C’est là que Didier fait la connaissance de Manon. Je ne suis pas étonné de voir ma femme faire du charme à Didier qui est plutôt bien de sa personne. Il sait que nous ne sommes plus ensemble, enfin… Il ne se gêne pas pour lui faire du rentre-dedans malgré sa grossesse proéminente. Nous finissons la soirée chez Delphine et Alain qui a eu le tort de sortir un vieux whisky et en plus il n’arrête pas de remplir les verres. L’ambiance est très chaude et Delphine ne trouve pas mieux que de lancer un jeu « cap’ ou pas cap’ ».
Je laisse faire sans participer et je ne suis pas étonné que Delphine et Manon soient en permanence sollicitées. C’est grâce à Alain que Manon se retrouve nue au milieu du salon. Quelle poitrine, c’est beau une femme enceinte ! Didier commence à comprendre où il a mis les pieds. Bien sûr il faut que j’en rajoute et c’est grâce à moi qu’elle finit sur les genoux de Didier à qui elle donne le sein comme à un bébé. Un beau bébé vicelard qui n’hésite pas à lui planter trois doigts dans la chatte. Delphine, un rien jalouse, finit elle aussi nue et à genoux entre mes jambes. Manon déshabille Didier et après quelques caresses se plante sans attendre sur son sexe en me faisant face. Elle me défie du regard et semble me dire « Je fais ce que je veux ».
Didier n’est pas conscient de ce qui se joue là et une fois l’étonnement passé, il en profite pour la baiser virilement. Il est encore plus étonné quand Manon le dirige vers son anus et qu’Alain vient occuper le trou laissé vacant. Je pense que c’est une première pour Didier, vu la tête qu’il fait, mais il se ressaisit vite et pilonne le cul de ma femme. Je retrouve ma Manon et ses vocalises amoureuses, elle m’excite avec son ventre rond et sa poitrine opulente, elle jouit à n’en plus finir et je l’accompagne en me lâchant dans la bouche de Delphine. Dès que Manon est libérée, bien qu’elle suinte le sperme, je me précipite sur elle. Elle refrène mon ardeur et me dit :
Je la bascule sur le canapé, son sexe laisse échapper la semence d’Alain et son anus n’est pas encore refermé, mais ça ne me dérange pas. Je bande de nouveau, c’est surréaliste. Je plonge dans son ventre avec volupté. Mon Dieu, qu’elle est douce ! Nous faisons l’amour les yeux dans les yeux comme à nos débuts.
La nuit a été longue, nous émergeons sur le coup de midi. Le réveil est douloureux. Manon se précipite dans la salle de bain en me prenant la main. Nous prenons une douche ensemble qu’elle écourte en voyant ma virilité renaître. Une fois habillés, nous nous sauvons comme des voleurs pour nous retrouver chez nous. Je suis étonné de retrouver notre intérieur propre et rutilant, plus une housse sur les meubles et des draps propres et frais dans notre lit. Tout cela était prévu et je suis tombé dans le panneau sans aucun regret. Nous retournons au lit jusqu’au lendemain matin.
La séparation avec Aline ne s’est pas faite sans douleur. J’ai du mal à me remettre de ce que je lui ai fait. J’aurais tellement voulu la rendre heureuse…
L’entreprise se porte à merveille, à tel point que nous devons recruter. Didier fait souvent le déplacement pour se rendre compte de l’évolution de notre travail et surveiller son investissement, qu’il dit. Car il n’oublie pas de repasser chez moi saluer Manon avant de repartir. Il lui est même arrivé d’y croiser Tino qui était arrivé avant lui et c’est Manon qui en a fait les frais, pour son plus grand bonheur. Je la retrouve à mon retour, endormie dans le canapé, les jambes bien ouvertes, du sperme s’écoulant de son sexe et de son anus. Mon Dieu, que je l’aime !
Une petite Lou-Anne nous est née ce jour, la maman est radieuse et se porte bien. Notre fille a le teint mat, voire très mat, de grands yeux noirs et des cheveux crépus. Personne n’essaie de lui trouver une ressemblance avec Manon ou avec moi, c’est bizarre… Les traditions se perdent.